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vendredi 14 août 2026

Blaxploitation: The Black Panther de Lee Frost (1975) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Nous avons, en France, en terme de comédie franchouillarde, le très précieux Le Führer en folie de Philippe Clair. Et quel que soit ses qualités qui, soyons honnêtes sont extrêmement limitées, nous ne sommes pas prêts de renier cet OVNI qui même au sein d'une très foisonnante catégorie demeure l'un des points d'orgue du nanar à la française ! Et bien, chez l'Oncle Tom, ils ont The Black Gestapo. Pas tout à fait le même genre de film mais pourtant, une œuvre qui profite allégrement d'une période sombre de notre histoire pour orner ses différentes affiches d'un titre on ne peut plus racoleur... Pourtant, lorsque l'on parle racolage, certains spécialistes sont capables de pire encore. Et le pire, ici, n'est pas tant ce titre très explicite mais bien celui que certains distributeurs hexagonaux s'amusèrent à coller au long-métrage de Lee Frost, cet éminent pourvoyeur d'érotisme léger, de Blaxploitation et même d'un inénarrable et cultissime The Thing with Two Heads (La chose à deux têtes) en 1972 dans lequel la tête d'un chirurgien blanc négrophobe était greffée à côté de celle d'un homme de couleur ! Dans notre si beau pays, The Black Gestapo vit donc le jour sous le titre encore plus explicite de Black Nazi !!! Édité chez Ciné Budget dont la vidéothèque ne fut apparemment constituée que d'un peu moins de trente longs-métrages, le film ne fait pourtant référence aux partisans du Parti national-socialiste des travailleurs allemands ou à la police politique de l'Allemagne nazie qu'à travers les uniformes que certains officiers d'une petite ''armée'' de soldats afro-américains porteront sur le dos une fois bien établi ce groupe chargé de combattre le mal qui s'est emparé des quartiers pauvres où vit la communauté afro-américaine... A la tête d'une organisation qui pour l'instant s'avère pacifique, l'on trouve le Général Ahmed (Rod Perry). Trop mou et donc pas assez entreprenant aux yeux de son principal collaborateur le Colonel Kojah (Charles Robinson), ce dernier demande à son supérieur l'autorisation d'entraîner six hommes afin de partir à la chasse des criminels blancs qui s'en prennent aux habitants de la ville. Blancs, oui, car comme très souvent dans ce genre de films qui dans les années soixante-dix appartenaient à la catégorie Blaxploitation, The Black Gestapo fait tout d'abord porter le chapeau de la criminalité et donc de la corruption à l'homme blanc...


Le noir passant ainsi pour le gentil de l'histoire. Pourtant, Lee Frost n'est pas homme à se laisser aller à la démagogie puisque tout comme dans The Thing with Two Heads où Jack Moss (l'acteur Rosey Grier) demeurait un criminel condamné à mort, le pouvoir mis entre les mains du Colonel Kojah va très rapidement lui monter à la tête. Après avoir filmé le nettoyage de la ville d'authentiques crapules dont un certain Vito (Phil Hoover) en principal homme de main de Vincent joué par Lee Frost, le réalisateur a cependant ici l'honnêteté de reconnaître que la ''crapulerie'' n'est pas le signe distinctif exclusif de l'homme blanc puisque très vite, Le Colonel et ses hommes vont carrément prendre la place de ceux qu'il traquèrent afin de récolter l'argent que les commerçants et autres prostituées concédaient à la mafia locale. Une mafia qui a donc changé de couleur. The Black Gestapo mêle Vigilante, action et thriller pour un résultat en réalité plutôt médiocre. Une œuvre qui éveille la conscience d'un homme qui vouait jusque là sa vie au bien de sa communauté mais qui devant la trahison et la corruption d'une partie de ses hommes est désormais décidé à prendre les armes pour rétablir l'ordre. The Black Gestapo vaut surtout chez nous pour son doublage en français, authentiquement nanardesque, où les insultes pleuvent, telles ''Sale nègre'', ''Enculé'', ''Fils de pute'' et autres joyeusetés. De jolies actrices de couleurs confondues qui ne rechignent jamais à ôter le haut pour livrer aux lubriques spectateurs de très appétissantes poitrines pour ceux qui apprécient les ''modèles'' de tailles raisonnables (on n'est pas ici chez le macromastophile Russ Meyer). Plutôt redondant, plus ou moins bien interprété selon l'acteur ou l'actrice, le contenu de The Black Gestapo n'est pas aussi impertinent que voudrait le laisser croire le titre. Et si même Le Colonel Kojah et ses hommes arborent les uniformes associés à la SS, à aucun moment le film n'évoque les nazis ou la Gestapo. Bref, ça se regarde, surtout pour les amateurs de Blaxploitation qui voudraient parfaire leur éducation en la matière. Pour les autres, le long-métrage de Lee Frost apparaît comme une œuvre mineure dans cette catégorie et celle des Vigilante...

 

vendredi 31 juillet 2026

Cycle Les Charlots: Le retour des Charlots de Jean Sarrus (1992) ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Pris en flagrant délit d'adultère avec sa maîtresse Riquita (Frédérique Lazarini) par sa femme Amalia (Jezabelle Amato), Antionio Pereira (Luis Rego) simule l'amnésie. Désemparée, elle fait appel aux anciens camarades de son époux afin de l'aider à retrouver la mémoire. Jean (Jean Sarrus), Phil (Gérard Filippelli) et Richard (Richard Bonnot) voyagent ainsi jusqu'au Portugal et s'installent dans un hôtel de Lisbonne. Afin d'aider Antonio, ils décident de lui faire revivre divers situations du passé. C'est ainsi qu'ils font appel à l'adjudant Caussade qu'ils ont côtoyé durant leur service militaire. Notons que désormais le personnage est interprété par l'acteur et humoriste français Guy Montagné en lieu et place de Franck-Olivier Bonnet qui dans Le Retour des bidasses en folie de Michel Vocoret en 1983 interprétait le rôle de l'adjudant Cossade et non pas Caussade dont l'orthographe a donc depuis été curieusement modifiée ! Notons ensuite qu'outre le retour de Luis Rego au sein du groupe Les Charlots, la formation musicale et cinématographique ne compte désormais plus que Jean Sarrus et Gérard Filippelli puisque Jean-Guy Fechner est passé à autre chose depuis presque vingt ans tandis que Gérard Rinaldi s'est lui-même tourné vers d'autres projets cinématographiques ET télévisuels. Remplacé par le chanteur, musicien et acteur Richard Bonnot dont la carrière au cinéma se résume à deux films (celui-ci ainsi que La Cible de Pierre Courrège en 1997), ce dernier arrive difficilement à faire oublier le ''séducteur'' et la ''tête pensante'' du groupe... Le retour des Charlots est le dernier long-métrage à avoir mis en scène Les Charlots. Et même ainsi reconstitué, le groupe n'est malheureusement pas parvenu à rehausser le niveau d'une filmographie qui peu à peu est devenue de plus en plus navrante. Une chute qui a véritablement débutée neuf ans auparavant avec Le retour des bidasses en folies en 1983 et qui s'est poursuivie un an plus tard avec Charlots Connections. Le long-métrage est surtout l'occasion pour Jean Sarrus de se placer devant mais aussi derrière la caméra. Réalisateur et scénariste du Retour des Charlots, il n'aura pourtant pas permis à la troupe de finir en beauté et même si Le retour des Charlots n'est pas aussi pathétique que Le retour des bidasses en folies, cette comédie franchouillarde qui demeure pour le coup, magnifiquement anachronique, vise en plein dans le mille dans la catégorie des nanars à la française...


L'amnésie dont est atteint l'un des protagonistes n'est qu'un prétexte pour le réalisateur/acteur/scénariste et ses partenaires d'aligner les gags bas du front. C'est d'autant plus dommage que Jean Sarrus tente d'émouvoir son auditoire en invoquant un certain esprit de camaraderie au centre du thème des retrouvailles. Ce qu'il tente à travers des séquences d'une confondante crétinerie. Lorsque habillés comme des bébés, comme des rugbymen ou encore comme des bidasses Jean, Phil et Richard débarquent en trombe accompagnés de l'adjudant Caussade, on tombe des nues devant tant de bêtise immature. D'autant plus qu'il faut faire un effort surhumain pour ne serait-ce qu'esquisser le moindre sourire. Il est loin le temps des Fous du stade ou du Grand Bazar et notre trio a beau en faire des tonnes, à gesticuler dans tous les sens et à livrer des répliques qui ne valent même pas les blagues Carambar, tout, absolument tout tombe à plat. Au mieux (ou au pire), Le retour des Charlots témoigne d'une époque où l'on pouvait se moquer librement d'une femme en surpoids (la très ''fellinienne'' Jezabelle Amato en prenant régulièrement pour son grade) et où l'on pouvait lourdement draguer les clientes d'un hôtel sans voir surgir les pseudos ligues féministes 2.0. Tout ici est tellement mauvais que la fibre nostalgique ne fonctionne jamais. Est-ce l'époque, mais curieusement, la comédie de Jean Sarrus repose sur les mêmes mécaniques que par le passé sans pour autant éveiller chez le spectateur le moindre plaisir. Tourné au Portugal, à Lisbonne, Le retour des Charlots est l'un des derniers témoignages de ce que l'on appelle communément la Comédie Franchouillarde. De l'aveu même de son réalisateur, scénariste et interprète, le film est un ratage complet. Anecdote amusante pour les cinéphages mais sans doute moins pour l'équipe de tournage lorsque le film fut présenté aux distributeurs, le remplaçant de Gérard Rinaldi, Richard Bonnot, fut le seul spectateur à venir se présenter lors de la projection. Notons enfin la présence dans le rôle d'un chef de bande de l'américain Jango Edwards dont les plus anciens téléspectateurs de Canal+ se souviennent pour ses diverses apparitions burlesques sur la quatrième chaîne française...


 

mardi 28 juillet 2026

Le trouble-fesses de Raoul Foulon (1976) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Après le très dérangeant L'homme qui voulait savoir de George Sluizer, il fallait bien une comédie franchouillarde de l'acabit de celle-ci pour se changer les idées. Du moins pouvais-je le supposer jusqu'à ce qu'au bout des quatre-vingt six minutes de projection, je m'aperçoive que j'avais placé à mes côtés, un verre rempli d'eau, une boite complète de somnifères, une lame de rasoir et qu'une corde était suspendue au dessus de ma tête, raccordée au lustre du plafond! Autant il m'arriva souvent de me demander ce qui pouvait passer par la tête de David Lynch ou Alessandro Jodorowsky au moment de concevoir leurs films, autant Le trouble-fesses de Raoul Foulon me paraît lui mériter d'être étudié en profondeur afin de comprendre ce qui pousse un homme à écrire et réaliser un tel projet ! N'étant dès le départ pas au dessus de tout soupçon puisqu'une bonne partie du casting ne laisse aucun doute quant au contenu du long-métrage, Raoul Foulon se lance dans l'élaboration d'un projet qui n'a rien de véritablement conceptuel puisqu'il s'inscrit dans une vague de comédies (très) légères et extrêmement nombreuses mêlant quiproquos et érotisme éthéré... Nous sommes au beau milieu des années soixante-dix et alors que le porno fait florès dans certaines salles de cinéma parisiennes, la comédie dite franchouillarde s'invite dans un domaine avec lequel elle partage tout d'abord une forme d'indigence que l'on ne rencontre que dans ces deux seuls courants cinématographiques. Mais alors que la pornographie possède des moyens concrets d'exciter ses spectateurs, la comédie nanardesque à la française se doit d'assumer son incompétence lorsqu'il s'agit de faire rire son public. Et ça n'est certes pas avec Le trouble-fesses que Raoul Foulon parviendra à maintenir celui-ci en haleine. Car à moins d'être atteint de mazophilie (ou fétichisme des seins), rien ne va ! Autant la poitrine de Bernadette Lafont parvient-elle à une ou deux occasions de très courte durée à détourner l'attention du spectateur vers autre chose que les indigestes mise en scène, interprétation et scénario, autant le reste élève le film au niveau de purge qui sur une échelle de cinq arrive péniblement à gravir le tout premier échelon. Accompagnant la brune à l'imposante poitrine, Michel Galabru et Maurice Risch complètent un trio d'interprètes principaux qui jonglent entre mauvais mots et situations parfois gênantes. Si le premier incarne Eugène Lajoux, un cadre d'entreprise adultère marié à Dany (qui est donc interprétée par Bernadette Lafont), le second interprète Ernesto Capoli, le neveu du patron de l'entreprise en question, qui après avoir été surpris dans le lit d'une jeune femme dont le père est un mafieux est contraint de quitter l'Italie pour rejoindre la capitale française...


Un queutard, qui dès qu'une jupette ou un décolleté se profile à l'horizon est systématiquement guidé vers sa propriétaire afin de tenter de coucher avec elle. Lorsque l'on pense que Maurice Risch est tout de même celui qui incarna le gros dégueulasse du film éponyme que réalisa la décennie suivante Bruno Zincone, on a un peu de mal à l'imaginer en séducteur ici, dans ce Trouble-fesses dont l'appellation lui est entièrement consacrée. En dragueur compulsif, Ernesto traque toutes celles qui se présentent volontairement ou non devant lui. Ce qui donne lieu à des séquences qui de nos jours paraissent invraisemblables. Ou du moins, désormais inenvisageables. On force un baiser, on soulève une jupe, on se colle sans que cela ne gêne personne sauf la jeune femme concernée. En contrepartie, l'homme est représenté de manière fort ridicule et les femmes, pourtant contraintes d'assouvir tous les désirs de leurs ''patrons'', sont bien celles qui en réalité mènent la barque. Ayant consacré la quasi totalité de sa carrière artistique dans le domaine de la photographie de plateau, Raoul Foulon signait là son seul long-métrage en tant que réalisateur et scénariste. Une grave erreur de parcours pour celui qui tout de même travailla auprès d'André Hunebelle sur Le capitan, Bernard Borderie sur Les quatre mousquetaires ou encore sur La rupture de Claude Chabrol. Le trouble-fesses est cependant un digne représentant de la vague de comédies franchouillardes des années soixante-dix. Pathétique, mal branlé, atrocement creux et d'une confondante bêtise ! Bref, si vous avez le courage de vous lancer dans l'aventure, rassurez-vous, vous n'aurez pas un centime à débourser puisque de généreux contributeurs ont eu la bonne idée de proposer le film sur différentes plateformes. Dont YouTube... Bon courage, tout de même...

 

vendredi 24 juillet 2026

Cycle Les Charlots: Le retour des bidasses en folie de Jean Sarrus (1983) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Alors là, on s'attaque à un gros, très gros morceau de la comédie franchouillarde à forte tendance nanardesque. Tandis que Les Charlots nous avaient laissé avec un Charlots contre Dracula d'assez bonne facture en 1979, il aura fallut attendre quatre années avant de revoir Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli et Jean Sarrus sur grand écran (Jean-Guy Fechner ayant quitté le groupe après le tournage de Bons Baisers de Hong Kong d'Yvan Chiffre d'un commun accord avec le producteur Christian Fechner). Et franchement, on s'en serait bien passé car dans la grande tradition des films de bidasses au sens scénaristique mais aussi directement inclus dans le titre, Le Retour des bidasses en folie manque de peu l'anachronisme puisqu'il situe sa création au début des années quatre-vingt. Énième et dernier représentant d'une série de longs-métrages qui en réalité n'entretiennent pas tous des rapports entre eux, le film de Michel Vocoret (scénariste pour Max Pécas sur le film érotique Club privé pour couples avertis en 1978 avant d'être auteur lui-même de cinq comédies navrantes) vient donc après Les Bidasses en folie et Les Bidasses s'en vont en guerre de Claude Zidi, Les Bidasses au pensionnat de Michel Vocoret lui-même, Embraye bidasse, ça fume de Max Pécas (comme quoi, les grands esprits se rencontrent dans une même communauté de biens), Les Bidasses en vadrouille de Christian Caza et Les Bidasses aux grandes manœuvres de Raphaël Delpard. De quoi se chopper une sévère indigestion si tant est que l'on a le courage de les regarder les uns derrière les autres. On pouvait rêver ou du moins espérer que Le Retour des bidasses en folie soit moins affligeant que la concurrence puisque Les Bidasses en folie et Les Bidasses s'en vont en guerre n'étaient à leur époque pas les plus mauvais de tous mais c'était sans compter sur le ''talent'' de Michel Vocoret dans l'art de mettre en scène les derniers représentants des Charlots (qui, je le rappelle, étaient cinq à l'origine puisque Lui Rego en faisait effectivement partie) dans l'une des pires comédies françaises de toute l'histoire du septième art...


Un titre de gloire que l'on aurait pu soumettre à l'improbable Führer en folie de Philippe Clair ou bien à son Grand Fanfaron qui, hasard ou non, fut également distribué sous le titre Les Bidasses en cavale... ! Ici, Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli et Jean Sarrus interprètent tout d'abord trois anciens vétérans de la Seconde Guerre Mondiale qui lors d'une cérémonie de commémoration se rappellent leurs aventures en tant que simples soldats de l'armée de terre française. Le film évoquant en outre l'existence d'un trésor caché par la Kommandantur (tiens, tiens, un petit parfum de De l'or pour les braves de Brian G. Hutton ne se ferait-il pas sentir?). Retour ensuite dans le passé où nos trois acteurs rendossent donc pour la troisième fois après Les Bidasses en folie en 1971 et Les Bidasses s'en vont en guerre en 1974 leur uniforme de soldats et interprètent à nouveau les personnages de Gérard, Phil et Jean. L'occasion pour les trois hommes de retrouver leur ancien compagnon de route Luis Rego qui après un paquet de seconds rôles entre 1971 et 1981 revient ici auprès d'eux en incarnant cette fois-ci le rôle d'un sergent ! Notons également la présence de l'acteur Franck-Olivier Bonnet, acteur multi-couteaux capable de jouer dans le pire (comme ici) tout comme dans le meilleur (Un mauvais fils et Série noire de Claude Sautet, La guerre du feu de Jean-Jacques Annaud, La crise de Coline Serreau ou encore Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet...). Pour le reste, la comédie de Michel Vocoret est d'une lourdeur abyssale. Un humour pompier au degré zéro d'un genre qui ne vole déjà pas très haut. Drôle ? Jamais! Épuisant ? Définitivement ! D'un pathétique qui veut que même en tant que simple téléspectateur l'on ait parfois le réflexe de détourner le regard devant tant d'indigence ! Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Comédie Franchouillarde est ici réuni en à peine plus de quatre-vingt minutes. Il y a en outre des noms et des visages qui ne trompent pas sur la marchandise : à commencer par Jacques Jouanneau qui interprète un général et Roger Carel qui incarne le colonel allemand von Berg. Bref, d'un côté comme de l'autre des lignes ennemis, France et Allemagne ont du soucis à se faire !

 

samedi 20 juin 2026

Savage Water de Paul W. Kener (1979)



Je l'écrivais il y a de cela, dans deux jours (ne cherchez pas le sens de cette phrase), certains films gagnent à être traduits, puis doublés en français. Savage Water fait partie de ces improbables bobines qui ne peuvent laisser indifférent. Certainement pas grâce à son scénario, sa mise en scène ou son interprétation. Il faudra faire avec mais : le premier est inexistant. Ou du moins s'est-il perdu en chemin, ou même peut-être noyé dans ces Eaux Sauvages que la jaquette de l'une des éditions DVD promet d'être l'expérience la plus intense depuis Délivrance (The most intense river experience since « Deliverance »). Ne vous faites pas d'illusion. Même si l'expérience mérite d'être vécue ne serait-ce qu'une seule fois dans votre existence (juste pour que vous vous fassiez une idée de ce qui peut résulter d'un doublage amateur fait avec une conscience professionnelle frisant le zéro absolu), comparer le classique de John Boorman et cette excroissance syphilitique est évidemment une blague de potache.

La mise en scène est à l'avenant du scénario. Un peu comme si le réalisateur avait confié sa caméra à Mère Nature en prétextant avoir oublié un rendez-vous chez le dentiste. Autant dire qu'il devait avoir les dents en très mauvais état pour que son film donne l'impression de n'avoir jamais été dirigé. Quant à l'interprétation, que voulez-vous que je vous dise... ? Je vous fais le pari, qu'en cherchant même très loin dans vos mémoires le pire film que vous avez vu, vous lui mettrez un quinze sur vingt après avoir vu Eaux Sauvages. Quoique, je n'ai personnellement pas eu besoin de chercher longtemps pour en trouver un de plus éprouvant à regarder. Ceux qui me connaissent TRES BIEN savent que Raiders of theLiving-Dead demeure en la matière, mon film de chevet.

Putain, un slasher me direz-vous. Un que je n'aurais pas encore dans ma collection ? Oui, enfin, bon. Disons que jusqu'au procès final expédié de manière aussi rapide que... pas grand chose en fait, l’œuvre tente de maintenir un suspens aussi tendu qu'un arc dont la corde aurait pété ! Sérieusement, lorsque l'on lance le film, on a très vite l'impression que le type qui a loué le film avant vous a logé le mauvais DVD dans le boîtier avant de le ramener dans son vidéoclub.

Aaaahhh, les vidéoclubs... ces dizaines de jaquettes promettant des heures d'hémoglobine, ces rayons planqués un peu plus loin, honteux d'arborer des films aux titres aussi évocateurs que La Bonne Sœur aux Gros Nichons (mon premier porno), Caligula (mon premier péplum... porno lui aussi), ou le très éducatif Le Sexe qui Parle (le genre de film qui, s'il devait un jour arriver à la femme d'être victime du même mal que son héroïne, résoudrait bien des problèmes d'adultère)...

Eaux Sauvages ressemble dans sa première grosse partie (en fait, une heure sur les quatre-vingt dix minutes que dure le film) à une vidéo de vacances. Il ne s'y passe rien. C'est plat, inintéressant, vide de tout ce que l'on pourrait exiger d'un film au titre aussi évocateur. Une dizaine de personnages environs font un peu de rafting, discutent, mangent, apprennent à mettre un gilet de sauvetage et à placer des cordages sur les canoës. Certaines scènes valent pourtant le détour. Deux notamment m'ont très fortement marquées. D'abord, il y a cette scène située à l'intérieur d'un cockpit d'avion. Sans même avoir à tendre l'oreille, on s'aperçoit que le bruit du moteur est celui produit par un hélicoptère. Un HELICOPTERE !!! D'un autre côté, c'est plutôt amusant. Un peu comme cette seconde scène durant laquelle on découvre un couple d'allemand. Leur accent est si caricatural qu'il nous renvoie à l'époque ou Michel Leeb imitait les noirs ou les asiatiques. En plus, comme le spectateur est forcément un con, le couple germanique termine ses phrases par un « ja » ou un « jawohl » indentifiant définitivement s'il en était besoin leurs origines.

Mais ce qui demeure le plus fameux dans ce film, c'est effectivement son doublage. Si ce (trop) long-métrage ne devait déjà pas peser bien lourd dans sa langue natale, ceux qui l'on doublé on effectué un travail d'une rigueur exceptionnelle... non, j'déconne ! En fait, c'est navrant. Et en meêm temps, c'est ce qui fait le charme de cet OFNI dont on ne cessera jamais de vanter des défaut qui en font ses qualités de nanar.
Ah ! Et puis je voulais préciser une chose : il y a bien eu un cinéaste derrière tout ça. Son nom : Paul W. Kener.

lundi 22 septembre 2025

Blutiger Freitag de Lee Payant et Rolf Olsen (1972) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Je roulais tranquillement, sur une route de campagne, à bord de ma toute nouvelle BMW Série 5, humant l'air à pleins poumons, entouré de champs de tournesols et sous un soleil radieux. Lorsque surgit tout à coup dans mon rétroviseur un Belaz 75710 et ses 9.200 chevaux sous le capot dont le chauffeur fit tourner à plein régime son ampli JBL Stage GT90041 sur une affreuse captation pirate du concert que donna Manowar lors sa tournée allemande en 2008 ! 139db qui firent fuir la totalité de la faune présente. Plus un seul lapin, plus aucune trace du moindre insecte. Les vers de terre s'étant même enfoncés plus profondément que jamais dans le sol meuble des terres labourées environnantes... Même la flore n'y résista pas. De leurs racines les plus robustes jusqu'aux cimes, il est encore aujourd'hui possible de voir les ravages qu'a causé le passage de cet engin et de son propriétaire, sans doute un hooligan grand amateur de football et de bière ! Entre le rugissement des guitares et le bruit des hérissons explosant comme des vessies remplies d'air au passage des immenses roues du véhicule, c'est à ce moment là que j'ai ouvert les yeux... et devant eux, le générique de fin de Blutiger Freitag, seul long-métrage à avoir été conjointement réalisé en 1972 par l'américain Lee Payant et l'autrichien Rolf Olsen. Mon année de naissance ! Je crois bien que si le film était sorti en France cette année là et non pas avec deux ans de retard et que ma mère m'avait donné naissance en pleine séance de projection dans un petit cinéma de quartier de Seine-Saint-Denis, je serais illico retourné me blottir dans son ventre pour n'en ressortir que quelques semaines plus tard ! Si vous connaissez l’œuvre des deux réalisateurs, vous l'aurez sans doute déjà compris : tout ce qui précède est une métaphore reposant sur la personnalité de l'un des principaux personnages de l'histoire. Pour les autres, je vous présente Heinz Klett ! Qui, si le concours de l'homme le plus lourd, le plus beauf, le plus misogyne, le plus vulgaire et le plus violent du septième art existait aurait sans doute remporté la Palme d'Or cette année là. Le plus... con également !


Vous savez, le genre de mec qui préfère d'abord parler avec les poings! Et qui pour que le prochain braquage de banque qu'il a prévu d'opérer avec ses complices Luigi Belloni (Gianni Macchia), Christian Heidi Hofbauer Christine Böhm) et le frère de cette dernière fraîchement déserté de l'armée allemande, Christian (Amadeus August) se déroule sans encombres donne quelques petits conseils à ses camarades. Du genre (et avec l'accent allemand) : ''Bour que le hold-up ze déroule dans les meilleures gondizions, il va valloir être médhodique !''... dit celui qui quelques instants plus tard va lister les précédents braquages qu'il a accompli et qui tous n'ont pas fonctionné ! Si l'on devait comparer celui auquel nous allons assister avec l'un des innombrables qui avant et après lui ont vu le jour sur un écran de cinéma, on peut considérer Blutiger Freitag comme une version totalement décérébrée de l'excellent Pour cent briques t'as plus rien que réalisa Édouard Molinaro en 1982 et qui mit notamment en scène Daniel Auteuil, Gérard Jugnot, Anémone ou encore François Perrot. Méthodique ? Le personnage qu'incarne l'acteur originaire de Hambourg Raimund Harmstorf l'est assurément... à sa manière... Déjà, l'on avait saisit la bipolarité du bonhomme lorsque lors de leur rencontre, Christian et lui s'étaient physiquement frottés l'un à l'autre durant une bagarre se terminant au bout de quelques instants et tout naturellement par un : ''Bon, allez ! On s'bagarrera plus tard !'' suivi très rapidement d'un : ''Allez ! Allez, viens boire un verre'' comme si l’échauffourée n'avait jamais eu lieu quelques secondes plus tôt ! Concernant la méthodologie de ce chevelu/barbu dont le physique et le comportement très ''néandertaliens'' collent à merveille à sa personnalité, le type, une fois le groupe et lui introduits dans la banque décide sur un coup de tête que finalement, le port d'une cagoule ne sert à rien. Suivi bien évidemment de ses crétins de complices dont un Christian qui nous semblait jusque là avoir davantage de cellules grises que ses compagnons. Méthodologie, également, lorsque le bonhomme se met à vider une bouteille de whisky découverte dans le bureau du directeur de la banque (et bé, c'est du sérieux ça !)...


Bref, ça commence à partir en couille comme dirait l'autre. De toute manière, toute cette affaire débutait plutôt mal. L'un des braqueurs perdit une grenade avant ''pénétration'' des lieux et sur laquelle tomba un jeune enfant qui au juger, ne devait pas avoir plus de quatre ou cinq ans. Lequel mania malgré tout l'engin de mort jusqu'à la dégoupiller tandis qu'un flic en uniforme tentait de s'en saisir. Sacrifiant sa propre existence, ce dernier l'arracha des mains de l'enfant pour se coucher ensuite dessus. L'occasion d'évoquer la violence de Blutiger Freitag, détail non négligeable puisque quelques inserts gore des plus cracras permettront peut-être de conserver l'intérêt de certains spectateurs. Une violence outrée mais aussi et surtout une séquence montée façon ''Ultra-cut'' lors de laquelle Heinz Klett se tape l'une des otages tandis que le monteur du film effectue un collage relativement ''chelou'' représentant des micro-scènes de films pornos couplées à des inserts de séquences d'abattage animal dans un abattoir ! Si l'on veut demeurer tout à fait objectif, dans le genre thriller/film de braquage, le long-métrage de Lee Payant et Rolf Olsen n'est franchement pas d'un grand intérêt. Le passage obligé en huis-clos est on ne peut plus inintéressant et détaille les faiblesses d'un scénario plutôt flemmard écrit par les scénaristes Valeria Bonamano et Fernando Di Leo ainsi que par Rolf Olsen lui-même. La véritable valeur du film est en réalité contenu dans la seule version dont nous pouvons bénéficier, nous français : son doublage ! Car à l'image des protagonistes et des seconds rôles, les doubleurs nous ont concocté des dialogues en langue française de toute beauté... De ce qui satisfont les fans de bons gros nanars qui accompagnent les soirées Bière/Pizza ! D'ailleurs, les moyens entrepris en la matière par les doubleurs hexagonaux sont tels que certains d'entre eux ont même doublé plusieurs personnages. Cela s'entend notamment lorsque un cinquième complice (qui finalement ne pourra pas participer au braquage) et l'un des otages sont très clairement doublés par le même acteur. Bref, nous voici devant un généreux et authentique nanar qui considère peut-être traiter son sujet au premier degré mais qui devant la caractérisation des personnages, l'invraisemblance de nombreuses séquences, le script bas du front et donc, le doublage en français et une pépite qui arrachera de nombreux rires...

 

samedi 2 août 2025

The Mildew from Planet Xonader de Giulio De Santi et Neil Meschino (2015)



A une époque où le président des États-Unis Ronald Reagan est au pouvoir, un colonel de l'armée américaine rend visite à un laboratoire de recherches médicales dont le père fondateur se nomme Edison Carter et dans lequel sont menées des expérience visant à créer une arme bactériologique capable d’annihiler toute vie sur notre planète. L'un des scientifiques vient justement de mettre la main sur une souche de moisissure appelée « Stacky Morte » et particulièrement virulente qui et en mesure de provoquer d'horribles mutations génétiques chez les individus qui entrent directement en contact avec elle.
Alors que jusqu'à maintenant tout se déroulait dans les meilleures conditions, le député Blankeship, qui lui-même a été invité à visiter les locaux, ingère quelques spores mélangés à de la cocaïne. Il est la première victime d'une abominable mutation qui le mène à la mort. Mais les spores s'étant dispersés dans l'air, l'espace confiné est de plus en plus réduit. Militaires et scientifiques se sont réfugiés dans une salle dans l'espoir d'y demeurer à l'abri jusqu'à ce que le système de sécurité ait nettoyé toute la zone...

Spécialisée dans le cinéma gore, la maison de production Necrostorm (tout un programme) propose avec ce film signé du duo Giulio De Santi et Neil Meschino, une œuvre Z totalement assumée. The Mildew from Planet Xonader est saignant. Des hectolitres de sang, et au vu des couleurs que sécrètent les corps touchés par la moisissure, des matières dont les origines nous demeurent encore inconnues. De mémoire, il y avait bien longtemps que le cinéma gore n'avait pas produit d’œuvre gore dont les scènes d'horreur sont un véritable feu d'artifice aux mille couleurs (n'ayant pas vu le reste de la production Necrostorm, je juge dont cette œuvre à l'aveugle). La seule et unique fois où un réalisateur joua avec une palette de couleurs flamboyante fut lors du classique Street Trash, seul et unique long-métrage du talentueux Jim Muro.

Malheureusement, la comparaison s'arrête là ! Car si les deux films jouent dans la même catégorie, en matière d'interprétation, de lieux servant d'intrigue, de mise en scène et d'effets-spéciaux, The Mildew from Planet Xonader est l'exemple même de ce qu'une véritable équipe de tournage (comprendre une équipe de professionnels) n'oserait pas faire. Quant à la proposer à la diffusion. Mais aujourd'hui, le cinéma n'étant plus véritablement ce qu'il était, n'importe qui est en mesure de produire n'importe quoi. Le cinéma Z ayant lui aussi son public que fidèles, certains se sont engouffrés dans la brèche pour ne plus en sortir. Ni meilleur, ni pire qu'un autre, The Mildew from Planet Xonader propose un quota de scènes gore qui ravira les amateurs du genre les moins regardant. Ça pisse, ça gicle, des têtes explosent, les tripes prennent l'air, les visages se déforment, l'épiderme fond, les orbites baient, un survivant vomi, et tout ça, dans un joyeux bordel opposant comme de coutume militaires et scientifiques.

C'est mauvais mais tellement bon à la fois. Pas besoin de réfléchir... Ici, vous êtes prié de laisser vos neurones à l'entrée. Les effets-spéciaux sont majoritairement créés à partir de moulages en latex même si l'on note quelques passages en CGI (Computer-generated imagery). Le film est intégralement filmé dans un espace confiné à deux ou trois pièces et un couloir, ce qui donné un effet huis-clos involontairement généré par le manque flagrant de moyens. Les amateurs du genre se régaleront sûrement, quant aux autres, comme à leur habitude, ils passeront certainement leur chemin...

dimanche 13 juillet 2025

La dernière bourrée à Paris de Raoul André (1973) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Quelle ironie tout de même... Alors qu'hier j'écrivais ceci : ''Y'a un os dans la moulinette est une excellente porte d'entrée dans le genre'', voilà qu'aujourd'hui, afin de clore le mini-cycle que j'ai décidé de consacrer au réalisateur français Raoul André et à la comédie franchouillarde, je tombe sur La dernière bourrée à Paris. Que les choses soient claires ! Bourrée ne veut pas dire ici que l'héroïne y apparaît le plus clair de son temps dans un état d'ivresse avancé ni qu'elle passe son temps en position horizontale pour se faire culbuter par le bel étalon italien rencontré en tout début de récit. Non, ce piteux jeu de mots se réfère non seulement au Dernier tango à Paris que réalisa Bernardo Bertolucci un an auparavant et dont le film de Raoul André se veut être une parodie mais également une référence à la danse dont la plus célèbre version est auvergnate... Alors qu'en 1972 les personnages incarnés par Marlon Brando et Maria Schneider se rencontraient lors de la visite d'un appartement, en 1973, la charmante Berthe (Patricia Lesieur) tombe sur Victor, interprété par l'acteur Tony Kendall qui contrairement à ce que laisse supposer son nom n'est pas américain mais italien. Pour la jeune femme, c'est le coup de foudre. D'autant plus qu'elle sort d'une séance cinéma où elle a justement assisté à la projection du Dernier tango à Paris ! Plusieurs événements font référence au long-métrage sulfureux de Bernardo Bertolucci. Comme l'appartement où se déroule une bonne partie de l'action entre Berthe et Victor ainsi que toute la dernière partie du film. Mais contrairement à ce que laisse supposer Raoul André, l'adresse est différente. Tout comme cette musique et les voix des personnages que l'on entend hors-champ de l'écran de cinéma qui est censé diffuser Le dernier tango à Paris au début du film. Il n'en demeure pas moins que le réalisateur français y a ajouté un clin d’œil très concret au film du réalisateur italien en incorporant l'actrice Darling Légitimus (qui au demeurant est la grand-mère de l'ancien Inconnus, Pascal Légitimus) dans le rôle d'une concierge. Personnage qu'elle incarnait déjà l'année passée.


Ces petites anecdotes demeurant précisément quelques-uns des rarissimes détails d'intérêt concernant La dernière bourrée à Paris, le film regroupe ensuite des fidèles de Raoul André parmi lesquels l'on retrouve donc Francis Blanche, Daniel Prévost, Paul Préboist (ainsi que son frère Jacques), Christian Marin, Annie Cordy, Micheline Dax, la propre fille du réalisateur Ariane Carletti (pour ceux qui ne le sauraient toujours pas, elle fut la Ariane de Récré A2 et de Club Dorothée) ou bien... Marion Game... qui pour l'occasion est l'ultime centre d'intérêt de cette comédie qui est donc franchouillarde, certes, mais surtout d'une nullité si remarquable que celles et ceux qui y survécurent au moment de sa sortie voilà plus de cinquante ans en font certainement encore d'horribles cauchemars ! Tellement mauvais que de supporter une telle péloche dans son intégralité se révèle être un véritable calvaire. Ça n'est donc que par preuve de conscience cinéphilique que je me suis contraint à un exercice consistant à relancer le film à plusieurs reprises, chaque fois que je fermais l’œil et que me passait sous le nez telle ou telle séquence. À bien y regarder, le film a duré au final plus de six heures !!! Fort heureusement, derrière ce capharnaüm qui ne rend hommage ni à Bernado Bertolucci, ni à son classique, ni à la comédie française en général et donc pas davantage aux interprètes et aux techniciens qui travaillèrent dessus, La dernière bourrée à Paris est malgré tout l'occasion de découvrir Marion Game sous toutes ses coutures. Déjà craquante lorsqu'elle ne se contente que de sourire dans un premier temps, allez savoir pourquoi mais l'attention du spectateur se trouve être ensuite happée par les formes de cette actrice qui ici, ne cache absolument rien de ses charmes. Autant dire que de voir Marion Game à poil est aussi plaisant que de manger une bonne glace sous le soleil de Santorin, par quarante degrés, après avoir marché une bonne dizaine de kilomètres ! À part ça ? RIEN! Le vide, sidéral. Niveau interprétation, écriture et mise en scène, c'est le néant. Il y a autant d'espoir de rire ou même plus simplement de sourire qu'il y a de chance de traverser en une seule journée le vide qui sépare deux systèmes solaires. Bref, La dernière bourrée à Paris est une catastrophe qui mérite à peine d'entrer dans le registre du nanar qui par définition se doit malgré tout de divertir. Ici, à part une Marion Game parfois en mode ''retour à la nature'', y'a vraiment rien à manger ni à boire...

 

samedi 31 mai 2025

Blood Lake : Attack of the Killer Lampreys de James Cullen Bressack (2014) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Depuis le début de sa carrière au début des années quatre-vingt, l'actrice américaine Shannen Doherty continue son petit bonhomme de chemin, surtout à la télévision, où nous avons pu notamment la découvrir dans le rôle de Jenny Wilder dans La Petite Maison dans la Prairie lorsqu'elle n'était encore qu'une gamine ou quelques années plus tard dans Beverly Hills, série dans laquelle elle interprétait celui de Brenda Walsh. Deux séries extrêmement populaires à travers le monde qui ne l’empêchèrent cependant pas de tourner dans d'autres séries télévisées et d'apparaître dans un certain nombre de longs-métrages tels que la comédie Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood ? de Peter Segal en 1994 ou Nowhere de Gregg Araki en 1997. Mais c'est bien sur le petit écran que l'actrice à fait l'essentiel de sa carrière et pas seulement dans des séries mais également dans de nombreux téléfilms. Produit par la société de cinéma et de distribution américaine The Asylum, Blood Lake : Attack of the Killer Lampreys met en scène des créatures marines qui s'attaquent à l'homme. En parallèle à la saga Sharknado qui elle-même voit l'un des anciens interprètes de la série Beverly Hills (l'acteur Ian Ziering qui interprétait alors le personnage de Steve Sanders) affronter une armada de requins volants (!!!), le film de James Cullen Bressack reprend à peu de chose près le même concept d'invasion sauf qu'ici, on n'est plus dans la même démesure que chez Anthony C. Ferrante puisque le cadre est désormais celui d'une petite bourgade balnéaire dont le maire, bien évidemment, va se montrer relativement retors à l'idée de fermer l'endroit et ainsi interdire l'accès aux touristes...


On a déjà vu ça mille fois ailleurs. À commencer par Les Dents de la Mer de Steven Spielberg même si de par leur taille et leur nombre, les lamproies de Blood Lake : Attack of the Killer Lampreys rapproche l’œuvre de James Cullen Bressack du classique de Joe Dante, Piranha. Tourné à l'aide de caméras numériques, on ne trouve à l'image aucun grain, aucun parasite qui faisait le charme de ses ancêtres dans le domaine des attaques animales. Si le réalisateur s'y connaît lorsqu'il s'agit d'utiliser sa caméra, autant savoir tout de suite que le film impose un style visuel ultra classique. Artistiquement, le film ne prend aucun risque et l'on est une fois de plus devant l'un de ces petits films tournés à la chaîne qui imposent des codes perpétuellement rabâchés. Sans être incroyablement performants, les interprètes s'en sortent honnêtement. À part sans doute l'actrice Ciara Hanna, laquelle incarne la fille de Cate (Shannen Doherty) et de Michael (Jason Brooks) sans être une seule seconde convaincante. Réalisées en images de synthèse, les lamproies arborent un design tantôt correct, tantôt râté. Shannen Doherty est sous-employée puisque le rôle principal revient à l'acteur Jason Brooks qui interprète un spécialiste venu résoudre sur place le problème lié à la présence de nombreuses lamproies dans un lac. À savoir que l'acteur Christopher Lloyd fait lui-même partie du casting dans le rôle du maire. Un maire ultra caricatural. À tel point que son personnage en devient invraisemblable. Blood Lake : Attack of the Killer Lampreys ne bouleversera pas les amateurs du genre. Sans une once d'imagination en dehors de certaines attaques de lamproies, ceux qui dénigrent en outre ce sous-genre continueront certainement de camper sur leur position... Bof, bof !!!

mercredi 12 mars 2025

Alien Platoon de Norbert Moutier (1992) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

À défaut d'avoir été un grand cinéaste, Norbert Moutier, AKA N.G.Mount, AKA Norbert Georges Mount, AKA Bert Mount eut la capacité d'attirer le chaland avec des titres aussi divers que Mad Mutilator (Ogroff), Trepanator, Dinosaur of the Deep ou comme dans le cas présent, Alien Platoon. Tout ou presque dans ce dernier reflète cette approche du septième art, nanardesque, fauché, tourné dans des conditions amateurs et qui pourtant, fit les grandes heures du cinéma Z propre à attirer la convoitise des amateurs de nanars, comme le firent avant lui certains auteurs italiens. Il y a en effet chez le français, ce même goût du plagiat détournant de grandes œuvres du septième art tout en leur administrant un ravalement de façade esthétiquement et artistiquement régressifs. Lorsque l'on signe un film au titre aussi évocateur que Alien Platoon, il est en général urgent, voire primordial de ne surtout pas se moquer de son public même si ce dernier ne s'attend pas à ce que la forme soit la même que ces classiques pour grand public financés à coups de dizaines ou de centaines de millions de billets verts. Floué, le spectateur l'est quand même un peu. Même celui qui connaît déjà l’œuvre passée de Norbert Moutier et qui sait déjà à peu près à quoi s'attendre. Si le ''Platoon'' du titre se réfère bien au genre ''Film de guerre'', le ''Alien'', lui, n'a rien à foutre dans ce même titre qui a plus à voir en réalité avec le Predator de John McTiernan ou encore le Terminator de James Cameron. Et ça n'est pas parce que le fidèle Jean Rollin qui joue ici le rôle du Major de l'armée française Taylor l'affirme mais parce qu'en tant que spectateurs, il n'est pas impossible et même carrément probable que l'image du T-800 nous vienne à l'esprit. Et ce, même si le super-soldat (incarné par Norbert Moutier lui-même) n'a franchement ni l'allure ni le charisme d'Arnold Schwarzenegger ! Faut quand même pas pousser ! Surnommé le Chasseur, il s'agit d'un soldat ayant fait l'objet de modifications physiques. Désormais recouverte de métal et de câbles électriques (c'est du moins ainsi que je l'ai compris), la ''créature'' ne va malheureusement pas fonctionner comme cela était prévu.


C'est pourquoi une section de soldats à la tête desquels l'on retrouve Michel Finas dans le rôle du sergent Banner est envoyée en forêt afin de retrouver le Chasseur qui s'est donc enfui de la base militaire afin de mettre un terme aux hypothétiques nuisances dont il pourrait se rendre responsable. Ah oui, j'avais oublié de le préciser : plutôt que de faire appel à l'un de ses nombreux soldats, l'armée de terre française a préféré opérer des modification génétiques et organiques sur le corps d'un assassin condamné à mort... Bon, on va pas vous la faire à l'envers, c'est pas dans nos habitudes. Aussi mauvais qu'il puisse être, Alien Platoon n'en est pas moins un vrai bon nanar à la française. Peut-être même l'un des plus grands de sa catégorie tout court. De quoi rendre jaloux les spécialistes italiens en la matière. Chacun y joue comme un pied, à tel point que même mauvais, Jean Rollin a l'air d'avoir été formé au cours Florent ou dans n'importe quelle autre grande école de cinéma hexagonale ! Michel Finas ne s'en sort pas trop mal non plus. Tout juste peut-on se demander pourquoi son personnage passe son temps à gueuler. Mais on ne va pas trop lui en vouloir vu le sort qui l'attend plus tard lors du récit. L'un des plus grands regrets que l'on puisse émettre et le court temps de présence à l'image du Chasseur. Une créature de latex qui pourtant semble avoir sur la tête un préservatif de taille XXXXXXXXXL qui aurait passé trop de temps sous le soleil d'un après-midi de mois de juillet caniculaire. Plus rares encore sont les moments où l'on peut profiter de la voix de ce ridicule super-soldat. Dans un ordre d'idée, vous souvenez-vous des reptiliens de la génialissime série V originale qui fut diffusée dans le courant des années quatre-vingt ?


J'imagine que tout comme moi vous vous étiez à l'époque amusés de la voix étouffée par les maquillages des extraterrestres dès lors qu'ils apparaissaient sous leur véritable apparence ? Et bien là, c'est la même chose. Plutôt que d'avoir retravaillé ses dialogues en post-synchronisation, Norbert Moutier semble avoir préféré gardé le son de sa voix tel quel. Pour un résultat franchement hilarant ! En chef de section, Michel Finas n'est pas reste. Avec sa débordante bedaine d'ancien coureur cycliste à la retraite, il n'y a guère que son engouement pour faire passer la pilule. À part cela, le reste de la troupe est constituée en outre des frères jumeaux Didier et Philippe Leroux et même de Christophe Lemaire dont la ressemblance avec les deux autres laisse un moment envisager qu'il pourrait s'agir de triplés. Oui, vous avez bien lu. Christophe Lemaire. L'un des anciens rédacteurs des magazine Starfix et Mad Movies et auteur de la rubrique ''film du mois'' dans le magazine de musique Rock & Folk. Désormais, et avec d'autres chroniqueurs tels que Fausto Fasulo ou François Cognard, il anime l'excellente web-émission Le bistro de l'horreur pour le compte du site web Filmo TV. Des vidéos que l'on peut notamment découvrir sur Youtube (je vous les conseille d'ailleurs vivement). Pour en revenir à Alien Platoon, allez savoir pourquoi mais Norbert Moutier semble totalement obsédé par les morts-vivants puisque tout comme dans Trepanator, il semble ici ne pas pouvoir s'empêcher d'intégrer des zombies qui, comme pour Le commando des morts-vivants de Ken Wiederhorn quinze ans auparavant sont d'anciens soldats revenus à la vie. Bref, dans ce joyeux bordel qu'est Alien Platoon, il y a à boire et à manger et nul doute que les amateurs de nanars qui ne le connaissent pas encore se feront désormais une joie et un devoir de le découvrir enfin...

 

jeudi 6 mars 2025

Trepanator de N.G.Moutier (1992) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Huit ans après Mad Mutilator et seulement une année avant Alien Platoon, le réalisateur, scénariste et libraire français Norbert Moutier revenait avec un nouveau zé-d'œuvre du zédième-art. Trepanator que ça z'appelle. Le plus zédifiant cinéaste hexagonal revenait en 1991 avec une œuvre ambitieuse se référant à l'écrivain américain H.P.Lovecraft à travers cette citation : ''La vie est une chose hideuse et de la face cachée de notre savoir, suintent de démoniaques fragments de vérité qui la rendent mille fois plus hideuse''... C'est par cette phrase poético-morbide extraite du recueil de nouvelles Facts Concerning the Late Arthur Jermyn and His Family que le romancier publia pour la première fois en 1920 que sous son habituel pseudonyme de N.G.Mount, Norbert Moutier attise notre curiosité en inscrivant donc son œuvre dans la traditionnelle ambition de l'homme se prenant pour Dieu. Plus proche du chirurgien fou de la nouvelle Herbert West – Reanimator que H.P.Lovecraft fera publier sous forme de feuilleton dès juillet 1922 que du roman de la romancière britannique Frankenstein; or, The Modern Prometheus qui vit quant à lui le jour en 1818 avant d'être traduit en français trois ans plus tard, Norbert Moutier semble d'ailleurs insister à ce sujet puisque le neurochirurgien qu'interprète à l'écran Michel Finas (que l'on reverra très rapidement au générique d'Alien Platoon) se nomme Herbert East (signifiant ''Est'', par opposition à West qui lui, signifie ''Ouest''). Descendant d'un médecin aussi fou que lui qui fut assassiné par la police alors qu'il opérait dans d'abominables conditions des patients qui perdaient littéralement la tête. Herbert a donc depuis repris les travaux de son ancêtre et cherche à faire fructifier ses travaux en revendant aux plus offrants le fruit de son labeur. Et ça tombe bien car actuellement se préparent les futures élections présidentielles américaines.... Ah oui ! J'oubliais de le préciser mais après une séquence d'introduction se déroulant en France, voici les protagonistes désormais projetés aux États-Unis. Une illusion qui aurait été presque parfaite si tout ce qu'avait entrepris le chef-décorateur pour nous faire croire qu'effectivement le film se déroulait outre-atlantique n'avait pas été sabordé par des moyens financiers au raz des pâquerettes !


Car tout comme projet initié par Norbert Moutier, Trepanator sent le film fauché. Sans doute quelques dizaines de milliers de francs (et je suis large) ont apparemment servi à tourner ce film à la vas comme j'te pousse, sans répétitions et sans prises multiples. Un film 100% bio, sans addictifs autres que des tonnes de latex servant à fabriquer des crânes, des mains, des jambes, des têtes, des bras tous plus factices les uns que les autres et auxquels ont été ajoutés des abats d'animaux pour un résultat, ma foi, plutôt réussi. Compte tenu du budget et du manque de talent de l'auteur et de ses interprètes, on ne va pas gâcher le seul aspect de Trepanator qui peut encore retenir le spectateur devant son écran. Côté gore, on en a donc pour notre argent. Ça saigne beaucoup. Les trépanations en question n'étant qu'une mise en bouche gracieusement offerte en apéritif avant que notre neurochirurgien ne passe la frontière du raisonnable et ne se transforme en un véritable équarrisseur. La table d'opération se transformant rapidement en un véritable étal de boucher, Herbert East peut compter sur l'assistance de Karl, sorte de Igor frenchie glauquement incarné par Michael Raynaud, créateur ici des effets-spéciaux et dont la carrière d'acteur s'arrêtera à ce seul long-métrage. Notons que parmi les principaux interprètes l'on retrouve le réalisateur Jean Rollin. Cinéaste et écrivain culte qui a fait du mythe du vampire son principal gagne-pain sur grand écran et dans les librairies (il adaptera notamment au cinéma en 1997 son propre roman Les Deux Orphelines vampires édité quant à lui en 1993 dans la collection culte, Angoisse, des éditions Fleuve Noir). Mais le plus surprenant reste ici la courte présence à l'image du réalisateur américain William Lustig. Auteur du cultissime Maniac en 1980, il apparaît sous les traits d'un patient victime de cauchemars récurrents qui se présentent sous la forme d'une silhouette. Celle d'un flic. Celui qu'incarna l'acteur Robert Z'dar dans la franchise Maniac Cop que réalisa également William Lustig. Une silhouette qui ne prête d'ailleurs absolument pas à la confusion puisque le visage, certes ombragé, fait référence au problème de chérubisme dont était victime l'acteur américain ! Pour ce qui est de l'histoire, Trepanator s'intéresse essentiellement à son chirurgien fou et au dirigeant de l'établissement où il travaille (quiconque se retrouve à devoir passer le pas de la porte d'un tel endroit pour s'y faire opérer est condamné à une mort certaine). Mais également a ce jeune homme politique pas très futé dont Herbert choisi de prélever le cerveau afin de l'échanger avec celui de son père ! Après, tout par en vrille, ce film de savant fou se transformant en une invasion de zombies ! Bref, c'est du grand n'importe quoi jouissif malgré la légion de tares que porte en lui le film de Norbert Moutier ! Culte !

 

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