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samedi 27 juillet 2024

Holocauste 2000 d'Alberto De Martino (1977) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Le Diable et le cinéma ont une histoire en commun qui dure depuis plus de cent ans. Au départ, il apparaît notamment sous des traits anthropomorphiques particulièrement sinistres. On le découvre chez le danois Benjamin Chrsitensen en 1922 dans La Sorcellerie à travers les âge ou chez l'allemand Friedrich Wilhelm Murnau quatre ans plus tard dans Faust, une légende allemande. Qu'on le nomme Satan, Belzébuth ou Lucifer, qu'il s'affiche lui-même ou fasse appel à l'un de ses nombreux suppôts, ce sont plusieurs centaines d’œuvres qui l'évoqueront à travers le temps. Jusqu'à l'intégrer dans nos sociétés actuelles et dans toutes les couches sociales que compte notre planète. Même les plus aisées comme le fera remarquer William Friedkin en 1973 avec le formidable L'exorciste dans lequel une gamine à peine formée, prénommée Regan et fille d'une célèbre actrice, sera infestée par Pazuzu, démon du vent originaire de la Mésopotamie. Trois ans plus tard, Richard Donner mettra en scène La malédiction dans lequel Gregory Peck incarnera le rôle de l'ambassadeur des États-Unis Robert Thorn basé au Royaume-Uni et dont le fils adoptif prénommé Damien se révélera être rien moins que l'Antéchrist. En 1987, Alan Parker conviera Mickey Rourke à incarner le détective Harold S. Angel dans Angel Heart afin d'enquêter sur la disparition d'un certain Johnny Favorite. Engagé par Louis Cyphre (Robert De Niro), le nom de ce dernier ne laissera aucun doute quant à ses origines... Encore une décennie plus tard, en 1997, Taylor Hackford s'inspirera du roman The Devil's Advocate d'Andrew Neiderman pour L'associé du Diable afin de mettre en scène Keanu Reeves dans le rôle du jeune et ambitieux avocat Kevin Lomax, lequel sera employé par l'un des plus prestigieux représentants de la profession en la personne de John Milton qui ne sera autre que le Diable lui-même. Ces quelques exemples parmi les plus célèbres ont sans doute fait oublier que se cachent d'autres œuvres aussi marquantes mais déjà beaucoup moins connues. En 1978, le réalisateur et producteur britannique Jack Gold signait La grande menace dans lequel le français Lino Ventura enquêtait sous les traits de l'inspecteur Brunel sur la tentative de meurtre dont fut victime un certain John Morlar qu'incarnait de son côté l'impressionnant Richard Burton. Un personnage dont les origines criminelles demeurèrent déjà nettement plus ambiguës mais dont les conséquences laissèrent présager qu'il pouvait cacher l'une des nombreuses représentations du Mal. Un long-métrage qui curieusement fait écho à une œuvre signée un an auparavant par le réalisateur italien Alberto De Martino dans lequel l'acteur américain Kirk Douglas allait devoir mener un combat avec des forces obscures physiquement représentées par son propre fils.


Là encore, le Mal ne s'insinua pas au sein de n'importe quelle famille puisque Robert Caine y fut un riche industriel ayant créé un réacteur nucléaire capable d'alimenter en énergie la planète toute entière. Repérant aux côtés de la photographe Sara Golan (superbe Agostina Belli) d'étranges symboles situés sur un site archéologique de Cisjordanie, Robert allait bientôt découvrir grâce à l'aide d'un prêtre qu'il s'agissait d'une mise en garde concernant la venue prochaine de l'Antéchrist. Le thème de Holocauste 2000 est ici clairement celui de la fin du monde. Le déploiement du récit s'inscrit dans un mélange entre La malédiction et La grande menace qui, pour ce dernier, ne verra pourtant le jour qu'un an plus tard. En la matière, le réalisateur italien n'est pas un débutant puisque trois ans auparavant il réalisa lui-même L'Antéchrist. Une version nettement moins évoluée de celle proposée par William Frtiedkin quelques années auparavant mais qui restait sympathique malgré tout. Le plus étonnant dans Holocauste 2000 est d'abord la présence à l'image de l'acteur Kirk Douglas. L'une des plus grandes stars du cinéma américain qui l'année suivante retournerait à nouveau au fantastique en incarnant l'un des principaux rôles de Furie de Brian De Palma. Dans Holocauste 2000 il incarnait un homme d'affaires brillant mais aussi et surtout humaniste qui au-delà de ses propres intérêts irait jusqu'à combattre son propre fils afin d'éviter que ne se produise le pire. Après une première moitié relativement pénible, le long-métrage d'Alberto De Martino finit par supporter un rythme beaucoup plus soutenu, le père cherchant à tout entreprendre afin d'éviter que son fils ne prenne les rennes du pouvoir. Doté de quelques effets horrifiques plutôt sympathiques comme un pal d'hélicoptère scalpant un crâne (séquence qui sera reprise par George Romero un an plus pour son cultissime Zombie mais qui sera finalement coupée lors du montage européen proposé par le réalisateur italien Dario Argento) ou lorsque Kirk Douglas explose à grands coups de bâton la tête d'un patient de l’hôpital psychiatrique où il se retrouvera plus tard enfermé, l'on retrouve également au générique de Holocauste 2000 l'acteur britannique Simon Ward dont le seul visage suffit à faire comprendre ses mauvaises intentions. Bref, le long-métrage du cinéaste italien est un petit film horrifique fort sympathique qui permettait de découvrir Kirk Douglas sous un nouveau jour...

 

dimanche 4 juillet 2021

Fury de Brian De Palma (1980) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Le réalisateur américain Brian de Palma s'est essayé à à peu près à tous types de genres cinématographiques. Thriller, comédie, fantastique, musical, drame, film policier, de gangsters et biopic, guerre, espionnage, science-fiction et ce, avec une quasi constance dans la qualité, du moins jusqu'au tout début des années 2000. Jusque là, trente années d'une carrière émaillée de chefs-d’œuvre, qui pour Phantom of the Paradise, qui pour Pulsions ou qui pour encore, Blow Out ou Scareface. Mais encore faudrait-il citer au moins dix films supplémentaires pour rendre grâce à cette faculté si particulière que le réalisateur eut à mettre au monde d'authentiques classiques du septième art. Un genre auquel Brian De Palma s'intéressa également, c'est l'horreur et l'épouvante. À travers une toute petite poignée de longs-métrages même si dans d'autres circonstances on pouvait en trouver ça et là quelques bribes. D'abord, Carrie au bal du diable, adaptation du roman éponyme qui rendit célèbre son auteur Stephen King. Mais aussi, le moins connu Furie qu'il réalisa deux ans plus tard, en 1978, soit trois ans avant que David Cronenberg ne réalise de son côté Scanners dont le sujet de la télépathie est proche de celui de Furie qui en outre, se penche également sur le cas de jeunes adultes dotés du pouvoir de télékinésie...


En vedette, nous retrouvons le célèbre Kirk Douglas dont nous ne citerons ni ne compterons le nombre de chefs-d’œuvre dans lesquels il tourna durant sa longue carrière d'acteur. Il interprète ici le rôle de Peter Sandza, le père du jeune Robin, trahi par son ami Ben Childress qui l'a laissé pour mort et s'est emparé de son fils afin d'exploiter ses dons de télékinésie. Kirk Douglas qui retrouvera Brian De Palma deux ans plus tard sur le tournage de Home Movies y joue un père décidé à retrouver son fils et à se venger de son ancien meilleur ami. Un traître incarné par l'excellent John Cassavetes, acteur, réalisateur et scénariste américain connu pour avoir été notamment très proche de Peter Falk ou de Ben Gazzara et surtout pour avoir été l'époux de l'actrice Gena Rowlands. John Cassavetes interprète un Ben Childress absolument infâme, un être opportuniste capable de marcher sur ses propres principes par ambition. Ancienne compagne du chanteur de folk et de country Neil Young, l'actrice Carrie Snodgress interprète le touchant personnage de Hester, laquelle travaille aux côtés du docteur Jim McKeever qu'incarne l'acteur Charles Durning (qui fut déjà le détective Joseph Larch dans le morbide et hitchcockien Sœurs de sang de De palma en 1973) dans un institut faisant des recherches sur les personnes détentrices de pouvoirs paranormaux. Hester est un peu le pendant de Miss Andrea Collins, la prof de sport de Carrie au bal du diable qui avait pris sous son aile la frêle adolescente. Mais Hester est aussi et surtout l'incarnation de ces amours contrariés, de cette passion amoureuse se terminant par une tragédie dont Brian De Palma sera coutumier durant une bonne partie de sa carrière (on pense notamment au couple formé par John Travolta et Nancy Allen dans le formidable Blow Out, remake de Blow-Up de Michelangelo Antonioni et influencé par Conversation secrète de Francis Ford Coppola)...


Furie a beau avoir quelque peu vieilli, il n'a cependant rien perdu de son charme même si quelques séquences apparaissent désormais désuètes. Dans le rôle de Robin Sandza, nous retrouvons l'acteur Andrew Stevens et surtout Dennis Franz dans celui du flic Bob et dont le visage est sans doute plus connu que le nom mais qui restera fidèle à Brian De Palma puisqu'on le retrouvera dans pas moins de quatre autres films du réalisateur. Notons qu'au tout début, lorsque Amy Irving qui joue le rôle essentiel de Gillian Bellaver, une télépathe, se promène avec sa meilleure amie, on peut voir dans le tout petit rôle du détective Raymond Dunwoodle l'acteur William Finley qui ne fut autre que le saisissant fantôme du Paradise dans l'un des immenses chefs-d’œuvre de Brian De Palma, Phantom of the Paradise. Avec un sadisme que l'on pouvait déjà lui reconnaître, Brian De Palma s'inspire d'un ouvrage éponyme écrit par John Farris et ''tue'' indirectement l'une des vedettes du film en utilisant la main de celui qu'elle aime. Une cruauté que l'on retrouve parfois chez ce cinéaste, comme peut être par exemple cruel le meurtre horrible commis dans un autre très grand film du réalisateur, Body Double et dans lequel Deborah Shelton /Gloria Revelle était assassinée à l'aide d'une perceuse au foret monstrueux sous le regard voyeuriste de Craig Wasson/Jake Scully. Plutôt sanglant mais aussi peut-être un poil trop long, Furie bénéficie de la partition musicale du célèbre compositeur John Williams, laquelle accompagne chaque séquence et renforçant l'aspect dramatique des événements. Peut-être visuellement moins impressionnant que la plupart de ses longs-métrages en terme de technique d'image, le film offre cependant quelques très belles séquences comme lorsque Amy Irving/Gilliam se saisit de la main du docteur Jim McKeever et voit défiler des images de son passé, tout ceci reproduit en arrière-plan tandis que la caméra tourne autour de l'actrice. Une œuvre que l'on prend beaucoup de plaisir à revoir mais que le jeune public risque peut-être de trouver un brin trop vieux...

 

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