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samedi 26 décembre 2020

Silent Rage (Horreur dans la Ville) de Michael Miller (1982) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Après être apparu auprès de Bruce Lee dans une poignée de long-métrages de karaté et quelques films d'action, l'acteur Chuck Norris aujourd'hui âgé de quatre-vingt ans fut la vedette en 1982 d'un drôle d'hybride entre policier, science-fiction, horreur, épouvante et action. Quatrième long-métrage de Michael Miller qui ne consacrera ensuite quasiment sa carrière que pour le petit écran, Silent Rage (sorti chez nous sous le pompeux titre Horreur dans la Ville) se penche sur le cas de John Kirby, un déséquilibré suivi à l’hôpital par le docteur Tom Halman. Lorsque le patient appelle le spécialiste pour lui dire que ses pulsions de mort le reprennent, il est déjà trop tard. Logé chez une mère de famille, il la tue à coups de hache avant d'être abattu par la police. Dès l'arrivée de John Kirby à l’hôpital, les médecins ne sont pas confiants.Condamné à mourir, le docteur Philip Spires tente cependant de lui injecter un sérum expérimental permettant aux cellules de se régénérer rapidement et ce, malgré l'avis mitigé du docteur Tom Halman. Bien que la mort de John Kirby soit officialisée, celui-ci est bien vivant. S'échappant de l’hôpital, il sème alors la mort autour de lui. L'une de ses premières victimes n'est autre que le docteur Halman. Mais le psychopathe ne s'arrête pas là. Il est bien décidé à éliminer tout l'entourage du spécialiste. À commencer par sa sœur Alison que fréquente le shérif de la ville, Dan Stevens...


Ce dernier est interprété par Chuck Norris qui plus de dix ans avant d'incarner le Capitaine Cordell Walker dans la série télévisée Walker, Texas Ranger endossait déjà le rôle de l'autorité, une étoile de shérif accrochée à la chemise. À ses côtés, l'actrice Toni Kalem interprète le rôle d'Alison Halman tandis que l'on retrouve dans le rôle des trois médecins impliqués dans l'affaire, les acteurs Ron Silver (le docteur Tom Halman), Steven Keats (le docteur Philip Spires) et William Finley (le docteur Paul Vaughn) qui brilla notamment huit ans auparavant dans le chef-d’œuvre de Brian de Palma, Phantom of the Paradise. Dans le rôle du tueur, il s'agit de l'acteur Brian Libby qui jusqu'en 2007 consacra une grande partie de sa carrière à la télévision (il croisera d'ailleurs pour la seconde fois Chuck Norris dans l'épisode Trial of LaRue de la série Walker, Texas Ranger en 1997). Un tueur récalcitrant, dont l'attitude s'avère relativement dérangeante. Le bodycount étant presque digne d'un slasher d'honnête facture, Silent Rage peut donc effectivement être rangé dans la catégorie des films d'horreur même si en la matière, on est loin d'un Cauchemar à Daytona Beach auquel certains éléments semblent se référer (l’œuvre de Romano Scavolini étant sortie un an auparavant)...


En cherchant bien, on peut trouver plusieurs filiations entre le long-métrage de Michael Miller et quelques ''classiques'' de l'épouvante et de la science-fiction. Les premiers qui viennent sans doute à l'esprit sont d'un côté, Terreur à l'hôpital Central (Visiting Hours) de Jean-Claude Lord qui sorti lui aussi en 1981 mais plus étonnant, il ne serait probablement pas trop stupide d'imaginer que Silent Rage ait pu, dans d'infimes proportions, inspirer le récit de l'un des films de science-fiction/action les plus remarquables des années quatre-vingt sorti deux ans plus tard en 1984. En effet, l'aptitude de John Kirby à se relever de chaque affrontement avec le shérif Dan Stevens conforte son affiliation avec le T-800 de l'immense Terminator réalisé par James Cameron et découvert sur les écrans deux ans plus tard. L'amateur pourra même pousser l'investigation jusqu'à comparer les personnages du shérif et de sa petite amie Alison Halman au couple formé par Michael Biehn/Kyle Rise et Linda Hamilton/Sarah Connor dans le chef-d’œuvre du canadien. Pour le reste, le film de Michael Miller demeure cependant bien en deçà. À part quelques affrontements en mode karateka opposant le shérif à une bande de bikers et quelques meurtres violents mais dénués d'effusions de sang, Silent Rage reste bien trop poli. L'idée de base du scénariste Joseph Fraley est intéressante mais relativement mal exploitée. Le sujet du sérum n'est qu'un prétexte pour faire évoluer un serial killer indestructible dans un cadre pourtant classique. Nous ne sommes finalement pas loin de la série Walker, Texas Ranger, dont les scénaristes auraient ne serait-ce qu'une seule fois, imaginé un script à la lisière du fantastique...

 

mardi 21 février 2017

Phantom Of The Paradise de Brian De Palma (1974) ★★★★★★★★★★




Lorsque Brian De Palma réalise "Phantom Of The Paradise" en 1974, il a déjà derrière lui quelques films à son actif dont un certain "Soeurs de Sang", hommage vibrant à son cinéaste fétiche Alfred Hitchcock qu'il prendra comme référence dans beaucoup d'autres de ses films à venir tels que "Blow Out" (remake du classique "Blow Up") ou encore "Body Double". En 1976, il réalisera même le film qui fera découvrir au monde entier l'immense écrivain fantastique Stephen King avec la très fidèle adaptation de son tout premier roman "Carrie au Bal du Diable". 

 
Dans "Phantom Of The Paradise", De Palma s'inspire de trois mythes fantastiques qu'il mêle avec brio. Tout d'abord celui du "Fantôme De L’Opéra" de Gaston Leroux qu'il adapte librement et de façon magistrale, faisant de son fantôme un homme trompé et manipulé par un homme, propriétaire du "Paradise", avare de célébrité et de reconnaissance, mais aussi et surtout un fantôme amoureux d'une jeune chanteuse qui préférera se tourner vers l'odieux manipulateur sans doute par ambition, du moins le croit-on pendant un temps. De palma mêle ensuite deux autres mythes bien célèbres de la littérature fantastique, celui de "Faust" ainsi que du "Portrait de Dorian Gray".

 
Swan, est propriétaire d'un théâtre qui cherche à tout prix la musique qui servira au lancement du "Paradise". Malgré un visage angélique, Swan personnifie le mal à l'état pur. Un mal avec lequel il a, il y a de très nombreuses années, fait un pacte pour que son reflet dans le miroir vieillisse à sa place.
Winslow Leach, compositeur de génie, viendra passer une audition pour l'ouverture du "Paradise" et Swan, interpellé par son interprétation de l'une de ses compositions au piano, fera tout pour s'approprier l'intégralité de l'opéra que Leach a mis tant de temps à composer. Winslow lui, ne désire qu'une chose: être engagé par Swan tout en étant l'interprète exclusif de son opéra, chose que ne peut concevoir le propriétaire des lieux.

Swan parviendra à prendre possession de l'opéra de Leach par l'entremise de son "bras droit" Beef. Débutera alors un combat entre l'homme qui composa un opéra magnifique, celui qui lui vola et entre lesquels une jeune femme s’immisça... 

 
En chef d'orchestre talentueux, Brian De Palma fait d'un récit mille fois adapté un film somptueux à la mise en scène magistrale et aux décors psychédéliques et dantesques. La musique, elle, est composée par Paul Williams qui interprète le rôle de Swan. De Palma dévoile une technique qui bientôt deviendra sa marque de fabrique : le splitscreen qui permet de partager l'image en plusieurs sections, ce qui permet aux spectateurs de voir certaines scènes sous différents angles. Un procédé qui atteindra son apogée lors du film "Snake Eyes" et notamment la scène d'ouverture en plan-séquence qu'il tournera beaucoup plus tard. "Phantom Of The Paradise", avant d'être un formidable film fantastique est d'abord une comédie musicale très réussie. La partition de Paul Williams participe d'ailleurs grandement du fait que l'on prend beaucoup de plaisir à suivre le film. Ce dernier fut souvent comparé à un autre classique, "The Rocky Horror Picture Show" qui, très souvent encore dans certaines salle de cinéma américaines est diffusé tard le soir.

Le film de De Palma est lui très court, moins d'une heure trente, mais la mise en scène force le respect, notamment dans le dernier quart d'heure durant lequel les événements se précipitent et s'enchainent à une allure folle. Encore un film essentiel donc. 

Peut-être le plus grand film de son auteur...

mercredi 20 janvier 2016

Sisters de Brian de Palma (1973)


Danielle Breton et Philippe Woode se rencontrent sur le plateau d'une émission télévisée, il repartent chacun avec un lot. Elle avec un ensemble de couteaux, lui avec un dîner pour deux dans le restaurant "African Room". Danielle se fait inviter par Philippe, l'invite ensuite à passer la nuit chez elle, puis ils font l'amour.
 Le lendemain matin, alors qu'il est encore endormi, Philippe est réveillé par une dispute entre Daniel et sa sœur Dominique. Cette dernière reproche à sa jumelle d'avoir fait entrer un homme dans l'appartement, et alors que Philippe choisit de s'évanouir dans la nature, Daniel réussit à le convaincre de rester. Il apprend que la venue de la jumelle de Danièle coïncide avec la date de leur anniversaire.

Danielle souffre de maux de têtes atroces et le médicament dont elle a besoin lui manque. Elle demande à Philippe de bien vouloir aller lui en acheter. Alors qu'il sort d'une pharmacie, il passe devant une boulangerie dans laquelle il pénètre et commande à l'une des boulangères un gâteau d'anniversaire sur lequel elle lui demande de bien vouloir inscrire les prénoms Danielle et Dominique.

A son retour dans l'appartement, Danièle est endormie. Philippe file dans la cuisine, allume les bougies qu'il a au préalable installées autour du gâteau, puis il prend l'un des couteaux remportés la veille au soir, et retourne dans le salon. Il s'approche doucement du lit, se penche vers Danièle puis lui glisse quelques mots dans l'oreille, l'invitant à couper le gâteau. C'est alors que la jeune se saisit du couteau et attaque sauvagement Philippe de plusieurs coups portés au visage et à la jambe. Se traînant sur le sol, l'homme tente de fuir mais il est rattrapé par Danièle qui lui plante à trois reprises le couteau dans le dos. Se trainant un nouvelle fois sur le sol, Philippe parvient jusqu'à une fenêtre derrière laquelle il est aperçu par la voisine habitant l'immeuble d'en face.

 Témoin du meurtre, celle-ci, journaliste, appelle aussitôt la police qu'elle s'apprête ensuite à accueillir au bas de l'immeuble de Danièle...

Sisters est le premier véritable long-métrage de Brian De Palma à connaître un certain succès. Plus qu'un thriller horrifique, l’œuvre est avant tout un hommage rendu à celui que vénère De Palma, Alfred Hitchcock.
 En effet, le meurtre, particulièrement impressionnant et perpétré à l'arme blanche, fait référence à la fameuse scène de la douche de Psychose. La thématique elle-même fait référence au classique d'Hitchcock puisqu'elle aborde le dédoublement de personnalité. Ainsi que la gémellité, sujet qui sera trop rarement abordé au cinéma et dont on retiendra surtout l'extraordinaire The Other de robert mulligan.

On découvre grâce à Sisters une technique dont abusera à bon escient Brian De Palma. Il s'agit du split screen, technique permettant de scinder l'image en deux, trois ou quatre parties, permettant ainsi d'examiner de plusieurs points de vues différents, une même scène (De Palma sublimera la technique grâce à des films tels que Carrie Au Bal Du Diable, Phantom Of The Paradise, ou encore Snake Eyes).

Le film ayant pris un petit coup de vieux, certains critiques ont le malheur de le malmener alors qu'il conserve pourtant de beaux restes. L'intrigue reste encore aujourd'hui passionnante, et l'ambiance on ne peut plus morbide résiste au temps. On découvre William Finley qui deviendra bientôt derrière la caméra de De Palma, l'irrésistible fantôme du Paradise et deux actrices (Margot Kidder et Jennifer Salt) brillantes.
 Un bon cru même si le cinéaste fera bien mieux les années à venir.
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