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mardi 3 juin 2025

Wishmaster de Robert Kurtzman (1997) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Après avoir découvert la veille le second volet de la franchise Wishmaster intitulé Evil never Dies, retour en arrière de deux années avec le premier des quatre chapitres, réalisé celui-ci par Robert Kurtzman, auteur de nombreux effets-spéciaux et notamment sur les tournages de Evil Dead 2 de Sam Raimi, The Hidden de Jack Sholder, Phantasm II de Don Coscarelli, Misery de Rob Reiner et d'innombrables autres longs-métrages horrifiques. Entre 1995 et 2010, ce concepteur d'effets-spéciaux de maquillage aura en outre réalisé cinq films dont aucun n'aura su dépasser le simple stade de petite production d'horreur. Deux ans après avoir mis en boite The Demolitionist, Robert Kurtzman réalise donc Wishmaster dans lequel il met en scène un Djinn qui sous sa forme humaine se fait appeler Nathaniel Demerest. Pour la première des deux seules fois où il apparaît sous les traits de l'acteur vénézuélien Andrew Divoff, ce démon accomplissant les vœux de ses victimes contre lesquels il exige qu'elles lui offrent leur âme est libéré alors qu'il était enfermé dans une opale incandescente elle-même dissimulée dans une statue qu'avait prévu d'ajouter à sa collection un certain Raymond Beaumont. Ce premier Wishmaster de la franchise ne démarre malheureusement pas sous les meilleurs augures puisque le récit remonte tout d'abord aux origines qui ont menées le Djinn à se retrouver pris au piège d'une pierre précieuse. Une séquence relativement courte mais qui laisse déjà entrevoir la piètre qualité de certains effets. Comme ces décors et ces costumes persans de l'an 1127 dont les uns ont l'air conçus en carton-pâte tandis que les autres semblent avoir été fabriqués par des amateurs en prévision d'une convention consacrée à l'Histoire iranienne ! Bref, rien de bien entreprenant s'agissant de plonger le spectateur dans un cadre fantastico-réaliste en ce sens où l'action se déroule ensuite dans le présent. Époque où le scénario inclus donc divers éléments fantastiques. Un script que l'on doit d'ailleurs au scénariste Peter Atkins (auquel on doit ceux des quatre volets de la franchise mais aussi ceux de la quasi totalité des volets de la saga Hellraiser), acteur, producteur, qui signe ici une histoire plutôt quelconque cependant aidée par quelques intervention de notre créature dont l'interprète est déjà très à l'aise consistant son cabotinage. Andrew Divoff était à ce titre l'acteur idéal. Entre sourire carnassier, orbites enfoncées sous une paire de sourcils frondeurs et visage grêlé admirablement mis en scène en lumière rasante, le voir s'amuser en laissant ses victimes espérer obtenir ce qu'elles désirent sans imaginer un seul instant les conséquences de leur choix demeure déjà dans ce premier volet, une friandise plutôt alléchante...


Pour le reste, ce premier long-métrage de la franchise prépare à la suite, et donc au second dont les différences s'avèrent finalement minimes même si les environnements changent parfois drastiquement. Ensuite, tout est affaire de goût. Les uns préféreront peut-être le maquillage du Djinn présent dans ce premier long-métrage tandis que les autres auront sans doute un coup de cœur pour l'aspect humide qu'il arbore dans le second. Coté effets-spéciaux, rien de bien remarquable dans ce Wishmaster qui ne semble donc pas devoir trôner au sommet de la franchise. Là encore, tout ne reposera que sur certaines attentes de la part du spectateur. Peut doté d'effets gore (en dehors d'un arrachage de mâchoire plutôt sympathique), l'actrice Tammy Laurent en fait des tonnes dans le rôle d'Alexandra Amberson et s'avère moins ''affriolante'' que Holly Fields qui dans Wishmaster 2: Evil Never Dies incarnait le rôle de Morgana. Wishmaster semble surtout devoir reposer sur la présence d'une galerie non pas de personnages mais d'interprètes que les amateurs de cinéma horrifico-fantastique apprécieront. Produit en partie par Wes Craven (le papa de la dernière maison sur la gauche, La colline a des yeux, Les griffes de la nuit ou la franchise Scream), Wishmaster 2: Evil Never Dies permet en effet de retrouver quelques acteurs emblématiques du cinéma d'horreur. Les anglophones apprécieront tout d'abord de découvrir le film en version originale pour la présence de l'acteur Angus Scrimm (rendu mondialement célèbre pour son incarnation du Tall Man dans la saga Phantasm) en narrateur. Du côté des acteurs directement présents à l'image, nous citerons Ted Raimi (frère de Sam) dans le petit rôle d'Ed Finney (lequel termine broyé par la chute d'un container enfermant la statue du dieu Ahura Mazda). Puis surviennent à l'écran, Robert ''Freddy Krueger'' Englund, Kane Hodder (plusieurs fois interprète du tueur en série Jason Voorhees de la franchise Vendredi 13), Tony Todd (le Candyman du long-métrage éponyme réalisé en 1992 par Bernard Rose) ou encore Joseph Pilate qui en 1985 interpréta notamment l'immonde Capitaine Henry Rhodes dans l'un des chefs-d’œuvre de George Romero, Day of the Dead. Pourtant, la présence de ces divers acteurs ne modifient malheureusement pas le fait que Wishmaster demeure un film d'horreur relativement moyen...

 

samedi 14 décembre 2024

Cycle Crocodiles-Alligators: Lake Placid VS. Anaconda de A.B.Stones (2015)



Il fallait bien que la franchise Lake Placid s'y mette. Et oui, le mauvais goût ayant une place de choix dan le cœur du public télévisuel américain, la formule mettant en scène deux créatures du bestiaire fantastique se confrontant dans des joutes sanglantes vient de touché cette série qui connut tout de même un premier épisode pas si mal que cela. Aux commandes de ce nouveau nanar, A.B.Stones, cinéaste américain dont il semble ici s'agir de la toute première incursion au cinéma (après le téléfilm Cozmo's produit la même année). Lake Placid VS. Anaconda n'a, vous l'urez deviné, plus aucun rapport avec le film original. On y croise l'acteur Corin Nemec qui depuis quelques années semble s'être fait une spécialité dans le genre puisque on l'a déjà vu dans Beach Shark en très énervant organisateur de festivals, puis en 2013 dans le mockbuster Jurassic Attack et dans Robocroc, très certainement le sujet du prochain article. Pour une fois, l'acteur sait se tenir. Il n'en fait pas trop, laissant le rôle du crétin de service à l'adjoint du shérif, ce dernier étant campé par l'actrice Yancy Butler.

D'une manière générale, Lake Placid VS. Anaconda ne se départit pas d'une certaine constance dans la lourdeur, affirmant fièrement sa filiation avec des œuvres aussi bêtes que la série des Sharknado ou toute la série des Beach, Sand ou autre Avalanche Sharks. Est-ce par respect ou par ignorance totale du prestige qui entoure encore pour quelques temps l'acteur Robert Englund que le site Allocine a choisit d'ignorer sa présence dans le casting de A.B.Stones ?
Toujours est-il que l'acteur y fait une apparition remarquée, tout le coté gauche de son corps conservant les séquelles d'une attaque de crocodile datant de plusieurs années. Lake Placid VS. Anaconda ne nous bassinera pas, pour une fois, avec l'écologie. Ici, pas de déchets nucléaire ou d'océan servant d'immense poubelle. Par contre, et cela est malheureusement une constante dans le genre, la science s'en mêle.

C'est en effet lors d'une expérience visant à croiser un spécimen de crocodile mâle à un anaconda femelle que cette dernière parvient à fuir du laboratoire dans lequel elle est enfermée. Heureusement pour nous humains, puisque le requin lui-même se sauve et sème la terreur parmi les postulantes d'une confrérie dont le principal membre possède un quotient intellectuel frôlant celui d'un gastéropode. Outre le massacre perpétré par le crocodile, qui d'une certaine manière convient à tous ceux qui détestent ces jeunes américains qui passent leur temps à tenir des propos sans intérêt, à boire et à copuler, le crocodile et l'anaconda vont combattre l'un contre l'autre, mis en scène dans des effets-spéciaux (on ne le dira jamais assez) d'un autre âge.

On a droit à la fille d'un richissime propriétaire venue reprendre le flambeau de papa dans sa quête d'obtenir un hybride surnommé "crococonda". Un shérif au féminin sacrément "burné" dont l'adjoint est d'une bêtise qui confine à l'indigeste. Un garde-chasse traquant la bête tout en s'assurant que l'espèce soit préservée. Une maire corrompu dont les intérêts passent, comme d'habitude, avant tout le reste. Et enfin une bande d'adolescentes en bikini servant de diner à un saurien affamé. Que demander de plus ? Peut-être, pour une fois, une mise en scène à la hauteur des espérances ('il en demeure encore). Mais pour cela, il faudra repasser. Lake Placid VS. Anaconda n'est pas le film qui réconciliera les créatures génétiquement modifiées avec les cinéphiles et cinéphages amoureux du septième art. 

 

samedi 30 mars 2024

Freddy VS Jason de Ronny Yu (2003) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

À priori, ce type de projet de Crossover réunissant deux personnalités du cinéma d'horreur et d'épouvante peut paraître casse-gueule. Voire même absurde. Et à moins que le scénario ne soit en béton, il est probable que l'on obtienne au mieux, une œuvre bâtarde percluse d'incohérences. C'est donc avec une certaine inquiétude que l'on pouvait attendre il y a maintenant un peu plus de vingt ans la sortie sur les écrans de Freddy VS Jason. Deux des personnages parmi les plus emblématiques du fantastique respectivement issus des franchises Les griffes de la nuit et Vendredi 13. Sous ce titre qui s'apparente à un duel entre deux monstres sacrés de l'horreur, c'est d'abord la collaboration entre deux célèbres sociétés de production cinématographiques américaines. D'un côté, la New Line Cinema. De l'autre, la Paramount Pictures. La première ayant produit Les griffes de la nuit de Wes Craven en 1984 ainsi que ses suites et la seconde, la série des Vendredi 13 dont le premier volet réalisé par Sean S. Cunningham vit le jour en 1980. Ici, l'ancienneté semble ne pas prévaloir sur le positionnement de nos deux tueurs en série puisque dès le titre l'on comprend que la place de Freddy Krueger sera beaucoup plus importante que celle de Jason Voorhees. Un point de vue de la part des auteurs de Freddy VS Jason qui s'avère au fond plutôt logique si l'on tient compte du fait que le second semble dénué de toute réflexion et ne semble agir que par pur instinct meurtrier. Dénué en outre de la parole, Jason apparaît comme un grand bêta au service de Freddy. Mais alors, comment justifier cet affrontement précédé d'une collaboration entre nos deux tueurs ? Les scénaristes Damian Shannon, Mark Swift et David S. Goyer apportent une réponse qui colle parfaitement au tempérament de l'un et de l'autre de ces deux mythiques personnages. Se nourrissant de la peur de ses victimes qui lui permettent alors de s'introduire dans leurs rêves, Freddy s'est fait oublier à tel point que son pouvoir s'est affaiblit. Il a beau tenter de revenir hanter les rêves des adolescents de Elm Street, rien n'y fait. Une seule solution s'impose alors : faire appel à Jason afin que celui-ci terrorise les habitants du quartier et que la peur réapparaisse au sein des foyers.


Mais si la méthode employée par Freddy semble fonctionner, il y a un hic ! Jason étant un insatiable tueur d'adolescents décérébrés et amateurs de sexe et d'alcool, il tue sans compter tous ceux qui se trouvent sur son chemin. Et notamment celles et ceux qu'avait prévu de garder pour lui le grand brûlé aux doigts de la main droite se terminant par de longues lames acérées. Bien que Freddy retrouve des forces et bien qu'il puisse à nouveau hanter les cauchemars de nos jeunes protagonistes parmi lesquels, Lori Campbell (Monica Keena), Will Rollins (Jason Ritter), Kia Waterson (Kelly Rowland) et Gibb Smith (Katharine Isabelle), Freddy doit d'abord penser à se débarrasser de son encombrant ''compagnon de route''... Autant le dire tout de suite, les craintes émises étaient infondées. En effet, Freddy VS Jason rend honneur à nos deux Boogeymen... enfin, surtout au premier car le second ne sert pratiquement que de faire-valoir même si certaines séquences particulièrement violentes lui sont réservées. ''Brutal'' est le mot qui semble sied le mieux à Jason dont l'état de décrépitude marque un retour à l'apparence qu'on lui connaissait avant son étonnant ''rajeunissement'' dans l'épisode précédent intitulé Jason X ! Quant à Freddy, les fans apprécieront de le découvrir tout d'abord sous les traits de l'acteur qui l'interprète : Robert Englund y apparaît effectivement en préambule sans les brûlures typiques du personnage qu'il incarne alors depuis une vingtaine d'années. Freddy VS Jason fait la part belle aux séquences situées dans son univers avec, en outre, plusieurs passages situés dans la mythique centrale thermique où il travaillait du temps de son vivant. Mais surtout, le long-métrage du réalisateur, scénariste et producteur hongkongais Ronny Yu plus connu pour ses films d'action tournés dans son pays offre quelques séquences horrifiques particulièrement inspirées. Bref, Freddy VS Jason est plutôt une bonne surprise qui, certes, met du temps à démarrer et à poser les bases du script, mais qui au final contentera les fans de l'un et de l'autre des célèbres tueurs en série de fiction...

lundi 18 juillet 2022

Freddy's Dead: The Final Nightmare de Rachel Talalay (1991)- ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Les uns après les autres, les réalisateurs se sont enchaînés pour apporter leur vision de l'univers de l'un des plus célèbres croquemitaines du septième art. L'homme au visage brûlé. Né du multiple viol que subit à l'hôpital psychiatrique de Westin Hills de Springwood sa mère Amanda Krueger. Mais avant d'arborer son visage atrocement brûlé, son gant aux lames acérées, son pull rayé rouge et vert et son rire d’outre-tombe, Freddy va comme bon nombre de futurs tueurs en série s'adonner au sadisme envers les animaux. Élevé dans une famille d'accueil, battu par son père d'adoption, méprisé par ses camarades de classe, il tuera bien des années plus tard des dizaines d'enfants avant d'être à son tour condamné et exécuté par la plupart des parents de ses victimes faute de l'avoir été par la justice elle-même. C'est à l'intérieur de la chaufferie même où il commis ses meurtres que Freddy Krueger est piégé. Arrosée d'essence, celle-ci prend feu comme un fétu de paille, emportant dans ses flammes le bourreau d'enfants. Mais alors que la paix semble être revenue à Springwood, des adolescents, progénitures de ceux qui se firent justice eux-même, meurent dans d''étranges circonstances : en effet, l'un après l'autre, ils décèdent alors qu'ils étaient tous plongés dans le sommeil. Si Freddy Krueger est bien mort dans la vie réelle, il exécute désormais ses nouvelles victimes dans leurs rêves. La légende est alors née... C'est en lisant un article sur des réfugiés Hmongs (habitants originaire des régions du sud de la Chine ou du nord de Vietnam) qui furent retrouvés morts après qu'ils aient refusé de dormir de peur de faire d'horribles cauchemars que le réalisateur Wes Craven a l'idée d'un boogeyman s'en prenant à ses victimes dans leurs rêves...


On connaît la suite puisque la future star de 21 Jump Street, de Edward aux mains d'argents, de Las Vegas Parano ou de la franchise Pirate des caraïbes Johhny Deep y apparaîtra pour la première fois sur grand écran. Et fera partie des victimes du terrifiant Freddy Krueger qui, même s'il cabotine déjà, n'en est pas moins terrifiant dans ce premier volet que son auteur intitule alors A Nightmare on Elm Street et qui chez nous sortira sous le titre Les Griffes de la nuit. Plus culte, tu meurs !!! Wes Craven refuse de participer au tournage de la séquelle La revanche de Freddy et son nom en tant que réalisateur ne réapparaîtra que dix ans après son œuvre séminale. En 1987 et 1988 sortent l'un après l'autre Les griffes du cauchemar de Chuck Russell (lequel réalisera ensuite l'excellent The Blob) et Le cauchemar de Freddy de Renny Harlin qui demeure les derniers vrais bons volets d'une saga qui ensuite va très rapidement s'épuiser. En 1989, Stephen Hopkins (réalisateur en 1990 de Predator 2) signe le cinquième volet intitulé L'Enfant du cauchemar. Une véritable purge qui laisse espérer que la franchise n'ira pas plus loin...


Mais ce sera sans compter sur La Fin de Freddy : L'Ultime Cauchemar, seul volet réalisé en 1990 par une femme du nom de Rachel Talalay qui avant de se tourner presque définitivement vers la télévision tournera par la suite Le tueur du futur en 1993 et Tank Girl deux ans plus tard. Pour ce dernier (et ultime?) volet que représentait à l'époque de sa sortie La Fin de Freddy : L'Ultime Cauchemar, le film se penche sur le personnage de John Doe (Shon Greenblatt), seul survivant des actes monstrueux perpétrés par Freddy Krueger. Traumatisé, la psychologue Maggie Burroughs propose au jeune garçon de l'accompagner jusqu'à Springwood afin d'exorciser ses démons. Cachés dans la camionnette qui conduit John et la jeune femme, trois adolescents vont désormais être eux aussi confronté à l'abominable tueur d'enfants. Pour ce sixième long-métrage qui se veut sans doute testamentaire, la réalisatrice nous convie à revivre différentes étapes de l'existence de Freddy Krueger. De son enfance jusqu'à ce qu'il ait revêtu son costume de boogeyman en passant par une adolescence difficile. Si le concept est diablement excitant, le résultat est loin d'atteindre à l'image le degré d'exigence auquel pouvaient prétendre les fans de la franchise. Les quelques séquences pourvues d'effets-spéciaux digitaux ont esthétiquement pris une monumentale gifle. C'est laid, terriblement laid. Heureusement demeurent quelques séquences plutôt remarquables, comme la traque du jeune sourd Carlos (l'acteur Ricky Dean Logan) et dont la mort se montre particulièrement graphique, étant effectuée à base d'effets-spéciaux de maquillage au latex...


Tout en arborant les atours de l'hommage à ce grand bonhomme du cinéma d'horreur et du fantastique transparaît néanmoins parfois le sentiment d'une blague de potache relativement irrévérencieuse. Freddy Krueger cabotine comme jamais, devenant lui-même sa propre parodie tandis que certaines séquences plutôt originales sur le papier démontrent leur limites une fois transposées à l'écran (le jeune Spencer qu'interprète Breckin Meyer se retrouve piégé dans un jeu vidéo où il est poursuivi par Freddy Krueger dans des décors entièrement constitués de pixels). Le génial Yaphet Kotto (Alien, de Ridley Scott) interprète le personnage de Doc, minimisant ses apparitions pour le malheur de ses fans mais sans doute aussi, pour le bien de sa santé mentale ou celui de sa carrière d'acteur. Car si ce sixième chapitre des aventures du grand brûlé ne sont pas aussi infamantes que celles de L'Enfant du cauchemar, on est loin d'atteindre les qualités des quatre premiers volets. Si l'usage de la trois dimensions donne d'horribles résultats (non mais, c'est quoi ces étrons volants?), si quelques erreurs de montage montrent parfois l'absence de sérieux (Carlos, filmé en gros plans porte ses mains à ses oreilles tandis qu'il apparaît les mains écartées une fois filmé en plongée), si le film réussit moins qu'un certain Evild Dead 2 (Sam Raimi, 1987) à rendre cartoonesques certaines séquences et si le scénario se montre rachitique, ne boudons pas trop notre plaisir. D'autant plus que l'on y découvre un Robert Englund débarrassé de son célèbre maquillage lors d'une séquence qui lui rend tous les honneurs qui lui sont dus ! Confronté au monde réel, Freddy combattra celle qui s'avérera finalement être sa fille Katherine lors d'un duel aussi épique, gore, que... pixelisé. Toute une époque en somme qui signait là, la fin provisoire de l'une des plus charismatiques créatures du bestiaire fantastique...

 

mardi 10 août 2021

Red de Trygve Allister Diesen et Lucky McKee (2008) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

La part d'ombre de l'homme, sa cruauté, son absence de morale, il est arrivé assez souvent que l'écrivain américain Jack Ketchum y puise son inspiration. Sa trilogie Dead River ou les romans The Girl Next Door et Red en sont de très bons exemples. Concernant ce dernier, les réalisateurs norvégien Trygve Allister Diesen (Mørkets øy) et l'américain Lucky McKee (May, The Woman, All Cheerleaders Die) se sont chargés en 2008 d'en apporter une vision vivante à travers leur éponyme long-métrage. L'histoire toute bête de cet homme qui réclame justice contre celui qui a froidement et gratuitement abattu son chien en compagnie de deux camarades témoigne d'une situation qui n'a pas forcément à voir avec les condition de vie des responsables. Comme l'évoque très justement le comportement des parents des coupables, là encore, Red définit assez bien certains contours de la tragédie. Entre l'arrogance d'un père et l'alcoolisme de sa femme vivant pourtant tout deux auprès de leurs deux fils dans un quartier aisé du coin où s'est déroulé le drame, et la lâcheté d'un autre et ses déplorables conditions d'existence, la cruauté ne semble ici pas avoir la moindre origine sociale. Les trois lettres qui constituent le titre du film sont celles du chien en question. Un vieux bâtard, dernier souvenir pour Avery Ludlow (l'acteur Brian Cox) de son épouse qui lui avait offert pour ses cinquante ans et qui depuis est décédée. Derrière son allure de téléfilm du dimanche après-midi, l'esthétique de Red renvoie presque à celle du long-métrage The Girl Next Door, cette œuvre apparemment innocente signée de Gregory Wilson l'année précédente mais qui s’avérait être en réalité l'une des expériences cinématographiques les plus choquantes qui soient...


Lorsque l'on nous retire tout ce qu'il nous reste, les solutions se comptent sur les doigts d'une seule main !


L’acte fondateur de Red révèle surtout le douloureux souvenir d'une abominable tragédie que nous apprend le héros en cours de route. Des propos difficilement soutenables et un transfert qui va le pousser à aller au bout de son projet. Les trois inconscients Danny, son frère Harold et leur ami Pete sont respectivement incarnés par Noel Fisher (Twilight, chapitre V : Révélation), Kyle Gallner (le reboot de Scream prévu pour l'année prochaine) et Shiloh Fernandez (la série Jericho, le remake de Evil Dead). Et là encore, on a droit à trois différents portraits. L'arrogance et l'immoralité du premier, les scrupules et la prise de conscience du second, le troisième tenant quant à lui le rôle de ''suiveur'' dénué de personnalité. Le père des frères McCormack est interprété par l'acteur Tom Sizemore qui excelle dans ce rôle qui définit en partie le comportement de son aîné. Où lorsque l'absence de présence paternelle forte (le père semble accorder à sa progéniture tout ce qu'elle désire) ou d'éducation stricte mène parfois à des comportements violents. En face, on retrouve le couple Doust formé par Amanda Plummer (The Fisher King de Terry Gilliam) et Robert Englund (la série télévisée V, la franchise Nightmares on Elm Street dans laquelle il joue le célèbre personnage de grand brûlé Freddy Krueger). Un duo formidable qui rend parfaitement les conditions de vie de ce couple et de leur fils sans le sou. Quant à l'actrice Kim Dickens, elle interprète le rôle de la journaliste Carrie que l'avocat d'Avery (Richard Riehle dans le rôle de Sam Berry) conseille à son client et ami de consulter... Doublé en langue québécoise, il sera préférable de découvrir Red dans sa version originale afin de profiter pleinement de l'interprétation de chaque interprète. L’œuvre de Trygve Allister Diesen et Lucky McKee nous ferait presque oublier sa laideur du point de vue esthétique. Moins radical que les habituelles adaptations de l'écrivain Jack Ketchum, Red n'en demeure pas moins fort sympathique...

 

vendredi 5 mars 2021

A Nightmare on Elm Street 5: The Dream Child de Stephen Hopkins (1989) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Cela ne résoudra sans doute pas grand chose, mais il y a tout d'abord une précaution à prendre avant de se lancer dans la projection de L'Enfant du Cauchemar, le cinquième volet de la franchise A Nightmare on Elm Street : entreprendre autant que cela est possible de le découvrir en version originale sous-titrée. Parce qu'allez savoir pourquoi, le doublage en français y est désastreux. Du genre à donner des boutons à celles et ceux qui firent connaissance avec la chose au cinéma à l'époque de sa sortie sur grand écran et à faire rire les dernières générations d'amateurs de films d'épouvante qui doivent se demander ce que les ''vieux'' peuvent trouver dans ce personnage de croquemitaine gravement brûlé qu'est Freddy Krueger. C'est d'ailleurs à se demander si ce premier long-métrage n'est en fait pas un reboot avant l'heure puisque le réalisateur australien Stephen Hopkins dont il s'agit de la seconde réalisation se joue littéralement de l'histoire même du personnage emblématique de la série pour en modifier certains fondements. Mis en scène d'après une histoire de John Skipp, Craig Spector et Leslie Bohem, L'Enfant du Cauchemar tente de relancer une machinerie qui s'est quelque peu grippée lors du précédent volet Le Cauchemar de Freddy qui au regard de ce cinquième épisode paraît doté de qualités qui sautent désormais aux yeux si l'on compare l’œuvre de Renny Harlin à celle de Stephen Hopkins...


Voilà ce qui peut donc arriver à une franchise lorsqu'on la confie à un réalisateur qui jusque là n'a dans son escarcelle de cinéaste, qu'un téléfilm (Absolutely, 1985) et un petit thriller horrifique (Dangerous Game, 1988). Pas de quoi claironner, donc. Doublée par la canadienne Violette Chauveau, l'actrice Lisa Wilcox enchaîne donc en 1989 avec sa seconde apparition dans le rôle d'Alice Johnson. Après avoir mis à mal le pauvre Freddy Krueger lors d'un combat même pas digne du pire film d'arts martiaux dans l'épisode précédent, la voici désormais enceinte. Une contribution à laquelle espère participer le grand brûlé qui pour le coup, voudrait se réincarner dans le futur enfant de la jeune femme. Une idée riche, qui permet logiquement de relancer l'intrigue. Pourtant, L'Enfant du Cauchemar va pâtir d'une somme d'incohérences particulièrement stupéfiantes : à commencer par la relecture concernant l'existence même du croquemitaine dont on savait qu'il est né du fruit d'un viol collectif dont Amanda Krueger, sa mère, fut victime dans un hôpital psychiatrique alors qu'elle y était stagiaire. C'est régurgité sous la forme d'un flash-back/cauchemar dont on ne sait plus trop vraiment s'il tente d'apporter une explication quant aux origines du monstre que l'on découvre un Freddy déjà monstrueux lors de sa naissance (les horribles stigmates sont effectivement déjà présent sur le visage du bébé). Si par contre la séquence n'est due qu'à la volonté de ses auteurs de faire ''revivre'' le croquemitaine, alors comment expliquer qu'avant cela il harcèle déjà dans un premier temps la pauvre Alice ?


Les scénaristes et maquilleurs ont beau avoir une imagination débordante, les effets-spéciaux convainquent déjà beaucoup moins que par le passé. Dans l'esprit d'un David Cronenberg pré-Crash, l'un des jeunes héros se voit partiellement transformé en moto, façon Tetsuo de Shinya Tsukamoto (là où la chair et le métal fusionnent mais en moins bien tout de même). Le maquilleur Kevin Yagher n'étant plus aux commandes du maquillage de Freddy Krueger (bienheureux est celui qui fut engagé alors sur le tournage de Child's Play afin d'y concevoir le maquillage de la poupée Chucky), c'est Louis Lazzara auquel est confiée la lourde tâche, visiblement insurmontable, de prendre le relais. En résulte un maquillage vraiment repoussant. Non parce qu'il réussit à faire oublier le remarquable travail de Kevin Yagher, mais parce que le visage de Freddy ressemble désormais au type de masque que l'on est en droit de trouver dans n'importe quel magasin de farces et attrape ! Pour ne rien arranger, le film est décousu, et pour revenir sur le doublage atroce de comédiens tous sauf en grande forme, il faut entendre Alice prononcer Grueger en lieu et place de Krueger pour se convaincre du travail de sape effectué sur ce cinquième chapitre. Et dire qu'une suite allait sortir deux ans plus tard sous le titre La Fin de Freddy : L'Ultime Cauchemar...

 

A Nightmare on Elm Street 4: The Dream Master de Renny Harlin (1988) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Le Cauchemar de Freddy, quatrième épisode de la saga A Nightmare on Elm Street, de même que les épisodes qui le précèdent, est typique d'une certaine époque. Ces années quatre-vingt victimes aujourd'hui d'un revival outrancier qui tente avec plus ou moins de bonheur de nous replonger dans le faste d'une époque où la pop de Cindy Lauper, les éclairages au néon, les maquillages en latex et les cassettes VHS étaient rois. En contrepartie, il n'est pas interdit d'éprouver une certaine désillusion devant certaines bobines qui aujourd'hui, sont victimes quant à elle de l'outrage du temps. Fort heureusement pour lui, Freddy est de ces personnages qui comme Chucky, Jason Voorhees ou Michael Myers ont plutôt bien vieilli et ont su demeurer d'authentiques vedettes du bestiaire fantastique. Après trois épisodes dont un second plus ou moins accepté par les fans (La Revanche de Freddy ou A Nightmare on Elm Street 2: Freddy's Revenge) successivement réalisés par Wes Craven (La Dernière Maison sur la Gauche), Jack Sholder (Hidden) et Chuck Russell (The Blob), c'est au tour du réalisateur Renny Harlin (qui jusque là n'a tourné que deux longs-métrages dont le film d'horreur Prison et qui s'apprêtera en 1990 à livrer au monde entier l'excellent Die Hard 2 : 58 Minutes pour Vivre) de mettre sa touche personnelle dans les nouvelles aventures du plus célèbres des grands brûlés du septième art dont la sortie est prévue pour l'année 1988. Un Freddy Krueger toujours interprété par l'acteur Robert Englund qui fut jadis sur le petit écran, le gentil extraterrestre Willie de la série de science-fiction culte, V.


Si ces quatrièmes aventures prennent place quelques années après la fin du troisième chapitre, on y retrouve cependant les quelques survivants des précédentes péripéties qui se déroulèrent à l’hôpital de Westin, et plus précisément dans l'aile réservée aux patients suicidaires atteints de troubles du sommeil. Nous retrouvons donc Kristen Parker, Joey Crusel (qui après ses précédentes aventures à retrouvé l'usage de la parole) ainsi que Roland Kincaid. Trois personnages qui ne feront malheureusement pas long feu puisqu'en l'espace d'une poignée de minutes, le scénario de Brian Helgeland, Jim Wheat et Ken Wheat se débarrasse de ces trois là pour mettre en scène de nouveaux protagonistes. À noter que le rôle de Kristen auparavant interprété par l'actrice Patricia Arquette (le premier d'une longue carrière) est désormais assuré par Tuesday Knight qui la même année, apparaîtra dans le célèbre soap opera Santa Barbara. Le film est toujours produit et distribué par la société New Line Cinema et n'a pas grand chose à envier à l'épisode précédent... Enfin, surtout en terme d'effets-spéciaux car en ce qui concerne le scénario, c'est là que le bât blesse. Construit autour d'une idée simplissime, ce quatrième volet des aventures du croquemitaine dont les exactions s'expliquent par le sort que lui accordèrent des adultes après qu'ils eurent eut vent de son comportement auprès de jeunes enfants tient sur des fondations relativement fragiles. En réalité, il n'y a guère que les effets-spéciaux pour éveiller un quelconque intérêt, d'autant plus que Les Griffes du Cauchemar avait mis la barre si haute en la matière que prétendre pouvoir faire mieux semble alors une hérésie...


On retrouve à nouveau l'excellent travail du maquilleur Kevin Yagher sur le visage atrocement brûlé de Freddy Krueger (le dit maquillage demandant alors à Robert Englund une patience de plus d'une heure trente pour que soit posés les différents éléments constituant le masque en latex du croquemitaine). Également présent au rayon effets-spéciaux, le japonais Screaming Mad George, déjà présent sur le volet précédent et qui dans le cas présent se retrouve responsable de l'hallucinante transformation de Debbie Stevens (l'actrice Brooke Theiss) en cafard. Un sort peu ragoutant qui à l'écran fait son petit effet. Un Screaming MAD George qui porte bien bien son nom !!! Dans le rayon maquillage toujours, les spectateurs auront également droit à la résurrection de Freddy dans un cimetière de voiture. Un retour à la vie qui rappellera sensiblement celui de Jason Voorhees dans Friday the 13th Part VI: Jason Lives de Tom McLoughlin (sorti sur les écrans deux ans auparavant), sauf que dans le cas présent, la chose n'est pas due à un éclair mais à l'urine en flamme du chien de Roland Kincaid. Amateurs de finesse, bonjour ! Mais l'une des séquences les plus saisissantes en matière d'effets-spéciaux demeure cependant celle lors de laquelle les âmes emprisonnées dans le corps de Freddy tentent de s'échapper de leur prison de chair. Impressionnante à l'époque, cette scène le demeure toujours. On l'aura compris, l'intérêt de ce Cauchemar de Freddy tient surtout sur ses incroyables effets-spéciaux de maquillage et animatroniques. Pour le reste, et malgré une interprétation plutôt juste de ses principaux interprètes (Lisa Wilcox, Robert Englund, Andras Jones ou encore Danny Hassel), ce quatrième chapitre est beaucoup trop faible en matière d'écriture pour prétendre être un classique du genre. À noter que le film de Renny Harlin obtint tout de même plusieurs récompenses dont le prix des Meilleurs effets spéciaux au Festival international du Film de Catalogne en 1988...

 

mardi 14 avril 2020

C.H.U.D. 2 : Bud the Chud de David Irving (1989) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Le problème avec les cassettes VHS, c'est que souvent, la pub y était mensongère. Des slogans, en passant par le design des jaquettes et parfois même jusqu'au résumé. C.H.U.D. 2 : Bud the Chud de David Irving, lui, fait pire que de nous mentir sur son contenu. Il ose piller l'héritage laissé derrière lui par le sympathique C.H.U.D. De Douglas Cheek sans en reprendre la moindre ligne scénaristique. De ce petit film d'horreur, assez glauque soit dit en passant, David Irving transforme la franchise en comédie complètement débile. Le sous-tire de cette fausse suite aurait pourtant dû nous mettre la puce à l'oreille : Bud the Chud. Non mais vraiment, quelle idée à la con. À vrai dire, le zombie (car, oui, c'est bien de cela dont il s'agit désormais) surnommé Bud semble d'abord s'inspirer du Bub du Jour des Morts-Vivants de George Romero que des créatures aux yeux luminescents de C.H.U.D. Si cette séquelle ne s'était pas employée à nous faire croire qu'il s'agissait de la suite du petit classique de Douglas Cheek, on aurait pu lui pardonner la bêtise absolue des dialogues. On est vraiment ici très loin de l'ambiance sombre et suintante du premier. La totalité des séquences présentées ici baignent dans un humour à deux balles pour adolescents acnéiques.

Apparemment, la caractérisation des personnages créés cette fois-ci par le scénariste M. Kane Jeeves n'intéressant pas le réalisateur, toute l’œuvre tourne autour d'un humour très gras, bas du front et immature. Bien évidemment, il est inutile d'espérer ressentir le moindre frisson devant les agissements d'un Bud interprété par un Gerrit Graham en totale roue libre. On se s'étonnera pas de le voir grotesquement gesticuler quinze ans après avoir incarné le personnage de Beef dans le long-métrage culte de Brian de Palma, Phantom of the Paradise. Un zombie débile, qui danse devant la diffusion à la télé d'une émission d'aérobic et qui à l'occasion ''croque'' un passant par-ci, par-là (provoquant ainsi une épidémie), des adolescents persuadés d'avoir trouvé dans la composition de l'eau d'un bain la formule permettant de revenir à la vie, une ville qui peu à peu est envahie par des infectés, et du rock FM imbuvable signé Nicholas Pike.

Plus proche en réalité du Retour des Morts-vivants de Dan O'Bannon (et même sans doute davantage de sa pathétique suite réalisée par Ken Wiederhorn) que de l’œuvre de Douglas Cheek, C.H.U.D. 2 : Bud the Chud est une comédie potache où surnagent des interprètes dont on peut se demander ce qu'ils sont venus foutre dans cette galère. Alors que les acteurs de l’œuvre originale sont absents de cette... ''séquelle'', on retrouve au générique Robert Vaughn dans le rôle d'un colonel de l'armée américaine. Les plus attentifs verront peut-être également dans la très courte séquence mettant en scène Robert ''Freddy Krueger'' Englund, un hommage cynique au personnage qu'il incarna dès 1984 dans la saga A Nightmare on Elm Street (référence au tueur d'enfant qui finit brûlé). Il n'y a pas cinquante manières d'aborder C.H.U.D. 2 : Bud the Chud. Soit l'on est fan de l'original et considérer que l'on puisse à ce point maltraiter son sujet est une hérésie, soit l'on adhère à l'humour lourdingue de David Irving, à la photographie et aux éclairages dégueulasses, à l'interprétation survoltée mais primaire des acteurs et actrices, et soit l'on accepte l'absence de scènes d'horreur dignes de ce nom et C.H.U.D. 2 : Bud the Chud peut permettre de passer le temps. Mais une fois seulement, pas deux.

lundi 25 décembre 2017

A Nightmare On Elm Street 3 : Dream Warriors de Chuck Russel (1987) - ★★★★★★☆☆☆☆



C'est fou comme avec le temps l'intérêt pour une œuvre peut se déliter. A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors fait partie de ces longs-métrages découverts au cinéma lors de leur sortie. Je pénétrais l'univers du mythique Freddy Krueger pour la première fois. Je ne connaissais pas l’œuvre originale, n'avais pas vu le second chapitre et demeurait donc fort intrigué. A la sortie d'un cinéma quelconque de la capitale, en ce mois de juin 1987, j'étais assez satisfait de mon expérience. Un croquemitaine charismatique, une idée originale, des scènes étonnantes et des effets-spéciaux remarquablement accomplis par Kevin Yagher et une équipe constituée d'une dizaine de personnes. De quoi se réjouir d'un cinéma fantastique en pleine forme qui en cette année 1987 vit la sortie de Robocop de Paul Verhoeven, Prince des Ténèbres de John Carpenter, ou encore Hellraiser, le Pacte de Clive Barker. Freddy Krueger devient ici sous la houlette du spécialiste des effets-spéciaux de maquillage un énorme serpent avalant l'une de ses pauvres victimes adolescentes (Patricia Arquette qui débutait pratiquement sa carrière d'actrice), un marionnettiste grand comme un immeuble, puis un poste de télévision, ou encore une infirmière sexy. L'un des effets-spéciaux les plus étonnant demeurant l'abdomen du croquemitaine exhibant l'âme de ses précédentes victimes. Quant à la pauvre Heather Langenkamp, ATTENTION SPOILER, elle demeurera dans ce troisième opus de la saga comme la dernière victime du tueur au visage brûlé et au gant armé de lames effilées.

Malheureusement, malgré ces quelques scènes particulièrement réussies, du moins pour l'époque et qui n'ont pas trop à rougir de nos jours face aux progrès qui ont été effectués depuis en matière d'effets-spéciaux, A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors m'est apparu d'un ennui profond. En tout cas, bien moins passionnant qu'à l'époque de sa sortie. Mais tout s'explique de manière fort aisée. Comme dit plus haut, je n'avais pas encore découvert l'original. Une erreur très vite réparée, pour un résultat effarant. Surtout pour cette seconde séquelle qui depuis ne me concerne plus vraiment. Car le personnage central du récit original (créé par le cinéaste Wes Craven à partir d'un curieux fait divers concernant un adolescent insomniaque mort de s'être volontairement empêché de dormir par crainte de mourir durant son sommeil), le producteur, réalisateur et scénariste Chuck Russell (auquel on doit notamment le fameux remake du Blob en 1988, son second long-métrage après celui-ci, donc) en a fait un bouffon. Plus amusant que réellement terrifiant. Une donnée d'ailleurs totalement absente, ce qui, pour un film mêlant l'horreur et le fantastique est suffisamment navrant pour être notifié.

Freddy Krueger est devenu l'amuseur public. Celui qui provoque l'hilarité au sein d'un public adolescent conquis par ce père fouettard horriblement défiguré dont on avait peine à croire que sous son maquillage se planquait l'interprète de l'adorable extraterrestre Willy de la série originale V. Ce troisième volet ressemble à une fête foraine dont l'intrigue se situe presque exclusivement dans l'aile d'un hôpital psychiatrique réservé aux adolescents suicidaires et victimes de troubles du sommeil. Rétrospectivement, on peut comprendre que Wes Craven n'ait pas voulu que son bébé fasse des petits. Malheureusement, malgré l'échec du second volet, la New Line en décida autrement. Outre différents prix de part le monde, A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors a obtenu le prix (mérité) des effets-spéciaux au festival du Rex en 1987. Outre Heather Langenkamp qui reprend son rôle de Nancy Thompson après avoir disparu lors du second volet et Robert Englund qui continue à interpréter Freddy Krueger, nous découvrîmes Patricia Arquette (qui depuis à joué pour Tony Scott, Tim Burton, David Lynch, Ole Bornedal ou encore Martin Scorsese), Craig Wasson (Body Double de Brian de Palma), ou l'excellent Laurence Fishburne que l'on a pu notamment revoir plus tard dans Double Détente de Walter Hill, The King of New York d'Abel Ferrara, ou encore Matrix des frères (sœurs?) Wachowski. Quant à l'acteur John Saxon, tout comme Heather Langenkamp il réapparait dans ce troisième volet dans le rôle du lieutenant Donald Thompson qui n'est autre que le père de l'héroïne Nancy Thompson.

Un volet qui a bien (mal) vieilli donc mais que je conseillerais tout de même à celles et ceux qui ne l'ont toujours pas vu. A Nightmare On Elm Street 3: Dream Warriors éveillera peut-être alors la curiosité des fans de cinéma fantastique ne connaissant pas encore le célèbre croquemitaine...

dimanche 24 décembre 2017

A Nightmare On Elm Street 2: Freddy's Revenge de Jack Sholder (1985) - ★★★★★★☆☆☆☆



A la fin de A Nightmare On Elm Street, la jeune Nancy Thompson, héroïne du premier opus (que l'on retrouvera notamment dans le troisième épisode) est parvenue à contrôler sa peur et a pris le dessus sur le tueur Freddy Krueger, le renvoyant ainsi d'où il venait. Cependant, et alors qu'une nouvelle et radieuse journée se profilait, les tout derniers instant laissaient présager une suite aux aventures du croquemitaine à la main affublée d'un gant parcouru de quatre lames terriblement aiguisées. Pourtant, lorsque débute ce nouveau chapitre réalisé non plus par Wes Craven, mais par Jack Sholder, lequel réalisera deux ans plus tard en 1987 le petit chef-d’œuvre de science-fiction Hidden, et alors que tout semblait avoir été dit, le cinéaste américain et le scénariste David Chaskin imaginent une suite qui demeurera fort originale en comparaison des autres épisodes à venir puisqu'il intégrera le personnage de Freddy Krueger dans le monde réel, tandis qu'à l'avenir, ce monstre au visage brûlé lors d'une exécution orchestrée par des parents décidés à se débarrasser d'un tueur d'enfants s'en prendra à leur progéniture à travers les rêves.
Toujours interprété par l'acteur californien Robert Englund, le gentil extraterrestre de la Série V originale, lequel fit une courte apparition dans Le Crocodile de la Mort de Tobe Hooper et dans de nombreux films d'horreur plus ou moins réussis, Freddy Krueger demeure pourtant relativement rare dans ce second chapitre. Car pour pouvoir se venger, cette créature que l'on identifiera de surnaturelle puisque se mouvant au cœur des cauchemars des adolescents du fameux quartier de Elm Street, devra pour cela prendre possession du corps de Jesse Walsh, le nouveau personnage principal.

Désormais, c'est le talentueux maquilleur Kevin Yagher qui prend la relève et s'occupe du terrifiant maquillage de Freddy. Jack Sholder fera d'ailleurs à nouveau appel à lui pour son prochain film, le récit d'une créature extraterrestre malfaisante descendue sur Terre, voyageant d'un corps humain à l'autre et traquée par l'un de ses semblables (l'excellent Kyle MacLachlan qui débuta sa carrière auprès de David Lynch dans le médiocre Dune). Démarrant sur les chapeaux de roue (c'est le cas de le dire), les première minutes laissent une sensation mitigée. Couleurs criardes, décors de carton-pâte et visuel atroce, ça commence assez mal. Ensuite, on a droit à la sempiternelle université américaine avec ses beaux gosses, ses belles blondes, et surtout son prof de sport ultra stéréotypé (au point que le cinéaste en fera un grand amateur d'actes sadomasochistes traînant tout de cuir vêtu dans des boites de nuit très louches). La suite est on ne peut plus classique. Une famille américaine qui demeurerait tout à fait idéale (dont un père de famille parfois quelque peu rigide et interprété par le Clu Galager du Retour des Morts-Vivants de Dan O'Bannon et de l'improbable Uninvited de Greydon Clark) si le fils n'était pas la victime d'horribles cauchemars.
Mais plutôt que d'en rester là et de nous resservir le même plat que Wes Craven, Jack Sholder extrait le croquemitaine du monde des rêves et lui permet de se venger à travers Jesse Walsh, la victime de cauchemars en question. D'où des scènes pour la plupart ancrées dans la réalité. Des décors à moindre frais donc mais quelques scènes d'horreur plutôt sympathiques.

Bien que le film tienne sur un scénario apparemment original, quelques doutes peuvent cependant être émis : pour le moindre d'entre eux, les deux chiens à visage humain que l'on rencontre à un moment donné semblent tout droit provenir du paranoïaque Invasion of the Body Snatchers de Philip Kaufman. Mais plus gênant, le scénariste semble s'être surtout beaucoup inspiré du second chapitre de la longue, très longue saga Amityville (Amityville 2 : Le Possédé de Damiano Damiani sorti trois ans auparavant) pour les plans nocturnes durant lesquels le jeune héros se promène dans la demeure familiale. Même lorsque Freddy Krueger s'empare de lui, il est difficile de ne pas reconnaître une certaine ressemblance entre les deux films. D'ailleurs, si certains mouvements de caméra passent de la cave des Walsh à la maison à proprement parler, ça n'est sans doute pas le fruit du hasard. Relativement peu apprécié en son temps, cette suite se laisse pourtant regarder et demeure une alternative originale au contexte habituel rencontré dans l'univers du croquemitaine. Au regard de l'original, A Nightmare On Elm Street Part 2: Freddy's Revenge lui demeure cependant inférieur...

lundi 16 octobre 2017

The Mangler de Tobe Hooper (1995) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



La Presseuse Diabolique. Tel est le nom donné en France à The Mangler, onzième long-métrage que le cinéaste Tobe Hooper signa en 1995. Une presseuse ? Une essoreuse, plutôt. Du moins, les personnages de cette ignominie ont-il pris communément l'habitude de nous suriner les tympans en l'appelant ainsi. Et quand bien même, l'une dans l'autre, presseuse, essoreuse, ou pourquoi pas, broyeuse, sont des traductions mensongères. On pourra toujours supputer qu'une presseuse, ça le fait beaucoup mieux qu'une essoreuse. Alors pourquoi avoir donné ce titre chez nous, en France, et avoir laissé les doubleurs rectifier l'appellation de la diabolique machine qui est au cœur de l'intrigue en la nommant essoreuse ? J'ai tendance à me méfier, moi, de ces titres déviants qui n'évoquent pas toujours le contenu d'une œuvre cinématographique. Cela me rappelle un peu trop souvent ces vieilles cassettes vidéos qui nous promettaient monts et merveilles à l'aide d'accroches picturales qui n'avaient rien de commun avec le contenu de l’œuvre imprimée sur bande magnétique. S'il est un fait, pourtant, ici, c'est que le long-métrage est bien une adaptation d'une courte nouvelle écrite par Stephen King en 1978. Faisant partie du recueil Danse Macabre, elle a été publiée pour la première fois aux États-Unis six ans auparavant dans le magasine de presse masculine érotique, Cavalier.

C'est la seconde fois que le cinéaste Tobe Hooper engage l'acteur Robert Englund(le gentil extraterrestre Willy de la série originale V et le sinistre tueur d'enfants Freddy Krugger) sur un plateau de tournage après le nullissime Night Terrors qu'il réalisa deux ans plus tôt. Grimé en vieillard dont les jambes sont engoncées dans une armature métallique, son personnage, William 'Bill' Gartley, est le propriétaire d'une blanchisserie dont le cœur est une immense presseuse à vapeur. La nièce du propriétaire s'y blesse un jour. Dès lors, les accidents se multiplient. L'une des plus anciennes employées est littéralement avalée par la machine et ressort en bout de chaîne à l'état de viande hachée. Plus tard, ce sont trois autre employées qui sont victimes de brûlures au troisième degré. Le plus fidèle collaborateur de Gartley a beau lui conseiller d'arrêter la machine, ce dernier ne veut rien entendre.
La police enquête sur l'étrange série de meurtres. Les investigations sont à la charge d'un certain John Hunton, inspecteur de police. Veuf, Hunton est épaulé bien malgré lui par son beau-frère Mark Jackson qui lui inspire une idée pour le moins curieuse : selon lui, la machine pourrait être possédée. Mais alors que Hunton dénigre les propos de Jackson, des événements vont lui prouver que son beau-frère n'a peut-être pas tout à fait tort. ..

Voilà pour l'intrigue. Concernant le reste, vous êtes priés de passer votre chemin sous peine de ressentir quelques nausées à la vue de cette engeance indigne de l'auteur de Massacre à la Tronçonneuse, premier du nom. The Mangler est effectivement un film Z duquel il n'y a rien de positif à extraire. Pas même Ted Levine qui, le pauvre, fait ce qu'on lui demande. Et dire que quatre années auparavant il incarna l'effrayant Jame « Buffalo Bill » Gumb dans Le Silence des Agneaux de Jonathan Demme et qu'entre 2002 et 2009 il allait consacrer en grande partie sa carrière d'acteur à la série Monk en interprétant le rôle du capitaine Leland Stottemeyer. The Mangler n'a donc rien pour lui. Les effets gore tant attendus se comptent sur les doigts d'une seule main, la réalisation est fainéante, les décors abominablement laids, l'interprétation tout juste acceptable, et comme si cela ne suffisait pas, pauvre français que nous sommes, le doublage est souvent catastrophique. L'image pique les yeux. The Mangler a tout du segment fantastique d'une série télé du genre Au-Delà du Réel : L'aventure Continue. Et dire que des américains se sont laissés piéger en allant le voir au cinéma. Chez nous, fort heureusement, le film est directement sorti en DVD. Pas battage médiatique, donc, et c'est tant mieux. Et dire qu'une fausse suite a été réalisée sept ans plus tard par le canadien Michael Hamilton-Wright. Un vrai suicide commercial qui, pourtant, risque de générer de la curiosité. Est-il possible de faire mieux, c'est à dire pire, que l’œuvre de Tobe Hooper ? La réponse dans les jours qui viennent... ou peut-être pas finalement...
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