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jeudi 26 juin 2025

Alone in the Drak d'Uwe Boll (2005) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Maître incontesté et incontestable du septième dont l'approche est emprunte d'une profonde finesse et d'une poésie palpable à tout instant, le réalisateur allemand originaire de Wermelskirchen (à vos souhaits!) Uwe Boll n'a depuis 1992 cessé de tourner, ajoutant régulièrement à son palmarès, d'authentiques chefs-d’œuvre du septième art.................... Pauvres naïfs que vous êtes... Vous croyez vraiment qu'un type aussi peu connu des masses, réservé à une certaine ''élite'' capable d'ingurgiter à peu près n'importe quelle merde sans tourner de l’œil, serait resté dans l'ombre sans faire quotidiennement parler de lui dans la presse spécialisée ? Bon, reconnaissons tout de même qu'Uwe Boll ne laisse généralement pas les spécialistes ''es cinéma'' indifférents. Lorsque l'on réalise plus de trente longs-métrages en autant d'années de carrière, ça n'est pas toujours bon signe. L'une des spécialités du réalisateur germanique étant l'adaptation sur grand écran de jeux vidéos relativement violents, Uwe Boll a durant les années 2000 réalisé celles des jeux House of the Dead,Postal, Far Cry, Bloodrayne et donc Alone in the Dark. Lequel sort en 2005 pour l'hypothétique bonheur des fans de la première heure qui en 1992 découvrirent pour la toute première fois le jeu vidéo créé par le mythique concepteur français Frédérick Raynal et développé/édité par Infogrames. Alone,in the Dark est alors considéré comme le tout premier Survival Horror, genre auquel les licences Resident Evil de Capcom et Silent Hill de Konami donneront ses lettres de noblesses quelques années plus tard. Incarné à l'écran par l'acteur américain Christian Slater, le personnage central du récit est le même que celui de la version vidéoludique : Edward Carnby. Un détective privé qui à l'époque était chargé d'enquêter dans le manoir d'un homme qui s'était donné la mort. À l'époque, techniquement, le jeu est une véritable révolution. Dans des décors fixes, le personnage était conçu en trois dimensions. En 2005, Uwe Boll armé de ses gros sabots, pense le film dans une refonte généralisée. Ici, pas de manoir, de costume bleu/gris/vert ou de moustaches pour son héros. À vrai dire, le réalisateur allemand abuse de la licence pour mettre en scène un personnage proche d'un Indiana Jones du pauvre poursuivi par des types peu recommandables mais aussi et surtout accompagné par la jolie Tara Reid.


Actrice notamment vue dans The Big Lebowski des frères Coen en 1998, dans Urban Legend de Jamie Blanks la même année, dans plusieurs volets de la franchise American Pie réalisée à l'origine par Paul et Chris Weitz en 1999 ou dans l’infâme Les visiteurs en Amérique de Jean-Marie Poiré (alors planqué sous le pseudonyme de Jean-Marie Gaubert) ! Alone in the Dark version cinéma est une bonne grosse bouse dégageant un fumet bien moins agréable à humer que celle produite par les vaches de nos campagnes hexagonales. Tout le charme du jeu vidéo d'origine a disparu. Le seul point commun demeurant donc le titre, exagérément usité afin, sans doute, d'attirer d'éventuels curieux. Mais s'agissant d'Uwe Boll, on sait d'avance à quoi s'attendre. Comment, en outre, Christian Slater a-t-il pu tomber aussi bas ? Le Adso de Melk du Nom de la rose, le Clarence Worley de True Romance n'est ici plus que l'ombre de lui-même. Contraint d'enchaîner les productions de piètre réputation, il trouve avec Alone in the Dark de quoi confirmer que l'on peut avoir tourné avec les plus grands avant de se retrouver à devoir accepter de jouer dans de véritables purges. De la mise en scène en passant par le scénario (ah bon ? Parce qu'il y a un scénario?) sans oublier l'interprétation, les décors et les dialogues, Alone in the Dark ne fait absolument pas honneur à la licence vidéoludique qu'il est censé représenter. Techniquement, le film est à la ramasse. Les créatures sont laides et comme le jeu d'origine jouit de la réputation d'avoir été inspiré par George Romero mais aussi et surtout par l'univers de l'écrivain H.P.Lovecraft, l'on aurait sans doute préféré que les créatures en question demeurent indicibles plutôt que de devoir nous brûler la rétine à force d'apparaître devant nos yeux. Petite anecdote : Uwe Boll aurait affirmé que le créateur du jeu Frédérick Raynal aurait apprécié son adaptation de House of the Dead et l'aurait par conséquent contacté pour lui proposer la réalisation d'un film au sujet de Alone in the Dark. Propos que le concepteur, bien évidemment, invalidera rapidement... Notons enfin qu'une séquelle verra le jour trois ans plus tard, toujours produite par Uwe Boll mais cette fois-ci réalisée par ses compatriotes Michael Roesch et Peter Scheerer. Alors ? Les deux hommes ont-il réussi à faire mieux ou pire qu'Uwe Boll ? Réponse dans un prochain article...

 

jeudi 27 avril 2023

Paradise City de Chuck Russell (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

En attendant de retourner voir ce qu'il se passait il y a des décennies du côté des Kaiju Eiga, petit aparté consacré à l'un des derniers longs-métrages interprétés par Bruce Willis. On pourrait penser qu'à force de visionner de la merde au kilomètre l'on pourrait s'étonner de penser découvrir cette ancienne star du cinéma d'action non plus dans des nanars de dernière zone mais au contraire, dans ce qui pourrait devenir la nouvelle référence en matière de petits budgets et du cinéma d'action. Ouais, bon, faut quand même pas exagérer. À lui seul, John Wick remet les pendules à l'heure. Il n'y a rien de moins complexe que de définir la carrière de Bruce Willis. Deux étapes : celle qui fit de lui l'une des grandes figures du cinéma de gros bras surarmés et celle qui le vit peu à peu s'effondrer jusqu'à ne le découvrir que sous son jour le plus sombre. Sans avoir à remonter trop loin dans sa carrière, il suffirait juste d'énumérer les deux ou trois années qui viennent de s'écouler pour constater que parmi les dizaines de longs-métrages qui ont profité de son image, aucun, je dis bien aucun, ne peut trouver grâce aux yeux des fans de l'artiste et des amateurs du cinéma d'action ! Paradise City est pour l'instant l'antépénultième film de Bruce Willis à avoir été mis à disposition en VOD. Et c'est avec un acharnement digne du sort qui fut notamment accordé à Survive, Hard Kill, Cosmic Sin ou encore White Elephant que les critiques avilissantes pleuvent sur ce film qui, loin d'être parfait, mérite mieux que le sort qui lui est réservé. Sans être l'utopique long-métrage de la renaissance et encore moins le miracle qui pouvait laisser espérer que l'on pouvait encore tirer bénéfice d'un acteur neurologiquement diminué, Paradise City reste pourtant sans doute, le meilleur film dans lequel ait joué Bruce Willis depuis des années. La présence au générique du réalisateur Chuck Russell (Les griffes du cauchemar, Le blob, The Mask ou L'effaceur) n'est peut-être pas étranger à l'effort qui est fait de la part de l'une des anciennes icônes du cinéma d'épouvante. Un cinéaste et un matériau de base qui plus que de remplir les poches des producteurs semble avoir réellement pour but de réhabiliter Bruce Willis. Car bien que l'acteur ne soit souvent que très succinctement visible à l'image, le réalisateur lui a offert ses dialogues parmi les plus fournis depuis belle lurette. Prenez quatre ou cinq des derniers longs-métrages qui ont vu l'acteur officiellement interpréter le rôle principal (une authentique escroquerie à vrai dire), additionnez les lignes de dialogues et vous obtenez en gros, la quantité de phrases qu'il aura produites dans Paradise City...


Chuck Russell n'étant pas un manche même si depuis quelques années cet ancien spécialiste du cinéma d'épouvante a perdu de son aura, son dernier long-métrage a ce petit plus qui lui permet de ne pas se confondre avec les myriades de purges qui ont mis en scène Bruce Willis. Certains s'étonnent de voir participer au projet l'acteur John Travolta. Sans doute ont-ils oublié sa collaboration au désastreux Terre, champ de bataille (Battlefield Earth) du réalisateur et scénariste britannique Roger Christian. Œuvre épouvantable, donnant des aigreurs d'estomac et des maux de tête car demeurant parmi ce qu'à enfanté de pire le septième art. Et tant mieux, lorsque l'on sait que l'auteur du roman original ne fut pas moins que le fondateur de la Scientologie à laquelle adhère justement l'acteur, nombreux aurions-nous été désolés si la suite prévue avait vu le jour ! Attention ! Paradise City n'est pas un chef-d’œuvre. Même pas un bon film. Mais pour celui qui recherche une œuvre sans véritable temps mort (patience, patience car le premier quart-d'heure donne tout de même envie de piquer du nez) et une diversité de décors et de situations, le film de Chuck Russell fait le taf. Mieux, Bruce Willis n'atteint ici plus ses limites après une seule phrase récitée sans le moindre soupçon d'âme mais les enchaîne parfois même si aucune émotion ne se lit sur son visage. Beaucoup de gunfights, de blessures en CGI, un chouia de chamanisme et des décors de rêve comme celui de cette cité paradisiaque qui donne son nom au film et où se retrouvent les protagonistes parmi lesquels Blake Jenner et Praya Lundberg tiennent la dragée haute à leurs partenaires. Le sujet ? Un chasseur de prime dont le père est officiellement mort et une fliquette se lancent sur la trace de celui qui l'a tué. En l'occurrence, John Travolta qui dans le rôle de Buckley croyait sans doute retrouver la glorieuse époque du Volte/face de John Woo (dans les deux cas, son personnage change de visage). Rien que de très convenu mais Bruce Willis y sort la tête de l'eau au sens propre comme au figuré. Tout dernier sursaut de vie offert par un honnête artisan du cinéma. Respect !

 

vendredi 27 janvier 2023

The Price We Pay de Ryûhei Kitamura (2023) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Vingt-six ans de carrière et autant de courts et de longs-métrages, de téléfilms et d'épisodes de séries télévisées pour le réalisateur japonais Ryûhei Kitamura dont la carrière oscille entre son pays d'origine et les États-Unis. Vingt-six ans après le moyen-métrage d'action Heat After Dark, le voici qui revenait en 2022 avec The Price We Pay. Et le moins que l'on puisse dire est que le film ne fait ni dans la dentelle, ni dans l'originalité. À vrai dire, des longs-métrages comme celui-ci, il en existe un nombre incalculable. Tous ou presque reposent sur le même concept initié il y aura bientôt cinquante ans par Tobe Hooper et son légendaire Massacre à la tronçonneuse ! Soit, une poignée d'individus se perdant en un lieu et en un temps dans une contrée qui leur est étrangère... Abandonnés ici, les adolescents roulant à bord d'un van dans l'air putride d'une campagne livrée aux mains de familles d'autochtones dégénérés. À leur place, trois hommes qui viennent tout juste de commettre un meurtre et un vol d'argent chez un prêteur sur gages. Sans moyen de locomotion, Alex, Cody et Shane prennent en otage Grace, laquelle était justement en affaire avec la victime. Témoin du meurtre, la jeune femme possède surtout un véhicule qui va permettre aux trois criminels de prendre la fuite. Et vous savez comment cela se passe en général dans ce genre de film... À cours d'essence, la voiture de Grace va bien entendu finir par tomber en panne en pleine campagne et elle et ses trois ravisseurs vont chercher à se mettre à l'abri d'une ferme pour la nuit...


Le lieu de toutes les horreurs à venir pour nos quatre protagonistes qui vont très rapidement regretter d'y avoir foutu les pieds. Dans le rôle d'Alex, l'acteur Emile Hirsch est un véritable électron libre à tendance psychopathique ! Le genre d’individu qui prend du plaisir à torturer et tuer comme il le signifiera avant de subir les assauts d'un freak de sexe féminin presque digne d'un certain Leatherface ! Tanner Zagarino interprète son frangin Shane, personnage le moins intéressant du groupe tandis que Stephen Dorff campe le rôle de Cody. La tête, disons, pensante du trio ! Quant à la jeune femme, c'est l'actrice Gigi Zumbalo qui l'incarne. Face à ces quatre futures victimes d'une famille de timbrés comme seules les profondeurs de l'Amérique semblent être capables de donner naissance, trois spécimens d'une humanité comme le cinéma d'épouvante et d'horreur en charrie régulièrement. Le jeune Tyler Sanders interprète le dernier rejeton prénommé Danny tandis que Vernon Wells (oui, oui, on parle bien ici de l'une des légendaires icônes des la série B et du cinéma d'action des années quatre-vingt) joue le rôle du grand-père et ''chirurgien'' du long-métrage. Celui qui très certainement par esprit de vengeance mais aussi sans doute en raison d'une part de folie relativement prononcée, décime quiconque ose traîner dans les parages de la ferme familiale. Afin de compléter ce ''merveilleux'' portrait de famille, Ryûhei Kitamura ajoute au récit une créature dont les ''charmes'' auraient sans doute séduit le ''Tronche de cuir'' de Massacre à la tronçonneuse. Une créature hideuse prénommée Jodi qu'incarne l'actrice Erika Ervin...


Une boogeywoman (phénomène finalement assez rare en comparaison du nombre de représentants de sexe masculin) de presque deux mètres dotée d'une force incroyable et surtout, d'une résistance à toutes épreuves. Avec autant de détails en main, on ose espérer que l'aventure sera prometteuse en terme d'angoisse et d'hémoglobine. Mais n'espérez surtout pas revivre ce même frisson ressenti presque cinq décennies auparavant dans le Texas caniculaire de Tobe Hooper. Manquant cruellement de rythme, The Price We Pay est surtout beaucoup trop bavard. Les personnages se déplaçant lentement, les uns vociférant tandis que les autres (et le grand-père en priorité) soliloquent  ou gémissent ! Si le plaisir de retrouver Vernon Wells est bien réel, la direction d'acteurs et la mise en scène en général s'avèrent terriblement poussives. Sans être catastrophique, il sera nettement plus aisé de trouver une alternative en cinq minutes à ce The Price We Pay que d'éprouver le moindre frisson pour l'un ou l'autre de ses personnages. Doté de quelques séquences horrifiques dont une opération sans anesthésie et un final grand-guignolesque, le long-métrage du réalisateur japonais se montre malheureusement parfois ridicule. Ne serait-ce que cette improbable résistance physique de Jodi qui après avoir subi nombre d'outrages physiques (et non des moindres puisqu'elle va notamment recevoir l'équivalent d'un tonneau entier d'acide sulfurique sur la tronche) se relève encore et encore. Ici, pas d'atmosphère poisseuse à espérer et pas un brin d'empathie pour le moindre personnage. Bref, un film qui se regarde sans réel désintérêt mais aussi et surtout sans la moindre passion...

 

jeudi 3 septembre 2020

Cecil B. Demented de John Waters (2000) - ★★★★★★★☆☆☆



Vingt ans que Cecil B. Demented de John Waters est sorti sur les écrans. Si en 2000, on pouvait encore considérer à l'aune d'une carrière riche d'une quinzaine de courts et longs-métrages le onzième bébé de l'un des maître de la comédie trash américaine comme l'un de ses meilleurs, certaines de ses saveurs passées semblent avoir pris de profondes rides. Et pas forcément celles que l'on trouve au coin des lèvres à force de (sou)rire mais plutôt celles qui s'imposent par dépit comme le lit d'une rivière asséchée passant entre deux globes oculaires. Ouais, franchement, il y a de quoi faire la gueule aujourd'hui devant ce produit mal fagoté. Cette formule dont use en général John Waters pour réaliser ses films et qui avait tout l'air de fonctionner lorsque plus jeune, nous n'étions pas encore formés à l'analyse objective de son contenu. Adolescent, ou jeune adulte, lorsque l'on est passionné, on peut avoir pour habitude d'ignorer, inconsciemment ou pas, ce qui fait défaut. Surtout qu'en ce qui concerne John Waters, comme un Russ Meyer ou un Herschell Gordon Lewis antérieurs, on était près à lui pardonner le moindre écart de route. Des écarts dont il abusait pour le bonheur et l'avidité de spectateurs aimant l’irrévérence et les kilos superflus de l'iconique Divine...

Égérie de John Waters et membre d'un groupe de fidèles acquis à la cause du cinéaste, elle/il s'en est allé(e) un 7 mars 1988. D'autres depuis ont pris la relève sans jamais l'occulter. Il y eut Amy Locane, Tracy Lord, Ricky Lake ou la très étrange et très rare Kim McGuire dans Cry Baby en 1990, Kathleen Turner dans Serial Mother en 1994 ou Christina Ricci dans Pecker en 1998. Et puis, en 2000 donc, il y eut Melanie Griffith, ses premiers pas dans le domaine de la chirurgie esthétique (signes qui apparaissent à l'écran), que l'on n'attendait certainement pas voir évoluer dans l'univers de John Waters. Un réalisateur qui aura quand même pris le temps de s'assagir même si quelques saillies trash viennent rappeler qu'il fut notamment l'auteur du cultissime Pink Flamingos vingt-huit ans auparavant. Encore désirable, l'actrice de quarante-trois ans accepte carrément de participer à une œuvre éminemment critique envers un certain cinéma. Celui du tout Hollywood auquel John Waters oppose l'underground de Baltimore, ville chérie du réalisateur qui sert de décor à chacun de ses longs-métrages. Melanie Griffith écorne donc avec fraîcheur et fausse naïveté le cinéma dont elle participe pourtant à l'élaboration. Entouré par un casting constitué de très rares ''figures'' du septième art en dehors de la star, de son ''mentor'' Stephen Dorff/Cecil et de la future vedette du cinéma Michael Shannon (L'excellent Take Shelter de Jeff Nichols en 2011), Melanie Griffith n'aura pas eu d'autre occasion de tutoyer l'ancienne ''ménagerie'' du réalisateur qu'à travers une courte séquence l'opposant à l'actrice Mink Stole dont la particularité est d'être apparue dans tous les films de John Waters...

Le principe consiste dans Cecil B. Demented à mettre à mal le cinéma hollywoodien et tout ce qu'il représente. Dès le générique, le spectateur est plongé dans le bain. Les références (peu élogieuses) y sont nombreuses et l'écriture apparaît pour l'instant relativement pertinente. Sur une bande-son signée de Basil et Zoë Poledouris, entre hip-hop et trash metal, le onzième long-métrage enchaîne les séquences sans véritable temps mort. Si le concept s'établit autour de l'enlèvement d'une star de cinéma par un réalisateur underground bien décidé à la faire tourner dans une œuvre à l'opposé du cinéma hollywoodien, le film montre malheureusement ses limites en milieu de course. Le principal défaut de Cecil B. Demented se situe au niveau de l'écriture. Car qu'on le veuille ou non, depuis quelques années, le réalisateur a passé un cap et ne peut plus se permettre simplement de jeter ça et là des idées délirantes sans y apporter un minimum de soin. Il n'empêche, le film reste délirant. Et concernant les saillies évoquées plus haut, le plaisir de retrouver le John Waters ''roi du trash'' est là, même si en de moindres proportions que par le passé. Melanie Griffith joue si bien, qu'elle ira même jusqu'à jeter des regards vers la caméra. Action innocente ou volontaire. Elle seule (et peut-être John Waters) détient la vérité. Cecil B. Demented n'atteint donc pas le sommet de la pyramide dans la carrière de John Waters mais il allait demeurer comme le dernier véritable vent de fraîcheur de John Waters avant le désastreux A Dirty Shame en 2004...

mercredi 15 janvier 2020

The Gate de Tibor Takacs (1987) - ★★★★★★☆☆☆☆



The Gate du réalisateur hongrois Tibor Takacs fait partie de ces longs-métrages fantastiques des années quatre-vingt qui mettent principalement en avant des protagonistes dont l'âge oscille entre dix et seize ans. Il a donc comme bon nombre de films similaires pour vocation d'attirer les adultes ainsi que leur progéniture. Mais s'il parvient à réunir les uns et les autres pour un même spectacle convoquant le surnaturel, ce long-métrage qui sorti chez nous le 28 mai 1987 sous le titre La Fissure risque surtout de plaire aux plus jeunes, une grosse partie du scénario se concentrant tout d'abord sur les protagonistes plutôt que sur le combat entre ceux-ci et des créatures démoniaques directement venues des Enfers. D'où un sentiment partagé, entre la stupeur de constater que le film se divise en deux parties bien distinctes. La première, d'un ennui abyssal et d'un intérêt plus que mitigé laisse craindre le pire quant à la suite. Il faut dire qu'entre le design général emprunté à un style tout d'abord télévisuel, un casting essentiellement constitué de très jeunes interprètes et surtout un scénario qui traîne de la patte, The Gate commence plutôt mal. Et ce, malgré un synopsis plutôt alléchant :

Le jeune Glen, qui en compagnie de son meilleur ami Terry découvre dans son jardin une étrange sphère après qu'un arbre arraché ait mis à jour un trou, va sans le vouloir libérer des créatures maléfiques ayant pris la forme de minuscules gnomes. Alors que ses parents sont partis en week-end après avoir confié la garde de leur fils à sa grande sœur Al, Glen et Terry vont se démener pour renvoyer en Enfer toutes les créatures qui vont se manifester la nuit même qu'a choisi Al pour inviter deux copines à une pyjama-partie... The Gate prend alors une tournure tout à fait inattendue pour le spectateur venu malgré lui s'assoupir durant les quarante-cinq premières minutes. En effet, alors que jusqu'à ce qu'interviennent les petits gnomes en question, l’œuvre Tibor Takacs s'avérait indigeste et monotone, celle-ci déploie enfin une quantité de séquences à effets-spéciaux non négligeable. De quoi en prendre plein les mirettes et reconnaître que même si le hongrois a pris son temps pour installer l'ambiance et le contexte de son récit, il gratifie ensuite le spectateur d'une belle récompense en lui offrant quarante minutes de spectacle non-stop.

Vieux de trente-trois ans, The Gate n'a cependant pas à rougir de ses effets-spéciaux visuels qui dans une grande majorité des cas restent honorables et même pour certains, carrément bluffants. Stop Motion Video, incrustation sur fond vert, maquillages en latex, images de synthèse, l'équipe formée autour de Franck Carere et de la société Illusion Arts, INC exploite à fond les différents procédés pour un résultat majoritairement impeccable. Gnomes, tourbillon s'élevant jusqu'au ciel, mort-vivant et créature titanesque sont donc au menu d'un programme réjouissant. Si l'incrustation des gnomes reste de nos jours absolument remarquables, il en va moins pour celle des papillons de nuit, carrément ratée. Le mort-vivant, lui,rappelle ceux de l'excellent House de Steve Miner sorti l'année précédente et s'avère réussi, tout comme l'immense créature apparaissant à l’intérieur même de la demeure de Glen et Al. Les interprètes (dont Stephen Dorff qui joue le rôle de Glen) assurent le minimum syndical, le hongrois ne pouvant tirer pas grand chose d'un trio de jeunes interprètes qui débutaient presque leur carrière d'acteur. C'est donc sur ses excellents effets-spéciaux et sur le rythme de sa seconde moitié que repose tout l'intérêt de The Gate...

samedi 14 octobre 2017

Leatherface de Julien Maury et Alexandre Bustillo (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆



Après un pitoyable Massacre à la Tronçonneuse : le Commencement qui mentait sur la marchandise, deux français ont promis de s'atteler à une vraie préquelle au classique de Tobe Hooper. Leatherface est le titre que Julien Maury et Alexandre Bustillo ont choisi de donner au huitième et nouveau volet de la franchise, ne laissant planer ainsi aucun doute sur son contenu. Bon, pour être tout à fait honnête, le film n'est pas vraiment celui auquel je m'attendais. S'il propose un retour aux sources concernant l'emblématique personnage de la saga, à vrai dire, le mieux aurait été de nous proposer une œuvre exploitant la lente dégénérescence de la famille Sawyer plutôt que d'exposer un Jedidiah se muant peu à peu en Leatherface. D'ailleurs, à ce propos, la chose n'intervenant qu'au court des dernières quinze minutes, le reste du long-métrage des deux français ressemble davantage à un huis-clos psychiatrique se transformant peu à peu en un road-movie sanglant qu'à un biopic fictionnel centrant son intrigue sur le plus jeune membre d'une famille de dingues. Comme le soulignait le personnage de Nubbins Sawyer (l'auto-stoppeur de l’œuvre originale), la famille Tronçonneuse (telle qu'elle est parfois décrite dans la presse spécialisée) est née du progrès en matière d'abattage d'animaux dans les abattoirs. Un fait qui n'est pas relaté dans cette préquelle qui inscrit dès l'origine ses personnages dans un état de dégénérescence déjà bien avancée. Pour preuve, le sort accordé à un voleur de cochons lors de la célébration de l'anniversaire de Jed auquel sa mère, Verna Sawyer pense offrir comme cadeau, une tronçonneuse avec laquelle elle lui offre de faire payer au voleur son méfait.
Dommage... oui, dommage que Julien Maury et Alexandre Bustillo aient dès le départ choisi de plonger le récit dans cette notion de folie alors qu'il aurait été fort sympathique de découvrir en premier lieu une famille Sawyer normale. Travaillant dans un abattoir, lequel aurait été nettement plus salubre que le grotesque bâtiment exhibé en ouverture de Massacre à la Tronçonneuse : le Commencement. Une famille saine d'esprit perdant peu à peu la notion du bien et du mal face au chômage.

Les deux français exposent une famille Sawyer déjà bien atteinte alors que le film démarre au beau milieu des années cinquante, soit environ vingt ans après les faits relatés dans l’œuvre originale de 1974. Une ouverture qui ne dénote malheureusement pas des volets précédents qui sent bon (ou mauvais) la redondance. Les auteurs du très gore A L'Intérieur enferment ensuite le fiston dans un institut spécialisé dans le traitement des enfants et des adolescents victimes de déviances mentales très lourdes. C'est ici donc que l'on retrouve celui qui deviendra plus tard, Leatherface. Dix ans ont passé et le garçon a bien grandi. Il ne s'appelle désormais plus Ed mais XXX. Vous verrez par vous-même ! Histoire d'en faire des tonnes, Julien Maury et Alexandre Bustillo font des patients, une belle bande de dégénérés. Même les infirmières n'ont pas l'air nettes. A part peut-être la toute jeune Lizzy qui vient tout juste d'être engagée. Quant au directeur, n'en parlons pas.

Après ce court passage en institut, c'est la révolte. Les pensionnaires foutent un bordel durant lequel quatre patients prendront la fuite. Quatre dont, notre cher futur « Tronche de Cuir ». c'est la plus longue partie du film mais pas forcément la plus intéressante non plus. Une fuite en avant pour des fugitifs au paroxysme de la violence. A ce propos, nous retiendrons la performance de l'acteur James Bloor qui dans le rôle de Ike est vraiment épatant. Histoire de nous en mettre plein la gueule, Julien Maury et Alexandre Bustillo nous assènent quelques scènes bien crades dont une fusillade très efficace dans un restaurant. Le choix des acteurs principaux et des seconds rôles se révèle fort judicieux. Des gueules comme on aimerait en voir plus souvent. Qu'il s'agisse des flics ou des patients échappés de l'asile, tous dégagent un véritable sentiment de folie latente.

Le dernier acte demeure sans doute le plus émouvant. Surtout si l'on se réfère au fait qu'est rendu hommage à Tobe Hooper, producteur exécutif sur Leatherface et fort malheureusement décédé en août dernier, à travers les quinze dernières minutes. Surtout à la toute fin qui nous exhibe une famille telle qu'elle apparaîtra en 1974, si l'on fait évidemment abstraction de la présence de la mère incarnée par l'actrice Lili Taylor (The Addiction de Abel Ferrara) et du fait que le grand-père soit dans une forme relativement bonne. La maison, elle, est déjà décorée de plusieurs trophées de chasse et respecte assez bien l'architecture de celle de l’œuvre originale. Au final, Leatherface est sympathique mais ne transcende jamais la légende entourant son emblématique boogeyman... 
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