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jeudi 12 février 2026

Rocky II : la Revanche de Sylvester Stallone (1979) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avant d'évoquer la suite directe de Rocky de John G. Avildsen, j'en profite pour revenir sur deux points que j'avais oublié de rappeler. À commencer par la présence de l'acteur Joe Spinell, inoubliable interprète du film d'horreur de William Lustig Maniac en 1980 et qui dans le premier volet de la saga ainsi que dans le second incarne l'usurier italien Tony Gazzo. Employeur de Rocky Balboa dans le premier Rocky, ce dernier y recouvre des dettes. Bien que jouant de son physique impressionnant afin de faire pression sur les mauvais payeurs, le boxeur est pourtant incapable de faire le moindre mal autour de lui. Ensuite, il serait bien indélicat de passer à côté de la bande musicale composée par l'italo-américain Bill Conti qui avec Rocky premier du nom et surtout le célèbre thème Gonna Fly Now à durablement marqué les esprits, lequel demeure encore aujourd'hui un classique. Si Sylvester Stallone incarne toujours le rôle iconique de Rocky Balboa, l'acteur est aussi désormais derrière la caméra en lieu et place de John G. Avildsen qui deux ans après le premier opus signera de son côté la comédie romantico-musicale Slow Dancing in the Big City. Toujours écrit par Sylvester Stallone lui-même, Rocky II : La Revanche n'est pas le premier long-métrage que l'acteur signe en tant que réalisateur. Avant cela, il mis en scène La taverne de l'enfer en 1978 et signera plus tard Les faucons de la nuit, Rocky III : L’œil du Tigre, Staying Alive ou encore les épisodes quatre et six de la saga et même le volet le plus violent de la franchise Rambo avec John Rambo... Lorsque démarre le second chapitre, le récit revient sur les dernières minutes qui opposèrent Rocky à Apollo Creed, toujours incarné ici par Carl Weathers. Parmi les principaux interprètes l'on retrouve d'ailleurs ceux du premier long-métrage. Et parmi eux, Talia Shire dans le rôle d'Adrian, Burt Young dans celui de Paulie, Burgess Meredith dans la peau de l'entraîneur Mickey et donc Joe Spinell dans celle de Tony Gazzo. L'on connaît bien sûr l'issue du match puisque le champion du monde conserva son titre bien que pour beaucoup, le combat fut remporté par Rocky. Face à la curée, Apollo propose sa revanche à Rocky. Mais ce dernier, qui depuis s'est marié à Adrian et vit désormais confortablement avec elle grâce aux gains qu'il a remporté lors du match, a promis à sa nouvelle femme qu'il arrêtait les combats ! Malheureusement, l'argent n'étant pas inépuisable et sa jeune épouse étant enceinte, cette dernière est contrainte de reprendre son ancien travail d'employée à l'animalerie...


Rocky trouve grâce à son beau-frère Paulie un emploi précaire à l'abattoir. Mais le contexte social étant ce qu'il est et l'entreprise n'étant pas vraiment florissante, une compression du personnel oblige son employeur à renvoyer Rocky au bout de quelques jours seulement. Pendant ce temps, dans les médias, Apollo Creed ne cesse d'humilier son ancien adversaire qui s'est juré de ne plus remonter sur un ring. Dans l'entourage du boxeur, tout le monde se moque de celui que l'on ne nomme plus ''L'étalon italien'' mais ''La poule-mouillée italienne''. Après plusieurs péripéties, Rocky acceptera finalement de remonter sur le ring comme on le devine et comme le laisse de toute manière présager le titre... On ne change pas une équipe et des thématiques qui fonctionnent et pour cette séquelle du mythique Rocky, Sylvester Stallone continue d'opposer l'ego des deux boxeurs. D'un côté l'on a un Rocky demeuré humble, accompagné des mêmes qualités et des mêmes défauts. Désormais marié à Adrian et dilapidant l'argent gagné à travers l'achat d'une voiture, la location d'un appartement et de cadeaux offerts à ses plus proches amis. De l'autre, l'on a un Apollo Creed obnubilé à l'idée d'affronter de nouveau son ancien adversaire afin de prouver définitivement qu'il mérite bien son titre de champion du monde. Le script de Sylvester Stallone joue en outre sur le contraste entre les milieux sociaux des deux hommes à travers l'entraînement de l'un et de l'autre. Rocky s'entraînant dans des conditions rudes et précaires tandis qu'Apollo peut compter sur une formation optimale... La place d'Adrian et plus importante que jamais au sein de la saga. Son personnage crée le lien entre les événements et cette émotion qui déjà était présente dans le premier opus prend une place bien plus importante dans Rocky II : La Revanche. Notamment lorsque celle-ci tombe dans le coma après avoir mis au monde son enfant... Le film est axé sur la célébrité, l'échec et l'envie de réussir. À ce titre, Rocky II : La Revanche peut être vu comme une allégorie. Le combat permanent d'un homme qui chute, puis se relève, puis tombe à nouveau pour enfin atteindre son but. Plus intense encore que le premier combat opposant Rocky et Apollo, le match est aussi et surtout beaucoup plus violent. D'un point de vue technique, cette longue séquence est aussi bien mieux gérée au niveau du cadre, du montage et de la chorégraphie...

 

mercredi 11 février 2026

Rocky de John G. Avildsen (1976) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avec la série de films Rambo le premier volet réalisé par Ted Kotcheff a vu le jour en 1982, Rocky est l'un des deux héros du cinéma américain à avoir rendu mondialement célèbre l'acteur Sylvester Stallone. L'un prenant pour cadre la petite ville forestière de Hope, cité imaginaire servant de premier point de chute à un ancien béret vert venu simplement se restaurer. Mais en chemin, il croisera la route du shérif Will Teasle, lequel refusera la présence de John Rambo et le ramènera à la sortie de la ville. Ce dernier choisissant alors d'ignorer les recommandations du représentant de la loi en se présentant de nouveau en ville. Six ans avant de traiter du retour particulièrement difficile à la vie civile d'un ancien soldat ayant combattu durant la guerre du Vietnam, à l'origine du scénario de Rocky, un combat. Celui qui opposa alors le 24 mars 1975, le champion du monde des poids lourds WBA et WBC Mohamed Ali à Charles Wepner, un autre américain qui contrairement au héros incarné par Sylvester Stallone dans le film a déjà à l'époque une importante carrière de boxeur derrière lui puisqu'elle débuta onze ans en arrière, à l'âge de vingt-cinq ans et qu'il était déjà connu des amateurs de boxe grâce à son surnom de Saigneur de Bayonne dû à ses fréquentes blessures lors des combats. Écrit par Sylvester Stallone lui-même, le script de Rocky n'est pas qu'un scénario bête et méchant conçu sur un coin de table en quelques lignes seulement. Tout comme Rambo après lui, le film de John G. Avildsen, auteur plus tard des trois Karate Kid entre 1984 et 1989 et du cinquième opus de la saga Rocky en 1990, dresse le portrait intimiste et sociologique d'une Amérique à deux facettes. Celle de l'argent, du pouvoir et de la célébrité, comme l'incarne l'acteur afro-américain Carl Weather dans le rôle d'Apollo Creed, qui plus que le champion du monde des poids lourds est surtout une star que les médias s'arrachent. Puis celle de l'américain moyen, vivant dans de pitoyables appartements situés eux-mêmes dans des quartiers relativement pauvres. L'accent est ici majoritairement mis sur cette frange de la société, incarnée non seulement par un Sylvester Stallone/Rocky Balboa qui veut s'en sortir et prouver qu'il n'est pas un bon à rien, mais également par un entourage du même milieu. À commencer par Adrian (Talia Shire), charmante employée d'une animalerie, timide et réservée et dont est amoureux notre boxeur amateur. Vient ensuite Paulie (Burt Young), le frère plus âgé de la jeune femme. Homme issu de la classe ouvrière travaillant dans un abattoir et ayant conservé une certaine rancœur vis à vis d'une existence qu'il considère ratée et qu'il noie dans l'alcool. Le futur succès et la nouvelle popularité de Rocky n'auront d'ailleurs de cesse que de cultiver chez Paulie une certaine agressivité mâtinée de jalousie...


Puis vient enfin le personnage de Mickey (Burgess Meredith), personnage central dans l'existence de son poulain auquel cependant il ne semble pas vraiment croire. En effet, après été entraîné par cet ancien boxeur raté, Rocky se voit mettre à la porte de la salle d'entraînement où il avait pourtant ses habitudes depuis six ans ! Ceux qui ne connaissent pas encore Rocky s'imaginent sans doute que le principal intérêt du long-métrage de John G. Avildsen se situe au niveau du monde de la boxe et du légendaire combat que son héros et Apollo Creed mèneront durant les dix ou quinze dernières minutes du récit mais tout comme Rambo ne sera pas six ans plus tard qu'un film de guerre urbaine entre un seul homme et une armée de soldats et de représentants de la loi, Rocky n'est pas qu'un film sur le sport en général et sur la boxe en particulier. On peut même dire qu'entre le combat final et les quelques séquences filmées dans la salle d'entraînement Mighty Mick’s, celles-ci ne représentent qu'une part congrue du récit. Notons d'ailleurs que si la salle existe réellement, le nom est lui tout à fait imaginaire puisque le lieu utilisé à l'occasion du tournage est le Front Street Gym, une véritable salle de sport ou amateurs et professionnels de la boxe avaient l'habitude de s'entraîner. Concrétisant l'aspect brut et réaliste des lieux et qui d'ailleurs est l'une des marques de fabrique de ce Rocky tourné dans le jus de la ville. Et notamment dans le quartier de Kensington situé dans la partie sud de Philadelphie. Manière de montrer la dureté de la vie pour ses habitants, parmi lesquels Rocky tentera donc de s'extraire à travers l'opportunité de changer d'existence lors du combat qui l'opposera à Apollo Creed. Rocky est donc d'abord un drame. Touchant, émouvant, Sylvester Stallone incarnant l'un de ses plus grands rôles au cinéma. Aux côtés d'interprètes très justes et dont les personnages se révèlent eux-mêmes très touchants. Comme la relation entre le boxeur et la timide employée d'animalerie. Ou les personnages de Paulie et de Mickey. Dans un autre ordre d'idée, nous avons Apollo Creed. Personnalité sûre d'elle et donc arrogante. Son manque de sérieux et de préparation face au combat qui l'attend témoignant d'ailleurs du caractère suffisant de la star de la boxe. On connaît d'ailleurs la suite et l'issue du récit. Car même si Rocky finit par perdre le combat, la légende est bien née. Sur grand écran et dans l'imaginaire des spectateurs... À tel point que cinq autres longs-métrages verront le jour entre 1979 et 2006. Sans compter les trois spin-off qui verront le jour entre 2015 et 2023 sous le titre Creed...

 

dimanche 20 juillet 2025

Blaxploitation : Joe Bullet de Louis de Witt (1973) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

On continue dans le genre Blaxploitation avec Joe Bullet du réalisateur sud-africain Louis de Witt. Et ce, bien que le seul long-métrage du cameraman et directeur de la photographie n'entre pas tout à fait dans cette catégorie puisque le genre est à l'origine un courant culturel et social propre au cinéma américain des années soixante-dix. Pourtant, on rattachera le film au genre à travers la volonté du cinéaste d'y faire jouer des actrices et acteurs dont la ''particularité'' est d'appartenir exclusivement à la communauté noire africaine. Et ce, dans l'intention de satisfaire le public indigène de son pays d'origine. La première projection de Joe Bullet eut lieu Eyethu Cinema de Soweto, un quartier urbain situé à la périphérie de Johannesburg. Le récit prend corps au sein de la politique ségrégative connue à l'époque sous le nom d'Apartheid. Les deux équipes de football qui doivent s'affronter lors d'une finale prenant ainsi une forme allégorique. Joe Bullet est entré dans l'histoire pour avoir surtout été banni dans son pays d'origine par le gouvernement de l'Apartheid et n'eut plus jamais les honneurs d'une sortie sur grand écran. Longtemps après, en 2017, le long-métrage connut malgré tout une sortie au format Blu-Ray sous la bannière 88 Films. Parmi la longue liste de film distribués par l'éditeur l'on peut notamment citer Crime Story, American Pie, Zebraman mais aussi toute une série de longs-métrages portant sur le sujet du cannibalisme comme les classiques Cannibal Holocaust ou The Cannibal Man. S'agissant de Joe Bullet, le film de Louis de Witt s'inscrit dans un contexte footballistique et criminel opposant le mystérieux dirigeant de l'équipe de foot les Faucons. Face à celle-ci, celle des Aigles est constituée d'un groupe de footballeurs renforcé par la présence de deux joueurs que l'équipe adverse a bien l'intention d'intégrer dans ses rangs. Par diverses techniques de menaces, allant même jusqu'à la mort de l'entraîneur des Aigles, ses dirigeants n'ont d'autre solution que de faire appel à Joe Bullet. Ce dernier est un homme redouté par les bandits qui hésitent à envoyer leurs hommes au casse-pipe...


Et pourtant, celui dont on ne découvrira l'identité qu'à la toute fin du récit ne va pas hésiter à envoyer ses subalternes attaquer ce sauveur de la ''veuve et de l'orphelin'', adepte de karaté, d'armes à feu et de couteaux. Incarné par l'acteur et directeur de seconde équipe sud-africain Ken Gampu, celui-ci est accompagné d'une foule de seconds rôles dont la chanteuse elle aussi d'origine sud-africaine, Abigail Kubeka. La jeune femme incarne le rôle de Beauty que cherche à séduire l'un des deux footballeurs qu'aimerait récupérer l'équipe adverse, Flash, qu'incarne de son côté l'acteur et assistant réalisateur Cocky Tlhotlhalemaje. Face à son interdiction, on peut se demander pourquoi le film fut banni tant de nos jours Joe Bullet semble bien innocent. Sans doute la corruption qui grêle certain personnages fut-elle une raison suffisante. Ou bien est-ce le fait d'avoir mêlé au récit des individus aux origines territoriales diverses à l'époque où l'Apartheid faisait rage ? Toujours est-il que le film a davantage de valeur historique que de réelles qualités artistiques. En dehors de la chanson-titre Silver Threads, on n'a très peu d'informations concernant la bande musicale du film qui plutôt que de s'ingénier à cultiver un sens indigéniste propre à la culture sud-africaine semble devoir s'inspirer du cinéma policier et d'action américain ou européen à travers des chansons de style pop. Si Joe Bullet n'est certes pas un grand film, sa vision n'en est pas moins plaisante, figurant parfois une sorte de caricature du cinéma d'action mondial avec cette légère pointe de second degré qui parfois peut faire sourire. Mélange entre thriller et film sportif, ce dernier aspect du long-métrage est relégué au second plan. Bien qu'à l'ouverture et à la fermeture du récit l'on assiste effectivement (et en gros plan) à quelques figures de jambes jonglant avec le ballon rond et que l'on découvre à plusieurs reprises les joueurs dans les vestiaires, Joe Bullet risque de désoler les puristes du football ! Notons enfin que malgré la censure que le long-métrage dû endurer, une séquelle verra le jour neuf ans plus tard. Toujours incarnée par l'acteur Ken Gampu dans le rôle-titre, Bullet on the Run sera cette fois-ci réalisé par le réalisateur et directeur de la photographie sud-africain Tonie van der Merwe...

 

samedi 6 janvier 2024

Une équipe de rêve de Taika Waititi (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Chaque année c'est la même chose, le même rituel. Au soir du 31 décembre, la tradition est immuable : avant d'aller réveillonner, nous débutons la soirée par un ou deux films selon les choix proposés par notre habituel pourvoyeur de mondes plus ou moins imaginaires. Cette année, pas de science-fiction, mais beaucoup (trop) d'animation, quelques comédies parmi lesquelles nous avons choisi, à défaut, d'opter pour le dernier long-métrage de Taika Waititi intitulé Une équipe de rêve. Le basket, la natation synchronisée, le water-polo, le football, etc... Une véritable manne pour un genre, la comédie, qui ne sait comment se renouveler. Et apparemment, il semblerait que cela soit également le cas pour le réalisateur, scénariste et producteur néo-zélandais qui signe avec sa dernière œuvre, une comédie tout ce qu'il y a de plus classique. Inspiré d'un fait-divers qui a marqué la chronique footballistique du début du vingtième siècle, le film met en scène l'équipe des Samoa américaines de football qui en 2001 pris une sévère correction en perdant trente et un but à zéro face à l'équipe d'Australie. Un record qui sera battu quatorze ans plus tard en 2015 lors d'un match opposant l'équipe des États fédérés de Micronésie à celle du Vanuatu, la première ayant perdu quarante-six à zéro ! À l'origine du projet de long-métrage, le documentaire éponyme de Mike Brett et Steve Jamison réalisé et sorti en 2014. Distingué par le prix du meilleur documentaire lors de la 17e cérémonie des British Independent Film Awards, le documentaire a donc inspiré Taika Waititi et le scénariste Iain Morris qui se sont lancés dans l'écriture du script de ce qui deviendra sur grand écran, une comédie sportive comme il en existe déjà beaucoup mais dont les qualités sont là encore, indéniables. Pour un budget ne se montant qu'à hauteur de quatorze millions de dollars, le réalisateur embauche l'acteur germano-irlandais Michael Fassbender dans le rôle de l'entraîneur germano-américain Thomas Rongen qui a passé la majeure partie de sa carrière sur le sol américain. Face à lui, la majeure partie des interprètes est issue de la communauté néo-zélandaise.


Que l'on aime ou pas les sports d'équipe en général ou le football en particulier, le savoir-faire de Taika Waititi transpire à l'écran. Même lorsqu'il s'agit de caricaturer certains personnages comme cet entraîneur dont l'attitude relativement précieuse le range d'emblée dans la catégorie des ''bouffons'' avant que le spectateur ne l'envisage d'une toute autre manière. Au vu du nombre d'interprètes prétendant au titre de membre de l'équipe des Samoa américaines de football, tous ne seront pas traités de la même manière ni même avec la même profondeur. On pourrait facilement se moquer de cette équipe de football qui semble d'après la physionomie de ses joueurs avoir été constituée de membres d'une équipe de rugby, mais c'est en fait tout le contraire qui se produit. Taika Waititi parvient sans difficulté à les rendre attachants et ce, presque instantanément. Le cadre exotique logiquement choisi pour ce réalisateur originaire de la Nouvelle-Zélande apporte un surcroît d'intérêt à cette comédie légère qui ne cache pourtant pas quelques profondes blessures comme celle de cet entraîneur dont la désastreuse réputation dans son propre pays est tout aussi célèbre sur cette terre étrangère. Même sans rien connaître de l'apocalyptique match qui vit perdre l'équipe dans le monde réel en 2001, nous sommes d'emblée sur un terrain conquis. Bien sûr, le sport y est mis à l'honneur et avec lui, la présence de Jaiyah Saelua, joueuse représentative des Fa'afafine que l'on a plus communément l'habitude de nommer chez nous sous le terme de travestis ou transsexuels. Un personnage admirablement mis en valeur par le cinéaste ainsi que par Michael Fassbender. Si avec Une équipe de rêve Taika Waititi entre très objectivement dans les rails de la comédie tout ce qu'il y a de plus classique, son dernier long-métrage n'en est pas moins une bonne surprise. Un excellent divertissement pour la fin de l'année passée et pour ce début de 2024...

 

samedi 23 octobre 2021

Blue Chips de William Friedkin (1994)- ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Contrairement à ce que pourraient laisser supposer certains faits d'arme du réalisateur américain William Friedkin, celui-ci ne fut pas l'auteur exclusif de quelques grandes pellicules sombres et désespérées. Lorsque l'on évoque L'exorciste, Sorcerer, Cruising ou Rampage, on n'imagine pas forcément d'emblée que derrière Blue Chips se cache le même cinéaste. Pas désespéré mais plutôt désespérant... Surtout pour l'entraîneur de basket Pete Bell dont l'équipe des Dolphins de l'université de Western University à Los Angeles vient de perdre une nouvelle fois son dernier match ainsi que la saison. Souvent donnée comme favorite, Pete et son équipe se doivent de trouver une solution d'urgence pour le prochain championnat. Intègre et n'ayant jamais accepté d'acheter le moindre joueur contrairement aux équipes adversaires, l'entraîneur va cependant faire une entorse à la règle qu'il s'est toujours fixée. L'homme d'affaire Happy (J. T. Walsh, parfait) va en secret financer l'arrivée de nouveaux joueurs qui devraient ainsi permettre aux Dolphins de remonter jusqu'à la plus haute marche du podium. Pete regrette d'avoir accepté l'offre de Happy mais désormais, il ne peut plus faire machine arrière. Non seulement l'homme le tient par les c... (trois ans auparavant, un joueur avait accepté de tricher contre de l'argent sans que Pete ne soit mis au courant), mais les enjeux sont si importants qu'il mettrait en péril certains membres de l'équipe. De plus, le journaliste Ed (l'acteur Ed O'Neill, célèbre pour avoir notamment interprété le rôle du père de famille Al Bundy dans la série américaine Mariés, deux enfants) s'acharne à prouver de son côté que certains joueurs ont été achetés... Et avec de l'argent, on peut tout s'offrir comme le démontre ce ''petit'' film dans la carrière d'un grand monsieur du cinéma qui n'avait alors plus rien à prouver. Une œuvre sans doute mineure mais qui fait écho à des pratiques qui encore aujourd'hui existent, même jusqu'en Europe et ce, en toute légalité. Bon, évidemment, en France et partout ailleurs, le principe est différent puisqu'il touche des professionnels mais peut-on réellement considérer que payer de jeunes gens pour jouer dans des équipes de basket universitaires est assimilable à de la tricherie ?


Aux États-Unis, cela semble une évidence. Et même si cela est une pratique régulière outre-atlantique. Parmi celles et ceux qui découvrirent à l'époque ou même plus récemment le quatorzième long-métrage cinématographique de William Friedkin, on peut noter au moins deux types de comportement. D'un côté ceux qui adoubent tout ou presque ce que le réalisateur a pu produire jusqu'ici et de l'autre ceux qui se demandent ce qui a bien pu lui passer par la tête pour accepter de tourner une œuvre qui n'a évidemment rien de commun avec les classiques cités plus hauts. Ou du moins, Blue Chips traite-t-il désormais sur un ton beaucoup moins sombre d'une forme de descente aux enfers beaucoup plus... familiale, divertissante et donc grand public. Car le basket aux États-Unis fait partie des quelques sports nationaux qui attire des foules immenses au même titre que le Base-ball ou le football américain. L'un des aspects que l'on ne pourra absolument pas reprocher à William Friedkin se trouve dans sa mise en scène. C'est bien simple, on se croirait devant nos postes de télévision à assister à de véritables match de basket. Mais la caméra ne s'arrête ici pas aux portes des vestiaires puisque le réalisateur nous convie également à y pénétrer et assister aux préparatifs des divers matchs ainsi qu'aux ''règlements de compte'' entre le coach et des joueurs qui selon lui ne s'investissent pas suffisamment. De ce côté là, Blue Chips rempli parfaitement son contrat...


Durant près d'une heure et quarante-cinq minutes, William Friedkin nous offre un sympathique spectacle en n'intéressant l'amateur de basket et le néophyte que sous les angles les plus captivants de ce sport particulièrement intense. Sur la base d'un scénario écrit par Ron Shelton (réalisateur en outre de Les Blancs ne savent pas sauter deux ans auparavant qui traitait lui aussi de basket) et afin de rendre le récit crédible, le réalisateur fait appel à de véritable professionnel du basket parmi lesquels on retrouve l'une des plus grandes stars de tous les temps dans le domaine, Shaquille O'Neal, ainsi que notamment Anfernee Hardaway, Kevin Garnett, George Lynch ou encore Allan Houston. Un surcroît de réalisme encore renforcé par les présences des entraîneurs Rick Pitino, Bobby Knight, Jim Boeheim et Jerry Tarkanian ainsi que celle du commentateur sportif Dick Vitale qui tous interprètent leur propre rôle. Mais bien entendu, que serait le long-métrage sans la présence hyper charismatique de l'acteur Nick Nolte qui incarne bien entendu le rôle principale de Pete Bell ? En très grande forme, il interprète un coach gueulard, sous pression, ancien époux de la charmante Jenny (l'actrice Mary McDonnell) mais aussi et surtout très honnête, contre toute forme de manigances et aimant profondément ses joueurs. Une morale ''presque'' à toutes épreuves qui le conduira à des aveux en toute fin de métrage. Un récit qui ne repose en rien sur une quelconque histoire vécue et dont le panache de la mise en scène et certains aspects réalistes de l'intrigue n'empêcheront malheureusement pas au film d'être un relatif échec puisque les recettes ne parviendront même pas à rembourser le budget de trente-cinq millions de dollars...

 

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