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mardi 5 novembre 2024

Braddock : Portés disparus III de Aaron Norris (1988) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

''Sur mon chemin en venant ici, je m'demandais comment tu pouvais être. Je veux qu'tu saches que tu es tout ce que je souhaitais trouver dans un fils. Et je suis très fier de toi. Je t'aime, Van..'' Profitez bien de cette réplique parce que c'est la seule et unique qui désigne une certaine profondeur dans le langage éminemment brut minimaliste du héros incarné par Chuck Norris. Après un premier volet potable et un second qui lui fut nettement supérieur, James Braddock revenait en 1988 pour accomplir son dernier acte héroïque. En effet, Braddock : Portés disparus III signe la fin des aventures de ce colonel de l'armée américaine qui en trois longs-métrages n'aura eu de cesse que de combattre l'ennemi vietnamien. Pourtant, cet épisode signé du propre frère de la star du cinéma d'action n'honore absolument pas ce personnage héroïque, adepte des armes à feu et du combat rapproché. Aaron Norris met donc en scène son frère dans un opus où le ridicule l'emporte généralement sur tout le reste. On était habitués à ce que l'ennemi soit incapable de viser juste dans les précédents épisodes mais le réalisateur repousse ici le concept jusqu'aux dernière extrémités, même lorsque Braddock est à l'air libre, face à des dizaines de vietnamiens surarmés dont pas un n'est capable de lui infliger la moindre blessure. Mieux : lorsque le colonel entre en contact direct avec l'un d'eux, il semble qu'à chaque fois aucun ne soit en mesure de hurler afin de prévenir ses camarades. Question infiltration, la gestion des quelques séquences lors desquelles Chuck Norris s'approche de ses futures victimes avec l'intention de pratiquer son légendaire étranglement est compliquée. Pas un n'ouvre la bouche pour crier, alerter ou même simplement murmurer un dernier râle d'agonie lors des quelques secondes de vie qu'il lui reste. Le scénario est l'œuvre de la star elle-même et du scénariste James Bruner. Deux hommes pour un script théoriquement intéressant mais qui une fois mis en images propose un spectacle sinon navrant, en tout cas pas à la hauteur de la concurrence ni même à celle du deuxième opus. Après James Hong, Ernie Ortega et Soon-Tek Oh, c'est au tour de l'acteur originaire de Trinité-et-Tobago Aki Aleong d'incarner le grand méchant de l'histoire. Dans le rôle du Général Quoc, tout porte à croire comme pour les deux précédents volets que plus on est gradé et plus on est apte à incarner le rôle d'un officier vietnamien totalement déséquilibré.


En ces termes, le Général Quoc va plus loin encore dans la caricature, hurlant sans cesse le nom de Braddock avant que la soliloque ne se transforme en un borborygme inintelligible ! Après Brian May, Braddock : Portés disparus III voit le retour au commandes de la partition musicale du compositeur Jay Chattaway, jamais lassé de nous proposer des nappes synthétiques qui dans le cas présent cadrent assez mal avec le contexte. Comme s'il avait puisé dans les réserves du tracklisting de Maniac pour ajouter à ses quelques compositions épiques et guerrières quelques froides partitions dont lui seul a le secret. Je ne reviendrai pas sur la phrase mythique imputée au colonel Braddock mais plutôt sur l'inconsistance du jeu de Chuck Norris. Déjà peu gâté en terme d'écriture et de dialogues, l'acteur semble effectivement éprouver le plus grand mal à exprimer ses sentiments. Surtout lorsque après avoir retrouvé son épouse qu'il croyait morte depuis des années, celle-ci meurt subitement, à quelques minutes d'intervalle seulement après leurs retrouvailles. Concernant l'histoire, c'est un peu toujours la même chose. Et même si les prisonniers américains sont ici remplacés par une cinquantaine d'enfants, fruits de l'union de vietnamiennes et de soldats américains (j'ai eu beau tenter de les compter, impossible de connaître précisément leur nombre), rien ne change vraiment en dehors du fait que qu'Aaron Norris pousse si loin le curseur de l'invraisemblance qu'on n'y croit pas un seul instant. Ne parlons même pas de la séance de torture totalement foirée et qui fait grise mise en comparaison de celle vécue trois ans auparavant par Sylvester Stallone dans Rambo 2 : la mission. Des dizaines, voire, des centaines de morts côté vietnamiens. Des explosions en veux-tu, en voilà, un sympathique révérend interprété par Yehida Efroni, un très antipathique Little John campé par Jack Rader et le jeune Van Tan Cang incarné par Roland Harrah III. Bref, l'apothéose tant attendue s'inscrit surtout en terme d'action et certainement pas en terme de profondeur psychologique ou d'écriture. Il était donc temps pour le colonel James Braddock de prendre sa retraite...

 

vendredi 1 novembre 2024

Portés disparus 2 de Lance Hool (1985) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après un premier volet sympa mais sans plus produit par la Cannon (détail que j'oubliais de préciser), Joseph Zito jette l'éponge ou choisit plutôt de s'investir dans deux autres projets. Tout d'abord Vendredi 13 : Chapitre final qui n'est rien moins que le meilleur opus de la franchise Vendredi 13 ainsi que Invasion USA, l'un des ''classiques'' de Chuck Norris qui donc sera assez productif en cette année 1985 puisqu'il tournera non pas deux mais trois longs-métrages, ajoutant à celui-ci Sale temps pour un flic d'Andrew Davis et donc, Portés disparus 2. Ce dernier étant titré sur son territoire d'origine Missing in Action 2: The Beginning, on comprend que plus qu'une suite, il s'agit surtout et avant tout d'une préquelle situant son action bien avant les événements du premier volet de la trilogie complétée en 1988 avec Braddock Portés disparus 3, lequel sera réalisé par le frère de la star, Aaron Norris. Dans ces nouvelles aventure du colonel James Braddock, Chuck Norris est plongé en pleine guerre du Vietnam, dans un camp où lui et plusieurs de ses hommes ont été faits prisonniers. Parmi les interprètes incarnant les soldats américains nous retrouvons Cosie Costa dans le rôle du lieutenant Anthony Mazilli, Bennet Ohta dans celui du capitaine Ho, John Wesley dans la peau du sergent-chef Ernest Franklin mais aussi Steven Williams dans le rôle du Capitaine David Nester qui pour survivre a choisit le camp ennemi en collaborant avec l'un des pires représentants de l'espèce humaine en la personne du colonel Yin. Acteur bien connu à l'époque des téléphages puisqu'il apparu dans un certain nombre de séries télévisées (Drôles de dames, Kung Fu, la légende continue ou L'Âge de cristal), l'acteur originaire de Corée du Sud Soon-Tek-Oh a beau se traîner une gueule d'ange, il se montre bien plus horrible que ne l'était Ernie Ortega dans le rôle de Vinh un an auparavant. D'ailleurs, les spectateurs pourront noter une certaine incohérence vis à vis de la séquence d'introduction du premier volet de la franchise avec cette préquelle puisque cette dernière ne semble finalement pas reprendre les événements qui se déroulèrent en préambule lors de l'ouverture de Portés disparus. Car alors, où donc sont passés le personnage de Vinh et l'acteur qui l'incarnait en 1984... ?


Toujours est-il que Joseph Zito ayant quitté le navire, le réalisateur laisse le champ libre à Lance Hool dont Portés disparus 2 sera le premier fait d'arme en tant que metteur en scène, l'homme n'ayant depuis réalisé que trois longs-métrages en près de quarante ans de carrière. Bien qu'étant largement moins connu que son prédécesseur, Lance Hool signe une suite/préquelle beaucoup plus convaincante. Situant la totalité de l'action dans un camp de prisonniers typiquement rencontré dans ce genre de production mêlant guerre et action, le réalisateur y développe une tension qui ne cessera de grandir jusqu'à l'inévitable vengeance du héros et des rares soldats américains qui seront parvenus à survivre à ce véritable enfer vert dont personne ne semble pouvoir s'échapper. Nous évoquions ci-dessus les quelques acteurs interprétant la plupart des soldats américains retenus prisonniers dans le camp vietnamiens mais il serait bon de citer également quelques-uns de ceux qui parmi les geôliers vont leur en faire voir de toutes les couleurs. Comme David Chung et le Professeur Toru Tanaka qui respectivement incarnent à l'écran Dou Chou et Lao, les soldats vietnamiens les plus proches du colonel Yin. Si les tortures physiques infligées aux soldats américains ne sont pas le plus représentatif des tourments qui sont administrés au colonel Braddock et à ses hommes, les persécutions psychologiques sont par contre d'un niveau nettement supérieur. D'une violence parfois inouïe (devant les yeux rougis et pleins de haine du colonel Braddock, le colonel Yin fait immoler le sergent-chef Ernest Franklin alors qu'il respire encore), Portés disparus 2 cultive cette supériorité vietnamienne jusqu'à rendre quasiment muet et inerte un colonel Braddock qui bien entendu mûrit sa vengeance. Bien que ne faisant pas preuve d'une très grande performance puisqu'il se montre économe en paroles, Chuck Norris parvient malgré tout à être convaincant dans son uniforme de colonel de l'armée américaine. Le dernier acte s'avère être une véritable libération lors de laquelle la tension retombe et où la satisfaction de voir l'ennemi tomber un à un est relativement réjouissante. Notons qu'après Jay Chattaway, la bande musicale est cette fois-ci confiée au compositeur australien Brian May dont le nom n'a absolument rien à voir avec celui du chanteur et guitariste du groupe britannique, Queen. L'homme signe une partition beaucoup plus épique que celle du premier volet, laquelle semble parfois étrangement résonner avec celle que composa la même année Jerry Goldsmith pour Rambo 2 : la mission...

 

lundi 28 octobre 2024

Portés disparus (Missing in Action) de Joseph Zito (1984) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Culte ! Je pourrais me contenter de cet adjectif pour décrire ce premier volet de la trilogie Portés disparus tout en étant persuadé que ceux qui comme moi ont atteint le demi-siècle me pardonneraient d'être aussi succinct. Que l'on ait cinquante ans ou même davantage, que l'on ait été adolescent dans les années quatre-vingt, que l'on ait été fan d'action, de guerre et d'arts-martiaux à cette époque bénie du cinéma bis et populaire, ce film demeure comme l'une des œuvres les plus connues incarnées par l'acteur américain Chuck Norris. Culte, donc. Mais pas simplement par la seule présence de l'un des portes-drapeaux du cinéma d'action des années quatre-vingt. Mais parce que Portés disparus est l’œuvre d'un cinéaste tout aussi remarquable. Joseph Zito, qui non content d'avoir signé le meilleur opus de la franchise Vendredi 13 en 1984 avec le quatrième volet intitulé Chapitre final avait déjà trois ans auparavant signé l'un des slashers parmi les plus réussis avec The Prowler... Culte parce que se présentèrent au casting le génial M. Emmet Walsh dans le rôle de Jack Tucker, ancien compagnon d'arme du colonel James Braddock qu'incarne donc Chuck Norris, ou l'inévitable James Hong qui contrairement à ce que laisse supposer son nom n'est pas né en Chine mais à Minneapolis, dans le Minnesota et qui dans le cas présent incarne le général Trau ! Culte puisque l'on retrouve aux commandes de la partition musicale le compositeur Jay Chattaway qui, rappelons-le tout de même, fut à l'origine de la bande originale particulièrement glaçante du morbide Maniac de William Lustig et autres joyeusetés. Après, tout est histoire de goûts et de nostalgie.


Ce qui ne passerait sans doute malheureusement plus aujourd'hui et qui à l'époque fut apparemment la norme sont les doublages des ''indigènes''. Ici, des vietnamiens que l'on pourrait croire doublés par Michel Leeb ou Didier Bourdon au temps de leur gloire tant la caricature est poussée dans ses derniers retranchements. Alors que l'année suivante Sylvester Stallone et le réalisateur George Cosmatos s'apprêtent à frapper un grand coup en offrant une suite aux première aventures de John Rambo mises en scène par Ted Kotcheff en 1982 avec Rambo 2 : la mission, le long-métrage de Joseph Zito s'inscrit davantage dans la tradition d'un cinéma beaucoup plus modeste. D'ailleurs, si l'on compare les deux-millions et demi de dollars qui servirent de financement à Portés disparus aux quarante-quatre qui permirent à George Cosmatos d'offrir à son principal interprète de quoi s'exprimer dans d'optimales conditions, on comprend pourquoi le premier n'a pas toujours l'aura qu'il mérite. Patriote à l'esprit vengeur supportant difficilement que certains de ses hommes soient encore retenus prisonniers dans un camp vietnamien près de dix ans après la fin de la guerre, James Braddock profite de sa visite officielle au Vietnam pour aller les libérer. Qualitativement parlant, on est plus proche ici des productions mettant en scène Steven Seagal et Jean-Claude Vandamme (ce dernier ayant participé au film en tant que cascadeur) que de celles dans lesquelles furent à l'époque enrôlés Sylvester Stallone ou Arnold Schwarzenegger. Sans totalement puer le film fauché, il ne faut pas s'attendre à du grand cinéma. Ça n'est d'ailleurs absolument pas ce que l'on demande à Chuck Norris, à son personnage, au script ou au réalisateur. Ce dernier nous fait d'ailleurs très rapidement comprendre qu'ici, faire parler la poudre et les poings est beaucoup plus intéressant et efficace que de faire travailler la matière grise. Tout d'abord retenu prisonnier dans un bâtiment officiel de Hô Chi Minh par des gardiens surarmés, Braddock passe la première partie du long-métrage à tenter de fuir les lieux tout de noir vêtu. De l'action pure agrémentée de cascades plus ou moins impressionnantes.


Le commentaire est ici limité. Rien à voir donc avec les grands projets cinématographiques pensés à l'époque et jusqu'à aujourd'hui pour exorciser un conflit qui fit cinquante-huit mille morts du côté américain et près de trois millions et huit-cent mille du côté vietnamiens, civils compris... Rues insalubres, boites de strip-tease, délinquance, notre héros se ''promène'' en ville jusqu'à retrouver son ami et ancien compagnon d'arme Jack Tucker (notons que dans le bar où il le retrouve l'on entend en fond sonore une reprise de ''Da Ya Think I'm Sexy'' de Rod Stewart (pathétiquement) réinterprété par la chanteuse Juliet Lee ! Tourné au Philippines (notamment devenu le lieu de prédilection du génial Bruno Matteï, pour les connaisseurs). Sans cesse mis en danger par des hommes qui en ville tentent de lui faire la peau, Côté effets-spéciaux, on devine certaines ficelle. Comme ce passage où l'on comprend la mécanique consistant à conduire un camion sans danger pour sa vedette. L'on parle évidemment de celui au volant duquel se trouve Chuck Norris. Ce dernier n'en ayant absolument pas les commandes puisque le coup de volant qu'il donne à un moment donné ne change pas la direction du véhicule. De plus, la ''star'' est doublée lors des cascades (n'est pas Belmondo qui veut...). Il va ensuite falloir patienter pas moins de soixante-quinze minutes pour découvrir enfin le camp retenant les prisonniers américains. Une geôle typique des conditions sordides dans lesquelles ils sont généralement retenus et que la majorité des films encadrant la guerre de Vietnam retranscrit ainsi. Ce dernier tiers du long-métrage augure alors dans une moindre mesure de ce que sera Rambo 2 : la mission l'année suivante. Observation et pénétration furtive du camp. Installation d'explosifs avant le feu d'artifices. Braddock fait ensuite parler la poudre face à des adversaires qui, c'est très drôle et généralement le cas dans ce genre de production, mettent toujours des plombes avant de faire feu en direction de l'ennemi ! Pas de bol, Braddock s'est planté de camp ! On connaît la suite. Pas découragé pour un sou, notre héros s'en va rejoindre l'endroit où se situent les prisonniers américains pour un final pétaradant lors duquel il parviendra à libérer ses anciens compagnons...

 

samedi 6 avril 2024

La fureur du dragon de Bruce Lee (1972) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Troisième des cinq longs-métrages qui ont fait de lui une légende, La fureur du dragon est l'un des deux seuls films que Bruce Lee aura réalisé durant toute sa carrière. Les avis à son sujet sont assez partagés. Une partie des fans de l'acteur le considèrent comme l'un de ses meilleurs longs-métrages tandis que les autres le conçoivent comme une triste clownerie ! Et il est vrai qu'en ce sens La fureur du dragon dénote par rapport au précédent, La fureur de vaincre, dans lequel Bruce Lee incarnait tout de même un homme épris de vengeance qui se transformait quasiment en tueur en série. Accentuant ainsi l'aspect véritablement sombre d'une œuvre en totale opposition avec le long-métrage qu'il allait alors entreprendre de diriger lui-même peu de temps après celui qu'avait mis en scène Lo Wei. Écrit, produit, chorégraphié et donc principalement interprété par Bruce Lee, La fureur du dragon sera l'occasion de retrouver une nouvelle fois la jolie Nora Miao, laquelle avait accompagné l'acteur sur les tournages des deux précédents films dont il tint la vedette. Après avoir incarné les rôles d'une propriétaire de stand de boisson et la future épouse du plus doué des élèves d'un maître en arts martiaux, l'actrice interprète désormais celui d'une jeune femme dont l'oncle Wang (Huang Chung-Hsin) rencontre des problèmes en Italie avec un groupe de mafieux qui veulent s'emparer de son restaurant (à la tête duquel l'on retrouve l'acteur Jon T. Benn). Chen Ching-Hua accueille donc à l'aéroport de Rome Tang Lung (Bruce Lee) fraîchement débarqué, mais quelque peu déboussolé. Il n'y parle pas la langue et ne connaît rien des us et coutumes locaux. De plus, devant son attitude gauche, la charmante Chen Ching-Hua paraît avoir quelques réserves vis à vis de celui qui vient d'arriver afin de mettre de l'ordre dans les affaires de son oncle... Tout comme le spectateur qui peut voir en cette succession de séquences humoristiques, une alternative asiatique aux délires potaches de l'un des duos de comiques les plus célèbre de la planète : Bud Spencer et Terence Hill. Le mimétisme est à cela remarquable que l'on ne sait ni du duo ou de Bruce Lee lequel aura inspiré l'autre !


Mais il est fort à parier que Bud Spencer et Terence Hill aient librement emprunté à La fureur du dragon quelques éléments comme semble par exemple le confirmer la plupart des séquences de l'un de leurs films parmi les plus connus : Deux super-flics réalisé par E.B. Clucher cinq ans après la sortie de La fureur du dragon. Comment ne pas en effet mettre en corrélation le petit chef de bande teigneux auquel se frottèrent à diverses reprises les deux acteurs italiens au pleutre Ho qu'interprète l'acteur Wei Ping-ao ? L'on retrouve en outre la même prédisposition dans les deux métrages pour ces bruitages fort exagérés lors des bagarres entre protagonistes et voyous... Bruce Lee choisi donc l'angle de la comédie et multiplie les mimiques burlesque, certainement au grand dam de ceux qui auraient préféré plus de sérieux. Mais alors que La fureur du dragon semble avant tout prôner une grande légèreté, le film n'en est pas moins doté de quelques séquences de combats qui depuis sont véritablement entrées dans la légende. On pense bien entendu aux quelques passages se situant dans la cours arrière du restaurant mais aussi et surtout à la mythique scène finale lors de laquelle Tang Lung se confrontera à un karatéka dépêché sur place des États-Unis qu'incarnera un acteur alors quasiment inconnu à l'époque, le célèbre Chuck Norris. Dans la peau de Colt, l'interprète américain affronte lors d'un final d'anthologie un Bruce Lee qui pour une fois rencontre une certaine résistance ! Tout comme pour La fureur de vaincre qui sera édité en France sous l'appellation ''René Chateau Vidéos'', La fureur du dragon sera expurgé de quelques séquences qui heureusement retrouveront leur place lors de futures éditions. Le long-métrage de Bruce Lee fait un clin d’œil au cinéma italien et plus précisément au western spaghetti lors du duel final censé se dérouler au cœur du Colisée mais tourné en réalité dans les studios de la société de distribution et de production hongkongaise Golden Harvest. Lors de cette séquence l'on entend effectivement quelques notes d'ouverture de Come una sentenza du compositeur italien Ennio Morricone qui servit de bande-son au chef-d’œuvre de Sergio Leone, Le bon, la brute et le truand...

 

samedi 26 décembre 2020

Silent Rage (Horreur dans la Ville) de Michael Miller (1982) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Après être apparu auprès de Bruce Lee dans une poignée de long-métrages de karaté et quelques films d'action, l'acteur Chuck Norris aujourd'hui âgé de quatre-vingt ans fut la vedette en 1982 d'un drôle d'hybride entre policier, science-fiction, horreur, épouvante et action. Quatrième long-métrage de Michael Miller qui ne consacrera ensuite quasiment sa carrière que pour le petit écran, Silent Rage (sorti chez nous sous le pompeux titre Horreur dans la Ville) se penche sur le cas de John Kirby, un déséquilibré suivi à l’hôpital par le docteur Tom Halman. Lorsque le patient appelle le spécialiste pour lui dire que ses pulsions de mort le reprennent, il est déjà trop tard. Logé chez une mère de famille, il la tue à coups de hache avant d'être abattu par la police. Dès l'arrivée de John Kirby à l’hôpital, les médecins ne sont pas confiants.Condamné à mourir, le docteur Philip Spires tente cependant de lui injecter un sérum expérimental permettant aux cellules de se régénérer rapidement et ce, malgré l'avis mitigé du docteur Tom Halman. Bien que la mort de John Kirby soit officialisée, celui-ci est bien vivant. S'échappant de l’hôpital, il sème alors la mort autour de lui. L'une de ses premières victimes n'est autre que le docteur Halman. Mais le psychopathe ne s'arrête pas là. Il est bien décidé à éliminer tout l'entourage du spécialiste. À commencer par sa sœur Alison que fréquente le shérif de la ville, Dan Stevens...


Ce dernier est interprété par Chuck Norris qui plus de dix ans avant d'incarner le Capitaine Cordell Walker dans la série télévisée Walker, Texas Ranger endossait déjà le rôle de l'autorité, une étoile de shérif accrochée à la chemise. À ses côtés, l'actrice Toni Kalem interprète le rôle d'Alison Halman tandis que l'on retrouve dans le rôle des trois médecins impliqués dans l'affaire, les acteurs Ron Silver (le docteur Tom Halman), Steven Keats (le docteur Philip Spires) et William Finley (le docteur Paul Vaughn) qui brilla notamment huit ans auparavant dans le chef-d’œuvre de Brian de Palma, Phantom of the Paradise. Dans le rôle du tueur, il s'agit de l'acteur Brian Libby qui jusqu'en 2007 consacra une grande partie de sa carrière à la télévision (il croisera d'ailleurs pour la seconde fois Chuck Norris dans l'épisode Trial of LaRue de la série Walker, Texas Ranger en 1997). Un tueur récalcitrant, dont l'attitude s'avère relativement dérangeante. Le bodycount étant presque digne d'un slasher d'honnête facture, Silent Rage peut donc effectivement être rangé dans la catégorie des films d'horreur même si en la matière, on est loin d'un Cauchemar à Daytona Beach auquel certains éléments semblent se référer (l’œuvre de Romano Scavolini étant sortie un an auparavant)...


En cherchant bien, on peut trouver plusieurs filiations entre le long-métrage de Michael Miller et quelques ''classiques'' de l'épouvante et de la science-fiction. Les premiers qui viennent sans doute à l'esprit sont d'un côté, Terreur à l'hôpital Central (Visiting Hours) de Jean-Claude Lord qui sorti lui aussi en 1981 mais plus étonnant, il ne serait probablement pas trop stupide d'imaginer que Silent Rage ait pu, dans d'infimes proportions, inspirer le récit de l'un des films de science-fiction/action les plus remarquables des années quatre-vingt sorti deux ans plus tard en 1984. En effet, l'aptitude de John Kirby à se relever de chaque affrontement avec le shérif Dan Stevens conforte son affiliation avec le T-800 de l'immense Terminator réalisé par James Cameron et découvert sur les écrans deux ans plus tard. L'amateur pourra même pousser l'investigation jusqu'à comparer les personnages du shérif et de sa petite amie Alison Halman au couple formé par Michael Biehn/Kyle Rise et Linda Hamilton/Sarah Connor dans le chef-d’œuvre du canadien. Pour le reste, le film de Michael Miller demeure cependant bien en deçà. À part quelques affrontements en mode karateka opposant le shérif à une bande de bikers et quelques meurtres violents mais dénués d'effusions de sang, Silent Rage reste bien trop poli. L'idée de base du scénariste Joseph Fraley est intéressante mais relativement mal exploitée. Le sujet du sérum n'est qu'un prétexte pour faire évoluer un serial killer indestructible dans un cadre pourtant classique. Nous ne sommes finalement pas loin de la série Walker, Texas Ranger, dont les scénaristes auraient ne serait-ce qu'une seule fois, imaginé un script à la lisière du fantastique...

 

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