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samedi 2 mai 2026

L'Armée des Douze Singes de Terry Gilliam (1995) - ★★★★★★★★★☆




Adaptation du film "La jetée" de Chris Maker, L'Armée des Douze Singes voit James Cole (incarné par un Bruce Willis fantastique et loin de ses rôles de héros brutaux et charismatiques), prisonnier sous terre en l'an 2035, vivant à l'abri d'un air devenu dangereux à respirer, au même titre que les autres survivants de l'espèce humaine, devenir le cobaye bien malgré lui d'une expédition visant à récolter dans un passé pas si lointain que ça, des informations qui pourront peut-être permettre de comprendre ce qui a pu décimer la quasi totalité de l'espèce humaine en 1996.

D'abord envoyé par erreur en l'an 1990, c'est à dire six ans avant que la catastrophe ne se produise, il est retrouvé errant en pleine rue vêtu d'une simple tenue de plastique transparente et semble délirer, affirmant qu'il vient du futur. Bien sûr, personne ne le croit et, pris pour un fou, il fera la connaissance du docteur Kathryn Railly interprété par la superbe Madeleine Stowe, et ira faire un séjour dans un hôpital psychiatrique où il fera une nouvelle rencontre en la personne du jeune Jeffrey Goines campé par Brad Pitt, jeune bourgeois aux idées farfelues fils d'un richissime homme d'affaire mais qui semble avoir envers ce dernier une haine sans limites.

Cole sera assez vite rapatrié dans "son présent" où il devra se justifier de son internement en 1990. Il affirmera avoir été envoyé à cette époque par erreur et sera vite réexpédié en 1996, peu de temps avant que la catastrophe annoncée ne se produise, afin de récolter assez d'éléments pouvant permettre d'éviter que le monde ne bascule dans le chaos. Il rencontre à nouveau le docteur Railly pour qui les retrouvailles sont loin d'être une sinécure puisque pour elle, six années se sont écoulées et qu'elle a gardé de Cole un bien mauvais souvenir. Pour lui, rien n'est encore acquis. Il doit encore gagner la confiance d'une femme qui l'a fait enfermer plusieurs années auparavant pour troubles mentaux alors que pour lui, ces six années n'ont duré en réalité que quelques heures. Il retrouvera aussi Jeffrey, toujours aussi perturbé mais cette fois-ci libre des entraves de tout institut psychiatrique.


Là où le film fait preuve d'une intelligence rare, c'est qu'il évite tout poncifs liés à ce type de scénarios catastrophes. Cole entre les mains duquel tous les espoirs d'une humanité décimée repose, va être l'acteur principal d'une quête insoluble après qu'il ai trouvé en une organisation clandestine, la fameuse armée des douze singes, dont les affiches encombrent les murs de la ville, la responsable des maux qui vont mener la race humaine vers son destin tragique. Une armée menée par Jeffrey lui-même, inspiré qu'il fut six ans auparavant par un Cole qui émit alors une idée qu'il faudra aux spectateurs découvrir par eux-même.On comprends alors assez tard, et même beaucoup trop tard que James Cole est sur la mauvaise voie, que ce qu'il a pris pour une organisation dangereuse n'est pas le déclencheur de ce pourquoi il a été envoyé dans le passé. Et lorsqu'il réalise l'ampleur de son erreur, il est déjà trop tard. Il va mourir dans les bras du docteur Railly sans avoir pu vivre ce qui semble clairement être le début d'une histoire d'Amour entre elle et lui.

Au delà d'une histoire réellement prenante, on est fasciné par le jeu des différents intervenants. Tous donnent le meilleur d'eux mêmes et il estcurieux de voir Bruce Willis blessé dans son corps et dans son âme alors qu'on avait l'habitude de le voir dans des rôles plutôt musclés. Brad Pitt, lui, est irrésistible comme à son habitude et notamment dans sa gestuelle et dans sa façon de s'exprimer (à noter que le doublage en français est remarquable). Les décors n'étonneront pas les fidèles de Gilliam qui retrouveront le coté décalé du bonhomme mais qui seront peut-être surpris par l'apparente mais relative fluidité du scénario. Pendant plus de deux heures, on en prends plein les mirettes, et il n'est pas rare de ressentir tout types d'émotions allant même jusqu'aux larmes lorsque survient la fin tragique du héros principal...

Un film absolument remarquable et visionnaire...


samedi 7 juin 2025

Breach (Anti-Life) de John Suits (2020) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

''On la refait ?'' ''Ben pourquoi, j'la trouve très bien moi, cette prise...'' ''Ah bon ! Okay alors...''. Rôle de composition pour Bruce Willis qui à la trente et unième minute avale un verre d'alcool frelaté. C'est vrai qu'on a pas trop l'habitude de voir ses personnages une bouteille à la main, pas vrai... ? Quelle intensité lorsque d'un mouvement de la tête, l'acteur exprime le degré d'alcool du liquide qu'il vient d'ingurgiter. It's a joke bien évidemment. Vous avez le droit de rire. Pauvre Bruce Willis qui en l'espace d'une ou deux secondes vient de démontrer que sa carrière est définitivement derrière lui. Genre, type blasé qui juste avant d'avoir empoché des billets verts pour quelques lignes de dialogue et autant d'apparitions dans le nullissime Cosmic Sin d'Edward Drake, se montre ici plus enthousiaste que jamais. En un très court instant, l'acteur montre qu'il a vieilli, qu'il est fatigué et qu'il n'a plus grand chose à dire. Enthousiaste, alors ? Mon œil ! Carrément indifférent, dirais-je, à tout ce qui l'entoure, avec ce faux air narquois qu'il affiche en toutes circonstances comme une mauvaise habitude dont il n'arriverais plus à se défaire. Rêve-t-on encore de ce film plein de finesse qui se présenterait à l'horizon et dans lequel l'ancienne star désormais rouillée mettrait un terme aux quolibets dont il est désormais le sujet ? Certes, non...


Breach (ou Anti-Life) de John Suits s'inscrit dans un même ordre d'idées que le long-métrage d'Edward Drake. Soit, de la science-fiction testostéronée et bas du front dans laquelle l'avenir de l'humanité n'est plus confiée à des scientifiques mais à des soldats particulièrement primaires, amateurs en outre d'alcool frelaté. Empruntant autant à toute la vague d'infectés qui se ruent sur petits et grands écran qu'au Alien de Ridley Scott, le long-métrage de John Suit n'est qu'une succession de coursives mal éclairées et dont le cameraman visite presque chaque recoin d'une main maladroite (l'image saute souvent). Aussi chiant que d'attendre son tour derrière la queue d'un guichet de poste, Breach tente quelques saillies gore peu convaincantes (lorsque du moins, les séquences en question n'interviennent pas hors champ de la caméra) où le sang d'un rouge piquette pisse afin de dissimuler la pauvreté des maquillages.Hors scènes d'action, le film est tantôt terriblement bavard, tantôt vide de la moindre interactivité entre les personnages et la caméra. Pour une œuvre mêlant science-fiction, horreur et action, c'est tout de même un comble ! Si l'affiche ne promet rien de bien subtil, Breach est de ces œuvres qui jouissent d'un intérêt qui, quoi qu'on en dise, quoi qu'on en pense, pousse les amateurs de space opera à y jeter un œil malgré tout. Piège dans lequel nous ne somme fort heureusement pas contraints de se laisser enfermer durant une heure trente, le long-métrage de John Suits est typique de ce genre de productions pâtissant d'un budget insuffisant, d'un scénario inexistant et d'une mise en scène pitoyable. ..


Et que dire de l'interprétation, voire de la caractérisation des personnage qui ressemble alors à un concours de celui qui a la plus longue et la plus grosse. Après que les plus courageux se soient donnés la peine de s'infliger la chose, Breach sera condamné à être oublié et à rejoindre ces myriades de productions qui n'ont pas même le mérite de jouer dans la catégorie ''nanars''. Nous retiendrons tout de même l'incroyable interprétation de l'acteur Callan Mulvey qui dans le rôle de Teek mérite la palme d'or dans la catégorie ''abruti de service'' !!! Gueulard, hystérique, violent... bref, le hooligan de base. Mais d'une manière générale, c'est tout le casting qu'il faut foutre aux ordures. Ainsi que les concepteurs en effets-spéciaux. Ne serait-ce que pour les séquences de tirs à l'arme à feu. Pathétiques ! Breach est un immonde salmigondis de séquences où s'entremêlent trop d'influences mal digérées parmi lesquelles, l'ombre de John Carpenter et ses longs-métrages The Thing et Ghosts of Mars sont ici ridiculisés. Ôtez-vous donc de l'esprit l'idée de passer un moment rafraîchissant. Breach ressemble à nombre de ses (très mauvais) prédécesseurs. Ni fait, ni à faire !

 

vendredi 19 juillet 2024

Le cinquième élément de Luc Besson (1997) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Ben merde alors ! Vingt-sept ans après avoir subit sur grand écran Le cinquième élément au point d'avoir eu un instant l'envie de mettre le feu au cinéma qui l'avait projeté, voilà que le film, selon moi, s'est bonifié avec le temps. Au point de penser qu'il s'agit sans doute de l'un des derniers bons crus de notre Luc Besson national. Vous savez, le bonhomme qui trente ans plus tard s'intéressa une nouvelle fois à la science-fiction en adaptant sur grand écran la série de bandes-dessinées de Pierre Christin, Jean-Claude Mézières et Évelyne Tranlé, Valérian et Laureline, sous le titre Valérian et la cité des mille planètes. Oui, oui, on parle bien de cette bouillie visuelle qui en terme de mise en scène et d'écriture reste tout simplement imbitable. Probablement qu'en revenant dessus dans un peu plus d'un quart de siècle, peut-être l'envisagerai-je d'un tout autre point de vue. Ce qui me semble couru d'avance puisque la seule raison pour laquelle j'ai choisi une fois de plus de m'engager dans le périple du Major Korben Dallas, du Père Vito Cornelius et de Leeloominaï Lekatariba Lamina-Tchaï Ekbat De Sebat que l'on nommera plus simplement Leeloo, fut la présence à l'écran de Bruce Willis, de Ian Holm ou encore de Gary Oldman. D'emblée, et alors qu'à l'époque je n'avais pas eu d'autre choix que d'aller découvrir le film en version française, ma première raison de grincer des dents fut le doublage de Bruce Willis qui selon la volonté de Luc Besson lui-même fut assuré non plus par Patrick Poivery mais par Bernard Métraux. Un choix plutôt étonnant mais que voulez-vous, Sieur Besson le voulut ainsi... Passons ensuite sur les placements de produits avec ces multiples plans montrant l'enseigne McDonald's, l'un des rois de la malbouffe et de la restauration rapide ou cette pseudo-refonte de l'univers propre à Blade Runner de Ridley Scott en version nettement moins sombre et anxiogène.


Un peu à la manière de Stargate ou La porte des étoiles de Roland Emmerich, Le cinquième élément ouvre les hostilités en Égypte au début du vingtième siècle. Là, un archéologue déchiffre une fresque gravée à l'intérieur d'un temple indiquant l'apparition du Mal tous les cinq-mille ans. Seul moyen de contrer ce dernier : cinq éléments dont l'un est représenté par une effigie de forme humanoïde. Cette séquence d'ouverture permet à Luc Besson de détruire l'image de bad boy de l'acteur américain Luke Perry (lequel est devenu mondialement célèbre grâce au rôle de Dylan McKay dans la série Beverly Hills 90210), lequel incarne un assistant dont le trouillomètre affiche un affligeant zéro ! Débarque alors un vaisseau d'assez belle allure conçu par la société d'effets-spéciaux créée quatre ans auparavant par le réalisateur James Cameron, Digital Domain. En sort une poignée d'extraterrestres atteints d'obésité et d'armures (exosquelettes?) venus délivrer un message. Près de trois-cent cinquante ans plus tard, le film met en scène Bruce Willis dans le rôle du chauffeur de taxi Korben Dallas sur le véhicule duquel tombe comme une enclume, Leelo. Jeune et jolie femme conçue à partir de cellules vivantes retrouvées in extremis à l'intérieur d'une main métallique appartenant à une entité extraterrestre. Le cinquième élément, c'est ELLE. Son apparition coïncide avec celle d'un étrange et gigantesque objet qui se promène tranquillou dans l'univers afin de détruire toute forme de vie qui croise son chemin. Et notre planète, malheureusement, semble être sa prochaine destination. Si de prime abord Le cinquième élément semble être une sorte de fourre-tout, Luc Besson vidant ainsi le trop plein d'imagination que contient sa caboche, il faudra sans doute pour certains, un deuxième visionnage pour saisir en grande majorité tout ce que nous conte le script écrit conjointement entre le réalisateur et le scénariste américain Robert Mark Kamen.


En effet, Luc Besson a tendance à remplir son film jusqu'à la gueule de personnages secondaires plus ou moins utiles, bien qu'en y réfléchissant, la majorité d'entre eux demeurent objectivement nécessaires à l'intrigue. Servant l'imaginaire parfois débridé de son auteur, si l'on entre dans la tête de cet homme sans doute trop inspiré, la présence de la Diva Plavalaguna (Maïwenn) a du sens. Comme celle de l'acteur et humoriste Chris Tucker qui dans le rôle de l'animateur radio Ruby Rhod est surtout là pour faire le show ! Aux côtés du personnage principal interprété par Bruce Willis l'on retrouve le Père Vito Cornelius, interprété par Ian Holm (l'androïde de Alien, le huitième passager de Ridley Scott), ainsi que Milla Jovovich dont la carrière débuta une dizaine d'années en arrière par quelques téléfilms et séries télévisées dont un épisode de Mariés, deux enfants et un autre de Parker Lewis ne perd jamais... Après avoir expérimenté les fonds marins avec Le grand Bleu, Luc Besson se montre déjà nettement plus timide lorsqu'il s'agit d'explorer l'espace qui nous entoure puisque la majeure partie des séquences sont tournées en intérieur dans des décors conçus par le chef décorateur et directeur artistique français, Dan Weil. Et ce malgré le fait que certaines zones de l'univers aient été théoriquement prospectées. Fidèle à Luc Besson depuis son court-métrage L'avant dernier en 1981, l'on retrouve une nouvelle fois aux commandes de la bande musicale Eric Serra, lequel crée notamment à cette occasion un court extrait d'opéra futuriste relativement plaisant. Avec ses soixante-quinze millions d'euros (soit trois fois moins que pour le futur Valérian et la cité des mille planètes), Luc Besson s'amuse déjà comme un gamin auquel l'on aurait confié les manettes d'un jeu vidéo en mode ''vies illimitées''. Il offre pour la seconde fois le rôle de l'antagoniste principal à Gary Oldman après l'avoir engagé sur le tournage de Léon trois ans auparavant. Un personnage haut en couleurs, affublé d'un costume ridicule comme beaucoup d'autres d'ailleurs et dont la conception fut confiée au styliste et couturier français Jean-Paul Gaultier. Souvent épuisant, un brin ringard, voire même parfois nanardesque mais moins bordélique qu'il ne m'était apparu à l'époque, Le cinquième élément gagne finalement à être redécouvert aujourd'hui...

 

dimanche 14 mai 2023

Assassin de Jesse Atlas (2023) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Cette fois-ci, c'en est bien terminé de la carrière cinématographique de Bruce Willis qui au terme d'une longue filmographie s'étant conclue par des dizaines de DTV tous plus médiocres les uns que les autres est venu faire une dernière apparition dans le premier long-métrage de Jesse Atlas. Auteur d'une dizaine de courts et de moyens-métrages ces dix-huit dernières années, le réalisateur de Assassin signe une adaptation de son propre court intitulé Let Them Die Like Lovers qu'il tourna en 2017. Une œuvre de science-fiction de quinze minutes qui se voit donc désormais rallongée pour atteindre les quatre-vingt sept minutes. Jesse Atlas en profite pour notamment changer le casting ainsi qu'une grande partie des protagonistes puisque apparaît donc dans cette version ''augmentée'' l'ancienne gloire du cinéma d'action qui, elle, s'avère en revanche physiquement ''diminuée''. Sa présence au centre de l'affiche n'augure d'ailleurs rien de bon puisque Bruce Willis n'est que très peu présent à l'image. Nous sommes donc très loin d'un hommage rendu à un homme qui fit briller le cinéma d'action comme personne. C'est donc avec tristesse que l'on accompagne l'acteur pour une dernière valse. Tristesse de savoir que nous ne le verrons probablement plus jamais. Tristesse également puisque Assassin s'avère, malheureusement, aussi mauvais que la plupart des trente derniers films (et des poussières) auxquels il a participé. De prime abord, le long-métrage de Jesse Atlas en évoque un autre qui lui, brille par ses innombrables qualités artistiques. En effet, lors de la projection de Assassin, il demeure difficile de ne pas faire de rapprochement entre celui-ci et le Possessor du canadien Brandon Cronenberg. Même thématique ou presque, et un vague brouillard qui semble être ici davantage le fruit d'une mise en scène brouillonne. Les deux œuvres partagent donc une même idée de la science-fiction. Un concept tournant autour du Body Swap Movie dans lequel âmes et corps sont intervertis. On s'étonnera d'ailleurs qu'autant de films aient pu adopter un tel procédé sans qu'aucun lien ou presque n'ait été établi entre les uns et les autres. Sauf qu'ici, le mimétisme se voit comme un furoncle au beau milieu du visage. Concernant l’œuvre de Jesse Atlas, il va être compliqué d'en faire l'éloge tant la mise en scène, l'interprétation et même le montage (qui reste pourtant la spécialité première du réalisateur) sont à la ramasse. Question charisme et malgré la maladie, Bruce Willis est encore celui qui en impose le plus ici. Car si l'on jette un œil sur le méchant de l'histoire qu'interprète l'une des anciennes vedettes de la série Prison Break, Dominic Purcell a malheureusement perdu de sa superbe et affiche un physique quelque peu ingrat...


Assassin arbore les mêmes attributs esthétiques que nombre de DTV sortis avant lui. Une lumière et des décors impersonnels, crus, froids et métalliques, assez peu dispendieux, on l'imagine, en matière de budget (j'en profite pour évoquer la sortie du film en Turquie qui n'a rapporté au box-office que la ridicule somme de trente-cinq mille dollars!). Les séquences situées dans le... ''laboratoire'' de fortune font peine à voir, avec un Bruce Willis invariablement calé sur sa chaise et une Nomzamo Mbatha (ici, dans le rôle d'Alexa) plongée dans une baignoire remplie de glaçons factices (!?!) mal raccordée à un ordinateur et une sorte de pod archaïques. Une salle où la technologie brille par son absence à tel point que l'on a l'impression que ces séquences furent tournées dans un appartement vidé de son mobilier pour cause de mise en vente ! Ça n'est pas mon genre de juger un interprète sur sa seule apparence mais je ne crois pas exagérer lorsque j'affirme que les actrices sont peu... appétissantes. Voire franchement... moches, hein ? Ça n'est donc pas pour leur ''belle gueule'' que l'on suivra les aventures d'Alexa et de Mali ou celles de Valmora ou d'Adrien mais pour......... Pourquoi, en fait ? Vu que le film n'assure dans aucun des domaines, qu'il s'agisse de la science-fiction (rompue ici à l'exercice du ''moins j'en montre et moins onéreux sera le film''), de l'action dont les séquences de combats reposent sur des ralentis de type ''mas-tu vu'' et de l'ultra-cut absolument risibles, du montage qui en d'autres occasions est digne d'une séance diapositives, des dialogues écrits par un enfant de cinq ans ou de l'interprétation, Assassin ne possède aucune des qualités qui pourraient justifier qu'on lui accorde un minium d'attention. Bruce Willis ne termine donc pas sa carrière en apothéose. Le contraire nous aurait d'ailleurs étonné. Mais pour un final, celui-ci fait partie des pires auxquels l'acteur américain a été convié de participer ces cinq ou dix dernières années. Et encore une purge, une !


 

jeudi 27 avril 2023

Paradise City de Chuck Russell (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

En attendant de retourner voir ce qu'il se passait il y a des décennies du côté des Kaiju Eiga, petit aparté consacré à l'un des derniers longs-métrages interprétés par Bruce Willis. On pourrait penser qu'à force de visionner de la merde au kilomètre l'on pourrait s'étonner de penser découvrir cette ancienne star du cinéma d'action non plus dans des nanars de dernière zone mais au contraire, dans ce qui pourrait devenir la nouvelle référence en matière de petits budgets et du cinéma d'action. Ouais, bon, faut quand même pas exagérer. À lui seul, John Wick remet les pendules à l'heure. Il n'y a rien de moins complexe que de définir la carrière de Bruce Willis. Deux étapes : celle qui fit de lui l'une des grandes figures du cinéma de gros bras surarmés et celle qui le vit peu à peu s'effondrer jusqu'à ne le découvrir que sous son jour le plus sombre. Sans avoir à remonter trop loin dans sa carrière, il suffirait juste d'énumérer les deux ou trois années qui viennent de s'écouler pour constater que parmi les dizaines de longs-métrages qui ont profité de son image, aucun, je dis bien aucun, ne peut trouver grâce aux yeux des fans de l'artiste et des amateurs du cinéma d'action ! Paradise City est pour l'instant l'antépénultième film de Bruce Willis à avoir été mis à disposition en VOD. Et c'est avec un acharnement digne du sort qui fut notamment accordé à Survive, Hard Kill, Cosmic Sin ou encore White Elephant que les critiques avilissantes pleuvent sur ce film qui, loin d'être parfait, mérite mieux que le sort qui lui est réservé. Sans être l'utopique long-métrage de la renaissance et encore moins le miracle qui pouvait laisser espérer que l'on pouvait encore tirer bénéfice d'un acteur neurologiquement diminué, Paradise City reste pourtant sans doute, le meilleur film dans lequel ait joué Bruce Willis depuis des années. La présence au générique du réalisateur Chuck Russell (Les griffes du cauchemar, Le blob, The Mask ou L'effaceur) n'est peut-être pas étranger à l'effort qui est fait de la part de l'une des anciennes icônes du cinéma d'épouvante. Un cinéaste et un matériau de base qui plus que de remplir les poches des producteurs semble avoir réellement pour but de réhabiliter Bruce Willis. Car bien que l'acteur ne soit souvent que très succinctement visible à l'image, le réalisateur lui a offert ses dialogues parmi les plus fournis depuis belle lurette. Prenez quatre ou cinq des derniers longs-métrages qui ont vu l'acteur officiellement interpréter le rôle principal (une authentique escroquerie à vrai dire), additionnez les lignes de dialogues et vous obtenez en gros, la quantité de phrases qu'il aura produites dans Paradise City...


Chuck Russell n'étant pas un manche même si depuis quelques années cet ancien spécialiste du cinéma d'épouvante a perdu de son aura, son dernier long-métrage a ce petit plus qui lui permet de ne pas se confondre avec les myriades de purges qui ont mis en scène Bruce Willis. Certains s'étonnent de voir participer au projet l'acteur John Travolta. Sans doute ont-ils oublié sa collaboration au désastreux Terre, champ de bataille (Battlefield Earth) du réalisateur et scénariste britannique Roger Christian. Œuvre épouvantable, donnant des aigreurs d'estomac et des maux de tête car demeurant parmi ce qu'à enfanté de pire le septième art. Et tant mieux, lorsque l'on sait que l'auteur du roman original ne fut pas moins que le fondateur de la Scientologie à laquelle adhère justement l'acteur, nombreux aurions-nous été désolés si la suite prévue avait vu le jour ! Attention ! Paradise City n'est pas un chef-d’œuvre. Même pas un bon film. Mais pour celui qui recherche une œuvre sans véritable temps mort (patience, patience car le premier quart-d'heure donne tout de même envie de piquer du nez) et une diversité de décors et de situations, le film de Chuck Russell fait le taf. Mieux, Bruce Willis n'atteint ici plus ses limites après une seule phrase récitée sans le moindre soupçon d'âme mais les enchaîne parfois même si aucune émotion ne se lit sur son visage. Beaucoup de gunfights, de blessures en CGI, un chouia de chamanisme et des décors de rêve comme celui de cette cité paradisiaque qui donne son nom au film et où se retrouvent les protagonistes parmi lesquels Blake Jenner et Praya Lundberg tiennent la dragée haute à leurs partenaires. Le sujet ? Un chasseur de prime dont le père est officiellement mort et une fliquette se lancent sur la trace de celui qui l'a tué. En l'occurrence, John Travolta qui dans le rôle de Buckley croyait sans doute retrouver la glorieuse époque du Volte/face de John Woo (dans les deux cas, son personnage change de visage). Rien que de très convenu mais Bruce Willis y sort la tête de l'eau au sens propre comme au figuré. Tout dernier sursaut de vie offert par un honnête artisan du cinéma. Respect !

 

vendredi 10 mars 2023

Corrective Measures de Sean Patrick O'Reilly (2022) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Heuuuu, j'aimerais que l'on m'explique un truc ! Des criminels dotés de supers-pouvoirs arrivent en prison lorsque l'un des gardiens chargés de leur surveillance leur indique ceci après que l'une de ses collègues ait utilisé une arme contre l'un d'eux : '' C'est un équipement anti-pouvoirs. EAP ou ''Annulard'' (Ouais... je sais... c'est juste... pathétique). Y'en a dans les lumières, l'eau et votre nourriture. Dehors vos supers-pouvoirs vous rendent invincibles. Mais ici, vous êtes comme tout le monde...''. J'veux bien, mais il me semble que deux minutes auparavant, un détenu protégé derrière un grillage avait les mains électrifiées !!! Oh, les gars, c'est bien beau de nous balancer un concept mais faudrait voir à vous relire avant de l'appliquer au cœur du récit, hum ? Et le film ne vient que de commencer. Ah ! Et puisque l'on parle d'incohérences, citons l'extraordinaire bagarre (je plaisante, bien sûr) qui ouvre le bal et lors de laquelle un mutant résiste aux balles mais pas à la raclée infligée par celui qui deviendra l'un des protagonistes du récit... C'est amusant mais qui parmi les amateurs de films de supers-héros eut connaissance de l'existence de Corrective Measures l'année passée ? Vu que le genre est encombré depuis maintenant pas mal d'années, à moins d'être un acharné du genre, le film de Sean Patrick O'Reilly est forcément passé sous les radars. Il faut dire qu'avec ses faux airs de X-Men fauché comme les blés, la chose avait peu de chance de pouvoir rivaliser avec les grandes figures de chez Marvel et DC ! Ici, toute forme de finesse est abandonnée au profit d'un récit qui ne change guère de ce que nous offrent pas mal de films situant leur action dans l'univers carcéral. Mais là où le long-métrage de Sean Patrick O'Reilly diffère de la majorité portant sur le sujet, c'est l'implication de personnages ''théoriquement'' dotés de supers-pouvoirs. Théorique puisque le moyen que semble avoir trouvé le réalisateur afin de pallier aux limites budgétaires fut d'évoquer un procédé visant à démunir les dangereux criminels enfermés dans la prison de San Tiburon de leurs pouvoirs acquis à la suite d'une impulsion. La Pulse comme tous la nomment. Parmi les taulards condamnés à plus ou moins long terme l'on retrouve le type qui tabassa un mutant en début de programme et qui dans l'enceinte de l'établissement va se faire un devoir d'envoyer en Enfer le plus de co-détenus possible. L'une des particularités de Corrective Measures (traduit chez nous sous le ridicule titre Mutants surpuissants) est de n'avoir en son sein aucun véritable personnage positif. Bref, que des antagonistes se frottant les uns aux autres, usant d'un langage de charretier auquel s'adonnent également les gardiens de prison, tel l'officier Morales qu'interprète l'actrice Kat Ruston. Seule clarté dans ce tableau plutôt sombre, le personnage du Docteur Isabelle Joseph dont Hayley Sales endosse l'uniforme...


Du sous X-Men, donc, avec tout ce que cela peut engendrer de défauts. Absence quasi-totale d'effets-spéciaux vu que les mutants du film ont été dépouillés de leur don, méli-mélo de sous intrigues qui rendent confus le récit principal, mise en scène ultra balisée dans la sphère du cinéma dont la vocation est de commencer et finir ses jours sur les plateformes VOD, interprétation pitoyable et caractérisation revue à la baisse. Ici, les amateurs de séries Z seront en terrain connu. Des films comme Corrective Measures, le septième art en charrie chaque année à la pelle. De la malbouffe cinématographique comparable aux chaînes de restauration rapide ou aux musiques jetables qui gangrènent le monde du quatrième art ! Aussi vite vu, aussi vite oublié. N'en déplaise aux fans de Bruce Willis ou à ceux de Michael Rooker (Henry, Portrait of a Serial Killer de John Mc Naughton), le long-métrage de Sean Patrick O'Reilly n'offre rien de vraiment passionnant. Dans ce film qui réunit à nouveau les deux acteurs après le White Elephant de Jesse V. Johnson, Michael Rooker campe un directeur de prison avide de vider les comptes en banque du ''Lobe'' qu'incarne Bruce Willis. Un individu lui-même enfermé en prison et qui possède l'enviable pouvoir de contrôler l'esprit de ses concitoyens. Un pouvoir dont l'ironie ne cesse d'ailleurs de grandir à mesure que l'état de santé de l'acteur se détériore au fil des mois ! Adapté du manga éponyme de Grant Chastain et Fran Moyano, Corrective Measures est une œuvre insipide qui se croit sans doute très sérieuse dans sa démarche mais qui à force d'accumuler les défauts finit par devenir pittoresque en ce sens où le rire se fait involontaire. C'est d'ailleurs bien là la seule attitude raisonnable qu'aura le spectateur face à l'indigence généralisée qui n'honore pas le manga d'origine. Notons que jusque là, Sean Patrick O'Reilly œuvra dans le cinéma d'animation et qu'il fut notamment producteur de bons gros bousins comme la trilogie d'Edward Drake Detective Knight ou de Deadlock de Jared Coh, lui-même interprété par Bruce Willis... Corrective Measures restera donc sans doute comme le meilleur film de supers-héros de 2022... pour qui déteste viscéralement le genre...

 

jeudi 9 mars 2023

Detective Knight: Independence d'Edward Drake (2023) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Le voilà, il est là, tout nouveau, tout chaud, tout droit sorti des fourneaux, le troisième et dernier volet de la franchise Detective Knight. C'est pas qu'on l'attendait avec la ferveur du paroissien qui s'impatiente à l'idée de dévorer sa part du ''corps du Christ'' à l’Église mais quand même, il va sacrément nous manquer ce flic évoluant à l'allure d'un mollusque qui demeure pourtant visiblement LA solution face à la corruption et la criminalité qui sévissent dans les rues de la ville. Une fois de plus, les autorités feront (tardivement) appel à lui, l'occasion pour l'acteur Bruce Willis de faire l'un de ses tout derniers tours de piste avant de prendre (définitivement?) sa retraite. En effet, la production de Assassin de Jesse Atlas (dont il s'agit du tout premier long-métrage après une série de courts, de moyens et de clips) étant achevée et aucun autre projet n'étant visiblement prévu, il semblerait bien que Bruce Willis ait enfin choisi de raccrocher les gants au vestiaire et de rendre les arme à l'armurerie ! Toujours dans le rôle du Détective James Knight, l'acteur évolue une fois de plus dans ce troisième volet désormais intitulé Detective Knight: Independence mais n'est, contrairement à ce que laisse entendre l'affiche du film, pas le personnage central du récit. Ça n'est plus un fait nouveau depuis des lustres mais ici comme partout ailleurs, Bruce Willis n'est plus que l’appât quelque peu faisandé qui n'attire désormais plus que les fans extrêmement tolérants ou aveuglés qui acceptent désormais de l'accompagner jusqu'à sa retraite prochaine...


Notre cher détective consulte une psychiatre, traîne dans les locaux de la police, s'inquiète pour son ex-épouse et sa fille Ally (interprétée par la jeune Willow Shields que l'on a pu notamment découvrir dans la franchise Hunger Games dans les années 2010), mais à part cela, rien de bien excitant. La valeur ajoutée de ce Detective Knight: Independence se trouve en réalité du côté de Dezi, collègue ambulancier d'Ally, aux origines irlandaises et qui se rêvait portant sur la poitrine le badge de la police et à la ceinture une arme de service. Mais non, le pauvre jeune homme doit ici se contenter de sauver des vies et de se prendre quelques revers en contrepartie qui auraient, tout comme cela va lui arriver d'ailleurs, fait péter un câble à n'importe lequel d'entre nous... En effet, après avoir sauvé la vie de deux flics (dont cet enc%#@ de Détective Godwin Sango qu'interprète pour la troisième fois l'acteur Jimmy Jean-Louis) et celle d'un directeur de banque, les premiers vont gratuitement passer le jeune ambulancier à tabac et le dernier porter plainte contre lui ! Ouais, de quoi avoir envie de passer l'uniforme bleu et de buter ceux qui lui ont fait du tort. Ce qui de ce point de vue là est ''relativement'' compréhensible mais ne nous permettra pas de retrouver le Détective Godwin Sango étendu raide mort. Alors même qu'une longue et pénible séquence laisse envisager la chose (la visite de Dezi dans le locaux du commissariat). Buvant les paroles d'un youtubeur prônant l'auto-justice, l'ambulancier va dérober un uniforme de policier, déambuler en ville, tuer quelques voyous et proposer à deux types de l'accompagner lors d'un braquage dans une banque tenue par celui-là même qu'il sauva en début de récit et qui comptait bien porter plainte contre lui !


Je ne vais pas vous la faire à l'envers mais Detective Knight: Independence ne se détache pas vraiment des deux précédents volets de la trilogie. La mise en scène d'Edward Drake est toujours aussi piteuse et son cadreur (donnez-nous son nom qu'on envoie Dezi l'abattre une bonne fois pour toute) est carrément aux fraises ! Jamais vu un travail de sape pareil. Les cadrages sont en effet terrifiants d'amateurisme. Pas un seul gros plan n'est correctement filmé. Le réalisateur use et abuse des couleurs primaires criardes et des ''Lens Flare'', les tirs d'armes à feu ont l'air moins crédibles que ceux bricolés par le jeune Sammy Fabelman dans le génialissime The Fabelmans de Steven Spielberg et quant à la mise en scène, elle se révèle d'une telle mollesse que fermer les yeux pour rejoindre Morphée sera une hypothèse à envisager. Dommage car l'idée de ce jeune ambulancier pétant un plomb pour ensuite faire un carnage en ville était plutôt séduisante. Mais ce qui sur le papier était captivant l'est déjà nettement moins à l'écran. Bruce Willis est un peu plus présent à l'image que lors des deux précédents volets même si encore, la maladie oblige le réalisateur à user de subterfuges (pas plus d'une phrase à la fois et quelque lignes de dialogue un peu plus longues récitées hors-champ). À noter que dans le rôle de Dezi l'on retrouve le jeune Jack Kilmer qui n'est autre que le fils du célèbre Val Kilmer. Au final, Detective Knight: Independence est sans doute l'un des longs-métrages les moins pires auxquels ait participé Bruce Willis depuis longtemps mais demeure tout de même très en dessous de ce que l'on peut attendre d'une œuvre de ce type...

 

jeudi 2 février 2023

Detective Knight:Redemption de Edward Drake (2022) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

L'année dernière l'on eu droit à toute une série de longs-métrages insipides interprétés par l'acteur Bruce Willis. Et parmi eux, Detective Knight:Rogue, premier volet d'une trilogie poursuivie ensuite par Detective Knight:Redemption et qui devrait se clore cette année avec Detective Knight:Independence. Outre la présence de l'acteur qui y tient le rôle (soit-disant) principal, ces trois longs-métrages policiers sont l’œuvre du réalisateur australien Edward John Drake dont la réputation de tâcheron n'est plus à faire puisqu'en une poignée d'années, il a mis en scène une petite dizaine de navets tous interprétés par Bruce Willis. Mais revenons sur Detective Knight:Redemption, le second volet de la trilogie mettant donc en scène l'inspecteur James Knight cette fois-ci confronté à un certain révérend Ricky Conlan (l'acteur Paul Johansson), lequel prêche auprès de prisonniers dans un établissement pénitentiaire où est lui-même enfermé l'ancien flic démis de ses fonctions. En effet, après avoir été accusé d'avoir tué deux malfrats sans raisons valables, James Knight se retrouve en taule afin d'y purger sa peine. Dehors, c'est la panique. Plusieurs banques ont récemment fait l'objet de braquages particulièrement violents lors desquels employés et clients ont tous connus une fin tragique. Les responsables de ces atrocités également commises sur des agents de police sont une dizaines d'individus affublés de costumes et de masques de Père Noël à la tête desquels se trouve.... le révérend Ricky Conlan. Lequel retourne une fois de plus en prison non plus pour prêcher mais pour cette fois-ci aider les prisonniers à s'évader. Le seul à rester dans sa cellule est James Knight auquel est offert l'opportunité de reprendre du service : s'il accepte de collaborer avec la police et notamment l'inspectrice Anna Shea (l'actrice Miranda Edwards), il pourra réintégrer sa fonction... Si Detective Knight:Rogue n'était franchement pas très réjouissant, ce premier volet d'une trilogie devant se clore très bientôt demeurait pourtant le meilleur du pire d'une filmographie récente et particulièrement indigente concernant l'acteur Bruce Willis....


Si l'espoir de retrouver le héros que l'on chérissait par le passé est bien sûr utopique, on pouvait espérer que Detective Knight:Redemption soit du niveau de son prédécesseur : soit, ni vraiment bon, ni vraiment atroce. Autant dire que ça n'est pas un doigt qu'il va falloir se mettre dans l’œil, ni même une main, mais un bras tout entier. Car l'on retrouve un Edward John Drake toujours incapable d'imprimer le moindre rythme, signant un film au mieux amusant et au pire, ridicule ! Visuellement, nous sommes dans la continuité du spectacle auquel il nous habitue perpétuellement. C'est affreusement laid, clipesque dans ce que le concept peut avoir de plus ringard tandis que chaque séquence est menée avec le savoir-faire d'un prétendant au métier de réalisateur tournant des vidéos au caméscope dans le jardin de ses parents ! Mais Edward John Drake ne se contentant pas d'être incapable de mettre en scène son propre scénario écrit en collaboration avec Corey grand, le bonhomme dirige ses interprètes à la truelle ! Maintenant, que vaut l'interprétation de Bruce Willis, seul élément qui puisse objectivement pousser les fans de l'acteur à visionner cette bouse ? Si tant est que le temps de présence soit un détail fondamental, il faut savoir que la véritable ''vedette'' du film, ça n'est pas l'ancien interprète de John McLane mais bien l'acteur Paul Johansson. Son jeu outrancier, son cabotinage permanent et le ridicule de son interprétation font que l'on retient tout d'abord celui-ci plutôt qu'un Bruce Willis qui aura rarement été aussi fantomatique. Transparent, apathique, hors cadre durant la moitié des lignes de dialogues qui lui sont consacrées, le film ne mérite pas de porter le nom du personnage que l'acteur interprète. Triste lorsque l'on sait que la traversée du désert ne connaîtra malheureusement pas de fin heureuse. Un film à déconseiller aux fans de l'ancienne star du cinéma d'action et au cinéphiles(phages) tout court !

 

vendredi 2 décembre 2022

Wire Room de Matt Eskandari (2022) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Aie, aie, aie ! Ça commence mal. Un ralenti, une image floue, des couleurs dégueulasses et... un Bruce Willis qui s'afflige d'emblée une grimace qui a l'air davantage de souligner l'épreuve difficile qu'il vit désormais plutôt qu'un cahier des charges propre au personnage qu'il incarne. Le temps d'un éclair il aura involontairement ému son public, navré de le voir ainsi continuer à apparaître à l'écran. Diminué, attristant ainsi ceux qui ont longtemps loué l'ancienne gloire du septième art qu'il fut. Mais bon dieu ! Combien de temps encore vont-ils se servir de lui ? L'user jusqu'à la corde. Hommage ou exploitation ? Le voir ainsi s'accroupir une arme à la main est touchant, bouleversant, mais a bien du mal à nous rappeler le grand homme d'action que l'on a connu... Wire Room est le septième long-métrage du réalisateur iranien Matt Eskandari et le quatrième mettant en scène Bruce Willis. Malheureusement pour ce dernier, l'auteur de État de choc en 2019 ainsi que Survivre et Open Source en 2020 ne brille pas par ses qualités de metteur en scène. C'est donc avec la quasi certitude d'assister une fois encore à un très mauvais film que l'on se lance dans la projection de ce qui à ce jour est l'une des dernières incarnations de l'acteur. L'introduction est d'une telle laideur artistique que l'on ne se fait pas d'illusion pour la suite. Pour un film d'action, Wire Room est étonnamment mou. Alors que sur l'affiche trône Bruce Willis, l'essentiel du récit tourne autour de Kevin Dillon, le frère de l'acteur Matt Dillon. Sa carrière étant loin d'atteindre celle du frangin, on retiendra surtout The Blob de Chuck Russell en 1988, The Doors d'Oliver Stone en 1991 ou Absolom 2022 l'année suivante. Wire Room appartient à cette race de longs-métrages tournés à la va-vite pour le marché du DTV. Le scénariste Brandon Stiefer propose une idée plutôt alléchante mais qui une fois transposée à l'écran montre ses limites. Kevin Dillon interprète le personnage de Justin Rosa, un agent fédéral auquel est confiée la mission de surveiller et de protéger à distance Eddie Flynn (l'acteur Oliver Trevena), un contrebandier spécialisé dans la vente d'armes. Alors que celui-ci doit bientôt témoigner contre le cartel de Baja avec lequel il est en affaire, un commando va tout tenter pour le faire taire alors qu'il est installé dans une immense demeure truffée de caméras directement liées à une salle d'écoute. Salle depuis laquelle Justin Rosa va tenter d'aider l'homme à se sortir de cette périlleuse situation...


Si je sais que la remarque suivante va objectivement paraître bête et méchante, je ne puis cependant pas me contenter de la glisser sous le tapis: je me demande dans quelles mesures la présence de Bruce Willis sur le tournage de Wire Room n'aurait pas provoqué une vague d'aphasie parmi la totalité des interprètes et de l'équipe technique. Même les moins assidus des étudiants en cinéma constateront combien la mise en scène de chaque plan s'avère d'un désolant conformisme. La caméra n'est jamais aventureuse et fixe les personnages comme lors d'un vulgaire Soap Opera ! D'entrée de jeu, Matt Eskandari abandonne toute idée de créer la moindre surprise. Je m'explique : Alors que dans le dernier quart d'heure Kevin Dillon tient Bruce Willis en joue, cherchant ainsi à semer le trouble quant aux intentions de ce dernier, la scène d'introduction rend cette future séquence parfaitement superficielle. Le film repose sur d’innombrables dialogues sans intérêts cassant un rythme qui dès le départ, fait défaut. Les compositeurs Rhyan D'Errico et Jared Forman s'y sont mis à deux pour proposer une partition musicale à peine digne de trôner au générique des séries télévisées policières, genre Les experts. À force de lister la montagne de défauts qui parsèment le long-métrage, on finira par se résoudre à tirer profit de certaines séquences tellement improbables qu'elles généreront davantage des sourires polis que d'authentiques moments de tensions. Si Bruce Willis est victime du mal qui l'étreint, d'autres n'ont pas la même excuse. Texas Battle (Destination finale 3 de James Wong en 2006, Détour mortel 2 de Joe Lynch en 2007) interprète un shérif Roberts douteux assez pénible à entendre et à regarder jouer. Et l'on ne parle pas là du personnage mais de l'acteur lui-même dont on ne s'étonnera pas d'apprendre que son rôle le plus célèbre reste celui de Marcus Forrester dans le soap opera Amour, Gloire et Beauté ! Il ne faudra pas chercher bien loin pour trouver pire que l'interprète afro-américain puisque la palme du plus mauvais jeu d'acteur revient sans conteste à Olivier Trevena. Dans le rôle d'Eddie Flynn, celui-ci se montre d'une incompétence crasse. Incapable d'exprimer la moindre émotion quant à la mort de sa compagne, son personnage repousse les limites de l'amateurisme, avec, comme cerise sur le gâteau, une séquence lors de laquelle le bonhomme (que le héros s'épuisera pourtant à tenter de sauver, c'est dire si le scénario branle du chef !!!) se jettera volontairement dans la gueule du loup. Dans toute son incongruité, cette scène demeure celle que l'on retiendra pourtant tant elle paraît fort improbable et involontairement drôle ! Bref, rien de nouveau à l'horizon. Triste destin que celui de Bruce Willis...

 

samedi 12 novembre 2022

White Elephant de Jesse V. Johnson (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

White Elephant de Jesse V. Johnson, c'est d'abord la réunion de trois grands noms du cinéma. Tout d'abord, Michael Rooker, la véritable vedette du récit. Rendu célèbre grâce à son rôle dans le film culte de John McNaughton Henry, portrait of a Serial Killer. Puis John Malkovitch que l'on découvrait notamment dans Les Liaisons dangereuses de Stephen Frears en 1988 ou Dans la ligne de mire de Wolfgang Petersen cinq ans plus tard. Le réalisateur Spike Jonze lui offrira même un rôle dans une œuvre qui portera son nom : Dans la peau de John Malkovich ! Et puis, il y a Bruce Willis. L'éternel interprète de John McClane de la franchise Die Hard qui contrairement aux apparences laissées par l'affiche n'est pas le principal interprète de ce White Elephant sorti en salle et en VOD sur le territoire américain le 3 juin dernier. Ce dernier ainsi que le réalisateur s'étaient déjà rencontrés sur le tournage de Code Mercury dont Jesse V. Johnson était chargé des cascades. Au delà du seul fait que Bruce Willis apparaisse dans le cas présent dans un état diminué du fait de son aphasie, le tournage est pour l'équipe qui l'entoure, l'occasion de constater combien l'acteur a perdu de sa superbe même si tous conservent une certaine fascination et un éminent respect pour cet interprète qui ne cesse alors de promettre de faire de son mieux. Le réalisateur offre à Bruce Willis le rôle de l'antagoniste du récit en la personne d'Arnold Salomon. Il incarne en effet celui d'un baron de la Mafia qui ordonne à l'un de ses hommes (Michael Rooker dans le rôle de Gabriel Tancredi) d'éliminer le témoin d'une tentative de meurtre raté ordonné par celui-ci. Cependant, Gabriel refuse d'honorer le contrat et plutôt que d'assassiner Vanessa Flynn (l'actrice Olga Kurylenko), il prend la décision de la protéger...



Comme cela va être très rapidement visible à l'écran, Bruce Willis n'est donc pas la vedette de cette histoire mêlant enquête policière, règlements de comptes, trahison et Mafia. John Malkovitch n'est d'ailleurs pas non plus des plus impliqués. Pourtant, on n'aura rarement vu Bruce Willis aussi fréquemment à l'écran depuis ces dernières années que dans ce long-métrage. Quant à Michael Rooker, il incarne un personnage ambigu, capable de tuer froidement l'un des boss de la Mafia russe et ses hommes tout en conservant une certaine morale puisqu'il se refusera à éliminer Vanessa. Sans être admirablement caractérisé, son personnage se montre parfois touchant. Surtout à l'évocation de sa femme disparue. Après, force est de reconnaître que White Elephant ne concourt pas dans la catégorie des meilleurs films d'action et thrillers de ces dernières années. Une habitude chez Jesse V. Johnson dont la carrière émaillée de films d'action ne brille ni par son originalité, ni par la qualité de ses différentes mises en scène. L'un des gros points faibles de son dernier long-métrage se situe au niveau des fusillades opposant la flic aux membres de l'association dirigée par Arnold Salomon : en effet, alors que la jeune femme doit tout d'abord combattre seule face à des groupes lourdement armés (mitraillettes et fusils à pompes) formés de quatre à six hommes, l'inefficacité de ceux-ci relève de l'absurde ! Des dizaines de tirs visant à côté tandis que Vanessa fait mouche à chaque fois. Et puis, il y a cette fâcheuse habitude visant pour les grands méchants de l'histoire à ne tirer que lorsque l'un de leurs compagnons vient de tomber au sol. On comprendra que cette incohérence permet aux protagonistes de survivre plus longtemps mais l'incapacité de leur ennemis à tirer dans le tas d'un seul et même souffle nuit terriblement au rythme. Pourtant, White Elephant se situe très légèrement au dessus de la foultitude de navets dans lesquels est récemment apparu Bruce Willis. Un long-métrage que l'on recommandera prioritairement aux fans purs et durs de cinéma d'action en général et de l'acteur et de son acolyte Michael Rooker en particulier...

 

dimanche 6 novembre 2022

Detective Knight: Rogue d'Edward Drake (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Heu... Que l'on m'explique une chose. Bruce Willis n'avait-il pas mis un terme à sa carrière pour cause d'aphasie ? Un petit tour sur l'Internet Movie Data Base semble confirmer le contraire. En effet, alors qu'il y a quelques mois encore il m'avait semblé que l'un de ses derniers projets s'intitulait Paradise City, voilà que l'ancienne star du cinéma d'action vient de démarrer une nouvelle trilogie dont le premier volet s'intitule Detective Knight: Rogue. L'année 2022 ne paraît donc pas être celle du chant du cygne puisque si le second opus est déjà terminé, le troisième est prévu pour 2023. Après, que les choses soient claires. Je ne serai jamais aussi heureux que d'entendre que que celui qui incarna John McClane, si diminué puisse-t-il être, continuera à nous abreuver de cinéma d'action même si l'espoir de le retrouver en pleines capacités physiques et mentales est enterré depuis longtemps ! Il demeure cependant un point auquel l'on ne doit pas accorder le privilège de demeurer sous silence : Bruce Willis aurait vendu son image pour que celle-ci puisse être à l'avenir exploitée sans que l'acteur n'ait à se déplacer sur les plateaux de tournage. La technologie dite du Deepfake comme la connaissent ceux qui utilisent notamment l'application Reface impliquant la génération de visages numériques à l'aide d'algorithmes semble donc devoir être la solution pour celui qui souffre en partie d'une perte de sa capacité à pouvoir s'exprimer. Demeure alors une question : ce procédé qui peut paraître très improbable dans le cas de la star mais qui pourtant n'est pas chose rare au cinéma a-t-elle été mise à contribution dans Detective Knight: Rogue ? Le seul moyen de le savoir s'avère logiquement de jeter un œil à ce long-métrage que pas grand monde n'attendait certainement. Sachant que ces dernières années Bruce Willis n'a fait qu'apparaître majoritairement dans de piètres DTV de très mauvaise facture (aussi bien d'un point de vue technique qu'au niveau de l'interprétation et de la mise en scène), si subterfuge il y a, n'importe quel téléspectateur pourra en être le témoin avisé !


Cent-cinq minutes... Voilà la durée de ce nouveau long-métrage mettant (pas vraiment) en avant Bruce Willis. Fut un temps où cette durée pouvait être envisagée comme un cadeau des dieux du cinéma d'action à l'attention des amateurs du genre. Mais aujourd'hui, accoler le nom d'un film d'une durée excédant les quatre-vingt dix minutes à un projet auquel est associée la star sent généralement très mauvais. Et il n'est pas rare d'ailleurs que de s'infliger des œuvres d'une telle durée soit une épreuve. Non pas seulement parce que Bruce Willis n'y semble être que l'ombre de ce qu'il fut mais parce que les moyens financiers, le niveau d'interprétation de ses partenaires (qui paraissent être eux aussi atteints d'aphasie), la technique et la mise en scène semblent avoir été revus à la baisse. Au mieux, l'on s'y ennuie. Au pire, l'on s'endort ! Avec tout le respect qui me caractérise pour ce grand monsieur du cinéma et l'espoir, pourquoi pas,que le miracle ait eu lieu, c'est avec un plaisir non dénué d'une certaine crainte que je me décidais à me lancer dans la projection. Pour commencer, mauvaise nouvelle : Detective Knight: Rogue est l’œuvre d'un certain Edward Drake. Et pour ceux qui ne voient pas où je veux en venir, disons qu'il fut l'auteur ces dernières années de quelques bonnes grosses daubes déjà interprétées par Bruce Willis. Ceux qui ont vu Cosmic Sin ou Apex savent très bien de quoi je veux parler. Mais passons... Le nouveau projet en commun entre le réalisateur et l'acteur démarre plutôt chaudement puisque lors du braquage d'un fourgon rempli de billets verts, le collègue du policier James Knight (Bruce Willis) se prend deux balles dans le buffet et lui claque quasiment dans les bras. D'emblée, cette première séquence souffre de problèmes relativement gênants. Comme le montage par exemple : Bruce Willis/James Knight marche d'un pas tranquille vers ceux qui viennent d'abattre son partenaire (dont il s'éloigne logiquement), détail très important) et pourtant, le plan suivant le montre agenouillé devant ce dernier. Un raccourci scénaristique, une ellipse qui pique quant même les yeux. Surtout lorsque cela intervient alors que le récit vient à peine de débuter. Mais là encore, passons...


Plus qu'à son flic, Detective Knight: Rogue s'intéresse tout d'abord au personnage de Casey Rhodes, ancien quaterback d'une équipe de football américain qui après avoir triché lors d'un match a tout perdu et qui pour subvenir aux besoins de sa femme et de leur fille participe désormais à des braquages commandités par un certain Winna (l'acteur Michael Eklund). Rhodes est plutôt bien campé par Beau Mirchoff et assez bien caractérisé. Traqué par James Knight, son collègue Godwin Sango (Jimmy Jean-Louis, lequel est incroyablement inexpressif) et par Winna, sa famille est menacée de mort à la suite d'un coup manqué ! Une simili descente aux enfers qui va se solder par la collaboration inespérée de James Knight, ce dernier faisant alors une pierre deux coups ! Voilà pour l'histoire. On est loin, très loin des grandes heures du cinéma d'action en général et de celles mettant en scène Bruce Willis en particulier. Mais au vu du pedigree d'Edward Drake, le film ne s'en sort pas trop mal. Entre un Bruce Willis absent de la majeure partie des scènes et un Beau Mirchoff très impliqué, sans savoir à combien a pu se monter le budget, on se doute que le réalisateur n'a pas bénéficié d'un montant à la hauteur des blockbusters du genre. Des impacts de balles filmés à l'aide de CGI tout pourris, des erreurs de montage à la pelle (un container qui tombe pour se retrouver à sa place initiale quelques plans après), des flash-back bordéliques, mais aussi une grande générosité en terme d'événements. Basique, le scénario ne chôme pas. Edward Drake multiplie les scènes d'action et les situations et contente ainsi celles et ceux qui ne sont pas trop regardant en terme de mise en scène et d'acting.... Mais alors.... Deepfake ou pas Deepfake ? Vue l'attitude de Bruce Willis et son impassibilité, nul doute que c'est bien lui qui s'affiche à l'écran. Dans la droite lignée des productions dans lesquelles il est apparu ces dix ou quinze dernières années, Detective Knight: Rogue est le genre de toute petite série B qui se calera sans mal entre un épisode des Experts et n'importe quel téléfilm policier...

 

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