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vendredi 19 juillet 2024

Le cinquième élément de Luc Besson (1997) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Ben merde alors ! Vingt-sept ans après avoir subit sur grand écran Le cinquième élément au point d'avoir eu un instant l'envie de mettre le feu au cinéma qui l'avait projeté, voilà que le film, selon moi, s'est bonifié avec le temps. Au point de penser qu'il s'agit sans doute de l'un des derniers bons crus de notre Luc Besson national. Vous savez, le bonhomme qui trente ans plus tard s'intéressa une nouvelle fois à la science-fiction en adaptant sur grand écran la série de bandes-dessinées de Pierre Christin, Jean-Claude Mézières et Évelyne Tranlé, Valérian et Laureline, sous le titre Valérian et la cité des mille planètes. Oui, oui, on parle bien de cette bouillie visuelle qui en terme de mise en scène et d'écriture reste tout simplement imbitable. Probablement qu'en revenant dessus dans un peu plus d'un quart de siècle, peut-être l'envisagerai-je d'un tout autre point de vue. Ce qui me semble couru d'avance puisque la seule raison pour laquelle j'ai choisi une fois de plus de m'engager dans le périple du Major Korben Dallas, du Père Vito Cornelius et de Leeloominaï Lekatariba Lamina-Tchaï Ekbat De Sebat que l'on nommera plus simplement Leeloo, fut la présence à l'écran de Bruce Willis, de Ian Holm ou encore de Gary Oldman. D'emblée, et alors qu'à l'époque je n'avais pas eu d'autre choix que d'aller découvrir le film en version française, ma première raison de grincer des dents fut le doublage de Bruce Willis qui selon la volonté de Luc Besson lui-même fut assuré non plus par Patrick Poivery mais par Bernard Métraux. Un choix plutôt étonnant mais que voulez-vous, Sieur Besson le voulut ainsi... Passons ensuite sur les placements de produits avec ces multiples plans montrant l'enseigne McDonald's, l'un des rois de la malbouffe et de la restauration rapide ou cette pseudo-refonte de l'univers propre à Blade Runner de Ridley Scott en version nettement moins sombre et anxiogène.


Un peu à la manière de Stargate ou La porte des étoiles de Roland Emmerich, Le cinquième élément ouvre les hostilités en Égypte au début du vingtième siècle. Là, un archéologue déchiffre une fresque gravée à l'intérieur d'un temple indiquant l'apparition du Mal tous les cinq-mille ans. Seul moyen de contrer ce dernier : cinq éléments dont l'un est représenté par une effigie de forme humanoïde. Cette séquence d'ouverture permet à Luc Besson de détruire l'image de bad boy de l'acteur américain Luke Perry (lequel est devenu mondialement célèbre grâce au rôle de Dylan McKay dans la série Beverly Hills 90210), lequel incarne un assistant dont le trouillomètre affiche un affligeant zéro ! Débarque alors un vaisseau d'assez belle allure conçu par la société d'effets-spéciaux créée quatre ans auparavant par le réalisateur James Cameron, Digital Domain. En sort une poignée d'extraterrestres atteints d'obésité et d'armures (exosquelettes?) venus délivrer un message. Près de trois-cent cinquante ans plus tard, le film met en scène Bruce Willis dans le rôle du chauffeur de taxi Korben Dallas sur le véhicule duquel tombe comme une enclume, Leelo. Jeune et jolie femme conçue à partir de cellules vivantes retrouvées in extremis à l'intérieur d'une main métallique appartenant à une entité extraterrestre. Le cinquième élément, c'est ELLE. Son apparition coïncide avec celle d'un étrange et gigantesque objet qui se promène tranquillou dans l'univers afin de détruire toute forme de vie qui croise son chemin. Et notre planète, malheureusement, semble être sa prochaine destination. Si de prime abord Le cinquième élément semble être une sorte de fourre-tout, Luc Besson vidant ainsi le trop plein d'imagination que contient sa caboche, il faudra sans doute pour certains, un deuxième visionnage pour saisir en grande majorité tout ce que nous conte le script écrit conjointement entre le réalisateur et le scénariste américain Robert Mark Kamen.


En effet, Luc Besson a tendance à remplir son film jusqu'à la gueule de personnages secondaires plus ou moins utiles, bien qu'en y réfléchissant, la majorité d'entre eux demeurent objectivement nécessaires à l'intrigue. Servant l'imaginaire parfois débridé de son auteur, si l'on entre dans la tête de cet homme sans doute trop inspiré, la présence de la Diva Plavalaguna (Maïwenn) a du sens. Comme celle de l'acteur et humoriste Chris Tucker qui dans le rôle de l'animateur radio Ruby Rhod est surtout là pour faire le show ! Aux côtés du personnage principal interprété par Bruce Willis l'on retrouve le Père Vito Cornelius, interprété par Ian Holm (l'androïde de Alien, le huitième passager de Ridley Scott), ainsi que Milla Jovovich dont la carrière débuta une dizaine d'années en arrière par quelques téléfilms et séries télévisées dont un épisode de Mariés, deux enfants et un autre de Parker Lewis ne perd jamais... Après avoir expérimenté les fonds marins avec Le grand Bleu, Luc Besson se montre déjà nettement plus timide lorsqu'il s'agit d'explorer l'espace qui nous entoure puisque la majeure partie des séquences sont tournées en intérieur dans des décors conçus par le chef décorateur et directeur artistique français, Dan Weil. Et ce malgré le fait que certaines zones de l'univers aient été théoriquement prospectées. Fidèle à Luc Besson depuis son court-métrage L'avant dernier en 1981, l'on retrouve une nouvelle fois aux commandes de la bande musicale Eric Serra, lequel crée notamment à cette occasion un court extrait d'opéra futuriste relativement plaisant. Avec ses soixante-quinze millions d'euros (soit trois fois moins que pour le futur Valérian et la cité des mille planètes), Luc Besson s'amuse déjà comme un gamin auquel l'on aurait confié les manettes d'un jeu vidéo en mode ''vies illimitées''. Il offre pour la seconde fois le rôle de l'antagoniste principal à Gary Oldman après l'avoir engagé sur le tournage de Léon trois ans auparavant. Un personnage haut en couleurs, affublé d'un costume ridicule comme beaucoup d'autres d'ailleurs et dont la conception fut confiée au styliste et couturier français Jean-Paul Gaultier. Souvent épuisant, un brin ringard, voire même parfois nanardesque mais moins bordélique qu'il ne m'était apparu à l'époque, Le cinquième élément gagne finalement à être redécouvert aujourd'hui...

 

jeudi 7 décembre 2023

Secrets de tournage : Alien, le huitième passager de Ridley Scott (1979)

 


 

Le véhicule de remorquage commercial USCSS Nostromo chargé de transporter vingt millions de tonnes de minerai est en direction de la planète Terre. Datant du tout début du vingt-deuxième siècle et construit par la compagnie Weyland Yutani, ce cargo n'est pas chargé d'explorer l'univers mais de prélever du minerai à la surface d'autres planètes situées aux confins de l'espace. Capable d'avancer à une vitesse équivalente à un dixième d'année-lumière, ses proportions demeurent relativement impressionnantes : deux-cent quarante-quatre mètres de long et cent-soixante cinq de large. Quant à sa hauteur, elle dépasse les soixante-dix mètres. Un beau bébé qui d'apparence semble pourtant ''rustique''. Nous sommes ici effectivement très loin de l'Enterprise de la franchise Star Trek.. Le maquettiste Martin Bower travaille pour la publicité avant d'être engagé sur la mythique série télévisée Cosmos 1999. L'homme participera ensuite au projet Alien mais c'est d'abord le fruit conjugué des efforts concédés par les illustrateurs Ron Cobb et Chris Foss qui avaient auparavant travaillé sur le Dark Star de John Carpenter qui donnera plus ou moins naissance au Nostromo tel qu'on le connaît de nos jours. Diverses versions sont proposées mais c'est l'une de celles créées par le premier qui sera retenue. Quant au second, il abandonnera la poursuite du projet bien avant que le premier tour de manivelle ne soit donné. Si lors de sa première apparition le fameux cargo écrase littéralement de toute sa masse le plan dans lequel il est intégré, la maquette la plus massive parmi les trois qui furent conçues ne mesurait cependant pas plus de deux mètres cinquante de long pour un poids tout de même estimé à deux-cent cinquante kilos ! Si de nos jours les onze millions de dollars qui furent apportés par les studios de productions pour le tournage de Alien peuvent paraître dérisoires, il faut savoir que sans le succès de Star Wars de George Lucas quelques années en arrière, sans doute le film de Ridley Scott n'aurait-il pas été aussi ''généreusement'' financé. Parmi les sept membres de l'équipage dont la quasi totalité seront décimés durant l'aventure, se trouve le personnage de Ripley. Femme au fort tempérament, incarné Sigourney Weaver, actrice qui à l'époque n'est pas encore devenue l'immense star qu'elle est désormais et qui avant cela n'avait joué que dans deux séries télévisées, une vidéo publicitaire pour la marque de soda Pepsi et deux longs-métrages dont le Anny Hall de Woody Allen en 1977 et dans lequel elle tint un tout petit rôle.


Le choix de faire porter la responsabilité du rôle principal par une interprète féminine est à l'époque un pari quelque peu osé. En effet, jusque là, il ne fut jamais envisagé de faire endosser par une femme le ''costume'' du personnage principal dans ce type de long-métrage. Un choix qui ne sera pas pris à la légère puisque Sigourney Weaver devra avant cela faire ses preuves devant un jury constitué par les femmes de la production ! Comme nous le découvrirons lors du récit, Ridley Scott n'aura pas poussé le bouchon au point d'en faire la responsable de l'équipage et du Nostromo puisque ce rôle là sera confié à l'acteur Tom Skerritt. Lequel interprétera le rôle de Dallas. Un individu particulièrement autoritaire qui pourtant disparaîtra rapidement des radars en devenant la seconde victime du xénomorphe après la mort tragique et particulièrement violente de Kane qu'incarne John Hurt. Un Kane dont la mort plutôt violente fut à l'origine d'une anecdote bien connue des fans du long-métrage. En effet, après que l'homme ait été attaqué par un FaceHugger qui après quelques temps s'était détaché de lui-même du visage de sa victime et après qu'un embryon se soit développé sous sa poitrine, Kane mourut dans d'atroces souffrances, le torse explosé faisant surgir un horrible ChestBurster. Une séquence lors de laquelle les autres acteurs furent présents et dont la surprise ne fut pas feinte. En effet, aucun d'entre eux n'avait été préparé à l'avance de ce qui allait arriver. D'où l'évidente surprise se dessinant sur leur visage lors de cette mémorable séquence. Notons que le très efficace FaceHugger à l'origine de la ''ponte'' dans le corps de Kane était notamment constitué de fruits de mer et de rognons de mouton ! Une fois le ChestBurster échappé des entrailles de Kane, les six membres restant de l'équipage se lancèrent à sa poursuite. Ripley, Brett (Harry Dean Stanton) et Parker (Yaphet Kotto qui en outre fut chargé de mettre la pression sur Sigourney Weaver) se firent une petite frayeur lorsque le chat prénommé Jones (de l'espèce Orange Tabby) fut confondu avec l'horrible petite créature qui s'apprêtait à prendre d'impressionnantes proportions.


S'ensuivit la fameuse séquence lors de laquelle Jones allait se montrer particulièrement convainquant face à la présence du xénomorphe dans sa phase d'évolution définitive. Comme on s'en doute, le félin ne fut pas malmené au point de devenir méfiant envers l'équipe de tournage mais l'un de ses membres apporta sur le plateau de tournage un berger allemand qui amena tout naturellement le chat à lui ''cracher'' dessus ! Due au remarquable imaginaire du plasticien suisse Hans Ruedi Giger, la créature xénomorphe ne fut pas divulguée au public avant que le film ne sorte sur les écrans américains. C'est ainsi que la bande annonce d'origine ne la montrait dans aucun des plans. Au sujet de l'alien en question, il fut incarné par un jeune étudiant nigérian alors âgé de vingt-six ans du nom de Bolaji Badejo. Tragiquement disparu à seulement trente-neuf ans des suites d'une drépanocytose (une maladie modifiant le code génétique de l'hémoglobine), il fut repéré dans un pub en 1978 pour son impressionnante taille (deux mètres dix-huit) et fut même comparé par Ridley Scott à la fameuse sculpture d'Alberto Giacometti, L'homme qui marche. Après cela, le jeune homme ne réapparaîtra plus à l'image qu'en de très rares occasions. Tout d'abord en 1992, l'année de son décès, dans un épisode de la série Omnibus où on le découvrait dans le costume qui le rendit ''célèbre'' ainsi que de manière posthume dans deux des documentaires consacrés au long-métrage de Ridley Scott, The Alien Legacy de Michael Matessino en 1999 et The Beast Within : The Making of Alien de Charles de Lauzirika en 2003. Entre autres anecdotes, signalons que lorsque Dallas, Kane et Lambert quittent la navette pour explorer la planète d'où provient un signal d'origine inconnue, ce ne sont ni Tom Skerritt, ni John Hurt, ni même l'actrice Veronica Cartwright qui se cachent sous les combinaisons des spationautes mais les propres enfants du réalisateur et du directeur de la photographie Derek Vanlint. Pareil pour la rencontre avec le corps fossilisé du Space Jockey dont la maquette fut, en outre, entièrement détruite après qu'une cigarette abandonnée par inadvertance y ait mis le feu. Quant à celles et ceux qui se poseraient encore la question quant à savoir comment pu être réalisée la séquence lors de laquelle le sang du xénomorphe traverse les planchers de plusieurs niveaux du Nostromo, les concepteurs des effets-spéciaux usèrent d'un mélange en partie constitué d'acétone coloré qui au contact de maquettes en polystyrène donna le résultat que l'on connaît. Et puisque l'on parle de sang, justement, parlons pour finir de celui de Ash (l'acteur Ian Holm) que nous n'avions pas encore évoqué jusque là. Personnage Ô combien ambigu qui révélera sa véritable nature d'androïde tardivement. Lorsque Parker lui assène plusieurs violents coups d'extincteurs afin de lui faire lâcher prise alors qu'il tente de tuer Ripley, le liquide blanc qui s'échappa de sa bouche et de son cou fut constitué à base de lait, de pâtes et de caviar...

 

dimanche 6 février 2022

Greystoke, la légende de Tarzan de Hugh Hudson (1984) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

On a beau se moquer gentiment de Christophe(r) Lambert, mais tout comme Jean-Claude Van Damme, pour ne citer que ce seul exemple, cet acteur franco-américain a tout de même su ponctuer sa carrière de quelques longs-métrages ''remarquables''. Quel que soit le sens que l'on donnera à ce mot dont la signification possède diverses interprétations, reconnaissons que dans les années quatre-vingt et même, la décennie suivante, il nous offrit quelques sympathiques incarnations. Fred, dans Subway de Luc Besson en 1985. Connor MacLeod dans Highlander de Russell Mulcahy en 1990. Peter Sanderson dans Face à face de Carl Schenkel en 1992. John Henry Brennick dans Fortress de Stuart Gordon en 1993. Ou encore Jack dans The Road Killers de Deran Sarafian. L'on eut même droit au tout début des années 2000 à un sous-Seven plutôt agréable avec Resurrection, une nouvelle fois réalisé par Russell Mulcahy. Mais avant tout cela, et bien d'autres pépites flirtant parfois dangereusement avec le Z, Christophe Lambert enchaîna quelques seconds rôles avant de tenir la vedette de Greystoke, la légende de Tarzan, ce grand film d'aventures signé du réalisateur britannique Hugh Hudson et adapté du roman de l'écrivain américain Edgar Rice Burroughs paru pour la toute première fois en 1912 dans le magazine All-Story Magazine. Greystoke, la légende de Tarzan, c'est tout d'abord une anecdote personnelle dont je ne suis pas peu fier puisque je me souviens encore qu'à l'époque de sa sortie sur grand écran, je m'étais rué dans l'une des deux salles du cinéma Cosmos de Chelles, en Seine et Marne. C'était il y a trente-huit ans et l'expérience fut si enthousiasmante que je devais y retourner une seconde fois, dès le lendemain. Mon père, avec sa manière si particulière de montrer son amour pour son fils en ce temps là me rétorqua que si j'y avais été deux fois, c'est parce que je n'avais pas compris le film lors de la première projection. Tout l'humour typique de ce grand monsieur originaire du Nord Pas de Calais, ce département issu de cette région administrative du nord de notre pays pompeusement connu sous le nom de Hauts-de-France depuis 2014... (Papa, je t'aime)...


Difficile de demeurer objectif devant un film qui trente-huit ans plus tard reste étrangement l'une de mes meilleures expériences cinématographiques vécues dans les salles obscures. Et pourtant, aujourd'hui, en 2022, le film de Hugh Hudson, dont le Québec respecta religieusement le titre original en le traduisant sous celui de Greystoke, la légende de Tarzan, seigneur des singe paraît déjà beaucoup moins fort qu'à l'époque de sa sortie en 1984. D'une durée sensiblement vertigineuse de cent-trente minutes, le film n'en était déjà pas moins charcuté puisqu'à l'origine pensé comme une œuvre s'étendant bien au delà de ses deux heures et trente minutes puisqu'il en alignait pas moins de trois. Oui, trois heures dont on pouvait espérer que la demi-heure supplémentaire aurait pu pallier à certains manques ignorés sous forme d’ellipses. On pense notamment au naufrage du navire qui transporte à l'origine Alice et Jack Clayton, futurs parents de John/Tarzan, ou de certaines autres séquences dans la jungle qui auraient sans doute mérité d'être rallongées. Car le principal soucis dont souffre Greystoke, la légende de Tarzan se situe sans doute dans la légèreté de la mise en scène de certaines situations. Comme l'affrontement entre Tarzan et l'un des singes de sa tribu qui se résume ici à quelques.... singeries et un combat sous l'eau se déroulant en l'espace d'une toute petite poignée de secondes. Décomposé en deux parties, entre l'Afrique équatoriale et l'impressionnante demeure des Clayton, le spectateur aura surtout retenu les splendides séquences tournées dans la jungle du parc national Korup dans la partie ouest du Cameroun. Dans des conditions qui s'avéreront forcément difficiles, le film offrira cependant des images d'une beauté exotique renversante parmi lesquelles, les magnifiques chutes d’Ekom-Nkam....


Au côtés de Christophe Lambert qui débutait là véritablement sa carrière internationale, l'actrice originaire de la Caroline du sud Andie MacDowell apparaissait dans son tout premier rôle. Celui de Jane Porter, célèbre future épouse de l'homme-singe rencontrée lors du retour du héros dans la patrie d'origine de ses parents, l'Angleterre aristocratique. Nous retrouvons également l'excellent Ian Holm qui cinq ans après avoir notamment interprété l'inquiétant androïde Ash dans le chef-d’œuvre de science-fiction horrifique de Ridley Scott Alien, le huitième passager endossait le rôle de l'explorateur britannique, le capitaine Phillippe D'Arnot. Greystoke, la légende de Tarzan offre un joli contraste entre la jungle et l'Angleterre victorienne. Entre la sauvagerie de la première et le clinquant de la seconde. Un beau film d'aventures, parfois émouvant, dans lequel Christophe Lambert offre l'une de ses meilleurs incarnations, mais qui souffre sans doute d'être découvert de nos jours sur petit écran, quelle que soit ses dimensions. En effets, Greystoke, la légende de Tarzan est d'abord et avant tout un long-métrage pensé pour le cinéma. Moins fabuleusement envoûtant que lors de sa sortie sur grand écran, l’œuvre de Hugh Hudson n'en demeure sans doute pas moins l'une des meilleures adaptations du cycle Tarzan de Edgar Rice Burroughs...

 

mercredi 20 novembre 2019

From Hell de Albert Hughes et Allen Hughes (2001) - ★★★★★★★☆☆☆



Il n'a pas fait des dizaines de victimes et pourtant, Jack l’Éventreur est entré dans la légendes des pires tueurs en série de l'histoire de la criminalité mondiale. Parce qu'il est demeuré une énigme pendant plus d'un siècle. Parce que certains continuent à enquêter sur ce remarquable fait-divers qui a officiellement fait cinq victimes parmi les prostituées du quartier de Withechapel à Londres entre le 31 août et le 9 novembre 1988. Sujet de dizaines et peut-être même de centaines d'ouvrages littéraires, de longs-métrages et de documentaires, celui que l'on a tour à tour identifié comme pouvant être d'origine juive, l’obstétricien de Béatrice du Royaume-Unis Sir John Williams, ou encore un certain nombre de criminels auxquels auraient furent rattachés les cinq meurtres officiels imputés à Jack l’Éventreur, est donc resté un mystère sans qu'aucune résolution définitive de cette sanglante affaire n'ait mis un terme à cette énigme qui ensanglanta le quartier de Whtichapel où étaient concentrés immigrés irlandais, juifs et prostituées... Pour leur troisième long-métrages, les frères Albert et Allen Hughes, notamment auteurs de Menace II Society en 1993 et du Livre d'Eli en 2009 se sont appuyés pour réaliser From Hell sur le roman graphique du dessinateur Eddie Campbell et du scénariste de bande dessinée Alan Moore. Un pavé de plusieurs centaines de pages ici concentrées en un film d'un peu moins de cent-vingt minutes...

L'épreuve étant ici d'être aussi fidèle que possible à l'ouvrage d'Eddie Campbell et d'Alan Moore tout en étant capable de faire oublier les innombrables longs-métrages déjà réalisés autour du tueur de Withechapel, Albert et Allen Hughes ont tout d'abord accordé une très grande importance à reproduire les lieux des différents crimes tels qu'ils étaient en cette année 1988 où ces derniers furent commis. À ce titre, il est intéressant de se pencher sur l'excellent DVD accompagnant l'édition de la Fox Pathé Europa éditée fin 2002 et sur lequel on retrouve plusieurs documentaires dont une visite guidée des lieux du crime et un making-of du film qui retranscrivent parfaitement le soucis du détail des frères Hugues.

Par contre, l'une des principales faiblesses du long-métrage des frères Hugues se situe au niveau du scénario. D'un classicisme un peu dépassé, From Hell est fort heureusement sauvé par un style visuel et esthétique absolument remarquable qui renvoie parfois aux riches heures de la société de production britannique Hammer Film Productions. Incarné par Johnny Depp, l'inspecteur Frederick Abberline qui fut affecté à l'enquête sur les meurtres de Withechapel est ici sujet à des visions lui offrant généralement un coup d'avance sur les autorités. Dépendant à l'opium et à l’absinthe (contrairement à celui qu'incarnera Michael Caine dans l'excellent téléfilm Jack L’Éventreur réalisé par David Wickes et dans lequel l'inspecteur est un alcoolique notoire), c'est sous leurs effets qu'il est en effet en mesure ''d'entrapercevoir''' les prochains meurtres. Les frères Hugues prêtent à leur personnage une liaison avec la prostituée Mary Jane Kelly (interprétée par l'actrice Heather Graham), dernière victime de Jack L’Éventreur. Une liaison de très courte durée qui se soldera de plus, par la fin tragique du héros qui contrairement au véritable Frederick Abberline se suicidera ici dans le film. Outre Johnny Depp et Heather Graham et tout un panel d'excellents seconds rôles, l'acteur britannique Ian Holm y incarne un Sir William Gull particulièrement sinistre. Au détour d'une scène, les frères Hugues en profitent pour évoquer de surcroît l'étrange cas de Joseph Merrick, surnommé l'homme-éléphant et qui était victime d'une forme aggravée de Neurofibromatose. Au final, si From Hell n'est pas la meilleure adaptations basée sur les exaction du célèbre éventreur, le film des frères Hugues et d'une esthétique irréprochable et convenablement interprété...

samedi 2 avril 2016

Terreur sur le Britannic de Richard Lester (1974)



A bord du paquebot Britannic, plus de 1200 passagers font route vers les États-Unis d'Amériques. Mené par le commandant Alex Brunel, l'équipage ne sait pas encore qu'à bord y ont été déposé des bombes par un homme qui exige des autorités que lui soit versée la somme d'un demi million de livres. Celui qui se fait appeler Juggernaut téléphone à Nicolas Porter, le directeur de la Sovereign Lines à laquelle le Britannic appartient et lui dicte ses conditions. Afin de prouver ses intentions, Juggernaut fait exploser l'une des bombes placée sur le pont du navire.

Alors que les autorités refusent de payer la rançon, le lieutenant Anthony Fallon va être dépêché en compagnie de son ami et assistant Charlie Braddock et de leur équipe à bord du paquebot. Spécialiste du déminage, ils vont chacun se présenter devant une bombe et sous les ordres de Fallon qui exécutera la tentative de désamorçage, ses hommes devront ensuite réagir en conséquence.
Dehors, le temps est déplorable et empêche le commandant Brunel de jeter les canots à la mer. Sur terre, les autorités mènent de front des recherches afin d'identifier et d'appréhender celui qui se fait appeler Juggernaut avant que l'heure fatidique durant laquelle l'homme a prévu de faire sauter les bombes n'arrive à échéance...

Réalisé en 1974 par Richard Lester auquel on doit entre autre les épisodes 2 et 3 de la franchise Superman avec Christopher Reeve dans le rôle-titre, Terreur sur le Britannic fait partie de cette vague de films catastrophes qui pullulèrent dans les années soixante-dix et dont il n'est pas l'un des moins glorieux représentants. Ici, pas de catastrophe naturelle. Plutôt un acte ressemblant à celui d'un terroriste désirant se faire une belle sommes d'argent tout en semant la terreur sur un paquebot rempli de passagers. Dans le rôle de Fallon, l'acteur Richard Harris, à la carrière remplie de westerns, de films de guerre et d'action efficaces. Son personnage ne manque pas d'humour mais dénote un certain esprit d'anarchie outrepassant parfois les ordres qui lui sont donnés. Le cinéaste réembauchera l'acteur deux ans plus tard pour La Rose et la Flèche. A ses côtés, Richard Harris peut compter sur des acteurs solides et de la trempe de David Hemmings, qui avant de devenir un acteur bis joua tout de même dans le chef-d’œuvre de Michelangelo Antonioni, Blow-Up, dont le cinéaste Brian de Palma réalisa un remake avec John Travolta. Et dans la pièce maîtresse du spécialiste du Giallo, Dario Argento, le magnifique Les Frissons de l'Angoisse. Le rôle du commandant du navire est quant à lui confié à Omar Sharif dont on ne compte plus les œuvres qui ont marqué le septième art (au hasard, Lawrence d'Arabie, Le Docteur Jivago ou bien L’île Mystérieuse). On reconnaîtra également les acteurs Ian Holm (Alien, le huitième Passager), Anthony Hopkins (Le Silence des Agneaux), et Freddie Jones (Elephant Man) à la douceur presque, inquiétante. Les femmes quant à elles demeurent sensiblement à l'écart puisqu'elles apparaissent de façon secondaires.

Contrairement à la majorité des films catastrophes, Terreur sur le Britannic joue dans le registre du suspens, les effets visuels se montrant relativement rares en dehors de quelques explosions. Le film se concentre sur l'opération consistant à désamorcer les bombes et sur l'enquête menée par les autorités anglaises afin de mettre la main sur Juggernaut. Le film a la bonne idée de ne pas s'éterniser sur des personnages demeurant secondaires et qui, dans le genre catastrophe, prennent habituellement une place si importante qu'une bonne première moitié des films leurs sont consacrées avant que n'entre enfin en jeu le sujet qui nous préoccupe. Terreur sur le Britannic est donc un bon film. Peut-être pas le meilleur du genre (comparé à une œuvre de la carrure de Tremblement de Terre, il fait tout de même pâle figure) mais reste tout de même un film divertissant et parfaitement interprété... 

 

mercredi 7 octobre 2015

Le Cycle de la Chair et de L'esprit: ExistenZ de David Cronenberg (1999)



Allegra Geller est mondialement connue et très populaire parmi les amateurs de jeux vidéos pour avoir créé un nouveau prototype d'interface se branchant directement sur la moelle épinière. Lors d'une représentation, elle propose à une dizaine de personnes du public de participer à la démonstration en se connectant eux-même au tout nouveau modèle de bioport créé par Allegra. Lors de la séance, la créatrice est attaquée par un commando nommé Les Réalistes, et opposé à toute forme de technologie. Heureusement pour elle, le jeune employé en marketing Ted Pikul l'aide à prendre la fuite...

Si David Cronenberg n'a jamais véritablement mis de côté ses obsessions, il a, peu de temps après Existenz, et même Spider, son film suivant, changé presque radicalement de registre. En fait de radicalité, il a su au mieux intégrer une part immense et de plus en plus importante de psychologie au détriment de l'horreur. En effet, dès l'admirable Faux-Semblant, le cinéma de Cronenberg emble revêtir un visage autrement plus mature que par le passé. Ce qui, en réalité, n'est qu'une apparence. D'ailleurs, le cinéaste d'origine canadienne joue sur cette ambiguïté dans chacune de ses œuvres. Passé maître dans l'art de manipuler le corps et la conscience, il a, à peu de chose près, frayé dans tous les domaines, créant ainsi une véritable encyclopédie de l'horreur génétique.

Depuis Frissons et Rage, à la sexualité débridée, en passant par Chromosome 3 et Scanners, deux films dont l'intrigue se concentre sur le contrôle et le pouvoir psychiques. Videodrome, lui, s'attarde sur l'influence des médias, et en l’occurrence, celle de la télévision. Crash mêle la chair au métal et Le Festin Nu, l'écriture aux drogues. Existenz ne déroge pas à la règle et aborde un thème qui, pourtant à l'époque, n'a pas encore atteint le degré d'importance qu'il connaît seize ans plus tard en 2015. Le jeu vidéo. Le jeu vidéo et son univers factice. Le jeu vidéo et ses implications morales, religieuses, politiques et même tout simplement, sociales.
Existenz est sans doute l'une de ses œuvres les moins comprises, et les moins acceptées. Certains y voyant même sont plus mauvais film (enfin, son moins bon, dirons-nous). Avouons qu'au premier abord, les décors ont l'air un peu cheap. Prenons par exemple la scène où les deux principaux protagonistes prennent la fuite à bord d'un véhicule. Les décors extérieurs de l'habitacle ont l'air d'être faits de carton-pâte. Comme ceux de ces vieux films sans le sou qui passaient un film derrière une voiture en réalité plantée dans un studio de cinéma. Croyez-le ou non, mais cette image un peu puérile et au départ grandement décevante était bien recherchée par son auteur. Et pour en avoir la confirmation, il suffit juste de se rappeler de la fin du film pour s'en convaincre. Elle se justifie à ell seule au travers d'une intrigue qui joue presque intégralement sur des faux-semblants.

Là où Existenz rejoint les œuvres passées de David Cronenberg, c'est dans la manipulation de ses personnages, et en même temps du public. Car en effet, même si l'on a une vague idée de ce qu'à l'intention de nous raconter le cinéaste, les spectateurs sont au moins autant, si ce n'est plus, dans le brouillard le plus complet. Le film n'est pas facile d'accès. D'ailleurs ceux qui ne connaissent pas son œuvre risquent de le bannir à jamais s'ils commencent par celui-ci. Même en tant que fan du réalisateur, on peut avoir beaucoup de mal à adhérer au traitement subit par la bobine.

David Cronenberg convoque pour cette aventure un brin surréaliste Jennifer Jason Leigh, Jud Law ainsi que Ian Holm et Willem Dafoe. Nouvelle et ancienne génération se retrouvent donc dans une œuvre au premier abord complexe mais dont les tenants et les aboutissants deviennent clairs à la toute fin du film. Pas sûr pourtant que tout le monde puisse tenir jusqu'au bout...


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