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jeudi 12 août 2021

Robocop 3 de Fred Dekker (1993) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Il était vraiment temps que Robocop prenne sa retraite. Même temporaire... jusqu'à ce qu'il réapparaisse sur grand écran en 2014 parce que là, non, ça n'est plus possible. Après Paul Verhoeven en 1987 et Irvin Kershner trois ans plus tard, c'est au tour de Fred Dekker de prendre les commandes du troisième volet de la franchise. Pour le meilleur ? Non, mais pour le pire, très certainement. Cette fois-ci, plus question de confronter Murphy/Robocop à des trafiquants de drogue. Désormais, l'OCP, les agents des Rehabs et des financiers japonais vont se lier pour éliminer une bonne fois pour toute le plus populaire des flics de Détroit. Mais l'objectif et tout d'abord ailleurs. Vider certains quartiers pauvres de la ville qui doivent désormais servir à la construction de Delta City. Mais l'OCP et les japonais se heurtent à des habitants qui refusent de partir. l'Omni Cartel des Produits prend alors la décision de faire appel aux Rehabs, sorte de brigades de la mort qui vont déloger les rebelles quitte à les assassiner. Et c'est là que doit normalement entrer en jeu Robocop, ce défenseur de la veuve et de l'orphelin... Dans ce monde de brute, heureusement, le scénario de Frank Miller (toujours lui) et de Fred Dekker a prévu quelques aménagements. Quelques personnages qui vont contrebalancer cette quasi généralisation qui faisait de la plupart des personnages des antagonistes. Enfin débarrassés du docteur Juliette Faxx, celle-ci est désormais remplacée par le professeur Mary Lazarus qu'interprète l'actrice Jill Hennessy (surtout connue pour être l'une des vedettes de la série policière New York, police judiciaire). Une ''créature'' plutôt agréable à regarder et qui, espérons-le, saura se tenir pour ne pas faire de l'ombre à notre valeureux chevalier en armure inoxydable...


Pauvre Robocop qui pour ce qui demeurait à l'époque sa dernière apparition sur grand écran va passer la moitié de sa présence à l'image en position horizontale. Attaqué de toutes parts, il passe en effet la plupart du temps allongé au sol. Il n'y a donc aucune raison de se réjouir de le voir apparaître dans cette posture à cette troisième occasion. Autrefois charismatique (on se souvient encore de sa toute première apparition dans ce commissariat qui continue six ans plus tard à servir de décor), Robocop est désormais bon à finir à la casse. Celui qui paraissait indestructible s'avère donc peu fiable et revu à la baisse dans un troisième volet qui n'est pas affreusement mauvais mais qui des trois reste le moins bon. Des invraisemblances en cascade, comme cette gamine à peine sortie de ses couches qui cependant est capable de prendre le contrôle de n'importe quel système informatique (je veux bien qu'il y ai des gamins précoces, mais là, faut pas charrier!), ou pire, cette improbable fusillade lors de laquelle le grand méchant de service interprété par l'acteur britannique John Castle dans le rôle de Paul McDaggett, le chef des Rehabs, utilise une arme lourde sur la voiture de Robocop sans que les impacts (fort conséquents) n'atteignent en rien les capacités motrices du dit véhicule ! Entre visions grandiloquentes (Robocop traversant une église, le corps mourant de sa coéquipière Anne Lewis entre ses bras) et gunfights à répétitions, Robocop 3 a parfois l'air de s'aventurer du côté du vigilante façon Death Wish avec Charles Bronson...


Les flics s'y mêlent avec la présence toujours bienheureuse de l'acteur Robert DoQui dans le rôle du sergent Warren Reed, fidèle au poste depuis les débuts de la saga et de Felton Perry dans celui de Donald Johnson, le bras droit du dirigeant de l'OCP dont le rôle est cette fois-ci tenu par Rip Torn, acteur à la carrière longue comme le bras et qui incarna notamment le mémorable agent Z dans les deux premiers volets de la saga Men in Black... Entre les diverses apparitions d'une tribu de dégénérés du bulbes surnommés les Barjos punk (bravo pour la traduction!), des habitants contraints de se réfugier dans des sections insalubres de la ville de Détroit et de se défendre contre la milice, un Robocop inefficace la moitié du temps, une gamine qui déjoue tous les systèmes informatiques et transforme même un modèle ED209 en fidèle toutou, un combat qui oppose notre flic préféré à un shinobi et à ses répliques robotisées, un commissariat tout entier prenant les armes pour défendre les opprimés, des explosions et des gunfights en pagaille, Robocop 3 a toutes les allures d'un bon divertissement. Ce qu'il est au demeurant mais si sous certains aspects on pourra le considérer de nanardesque. On appréciera cependant le maquillage appliqué sur le visage de l'acteur Robert John Burke qui tente de s'approcher au plus près de celui de Peter Weller qui incarnait le héros-titre jusque là. À noter d'ailleurs que lors de certaines séquences, Robocop ne bénéficie plus des techniques d'animatronique mais profite des capacités de Robert John Burke à se fondre dans les gestes mécaniques de son personnage de métal. À voir, une fois, pour se convaincre que ses créateurs ont bien fait de le ranger dans un placard... Du moins jusqu'à ce qu'un petit malin n'ai décidé de le ressortir un an à peine après ce troisième volet pour en faire le personnage principal d'une série télévisée en vingt-deux épisodes intitulée RoboCop: The Series. Mais ça, c'est une autre histoire...


mercredi 11 août 2021

Robocop 2 d'Irvin Kershner (1989) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


Alors, Robocop 2 est-il meilleur que son modèle ? Et si oui, a-t-on aujourd'hui le droit de le professer ? Parce que si mes souvenirs sont bon, déjà à l'époque, évoquer en de bons termes la séquelle d'un classique qu'il eut été de science-fiction ou autre, c'était une chance de plus d'affronter les foudres des fans de l’œuvre originale. Paul Verhoeven n'ayant pas repris les commandes de la franchise, c'est au tour du réalisateur américain Irvin Kershner de s'en charger. Pas un manchot le bonhomme vu qu'il a déjà derrière lui à l'époque une certaine expérience de la mise en scène puisqu'il a réalisé lui-même le second volet de la trilogie originelle Star Wars intitulée chez nous L'Empire contre-attaque, qui si je ne me trompe pas, est considéré par les fans de la franchise comme le meilleur de tous. Puis Les yeux de Laura Mars, sur un scénario de l'immense John Carpenter et même un James Bond (Jamais plus jamais). En même temps, quel cinéaste n'a jamais réalisé de purge ? James Cameron ? David Lynch ? Paul Verhoeven ? David Charhon ? Mais alors, que sont donc Piranha 2 : Les Tueurs volants, Dune, Showgirls ou Cyprien, Les naufragés et Le dernier Mercenaire sinon des ratés dans des carrières exemplaires (il est conseillé de barrer les mentions inutiles concernant le ''réalisateur'' français) ?


D'une certaine manière, Robocop 2 parvient à maintenir le cap qui est celui de demeurer dans la droite lignée de son prédécesseur. Peter Weller, Nancy Allen, Dan O'Herlihy, Robert DoQui et Felton Perry font toujours partie de l'aventure et seuls changent les méchants de l'histoire. Les effets-spéciaux sont beaucoup plus nombreux puisque interviennent davantage de situations faisant appel à la stop-motion et à l'animatronique. Une approche qui s'explique par la présence à l'écran de plusieurs alternatives ratées du Robocop et d'un nouveau modèle dont la crédibilité reste à revoir. Irvin Kershner serait-il à l'origine du jeunisme qui quelques décennies plus tard allait largement se déployer sur les écrans ? Toujours est-il que le passage de relais entre les criminels du premier Robocop et les délinquants de sa séquelle ne se fait pas dans la douceur. C'en est même grotesque que de voir une police débordée par des voyous hauts comme trois pommes, dirigés par une sorte de gourou charismatique interprété par l'inquiétant Tom Manhunter Noonan. Et que dire de son improbable ''lieutenant'', le jeune Hob qu'incarne Gabriel Damon alors âgé de treize ans seulement. Visionnaire, Robocop 2 ? Si on prend les choses ainsi, alors oui, ça peut le faire. Surtout que le monde que décrit le scénario de Frank Miller et Walton Green est proche de l'original mais en pire. L'OCP ne semble plus régir que la sécurité mais l'ensemble des règles qui régissent la société.


Dans une ville de Détroit où la violence est arrivée à son apogée, le retour de Robocop semble plus que jamais indispensable... Oui mais voilà. Qu'il soit quelque peu modifié pour intégrer un programme dont les objectifs vont bien au delà de ceux pour lesquels il avait été créé à l'origine, on aura peut-être un peu de mal à pardonner cette touche humoristique qui malheureusement ne sert qu'à humilier ce personnage mythique de la science-fiction. Un Robocop qui n'est parfois qu'une réplique grotesque de lui-même, surtout lors de gunfights où sont attitude cartoonesque est risible dans le plus mauvais sens du terme. Genre : ''je tire à droite tout en tournant ma tête de boite de conserve à gauche''. Des adolescents tout juste entrés dans la période de l'adolescence, un héros qui se caricature, et PIRE, un modèle d'un nouveau genre auquel est administré le cerveau du pire des criminels (fallait oser), mais de l'action et quelques séquences plutôt gratinées qui contre-balancent le tout pour un résultat qui fait paraître cette suite comme une volonté d'attirer un public plus large pour un spectacle auquel les enfants sont désormais conviés...

 

Robocop de Paul Verhoeven (1987) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En 1987, année de sortie de Robocop, les concepts de cinéphilie et de cinéphagie m'échappaient totalement. Comme la présence de Paul Verhoeven au générique du film me laissait totalement indifférent. Goulu de science-fiction, d'horreur, d'épouvante et de gore, seules comptaient les images que les magasines spécialisés placardaient au beau milieu de leurs articles quelques mois avant que tel ou tel long-métrage ne sorte sur les écrans. À la sortie de la séance, cependant, le nom du réalisateur est demeuré ancré dans ma mémoire et je m'étais juré que s'il parvenait à renouveler l'expérience, j'en ferais l'un de mes réalisateurs préférés. Puis est sorti trois ans plus tard, un autre classique de la science-fiction. Total Recall avec Arnold Schwarzenegger. Quelques trente années et des poussières plus tard, c'est le même constat pour ces deux œuvres. Autant j'avais choisi de retourner les voir une seconde fois, autant aujourd'hui j'avoue avoir beaucoup plus de mal à supporter leur vision complète. Surtout Robocop qui en l'occurrence, je trouve, a relativement plus mal vieilli que Total Recall. Je sais combien il est risqué de s'attaquer à ce que d'aucun considère comme un joyau de la science-fiction des années quatre-vingt. Ce qui au demeurant peut se comprendre. Il est vrai qu'à l'époque, l’œuvre de Paul Verhoeven figurait l’alternative aux blockbusters d'aujourd'hui. Des effets-spéciaux admirables en leur temps et qui restent encore de nos jours fort appréciables. Une apparition remarquée du modèle ED209 en stop-motion (ou animation en volume), technique sublimée en son temps par LE spécialiste en la matière, l'américain Ray Harryhausen. Un peu d'animatronique lors de l'utilisation du bras robotisé qui bientôt va être greffé à la place de celui du héros incarné par l'acteur Peter Weller. Quelques plans gore particulièrement croustillants comme la séquence lors de laquelle l'officier Alex Murphy perd sa main droite ou mieux, lorsque l'un des vilains pas beaux en la personne d'Emil Antonowsky qu'interprète l'acteur Paul McCrane se met à fondre au contact de substances chimiques hautement corrosives. Et puis, bien entendu, il y a ce flic-robot. Robocop et sa cuirasse imperméable aux balles. Ce redresseur de torts qui, ahhhh les imprévus de la science, va se remémorer l'abominable meurtre dont il a été la victime et se lancer à la poursuite de ses bourreaux...


Une très belle brochette d'interprètes parmi lesquels les plus anciens reconnaîtront aisément au sommet, Ronny Cox, suivi de Kurtwood Smith, Ray Wise et auxquels on pourra même ajouter le toujours aussi fameux Miguel Ferrer même si celui-ci ne fait pas partie de la ''bande''. Murphy/Robocop est de ces super-héros crédibles, sans autres pouvoirs que sa protection qui empêche les balles de l'atteindre et une précision dans la visée qui n'a d'égale que sa capacité à percevoir le danger à travers les murs. La science-fiction est très rapidement mise de côté et Robocop n'est alors plus qu'un film d'action testostéroné empli de gunfights, d'explosions, de répliques savoureuses, mais qui au fond, manque cruellement de profondeur. La chose est d'ailleurs étrange si l'on tient compte du fait que dans mes souvenirs, cet aspect du film me semblait alors beaucoup plus marqué qu'il ne l'est en réalité. Et puis, c'est peut-être un détail, mais il y a des choses qui ne passent pas et rendent malheureusement l'ensemble quelque peu ringard. Comme lorsque Murphy se prend on ne sais combien de balles dans le corps avant de choir sur le sol, toujours en vie, attendant qu'un dernier projectile ne vienne se ficher dans sa tête et n'abrège des souffrances à peine exprimées à l'image. Invraisemblable ! À l'époque très grosse sensation, Robocop apparaît aujourd'hui terriblement désuet. Il n'y a guère que la tronche des méchants pour maintenir un certain intérêt ainsi que la vigueur de la mise en scène du réalisateur néerlandais. Absence totale de caractérisation, le décès de Murphy intervient si rapidement que l'on demeure indifférent à sa mort. Et lorsque l'échange entre la machine et la charmante Nancy Allen/l'officier Anne Lewis arrive enfin, il est malheureusement déjà trop tard...

 

dimanche 4 juillet 2021

Blow Out de Brian De Palma (1981) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Témoin de ce qui semble être un accident de voiture, le preneur de son Jack Terry qui était en train d'enregistrer des bruits dans un environnement naturel se jette dans le lit d'une rivière alors qu'un véhicule est en train de s'enfoncer dans ses eaux profondes. Il en extrait Sally Badina, jeune et jolie call-girl qu'il transporte ensuite à l’hôpital. Là-bas, c'est l'effervescence. En effet, Sally était la passagère d'un véhicule conduit par un gouverneur de Pennsylvanie dont le corps sans vie a été transféré à l’hôpital. L'annonce fait grand bruit mais les médias ignorent encore qu'il était accompagné de la jeune prostituée. Cependant, des hommes proches du gouvernement s'intéressent à Jack et lui demandent de bien vouloir taire cette information connue de lui seul. Le jeune homme finit par accepter mais de retour chez lui, et après avoir consciencieusement écouté les enregistrements qu'il a effectué, il découvre que l'accident n'en était peut-être pas un. En effet, en tendant l'oreille, il distingue ce qui semble être un coup de feu précédent l'éclatement de l'un des pneus de la voiture. Jack décide alors de mener l'enquête... Certains considèrent Blow Out comme le meilleur film de Brian De Palma quand d'autres peuvent lui préférer Pulsions, Scarface ou Mission Impossible. Remake du Blow-Up de Michelangelo Antonioni dans lequel le personnage principal incarné par David Hemmings n'était non pas preneur de son mais photographe et inspiré par Conversation secrète de Francis Ford Coppola dont le héros, l'acteur Gene Hackman interprétait le personnage du détective Harry Caul, Blow Out est très objectivement, un excellent film.


Le scénario, écrit par le réalisateur lui-même ainsi que par Bill Mesce Jr. est un petit bijou qui réserve une multitude de surprises. Film d'espionnage, thriller, romance, Brian De Palma y relate le mensonge et la manipulation sous toutes leurs coutures... Des twists par ''dizaines'' et une œuvre qui n'est tendre ni avec les uns, ni avec les autres. Le gouvernement et les médias sont en première ligne, mais pas seulement eux puisque la délicieuse pomme qu'aimerait croquer le héros interprété par John Travolta semble quelque peu pourrie. Car on se rendra compte plus tard que tout ce qui semblait être né du hasard n'est en fait que le fruit de multiples circonstances volontaires. Nancy Allen interprète la charmante Sally Badina six ans avant d'être la coéquipière de Peter Weller dans le classique de la science-fiction Robocop de Paul Verhoeven. Et l'on découvre alors par exemple qu'elle et le photographe Manny karp (excellent Dennis Franz) fomentèrent un coup visant à faire chanter le gouverneur décédé dans l'accident. Exemple de révélation qui se répète à diverses reprises lors d'un récit où le personnage de Jack Terry utilise ses compétences afin de révéler toute la vérité, au péril même de sa propre existence et de celle de Sally. Naissent de celles-ci, des séquences passionnantes, tel le montage vidéo fait à partir de photographies de l'accident publiées et découpées dans un magasine couplées aux enregistrements effectués par le preneur du son au même moment.


On retrouve l'emploi de techniques chères à Brian De Palma comme le split-Screen ou un superbe plan-séquence filmé en travelling circulaire. Trois ans après avoir mis un terme à la discrète passion qui animait les personnages interprétés par Kirk Douglas et Carrie Snodgress dans Fury, Brian De Palma s'acharne une fois de plus à contrarier les amours de ses héros lors d'un final tragique et bouleversant. D'ici là, Blow Out investit toutes les strates de la manipulation gouvernementale dans un thriller d'espionnage politique intense, ultra divertissant, avec un John Travolta qui avant ça avait surtout marqué les esprits pour son double-rôle de Tony et Daniel dans La Fièvre du samedi soir de John Badham et Grease de Randal Kleiser, une Nancy Allen craquante à souhait et un John Lithgow déjà observé dans Obsession de Brian De Palma cinq ans auparavant et qui dans le cas présent interprète un tueur engagé pour se débarrasser de la jeune Sally. Blow Out, c'est aussi un amour inconditionnel du réalisateur pour le cinéma. Comme il le fera plus tard avec Body Double, Brian De Palma ouvre les hostilités en filmant la séquence pré-générique d'un slasher de catégorie Z pour lequel son personnage principal est engagé comme preneur de son et bruiteur. Un classique du septième art...

 

jeudi 11 octobre 2018

Cycle Stephen King : Carrie au Bal du Diable de Brian de Palma (1976) - ★★★★★★★☆☆☆



Carrie au Bal du Diable revêt, dans la carrière de l'écrivain Stephen King et du réalisateur Brian de Palma, une importance considérable. Pour le célèbre écrivain, il s'agit du premier roman, qu'il aurait paraît-il conçu sur une machine à écrire installée dans un réduit, sur une machine à laver. Écrit en 1972, accepté par la maison d'édition Doubleday en 1973 et publié en 1974. Le succès est instantanné sur le territoire américain puisque dès la première année, Carrie se vend à hauteur de 13 000 exemplaires, soit presque la moitié de ceux qui sont alors mis en circulation. Deux ans plus tard, le cinéaste Brian de Palma s'empare du roman après l'avoir lu sur les conseils d'un ami et réalise donc son adaptation au cinéma sur la base d'un scénario écrit par Lawrence D. Cohen. Lorsque le cinéaste débute le tournage de Carrie (titre original qui conserve toute la simplicité de celui du roman), il n'a derrière lui qu'une poignée de courts-métrages mais déjà neuf longs-métrages dont Sœurs de Sang (qui est déjà, un hommage à son mentor Alfred Hitchcock), l'extraordinaire comédie fantastique et musicale Phantom of the Paradise, ou encore l'excellent Obsession. Carrie au Bal du Diable n'est donc pas sa première incartade dans le domaine du fantastique mais l'une des rares dont il confiera l'écriture à un autre. Il y exploite à nouveau le principe du Split-Screen (écran partagé permettant divers points de vue d'une même séquence) auquel il donnera ses lettres de noblesses à travers plusieurs de ses longs-métrages.

Pour l'actrice Sissy Spacek, Carrie au Bal du Diable revêt également une grande importance puisque si cette jeune femme qui a l'époque du tournage avait déjà 27 ans alors qu'elle en paraît dix de moins (le film évoque une adolescente de dix-sept ans), a déjà tourné auprès de Michael Ritchie (Carnage) ou de Terrence Malick (La Ballade Sauvage), le rôle qu'elle tiendra dans le film de Brian de Palma demeurera sans doute comme son plus célèbre.

Carrie n'est pas vraiment une adolescente comme les autres. Effacée, timide, et physiquement beaucoup moins gracieuse que ses camarades d'école, elle découvre avec stupeur ses premières règles. Mais la jeune femme, qui vit avec une mère bigote n'a pas conscience de ce qui est en train de lui arriver. Victime des quolibets de la part de ses camarades, elle n'a malheureusement pas l'occasion de trouver chez sa génitrice le réconfort et la paix auxquels elle aspire. Cette dernière ose même lui affirmer que ses saignements sont les conséquences de ses péchés. Trouvant du réconfort non pas auprès de sa mère donc, mais de son professeur d'éducation physique (Betty Buckley, que l'on découvrit chez nous dans la série Huit, ça Suffit!), Carrie semble bénéficier d'un certain relâchement auprès de l'une de ses camarades, Susan Snell (incarnée par l'actrice Amy Irving que le cinéaste réembauchera sur le plateau de Fury en 1978 et que l'on a pu revoir très récemment dans Unsane de Steven Soderbergh cette année), qui toute honteuse du traitement qu'elle et ses camarades font subir à Carrie, va demander à son petit ami d'accepter d'accompagner Carrie au bal de fin d'année. Mais derrière cette invitation se trame en réalité une vengeance organisée par l'odieuse Chris Hargensen (Nancy Allen, Blow Out, Robocop, etc...)

Carrie au Bal du Diable aurait dû être pour la jeune fille, l'entrée dans l'adolescence. Mais grâce ou à cause de ses premières règles tardives, c'est dans le monde des adultes qu'elle va entrer. Ces premières règles sont le signe d'une abondance d'hémoglobine à venir. De ce fameux bal du Diable que souligne le titre. Si Sissy Spacek est littérallement incarnée dans le rôle de Carrie, l'actrice Piper Laurie hante totalement le personnage de Margaret White, la mère de l'adolescente. L’œuvre de Brian de Palma est parfois d'un terrible inconfort, la gamine n'ayant que de très brèves occasions de vivre en paix. Entre ses camarades et sa mère, fanatique religieuse, Carrie est prise dans un étau qui se resserre de plus en plus autour d'elle. La seule échappatoire semble venir de ce don de télékynésie qu'elle semble d'abord ne pas être en mesure de contrôler et qui sera le bras de sa vengeance lors d'un final apocalyptique dominé par un rouge criard. La purification dans le sang. Si quelques images laissent imaginer un film gore (le sang du seau n'est même pas humain), Carrie au Bal du Diable est relativement sobre, avec quelques effets plutôt sympathiques évoquant le pouvoir de Carrie (la crucifixion de la mère étant un première pas vers l’autonomie et la liberté). Le film sortira sur les écrans américains le 3 novembre 1976 et en France le 22 avril de l'année suivante après avoir fait un passage remarqué au festival d'Avoriaz en janvier où il remporta le Grand Prix ainsi qu'une Mention Spéciale pour son interprète principale. Aux États-Unis, le film est nominé à diverses occasions dont les Oscars de 1977 (de la meilleure actrice pour Sissy Spacek et meilleure actrice dans un second rôle pour Pieper Laurie). Stephen King entrait, grâce au long-métrage de Brian de Palma, dans la légende des auteurs de romans fantastiques et d'épouvante...

mardi 5 juin 2018

Terror in the Aisle de Andrew J. Kuehn (1984)



Une salle de cinéma. Des dizaines de spectateurs. Donald Pleasance et Nancy Allen pour nous servir d'hôtes. Terror In The Aisle est une anthologie du film d'horreur-épouvante. On y retrouve des extraits de plusieurs dizaines de classique du genre, et même quelques-uns qui n'auraient rien à faire ici (Midnight Express, Marathon Man, Les Faucons de la Nuit) s'ils n'étaient pas en mesure eux-même de distiller une certaines angoisse. Masacre à la Tronçonneuse, Hurlements, La Nuit des Morts-Vivants, Scanner, Poltergeist, Terreur sur la Ligne, Rosemary's Baby, Alien, le Huitième Passager, Psychose, Phantom of the Paradise et bien d'autres encore représentent ce qui se faisait de mieux au siècle dernier. Du moins jusqu'à l'année 1984, date de sortie de cette compilation qui n'est pas du tout avare en terme de sensation.

Et même si l'on est amateur du genre, que l'on connaît sur le bout des doigts la presque totalité des scènes qui nous sont proposées, le plaisir de les revoir ainsi commentées est un pur bonheur. A e propos, contrairement à la majorité des documentaires, ici, les scènes qui servent de matière aux propos des deux acteurs ne sont jamais entrecoupées de passages explicatifs filmés dans des studios vides ou dans les demeures personnelles de ces derniers. Eux-mêmes sont assis parmi les spectateurs, se fondant ainsi parfaitement dans le décor. Terror In The Aisle a donc davantage les allures d'une fiction agrémentée des commentaires de deux stars du cinéma que d'une simple anthologie compilant les un derrière les autres, des extraits de film.


L’œuvre est d'abord timide dans ses premiers soubresauts. Puis, peu à peu, le rythme s'accélère et prend une ampleur à laquelle on ne s'attend pas forcément. Alors que certains spectateurs s'agitent sur leur fauteuil, les yeux grands ouverts, d'autres les ferment, attendant que les détails les plus sordides du spectacle auquel ils assistent veuillent bien prendre fin. Nous redécouvrons sous un angle différent les œuvres de John Carpenter, David Cronenberg, Tobe Hooper, Brian de Palma ou encore Alfred Hitchcock...

A voir, à revoir, encore et encore...


dimanche 28 janvier 2018

Dressed to Kill de Brian de Palma (1980) - ★★★★★★★☆☆☆



C'est sans doute l’apanage de beaucoup d’œuvres, et Dressed to Kill (connu chez nous sous le titre Pulsions) ne déroge pas à la règle, mais ce long-métrage de Brian de Palma daté de 1980 a bien faillit arborer un autre visage que ceux de Michael Cain et d'Angie Dickinson puisqu'à leur place étaient respectivement prévus l'américain Sean Connery dans la peau du psychiatre Robert Elliot et la norvégienne Liv Ullmann dans celle de Kate Miller. Mais le premier ayant d'autres engagements (au hasard Meteor de Ronald Neame et Outland : Loin de la Terre de Peter Hyams) et la seconde considérant le scénario de Brian de Palma par trop violent, c'est donc Michael Cain et Angie Dickinson qui prirent leur place. Une situation qui bénéficiera finalement aux spectateurs car le britannique et l'américaine ont su parfaitement intégrer leur personnage dans une œuvre qui une fois de plus chez Brian de Palma, rend hommage à l'illustre Alfred Hitchcock. Ici, les sources d'inspiration du cinéaste américain dont la période la plus intéressante, selon les goûts de tel ou tel spectateur, pourra s'échelonner de 1973 avec Sisters, que beaucoup considèrent avoir bien mal vieilli, jusqu'à Raising Cain datant de 1992 (d'autres argumenteront surtout au bénéfice de l'adaptation cinématographique de la série Mission Impossible qu'il réalisera quatre ans plus tard) lorgne du côté de Sueurs Froides et de Psychose, ce dernier auquel le cinéaste rend hommage par deux fois à travers une scène d'ouverture et une conclusion en forme d'épanadiplose. La fameuse scène de la douche de l’œuvre d'Hitchcock prenant ici une forme éthérée à travers des travellings toujours plus lents.

 
Brian de Palma, encore une fois, use de techniques dont il a très vite appris à se servir. Le split screen étant l'un des principes dont il s'est fait une spécialité afin de mettre en scène des actions située dans un espace-temps concordant. C'est la seconde fois en cette année 1980 que Brian de Palma tourne au cinéma et la seconde fois également qu'il offre un rôle à l'actrice new-yorkaise Nancy Allen, que l'on verra une fois encore chez Brian de Palma dès l'année suivante dans le remake du Blow-Up de Michelangelo Antonioni intitulé Blow Out, laquelle interprétera le rôle de Sally aux côtés de John Travolta. Plus tard, on retrouvera l'actrice dans deux longs-métrages qui compteront comme parmi les plus importants de sa carrière : Philadelphia Experiment de Stewart Raffill en 1984 et Robocop de Paul Verhoeven en 1987. Michael Cain sort du tournage de l'assez navrante suite de L'Aventure du Poséidon qu'avait réalisé en 1972 le cinéaste Ronald Neame (Le Dernier Secret du Poseidon d'Irwin Allen, 1979) et de L'Île sanglante de Michael Ritchie, quant à l'actrice Angie Dickinson, on la vit précédemment dans L'Homme en Colère de Claude Pinoteau aux côtés de Lino Ventura et Klondike Fever de Peter Carter.

Avec Pulsions, Brian de Palma prolonge son goût du suspens en offrant des scènes dont la longueur frise l'hypnotisme, à l'image de celle durant laquelle il explore le personnage incarné par Angie Dickinson jouant au chat et à la souris avec un inconnu avec lequel elle aura ensuite une relation adultère. Une étrange sensation parcourt l'échine. Entre le jeu de séduction, l'acte assez peu avouable où l'on découvre une Kate un brin nymphomane et cette dérangeante rupture de ton qui fait passer ce moment d'intimité romanesque pour un acte sale appuyé par la révélation d'un courrier adressé à l'inconnu et lui signifiant qu'il a contracté une maladie sexuellement transmissible. Un fait que se révélera finalement insignifiant au regard du tragique événement qui viendra mettre un terme à la collaboration d'Angie Dickinson au long-métrage de Brian de Palma. Le cinéaste joue avec un malin plaisir sur le ressenti du spectateur en battant le froid et le chaud avec une régularité bien à lui. La bande originale composée par le fidèle Pino Donnagio a beau planer au dessus de l'oeuvre du cinéaste, cela n'empêche pas à Pulsions d'aborder des sujets aussi délicats que certains troubles de l'identité sexuelle. Transsexualité ! Le mot est lâché. Une maladie traitée sous l'angle de la folie par un Brian de Palma qui aime ses interprètes et se complaît parfois à les filmer durant de longues minutes. Parmi la petite trentaine de longs-métrages du cinéaste, Pulsions est souvent considéré comme l'un de ses tout meilleurs. Et il est vrai que celui-ci est excellent. De par l'interprétation (n'oublions pas les présences de Dennis Franz dans le rôle de l'inspecteur Marino et de Keith Gordon, qui fut le très marquant Arnie Cinningham de Christine, dans celui de Peter Miller, le fils de Kate) et la minutie avec laquelle Brian de Palma a exploité sa mise en scène. A noter que cette œuvre fut inspirée par la jeunesse du cinéaste lui-même. Un classique...
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