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jeudi 7 décembre 2023

Secrets de tournage : Alien, le huitième passager de Ridley Scott (1979)

 


 

Le véhicule de remorquage commercial USCSS Nostromo chargé de transporter vingt millions de tonnes de minerai est en direction de la planète Terre. Datant du tout début du vingt-deuxième siècle et construit par la compagnie Weyland Yutani, ce cargo n'est pas chargé d'explorer l'univers mais de prélever du minerai à la surface d'autres planètes situées aux confins de l'espace. Capable d'avancer à une vitesse équivalente à un dixième d'année-lumière, ses proportions demeurent relativement impressionnantes : deux-cent quarante-quatre mètres de long et cent-soixante cinq de large. Quant à sa hauteur, elle dépasse les soixante-dix mètres. Un beau bébé qui d'apparence semble pourtant ''rustique''. Nous sommes ici effectivement très loin de l'Enterprise de la franchise Star Trek.. Le maquettiste Martin Bower travaille pour la publicité avant d'être engagé sur la mythique série télévisée Cosmos 1999. L'homme participera ensuite au projet Alien mais c'est d'abord le fruit conjugué des efforts concédés par les illustrateurs Ron Cobb et Chris Foss qui avaient auparavant travaillé sur le Dark Star de John Carpenter qui donnera plus ou moins naissance au Nostromo tel qu'on le connaît de nos jours. Diverses versions sont proposées mais c'est l'une de celles créées par le premier qui sera retenue. Quant au second, il abandonnera la poursuite du projet bien avant que le premier tour de manivelle ne soit donné. Si lors de sa première apparition le fameux cargo écrase littéralement de toute sa masse le plan dans lequel il est intégré, la maquette la plus massive parmi les trois qui furent conçues ne mesurait cependant pas plus de deux mètres cinquante de long pour un poids tout de même estimé à deux-cent cinquante kilos ! Si de nos jours les onze millions de dollars qui furent apportés par les studios de productions pour le tournage de Alien peuvent paraître dérisoires, il faut savoir que sans le succès de Star Wars de George Lucas quelques années en arrière, sans doute le film de Ridley Scott n'aurait-il pas été aussi ''généreusement'' financé. Parmi les sept membres de l'équipage dont la quasi totalité seront décimés durant l'aventure, se trouve le personnage de Ripley. Femme au fort tempérament, incarné Sigourney Weaver, actrice qui à l'époque n'est pas encore devenue l'immense star qu'elle est désormais et qui avant cela n'avait joué que dans deux séries télévisées, une vidéo publicitaire pour la marque de soda Pepsi et deux longs-métrages dont le Anny Hall de Woody Allen en 1977 et dans lequel elle tint un tout petit rôle.


Le choix de faire porter la responsabilité du rôle principal par une interprète féminine est à l'époque un pari quelque peu osé. En effet, jusque là, il ne fut jamais envisagé de faire endosser par une femme le ''costume'' du personnage principal dans ce type de long-métrage. Un choix qui ne sera pas pris à la légère puisque Sigourney Weaver devra avant cela faire ses preuves devant un jury constitué par les femmes de la production ! Comme nous le découvrirons lors du récit, Ridley Scott n'aura pas poussé le bouchon au point d'en faire la responsable de l'équipage et du Nostromo puisque ce rôle là sera confié à l'acteur Tom Skerritt. Lequel interprétera le rôle de Dallas. Un individu particulièrement autoritaire qui pourtant disparaîtra rapidement des radars en devenant la seconde victime du xénomorphe après la mort tragique et particulièrement violente de Kane qu'incarne John Hurt. Un Kane dont la mort plutôt violente fut à l'origine d'une anecdote bien connue des fans du long-métrage. En effet, après que l'homme ait été attaqué par un FaceHugger qui après quelques temps s'était détaché de lui-même du visage de sa victime et après qu'un embryon se soit développé sous sa poitrine, Kane mourut dans d'atroces souffrances, le torse explosé faisant surgir un horrible ChestBurster. Une séquence lors de laquelle les autres acteurs furent présents et dont la surprise ne fut pas feinte. En effet, aucun d'entre eux n'avait été préparé à l'avance de ce qui allait arriver. D'où l'évidente surprise se dessinant sur leur visage lors de cette mémorable séquence. Notons que le très efficace FaceHugger à l'origine de la ''ponte'' dans le corps de Kane était notamment constitué de fruits de mer et de rognons de mouton ! Une fois le ChestBurster échappé des entrailles de Kane, les six membres restant de l'équipage se lancèrent à sa poursuite. Ripley, Brett (Harry Dean Stanton) et Parker (Yaphet Kotto qui en outre fut chargé de mettre la pression sur Sigourney Weaver) se firent une petite frayeur lorsque le chat prénommé Jones (de l'espèce Orange Tabby) fut confondu avec l'horrible petite créature qui s'apprêtait à prendre d'impressionnantes proportions.


S'ensuivit la fameuse séquence lors de laquelle Jones allait se montrer particulièrement convainquant face à la présence du xénomorphe dans sa phase d'évolution définitive. Comme on s'en doute, le félin ne fut pas malmené au point de devenir méfiant envers l'équipe de tournage mais l'un de ses membres apporta sur le plateau de tournage un berger allemand qui amena tout naturellement le chat à lui ''cracher'' dessus ! Due au remarquable imaginaire du plasticien suisse Hans Ruedi Giger, la créature xénomorphe ne fut pas divulguée au public avant que le film ne sorte sur les écrans américains. C'est ainsi que la bande annonce d'origine ne la montrait dans aucun des plans. Au sujet de l'alien en question, il fut incarné par un jeune étudiant nigérian alors âgé de vingt-six ans du nom de Bolaji Badejo. Tragiquement disparu à seulement trente-neuf ans des suites d'une drépanocytose (une maladie modifiant le code génétique de l'hémoglobine), il fut repéré dans un pub en 1978 pour son impressionnante taille (deux mètres dix-huit) et fut même comparé par Ridley Scott à la fameuse sculpture d'Alberto Giacometti, L'homme qui marche. Après cela, le jeune homme ne réapparaîtra plus à l'image qu'en de très rares occasions. Tout d'abord en 1992, l'année de son décès, dans un épisode de la série Omnibus où on le découvrait dans le costume qui le rendit ''célèbre'' ainsi que de manière posthume dans deux des documentaires consacrés au long-métrage de Ridley Scott, The Alien Legacy de Michael Matessino en 1999 et The Beast Within : The Making of Alien de Charles de Lauzirika en 2003. Entre autres anecdotes, signalons que lorsque Dallas, Kane et Lambert quittent la navette pour explorer la planète d'où provient un signal d'origine inconnue, ce ne sont ni Tom Skerritt, ni John Hurt, ni même l'actrice Veronica Cartwright qui se cachent sous les combinaisons des spationautes mais les propres enfants du réalisateur et du directeur de la photographie Derek Vanlint. Pareil pour la rencontre avec le corps fossilisé du Space Jockey dont la maquette fut, en outre, entièrement détruite après qu'une cigarette abandonnée par inadvertance y ait mis le feu. Quant à celles et ceux qui se poseraient encore la question quant à savoir comment pu être réalisée la séquence lors de laquelle le sang du xénomorphe traverse les planchers de plusieurs niveaux du Nostromo, les concepteurs des effets-spéciaux usèrent d'un mélange en partie constitué d'acétone coloré qui au contact de maquettes en polystyrène donna le résultat que l'on connaît. Et puisque l'on parle de sang, justement, parlons pour finir de celui de Ash (l'acteur Ian Holm) que nous n'avions pas encore évoqué jusque là. Personnage Ô combien ambigu qui révélera sa véritable nature d'androïde tardivement. Lorsque Parker lui assène plusieurs violents coups d'extincteurs afin de lui faire lâcher prise alors qu'il tente de tuer Ripley, le liquide blanc qui s'échappa de sa bouche et de son cou fut constitué à base de lait, de pâtes et de caviar...

 

lundi 18 juillet 2022

Freddy's Dead: The Final Nightmare de Rachel Talalay (1991)- ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Les uns après les autres, les réalisateurs se sont enchaînés pour apporter leur vision de l'univers de l'un des plus célèbres croquemitaines du septième art. L'homme au visage brûlé. Né du multiple viol que subit à l'hôpital psychiatrique de Westin Hills de Springwood sa mère Amanda Krueger. Mais avant d'arborer son visage atrocement brûlé, son gant aux lames acérées, son pull rayé rouge et vert et son rire d’outre-tombe, Freddy va comme bon nombre de futurs tueurs en série s'adonner au sadisme envers les animaux. Élevé dans une famille d'accueil, battu par son père d'adoption, méprisé par ses camarades de classe, il tuera bien des années plus tard des dizaines d'enfants avant d'être à son tour condamné et exécuté par la plupart des parents de ses victimes faute de l'avoir été par la justice elle-même. C'est à l'intérieur de la chaufferie même où il commis ses meurtres que Freddy Krueger est piégé. Arrosée d'essence, celle-ci prend feu comme un fétu de paille, emportant dans ses flammes le bourreau d'enfants. Mais alors que la paix semble être revenue à Springwood, des adolescents, progénitures de ceux qui se firent justice eux-même, meurent dans d''étranges circonstances : en effet, l'un après l'autre, ils décèdent alors qu'ils étaient tous plongés dans le sommeil. Si Freddy Krueger est bien mort dans la vie réelle, il exécute désormais ses nouvelles victimes dans leurs rêves. La légende est alors née... C'est en lisant un article sur des réfugiés Hmongs (habitants originaire des régions du sud de la Chine ou du nord de Vietnam) qui furent retrouvés morts après qu'ils aient refusé de dormir de peur de faire d'horribles cauchemars que le réalisateur Wes Craven a l'idée d'un boogeyman s'en prenant à ses victimes dans leurs rêves...


On connaît la suite puisque la future star de 21 Jump Street, de Edward aux mains d'argents, de Las Vegas Parano ou de la franchise Pirate des caraïbes Johhny Deep y apparaîtra pour la première fois sur grand écran. Et fera partie des victimes du terrifiant Freddy Krueger qui, même s'il cabotine déjà, n'en est pas moins terrifiant dans ce premier volet que son auteur intitule alors A Nightmare on Elm Street et qui chez nous sortira sous le titre Les Griffes de la nuit. Plus culte, tu meurs !!! Wes Craven refuse de participer au tournage de la séquelle La revanche de Freddy et son nom en tant que réalisateur ne réapparaîtra que dix ans après son œuvre séminale. En 1987 et 1988 sortent l'un après l'autre Les griffes du cauchemar de Chuck Russell (lequel réalisera ensuite l'excellent The Blob) et Le cauchemar de Freddy de Renny Harlin qui demeure les derniers vrais bons volets d'une saga qui ensuite va très rapidement s'épuiser. En 1989, Stephen Hopkins (réalisateur en 1990 de Predator 2) signe le cinquième volet intitulé L'Enfant du cauchemar. Une véritable purge qui laisse espérer que la franchise n'ira pas plus loin...


Mais ce sera sans compter sur La Fin de Freddy : L'Ultime Cauchemar, seul volet réalisé en 1990 par une femme du nom de Rachel Talalay qui avant de se tourner presque définitivement vers la télévision tournera par la suite Le tueur du futur en 1993 et Tank Girl deux ans plus tard. Pour ce dernier (et ultime?) volet que représentait à l'époque de sa sortie La Fin de Freddy : L'Ultime Cauchemar, le film se penche sur le personnage de John Doe (Shon Greenblatt), seul survivant des actes monstrueux perpétrés par Freddy Krueger. Traumatisé, la psychologue Maggie Burroughs propose au jeune garçon de l'accompagner jusqu'à Springwood afin d'exorciser ses démons. Cachés dans la camionnette qui conduit John et la jeune femme, trois adolescents vont désormais être eux aussi confronté à l'abominable tueur d'enfants. Pour ce sixième long-métrage qui se veut sans doute testamentaire, la réalisatrice nous convie à revivre différentes étapes de l'existence de Freddy Krueger. De son enfance jusqu'à ce qu'il ait revêtu son costume de boogeyman en passant par une adolescence difficile. Si le concept est diablement excitant, le résultat est loin d'atteindre à l'image le degré d'exigence auquel pouvaient prétendre les fans de la franchise. Les quelques séquences pourvues d'effets-spéciaux digitaux ont esthétiquement pris une monumentale gifle. C'est laid, terriblement laid. Heureusement demeurent quelques séquences plutôt remarquables, comme la traque du jeune sourd Carlos (l'acteur Ricky Dean Logan) et dont la mort se montre particulièrement graphique, étant effectuée à base d'effets-spéciaux de maquillage au latex...


Tout en arborant les atours de l'hommage à ce grand bonhomme du cinéma d'horreur et du fantastique transparaît néanmoins parfois le sentiment d'une blague de potache relativement irrévérencieuse. Freddy Krueger cabotine comme jamais, devenant lui-même sa propre parodie tandis que certaines séquences plutôt originales sur le papier démontrent leur limites une fois transposées à l'écran (le jeune Spencer qu'interprète Breckin Meyer se retrouve piégé dans un jeu vidéo où il est poursuivi par Freddy Krueger dans des décors entièrement constitués de pixels). Le génial Yaphet Kotto (Alien, de Ridley Scott) interprète le personnage de Doc, minimisant ses apparitions pour le malheur de ses fans mais sans doute aussi, pour le bien de sa santé mentale ou celui de sa carrière d'acteur. Car si ce sixième chapitre des aventures du grand brûlé ne sont pas aussi infamantes que celles de L'Enfant du cauchemar, on est loin d'atteindre les qualités des quatre premiers volets. Si l'usage de la trois dimensions donne d'horribles résultats (non mais, c'est quoi ces étrons volants?), si quelques erreurs de montage montrent parfois l'absence de sérieux (Carlos, filmé en gros plans porte ses mains à ses oreilles tandis qu'il apparaît les mains écartées une fois filmé en plongée), si le film réussit moins qu'un certain Evild Dead 2 (Sam Raimi, 1987) à rendre cartoonesques certaines séquences et si le scénario se montre rachitique, ne boudons pas trop notre plaisir. D'autant plus que l'on y découvre un Robert Englund débarrassé de son célèbre maquillage lors d'une séquence qui lui rend tous les honneurs qui lui sont dus ! Confronté au monde réel, Freddy combattra celle qui s'avérera finalement être sa fille Katherine lors d'un duel aussi épique, gore, que... pixelisé. Toute une époque en somme qui signait là, la fin provisoire de l'une des plus charismatiques créatures du bestiaire fantastique...

 

mardi 16 octobre 2018

Cycle Stephen King : The Running Man de Paul Michael Glaser (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆



The Running Man fut le premier long-métrage de pure science-fiction à être adapté d'une œuvre de Stephen King. Pourtant, le roman qui en est à l'origine et que l'auteur écrivit sous le pseudonyme de Richard Bachman n'était pas sa première tentative en la matière puisque Rage, en 1977 et The Long Walk (Marche ou Crève), en 1979 abordaient déjà des thématiques ouvertement anticipatives. Fort curieusement, le roman de Stephen King/Richard Bachman lui aussi intitulé The Running Man contient de grandes similitudes avec un ouvrage écrit par le romancier américain Robert Sheckley en 1958 (The Prize of Peril). A tel point que lorsque l'on découvre les adaptations cinématographiques respectives des deux romans (la seconde étant intitulée Le Prix du Danger, réalisé en 1983, soit quatre ans avant le film de Paul Michael Glaser (le Starsky de la série policière américaine Starsky et Hutch)), on pourrait penser que le premier s'est inspiré du second. Sans chauvinisme aucun, on peut cependant objectivement reconnaître que le film du cinéaste français Yves Boisset est indéniablement supérieur à celui de l'acteur/réalisateur américain.

En vedette, l'acteur américain d'origine autrichienne Arnold Schwarzenegger, dans le rôle d'un policier à la morale beaucoup moins douteuse que celle de ses collègues qui, en refusant de tirer sur une foule d'individus affamés et non armés, se retrouve derrière les barreaux. Nous sommes en 2017 (sic!), et accompagné de ses co-détenus, Ben Richards parvient à s'échapper. Fugitif, il est remarqué par Damon Killian, l'animateur vedette d'une émission intitulée The Running Man dans laquelle un homme doit échapper à des tueurs s'il veut espérer demeurer en vie. Contraint malgré lui d'y participer auprès d'Amber Mendez, William Laughlin et Harold Weiss (ces deux derniers étant deux de ses anciens co-détenus), et haï par un public manipulé grâce à des images trafiquées le montrant massacrer des centaines d'hommes, de femmes et d'enfants alors qu'il s'y était au contraire opposé, Ben jure à Killian qu'il reviendra lui faire payer...

The Running Man est donc la première incartade de l'écrivain Stephen King dans le domaine de la science-fiction au cinéma, lui que l'on a surtout connu s'intéressant de très près à l'épouvante. Librement adapté d'un ouvrage qu'il écrivit sous le pseudonyme de Richard Bachman, la tâche est confiée à l'acteur Paul Michael Glaser qui, sans faire de miracles, propose un spectacle relativement divertissant. Mais là s'arrêtent les points positifs car en dehors de ça, le long-métrage, malgré un important budget s'élevant à vingt-sept millions de dollars, The Running Man ne se révèle n'être au final qu'une série B friquée flirtant presque avec le Z et pas davantage maîtrisée qu'un bon vieux nanar italien des années 70/80. Aux côtés de la vedette américano-autrichienne, on retrouve l'actrice vénézuélienne Maria Conchita Alonso qui interpréta le rôle de Leona Cantrell dans Predator 2, mais cette fois-ci, sans la star bodybuildée. Du premier Predator, on retrouve par contre l'acteur Jesse ventura, l'un des compagnons d'Arnold Schwarzenegger qui aura le triste privilège d'être la première victime à mourir des assaults de l'hyper-charismatique extraterrestre venu sur terre afin de chasser l'homme. Yaphet Kotto fait lui aussi partie de l'aventure dans le rôle de William Laughlin, mais connaîtra un sort pas plus enviable que celui qu'il interpréta dans le cultissime Alien de Ridley Scott. N'oublions pas l'acteur Richard Dawson qui dans The Running Man incarne à merveille la pourriture de service. Le film de Paul Michael Glaser tourne autour d'un état aux mains de la milice, et d'une population crevant de faim que l'on abreuve d'images mensongères afin de la détourner de ses principales préoccupations. Une thématique visionnaire dont certains éléments sont proches de l'état actuel de certaines grandes nations.

Malheureusement, The Running Man tourne assez rapidement en rond et n'est rien d'autre qu'un film de science-fiction mâtiné d'action pas vraiment intelligent et encore moins fin en terme de scénario. Les décors sont laids et l'interprétation basique. A réserver aux fans de la star musclée (qui reviendra trois ans plus tard avec une autre œuvre d'anticipation beaucoup plus ambitieuse avec le Total Recall de Paul Verhoeven) et à ceux de Stephen King. Un film mineur...

mardi 15 août 2017

Warning Sign de Hal Barwood (1985) ★★★★★★★☆☆☆



C'est ce qui s'appelle ne pas avoir de chance. Des scientifiques ont beau porter des accoutrements censés les prémunir de toute forme de virus, un accident, pour le coup, terriblement stupide, va plonger tout un groupe de chercheurs enfermés dans l'une des ailes d'un laboratoire supposé mener des expériences agronomiques, en quarantaine. Tout ça parce qu'une étiquette mal collée sur un tube à essai s'est malencontreusement accrochée à la manche de l'un des chercheurs avant de tomber au sol. Résistant à la chute, le tube renfermant un très dangereux virus ne résistera pas longtemps à la pression exercée par le pied d'un scientifique qui ne se doute pas alors, qu'il a sous le pied, une véritable bombe à retardement. Maintenant un suspens inutile puisque l'issue fatale y est dès le départ évidente, la zone est déclarée en quarantaine. Pas très sérieux, GW Bailey (le capitaine Thaddeus Harris de la saga Police Academy), ici dans le rôle de l'un des principaux scientifiques, Tom Schmidt, s'éloigne pourtant du personnage très barré qui le rendit célèbre durant le courant des années quatre-vingt. S'il manque de sérieux, c'est cette fois-ci à travers son personnage. Un scientifique qui malgré les directives dues au protocole mis en place une fois le virus diffusé dans l'air ne semble pas prendre très au sérieux les risques de contamination. Heureusement que la gardienne Joanie Morse veille au grain et que quelques-uns tentent de raisonner le scientifique.

Réalisé en 1985 par le cinéaste Hal Barwood dont Warning Sign semble être le seul et unique long-métrage (télévisé de surcroît), le téléfilm, connu chez nous sous le titre Contact Mortel est une assez bonne surprise qui rappelle sensiblement The Crazies que le regretté George Romero réalisa en 1973. Bien que réalisé douze ans plus tard, Warning Sign fait tout de même partie de cette vague de projets cinématographiques et télévisuels qui initièrent sans doute sans le vouloir celle qui depuis quelques années envahie les écrans de cinéma. Au cœur de cette intrigue, un virus dont les effets se révèlent particulièrement étonnants puisque ne se contentant pas uniquement de tuer son porteur , il provoque chez lui un accès de violence incontrôlable. 26 Jours Plus Tard, Rec, et leurs dizaines d’ersatz ne sont donc pas très loin.

On aurait pu redouter son statut de téléfilm, mais les présences de Sam Waterston, Yaphet Kotto, Richard A. Dysart, Jeffrey DeMunn, G. W. Bailey, ou encore de Jerry Hardin rassurent sur la bonne tenue de l'interprétation et de l'intrigue de Contact Mortel. Un joli casting pour un récit prenant, qui laisse entrevoir les travers d'une humanité pas toujours capable d'estimer les risques liés à certaines expérimentations et encore moins capable de maintenir une cohésion face au danger et à l'incompréhension. D'où un certain désordre que l'on retrouvait déjà en 1973 dans l’œuvre de George Romero. L'éternel combat entre autorité civile, militaire et scientifique à une fois encore lieu. Comme très souvent cela fut le cas par le passé et tel qu'il fera sans doute à jamais partie des gimmicks cinématographiques, on a droit au poivrot de service sans lequel rien ne pourrait aller mieux mais qui, de l'avis général, ne fera que compliquer les choses. Réveillé d'une nuit alcoolisée, il entre en scène sous les traits de l'acteur Jeffrey DeMunn, un habitué de l'univers du romancier Stephen King puisqu'il participa à au moins trois adaptation cinématographiques du maître de l'épouvante.

En toile de fond on a droit à la sempiternelle sérénade anti-bactériologique. Un sujet dont le cinéma est friand. Contact Mortel est un téléfilm agréable à suivre et l'un des ancêtres de la vague de films d'infectés qui pullulent de nos jours. Une curiosité...


jeudi 1 novembre 2012

Alien, Le Huitième Passager de Ridley Scott (1979)



Le véhicule commercial Nostromo, transporte vingt millions de tonnes de minerai. Il est sur le chemin du retour vers la Terre lorsque son équipage, constitué de sept passagers en hibernation, est soudainement réveillé. Tous les membres sont persuadés d'être arrivés à destination mais "maman", l'ordinateur central du Nostromo, indique au capitaine Dallas qu'elle vient d'intercepter une émission d'origine inconnue. Selon une close contenue dans le contrat de chacun, tout signe d'une présence intelligente doit faire l'objet d'une recherche. Certain passagers sont contrariés à cette idée sauf le médecin de bord qui n'oublie pas de rappeler à ces derniers que le moindre manquement à la règle signifie une suppression de la prime de fin de voyage. C'est donc dépité que l'équipage prends place à bord d'une navette et s'apprête à se poser sur le sol de la planète d'où provient le message.


Après un atterrissage difficile, le capitaine Dallas accompagné de Lambert et Kane se met en route vers l'endroit d'où semble avoir été émis, selon Ripley, ce qui ressemble désormais à un S.O.S. Sur une planète inhospitalière où les vents rugissent en permanence et où la lumière est rare, les trois membres de l'expédition trouvent un immense vaisseau extraterrestre à l'intérieur duquel aucune trace de vie n'est détectée. Les murs semblent tapis d'une matière organique, quand, plus loin, Kane trouve un puits dans lequel il se laisse glisser avant de tomber nez à nez avec ce qui semble être une immense chambre d'incubation dans laquelle des milliers d'œufs reposent sous une fine pellicule de lumière bleue. L'un d'entre eux, à l'approche de Kane, ouvre son extrémité. Pris de curiosité, Kane s'en approche avant d'être attaqué par ce qui ressemble à un énorme parasite (un facehugger). De retour aux abords de la navette, Dallas et Lambert exigent de Ripley qu'elle leur ouvre l'accès au vaisseau mais celle-ci, respectant les règles de sécurité, refuse et c'est le médecin de bord qui prends la décision de les laisser entrer. Kane, inconscient, est emporté vers l'infirmerie et après que le médecin lui ai ôté son scaphandre, l'équipage découvre horrifié que son visage est entièrement recouvert par la créature sortie plus tôt de son œuf. Après une tentative d'extraction de la part du médecin, conclue par un échec, le capitaine Dallas prends la décision de mettre Kane en quarantaine.
Quelques temps après, le docteur demande à Dallas de venir à l'infirmerie. L'équipage tout entier se rends alors sur les lieux et est heureux de découvrir un Kane libéré du parasite et enfin réveillé. Affamé, Kane réclame à manger et l'équipage alors en profite pour aller se nourrir. Durant le repas, Kane est pris de convulsions et, alors qu'il est allongé sur la table, ses amis contemplent avec effroi l'horrible petite créature qui s'extrait violemment de son torse avant de prendre la fuite...


Un chef-d'œuvre qui consacre deux genres: La science-fiction et l'épouvante


"Alien, le huitième passager" de Ridley Scott ("Duellistes", "Legend") est sans conteste l'un des meilleurs films de science-fiction de tous les temps. Tourné en 1979 soit trois années avant son autre chef-d'œuvre du genre, "Blade Runner", il allie avec merveille ce genre souvent représenté au cinéma avec une une épouvante parfaitement maitrisée. Deux courants que l'on aurait pu croire incompatibles mais qui dans cette œuvre très sombre font des merveilles. On est loin, très loin de la science-fiction bon enfant de Georges Lucas ("La guerre des étoiles" et ses suites). On retrouvera plus tard cette noirceur désespérée et pessimiste dans "Blade Runner". Dès les premières images et ce long travelling sur le cargo spatial menant sa route vers la Terre, l'oppression, constante se fait ressentir et elle ne nous lâchera pas jusqu'à la fin. Le gigantisme du vaisseau est en totale contradiction avec les longs couloirs exigus qui verront Ripley, l'héroïne de ce film campée par la superbe Sigourney Weaver, batailler avec une force de conviction peu commune, une créature extraterrestre cauchemardesque. L'angoisse atteint son point culminant lorsqu'elle se retrouve seule face au monstre alors que l' équipage tout entier a été décimé. Les couloirs du cargo se transforment alors en dédales sombres et inquiétant et la camera, nerveuse, qui suit Ripley à quelques centimètres dans une course contre la montre et contre la mort est étourdissante.


Les personnages sont tous parfaitement campés (notamment Veronica Cartwright, Yaphet Kotto, Harry Dean Stanton ainsi que Ian Holm) par des acteurs impliqués dans l'histoire. On pense que tout est dit dès lors que la traque commence mais l'ambiguïté dégagée par le personnage de l'officier Ash éclate vers les derniers instants du film et l'on comprends alors le sens réel de l'expédition. Quand à la créature, le huitième passager du titre, elle est d'une incroyable sensualité, ce qui ne l'empêche pas d'être authentiquement terrifiante. La bande son est, quand à elle, presque un personnage à part entière puisqu'elle est d'une efficacité à toutes épreuve notamment dans la scène où Brett (le génial Harry Dean Stanton) part à la recherche du chat de l'équipage. C'est dans l'écho d'une pulsation cardiaque particulièrement angoissante que l'on suit le personnage jusqu'à sa tragique destinée.


Une succession de suites et d'avatars qui prouvent que l'œuvre de Ridley Scott est indétrônable


Le film ayant obtenu un énorme succès, il connut plusieurs suites dont le troisième épisode, réalisé par l'excellent David Fincher ("Seven") et le quatrième par le français Jean-Pierre Jeunet ("Le bunker de la dernière rafale", "Le fabuleux destin d'Amélie Poulain"). Les italiens s'emparèrent du scénario pour pondre une série de plagiats tous aussi mauvais les uns que les autres ("Contaminations", "La Galaxie De La Terreur", "Alien 2, On Earth"). Le film de Ridley Scott fut scénarisé par Dan O Bannon (réalisateur du petit mais drôlissime "Retour des morts-vivants"). La créature fut quand à elle créée par le peintre Giger. Dernière anecdote, l'idée du film n'est pas tout à fait une invention purement originale puisqu'elle semble avoir été inspirée par le "planète des vampires" du grand cinéaste italien Mario Bava...
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