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lundi 27 juin 2022

Maximum Risk (Risque Maximum) de Ringo Lam (1996) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Risque maximum, c'est la rencontre entre l'acteur belge Jean-Claude Van Damme et le réalisateur hongkongais Ringo Lam. Spécialiste du cinéma d'action, ce dernier s'est fait tout d'abord connaître grâce à toute une série de longs-métrages tournés dans son pays d'origine avant de mettre en scène pour la première fois JCVD dans Risque Maximum. L'occasion pour les deux hommes de voir du pays puisque le tournage se déroulera entre les États-Unis, la France et le Canada. Des environnements situés dans notre pays, nous reconnaîtrons surtout Nice et ses ruelles qui dans une certaine mesure se confondent parfois avec celles que l'on trouve en Italie, ainsi que la capitale française. Le film s'ouvre et se clôt d'ailleurs dans le sud de la France tandis que la partie centrale, elle, se déroule à New York. Même si le réalisateur hongkongais ne se tournera pas définitivement vers un cinéma strictement occidental puisqu'il repartira tourner dans son pays une partie importante de ses prochains longs-métrages, sa rencontre avec Jean-Claude Van Damme portera ses fruits à trois reprises puisque après Risque Maximum, les deux hommes se retrouveront sur les plateaux de tournage de Replicant en 2001 et de l'excellent In Hell deux ans plus tard. Dans Risque Maximum, l'acteur tient le rôle d'Alain Moreau, un policier français installé à Nice qui apprend l'existence et la mort d'un frère jumeau qu'il n'a jamais connu. L'occasion de redécouvrir le belge dans un double rôle, aussi petit que puisse être celui du mafieux d'origine russe, Mikhail Suverov. En effet, en 1991 dans Double Impact de Sheldon Lettich, JCVD interprétait déjà le double rôle des frères jumeaux Alex et Chad Wagner. Deux frangins séparés, l'un vivant en Amérique et l'autre à Hong Kong. Déjà, chacun ignorait l'existence respective de son frère. Quant à Ringo Lam, il réemploiera l'acteur dans le double rôle d'Edward ''la Torche'' Garrotte, un tueur en série, et de son clone. Le répliquant qui donne son nom au titre du film...


Mais avant cela, Alain Moreau va remonter la piste de son frère dont il vient de découvrir l'existence. Quittant la France pour les États-Unis, il va tenter de retrouver une certaine Alex Minetti qu'interprète la superbe actrice et mannequin canadienne Natasha Henstridge. La jeune femme débutera sa carrière au cinéma un an auparavant en obtenant le rôle principal du film d'horreur et de science-fiction, La mutante. Mais surtout, le français va découvrir que son frère faisait partie de la mafia russe. Se mettant lui et Alex en danger, Alain Moreau va bientôt découvrir que les agents du FBI Pellman et Loomis (respectivement interprétés par Paul Ben-Victor et Frank Senger) fricotent avec un certain Ivan Dzasokhov (Zach Grenier), un mafieux avec lequel ils visent comme objectif de récupérer une liste qui devrait leur permettre de récupérer beaucoup d'argent. Liste qui se trouvait en possession de Mikhail Suverov, puis de son frère Alain Moreau, et qui se situe désormais dans le sud de la France. Connaissant les capacités de mise en scène de Ringo Lam, on ne s'étonnera pas d'assister à toute une série de scènes d'action particulièrement impressionnantes. Entre gunfight, combats au corps à corps et cascades dont les décors font les frais, le film nous en met plein la vue et l'on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer. D'autant plus que le casting nous offre une jolie brochette de sales gueules parmi lesquelles nous retrouvons l'acteur grec Stefanos Miltsakakis dans le rôle de ''Red Face''. L'équivalent du ''Nemesis'' de la série de jeux vidéos Resident Evil ou du T-800 du premier volet de la franchise Terminator réalisé par James Cameron en 1984. En effet, cette brute épaisse va mener la vie dure à notre héros qui va le recroiser à de nombreuses occasions et se battre face à lui jusqu'à ce que l'un des deux l'emporte enfin...


Particulièrement violent, Risque Maximum offre son comptant de scènes de sexe même si celles-ci se concentrent en réalité sur une seule séquence située dans la salle de bain d'une chambre d'hôtel à l'intérieur de laquelle le couple Jean-Claude Van Damme/Natasha Henstridge est retenu prisonnier par les deux agents du FBI véreux ! Le long-métrage ayant été tourné en partie dans notre pays, Risque Maximum compte parmi ses interprètes l'acteur français Jean-Hugues Anglade qui interprète le rôle de Sébastien, flic et ami d'Alain Moreau. Ainsi que la présence déjà beaucoup plus étonnante de l'actrice Stéphane Audran, épouse et égérie du réalisateur Claude Chabrol qui dans le cas présent incarne la mère du héros, Chantal Moreau. Cette première collaboration entre Jean-Claude Van Damme et le réalisateur hongkongais est une agréable surprise. Le récit est bien mené et ne souffre pratiquement d'aucun temps mort. Le talent de spécialiste des arts-martiaux de l'acteur belge et la beauté de l'actrice canadienne s'y expriment pleinement. L'on a évidemment droit à notre lot d'invraisemblances mais qu'importe puisque l'essentiel est là. Un couple sympathique opposé à une bande de méchants particulièrement cruels. Des cascades et des meurtres à la chaîne pour les amateurs de JCVD et de cinéma d'action...

 

vendredi 8 avril 2022

The Amityville Murders de Daniel Farrands (2018) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Les amateurs de récits fantastique et d'épouvante en général et de maisons hantées en particulier connaissent tous le 112 Ocean Avenue. Une adresse située dans la petite ville côtière d'Amityville où au beau milieu des années soixante-dix se sont joués toute une série de faits divers tragiques. À commencer par la nuit du 13 novembre 1974 lors de laquelle un certain Ronald Joseph Defeo Junior a tué ses deux parents, Ronald Defeo Sr et Louise, ainsi que ses quatre frères et sœurs, Dawn, Allison, Mark et John. Rapidement reconnu coupable du sextuple homicide, ni la folie ni les propos de Ronald qui affirmait avoir été poussé au meurtre par le Diable ne lui épargnèrent la prison où il finira par mourir près de quarante-six ans plus tard, le 12 mars 2021. Treize mois plus tard, le 18 décembre 1975, une famille constituée de George Lutz, de son épouse Kathy et de leurs trois enfants emménagent malgré l'horrible passif de la demeure. Dès lors, de nombreux événements inexplicables et terrifiants vont se produire et les Lutz quitteront la demeure vingt-huit jours seulement après y avoir pénétré pour la première fois. Il était fort logique que l''histoire de ces deux familles vienne un jour frapper à la porte de la littérature et du septième art. Deux ans après le fait divers entourant les événements paranormaux dont furent les témoins les Lutz, le romancier Jay Anson voit son adaptation littéraire sortir sous le titre The Amityville Horror: A True Story. Il faudra deux années supplémentaires pour assister sur grand écran à l'adaptation par le scénariste Sandor Stern et le réalisateur Stuart Rosenberg de ce même roman. Pour un budget estimé à environ quatre millions et sept-cent mille dollars, le film intitulé Amityville : La Maison du diable sera un succès puisqu'il en rapportera sur le seul territoire américain, un peu plus de quatre-vingt cinq...


Trois ans plus tard sort sur les écrans Amityville 2 : Le Possédé qu'une partie des amateurs considèrent fort justement comme le meilleur opus de la longue, trop longue franchise qui continue aujourd'hui à faire des petits. Réalisé par Damiano Damiani et visible chez nous sur grand écran dès le 5 janvier 1983, le film n'est pas une séquelle du premier volet mais une préquelle puisqu'elle se penche non plus sur le cas de la famille Lutz mais sur celui des Defeo et notamment du fils meurtrier. Dès lors, les épisodes pousseront comme des champignons. Plus de vingt ont été réalisés depuis et la majorité demeurent d'infâmes purges dont certaines n'ont pratiquement rien de réellement commun avec les différents faits-divers ayant eu lieu dans le courant des années 70. En 2005, Andrew Douglas réalisera le remake de l’œuvre originale sortie vingt-six ans auparavant tandis qu'en 2018 sera mis à disposition des amateurs du genre, celui de la préquelle de Damiano Damiani sous le titre The Amityville Murders. En cessant de s'éloigner du mythe et en choisissant lui aussi de se pencher sur le cas de la famille Defeo, le réalisateur Daniel Farrands s'assurait là de proposer l'un des tout meilleurs opus de la franchise. Pas l'un des trois, certes, mais au moins l'un des cinq longs-métrages les plus honorables. Un film tout d'abord en forme de clin d’œil à l'une des vedettes de Amityville 2 : Le Possédé puisque l'on y retrouve dans le rôle du grand-père de Dawn et Butch (!!!) Defeo, l'acteur Burt Young qui dans le second volet de la franchise interpréta lui-même le rôle d'Anthony, le père violent de la famille Montelli (le nom remplaçant celui des Defeo) qui s'en prenait tout particulièrement au fils aîné Johnny. Celui-là même qui allait montrer des signes d'emprise diabolique avant de passer à l'acte en tuant toute sa famille. En 2018, le vrai nom Defeo réapparaît enfin et le réalisateur Daniel Farrands propose une alternative intéressante en situant l'action durant les trois semaines précédent le drame. On y fait donc la connaissance de la célèbre famille, soudée même si le père s'avère comme dans l’œuvre de 1982, particulièrement violent...


Dépassant même l'incarnation de Burt Young dans ses agissements, l'acteur Paul Ben-Victor incarne l'élément fondateur de ce qui pourrait s'apparenter pour les cartésiens, comme le déclencheur des troubles dont sera atteint le fils aîné. Car si des éléments fantastiques viennent étayer l'hypothèse selon laquelle une entité vit réellement dans le sous-sol de la maison (les pièces en lévitation témoignent de ce fait), on pense souvent à des troubles d'ordre psychiatriques. Dédoublement de la personnalité ou schizophrénie. Contrairement à la plupart des séquelles et autres longs-métrages usant par opportunisme du patronyme Amityville qui furent produites depuis le remake de 2005, The Amityville Murders est une surprise plutôt agréable. Même si le film n'a pas la moindre de chance de faire de l'ombre à Amityville 2 : Le Possédé, les amateurs du genre seront plutôt plaisamment surpris de découvrir une œuvre attachée à reproduire le fait-divers de manière relativement respectueuse même si forcément, des éléments de fiction y sont introduits librement. Pour un budget de cinq millions de dollars, The Amityville Murders se contente surtout d'exposer la relation compliquée entre le fils aîné et son père ou celle de l'adolescent en question avec sa sœur Dawn. Contrairement au long-métrage de 1982 où l'évocation d'une relation incestueuse était clairement exposée, dans le cas présent, le fait n'est que très superficiellement survolé. Pourtant moins glaçant et effrayant que Amityville 2 : Le Possédé, le long-métrage de Daniel Farrands n'en demeure pas moins une surprise plutôt attrayante. Bonne mise en scène et interprétation correcte...

 

vendredi 18 janvier 2019

The Super de Stephan Rick (2017) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Victime d'un cancer du larynx diagnostiqué trois ans en arrière, l'acteur Val Kilmer s'est fait rare durant cette période. Alors qu'il avait l'habitude de tourner avec une étonnante régularité depuis le milieu des années quatre-vingt (Top Secret, The Doors, Planète Rouge, Twixt, etc...), l'acteur fut absent des plateaux de cinéma en 2015 et 2016 mais est revenu il y a deux ans avec pas moins de trois long-métrages dont The Super, le quatrième long-métrage du cinéaste bavarois Stephan Rick, un réalisateur plutôt habitué à tourner pour la télévision que le grand écran. D'abord incarné par l'acteur Patrick John Flueger, The Super situe intégralement son intrigue dans un vaste et luxueux hôtel du Tennessee où se déroulent de curieux événements. En préambule, le spectateur assiste à la disparition d'une femme et de son époux paraplégique dans des circonstances plus qu'étonnantes. Le cinéaste se démène d'entrée de jeu pour brouiller les pistes et nous emmener à trouver les agissements de plusieurs de ses personnages plutôt inquiétants. Du propriétaire boiteux de l'immeuble, un certain Mr. Johnson, incarné par Paul Ben-Victor, jusqu'au super-intendant (qui donne donc son titre au film) interprété par un Val Kilmer méconnaissable. Traits fatigués,  voix grippée, l'acteur semble y incarner le Mal absolu, adepte de magie noire ukrainienne. Walter (c'est le nom dont l'acteur est affublé) prononce en effet à plusieurs reprises des incantations en une langue étrangère que l'on devine être d'origine ukrainienne selon les propos tenus par le directeur lui-même.

Face à ces personnalités fortes, le cinéaste oppose le personnage de Phil Lodge, ancien flic reconverti à cette occasion en gardien d'immeuble. Veuf et accompagné de ses deux filles Rose (Mattea Conforti) et Violet (Taylor Richardson), ce sera notamment l'occasion pour ce père de renouer avec la plus grande avec laquelle, comme le veut la tradition, leurs rapports sont devenus houleux depuis la disparition de son épouse dans un incendie sept ans auparavant. Rose, elle, passe son temps à se promener dans les sous-sols de l'immeuble, croisant à intervalles réguliers le fameux Walter dont la présence inquiète de plus en plus son père. D'autant plus que le bonhomme agit de façon menaçante envers sa plus jeune enfant. A la suite de plusieurs disparitions, Phil cherche à comprendre quelle peut être la relation entre ces mystères et le comportement de Walter. La vérité éclatera alors au grand jour sous une forme inattendue...

… mais pas vraiment crédible. Un élément surnaturel s'étant frayé un chemin dès l'entame, ont sait déjà que The Super relève du fantastique. Redécouvrir Val Kilmer, même affaibli, est un réel plaisir, surtout qu'il apparaît dans un rôle ambigu assez flippant (quelle drôle et ingénieuse idée de l'avoir affublé d'une paire de lunette accrochée à une chaînette). Les aventure de Phil Lodge et de ses deux filles démarrent presque comme un ersatz du Shining de Stanley Kubrick mais bifurque ensuite vers le policier surnaturel avec un récit, au fond, parfois commun mais également fourni en matière inédite ce qui lui permet de ne pas être totalement abscons. Si l’œuvre de Stephan Rick démarre sous les meilleurs auspices, le spectateur aura le regret de constater qu'au fil de l'intrigue, l'intérêt diminue du fait de l'invraisemblance du propos. Le cinéaste a l'air de nous envoyer un message du type : « ne vous fiez pas aux apparences », tout en modifiant le caractère de certains de ses personnages lors d'un twist réussi mais plongeant alors l'intrigue dans un contexte parfaitement ridicule. Tel est pris qui croyait prendre, et le spectateur se retrouve coincé devant un long-métrage qui a bien du mal à justifier de manière cohérente la dernière demi-heure qui pour le coup, prêterait davantage à sourire qu'à effrayer. Le cinéaste allemand parvient à créer une réelle ambiance, l’ambiguïté de certains personnages (le directeur, notamment) est convaincante mais le film s'enlise dans un drame fantastico-familial justifiant des actes totalement grotesques perpétrés par un individu au dessus de tous soupçons. Reste que The Super se regarde avec un certain plaisir même s'il se révèle décevant...
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