Je l'écrivais il y a de
cela, dans deux jours (ne cherchez pas le sens de cette phrase),
certains films gagnent à être traduits, puis doublés en français.
Savage Water fait partie de ces improbables bobines qui
ne peuvent laisser indifférent. Certainement pas grâce à son
scénario, sa mise en scène ou son interprétation. Il faudra
faire avec mais : le premier est inexistant. Ou du moins
s'est-il perdu en chemin, ou même peut-être noyé dans ces Eaux
Sauvages que la jaquette de l'une des éditions DVD promet
d'être l'expérience la plus intense depuis Délivrance
(The most intense
river experience since « Deliverance »).
Ne vous faites pas d'illusion. Même si l'expérience mérite d'être
vécue ne serait-ce qu'une seule fois dans votre existence (juste
pour que vous vous fassiez une idée de ce qui peut résulter d'un
doublage amateur fait avec une conscience professionnelle frisant le
zéro absolu), comparer le classique de John Boorman et cette
excroissance syphilitique est évidemment une blague de potache.
La
mise en scène est à l'avenant du scénario. Un peu comme si le
réalisateur avait confié sa caméra à Mère Nature en prétextant
avoir oublié un rendez-vous chez le dentiste. Autant dire qu'il
devait avoir les dents en très mauvais état pour que son film donne
l'impression de n'avoir jamais été dirigé. Quant à
l'interprétation, que voulez-vous que je vous dise... ? Je vous
fais le pari, qu'en cherchant même très loin dans vos mémoires le
pire film que vous avez vu, vous lui mettrez un quinze sur vingt
après avoir vu Eaux Sauvages.
Quoique, je n'ai personnellement pas eu besoin de chercher longtemps
pour en trouver un de plus éprouvant à regarder. Ceux qui me
connaissent TRES BIEN savent que Raiders of theLiving-Dead
demeure en la matière, mon film de chevet.
Putain,
un slasher me direz-vous. Un que je n'aurais pas encore dans ma
collection ? Oui, enfin, bon. Disons que jusqu'au procès final
expédié de manière aussi rapide que... pas grand chose en fait,
l’œuvre tente de maintenir un suspens aussi tendu qu'un arc dont
la corde aurait pété ! Sérieusement, lorsque l'on lance le
film, on a très vite l'impression que le type qui a loué le film
avant vous a logé le mauvais DVD dans le boîtier avant de le
ramener dans son vidéoclub.
Aaaahhh,
les vidéoclubs... ces dizaines de jaquettes promettant des heures
d'hémoglobine, ces rayons planqués un peu plus loin, honteux
d'arborer des films aux titres aussi évocateurs que La
Bonne Sœur aux Gros Nichons
(mon premier porno), Caligula
(mon premier péplum... porno lui aussi), ou le très éducatif Le
Sexe qui Parle
(le genre de film qui, s'il devait un jour arriver à la femme d'être
victime du même mal que son héroïne, résoudrait bien des
problèmes d'adultère)...
Eaux Sauvages
ressemble dans sa première grosse partie (en fait, une heure sur les
quatre-vingt dix minutes que dure le film) à une vidéo de vacances.
Il ne s'y passe rien. C'est plat, inintéressant, vide de tout ce que
l'on pourrait exiger d'un film au titre aussi évocateur. Une dizaine
de personnages environs font un peu de rafting, discutent, mangent,
apprennent à mettre un gilet de sauvetage et à placer des cordages
sur les canoës. Certaines scènes valent pourtant le détour. Deux
notamment m'ont très fortement marquées. D'abord, il y a cette
scène située à l'intérieur d'un cockpit d'avion. Sans même avoir
à tendre l'oreille, on s'aperçoit que le bruit du moteur est celui
produit par un hélicoptère. Un HELICOPTERE !!! D'un autre
côté, c'est plutôt amusant. Un peu comme cette seconde scène
durant laquelle on découvre un couple d'allemand. Leur accent est si
caricatural qu'il nous renvoie à l'époque ou Michel Leeb imitait
les noirs ou les asiatiques. En plus, comme le spectateur est
forcément un con, le couple germanique termine ses phrases par un
« ja » ou un « jawohl » indentifiant
définitivement s'il en était besoin leurs origines.
Mais
ce qui demeure le plus fameux dans ce film, c'est effectivement son
doublage. Si ce (trop) long-métrage ne devait déjà pas peser bien
lourd dans sa langue natale, ceux qui l'on doublé on effectué
un travail d'une rigueur exceptionnelle... non, j'déconne ! En
fait, c'est navrant. Et en meêm temps, c'est ce qui fait le charme
de cet OFNI dont on ne cessera jamais de vanter des défaut qui en
font ses qualités de nanar.
Ah !
Et puis je voulais préciser une chose : il y a bien eu un
cinéaste derrière tout ça. Son nom : Paul W. Kener.




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