Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Amy Irving. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Amy Irving. Afficher tous les articles

dimanche 4 juillet 2021

Fury de Brian De Palma (1980) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Le réalisateur américain Brian de Palma s'est essayé à à peu près à tous types de genres cinématographiques. Thriller, comédie, fantastique, musical, drame, film policier, de gangsters et biopic, guerre, espionnage, science-fiction et ce, avec une quasi constance dans la qualité, du moins jusqu'au tout début des années 2000. Jusque là, trente années d'une carrière émaillée de chefs-d’œuvre, qui pour Phantom of the Paradise, qui pour Pulsions ou qui pour encore, Blow Out ou Scareface. Mais encore faudrait-il citer au moins dix films supplémentaires pour rendre grâce à cette faculté si particulière que le réalisateur eut à mettre au monde d'authentiques classiques du septième art. Un genre auquel Brian De Palma s'intéressa également, c'est l'horreur et l'épouvante. À travers une toute petite poignée de longs-métrages même si dans d'autres circonstances on pouvait en trouver ça et là quelques bribes. D'abord, Carrie au bal du diable, adaptation du roman éponyme qui rendit célèbre son auteur Stephen King. Mais aussi, le moins connu Furie qu'il réalisa deux ans plus tard, en 1978, soit trois ans avant que David Cronenberg ne réalise de son côté Scanners dont le sujet de la télépathie est proche de celui de Furie qui en outre, se penche également sur le cas de jeunes adultes dotés du pouvoir de télékinésie...


En vedette, nous retrouvons le célèbre Kirk Douglas dont nous ne citerons ni ne compterons le nombre de chefs-d’œuvre dans lesquels il tourna durant sa longue carrière d'acteur. Il interprète ici le rôle de Peter Sandza, le père du jeune Robin, trahi par son ami Ben Childress qui l'a laissé pour mort et s'est emparé de son fils afin d'exploiter ses dons de télékinésie. Kirk Douglas qui retrouvera Brian De Palma deux ans plus tard sur le tournage de Home Movies y joue un père décidé à retrouver son fils et à se venger de son ancien meilleur ami. Un traître incarné par l'excellent John Cassavetes, acteur, réalisateur et scénariste américain connu pour avoir été notamment très proche de Peter Falk ou de Ben Gazzara et surtout pour avoir été l'époux de l'actrice Gena Rowlands. John Cassavetes interprète un Ben Childress absolument infâme, un être opportuniste capable de marcher sur ses propres principes par ambition. Ancienne compagne du chanteur de folk et de country Neil Young, l'actrice Carrie Snodgress interprète le touchant personnage de Hester, laquelle travaille aux côtés du docteur Jim McKeever qu'incarne l'acteur Charles Durning (qui fut déjà le détective Joseph Larch dans le morbide et hitchcockien Sœurs de sang de De palma en 1973) dans un institut faisant des recherches sur les personnes détentrices de pouvoirs paranormaux. Hester est un peu le pendant de Miss Andrea Collins, la prof de sport de Carrie au bal du diable qui avait pris sous son aile la frêle adolescente. Mais Hester est aussi et surtout l'incarnation de ces amours contrariés, de cette passion amoureuse se terminant par une tragédie dont Brian De Palma sera coutumier durant une bonne partie de sa carrière (on pense notamment au couple formé par John Travolta et Nancy Allen dans le formidable Blow Out, remake de Blow-Up de Michelangelo Antonioni et influencé par Conversation secrète de Francis Ford Coppola)...


Furie a beau avoir quelque peu vieilli, il n'a cependant rien perdu de son charme même si quelques séquences apparaissent désormais désuètes. Dans le rôle de Robin Sandza, nous retrouvons l'acteur Andrew Stevens et surtout Dennis Franz dans celui du flic Bob et dont le visage est sans doute plus connu que le nom mais qui restera fidèle à Brian De Palma puisqu'on le retrouvera dans pas moins de quatre autres films du réalisateur. Notons qu'au tout début, lorsque Amy Irving qui joue le rôle essentiel de Gillian Bellaver, une télépathe, se promène avec sa meilleure amie, on peut voir dans le tout petit rôle du détective Raymond Dunwoodle l'acteur William Finley qui ne fut autre que le saisissant fantôme du Paradise dans l'un des immenses chefs-d’œuvre de Brian De Palma, Phantom of the Paradise. Avec un sadisme que l'on pouvait déjà lui reconnaître, Brian De Palma s'inspire d'un ouvrage éponyme écrit par John Farris et ''tue'' indirectement l'une des vedettes du film en utilisant la main de celui qu'elle aime. Une cruauté que l'on retrouve parfois chez ce cinéaste, comme peut être par exemple cruel le meurtre horrible commis dans un autre très grand film du réalisateur, Body Double et dans lequel Deborah Shelton /Gloria Revelle était assassinée à l'aide d'une perceuse au foret monstrueux sous le regard voyeuriste de Craig Wasson/Jake Scully. Plutôt sanglant mais aussi peut-être un poil trop long, Furie bénéficie de la partition musicale du célèbre compositeur John Williams, laquelle accompagne chaque séquence et renforçant l'aspect dramatique des événements. Peut-être visuellement moins impressionnant que la plupart de ses longs-métrages en terme de technique d'image, le film offre cependant quelques très belles séquences comme lorsque Amy Irving/Gilliam se saisit de la main du docteur Jim McKeever et voit défiler des images de son passé, tout ceci reproduit en arrière-plan tandis que la caméra tourne autour de l'actrice. Une œuvre que l'on prend beaucoup de plaisir à revoir mais que le jeune public risque peut-être de trouver un brin trop vieux...

 

jeudi 11 octobre 2018

Cycle Stephen King : Carrie au Bal du Diable de Brian de Palma (1976) - ★★★★★★★☆☆☆



Carrie au Bal du Diable revêt, dans la carrière de l'écrivain Stephen King et du réalisateur Brian de Palma, une importance considérable. Pour le célèbre écrivain, il s'agit du premier roman, qu'il aurait paraît-il conçu sur une machine à écrire installée dans un réduit, sur une machine à laver. Écrit en 1972, accepté par la maison d'édition Doubleday en 1973 et publié en 1974. Le succès est instantanné sur le territoire américain puisque dès la première année, Carrie se vend à hauteur de 13 000 exemplaires, soit presque la moitié de ceux qui sont alors mis en circulation. Deux ans plus tard, le cinéaste Brian de Palma s'empare du roman après l'avoir lu sur les conseils d'un ami et réalise donc son adaptation au cinéma sur la base d'un scénario écrit par Lawrence D. Cohen. Lorsque le cinéaste débute le tournage de Carrie (titre original qui conserve toute la simplicité de celui du roman), il n'a derrière lui qu'une poignée de courts-métrages mais déjà neuf longs-métrages dont Sœurs de Sang (qui est déjà, un hommage à son mentor Alfred Hitchcock), l'extraordinaire comédie fantastique et musicale Phantom of the Paradise, ou encore l'excellent Obsession. Carrie au Bal du Diable n'est donc pas sa première incartade dans le domaine du fantastique mais l'une des rares dont il confiera l'écriture à un autre. Il y exploite à nouveau le principe du Split-Screen (écran partagé permettant divers points de vue d'une même séquence) auquel il donnera ses lettres de noblesses à travers plusieurs de ses longs-métrages.

Pour l'actrice Sissy Spacek, Carrie au Bal du Diable revêt également une grande importance puisque si cette jeune femme qui a l'époque du tournage avait déjà 27 ans alors qu'elle en paraît dix de moins (le film évoque une adolescente de dix-sept ans), a déjà tourné auprès de Michael Ritchie (Carnage) ou de Terrence Malick (La Ballade Sauvage), le rôle qu'elle tiendra dans le film de Brian de Palma demeurera sans doute comme son plus célèbre.

Carrie n'est pas vraiment une adolescente comme les autres. Effacée, timide, et physiquement beaucoup moins gracieuse que ses camarades d'école, elle découvre avec stupeur ses premières règles. Mais la jeune femme, qui vit avec une mère bigote n'a pas conscience de ce qui est en train de lui arriver. Victime des quolibets de la part de ses camarades, elle n'a malheureusement pas l'occasion de trouver chez sa génitrice le réconfort et la paix auxquels elle aspire. Cette dernière ose même lui affirmer que ses saignements sont les conséquences de ses péchés. Trouvant du réconfort non pas auprès de sa mère donc, mais de son professeur d'éducation physique (Betty Buckley, que l'on découvrit chez nous dans la série Huit, ça Suffit!), Carrie semble bénéficier d'un certain relâchement auprès de l'une de ses camarades, Susan Snell (incarnée par l'actrice Amy Irving que le cinéaste réembauchera sur le plateau de Fury en 1978 et que l'on a pu revoir très récemment dans Unsane de Steven Soderbergh cette année), qui toute honteuse du traitement qu'elle et ses camarades font subir à Carrie, va demander à son petit ami d'accepter d'accompagner Carrie au bal de fin d'année. Mais derrière cette invitation se trame en réalité une vengeance organisée par l'odieuse Chris Hargensen (Nancy Allen, Blow Out, Robocop, etc...)

Carrie au Bal du Diable aurait dû être pour la jeune fille, l'entrée dans l'adolescence. Mais grâce ou à cause de ses premières règles tardives, c'est dans le monde des adultes qu'elle va entrer. Ces premières règles sont le signe d'une abondance d'hémoglobine à venir. De ce fameux bal du Diable que souligne le titre. Si Sissy Spacek est littérallement incarnée dans le rôle de Carrie, l'actrice Piper Laurie hante totalement le personnage de Margaret White, la mère de l'adolescente. L’œuvre de Brian de Palma est parfois d'un terrible inconfort, la gamine n'ayant que de très brèves occasions de vivre en paix. Entre ses camarades et sa mère, fanatique religieuse, Carrie est prise dans un étau qui se resserre de plus en plus autour d'elle. La seule échappatoire semble venir de ce don de télékynésie qu'elle semble d'abord ne pas être en mesure de contrôler et qui sera le bras de sa vengeance lors d'un final apocalyptique dominé par un rouge criard. La purification dans le sang. Si quelques images laissent imaginer un film gore (le sang du seau n'est même pas humain), Carrie au Bal du Diable est relativement sobre, avec quelques effets plutôt sympathiques évoquant le pouvoir de Carrie (la crucifixion de la mère étant un première pas vers l’autonomie et la liberté). Le film sortira sur les écrans américains le 3 novembre 1976 et en France le 22 avril de l'année suivante après avoir fait un passage remarqué au festival d'Avoriaz en janvier où il remporta le Grand Prix ainsi qu'une Mention Spéciale pour son interprète principale. Aux États-Unis, le film est nominé à diverses occasions dont les Oscars de 1977 (de la meilleure actrice pour Sissy Spacek et meilleure actrice dans un second rôle pour Pieper Laurie). Stephen King entrait, grâce au long-métrage de Brian de Palma, dans la légende des auteurs de romans fantastiques et d'épouvante...

dimanche 22 juillet 2018

Unsane de Steven Soderbergh (2018) - ★★★★★★★☆☆☆



Et bien voilà. Nous en sommes arrivés là. Plus besoin d'aucune espèce de caméra, plus ou moins lourde, plus ou moins performante et professionnelle puisqu'un simple cellulaire suffit désormais pour tourner un long-métrage. Un outils bien dans l'air du temps, rendant assujettis ses propres utilisateurs dans ce que l'on pourrait comparer à une forme d'esclavage numérique moderne. Après l'utilisation de l'ordinateur comme unique outil de filmage en 2014 avec le film de Levan Gabriadze, Unfriended, le scénariste, producteur et réalisateur américain Steven Soderbergh pousse les limites du concept dans ses derniers retranchements en filmant son dernier-né à l'aide d'un Iphone 7 Plus. De quoi inspirer des carrières de cinéastes à nombre d'utilisateurs n'ayant aucun talent en matière de mise en scène. Ce devait être fort logiquement l'auteur de Sex, Lies, and Videotape qui devait s'attaquer à la chose, remplaçant ainsi ses vieilles cassettes vidéo par un outil autrement plus commode à utiliser.
Le contexte du dernier long-métrage de Steven Soderbergh, s'il est lui aussi commun à cette nouvelle forme de communication qui rend un peu plus chaque jour nos concitoyens paranoïaques à force de vivre reclus derrière leur ordinateur ou leur téléphone mobile, rappellera sans doute aux fans de Clint Eastwood ou de son héroïne d'alors, l'un des passages les plus marquants de The Changeling, réalisé par le premier et admirablement interprété par Angelina Jolie, lors duquel le personnage qu'elle incarnait est enfermé contre son grès dans un hôpital psychiatrique.

Steven Soderbergh traite ici d'un sujet délicat qui concerne des milliers d'enfants, d'adultes et d'adolescents aux États-Unis, lesquels sont abusivement enfermés dans des instituts psychiatriques alors même que cela ne s'avère pas nécessaire. Principalement interprété par l'actrice britannique Claire Foy dont la filmographie ne se résume jusqu'ici qu'à un peu moins d'une dizaine de longs-métrages, Insane (chez nous le film a été retitré Paranoïa) évoque différents points de vue quant à l'éventuelle réalité des faits qui sont 'reprochés' à l'héroïne.

L'intrigue tourne autour de Sawyer Valentini, nouvelle employée dans un agence qui après avoir été harcelée par un individu s'est vue contrainte de quitter sa ville natale pour la Caroline du Nord. Victime de névroses, elle se rend un jour au Highland Creek Behavioral afin de partager avec un spécialiste ses angoisses et ainsi en être soulagée. Après l'entretien, Sawyer accepte de signer un document sans l'avoir consulté au préalable. Sans le savoir, la jeune femme vient de donner son accord pour être enfermée et étudiée durant vingt-quatre heure dans l'institut. Mais les choses vont très mal se passer pour Sawyer qui au contact d'hommes et de femmes, eux, réellement atteints de troubles comportementaux, va se révéler violente, rallongeant ainsi son passage entre les murs du Highland Creek Behavioral puisque son séjour est rallongé d'une semaine...

L'expérience est rude. Aussi forte que fut celle de The Changeling sauf qu'ici, le cauchemar s'éternise. Les difficultés qu'éprouve l'héroïne dans sa tentative de fuir sa nouvelle condition est plutôt bien menée par un Steven Soderbergh qui réalise un long-métrage propre, et finalement assez réaliste. Il oppose à l'enfermement de Sawyer l'hypothèse que ses ennuis avec son harceleur ne font peut-être pas totalement partie du passé. Le cinéaste n'attend pas la moitié du long-métrage pour nous éclairer sur ce point et cela se révèle plutôt dommageable, l'effet de suspicion tournant autour d'un employé du service de nuit du Highland Creek Behavioral s'en trouvant nettement réduit pour ne pas dire totalement anéanti.

On se dit alors que pour sabrer un tel suspens, Steven Soderbergh doit avoir de la suite dans les idées. Outre l'évidente critique annoncée dès le début et faisant (volontairement ou pas) écho à l'enquête que mena la députée américaine Patricia Schroeder en 1992 sur certaines pratiques dans les hôpitaux psychiatriques, il faut reconnaître tout son charme au style parfois épuré de Steven Soderbergh. Lors du flash-back évoquant le harcèlement dont fut victime l'héroïne, musique minimaliste et plans fixes génèrent une curieuse impression. Entre réalisme du sujet évoqué et l'aspect fantasmé que revêtent les images. Le cinéphile appréciera sans aucun doute la participation de l'actrice Amy Irving (Carrie, le seul, l'unique réalisé par Brian de Palma) dans le rôle d'Angela Valentini, la mère de Sawyer, et la courte (mais géniale) apparition de Matt Damon dans celui du détective Ferguson. Insane est une œuvre qui marque par ses changements de style permanents. Passée la première moitié, Steven Soderbergh transforme le drame paranoïaque en une sorte de psychokiller redoutablement efficace, mettant l'héroïne face à ses angoisses. Angoisses qui prennent le visage de David Trine, excellemment interprété par l'acteur et réalisateur américain Joshua leonard. Petite mention pour l'acteur, rappeur, humoriste Jay Pharoah qui dans la peau de Nate Hoffman campe un compagnon d'infortune très attachant. En 2011, las, Steven Soderbergh évoquait son désir d'arrêter le cinéma lors de l'émission radiophonique américaine Studio 360. Sept ans plus tard, on le remercie de n'avoir pas mis son projet à exécution car Insane est une excellente surprise...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...