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jeudi 12 février 2026

Rocky II : la Revanche de Sylvester Stallone (1979) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avant d'évoquer la suite directe de Rocky de John G. Avildsen, j'en profite pour revenir sur deux points que j'avais oublié de rappeler. À commencer par la présence de l'acteur Joe Spinell, inoubliable interprète du film d'horreur de William Lustig Maniac en 1980 et qui dans le premier volet de la saga ainsi que dans le second incarne l'usurier italien Tony Gazzo. Employeur de Rocky Balboa dans le premier Rocky, ce dernier y recouvre des dettes. Bien que jouant de son physique impressionnant afin de faire pression sur les mauvais payeurs, le boxeur est pourtant incapable de faire le moindre mal autour de lui. Ensuite, il serait bien indélicat de passer à côté de la bande musicale composée par l'italo-américain Bill Conti qui avec Rocky premier du nom et surtout le célèbre thème Gonna Fly Now à durablement marqué les esprits, lequel demeure encore aujourd'hui un classique. Si Sylvester Stallone incarne toujours le rôle iconique de Rocky Balboa, l'acteur est aussi désormais derrière la caméra en lieu et place de John G. Avildsen qui deux ans après le premier opus signera de son côté la comédie romantico-musicale Slow Dancing in the Big City. Toujours écrit par Sylvester Stallone lui-même, Rocky II : La Revanche n'est pas le premier long-métrage que l'acteur signe en tant que réalisateur. Avant cela, il mis en scène La taverne de l'enfer en 1978 et signera plus tard Les faucons de la nuit, Rocky III : L’œil du Tigre, Staying Alive ou encore les épisodes quatre et six de la saga et même le volet le plus violent de la franchise Rambo avec John Rambo... Lorsque démarre le second chapitre, le récit revient sur les dernières minutes qui opposèrent Rocky à Apollo Creed, toujours incarné ici par Carl Weathers. Parmi les principaux interprètes l'on retrouve d'ailleurs ceux du premier long-métrage. Et parmi eux, Talia Shire dans le rôle d'Adrian, Burt Young dans celui de Paulie, Burgess Meredith dans la peau de l'entraîneur Mickey et donc Joe Spinell dans celle de Tony Gazzo. L'on connaît bien sûr l'issue du match puisque le champion du monde conserva son titre bien que pour beaucoup, le combat fut remporté par Rocky. Face à la curée, Apollo propose sa revanche à Rocky. Mais ce dernier, qui depuis s'est marié à Adrian et vit désormais confortablement avec elle grâce aux gains qu'il a remporté lors du match, a promis à sa nouvelle femme qu'il arrêtait les combats ! Malheureusement, l'argent n'étant pas inépuisable et sa jeune épouse étant enceinte, cette dernière est contrainte de reprendre son ancien travail d'employée à l'animalerie...


Rocky trouve grâce à son beau-frère Paulie un emploi précaire à l'abattoir. Mais le contexte social étant ce qu'il est et l'entreprise n'étant pas vraiment florissante, une compression du personnel oblige son employeur à renvoyer Rocky au bout de quelques jours seulement. Pendant ce temps, dans les médias, Apollo Creed ne cesse d'humilier son ancien adversaire qui s'est juré de ne plus remonter sur un ring. Dans l'entourage du boxeur, tout le monde se moque de celui que l'on ne nomme plus ''L'étalon italien'' mais ''La poule-mouillée italienne''. Après plusieurs péripéties, Rocky acceptera finalement de remonter sur le ring comme on le devine et comme le laisse de toute manière présager le titre... On ne change pas une équipe et des thématiques qui fonctionnent et pour cette séquelle du mythique Rocky, Sylvester Stallone continue d'opposer l'ego des deux boxeurs. D'un côté l'on a un Rocky demeuré humble, accompagné des mêmes qualités et des mêmes défauts. Désormais marié à Adrian et dilapidant l'argent gagné à travers l'achat d'une voiture, la location d'un appartement et de cadeaux offerts à ses plus proches amis. De l'autre, l'on a un Apollo Creed obnubilé à l'idée d'affronter de nouveau son ancien adversaire afin de prouver définitivement qu'il mérite bien son titre de champion du monde. Le script de Sylvester Stallone joue en outre sur le contraste entre les milieux sociaux des deux hommes à travers l'entraînement de l'un et de l'autre. Rocky s'entraînant dans des conditions rudes et précaires tandis qu'Apollo peut compter sur une formation optimale... La place d'Adrian et plus importante que jamais au sein de la saga. Son personnage crée le lien entre les événements et cette émotion qui déjà était présente dans le premier opus prend une place bien plus importante dans Rocky II : La Revanche. Notamment lorsque celle-ci tombe dans le coma après avoir mis au monde son enfant... Le film est axé sur la célébrité, l'échec et l'envie de réussir. À ce titre, Rocky II : La Revanche peut être vu comme une allégorie. Le combat permanent d'un homme qui chute, puis se relève, puis tombe à nouveau pour enfin atteindre son but. Plus intense encore que le premier combat opposant Rocky et Apollo, le match est aussi et surtout beaucoup plus violent. D'un point de vue technique, cette longue séquence est aussi bien mieux gérée au niveau du cadre, du montage et de la chorégraphie...

 

mercredi 11 février 2026

Rocky de John G. Avildsen (1976) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avec la série de films Rambo le premier volet réalisé par Ted Kotcheff a vu le jour en 1982, Rocky est l'un des deux héros du cinéma américain à avoir rendu mondialement célèbre l'acteur Sylvester Stallone. L'un prenant pour cadre la petite ville forestière de Hope, cité imaginaire servant de premier point de chute à un ancien béret vert venu simplement se restaurer. Mais en chemin, il croisera la route du shérif Will Teasle, lequel refusera la présence de John Rambo et le ramènera à la sortie de la ville. Ce dernier choisissant alors d'ignorer les recommandations du représentant de la loi en se présentant de nouveau en ville. Six ans avant de traiter du retour particulièrement difficile à la vie civile d'un ancien soldat ayant combattu durant la guerre du Vietnam, à l'origine du scénario de Rocky, un combat. Celui qui opposa alors le 24 mars 1975, le champion du monde des poids lourds WBA et WBC Mohamed Ali à Charles Wepner, un autre américain qui contrairement au héros incarné par Sylvester Stallone dans le film a déjà à l'époque une importante carrière de boxeur derrière lui puisqu'elle débuta onze ans en arrière, à l'âge de vingt-cinq ans et qu'il était déjà connu des amateurs de boxe grâce à son surnom de Saigneur de Bayonne dû à ses fréquentes blessures lors des combats. Écrit par Sylvester Stallone lui-même, le script de Rocky n'est pas qu'un scénario bête et méchant conçu sur un coin de table en quelques lignes seulement. Tout comme Rambo après lui, le film de John G. Avildsen, auteur plus tard des trois Karate Kid entre 1984 et 1989 et du cinquième opus de la saga Rocky en 1990, dresse le portrait intimiste et sociologique d'une Amérique à deux facettes. Celle de l'argent, du pouvoir et de la célébrité, comme l'incarne l'acteur afro-américain Carl Weather dans le rôle d'Apollo Creed, qui plus que le champion du monde des poids lourds est surtout une star que les médias s'arrachent. Puis celle de l'américain moyen, vivant dans de pitoyables appartements situés eux-mêmes dans des quartiers relativement pauvres. L'accent est ici majoritairement mis sur cette frange de la société, incarnée non seulement par un Sylvester Stallone/Rocky Balboa qui veut s'en sortir et prouver qu'il n'est pas un bon à rien, mais également par un entourage du même milieu. À commencer par Adrian (Talia Shire), charmante employée d'une animalerie, timide et réservée et dont est amoureux notre boxeur amateur. Vient ensuite Paulie (Burt Young), le frère plus âgé de la jeune femme. Homme issu de la classe ouvrière travaillant dans un abattoir et ayant conservé une certaine rancœur vis à vis d'une existence qu'il considère ratée et qu'il noie dans l'alcool. Le futur succès et la nouvelle popularité de Rocky n'auront d'ailleurs de cesse que de cultiver chez Paulie une certaine agressivité mâtinée de jalousie...


Puis vient enfin le personnage de Mickey (Burgess Meredith), personnage central dans l'existence de son poulain auquel cependant il ne semble pas vraiment croire. En effet, après été entraîné par cet ancien boxeur raté, Rocky se voit mettre à la porte de la salle d'entraînement où il avait pourtant ses habitudes depuis six ans ! Ceux qui ne connaissent pas encore Rocky s'imaginent sans doute que le principal intérêt du long-métrage de John G. Avildsen se situe au niveau du monde de la boxe et du légendaire combat que son héros et Apollo Creed mèneront durant les dix ou quinze dernières minutes du récit mais tout comme Rambo ne sera pas six ans plus tard qu'un film de guerre urbaine entre un seul homme et une armée de soldats et de représentants de la loi, Rocky n'est pas qu'un film sur le sport en général et sur la boxe en particulier. On peut même dire qu'entre le combat final et les quelques séquences filmées dans la salle d'entraînement Mighty Mick’s, celles-ci ne représentent qu'une part congrue du récit. Notons d'ailleurs que si la salle existe réellement, le nom est lui tout à fait imaginaire puisque le lieu utilisé à l'occasion du tournage est le Front Street Gym, une véritable salle de sport ou amateurs et professionnels de la boxe avaient l'habitude de s'entraîner. Concrétisant l'aspect brut et réaliste des lieux et qui d'ailleurs est l'une des marques de fabrique de ce Rocky tourné dans le jus de la ville. Et notamment dans le quartier de Kensington situé dans la partie sud de Philadelphie. Manière de montrer la dureté de la vie pour ses habitants, parmi lesquels Rocky tentera donc de s'extraire à travers l'opportunité de changer d'existence lors du combat qui l'opposera à Apollo Creed. Rocky est donc d'abord un drame. Touchant, émouvant, Sylvester Stallone incarnant l'un de ses plus grands rôles au cinéma. Aux côtés d'interprètes très justes et dont les personnages se révèlent eux-mêmes très touchants. Comme la relation entre le boxeur et la timide employée d'animalerie. Ou les personnages de Paulie et de Mickey. Dans un autre ordre d'idée, nous avons Apollo Creed. Personnalité sûre d'elle et donc arrogante. Son manque de sérieux et de préparation face au combat qui l'attend témoignant d'ailleurs du caractère suffisant de la star de la boxe. On connaît d'ailleurs la suite et l'issue du récit. Car même si Rocky finit par perdre le combat, la légende est bien née. Sur grand écran et dans l'imaginaire des spectateurs... À tel point que cinq autres longs-métrages verront le jour entre 1979 et 2006. Sans compter les trois spin-off qui verront le jour entre 2015 et 2023 sous le titre Creed...

 

mardi 21 octobre 2025

Il Nascondiglio de Pupi Avati (2007) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Trente ans après avoir réalisé le mythique La Maison aux fenêtres qui rient (La Casa dalle Finestre che Ridono), le cinéaste italien Pupi Avati mettait en scène Il Nascondiglio. Une œuvre qui reste encore inédite en France mais qui n'est pas loin de rappeler le plus célèbre de ses longs-métrages... Alors qu'en 1976, le personnage de Stefano (incarné à l'époque par l'acteur Lino Capolicchio) était convié à se rendre dans la province de Ferrare afin de restaurer la fresque d'une église locale, en 2007, Francesca Sainati part s'installer à Davenport aux États-Unis afin d'y établir un restaurant italien dans un ancien établissement religieux où fut commis un triple homicide. Mais alors que la jeune femme a passé les quinze dernières années dans un hôpital psychiatrique après le suicide de son mari, en pénétrant l'établissement en question, du nom de Snakes Hall, il lui paraît entendre des voix. Francesca mène alors sa propre enquête bien qu'un certain nombre de personnes semblent vouloir l'en empêcher... Tandis que la quasi totalité du film a été tournée aux États-Unis, les scènes d'intérieurs se situant dans la demeure où eurent lieu les meurtres ont été reconstitués dans les célèbres Studios Cinecittà de télévision et de cinéma situés à Rome, en Italie. Œuvre d'origine américano-italienne, Il Nascondiglio mêle en outre giallo et épouvante. Mais du premier, elle en retient moins cette habitude de ponctuer le récit de meurtres perpétrés par un inconnu souvent et entièrement vêtu de noir. Et si trois meurtres ont bien été commis et qu'un quatrième échappe à l'une des rares protagonistes à vouloir aider notre héroïne, l'un des aspects propres au giallo est effectivement présent lors du récit. Ce retour à un passé trouble qui dans le cas de Il Nascondiglio est démultiplié puisque Francesca va elle-même devoir se confronter à son propre passé... La capacité de Pupi Avati à maintenir suspens et frissons est ici demeurée intact même si depuis il s'est penché sur d'autres courants du septième art. Il Nascondiglio reste d'ailleurs ancré dans le cinéma de genre des années soixante-dix et quatre-vingt pendant que certains de ses compatriotes ont amené le genre vers des rivages beaucoup plus contemporains. Aux côtés du scénariste Francesco Marcucci avec lequel il a écrit le script, Pupi Avati aborde la folie, la religion et ce silence qui entoure parfois certains faits-divers touchant des membres ''prestigieux'' de la communauté...


Le longs-métrages semble en outre être imprégné par la vague de film de fantômes japonais qui alors et depuis quelques années maintenant, ont submergé le cinéma d'horreur et d'épouvante mondial jusqu'à pousser certains réalisateurs du monde entier à copier la J-Horror dans des remakes ou des reboots parfois fadasses signés à l'occasion par les auteurs originaux eux-mêmes. Sans jamais retrouver véritablement l'inconfort de La Maison aux fenêtres qui rient, Pupi Avati parvient malgré tout à signer une œuvre qui emprunte autant aux genres évoqués plus haut qu'au film policier même si dans le cas présent, l'héroïne est l'une des anciennes pensionnaires d'un hôpital psychiatrique. Une œuvre débordante de féminité car si même l'intervention d'un homme d’église semble prouver que la corruption ne touche pas systématiquement que la gente masculine, seules deux autres femmes viendront en aide à Francesca. Véritable personnage à part entière, la fouille du Snakes Hall promet quelques séquences plus ou moins oppressantes. Comme cet ascenseur qui mène à des étages ''interdits'' de l'établissement. Ou ces vieilles tapisseries qui cachent des panneaux de ventilation. Pupi Avati emploie de nouveau le concept de pièces cachées comme il le fit notamment avec La Maison aux fenêtres qui rient lors d'une séquence qui à l'époque marqua assurément les spectateurs et s'emploie à transformer le concept des fantômes en une réalité encore plus saisissante. Côté casting, le film est réellement surprenant. Aux côtés de la sublime actrice italienne Laura Morante l'on retrouve notamment ses compatriotes Yvonne Sciò dans le rôle d'Ella Murray) et Giovanni Lombardo Radice (Frayeurs de Lucio Fulci, Cannibal Ferox d'Umberto Lenzi, Bloody Bird de Michele Soavi) dans celui de Vincent Natali, l'anglaise Rita Thushingham dans la peau de la mythomane Paula Hardyn ainsi que les américains Burt Young (la saga Rocky, Amityville 2 : le possédé de Damiano Damiani) et Treat Williams (Hair de Milos Forman, Flic ou Zombie de Mark Goldblatt) dans celles, respectives, de l'agent immobilier Muller et du Père Amy... Notons enfin la présence au générique du compositeur italien Riz Ortolani dont les amateurs de films d'horreur se souviennent très bien puisqu'il fut l'auteur de la bande originale qu'il composa en 1980 pour le film culte Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato...

 

vendredi 8 avril 2022

The Amityville Murders de Daniel Farrands (2018) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Les amateurs de récits fantastique et d'épouvante en général et de maisons hantées en particulier connaissent tous le 112 Ocean Avenue. Une adresse située dans la petite ville côtière d'Amityville où au beau milieu des années soixante-dix se sont joués toute une série de faits divers tragiques. À commencer par la nuit du 13 novembre 1974 lors de laquelle un certain Ronald Joseph Defeo Junior a tué ses deux parents, Ronald Defeo Sr et Louise, ainsi que ses quatre frères et sœurs, Dawn, Allison, Mark et John. Rapidement reconnu coupable du sextuple homicide, ni la folie ni les propos de Ronald qui affirmait avoir été poussé au meurtre par le Diable ne lui épargnèrent la prison où il finira par mourir près de quarante-six ans plus tard, le 12 mars 2021. Treize mois plus tard, le 18 décembre 1975, une famille constituée de George Lutz, de son épouse Kathy et de leurs trois enfants emménagent malgré l'horrible passif de la demeure. Dès lors, de nombreux événements inexplicables et terrifiants vont se produire et les Lutz quitteront la demeure vingt-huit jours seulement après y avoir pénétré pour la première fois. Il était fort logique que l''histoire de ces deux familles vienne un jour frapper à la porte de la littérature et du septième art. Deux ans après le fait divers entourant les événements paranormaux dont furent les témoins les Lutz, le romancier Jay Anson voit son adaptation littéraire sortir sous le titre The Amityville Horror: A True Story. Il faudra deux années supplémentaires pour assister sur grand écran à l'adaptation par le scénariste Sandor Stern et le réalisateur Stuart Rosenberg de ce même roman. Pour un budget estimé à environ quatre millions et sept-cent mille dollars, le film intitulé Amityville : La Maison du diable sera un succès puisqu'il en rapportera sur le seul territoire américain, un peu plus de quatre-vingt cinq...


Trois ans plus tard sort sur les écrans Amityville 2 : Le Possédé qu'une partie des amateurs considèrent fort justement comme le meilleur opus de la longue, trop longue franchise qui continue aujourd'hui à faire des petits. Réalisé par Damiano Damiani et visible chez nous sur grand écran dès le 5 janvier 1983, le film n'est pas une séquelle du premier volet mais une préquelle puisqu'elle se penche non plus sur le cas de la famille Lutz mais sur celui des Defeo et notamment du fils meurtrier. Dès lors, les épisodes pousseront comme des champignons. Plus de vingt ont été réalisés depuis et la majorité demeurent d'infâmes purges dont certaines n'ont pratiquement rien de réellement commun avec les différents faits-divers ayant eu lieu dans le courant des années 70. En 2005, Andrew Douglas réalisera le remake de l’œuvre originale sortie vingt-six ans auparavant tandis qu'en 2018 sera mis à disposition des amateurs du genre, celui de la préquelle de Damiano Damiani sous le titre The Amityville Murders. En cessant de s'éloigner du mythe et en choisissant lui aussi de se pencher sur le cas de la famille Defeo, le réalisateur Daniel Farrands s'assurait là de proposer l'un des tout meilleurs opus de la franchise. Pas l'un des trois, certes, mais au moins l'un des cinq longs-métrages les plus honorables. Un film tout d'abord en forme de clin d’œil à l'une des vedettes de Amityville 2 : Le Possédé puisque l'on y retrouve dans le rôle du grand-père de Dawn et Butch (!!!) Defeo, l'acteur Burt Young qui dans le second volet de la franchise interpréta lui-même le rôle d'Anthony, le père violent de la famille Montelli (le nom remplaçant celui des Defeo) qui s'en prenait tout particulièrement au fils aîné Johnny. Celui-là même qui allait montrer des signes d'emprise diabolique avant de passer à l'acte en tuant toute sa famille. En 2018, le vrai nom Defeo réapparaît enfin et le réalisateur Daniel Farrands propose une alternative intéressante en situant l'action durant les trois semaines précédent le drame. On y fait donc la connaissance de la célèbre famille, soudée même si le père s'avère comme dans l’œuvre de 1982, particulièrement violent...


Dépassant même l'incarnation de Burt Young dans ses agissements, l'acteur Paul Ben-Victor incarne l'élément fondateur de ce qui pourrait s'apparenter pour les cartésiens, comme le déclencheur des troubles dont sera atteint le fils aîné. Car si des éléments fantastiques viennent étayer l'hypothèse selon laquelle une entité vit réellement dans le sous-sol de la maison (les pièces en lévitation témoignent de ce fait), on pense souvent à des troubles d'ordre psychiatriques. Dédoublement de la personnalité ou schizophrénie. Contrairement à la plupart des séquelles et autres longs-métrages usant par opportunisme du patronyme Amityville qui furent produites depuis le remake de 2005, The Amityville Murders est une surprise plutôt agréable. Même si le film n'a pas la moindre de chance de faire de l'ombre à Amityville 2 : Le Possédé, les amateurs du genre seront plutôt plaisamment surpris de découvrir une œuvre attachée à reproduire le fait-divers de manière relativement respectueuse même si forcément, des éléments de fiction y sont introduits librement. Pour un budget de cinq millions de dollars, The Amityville Murders se contente surtout d'exposer la relation compliquée entre le fils aîné et son père ou celle de l'adolescent en question avec sa sœur Dawn. Contrairement au long-métrage de 1982 où l'évocation d'une relation incestueuse était clairement exposée, dans le cas présent, le fait n'est que très superficiellement survolé. Pourtant moins glaçant et effrayant que Amityville 2 : Le Possédé, le long-métrage de Daniel Farrands n'en demeure pas moins une surprise plutôt attrayante. Bonne mise en scène et interprétation correcte...

 

dimanche 31 mai 2020

Blood Beach de Jeffrey Bloom (1980) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Sorti en 1980, Blood Beach est le troisième long-métrage du réalisateur américain Jeffrey Bloom qui avant cela avait tourné les deux comédies Dogpound Shuffle en 1975 et The Stick Up deux ans plus tard. Avec son troisième long-métrage, il se décide finalement à changer de registre et signe une petite série B horrifique qui malheureusement ne fait pas de vagues. Un comble pour un film se déroulant principalement sur une plage sous le sable de laquelle une créature s'en prend aux touristes. Aspirés sous le sable, ils disparaissent les uns après les autres sans que les autorités ne soient en mesure de l'attraper. On ne peut pas dire que le Sergent Royko se sente véritablement investi d'une mission de la plus haute importante. Quant au Lieutenant Piantadosi, il a beau se montrer inquiet de la tournure que prennent les événements, on ne le verra jamais vraiment s'affoler. S'il ne fallait qu'une preuve du peu d'implication des deux flics dans cette affaire, il suffit d'assister à l'hallucinante scène durant laquelle un certain Alan Hench, porté disparu, remonte des égouts dans un état déplorable. Alertés par les hurlements stridents d'une femme, Royko et Piantadosi s'en approchent... tranquillement... sans avoir vraiment conscience de la situation. Et dire qu'ils sont chargés de protéger leurs concitoyens... on se demande dans quelles proportions ces deux là ont été projetés par hasard dans les services de police...

Vu dans sa version ''Uncut'', je pensais que cela voulait signifier que Blood Beach (traduit chez nous sous le titre La Plage Sanglante) était plus sanglant. En fait, dans le cas présent, cela veut surtout évoquer le fait que l'on s'y emmerde davantage que dans la version charcutée. Des séquences coupées à l'époque pour que le film puisse sortir en salle accompagné du symbole de classification ''Rated R'' signifiant qu'une personne âgée de dix-sept ans ou moins était autorisée à aller voir le film accompagnée d'un adulte. Entre les deux versions, une poignée de secondes de différence seulement dont la plus notable demeure sans doute la présence d'une main griffue s'en prenant à la jambe de l'une des victimes de la créature. Le reste n'a aucune sorte d'intérêt, les ajouts ne constituant qu'un total d'un peu plus de trois secondes. La chose ne serait pas tant à déplorer si Blood Beach n'était pas si navrant. Est-ce parce que le titre à lui seul est générateur de fantasmes chez l'amateur d'horreur, mais de sang, le spectateur avide d'hémoglobine va devoir faire sans et ranger pour un temps son enthousiasme. À part quelques furtives effusions de sang, le film de Jeffrey Bloom ne tient pas du tout ses promesses. Du moins le titre qui sans doute dans l'esprit des spectateurs promettait une succession de scènes gore mais qui au final offre le minimum syndical...

C'est donc tout naturellement vers le récit et les interprètes que le spectateur sera contraint de se retourner à défaut de jouir de scènes d'horreur dignes de ce nom. Mais là encore, c'est le vide sidéral. L'histoire, d'abord intrigante, s'avère au final terriblement plate. Le scénario est d'un vide abyssal et l'interprétation à égal intérêt. Connaissant certains des interprètes, leur piètre jeu ne peut être mis qu'au crédit d'un réalisateur aux abonnés absents. Car comment reconnaître sinon que Burt Young (nominé pour son rôle dans Rocky de John G. Avildsen en 1976 et interprète chez Roman Polanski, Sam Peckinpah, Damiano Damiani ou Stuart Rosenberg) ou John Saxon (La Fille qui en Savait Trop de Mario Bava en 1963, Black Christmas de Bob Clark en 1974, Ténèbres de Dario Argento en 1982, Les griffes de la Nuit de Wes Craven en 1984) soient si peu convaincants à l'écran ? Otis Young (Les Bannis, Columbo : Jeu d'identité), Marianna Hill ( El Condor de John Guillermin en 1970, Le Parrain 2 de Francis Ford Coppola en 1974) et David Huffman (Firefox, l'Arme Absolue en 1982) font le taf mais c'est peut-être finalement l'actrice Eleanor Zee dont la carrière est essentiellement télévisuelle qui demeure la plus convaincante dans le rôle de la clocharde muette Mrs. Selden. Là encore, un comble ! Blood Beach ne tient absolument pas ses promesses en matière d'horreur. Si le titre est trompeur, la réalisation est relativement médiocre et déteint sur l'interprétation d'un casting pourtant intéressant. Si passer une heure et vingt-cinq minutes devant un film où il ne se passe pas grand-chose ne vous dérange pas, alors Blood Beach est fait pour vous. Pour les autres, veuillez passer votre chemin...

samedi 24 décembre 2016

Last Exit to Brooklyn de Uli Edel (1989)



Last Exit to Brooklyn, c'est avant tout une œuvre culte écrite en 1964 par l'écrivain américain Hubert Selby Jr. auquel on doit également Requiem for a Dream qui sera adapté au cinéma en 2000 par le cinéaste Darren Aronofsky. C'est le cinéaste allemand Uli Edel auquel échoit l'immense responsabilité d'adapter Last Exit to Brooklyn. Une œuvre littéraire majeure mise en musique par Mark Knopfler qui n'est autre que le leader du célèbre groupe de rock Dire Straits. Last Exit to Brooklyn étant un recueil de six nouvelles, Uli Edel a dû faire en sorte que les destins croisés de ses personnages apparaissent avec une certaine homogénéité. Son œuvre ne ressemble donc pas à une succession de sketches mais bien à un récit se déroulant dans les années soixante, sur fond de crise, au beau milieu d'un quartier où tentent de survivre des centaines de travailleurs en grève depuis six mois. Au beau milieu d'une révolte qui ne fait que grandir face à un patronat qui reste sourd à toute revendication, Uli Edel nous promène dans un quartier chaud de Brooklyn. Là où alcool, prostitution et violence font des ravages.

Le premier des personnages que nous présente le cinéaste est Harry Black (l'acteur Stephen Lang que l'on a pu voir récemment dans l'excellent Don't Breathe de Fede Alvarez). Représentant d'un syndicat dirigé par un certain Boyce (Jerry Orbach), il est marié et père d'un enfant. Mais sa relation avec son épouse, nous le découvrirons bien assez vite, n'est qu'une façade. La réalité est tout autre. Harry répugne à l'avouer autour de lui, mais il est homosexuel. Et dans le contexte de l'époque, mieux vaut s'en cacher. D'autant plus que durant une grande partie de Last Exit to Brooklyn, Uli Edel exhibe les penchants homophobes de ses personnages. Homophobes mais également négrophobes. On remarquera d'ailleurs l'absence totale d'hommes de couleur dans son long-métrage. Comme de tout signe d'appartenance religieuse autre que le christianisme (la scène du baptême). Ceux qui s'amusent des ces « pédés » forment un groupe soudé de petites frappes satellisant autour d'un jeune homme charismatique mais au caractère imprévisible ayant la main mise sur Tralala (Jennifer Jason Leigh), jeune prostituée peroxydée, qui attire ses clients dans un terrain vague avant que ceux-ci ne soient assommés et volés par ses complices cachés dans la pénombre.

Autres personnages importants, l'ouvrier Big Joe (le génial Burt Young) père d'une gamine qui s'est faite mettre en « cloque » par un jeune gréviste, l'homosexuel Georgette (l'épatant Alexis Arquette), ou encore Donna, la jeune femme enceinte en question (l'ancienne égérie de John Waters, Ricki Lake)... Last Exit to Brooklyn est une œuvre noire, très noire. Désespérée, dans une ville sans espoir, minée par le chômage et la délinquance. Comme cela sera le cas une décennie plus tard avec Requiem for a Dream, le récit s'enfonce peu à peu dans une horreur sociale tourbillonnante. Si les uns parviendront à obtenir gain de cause, d'autres ne se relèveront jamais. A l'image de Georgette, renversé par une voiture, Harry Black, crucifié après avoir été dénoncé par un enfant auquel il tentait de faire une fellation, et pire encore, le sort accordé à Tralala, victime d'un viol collectif « consenti » qui la laissera sur le carreau tel un pantin désarticulé et blessé dans son âme et dans sa chair.

Le film de Uli Edel demeure sans concession. Comme l’œuvre dont il s'inspire, il décrit un monde sombre et une fin inéluctable pour ses personnages. Derrière l'image heureuse d'une famille célébrant l'union d'un homme et d'une femme se déroulent des événements tragiques, marquant à tout jamais les personnages qui y sont confrontés. La partition musicale de Mark Knopfler participe au sentiment de désespoir qui ne cesse d'enrober une œuvre dont il ne ressort jamais rien de véritablement positif pour ses personnages. Pas un chef-d’œuvre (surtout comparé à l'autre œuvre adapté de Hubert Selby Jr.), mais un film à découvrir tout de même. Une vision plus sombre des États-Unis d'Amérique, loin du rêve américain...
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