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vendredi 1 novembre 2024

Portés disparus 2 de Lance Hool (1985) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Après un premier volet sympa mais sans plus produit par la Cannon (détail que j'oubliais de préciser), Joseph Zito jette l'éponge ou choisit plutôt de s'investir dans deux autres projets. Tout d'abord Vendredi 13 : Chapitre final qui n'est rien moins que le meilleur opus de la franchise Vendredi 13 ainsi que Invasion USA, l'un des ''classiques'' de Chuck Norris qui donc sera assez productif en cette année 1985 puisqu'il tournera non pas deux mais trois longs-métrages, ajoutant à celui-ci Sale temps pour un flic d'Andrew Davis et donc, Portés disparus 2. Ce dernier étant titré sur son territoire d'origine Missing in Action 2: The Beginning, on comprend que plus qu'une suite, il s'agit surtout et avant tout d'une préquelle situant son action bien avant les événements du premier volet de la trilogie complétée en 1988 avec Braddock Portés disparus 3, lequel sera réalisé par le frère de la star, Aaron Norris. Dans ces nouvelles aventure du colonel James Braddock, Chuck Norris est plongé en pleine guerre du Vietnam, dans un camp où lui et plusieurs de ses hommes ont été faits prisonniers. Parmi les interprètes incarnant les soldats américains nous retrouvons Cosie Costa dans le rôle du lieutenant Anthony Mazilli, Bennet Ohta dans celui du capitaine Ho, John Wesley dans la peau du sergent-chef Ernest Franklin mais aussi Steven Williams dans le rôle du Capitaine David Nester qui pour survivre a choisit le camp ennemi en collaborant avec l'un des pires représentants de l'espèce humaine en la personne du colonel Yin. Acteur bien connu à l'époque des téléphages puisqu'il apparu dans un certain nombre de séries télévisées (Drôles de dames, Kung Fu, la légende continue ou L'Âge de cristal), l'acteur originaire de Corée du Sud Soon-Tek-Oh a beau se traîner une gueule d'ange, il se montre bien plus horrible que ne l'était Ernie Ortega dans le rôle de Vinh un an auparavant. D'ailleurs, les spectateurs pourront noter une certaine incohérence vis à vis de la séquence d'introduction du premier volet de la franchise avec cette préquelle puisque cette dernière ne semble finalement pas reprendre les événements qui se déroulèrent en préambule lors de l'ouverture de Portés disparus. Car alors, où donc sont passés le personnage de Vinh et l'acteur qui l'incarnait en 1984... ?


Toujours est-il que Joseph Zito ayant quitté le navire, le réalisateur laisse le champ libre à Lance Hool dont Portés disparus 2 sera le premier fait d'arme en tant que metteur en scène, l'homme n'ayant depuis réalisé que trois longs-métrages en près de quarante ans de carrière. Bien qu'étant largement moins connu que son prédécesseur, Lance Hool signe une suite/préquelle beaucoup plus convaincante. Situant la totalité de l'action dans un camp de prisonniers typiquement rencontré dans ce genre de production mêlant guerre et action, le réalisateur y développe une tension qui ne cessera de grandir jusqu'à l'inévitable vengeance du héros et des rares soldats américains qui seront parvenus à survivre à ce véritable enfer vert dont personne ne semble pouvoir s'échapper. Nous évoquions ci-dessus les quelques acteurs interprétant la plupart des soldats américains retenus prisonniers dans le camp vietnamiens mais il serait bon de citer également quelques-uns de ceux qui parmi les geôliers vont leur en faire voir de toutes les couleurs. Comme David Chung et le Professeur Toru Tanaka qui respectivement incarnent à l'écran Dou Chou et Lao, les soldats vietnamiens les plus proches du colonel Yin. Si les tortures physiques infligées aux soldats américains ne sont pas le plus représentatif des tourments qui sont administrés au colonel Braddock et à ses hommes, les persécutions psychologiques sont par contre d'un niveau nettement supérieur. D'une violence parfois inouïe (devant les yeux rougis et pleins de haine du colonel Braddock, le colonel Yin fait immoler le sergent-chef Ernest Franklin alors qu'il respire encore), Portés disparus 2 cultive cette supériorité vietnamienne jusqu'à rendre quasiment muet et inerte un colonel Braddock qui bien entendu mûrit sa vengeance. Bien que ne faisant pas preuve d'une très grande performance puisqu'il se montre économe en paroles, Chuck Norris parvient malgré tout à être convaincant dans son uniforme de colonel de l'armée américaine. Le dernier acte s'avère être une véritable libération lors de laquelle la tension retombe et où la satisfaction de voir l'ennemi tomber un à un est relativement réjouissante. Notons qu'après Jay Chattaway, la bande musicale est cette fois-ci confiée au compositeur australien Brian May dont le nom n'a absolument rien à voir avec celui du chanteur et guitariste du groupe britannique, Queen. L'homme signe une partition beaucoup plus épique que celle du premier volet, laquelle semble parfois étrangement résonner avec celle que composa la même année Jerry Goldsmith pour Rambo 2 : la mission...

 

dimanche 7 avril 2024

Opération dragon de Robert Clouse (1973) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Au risque de me faire pourrir, conspuer, insulter, cracher dessus, j'avoue ne pas vraiment comprendre la quasi unanimité qui entoure l'avant-dernier long-métrage interprété par l'acteur hongkongais Bruce Lee. Peut-être est-ce parce que contrairement à d'autres, qui sans doute s'y connaissent mieux que moi en matière de films d'action essentiellement dirigés du côté des arts-martiaux, je n'ai justement pas apprécié le film à la hauteur de ses engagements. Qu'il ait été produit non plus seulement par Hong Kong mais également par la société de production et de distribution américaine Warner Bros et qu'il ait été également mis en scène par un réalisateur, scénariste et producteur lui-même d'origine américaine fait que Opération dragon n'a pas tout à fait la même saveur que les trois précédents longs-métrages de la star hongkongaise. Et pourtant, je me souviens de ces temps anciens où, me semble-t-il, celui-ci était mon préféré. Car sans prétendre être ''clinquant'' et au beau milieu d'une filmographie percluse d’œuvres de ''petite composition'', Opération dragon est effectivement d'un niveau technique supérieur à Big Boss, La fureur de vaincre et La fureur du dragon. Tiens, d'ailleurs, concernant ce dernier, inutile d'y trouver un rapport quelconque avec cet avant-dernier film de Bruce Lee réalisé par Robert Clouse. Tourné à Hong Kong mais en partie interprété par des acteurs occidentaux, Opération dragon mérite pour une raison au moins son statut de film culte. Ne serait-ce que pour son indéniable apport au genre, qu'il s'agisse simplement d'évoquer une armada de longs-métrages reposant sur le même système ou par extension, ces œuvres vidéoludiques que représentent les franchises Mortal Kombat et Street Fighter, lesquelles, sans doute, lui doivent tout ou presque de leur concept. Si aujourd'hui le principe du tournoi réunissant des champions venus des quatre coins de la planète afin de s'affronter lors de combats peut paraître anodin, à l'époque, le film fait une telle sensation qu'il permettra à Bruce Lee d'avoir enfin la reconnaissance qu'il méritait sur le territoire américain. Le fait même qu'un studio d'outre-atlantique ait participé au projet et que le film ait été réalisé par un américain participant sans doute alors de l'engouement d'un public adepte de malbouffe jusqu'alors réfractaire aux péripéties de ce petit chinois sec et sans matière grasse. Le plus navrant demeurant dans le fait que Bruce Lee n'aura pas pu profiter du succès du film puisqu'il décédera un mois presque jour pour jour avant sa sortie aux États-Unis !


La particularité d'Opération dragon est son absence apparemment assumée d'humour. Plus étonnant encore, non seulement Robert Clouse signe le nouveau film d'action/arts-martiaux de Bruce Lee mais le scénario de Michael Allin intègre un genre qui n'était jusque là pas l’apanage de l'acteur hongkongais : l'espionnage. Car comme nous le découvrons rapidement, Lee (Bruce Lee) est engagé par les autorités chinoises afin de s'infiltrer dans le palais de Han (l'acteur et cascadeur chinois Shih Kien) lors d'un tournoi organisé par celui-ci afin de trouver des preuves de son implication dans un réseau de trafic d'opium dont il serait la tête pensante. De nuit, Lee se faufile tel un félin, s'introduit dans des locaux interdits alors que les sorties nocturnes sont prohibées. De jour, il participe au tournoi auquel vont notamment participer les acteurs américains John Saxon et Jim Kelly (interprète qui en général avait l'habitude de tourner dans des œuvres de Blaxploitation) ainsi que le célèbre acteur hongkongais Bolo Yeung et son impressionnante carrure. Acteur qui en général a l'habitude d'endosser le costume de l'antagoniste et que l'on aura notamment pu découvrir dans deux longs-métrages principalement interprétés par l'acteur belge Jean-Claude Van Damme, Bloodsport, tous les coups sont permis de Newt Arnold en 1988 et Double Impact de Sheldon Lettich trois ans plus tard. Si Opération dragon offre quelques sympathiques combats (comme celui qui opposera Lee à Oharra (l'acteur américain Bob Hall), garde du corps du propriétaire des lieux qui par le passé provoqua le suicide forcé de la jeune sœur de notre héros), le problème provient surtout du scénario qui semble terriblement léger. Qu'il s'agisse de l'espionnage ou de la compétition, le film se libère assez rapidement des contraintes imposées par le script pour ne plus se préoccuper que des seules séquences d'actions dont une, relativement mémorable, opposant Lee à Han. En étant tourné avec une énergie et une ambition bien différentes des petites productions hongkongaises, Opération dragon perd quelque peu le charme des précédents films de Bruce Lee. Ce qui ne l'empêche tout de même pas de mériter amplement son statut de film culte...

 

samedi 6 avril 2024

La fureur du dragon de Bruce Lee (1972) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Troisième des cinq longs-métrages qui ont fait de lui une légende, La fureur du dragon est l'un des deux seuls films que Bruce Lee aura réalisé durant toute sa carrière. Les avis à son sujet sont assez partagés. Une partie des fans de l'acteur le considèrent comme l'un de ses meilleurs longs-métrages tandis que les autres le conçoivent comme une triste clownerie ! Et il est vrai qu'en ce sens La fureur du dragon dénote par rapport au précédent, La fureur de vaincre, dans lequel Bruce Lee incarnait tout de même un homme épris de vengeance qui se transformait quasiment en tueur en série. Accentuant ainsi l'aspect véritablement sombre d'une œuvre en totale opposition avec le long-métrage qu'il allait alors entreprendre de diriger lui-même peu de temps après celui qu'avait mis en scène Lo Wei. Écrit, produit, chorégraphié et donc principalement interprété par Bruce Lee, La fureur du dragon sera l'occasion de retrouver une nouvelle fois la jolie Nora Miao, laquelle avait accompagné l'acteur sur les tournages des deux précédents films dont il tint la vedette. Après avoir incarné les rôles d'une propriétaire de stand de boisson et la future épouse du plus doué des élèves d'un maître en arts martiaux, l'actrice interprète désormais celui d'une jeune femme dont l'oncle Wang (Huang Chung-Hsin) rencontre des problèmes en Italie avec un groupe de mafieux qui veulent s'emparer de son restaurant (à la tête duquel l'on retrouve l'acteur Jon T. Benn). Chen Ching-Hua accueille donc à l'aéroport de Rome Tang Lung (Bruce Lee) fraîchement débarqué, mais quelque peu déboussolé. Il n'y parle pas la langue et ne connaît rien des us et coutumes locaux. De plus, devant son attitude gauche, la charmante Chen Ching-Hua paraît avoir quelques réserves vis à vis de celui qui vient d'arriver afin de mettre de l'ordre dans les affaires de son oncle... Tout comme le spectateur qui peut voir en cette succession de séquences humoristiques, une alternative asiatique aux délires potaches de l'un des duos de comiques les plus célèbre de la planète : Bud Spencer et Terence Hill. Le mimétisme est à cela remarquable que l'on ne sait ni du duo ou de Bruce Lee lequel aura inspiré l'autre !


Mais il est fort à parier que Bud Spencer et Terence Hill aient librement emprunté à La fureur du dragon quelques éléments comme semble par exemple le confirmer la plupart des séquences de l'un de leurs films parmi les plus connus : Deux super-flics réalisé par E.B. Clucher cinq ans après la sortie de La fureur du dragon. Comment ne pas en effet mettre en corrélation le petit chef de bande teigneux auquel se frottèrent à diverses reprises les deux acteurs italiens au pleutre Ho qu'interprète l'acteur Wei Ping-ao ? L'on retrouve en outre la même prédisposition dans les deux métrages pour ces bruitages fort exagérés lors des bagarres entre protagonistes et voyous... Bruce Lee choisi donc l'angle de la comédie et multiplie les mimiques burlesque, certainement au grand dam de ceux qui auraient préféré plus de sérieux. Mais alors que La fureur du dragon semble avant tout prôner une grande légèreté, le film n'en est pas moins doté de quelques séquences de combats qui depuis sont véritablement entrées dans la légende. On pense bien entendu aux quelques passages se situant dans la cours arrière du restaurant mais aussi et surtout à la mythique scène finale lors de laquelle Tang Lung se confrontera à un karatéka dépêché sur place des États-Unis qu'incarnera un acteur alors quasiment inconnu à l'époque, le célèbre Chuck Norris. Dans la peau de Colt, l'interprète américain affronte lors d'un final d'anthologie un Bruce Lee qui pour une fois rencontre une certaine résistance ! Tout comme pour La fureur de vaincre qui sera édité en France sous l'appellation ''René Chateau Vidéos'', La fureur du dragon sera expurgé de quelques séquences qui heureusement retrouveront leur place lors de futures éditions. Le long-métrage de Bruce Lee fait un clin d’œil au cinéma italien et plus précisément au western spaghetti lors du duel final censé se dérouler au cœur du Colisée mais tourné en réalité dans les studios de la société de distribution et de production hongkongaise Golden Harvest. Lors de cette séquence l'on entend effectivement quelques notes d'ouverture de Come una sentenza du compositeur italien Ennio Morricone qui servit de bande-son au chef-d’œuvre de Sergio Leone, Le bon, la brute et le truand...

 

vendredi 5 avril 2024

La Fureur de vaincre de Lo Wei (1972) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Big Boss était une mise en bouche. Surtout si on le compare à La Fureur de vaincre (Jing wu men) que réalisera à nouveau Lo Wei. Cette fois-ci, l'intrigue se déroule à Shanghai. Deux écoles d'arts-martiaux s'y affrontent. Celle du maître chinois Huo Yuanjia dont l'élève le moins discipliné revient d'un long séjour pour y épouser Yuan Le-erh (l'actrice hongkongaise Nora Miao qui dans lors de la précédente collaboration entre le réalisateur et Bruce Lee incarnait la propriétaire du stand de boissons fraîches). À son retour, Chen Zhen apprend que son maître vient de mourir. Assistant tardivement à l'enterrement de Huo Yuanjia dont la mort demeure inexplicable, le jeune homme a bien du mal à se plier aux règles édictées par le fondateur de l'école Jingwu. Surtout lorsque certains des représentants du rival japonais du dojo de Hiroshi Suzuki osent pénétrer l'antre chinois pour y humilier ses adeptes. Traités de lâches par Wu En, le traducteur et conseiller du Maître Suzuki, aucun membre de l'école Jingwu n'ose s'interposer... en dehors de Chen Zhen qui quelques temps plus tard s'introduit dans le dojo de Suzuki et met une véritable raclée à ses membres. Par vengeance, Wu En et plusieurs dizaines d'hommes retournent une nouvelle fois à l'école Jingwu afin de la mettre à sac et donner une leçon à ses élèves. Avant de repartir, Wu En donne trois jours à ceux-ci pour livrer Chen Zhen à l'école de Suzuki, à défaut de quoi, les représailles seront terribles. Ne pouvant se contraindre à livrer l'un des siens, le responsable de l'école Jingwu propose à Chen Zhen de quitter Shanghai en compagnie de sa future épouse au plus vite... Si Big Boss était un sympathique petit film, on atteint avec La Fureur de vaincre un niveau de qualité nettement supérieur. Tout ce que l'on pouvait attendre d'un film d'action et d'arts-martiaux y est ! Si lors de la première collaboration entre Lo Wei et Bruce Lee il fallait parfois attendre des dizaines de minutes avant que ne s'enclenchent les combats, dans le cas de La Fureur de vaincre, les amateurs n'auront pas à attendre bien longtemps. Le film est une succession de moments de bravoure lors desquels l'acteur hongkongais déploie des techniques de combat qui lui sont propres.


À grand renfort de cris, de grognements ou de miaulements, Bruce Lee combat aux pieds, aux mains, sautant au dessus de ses adversaires et use également du nunchaku. L'une des séquences emblématiques du long-métrage se situe lorsque le personnage de Chen Zhen s'introduit dans le dojo de l'école rivale et affronte plusieurs dizaine d'adversaires. Une séquence devenue culte qui sera reprise bien des années plus tard par le cinéaste américain Quentin Tarantino dans Kill Bill Volume 1 lors de l'affrontement entre la Mariée interprétée par l'actrice Uma Thurman et une flopée de Yakuzas agissant sous les ordres de Bill, dirigeant du Détachement International des Vipères Assassines ! À nouveau écrit par Lo Wei et Ni Kuang, La fureur de vaincre fait également figure de critique sociale où le chinois est dans sa globalité traité au même rang que les animaux de compagnie comme l'évoque notamment la séquence tournée devant l'entrée du Parc Huangpu, à Shanghai. L'annotation de panneau ayant été changée pour les biens du long-métrage, l'accès n'y était cependant pas spécifiquement interdite aux habitants du cru mais bien réservée aux étrangers ! Les tensions raciales sont ici l'un des angles sociaux sous lesquels le réalisateur et scénariste choisi de plonger les protagonistes. Notons également que La fureur de vaincre sera l'occasion pour la future star du cinéma d'action Hongkongaise Jackie Chan de croiser la route de Bruce Lee. Employé en tant que cascadeur, le futur interprète de la franchise Police Story y effectuera en effet à plusieurs reprises, certaines cascades. Jackie Chan et Bruce Lee auront d'ailleurs l'occasion de se retrouver un an plus tard sur le tournage d'Opération Dragon de Robert Clouse, avant-dernière apparition de la légende du karaté avant sa tragique disparition le 20 juillet 1973 à l'âge de 32 ans...

 

jeudi 4 avril 2024

Big Boss de Lo Wei (1971) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pour débuter le cycle consacré à l'acteur sino-américain Bruce Lee, nous allons évoquer son tout premier succès international. Après être apparu à l'âge de un an dans Les larmes de San Francisco d'Esther Eng, la future star des arts-martiaux enchaînera les rôles entre 1946 et 1969. Parmi elles, sa participation à la série américaine Le frelon vert entre 1966 et 1967. Le succès ne sera malheureusement pas au rendez-vous et les prochains longs-métrages qu'il tournera sur le territoire américain ne lui permettront pas encore de se faire un nom dans le cinéma. C'est pourquoi Bruce Lee retourne dans sa ville natale, à Hong Kong, pour y tourner en 1971 le film Big Boss (Tang shan da xiong) du réalisateur hongkongais Lo Wei, réalisateur aux soixante-cinq longs-métrages, acteur ayant joué dans cent-dix films et qui marqua d'une empreinte indélébile le cinéma d'action et d'arts-martiaux mondial en signant deux des plus célèbres films du genre aux côtés de Bruce Lee. Car après celui-ci, les deux hommes se retrouveront un an plus tard sur le tournage de La Fureur de vaincre (Jing wu men), second succès de la star hongkongaise... Concernant Big Boss, Bruce Lee s'amuse à faire s'impatienter le public qui est venu le voir combattre les antagonistes du film. Dans celui-ci, il incarne le rôle de Cheng Chao-an, un jeune chinois originaire de la ville-préfecture de Tangshan au nord-est de la république populaire de Chine. Il débarque en compagnie de son oncle à Pak Chong en Thaïlande où il y fait la connaissance de son cousin Hsiu Chien (l'acteur James Tien) et de plusieurs de ses amis qui tous sont employé dans la fabrique locale de blocs de glace. Fuyant sa mauvaise réputation de bagarreur, Cheng Chao-an promet à son oncle de bien se tenir et de travailler à son tour pour Hsiao Mi (le ''Big Boss'' du titre qu'interprète l'acteur chinois Han Ying-chieh). Porteur d'une amulette offerte par sa mère adoptive à laquelle il avait également fait la promesse d'éviter toute altercation, le jeune homme va cependant très vite en découdre avec certains habitants du coin. Dirigée d'une main de fer, l'entreprise de Hsiao Mi sert en effet de couverture à un trafic de drogue qui bientôt fera deux victimes parmi les employés. Deux hommes qui venaient de découvrir le pot aux roses et qui ont subitement disparu...


Alors que la carrière de Bruce Lee avait tendance à stagner du fait de l'annulation de la série Le frelon vert et d'un problème physique lié à l'usage intensif de l'haltérophilie, les projets auxquels il contribuait avaient tendance à tomber à l'eau l'un après l'autre. C'est sur les conseils de l'acteur américain James Coburn que Bruce Lee retourne alors tenter sa chance à Hong Kong. À court d'argent, le jeune spécialiste en arts-martiaux refuse cependant le contrat que leur propose de signer les frères de la société de production cinématographique Shaw Brothers mais accepte de signer un contrat pour deux films auprès de Raymond Chow, patron d'une autre société de production du nom de Golden Harvest. Le tournage débute en juillet 1971 à Pak Chong, au nord-est de Bangkok tandis que le dernier tour de manivelle sera effectué le 3 septembre de cette même année. À l'origine, le film contenait plus de trois heures d'images qui furent réduites en post-production à quatre-vingt seize minutes. Tourné en cantonais et en mandarin, le film sera traduit dans diverses langues dont l'anglais et le français et aura la particularité d'avoir été doublé à deux reprises dans notre langue. C'est ainsi que par exemple, Bruce Lee le fut d'abord une première fois par Philippe Ogouz et une seconde fois par Pierre Tessier... Dans Big Boss, il faudra patienter plus de trois quart-d'heure avant de voir Bruce Lee se servir véritablement de ses poings et de ses pieds. Jusque là, son personnage devra refréner ses pulsions. Parmi les interprètes nous retrouvons quelques jolies actrices féminines parmi lesquelles la hongkongaise Nora Miao qui sous le pseudonyme Mao Ke-hsiu interprète le rôle de la propriétaire d'un stand de boissons, Maria Yi dans celui de la cousine Chow Mei ou encore Marilyn Bautista dans celui de la prostituée Miss Sun Wuman. Bien que reposant sur un script écrit par Lo Wei en collaboration avec le romancier et scénariste américano-hongkongais Ni Kuang, l'histoire s'inspire en fait d'un fait authentique ayant eu lieu à la fin du dix-neuvième siècle. Revoir aujourd'hui Big Boss, c'est se rendre compte combien l'eau a depuis coulé sous les ponts. Et même si Bruce Lee demeure une légende du cinéma d'action et d'arts-martiaux, il faut reconnaître que les combats sont parfois ''pénibles'' à regarder. Notons que le film propose quelques étonnants plans de nus et plusieurs séquences sanglantes plus ou moins suggérées... Le petit Dragon entrait alors dans la légende...

 

lundi 1 janvier 2024

La Légende de Zatoïchi (X) : La Revanche (Zatōichi nidan-kiri) de Akira Inoue (1965) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Doucement, sûrement, mais aussi de manière très certainement laborieuse, je continue à me pencher sur la vaste franchise consacrée au Shogun aveugle Zatoïchi. Un personnage Ô combien attachant qui fut au centre d'un nombre impressionnant d’œuvres cinématographiques. En effet, à ce jour, vingt-sept longs-métrages ont été réalisés entre 1962 et 2003 et la plupart d'entre eux ont été principalement interprétés par l'acteur japonais Shintarō Katsu. Et comme si cela ne suffisait pas, une série vit le jour dès 1974 pour s'interrompre cinq ans plus tard. Au total : quatre saisons pour cent épisodes ! Le dernier article était consacré à La lettre, le neuvième film de la franchise. Il est donc logique qu'aujourd'hui j'aborde La revanche qui dans son pays est connu sous le titre Zatōichi Nidan-Kiri. Nous y retrouvons donc le protecteur de la veuve et de l'orphelin(e) pour une dixième aventure qui désormais, on le sait, s'offre sous la nouvelle esthétique de la couleur et qui s'inspire une fois encore de la nouvelle originelle du romancier japonais Kan Shimozawa. Après Kenji Misumi, Kazuo Mori, Tokuzō Tanaka, Kimiyoshi Yasuda ainsi que Kazuo Ikehiro, c'est au tour du réalisateur Akira Inoue, mort l'année dernière à l'âge de quatre-vingt quinze ans de se saisir du personnage de Zatoïchi pour en faire sien. Ce sera d'ailleurs pour lui l'unique occasion de pénétrer dans l'univers de ce personnage de l'ère Edo couvrant une période s'étalant entre le dix-septième siècle et le dix-neuvième. Dans cette nouvelle aventure, Zatoïchi remet les pieds dans un petit village de campagne qu'il n'a pas revu depuis dix ans. Sa tête étant toujours mise à prix, il est attaqué par deux hommes sur lesquels il parvient à garder le dessus. L'un meurt tandis que l'autre prend la fuite après avoir fait les poches de son ''regretté'' compagnon. Une fois arrivé au village, Zatoïchi apprend que son ancien chef, Maître Hikonoichi, est mort voilà deux semaines. Assassiné par un homme dont on ignore encore l'identité, sa fille prénommée Sayo est désormais enfermée dans une maison close du nom de Chojiro dont le propriétaire est l'intendant Tatsugoro. Un personnage vaniteux qui traite les femmes du village en esclaves sexuelles et vole les hommes quand il ne les tue pas purement et simplement.


Zatoïchi connaît bien Sayo à laquelle il chantait une berceuse lorsqu'elle n'était qu'une toute jeune enfant. Après avoir fait un bon repas et avoir bu du saké, Zatoïchi se met en route vers la maison close où il a l'intention de revoir Sayo afin de la faire libérer. La revanche débute par un magnifique plan plongé dans la brume et perpétue l'esprit même de la saga. Shintarō Katsu continue à interpréter ce personnage d'homme valeureux dont l'instinct n'a jamais été aussi proche d'un sixième sens que dans ce dixième long-métrage. Akira Inoue et le scénariste Minoru Inuzuka nous concoctent à leur tour un savant mélange entre humour, combats au sabre et drame. Dans ce récit cruel où les femmes sont contraintes d'offrir leurs corps à de libidineux clients à défaut de quoi elles sont durement battues à coups de planches de bois, surgit le fameux humour de notre principal protagoniste. La franchise s'éternise et rien ne change vraiment. Zatoïchi se montre toujours aussi friand de boulettes de riz tandis qu'il use de son sabre avec la même parcimonie qu'un scorpion économisant son venin. On rit donc parfois (le repas à son arrivée au village) mais surtout, l'on craint pour la vie de notre héros même s'il nous a habitué à se sortir de situations théoriquement inextricables. Aveugle mais capable de détecter la moindre présence, Zatoïchi, l'ancien samouraï déchu use de son arme comme s'il s'agissait de l'extension directe de son bras. Le grand méchant du film est personnifié par l'acteur Jun Katsumura qui se fond dans le rôle d'un individu perfide et fabulateur. Le plaisir de voir notre héros atteint de cécité s'en prendre à des êtres veules demeure intact. Comme de le retrouver une fois encore lors d'une partie de dés, entouré de tricheurs. Le cadre lui-même demeure authentique. Entre les costumes, les geishas et ces vieilles Minkas faites de planches de bois et de portes coulissantes, la reconstitution conserve tout son charme et participe de la fascination que l'on éprouve devant les mésaventures du plus célèbre masseur aveugle. La franchise a beau en être déjà à son dixième opus, on ne s'en lasse toujours pas. D'autant plus que le film nous offre d'authentiques moments de bravoures...

 

jeudi 14 septembre 2023

John Rambo de Sylvester Stallone (2008) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avec John Rambo, le réalisateur et acteur Sylvester Stallone crée un monde sous tension extrême, dans lequel son personnage n'a par le passé, jamais semblé aussi iconique. Où la peur règne en maître, où les morts ressemblent à des morts, où chaque pas peut être le dernier et chaque arbre ou chaque rocher peut cacher un danger. Plus qu'un film de guerre, John Rambo est un film d'horreur où les affrontements s'affirment comme des champs de batailles ultra gore et où la morale a été totalement rayée de l'esprit de ses bourreaux ! Beauté et monstruosité s'entrecroisent dans ce qui demeure un monument du cinéma. Une œuvre qui aurait facilement pu clore cette légendaire saga. D'autant plus que le retour à la vie civile demeure parmi les plus beaux et les plus poignants que nous ait servi le septième art depuis bien longtemps...


Notre planète est un territoire de guerre permanent. Dans Rambo, l'ancien béret vert John Rambo affrontait le shérif de la petite ville de Hope, Will Teasle, transformant ainsi une simple envie de se restaurer et de se doucher en une véritable bataille menée au cœur d'une forêt montagneuse des États-Unis. À l'issue de ce premier long-métrage datant de 1982 et réalisé par Ted Kotcheff, l'ancien héros du Vietnam allait rempiler trois ans plus tard dans Rambo 2 : La Mission de George Pan Cosmatos dans lequel on le découvrait tout d'abord purgeant une peine de travaux forcés après le souk qu'il provoqua à Hope trois ans auparavant puis au centre d'un récit orbitant autour d'un groupe de prisonniers américains que Rambo devait alors aller libérer par ses propres moyens contre l'avis d'un certain Murdock (l'acteur Charles Napier). Avec un budget de quarante-quatre millions de dollars, le film en rapporte trois-cent. De quoi motiver la mise en chantier d'un troisième opus qui sortira en 1988, soit trois ans plus tard. Cette fois-ci, l'action se déroulait en Afghanistan où notre valeureux héros allait collaborer avec un groupe de moudjahidines afin de débarrasser le pays des occupants soviétiques. Le troisième volet de la franchise remporte lui aussi un beau succès même s'il s'avère en deçà de celui rencontré par Rambo 2 : La Mission puisque Rambo 3, pour un budget s'élevant à un peu plus de soixante-millions de dollars en rapportera un peu moins de deux-cent millions. Il faudra attendre vingt ans. Deux décennies pour qu'apparaissent sur les écrans du monde entier les quatrième et avant-dernières aventures du plus célèbre guerrier de l'histoire du cinéma. John Rambo n'est pas retourné chez lui et comme lors de l'épisode précédent, nous découvrons qu'il vit en Thaïlande. Mais alors que dans Rambo 3 il s'était installé dans un monastère, dans John Rambo il nous est révélé à travers les nouvelles activités qui lui permettent de survivre dans un milieu particulièrement hostile.


Si le personnage a pris de la bouteille, il n'en a pas pour autant perdu de son impressionnante carrure et semble même avoir pris un surcroît de muscles... qu'il bande en cognant comme un sourd sur du métal en fusion. Pour gagner sa vie, il capture des cobras qu'il revend à un charmeur de serpents. John reçoit un jour la visite d'un groupe d'humanitaires qui espère louer ses services afin de rejoindre le village de Klaw Kbe Lo pour venir en aide à ses habitants. Après plusieurs refus mais à force d'insistance, la jeune et jolie Sarah Miller ('actrice Julie Benz) parvient à le convaincre de les aider elle et ses compagnons. Malgré la présence de John aux commandes d'un vieux rafiot, la traversée n'est pas de tout repos. Le petit groupe croise la route de pirates que John est contraint d'abattre contre l'avis d'un certain Michael Burnett (l'acteur Paul Schulze), le médecin qui dirige l'expédition. Malgré ce contretemps, Sarah et les autres arrivent à bon port et la jeune femme et John se font leurs adieux. Malheureusement pour elle et pour les autres membres du groupe, le tyrannique chef d'une organisation militaire birmane connue sous le nom de Tatmadaws et ses hommes vont mettre à feu et à sang le village de Klaw Kbe Lo et kidnapper les membres de l'expédition humanitaire... On devine bien évidemment la suite. John Rambo va reprendre les armes pour la bonne cause et nous offrir un spectacle au delà de nos espérance. Car il faut bien le comprendre, le temps des petites guéguerres farcies d'explosions et de scènes de tortures font partie du passer. Désormais, lorsque la poudre parle, c'est pour laisser derrière elle des montagnes de cadavres déchiquetés, de corps qui s'envolent dans les airs tels des pantins désarticulés. John Rambo est une véritable boucherie au sens propre comme au figuré. Autant dire que celles et ceux qui ne sont pas habitués à ce genre de spectacle vont devoir peut-être penser à se munir de sac à vomi avant de se lancer dans cette aventure qui en outre, bénéficie parfois d'une très belle photographie signée de Glen MacPherson. L'on retrouve évidemment le superbe thème de Jerry Goldsmith, It's A Long Road, tandis que Brian Tyler s'est chargé de composer le reste de la bande musicale.

 

mardi 12 septembre 2023

Police Story de Jackie Chan (1985) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Après avoir débuté sa carrière d'acteur en 1962 dans Wong so Kong Nam Chat Ba Tin de To Lung et après avoir réalisé ses quatre premiers longs-métrages entre 1979 et 1983, Jackie Chan allait signer en 1985, le premier volet d'une franchise qui allait devenir mythique. La série des Police Story ou, Ging Chaat goo Si dans sa langue d'origine. Contrairement à Bruce Lee auquel il sera souvent comparé et qui prônait l'aspect dramatique dans les œuvres qu'il incarnait, Jackie Chan, lui, préfère aborder ses films sous l'angle de l'humour. C'est ainsi que pour son cinquième long-métrage Police Story, l'acteur, réalisateur et scénariste hongkongais choisi de mêler policier, action, arts-martiaux et comédie. Ce premier volet d'une longue saga débordante d'énergie est disponible dans des versions différentes dont une intégrale de cent minutes environ. Mais revenons plutôt sur celle d'une heure et vingt-quatre minutes qui synthétise au fond tout ce que l'on peut attendre d'un film tel que celui-ci. De l'action pure et dure, des cascades en veux-tu, en voilà et de surcroît directement exécutées par Jackie Chan lui-même. Une jolie ''complice'' en la personne de la charmante Brigitte Lin qui interprète le rôle de Selina Fong, un grand ponte de la drogue incarné par Yuen Chor, des flics bons ou mauvais, des dizaines de malfrats, un avocat véreux, une fiancée jalouse mais avant toute chose, du grand spectacle qui dès l'ouverture du long-métrage va nous en mettre plein la vue. Commençons par éliminer le seul petit défaut qui émane de la mise en scène : pourtant raccourci d'un quart-d'heure environ, cette version souffre de tout petits ventres mous. Mais si infimes que leur simple évocation apparaît finalement anecdotique. D'ailleurs, quelques étranges ellipses montrent bien qu'il s'agit là d'une version tronquée. Après une présentation des antagonistes des plus sommaire, l'on assiste à un briefing de la part du supérieur hiérarchique de Jackie (Chan Ka Kui dans la version originale) avant que notre héros et plusieurs de ses collègues n'interviennent au sein d'un bidonville situé au sommet d'une colline. Là, ils doivent mettre aux arrêts un certain Chu Tao qui n'est autre qu'un important trafiquant de drogue. Première séquence d'action et première scène mythique du film.


Jackie Chan et ses collaborateurs vont scrupuleusement détruire et mettre à feu (mais pas à sang) des dizaines de baraques construites en taule grâce à l'emploi de véhicules dévalant la pente de la dite colline. S'ensuit une course-poursuite et une bagarre autour et à l'intérieur d'un bus lancé à vive allure. Comme le reste du long-métrage le confirmera, Jackie Chan est bien aux commandes des cascades qu'il exécute courageusement lui-même. Une mise en appétit qui laisse présager du meilleur même si Police Story ne s'attache pas à n'être qu'une succession de combats et de fusillades. Les meurtres sont finalement assez rares (je n'en ai compté qu'un par arme à feu si l'on tient compte du fait que les combats aux arts-martiaux ne laissent réellement aucune de leurs victimes sur le carreau). Se noue alors une relation entre Jackie et la jolie Selina, compagne de Chu Tao qui doit témoigner au procès de ce dernier qui vient d'être arrêté et que notre policier est chargé de protéger. Leur relation d'abord houleuse est l'occasion de quelques séquences fort drôles. Tout comme celle que partage notre héros avec sa fiancée May (l'actrice Maggie Cheung qui retrouvera Jackie Chan à quatre autres occasions) lorsque celle-ci, très énervée, tente de le quitter à bord de son scooter ! Le dosage entre humour et action est parfaitement dosé. Et même si beaucoup de séquences s'avèrent parfaitement absurdes comme notamment lors du procès de Chu Tao, Jackie Chan sait ménager quelques passages plus sérieux comme lorsqu'il s'énerve réellement à l'issue d'une scène située dans un centre commercial. Une séquence au demeurant célèbre lors de laquelle l'acteur n'a pas hésité à mettre sa vie en jeu lors de cascades parfaitement insensées. Les acteurs secondaires et lui font montre d'un talent en matière d'arts-martiaux qui même après presque quarante ans d'existence n'ont pas à rougir face à la concurrence actuelle. Bien que Jackie Chan ait écrit le scénario avec la collaboration d'Edward Tang, on ne peut pas dire qu'il bénéficie d'une grande profondeur. C'est même très basique. Mais qu'importe puisque le spectacle est là et que les quatre-vingt quatre minutes que dure l'aventure filent à une vitesse folle. Culte !

 

mardi 25 octobre 2022

Riki-Oh : The Story of Ricky de Lam Ngai-kai (1991) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Film culte par excellence, c'est après des années d'attente que j'ai pu enfin m'offrir la projection de Riki-Oh : The Story of Ricky de Lam Ngai-kai. Un long-métrage réputé pour sa violence et ses effets gore. De ce côté là, rien à dire. Le film remplit parfaitement son contrat. En effet, la puissance d'attaque du héros incarné par l'acteur hongkongais Siu-Wong Fan est telle que ses poings pénètrent sans difficulté n'importe quel organisme ou structure faite de bois, de métal ou de béton. Des corps qui à l'impact se déchirent, explosent dans une profusion de séquences qui font de Riki-Oh Saiga, le digne successeur de Kenshiro, plus connu chez nous sous le nom de Ken le survivant. Tout comme ce dernier, Riki-Oh Saiga fut à l'origine le personnage central d'un manga intitulé Riki-Oh qui fut édité entre 1988 et 1990. C'est donc un an après son interruption que débarquera sur grand écran son adaptation cinématographique. Objet d'une véritable fascination de la part des fans de cinéma asiatique et de films gore, mieux vaut malgré tout remettre Riki-Oh : The Story of Ricky dans son contexte avant de se lancer dans la projection. Surtout si jusque là le fantasme des non-initiés a été nourri par les seuls commentaires élogieux reposant sur des critiques plus ou moins objectives. Car affirmer que l’œuvre de Lam Ngai-kai déborde d'une énergie enivrante serait à elle-seule une manière de démontrer que l'engouement dépasse parfois la réalité de ce qui se déroule à l'image. L'intégralité du film se situant entre les murs d'une prison où sont incarcérés meurtriers et prisonniers de droit commun, Riki-Oh (ou Ricky à l'internationale) y est jeté après avoir commis un homicide volontaire. Très vite l'on constate que loin de l'image que véhicule son statut de criminel, le jeune homme au corps affûté pour le combat à mains nues se place du côté des opprimés. Ceux qui comme la plupart des prisonniers sont non seulement sous les ordres du directeur de la prison, de son adjoint et des gardiens, mais également de quelques grands criminels qui font la loi. Riki-Oh : The Story of Ricky dresse une galerie de portraits relativement hétéroclites d'un point de vue physionomies mais dont le caractère sournois les rapproche cependant...


Apparemment, le budget alloué au long-métrage ne semble pas très élevé. La prison paraît avoir été construite à la vas vite tant certaines structures semblent trembler au seul passage des prisonniers (les rambardes des escaliers bougent anormalement au moindre contact). Le tout ayant l'air de carton-pâte, l'un des aspects les moins convaincants mais néanmoins mineur pour ce genre de production se situe également au niveau du scénario. Ici, aucun risque de voir nos cellules grises en surcharge. Le cerveau ne risque pas de surchauffer devant l'indigence du récit qui se contente de toute une série de combats agrémentés de commentaires parfaitement absurdes et de séquences particulièrement sanguinolentes. Des personnages hauts en couleurs. Comme ce directeur de prison interprété par Ka-Kui Ho toujours suivi par son chiard que l'on aurait tellement aimé voir crever au même titre que son géniteur mais que le réalisateur décide d'épargner. Heureusement pour les amateurs de séquences gore, d'autres feront les frais de la fureur de Ricky. Des scène d'horreur franchement réussies qui ne font pas appel à la moindre image de synthèse mais plutôt au talent de concepteur des effets-spéciaux en latex qu'était Chi-Wai Cheung. Éventrations, démembrements, énucléations, etc... Et tout cela dans la bonne humeur puisque la violence et l'horreur ne se départissent jamais d'une bonne grosse dose d'humour. Une approche accentuée par ce type même de cinéma Z qui transpire tout au long du récit. Car plus que l'aura de film culte qui entoure Riki-Oh : The Story of Ricky l'on reconnaîtra que le long-métrage de Lam Ngai-kai est avant tout un bon gros nanar qui ne repose en priorité que sur ses débordements sanglants. Après, l'on s'amusera ou pas des pitreries incessantes de cette bande de méchants profitant des conditions carcérales pour s'adonner au trafic d'opium ou des furtifs effets-spéciaux constituant généralement la base des Super sentai (genre Bioman, Ultraman mais sans les costumes). D'un point de vue personnel, Riki-Oh : The Story of Ricky demeure malgré tout une petite déception. Si les effets gore fonctionnent à merveille et si l'aspect nanardesque et bricolé du film m'ont séduit, l’œuvre de Lam Ngai-kai souffre de beaucoup trop de passages à vide contrairement à ce qu'invoquent certains fans. À voir au moins une fois dans sa vie...

 

mardi 28 juin 2022

Double Impact de Sheldon Lettich (1991) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Double Impact de Sheldon Lettich est la seconde collaboration entre le réalisateur américain et le belge Jean-Claude Van Damme un an après Full Contact en 1990. L'une des originalités de ce nouveau film d'action pour l'acteur est qu'il y incarne non pas un personnage, mais deux. Ceux de deux frères jumeaux séparés très tôt à la suite du double meurtre de leurs parents en Chine alors qu'ils n'étaient encore que des bébés. Nous les retrouvons vingt-cinq ans plus tard. Après avoir été immédiatement confié à un orphelinat par sa nounou après le double assassinat, Alex est toujours resté vivre en Chine tandis que l'un des anciens collaborateurs du père des jumeaux, Frank Avery (l'acteur Geoffrey Lewis), a emporté avec lui Chad aux États-Unis où il l'a élevé seul. Un quart de siècle plus tard, Frank décide donc de réunir les deux frères et propose à Chad de prendre quelques jours de vacances en Chine. C'est dans un bar malfamé que celui-ci apprend l'existence d'Alex et qu'il y fait ainsi sa connaissance. Les deux frères que tout semble opposer acceptent de remonter la piste d'un certain Griffith, traître et ''ami'' de leur père qu'il les fit assassiner son épouse Katherine et lui vingt-cinq ans auparavant. Frank apprend notamment à Chad et Alex que l'odieux personnage touche depuis toutes ces années les redevances d'un tunnel qui relie l'île de Hong Kong au continent asiatique, projet à l'origine duquel était le père des deux hommes et dont ces derniers sont en droits de réclamer l'argent que Griffith a empoché depuis toutes ces années à leur place... Voici en gros le résumé des quinze ou vingt premières minutes de ce Double Impact reconnu comme l'un des plus célèbres longs-métrages auquel ait participé l'acteur Jean-Claude Van damme. Un double rôle qui le voit incarner deux frères qui n'ont en dehors de leur grande ressemblance physique, pas grand chose en commun. Et pour bien marquer ces différences, quoi de mieux pour commencer que d'affubler Chad d'un polo couleur turquoise, d'un bermuda rose et d'une paire de chaussettes blanches lui arrivant jusqu'aux mollets ? Et pourquoi ne pas vêtir son frère Alex de vêtements sombres, de cheveux gominés et peignés vers l'arrière et lui enfoncer au coin de la bouche un énorme cigare ? De prime abord, le premier n'a a priori pas l'air très malin, adoptant une attitude un peu gauche lorsqu'une paire de jambes féminines s'oppose entre lui et sa ligne de mire. Tandis que le second accumule les froncements de sourcils histoire de signifier à quiconque ne l'aurait pas encore compris que des deux, le gros dur, c'est lui...


D'emblée, une incohérence semble se profiler. Sachant que l'acteur hongkongais Bolo Yeung avait peu de chance de ne faire que de la figuration lors de la tuerie survenant dans les premiers instants du récit, on devine qu'il réapparaîtra plus tard, une fois les vingt-cinq dernières années d'existence des deux frères éludées en une toute petit poignée de minutes. Si la réputation des asiatiques est d'avoir longtemps l'air de ne pas vieillir avant de prendre un sérieux coup de vieux au crépuscule de leur existence, certains trouveront peut-être curieux de constater que les vingt-cinq années qui se sont écoulées entre le meurtre des parents d'Alex et Chad et le temps présent n'ont pas empêché au personnage de Moon qu'interprète donc Bolo Yeung de conserver toute sa fraîcheur. En effet, pas une ride. Juste une immense cicatrice sur le visage histoire de faire illusion. Passé ce détail plus amusant que réellement dérangeant, Double Impact distraira le spectateur à travers la double interprétation de Jean-Claude Van Damme qui pour le coup, incarne assez justement les deux frères à travers des caractères si distincts que l'on ne les confondra jamais ! Souvent drôle, l'acteur belge nous gratifie donc d'une double incarnation convaincante. Ponctué de quelques ''remarquables'' séquences d'actions, le film nous gratifie notamment d'un gunfight dans un entrepôt, d'une bagarre dans un restaurant,d' une course-poursuite à travers toute une succession de bateaux de pêcheurs et d'autres petites joyeusetés permettant à Jean-Claude Van Damme d'aborder chaque affrontement de manière différente. De la maîtrise des arts martiaux de Chad à la technique un peu plus brute de son frère en passant par l'usage d'armes à feu, Double Impact diversifie les affrontements pour le bonheur des amateurs d'action et de combats. Jean-Claude Van Damme retrouve Bolo Yeung après l'avoir affronté dans le classique Bloodsport en 1988 et retrouvera par la suite Sheldon Lettich à l'occasion de plusieurs autres projets dont The Order en 2001. Le réalisateur et l'acteur signent ensemble l'un des meilleurs films parmi lesquels soit apparu Jean-Claude Van Damme. Action, combats mais également beaucoup d'humour, on se délecte également des environnements ainsi que de la partition musicale signée d'Arthur Kempel. Notons que l'acteur belge a participé à l'écriture du scénario en compagnie du réalisateur. Un script inspiré du roman d'Alexandre Dumas, Les frères corses...

 

lundi 27 juin 2022

Maximum Risk (Risque Maximum) de Ringo Lam (1996) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Risque maximum, c'est la rencontre entre l'acteur belge Jean-Claude Van Damme et le réalisateur hongkongais Ringo Lam. Spécialiste du cinéma d'action, ce dernier s'est fait tout d'abord connaître grâce à toute une série de longs-métrages tournés dans son pays d'origine avant de mettre en scène pour la première fois JCVD dans Risque Maximum. L'occasion pour les deux hommes de voir du pays puisque le tournage se déroulera entre les États-Unis, la France et le Canada. Des environnements situés dans notre pays, nous reconnaîtrons surtout Nice et ses ruelles qui dans une certaine mesure se confondent parfois avec celles que l'on trouve en Italie, ainsi que la capitale française. Le film s'ouvre et se clôt d'ailleurs dans le sud de la France tandis que la partie centrale, elle, se déroule à New York. Même si le réalisateur hongkongais ne se tournera pas définitivement vers un cinéma strictement occidental puisqu'il repartira tourner dans son pays une partie importante de ses prochains longs-métrages, sa rencontre avec Jean-Claude Van Damme portera ses fruits à trois reprises puisque après Risque Maximum, les deux hommes se retrouveront sur les plateaux de tournage de Replicant en 2001 et de l'excellent In Hell deux ans plus tard. Dans Risque Maximum, l'acteur tient le rôle d'Alain Moreau, un policier français installé à Nice qui apprend l'existence et la mort d'un frère jumeau qu'il n'a jamais connu. L'occasion de redécouvrir le belge dans un double rôle, aussi petit que puisse être celui du mafieux d'origine russe, Mikhail Suverov. En effet, en 1991 dans Double Impact de Sheldon Lettich, JCVD interprétait déjà le double rôle des frères jumeaux Alex et Chad Wagner. Deux frangins séparés, l'un vivant en Amérique et l'autre à Hong Kong. Déjà, chacun ignorait l'existence respective de son frère. Quant à Ringo Lam, il réemploiera l'acteur dans le double rôle d'Edward ''la Torche'' Garrotte, un tueur en série, et de son clone. Le répliquant qui donne son nom au titre du film...


Mais avant cela, Alain Moreau va remonter la piste de son frère dont il vient de découvrir l'existence. Quittant la France pour les États-Unis, il va tenter de retrouver une certaine Alex Minetti qu'interprète la superbe actrice et mannequin canadienne Natasha Henstridge. La jeune femme débutera sa carrière au cinéma un an auparavant en obtenant le rôle principal du film d'horreur et de science-fiction, La mutante. Mais surtout, le français va découvrir que son frère faisait partie de la mafia russe. Se mettant lui et Alex en danger, Alain Moreau va bientôt découvrir que les agents du FBI Pellman et Loomis (respectivement interprétés par Paul Ben-Victor et Frank Senger) fricotent avec un certain Ivan Dzasokhov (Zach Grenier), un mafieux avec lequel ils visent comme objectif de récupérer une liste qui devrait leur permettre de récupérer beaucoup d'argent. Liste qui se trouvait en possession de Mikhail Suverov, puis de son frère Alain Moreau, et qui se situe désormais dans le sud de la France. Connaissant les capacités de mise en scène de Ringo Lam, on ne s'étonnera pas d'assister à toute une série de scènes d'action particulièrement impressionnantes. Entre gunfight, combats au corps à corps et cascades dont les décors font les frais, le film nous en met plein la vue et l'on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer. D'autant plus que le casting nous offre une jolie brochette de sales gueules parmi lesquelles nous retrouvons l'acteur grec Stefanos Miltsakakis dans le rôle de ''Red Face''. L'équivalent du ''Nemesis'' de la série de jeux vidéos Resident Evil ou du T-800 du premier volet de la franchise Terminator réalisé par James Cameron en 1984. En effet, cette brute épaisse va mener la vie dure à notre héros qui va le recroiser à de nombreuses occasions et se battre face à lui jusqu'à ce que l'un des deux l'emporte enfin...


Particulièrement violent, Risque Maximum offre son comptant de scènes de sexe même si celles-ci se concentrent en réalité sur une seule séquence située dans la salle de bain d'une chambre d'hôtel à l'intérieur de laquelle le couple Jean-Claude Van Damme/Natasha Henstridge est retenu prisonnier par les deux agents du FBI véreux ! Le long-métrage ayant été tourné en partie dans notre pays, Risque Maximum compte parmi ses interprètes l'acteur français Jean-Hugues Anglade qui interprète le rôle de Sébastien, flic et ami d'Alain Moreau. Ainsi que la présence déjà beaucoup plus étonnante de l'actrice Stéphane Audran, épouse et égérie du réalisateur Claude Chabrol qui dans le cas présent incarne la mère du héros, Chantal Moreau. Cette première collaboration entre Jean-Claude Van Damme et le réalisateur hongkongais est une agréable surprise. Le récit est bien mené et ne souffre pratiquement d'aucun temps mort. Le talent de spécialiste des arts-martiaux de l'acteur belge et la beauté de l'actrice canadienne s'y expriment pleinement. L'on a évidemment droit à notre lot d'invraisemblances mais qu'importe puisque l'essentiel est là. Un couple sympathique opposé à une bande de méchants particulièrement cruels. Des cascades et des meurtres à la chaîne pour les amateurs de JCVD et de cinéma d'action...

 

mercredi 25 mai 2022

Karate Tiger de Corey Yuen (1985) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Pour quiconque voudrait se lancer dans la filmographie de l'acteur belge Jean-Claude Van Damme, Karate Tiger n'est sans doute pas la porte à franchir en priorité. Trois ans avant l'infâme Black Eagle – l'arme absolue d'Eric Karson et Bloodsport de Newt Arnold dans lequel il tiendra pour la première fois le rôle principal, l'un des plus célèbres acteurs belges allait trôner sur des affiches on ne peut plus mensongères puisque dans ce long-métrage mélangeant arts-martiaux et comédie pour adolescents, il n'y tient pas le rôle principal. Le récit situe son action à Seattle après qu'un professeur de karaté (l'acteur Timothy D. Baker dans le rôle de Tom Stillwell) et son fils Jason (Kurt McKinney aient décidé de quitter Los Angeles où un gang russe tentait de le contraindre de travailler pour eux. Fan absolu de Bruce Lee, Jason ne cesse de s'entraîner tandis que son père abandonne la profession pour ouvrir un bar. Alors que le père et son fils semblent avoir enfin échappé aux ennuis en se réfugiant dans leur nouvelle existence, Jason ne tarde pas à rencontrer des problèmes avec certains élèves d'un cours de karaté. Et parmi eux, Scott (l'acteur Kent Lipham), un consommateur invétéré de malbouffe, obèse et agressif qui s'en prend rapidement au jeune garçon. Très vite rejoint par Dean Ramsay (Dale Jacoby) qui voit le rapprochement entre Jason et la jolie Kelly (Kathie Sileno) d'un mauvais œil. Heureusement pour lui, Jason peut compter sur le soutien de son nouvel ami R.J. Madison (J.W. Fails ) et sur celui, déjà plus étonnant, de Bruce Lee lui-même (Kim Tai Chung). Culte et nanardesque, voici comme l'on pourrait considérer l'un des premiers films mettant en scène Jean-Claude Van Damme. Un long-métrage ponctué d'innombrables séquences ringardes. Comme le passage signifiant la toute première rencontre entre Jason et R.J. Madison. Une séquence que l'on croirait tout droit sortie d'une publicité vantant les mérites d'une boisson énergétique !


Parfois très bête (l'affrontement à l'entrée du fast-food) et visant la majeure partie du temps un public de jeunes (la fête qui tourne mal), Karate Tiger sort presque tout juste un an après un certain Karate Kid réalisé par John G. Avildsen. Cela n'étonnera donc personne de retrouver dans l'un comme dans l'autre, certaines relations troublantes. Comme ces élèves de karaté qui dans les deux cas semblent avoir oublié le contrôle de soi et le respect de l'adversaire. Ou bien ces deux maîtres en matière d'art-martiaux qui chacun de leur côté vont enseigner au jeune héros la pratique du karaté afin de mieux les armer face à l'adversité. Si Karate Tiger est considéré (surtout par les fans de Jean-Claude Van Damme) comme un film culte, Karate Kid le demeure tout autant pour toute une génération mais avec davantage de raison. Dans le cas présent, le film enchaîne des séquences plus ou moins volontairement amusantes. Ponctué de scènes improbables (le breakdance et le skateboard s'y invitent notamment) le long-métrage de Corey Yuen est surtout, tout sauf un film de Jean-Claude Van Damme. Car ce ne sont pas les quelques séquences qui le mettent en scène qui justifient à elles seules qu'il trône en très bonne place sur les différentes affiches et jaquettes du film. La bande-son est signée de Paul Gilreath et Frank Harris et demeure typique de l'époque bien qu'elle soit de piètre qualité. Le film enchaîne les séquences pré-pubères avec des scènes d'action et de combat parfois bien menées mais semblant avoir bizarrement été accélérées. L'impression que la vitesse de lecture de celles-ci a été augmentée n'est pas rare et offre une vigueur relativement étonnante. Vêtu d'un costard blanc impeccable mais apparemment incapable de prononcer le moindre mot, les apparitions de l'acteur belge se comptent sur les doigts d'un paresseux !


L'entraînement de Jason (tout comme la séquence située dans la discothèque) est long, laborieux et surtout pénible pour le spectateur. L'ensemble du long-métrage ne vole pas très haut et les fans de Jean-Claude Van Damme qui ne connaîtraient pas encore cette petite perle ultra cheap risquent de ne pas s'en remettre. Évidemment, le seul intérêt du film demeure dans l'attente où Jason pourra enfin se montrer à la mesure des petits cons qui l'emmerdent (que ce soit sur un ring ou dans la rue) ou le retour tant attendu de Jean-Claude Van Damme pour un combat final (abusivement) réputé remarquable. Notre pauvre acteur belge semble se traîner un bâton entre les fesses. Rigide et inexpressif, il se montre désespérément caricatural ! Il faut l'entendre parler le russe dans le doublage français en fin de pellicule pour comprendre combien a pu être bénéfique le silence dans lequel son personnage était plongé jusque là. Heureusement, le ridicule ne tuant pas, cela n'empêchera pas le belge de connaître par la suite une carrière fulgurante dans le cinéma d'action et des art-martiaux....

 

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