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samedi 15 juin 2024

Die Hart d'Eric Appel (2020) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Comme quoi, ça se joue parfois sur une différence d'une seule lettre... Die Hart d'Eric Appel n'étant pas Die Hard de John McTiernan, cette comédie d'action de 2023 est comparable aux effluves nauséabondes que met en scène chez nous Michèle Laroque depuis ses débuts de réalisatrice en 2018 avec Brillantissime ! Majoritairement habitué au petit écran pour lequel il réalise nombre des séries télévisées, Eric Appel capitalise ici sur la popularité outre-atlantique de Die Hart, dans laquelle l'humoriste, scénariste acteur et producteur américain Kevin Hart interprétait à peu de chose prêt son propre rôle. Le réalisateur reprend au format long le concept imaginé alors par les scénaristes Tripper Clancy et Derek Kolstad et dont les épisodes duraient en moyenne dix minutes. La seule ''qualité'' du long-métrage est sa durée : Une heure et vingt-quatre minutes. Pas de quoi se chopper trop de fourmis dans les jambes ou d'avoir l'écume aux lèvres à force d'impatience. Quoique... Cet exercice de style assez étonnant est suffisamment pénible pour causer des troubles de la vision et des conduits auditifs. Si l'on se plaint très souvent de la piètre qualité des productions françaises actuelles en matière de comédie, Die Hart prouve au moins une chose. Que notre pays, la France, n'est en la matière, pas vraiment isolé. Le long-métrage d'Eric Appel est en l'état l'une des pires engeances qu'il nous ait été accordé de découvrir ces dernières années. Une bonne grosse purge qui rate à peu près tout ce qu'elle entreprend et que l'on rangera aisément aux côtés du Dernier Mercenaire de David Charhon (maître étalon incontestable de la comédie z française de ces deux dernières décennies) ou de Brutus vs César de Kheiron... Ce qui en l'état, n'est vraiment pas un compliment. Le principe n'était pourtant pas totalement inintéressant. Imaginez : un acteur de second plan ayant proprement sabordé sa carrière lors d'un show télévisée espère pouvoir reprendre du service et surtout avoir enfin la reconnaissance qu'il mérite.


Et pour cela, Kevin Hart (dont la taille ne dépassant pas les un mètre cinquante-sept reste finalement l'effet le plus ''involontairement'' drôle) va se rapprocher d'un spécialiste du genre en la personne de Ron Wilcox, lequel va les entraîner lui et une nouvelle venue du nom de Jordan King (l'actrice Nathalie Emmanuel) dans son repaire. Incarné par John Travolta, on ne trouvera cependant rien à redire quant au choix de l'acteur d'interpréter un personnage avec autant d'enthousiasme pour si peu de résultats. N'oublions pas qu'il fut tout de même à l'affiche d'un certain Battlefield Earth adapté d'un roman de science-fiction imbuvable signé de L. Ron Hubbard (mes parents me l'offrirent lorsque j'étais adolescent sans savoir que son auteur était le fondateur de la Scientologie) et disponible chez nous sous le titre, Terre champ de bataille. Œuvre de science-fiction considérée par beaucoup comme le pire long-métrages de l'histoire du cinéma (autant dire que ceux qui prétendent cela n'ont pas dû voir beaucoup de films durant le cours de leur existence), Battlefield Earth est effectivement une belle merde qui avait cependant le mérite de faire sourire face à la montagne d'incongruités qu'elle avait su charrier derrière elle ! Également incarné par Josh Hartnett (The Faculty), lequel interprète son propre rôle, et dans une moindre mesure par un Jean Reno dont le timbre de voix semble nous dire à chaque fois qu'il chargea la mule en degrés d'alcoolémie, Die Hart rate tout ce qu'il entreprend de nous conter. Qu'il s'agisse de l'humour, qui dans le cas du long-métrage d'Eric Appel à cette faculté exceptionnelle de n'être efficace à AU-CUN MO-MENT ou de l'action dont on voit poindre l'issue à des kilomètres à la ronde, le film est une stratosphérique foirade. À dire vrai, et comme on peut l'imaginer, il ne doit ressembler à rien d'autre qu'à la série dont il tire son intrigue. Le réalisateur aurait tout aussi bien pu réunir tous les épisodes la série pour la transformer en un film unique que nous n'aurions pas détecté la moindre différence entre l'un et l'autre. Bref, au moment de vous refaire la première trilogie Die Hard, assurez-vous de ne pas tomber dans le même piège que votre serviteur. Vous risqueriez de passer une très mauvaise soirée...

 

jeudi 27 avril 2023

Paradise City de Chuck Russell (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

En attendant de retourner voir ce qu'il se passait il y a des décennies du côté des Kaiju Eiga, petit aparté consacré à l'un des derniers longs-métrages interprétés par Bruce Willis. On pourrait penser qu'à force de visionner de la merde au kilomètre l'on pourrait s'étonner de penser découvrir cette ancienne star du cinéma d'action non plus dans des nanars de dernière zone mais au contraire, dans ce qui pourrait devenir la nouvelle référence en matière de petits budgets et du cinéma d'action. Ouais, bon, faut quand même pas exagérer. À lui seul, John Wick remet les pendules à l'heure. Il n'y a rien de moins complexe que de définir la carrière de Bruce Willis. Deux étapes : celle qui fit de lui l'une des grandes figures du cinéma de gros bras surarmés et celle qui le vit peu à peu s'effondrer jusqu'à ne le découvrir que sous son jour le plus sombre. Sans avoir à remonter trop loin dans sa carrière, il suffirait juste d'énumérer les deux ou trois années qui viennent de s'écouler pour constater que parmi les dizaines de longs-métrages qui ont profité de son image, aucun, je dis bien aucun, ne peut trouver grâce aux yeux des fans de l'artiste et des amateurs du cinéma d'action ! Paradise City est pour l'instant l'antépénultième film de Bruce Willis à avoir été mis à disposition en VOD. Et c'est avec un acharnement digne du sort qui fut notamment accordé à Survive, Hard Kill, Cosmic Sin ou encore White Elephant que les critiques avilissantes pleuvent sur ce film qui, loin d'être parfait, mérite mieux que le sort qui lui est réservé. Sans être l'utopique long-métrage de la renaissance et encore moins le miracle qui pouvait laisser espérer que l'on pouvait encore tirer bénéfice d'un acteur neurologiquement diminué, Paradise City reste pourtant sans doute, le meilleur film dans lequel ait joué Bruce Willis depuis des années. La présence au générique du réalisateur Chuck Russell (Les griffes du cauchemar, Le blob, The Mask ou L'effaceur) n'est peut-être pas étranger à l'effort qui est fait de la part de l'une des anciennes icônes du cinéma d'épouvante. Un cinéaste et un matériau de base qui plus que de remplir les poches des producteurs semble avoir réellement pour but de réhabiliter Bruce Willis. Car bien que l'acteur ne soit souvent que très succinctement visible à l'image, le réalisateur lui a offert ses dialogues parmi les plus fournis depuis belle lurette. Prenez quatre ou cinq des derniers longs-métrages qui ont vu l'acteur officiellement interpréter le rôle principal (une authentique escroquerie à vrai dire), additionnez les lignes de dialogues et vous obtenez en gros, la quantité de phrases qu'il aura produites dans Paradise City...


Chuck Russell n'étant pas un manche même si depuis quelques années cet ancien spécialiste du cinéma d'épouvante a perdu de son aura, son dernier long-métrage a ce petit plus qui lui permet de ne pas se confondre avec les myriades de purges qui ont mis en scène Bruce Willis. Certains s'étonnent de voir participer au projet l'acteur John Travolta. Sans doute ont-ils oublié sa collaboration au désastreux Terre, champ de bataille (Battlefield Earth) du réalisateur et scénariste britannique Roger Christian. Œuvre épouvantable, donnant des aigreurs d'estomac et des maux de tête car demeurant parmi ce qu'à enfanté de pire le septième art. Et tant mieux, lorsque l'on sait que l'auteur du roman original ne fut pas moins que le fondateur de la Scientologie à laquelle adhère justement l'acteur, nombreux aurions-nous été désolés si la suite prévue avait vu le jour ! Attention ! Paradise City n'est pas un chef-d’œuvre. Même pas un bon film. Mais pour celui qui recherche une œuvre sans véritable temps mort (patience, patience car le premier quart-d'heure donne tout de même envie de piquer du nez) et une diversité de décors et de situations, le film de Chuck Russell fait le taf. Mieux, Bruce Willis n'atteint ici plus ses limites après une seule phrase récitée sans le moindre soupçon d'âme mais les enchaîne parfois même si aucune émotion ne se lit sur son visage. Beaucoup de gunfights, de blessures en CGI, un chouia de chamanisme et des décors de rêve comme celui de cette cité paradisiaque qui donne son nom au film et où se retrouvent les protagonistes parmi lesquels Blake Jenner et Praya Lundberg tiennent la dragée haute à leurs partenaires. Le sujet ? Un chasseur de prime dont le père est officiellement mort et une fliquette se lancent sur la trace de celui qui l'a tué. En l'occurrence, John Travolta qui dans le rôle de Buckley croyait sans doute retrouver la glorieuse époque du Volte/face de John Woo (dans les deux cas, son personnage change de visage). Rien que de très convenu mais Bruce Willis y sort la tête de l'eau au sens propre comme au figuré. Tout dernier sursaut de vie offert par un honnête artisan du cinéma. Respect !

 

dimanche 4 juillet 2021

Blow Out de Brian De Palma (1981) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Témoin de ce qui semble être un accident de voiture, le preneur de son Jack Terry qui était en train d'enregistrer des bruits dans un environnement naturel se jette dans le lit d'une rivière alors qu'un véhicule est en train de s'enfoncer dans ses eaux profondes. Il en extrait Sally Badina, jeune et jolie call-girl qu'il transporte ensuite à l’hôpital. Là-bas, c'est l'effervescence. En effet, Sally était la passagère d'un véhicule conduit par un gouverneur de Pennsylvanie dont le corps sans vie a été transféré à l’hôpital. L'annonce fait grand bruit mais les médias ignorent encore qu'il était accompagné de la jeune prostituée. Cependant, des hommes proches du gouvernement s'intéressent à Jack et lui demandent de bien vouloir taire cette information connue de lui seul. Le jeune homme finit par accepter mais de retour chez lui, et après avoir consciencieusement écouté les enregistrements qu'il a effectué, il découvre que l'accident n'en était peut-être pas un. En effet, en tendant l'oreille, il distingue ce qui semble être un coup de feu précédent l'éclatement de l'un des pneus de la voiture. Jack décide alors de mener l'enquête... Certains considèrent Blow Out comme le meilleur film de Brian De Palma quand d'autres peuvent lui préférer Pulsions, Scarface ou Mission Impossible. Remake du Blow-Up de Michelangelo Antonioni dans lequel le personnage principal incarné par David Hemmings n'était non pas preneur de son mais photographe et inspiré par Conversation secrète de Francis Ford Coppola dont le héros, l'acteur Gene Hackman interprétait le personnage du détective Harry Caul, Blow Out est très objectivement, un excellent film.


Le scénario, écrit par le réalisateur lui-même ainsi que par Bill Mesce Jr. est un petit bijou qui réserve une multitude de surprises. Film d'espionnage, thriller, romance, Brian De Palma y relate le mensonge et la manipulation sous toutes leurs coutures... Des twists par ''dizaines'' et une œuvre qui n'est tendre ni avec les uns, ni avec les autres. Le gouvernement et les médias sont en première ligne, mais pas seulement eux puisque la délicieuse pomme qu'aimerait croquer le héros interprété par John Travolta semble quelque peu pourrie. Car on se rendra compte plus tard que tout ce qui semblait être né du hasard n'est en fait que le fruit de multiples circonstances volontaires. Nancy Allen interprète la charmante Sally Badina six ans avant d'être la coéquipière de Peter Weller dans le classique de la science-fiction Robocop de Paul Verhoeven. Et l'on découvre alors par exemple qu'elle et le photographe Manny karp (excellent Dennis Franz) fomentèrent un coup visant à faire chanter le gouverneur décédé dans l'accident. Exemple de révélation qui se répète à diverses reprises lors d'un récit où le personnage de Jack Terry utilise ses compétences afin de révéler toute la vérité, au péril même de sa propre existence et de celle de Sally. Naissent de celles-ci, des séquences passionnantes, tel le montage vidéo fait à partir de photographies de l'accident publiées et découpées dans un magasine couplées aux enregistrements effectués par le preneur du son au même moment.


On retrouve l'emploi de techniques chères à Brian De Palma comme le split-Screen ou un superbe plan-séquence filmé en travelling circulaire. Trois ans après avoir mis un terme à la discrète passion qui animait les personnages interprétés par Kirk Douglas et Carrie Snodgress dans Fury, Brian De Palma s'acharne une fois de plus à contrarier les amours de ses héros lors d'un final tragique et bouleversant. D'ici là, Blow Out investit toutes les strates de la manipulation gouvernementale dans un thriller d'espionnage politique intense, ultra divertissant, avec un John Travolta qui avant ça avait surtout marqué les esprits pour son double-rôle de Tony et Daniel dans La Fièvre du samedi soir de John Badham et Grease de Randal Kleiser, une Nancy Allen craquante à souhait et un John Lithgow déjà observé dans Obsession de Brian De Palma cinq ans auparavant et qui dans le cas présent interprète un tueur engagé pour se débarrasser de la jeune Sally. Blow Out, c'est aussi un amour inconditionnel du réalisateur pour le cinéma. Comme il le fera plus tard avec Body Double, Brian De Palma ouvre les hostilités en filmant la séquence pré-générique d'un slasher de catégorie Z pour lequel son personnage principal est engagé comme preneur de son et bruiteur. Un classique du septième art...

 

jeudi 11 octobre 2018

Cycle Stephen King : Carrie au Bal du Diable de Brian de Palma (1976) - ★★★★★★★☆☆☆



Carrie au Bal du Diable revêt, dans la carrière de l'écrivain Stephen King et du réalisateur Brian de Palma, une importance considérable. Pour le célèbre écrivain, il s'agit du premier roman, qu'il aurait paraît-il conçu sur une machine à écrire installée dans un réduit, sur une machine à laver. Écrit en 1972, accepté par la maison d'édition Doubleday en 1973 et publié en 1974. Le succès est instantanné sur le territoire américain puisque dès la première année, Carrie se vend à hauteur de 13 000 exemplaires, soit presque la moitié de ceux qui sont alors mis en circulation. Deux ans plus tard, le cinéaste Brian de Palma s'empare du roman après l'avoir lu sur les conseils d'un ami et réalise donc son adaptation au cinéma sur la base d'un scénario écrit par Lawrence D. Cohen. Lorsque le cinéaste débute le tournage de Carrie (titre original qui conserve toute la simplicité de celui du roman), il n'a derrière lui qu'une poignée de courts-métrages mais déjà neuf longs-métrages dont Sœurs de Sang (qui est déjà, un hommage à son mentor Alfred Hitchcock), l'extraordinaire comédie fantastique et musicale Phantom of the Paradise, ou encore l'excellent Obsession. Carrie au Bal du Diable n'est donc pas sa première incartade dans le domaine du fantastique mais l'une des rares dont il confiera l'écriture à un autre. Il y exploite à nouveau le principe du Split-Screen (écran partagé permettant divers points de vue d'une même séquence) auquel il donnera ses lettres de noblesses à travers plusieurs de ses longs-métrages.

Pour l'actrice Sissy Spacek, Carrie au Bal du Diable revêt également une grande importance puisque si cette jeune femme qui a l'époque du tournage avait déjà 27 ans alors qu'elle en paraît dix de moins (le film évoque une adolescente de dix-sept ans), a déjà tourné auprès de Michael Ritchie (Carnage) ou de Terrence Malick (La Ballade Sauvage), le rôle qu'elle tiendra dans le film de Brian de Palma demeurera sans doute comme son plus célèbre.

Carrie n'est pas vraiment une adolescente comme les autres. Effacée, timide, et physiquement beaucoup moins gracieuse que ses camarades d'école, elle découvre avec stupeur ses premières règles. Mais la jeune femme, qui vit avec une mère bigote n'a pas conscience de ce qui est en train de lui arriver. Victime des quolibets de la part de ses camarades, elle n'a malheureusement pas l'occasion de trouver chez sa génitrice le réconfort et la paix auxquels elle aspire. Cette dernière ose même lui affirmer que ses saignements sont les conséquences de ses péchés. Trouvant du réconfort non pas auprès de sa mère donc, mais de son professeur d'éducation physique (Betty Buckley, que l'on découvrit chez nous dans la série Huit, ça Suffit!), Carrie semble bénéficier d'un certain relâchement auprès de l'une de ses camarades, Susan Snell (incarnée par l'actrice Amy Irving que le cinéaste réembauchera sur le plateau de Fury en 1978 et que l'on a pu revoir très récemment dans Unsane de Steven Soderbergh cette année), qui toute honteuse du traitement qu'elle et ses camarades font subir à Carrie, va demander à son petit ami d'accepter d'accompagner Carrie au bal de fin d'année. Mais derrière cette invitation se trame en réalité une vengeance organisée par l'odieuse Chris Hargensen (Nancy Allen, Blow Out, Robocop, etc...)

Carrie au Bal du Diable aurait dû être pour la jeune fille, l'entrée dans l'adolescence. Mais grâce ou à cause de ses premières règles tardives, c'est dans le monde des adultes qu'elle va entrer. Ces premières règles sont le signe d'une abondance d'hémoglobine à venir. De ce fameux bal du Diable que souligne le titre. Si Sissy Spacek est littérallement incarnée dans le rôle de Carrie, l'actrice Piper Laurie hante totalement le personnage de Margaret White, la mère de l'adolescente. L’œuvre de Brian de Palma est parfois d'un terrible inconfort, la gamine n'ayant que de très brèves occasions de vivre en paix. Entre ses camarades et sa mère, fanatique religieuse, Carrie est prise dans un étau qui se resserre de plus en plus autour d'elle. La seule échappatoire semble venir de ce don de télékynésie qu'elle semble d'abord ne pas être en mesure de contrôler et qui sera le bras de sa vengeance lors d'un final apocalyptique dominé par un rouge criard. La purification dans le sang. Si quelques images laissent imaginer un film gore (le sang du seau n'est même pas humain), Carrie au Bal du Diable est relativement sobre, avec quelques effets plutôt sympathiques évoquant le pouvoir de Carrie (la crucifixion de la mère étant un première pas vers l’autonomie et la liberté). Le film sortira sur les écrans américains le 3 novembre 1976 et en France le 22 avril de l'année suivante après avoir fait un passage remarqué au festival d'Avoriaz en janvier où il remporta le Grand Prix ainsi qu'une Mention Spéciale pour son interprète principale. Aux États-Unis, le film est nominé à diverses occasions dont les Oscars de 1977 (de la meilleure actrice pour Sissy Spacek et meilleure actrice dans un second rôle pour Pieper Laurie). Stephen King entrait, grâce au long-métrage de Brian de Palma, dans la légende des auteurs de romans fantastiques et d'épouvante...

mardi 2 mai 2017

Ils ne verront jamais le jour : The Double de Roman Polanski



Il n'y a sans doute rien de pire pour un cinéaste que de voir l'un de ses projets abandonnés. Surtout s'il y a investit de longs mois de travail. L'un des projets avortés les plus célèbres demeure sans doute L'Homme qui tua Don Quichotte de Terry Gilliam qui pour diverses raisons a été écarté alors que Terry Gilliam s'y atèle en 1999 après dix ans de réflexion. En 2002, Keith Fulton et Louis Pepe réalisent ensemble un documentaire, Lost in la Mancha, revenant sur les différentes complications qui survinrent et obligèrent le cinéaste et toute l'équipe à abandonner le projet. Des raisons, reconnaissons-le, tout à fait honorables. Mais ça n'est pas toujours le cas. Comme lorsque le cinéaste, producteur et scénariste franco-polonais Roman Polanski a la très mauvaise idée d'engager ce tâcheron de John Travolta sur son nouveau long-métrage. L'un des plus 'grands' représentants de la SECTE Scientologie demeure en effet le principal responsable de ce que devait être The Double, film qui devait faire suite dans la carrière de Roman Polanski à La Jeune Fille et la Mort et précéder La Neuvième Porte et qui, malheureusement, ne verra jamais le jour...
Après trois jours de tournage seulement, voici que la star américaine est aux abonnés absents. Reparti pour sa mère patrie, l'interprète de quelques dizaines de canulars cinématographiques s'octroie donc le droit d'abandonner son cinéaste, ses partenaires, les producteurs, ainsi que toute l'équipe technique dont une part s'est attelée à la conception de décors pratiquement terminés. Invoquant la maladie de l'un de ses enfants (raison pour abandonner le tournage de The Double, au demeurant, tout à fait honorable), pour connaître les véritables raisons du désistement de Travolta, il faut cependant aller chercher ailleurs. Car en effet, si la STAR américaine est partie, humble et courageuse, sans prévenir quiconque, c'est parce qu'elle désirait se mettre elle-même en scène, et pourquoi pas, réécrire les dialogues, quitte à virer Polanski. De quoi apporter une valeur ajoutée à son personnage.

Pourtant, Roman Polanski garde la tête froide malgré tout. Et même si la volonté des producteurs de faire revenir Travolta des États-Unis afin qu'il honore son contrat (pour un cachet devant lui rapporter la modique somme de 17 millions de dollars) fait chou blanc, le cinéaste franco-polonais trouve une parade en engageant l'acteur Steve Martin. Lorsque Travolta l'apprend, le bonhomme voit rouge et menace de ruiner la carrière d'Isabelle Adjani qui était prévue au casting, vingt ans après participé au tournage du Locataire. Malheureusement, après le départ du vrai scientologue et faux acteur Travolta, le projet prend l'eau et finit par être abandonné.
Le plus ironique dans toute cette histoire est que, si l'on avance dans le temps jusqu'en 2000 et que l'on apprend que Travolta a accepté de tourner dans l'immense four qu'est le navet intersidéral Terre champ de bataille (réalisé par Roger Christian), on comprend mieux les choix artistiques du bonhomme. Entre tourner ce qui aurait peut-être été une fausse suite du remarquable Locataire et l'adaptation de l'un des romans du créateur de la Scientologie,le généreux donateur de la Scientologie a choisi de se fourvoyer auprès de ses maîtres à penser. Au détriment des fans de Roman Polanski qui au fond, ont été épargnés. Épargnés car si le sujet de The Double était prometteur, du moins n’a-t’ont pas eu le malheur d'y voir l'un des plus mauvais acteurs américains y donner la réplique à l'une de nos plus célèbres actrices françaises...

Notez qu'en 2013, le cinéaste  Richard Ayoade a adapté le roman de Dostoevsky dont devait s'inspirer à l'origine le projet échoué de Roman Polanski...

mercredi 15 mars 2017

Ils ne verront jamais le jour : Battlefield II de Roger Chirstian



Plus connu pour avoir été le fondateur de la Scientologie, l'écrivain américain Lafayette Ronald Hubbard s'est d'abord fait connaître du grand public grâce à ses œuvres de science-fiction après avoir écrit une foule de nouvelles d'aventures sous divers pseudonymes. Bien qu'il ait inventé ensuite la dianétique, cela ne l'a pourtant pas empêché de continuer à écrire des ouvrages de science-fiction dont Terre, Champ de Bataille est sans doute le plus célèbre. Le roman constitué de trente-deux parties a été divisé en trois segments lors de sa première parution en librairie et se présentait ainsi : Les Derniers hommes (parties 1 à 9), La Reconquête (parties 10 à 20), Le Secret des Psychlos (parties 21 à 32).
En 2000, le cinéaste (tâcheron?) britannique Roger Christian en adapte pour le cinéma les quatorze premières parties. Le premier volet de ce qui aurait dû sembler être un diptyque ou une trilogie, mais dont les qualités artistiques furent telles que le projet fut tué dès la sortie de ce Battlefield Earth: A Saga of the Year 3000 , adaptant donc le très ennuyeux pavé de Ron Hubbard.

Le sujet de Battlefield Earth: A Saga of the Year 3000 est d'un classique déconcertant. N'oublions pas que l'ouvrage a été édité en 1982 et pas durant l'âge d'or de la science-fiction se situant entre 1920 et 1955. Encore une fois, il s'agit de mettre face à face le Bien et le Mal, dans un récit qui oppose une espèce extraterrestre hostile formée par les Psychlos (quelle nom puéril !) à l'humanité, tous les espoirs reposent sur le jeune chasseur Jonnie Goodboy Tyler (…!). Voilà pour l'histoire.
Concernant l’œuvre de Roger Christian, Battlefield Earth: A Saga of the Year 3000 est si mauvais qu'il en devient irrésistiblement drôle. Rien à voir avec le somnifère qu'est le roman original. Bien évidemment, l'acteur principal John Travolta dont on connaît ses accointances avec la Scientologie fut accusé d'en faire la propagande.

Mais au delà de ça, tout est désespérément raté. L'interprétation est mauvaise (même de la part de star en personne), l'histoire est inintéressante, et les effets-spéciaux violent à longueur de bobine la rétine de ceux qui ont le courage d'aller jusqu'au bout. De plus, on a l'impression que le film a été tourné durant la glorieuse époque où le cinéma italien pillait les bonnes idées du cinéma d'anticipation américain. Sauf que le charme qui agissait à l'époque demeure désormais stérile.
Enfin bref, tout ça pour vous annoncer, vous qui ne le savez peut-être pas encore, que la suite ne sera « malheureusement » pas mise en chantier. Pour vous faire une idée de l'objet évoqué ci-dessus, disons qu'en comparaison, le Dune du pourtant génial David Lynch (que Battlefield Earth: A Saga of the Year 3000 pille à certains endroits), pourrait être considéré comme un chef-d’œuvre de science-fiction. C'est vous dire...
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