La Orgía Nocturna
de los Vampiros de León Klimovsky... Franchement, avec un
tel titre, il est parfaitement inutile d'avoir choisi l'espagnol
comme seconde langue au collège pour comprendre le sens des mots et
commencer à ''fantasmer'' sur son contenu... L'orgie nocturne des
vampires promise par le cinéaste argentin, auteur entre autres de
Odio mi Cuerpo en 1974 et Ultimo Deseo en
1976, fait partie d'une trilogie de longs-métrages consacrés aux
fameux suceurs de sang aux dents longues et aiguisées poursuivie dès
la même année, en 1973, avec El Exterminio de los Drácula
et terminée deux ans plus tard, en 1975, avec El
Extraño Amor de los Vampiros.
Dans La Orgía Nocturna de los Vampiros,
les passagers d'un bus en partance pour la ville imaginaire de Bojoni
vont être contraints de faire un crochet en direction du petit
village lui aussi fictif de Tolnio lorsque le conducteur du véhicule
tombe raide mort, atteint d'une crise cardiaque ! Le pauvre
homme est placé à l'arrière du bus tandis que son corps est
recouvert d'une bâche afin de ne pas effrayer la seule gamine
présente parmi les passagers. Lorsque le groupe arrive à Tolnio, il
n'y a personne pour les accueillir. Et pour cause : comme
l'indiquera dès le lendemain celui qui au village se fait appeler le
Major (l'acteur José Guardiola), tout les habitants se sont rendus
au cimetière afin d'honorer l'un d'entre eux, récemment décédé.
Rassurés de voir qu'ils ne sont donc pas seuls et abandonnés à
leur triste sort, Alma (l'actrice belge Dyanik Zurakowska), Raquel
(Charo Soriano), sa fille Violeta (Sara Gil), Ernesto (Gaspar 'Indio'
González) et les autres ont cependant le malheur de découvrir que
le bus est désormais en panne. Entre-temps, Alma fait la
connaissance de Luis (l'acteur américain Jack Taylor) qui tout comme
le groupe se retrouve échoué à Tolnio. Et tout comme le bus, sa
voiture elle aussi se retrouve mystérieusement en panne. Condamnant
ce touriste ainsi que le groupe prévoyant de se rendre à Bojoni à
demeurer au village pour quelques jours. Sans le sou, le Major
propose alors à tout le monde de rencontrer celle qui se fait
appeler la Comtesse (l’actrice allemande Helga Liné) et qui leur
propose alors de les abriter à ses frais et sans conditions au
village... Si le titre est abusivement tourné autour de l'idée
qu'un groupe d'individus s'adonne à des activités sexuelles
collectives, La Orgía Nocturna de los Vampiros
n'est jamais tourné vers la pornographie...
Pas
même vers l'érotisme même si à quelques occasions, l'actrice
Dyanik Zurakowska s'effeuille devant la caméra et devant le regard
aiguisé de Luis dont la chambre mitoyenne possède un trou caché
dans un placard qui donne directement vers celle de la jeune femme.
Le long-métrage de León Klimovsky, aussi peu soit-il connu des
néophytes en matière de cinéma d'épouvante est une œuvre très
intéressante en ce sens où le réalisateur argentin, le directeur
de la photographie Antonio L. Ballesteros, ainsi que le directeur
artistique et décorateur Gumersindo Andrés on conçu un projet qui
ne souffre absolument pas de la comparaison avec ses homologues
américains ou britanniques lorsqu'il s'agit de créer un climat
anxiogène. Abusant ainsi pour notre plus grand plaisir des gros
plans et des contre-plongées lorsque de nuit, les habitants sortent
de leurs terriers afin de s'en prendre aux voyageurs égarés, qu'il
ne tuent pas, mais dont ils prélèvent une partie de leur sang afin
de s'en repaître. Car en effet, et comme on l'avait très rapidement
deviné, Tolnio est un village qui n'est uniquement constitué que de
vampires. Des rangs de suceurs de sang auxquels s'ajoutent tous ceux
qui tombent entre les griffes des villageois et même entre les mains
de la Comtesse. On comprend alors beaucoup mieux la générosité et
les largesses de cette aristocrate dont les dents poussent lorsque le
soleil se couche... Ambiance nocturne délétère, brumeuse et
cauchemardesque. Visages blafards, yeux injectés de sang, sourires
sinistres, les figurants s'en donnent à cœur-joie pour le plus
grand plaisir du spectateur qui assiste non pas au sabbat de sexe et
de sang plus ou moins annoncé par le titre mais à quelques meurtres
que l'on pourrait presque qualifier de zombiesques ! Bref, sans
être un grand film de vampires, La Orgía
Nocturna de los Vampiros
bénéficie d'une honnête interprétation, de décors ruraux qui
rappellent parfois l'aspect arriéré de certaines contrées visibles
dans un tout autre courant cinématographique connu sous le nom de
Survival
ou encore d''une ambiance nocturne très enveloppante...
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