Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Burgess Meredith. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Burgess Meredith. Afficher tous les articles

jeudi 12 février 2026

Rocky II : la Revanche de Sylvester Stallone (1979) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avant d'évoquer la suite directe de Rocky de John G. Avildsen, j'en profite pour revenir sur deux points que j'avais oublié de rappeler. À commencer par la présence de l'acteur Joe Spinell, inoubliable interprète du film d'horreur de William Lustig Maniac en 1980 et qui dans le premier volet de la saga ainsi que dans le second incarne l'usurier italien Tony Gazzo. Employeur de Rocky Balboa dans le premier Rocky, ce dernier y recouvre des dettes. Bien que jouant de son physique impressionnant afin de faire pression sur les mauvais payeurs, le boxeur est pourtant incapable de faire le moindre mal autour de lui. Ensuite, il serait bien indélicat de passer à côté de la bande musicale composée par l'italo-américain Bill Conti qui avec Rocky premier du nom et surtout le célèbre thème Gonna Fly Now à durablement marqué les esprits, lequel demeure encore aujourd'hui un classique. Si Sylvester Stallone incarne toujours le rôle iconique de Rocky Balboa, l'acteur est aussi désormais derrière la caméra en lieu et place de John G. Avildsen qui deux ans après le premier opus signera de son côté la comédie romantico-musicale Slow Dancing in the Big City. Toujours écrit par Sylvester Stallone lui-même, Rocky II : La Revanche n'est pas le premier long-métrage que l'acteur signe en tant que réalisateur. Avant cela, il mis en scène La taverne de l'enfer en 1978 et signera plus tard Les faucons de la nuit, Rocky III : L’œil du Tigre, Staying Alive ou encore les épisodes quatre et six de la saga et même le volet le plus violent de la franchise Rambo avec John Rambo... Lorsque démarre le second chapitre, le récit revient sur les dernières minutes qui opposèrent Rocky à Apollo Creed, toujours incarné ici par Carl Weathers. Parmi les principaux interprètes l'on retrouve d'ailleurs ceux du premier long-métrage. Et parmi eux, Talia Shire dans le rôle d'Adrian, Burt Young dans celui de Paulie, Burgess Meredith dans la peau de l'entraîneur Mickey et donc Joe Spinell dans celle de Tony Gazzo. L'on connaît bien sûr l'issue du match puisque le champion du monde conserva son titre bien que pour beaucoup, le combat fut remporté par Rocky. Face à la curée, Apollo propose sa revanche à Rocky. Mais ce dernier, qui depuis s'est marié à Adrian et vit désormais confortablement avec elle grâce aux gains qu'il a remporté lors du match, a promis à sa nouvelle femme qu'il arrêtait les combats ! Malheureusement, l'argent n'étant pas inépuisable et sa jeune épouse étant enceinte, cette dernière est contrainte de reprendre son ancien travail d'employée à l'animalerie...


Rocky trouve grâce à son beau-frère Paulie un emploi précaire à l'abattoir. Mais le contexte social étant ce qu'il est et l'entreprise n'étant pas vraiment florissante, une compression du personnel oblige son employeur à renvoyer Rocky au bout de quelques jours seulement. Pendant ce temps, dans les médias, Apollo Creed ne cesse d'humilier son ancien adversaire qui s'est juré de ne plus remonter sur un ring. Dans l'entourage du boxeur, tout le monde se moque de celui que l'on ne nomme plus ''L'étalon italien'' mais ''La poule-mouillée italienne''. Après plusieurs péripéties, Rocky acceptera finalement de remonter sur le ring comme on le devine et comme le laisse de toute manière présager le titre... On ne change pas une équipe et des thématiques qui fonctionnent et pour cette séquelle du mythique Rocky, Sylvester Stallone continue d'opposer l'ego des deux boxeurs. D'un côté l'on a un Rocky demeuré humble, accompagné des mêmes qualités et des mêmes défauts. Désormais marié à Adrian et dilapidant l'argent gagné à travers l'achat d'une voiture, la location d'un appartement et de cadeaux offerts à ses plus proches amis. De l'autre, l'on a un Apollo Creed obnubilé à l'idée d'affronter de nouveau son ancien adversaire afin de prouver définitivement qu'il mérite bien son titre de champion du monde. Le script de Sylvester Stallone joue en outre sur le contraste entre les milieux sociaux des deux hommes à travers l'entraînement de l'un et de l'autre. Rocky s'entraînant dans des conditions rudes et précaires tandis qu'Apollo peut compter sur une formation optimale... La place d'Adrian et plus importante que jamais au sein de la saga. Son personnage crée le lien entre les événements et cette émotion qui déjà était présente dans le premier opus prend une place bien plus importante dans Rocky II : La Revanche. Notamment lorsque celle-ci tombe dans le coma après avoir mis au monde son enfant... Le film est axé sur la célébrité, l'échec et l'envie de réussir. À ce titre, Rocky II : La Revanche peut être vu comme une allégorie. Le combat permanent d'un homme qui chute, puis se relève, puis tombe à nouveau pour enfin atteindre son but. Plus intense encore que le premier combat opposant Rocky et Apollo, le match est aussi et surtout beaucoup plus violent. D'un point de vue technique, cette longue séquence est aussi bien mieux gérée au niveau du cadre, du montage et de la chorégraphie...

 

mercredi 11 février 2026

Rocky de John G. Avildsen (1976) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avec la série de films Rambo le premier volet réalisé par Ted Kotcheff a vu le jour en 1982, Rocky est l'un des deux héros du cinéma américain à avoir rendu mondialement célèbre l'acteur Sylvester Stallone. L'un prenant pour cadre la petite ville forestière de Hope, cité imaginaire servant de premier point de chute à un ancien béret vert venu simplement se restaurer. Mais en chemin, il croisera la route du shérif Will Teasle, lequel refusera la présence de John Rambo et le ramènera à la sortie de la ville. Ce dernier choisissant alors d'ignorer les recommandations du représentant de la loi en se présentant de nouveau en ville. Six ans avant de traiter du retour particulièrement difficile à la vie civile d'un ancien soldat ayant combattu durant la guerre du Vietnam, à l'origine du scénario de Rocky, un combat. Celui qui opposa alors le 24 mars 1975, le champion du monde des poids lourds WBA et WBC Mohamed Ali à Charles Wepner, un autre américain qui contrairement au héros incarné par Sylvester Stallone dans le film a déjà à l'époque une importante carrière de boxeur derrière lui puisqu'elle débuta onze ans en arrière, à l'âge de vingt-cinq ans et qu'il était déjà connu des amateurs de boxe grâce à son surnom de Saigneur de Bayonne dû à ses fréquentes blessures lors des combats. Écrit par Sylvester Stallone lui-même, le script de Rocky n'est pas qu'un scénario bête et méchant conçu sur un coin de table en quelques lignes seulement. Tout comme Rambo après lui, le film de John G. Avildsen, auteur plus tard des trois Karate Kid entre 1984 et 1989 et du cinquième opus de la saga Rocky en 1990, dresse le portrait intimiste et sociologique d'une Amérique à deux facettes. Celle de l'argent, du pouvoir et de la célébrité, comme l'incarne l'acteur afro-américain Carl Weather dans le rôle d'Apollo Creed, qui plus que le champion du monde des poids lourds est surtout une star que les médias s'arrachent. Puis celle de l'américain moyen, vivant dans de pitoyables appartements situés eux-mêmes dans des quartiers relativement pauvres. L'accent est ici majoritairement mis sur cette frange de la société, incarnée non seulement par un Sylvester Stallone/Rocky Balboa qui veut s'en sortir et prouver qu'il n'est pas un bon à rien, mais également par un entourage du même milieu. À commencer par Adrian (Talia Shire), charmante employée d'une animalerie, timide et réservée et dont est amoureux notre boxeur amateur. Vient ensuite Paulie (Burt Young), le frère plus âgé de la jeune femme. Homme issu de la classe ouvrière travaillant dans un abattoir et ayant conservé une certaine rancœur vis à vis d'une existence qu'il considère ratée et qu'il noie dans l'alcool. Le futur succès et la nouvelle popularité de Rocky n'auront d'ailleurs de cesse que de cultiver chez Paulie une certaine agressivité mâtinée de jalousie...


Puis vient enfin le personnage de Mickey (Burgess Meredith), personnage central dans l'existence de son poulain auquel cependant il ne semble pas vraiment croire. En effet, après été entraîné par cet ancien boxeur raté, Rocky se voit mettre à la porte de la salle d'entraînement où il avait pourtant ses habitudes depuis six ans ! Ceux qui ne connaissent pas encore Rocky s'imaginent sans doute que le principal intérêt du long-métrage de John G. Avildsen se situe au niveau du monde de la boxe et du légendaire combat que son héros et Apollo Creed mèneront durant les dix ou quinze dernières minutes du récit mais tout comme Rambo ne sera pas six ans plus tard qu'un film de guerre urbaine entre un seul homme et une armée de soldats et de représentants de la loi, Rocky n'est pas qu'un film sur le sport en général et sur la boxe en particulier. On peut même dire qu'entre le combat final et les quelques séquences filmées dans la salle d'entraînement Mighty Mick’s, celles-ci ne représentent qu'une part congrue du récit. Notons d'ailleurs que si la salle existe réellement, le nom est lui tout à fait imaginaire puisque le lieu utilisé à l'occasion du tournage est le Front Street Gym, une véritable salle de sport ou amateurs et professionnels de la boxe avaient l'habitude de s'entraîner. Concrétisant l'aspect brut et réaliste des lieux et qui d'ailleurs est l'une des marques de fabrique de ce Rocky tourné dans le jus de la ville. Et notamment dans le quartier de Kensington situé dans la partie sud de Philadelphie. Manière de montrer la dureté de la vie pour ses habitants, parmi lesquels Rocky tentera donc de s'extraire à travers l'opportunité de changer d'existence lors du combat qui l'opposera à Apollo Creed. Rocky est donc d'abord un drame. Touchant, émouvant, Sylvester Stallone incarnant l'un de ses plus grands rôles au cinéma. Aux côtés d'interprètes très justes et dont les personnages se révèlent eux-mêmes très touchants. Comme la relation entre le boxeur et la timide employée d'animalerie. Ou les personnages de Paulie et de Mickey. Dans un autre ordre d'idée, nous avons Apollo Creed. Personnalité sûre d'elle et donc arrogante. Son manque de sérieux et de préparation face au combat qui l'attend témoignant d'ailleurs du caractère suffisant de la star de la boxe. On connaît d'ailleurs la suite et l'issue du récit. Car même si Rocky finit par perdre le combat, la légende est bien née. Sur grand écran et dans l'imaginaire des spectateurs... À tel point que cinq autres longs-métrages verront le jour entre 1979 et 2006. Sans compter les trois spin-off qui verront le jour entre 2015 et 2023 sous le titre Creed...

 

vendredi 30 avril 2021

L'odyssée du Hindenburg de Robert Wise (1975) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Catastrophes naturelles, maritimes, ferroviaires, aériennes... De ces dernières est demeurée la plus célèbre d'entre elles la franchise Airport. Comme le fut en son temps le Titanic dans le milieu maritime et le récit de l'épouvantable tragédie qui découla de son premier et unique voyage en mer, la simple évocation du Hindenburg est un spoiler à lui seul. Car au même titre que le fameux paquebot transatlantique d'origine britannique qui le 14 avril 1912 heurta un iceberg et causa la mort de 1491 passagers sur les 2201 (équipage compris), le sort du Hindenburg est d'ors et déjà scellé lorsque les passagers de cette Odyssée du Hindenburg montent à bord du plus célèbre des dirigeables. Le plus connu d'entre tous et le plus grand également et dont la destruction lors d'un incendie le 6 mai 1937 causa le décès de trente-cinq voyageurs dont plus de la moitié faisait partie de l'équipage. C'est donc en tout état de cause que l'issue est inscrite dans le marbre. Reste pour le réalisateur Robert Wise (La maison du Diable) et pour ses scénaristes Nelson Gidding (un fidèle du réalisateur) et Richard Levinson (la série Columbo) qu'à composer avec son casting et un script digne de ce nom pour que L'odyssée du Hindenburg ne repose pas simplement sur l'unique reconstitution d'un drame qui à l'époque, chose incroyable, fut filmé, mais sur un script suffisamment étoffé pour justifier une durée avoisinant les deux heures de long-métrage...


Alors qu'il y a huit ans des ingénieurs sont arrivés à la conclusion que le LZ 129 Hindenburg (nom complet du célèbre dirigeable) avait pris feu après avoir été chargé en électricité lors de son passage dans une zone orageuse, les scénaristes Nelson Gidding et Richard Levinson envisagent plusieurs solutions dont certaines font directement et bien des années avant, référence aux conclusions des ingénieurs. En effet, si la charge en électricité est officiellement due au passage du dirigeable dans une zone orageuse, dans L'odyssée du Hindenburg, la charge en question est due à son passage au cœur d'un nuage. Une séquence mise en images et lors de laquelle l'on assiste au phénomène dit des ''Feux de Saint-Elme'' qui se produit dans certaines conditions météorologiques. Autre explication ici transformée pour les besoins du récit, la rupture d'un câble qui selon John Duggan aurait été causé par des essais répétés sur les turbulences et qui auraient fragilisé le câble en question. Dans le film de Robert Wise, la séquence prend une toute autre allure puisque c'est l'auteur présumé d'un attentat (William Atherton dans le rôle du gréeur Boerth) qui par accident amène à la rupture du câble, provoquant ainsi une déchirure dans la toile de l'une des ailes de l'Hindenburg. Mais le film n'évoque pas uniquement l'hypothèse d'un accident mais bien d'un attentat comme semble le désigner le personnage du gréeur et la bombe qu'il détient et place dans la structure du dirigeable...


Les vraies grandes stars du cinéma américain ne se bousculent pas ici. Pas de Steve McQueen, de Paul Newman, de Charlton Heston, d'Elizabeth Taylor ou d'Ava Gardner, mais tout de même, la présence de George C. Scott dans le rôle du colonel Franz Ritter chargé de la sécurité du Hindenburg. Vedette des films de guerre Docteur Folamour de Stanley Kubrick en 1964 et Patton de Franklin J. Schaffner en 1970 ainsi que du chef-d’œuvre de l'effroi The Changeling de Peter Medak dix ans plus tard, il incarne un officier allemand soupçonneux très éloigné du héros auquel on aurait pu s'attendre. C'est d'ailleurs ce que partagent tous les protagonistes dont aucun n'est véritablement séduisant et ne crée aucune forme d'empathie. Aux côtés de la star, l'actrice Anne Bancroft dans le rôle de la comtesse Ursula, Burgess Meredith dans celui d'Emilmion Vogel, Charles Durning en Capitaine du Hindenburg Max Pruss ainsi que Roy Thinnes, le David Vincent de la série télévisée de science-fiction Les Envahisseurs. Si le pari d'exposer la catastrophe en toute dernière partie du long-métrage s'avère particulièrement osé, Robert Wise nourri suffisamment son œuvre de situations diverses et variées pour que l'on n'ait pas vraiment le temps de s'ennuyer. La majeure partie de l'intrigue se situe donc dans les entrailles de la bête et dans les incroyables coursives constituées d'innombrables et impressionnants embranchements. Quant à la catastrophe elle-même, Robert Wise a l'ingénieuse idée de la filmer en noir et blanc et de mêler aux séquences de tournage par un astucieux montage, les effroyables images d'archives de la catastrophe...

 

lundi 2 septembre 2019

Le Faiseur d'épouvante de William Girdler (1978) - ★★★★★☆☆☆☆☆



''Chaque nuit, Karen faisait d'épouvantables cauchemars. Chaque matin, la tumeur qui déformait son cou était un peu plus grosse. Une tumeur inopérable qui laissait les médecins perplexes et qui bougeait imperceptiblement, comme s'il y avait eu quelque chose de vivant sous la peau... C'était le moyen qu'avait trouvé Misquamacus, le vieux sorcier indien pour revenir à la vie. L'heure était enfin venue de se venger de l'homme blanc qui avait exterminé son peuple. Une revanche qu'il attendait et préparait depuis plusieurs siècles... ''

Voici comme nous est généralement présenté le roman de Graham Masterton à l'origine de cette adaptation cinématographique réalisée par William Girdler et connue chez nous sous le titre Le Faiseur d’Épouvante. Au vu des qualités de la plupart de ses œuvres principalement axées sur le thème des démons, on peut encore s'étonner de constater qu'en dehors d'un court-métrage intitulé Secret de Cuisine adapté de la nouvelle Le Shih-tan secret disponible dans le recueil de nouvelles Les visages du cauchemar, seul Manitou, son tout premier roman, eut les honneurs d'une adaptation sur grand écran. Réalisé par l'auteur de Three on a Meathook, Le Faiseur d’Épouvante est plutôt fidèle au roman et met en scène Karen Tandy (l'actrice Susan Strasberg) qui après avoir remarqué qu'une étrange tumeur lui poussait dans la nuque décide de se rendre à l’hôpital afin de s'y faire opérer. Mais avant cela, peut rassurée, elle demande à son ami voyant Harry Erskine, de lire dans les cartes afin de s'assurer que l'opération se déroulera dans de bonnes conditions. Cependant, celui tire par trois fois des cartes qui laissent présager une issue désastreuse. De plus, lorsque Susan subit des examens aux rayons X, ceux-ci mettent à jour la présence de ce qui semble être en fait une créature vivante. Un fœtus qui s'avérera être en réalité, la réincarnation d'un homme-médecin vieux de plusieurs siècles dont la naissance prochaine est synonyme de vengeance...

Dans le rôle du voyant, nous retrouvons l'acteur américain Tony Curtis connu pour ses rôles dans Les Vinkings, Spartacus et L'Étrangleur de Boston au cinéma ou encore celui de Danny Wilde dans la célèbre série Amicalement Votre aux côtés de Roger Moore. Dans celui de l'indien John Singing Rock venu épauler l'ami de Susan afin de mettre un terme à l'existence du démon Misquamacus, l'acteur américain d'origine syrienne Michael Ansara. Nous retrouvons également Jon Cedar dans le rôle du docteur Jack Hugues et Stella Stevens (Docteur Jerry et Mister Love de Jerry Lewis en 1963, L'Aventure du Poséidon Ronald Neame en 1972) dans celui d'Amélia Crusoe.

C'est à bord d'un avion que le futur réalisateur William Girdler découvre le roman de Graham Masterton. Décidé à en obtenir les droits, il débourse la somme de cinquante mille dollars. L'écrivain étant généralement peu avare en descriptions terrifiantes (certaines de ses œuvres étant constituées de véritables séquences d'anthologie repoussant les limites de l'innommable), l'auteur des admirables Le Djinn, Les Puits de l'Enfer, Le Démon des Morts, Le Portrait du Mal, Le Miroir de Satan, ou de Rituel de Chair signe avec Manitou une première œuvre parfois délirante qu'aura cependant beaucoup de mal à retranscrire William Girdler sans tomber dans le ridicule. Car alors que les deux premiers tiers du films semblent à la hauteur du roman, la dernière demi-heure plombe littéralement tout l'intérêt du récit à cause de ses effets-spéciaux absolument dégueulasses et surtout, un Misquamacus grotesque et tout sauf crédible et effrayant. Malgré un casting convaincant, dont une Susan Strasberg habitée par le rôle de Karen Tandy, un Tony Curtis tantôt premier degré, tantôt second, et un Michael Ansara tout sauf ridicule dans le rôle de l'indien Singing Rock, Le Faiseur d’Épouvante finit malheureusement par devenir pesant et plus (involontairement) drôle que terrifiant à force d'apporter son lot d'imageries ringardes.. Dommage, surtout si l'on tient compte du formidable potentiel de l’œuvre de Graham Masterton, et notamment celui de la saga Manitou qui ne s'est pas arrêtée là puisque son auteur donna naissance à quatre suites écrites entre 1979 et 2010...

mercredi 9 mai 2012

Maisons hantées troisième partie: Burnt Offerings (1976)


En matière de fantastique, les scénaristes nous ont habitué à tout types d'intrusions imaginaires comptant ensuite sur notre propension à accepter ce que nos esprits voyageurs et gourmands en sensations fortes sont prêts à ingérer.Qu'ils cherchent du coté des faits divers en nous proposant moult productions horrifiques dans lesquelles tueurs en séries ou échappés de l'asile trucident à tours de bras de jeunes écervelés déversant d'ineptes conversations servies par autant d'improbables dialogues, ou qu'ils imaginent les corps se muer en des créatures tout droit sorties de bestiaires fantastiques comme par exemple les loups-garous ou les vampires, l'aspect graphique représenté dans chacune de ces productions ne joue en aucun car sur la subjectivité mais plutôt sur l'étalage direct et sans détours de meurtres toujours plus sanglants.

Le cas des maisons hantées est à ce titre assez exceptionnel puisqu'il joue sur une peur qui n'a finalement pas vraiment, du moins au point de vue cinématographique, de réalité propre puisque les seuls éléments qui poussent le spectateur à s'effrayer d'une situation donnée ne découlent que très rarement de l'apparition d'une entité faite de chair et de sang mais plutôt d'une sensation vécue à travers un son, un mouvement ou même simplement à travers une partition musicale.


Si le personnage principal de "The Changeling" réalisait le tangible de ce à quoi il était confronté à travers les visions cauchemardesques dont il était victime, ceux de "Burnt Offerings" tardent à se douter que les déchirures vécues au sein de leur couple sont liées à la manifestation d'événements effroyables dont ils sont sournoisement victimes.Le film de Dan Curtis joue dans un registre qui a vu tant de films défiler, allant du meilleur au pire, mais apporte à l'édifice une vision différente puisque dans cette maison où l'homme et sa femme vont passer deux mois entiers accompagnés de leur fils et de leur tante, ne vit ni le moindre esprit ni le moindre fantôme.

Attirés par l'alléchant loyer de neuf cents dollars pour ce séjour de deux mois en contrepartie duquel ils devront s'occuper de la mère des propriétaires qui ne quitte jamais la demeure, ils devront vivre avec ce qui semble être au premier abord une situation de crise au sein du couple mais qui en réalité dépassera le cadre sympathique d'un séjour prolongé dans un lieu de villégiature pour devenir leur pire cauchemar.


Ce qui impressionne évidemment dans ce film, c'est la simplicité du jeu des acteurs qui finissent par convaincre le spectateur que les événements qui se déroulent tout au long de leur séjour va au delà de ce que l'on rencontre habituellement dans la vie de tous les jours.On comprends assez vite que les changements d'humeur de chacun d'entre eux (et notamment celles du père et de la mère, l'enfant gardant lui, toute son innocence jusqu'à la fin) est une extrapolation de ce que vivent sûrement beaucoup de couples brisés mais que les protagonistes couvent en eux et qui à travers l'expérience qu'ils vont vivre va exploser.

La mère abandonne presque ses proches pour ne plus se consacrer qu'à la vieille femme qui vit recluse dans sa chambre à l'étage, refusant même que son mari ou bien sa tante fassent sa connaissance.Le père lui, devient violent envers son fils allant même jusqu'à tenter de le noyer dans la piscine fraîchement nettoyée.La tante elle semble perdre la tête et derrière tout ça reste le fils qui semble être la seule vraie victime du drame qui se noue...


Oliver Reed et Karen Black sont simplement magnifiques et prouvent que leur statut de stars n'est pas galvaudé.D'un simple regard ils partagent avec nous leurs tourments et évitent ainsi la nécessité d'effets visuels qui de toute manière n'auraient pas leur place dans ce véritable chef-d’œuvre du septième art qui par certains aspects rappelle le superbe roman de G.J. Arnaud, "Le Festin Séculaire".

Mais le véritable "héros" de cette histoire, le personnage emblématique sur lequel toute l'intrigue repose, c'est cette immense bâtisse qu semble cacher en son sein un bien étrange mystère.

Magnifique et troublant...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...