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mardi 28 juillet 2026

Le trouble-fesses de Raoul Foulon (1976) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Après le très dérangeant L'homme qui voulait savoir de George Sluizer, il fallait bien une comédie franchouillarde de l'acabit de celle-ci pour se changer les idées. Du moins pouvais-je le supposer jusqu'à ce qu'au bout des quatre-vingt six minutes de projection, je m'aperçoive que j'avais placé à mes côtés, un verre rempli d'eau, une boite complète de somnifères, une lame de rasoir et qu'une corde était suspendue au dessus de ma tête, raccordée au lustre du plafond! Autant il m'arriva souvent de me demander ce qui pouvait passer par la tête de David Lynch ou Alessandro Jodorowsky au moment de concevoir leurs films, autant Le trouble-fesses de Raoul Foulon me paraît lui mériter d'être étudié en profondeur afin de comprendre ce qui pousse un homme à écrire et réaliser un tel projet ! N'étant dès le départ pas au dessus de tout soupçon puisqu'une bonne partie du casting ne laisse aucun doute quant au contenu du long-métrage, Raoul Foulon se lance dans l'élaboration d'un projet qui n'a rien de véritablement conceptuel puisqu'il s'inscrit dans une vague de comédies (très) légères et extrêmement nombreuses mêlant quiproquos et érotisme éthéré... Nous sommes au beau milieu des années soixante-dix et alors que le porno fait florès dans certaines salles de cinéma parisiennes, la comédie dite franchouillarde s'invite dans un domaine avec lequel elle partage tout d'abord une forme d'indigence que l'on ne rencontre que dans ces deux seuls courants cinématographiques. Mais alors que la pornographie possède des moyens concrets d'exciter ses spectateurs, la comédie nanardesque à la française se doit d'assumer son incompétence lorsqu'il s'agit de faire rire son public. Et ça n'est certes pas avec Le trouble-fesses que Raoul Foulon parviendra à maintenir celui-ci en haleine. Car à moins d'être atteint de mazophilie (ou fétichisme des seins), rien ne va ! Autant la poitrine de Bernadette Lafont parvient-elle à une ou deux occasions de très courte durée à détourner l'attention du spectateur vers autre chose que les indigestes mise en scène, interprétation et scénario, autant le reste élève le film au niveau de purge qui sur une échelle de cinq arrive péniblement à gravir le tout premier échelon. Accompagnant la brune à l'imposante poitrine, Michel Galabru et Maurice Risch complètent un trio d'interprètes principaux qui jonglent entre mauvais mots et situations parfois gênantes. Si le premier incarne Eugène Lajoux, un cadre d'entreprise adultère marié à Dany (qui est donc interprétée par Bernadette Lafont), le second interprète Ernesto Capoli, le neveu du patron de l'entreprise en question, qui après avoir été surpris dans le lit d'une jeune femme dont le père est un mafieux est contraint de quitter l'Italie pour rejoindre la capitale française...


Un queutard, qui dès qu'une jupette ou un décolleté se profile à l'horizon est systématiquement guidé vers sa propriétaire afin de tenter de coucher avec elle. Lorsque l'on pense que Maurice Risch est tout de même celui qui incarna le gros dégueulasse du film éponyme que réalisa la décennie suivante Bruno Zincone, on a un peu de mal à l'imaginer en séducteur ici, dans ce Trouble-fesses dont l'appellation lui est entièrement consacrée. En dragueur compulsif, Ernesto traque toutes celles qui se présentent volontairement ou non devant lui. Ce qui donne lieu à des séquences qui de nos jours paraissent invraisemblables. Ou du moins, désormais inenvisageables. On force un baiser, on soulève une jupe, on se colle sans que cela ne gêne personne sauf la jeune femme concernée. En contrepartie, l'homme est représenté de manière fort ridicule et les femmes, pourtant contraintes d'assouvir tous les désirs de leurs ''patrons'', sont bien celles qui en réalité mènent la barque. Ayant consacré la quasi totalité de sa carrière artistique dans le domaine de la photographie de plateau, Raoul Foulon signait là son seul long-métrage en tant que réalisateur et scénariste. Une grave erreur de parcours pour celui qui tout de même travailla auprès d'André Hunebelle sur Le capitan, Bernard Borderie sur Les quatre mousquetaires ou encore sur La rupture de Claude Chabrol. Le trouble-fesses est cependant un digne représentant de la vague de comédies franchouillardes des années soixante-dix. Pathétique, mal branlé, atrocement creux et d'une confondante bêtise ! Bref, si vous avez le courage de vous lancer dans l'aventure, rassurez-vous, vous n'aurez pas un centime à débourser puisque de généreux contributeurs ont eu la bonne idée de proposer le film sur différentes plateformes. Dont YouTube... Bon courage, tout de même...

 

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