Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Les Charlots. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Les Charlots. Afficher tous les articles

vendredi 31 juillet 2026

Cycle Les Charlots: Le retour des Charlots de Jean Sarrus (1992) ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Pris en flagrant délit d'adultère avec sa maîtresse Riquita (Frédérique Lazarini) par sa femme Amalia (Jezabelle Amato), Antionio Pereira (Luis Rego) simule l'amnésie. Désemparée, elle fait appel aux anciens camarades de son époux afin de l'aider à retrouver la mémoire. Jean (Jean Sarrus), Phil (Gérard Filippelli) et Richard (Richard Bonnot) voyagent ainsi jusqu'au Portugal et s'installent dans un hôtel de Lisbonne. Afin d'aider Antonio, ils décident de lui faire revivre divers situations du passé. C'est ainsi qu'ils font appel à l'adjudant Caussade qu'ils ont côtoyé durant leur service militaire. Notons que désormais le personnage est interprété par l'acteur et humoriste français Guy Montagné en lieu et place de Franck-Olivier Bonnet qui dans Le Retour des bidasses en folie de Michel Vocoret en 1983 interprétait le rôle de l'adjudant Cossade et non pas Caussade dont l'orthographe a donc depuis été curieusement modifiée ! Notons ensuite qu'outre le retour de Luis Rego au sein du groupe Les Charlots, la formation musicale et cinématographique ne compte désormais plus que Jean Sarrus et Gérard Filippelli puisque Jean-Guy Fechner est passé à autre chose depuis presque vingt ans tandis que Gérard Rinaldi s'est lui-même tourné vers d'autres projets cinématographiques ET télévisuels. Remplacé par le chanteur, musicien et acteur Richard Bonnot dont la carrière au cinéma se résume à deux films (celui-ci ainsi que La Cible de Pierre Courrège en 1997), ce dernier arrive difficilement à faire oublier le ''séducteur'' et la ''tête pensante'' du groupe... Le retour des Charlots est le dernier long-métrage à avoir mis en scène Les Charlots. Et même ainsi reconstitué, le groupe n'est malheureusement pas parvenu à rehausser le niveau d'une filmographie qui peu à peu est devenue de plus en plus navrante. Une chute qui a véritablement débutée neuf ans auparavant avec Le retour des bidasses en folies en 1983 et qui s'est poursuivie un an plus tard avec Charlots Connections. Le long-métrage est surtout l'occasion pour Jean Sarrus de se placer devant mais aussi derrière la caméra. Réalisateur et scénariste du Retour des Charlots, il n'aura pourtant pas permis à la troupe de finir en beauté et même si Le retour des Charlots n'est pas aussi pathétique que Le retour des bidasses en folies, cette comédie franchouillarde qui demeure pour le coup, magnifiquement anachronique, vise en plein dans le mille dans la catégorie des nanars à la française...


L'amnésie dont est atteint l'un des protagonistes n'est qu'un prétexte pour le réalisateur/acteur/scénariste et ses partenaires d'aligner les gags bas du front. C'est d'autant plus dommage que Jean Sarrus tente d'émouvoir son auditoire en invoquant un certain esprit de camaraderie au centre du thème des retrouvailles. Ce qu'il tente à travers des séquences d'une confondante crétinerie. Lorsque habillés comme des bébés, comme des rugbymen ou encore comme des bidasses Jean, Phil et Richard débarquent en trombe accompagnés de l'adjudant Caussade, on tombe des nues devant tant de bêtise immature. D'autant plus qu'il faut faire un effort surhumain pour ne serait-ce qu'esquisser le moindre sourire. Il est loin le temps des Fous du stade ou du Grand Bazar et notre trio a beau en faire des tonnes, à gesticuler dans tous les sens et à livrer des répliques qui ne valent même pas les blagues Carambar, tout, absolument tout tombe à plat. Au mieux (ou au pire), Le retour des Charlots témoigne d'une époque où l'on pouvait se moquer librement d'une femme en surpoids (la très ''fellinienne'' Jezabelle Amato en prenant régulièrement pour son grade) et où l'on pouvait lourdement draguer les clientes d'un hôtel sans voir surgir les pseudos ligues féministes 2.0. Tout ici est tellement mauvais que la fibre nostalgique ne fonctionne jamais. Est-ce l'époque, mais curieusement, la comédie de Jean Sarrus repose sur les mêmes mécaniques que par le passé sans pour autant éveiller chez le spectateur le moindre plaisir. Tourné au Portugal, à Lisbonne, Le retour des Charlots est l'un des derniers témoignages de ce que l'on appelle communément la Comédie Franchouillarde. De l'aveu même de son réalisateur, scénariste et interprète, le film est un ratage complet. Anecdote amusante pour les cinéphages mais sans doute moins pour l'équipe de tournage lorsque le film fut présenté aux distributeurs, le remplaçant de Gérard Rinaldi, Richard Bonnot, fut le seul spectateur à venir se présenter lors de la projection. Notons enfin la présence dans le rôle d'un chef de bande de l'américain Jango Edwards dont les plus anciens téléspectateurs de Canal+ se souviennent pour ses diverses apparitions burlesques sur la quatrième chaîne française...


 

dimanche 26 juillet 2026

Cycle Les Charlots: Charlots' Connexion de Jean Couturier (1984) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Charlots' Connexion de Jean Couturier est comme un îlot d'espoir placé au beau milieu d'un océan de merde, entre deux immenses purges signées de Michel Vocoret en 1983 (Le retour des bidasses en folie) et Jean Sarrus en 1992 (Le retour des Charlots). Et aussi incroyable, aussi inattendu, aussi miraculeux que cela puisse paraître, le second et dernier long-métrage à avoir été mis en scène en solo par Jean Couturier n'est pas l'abjection à laquelle nous aurions pu nous attendre. N'atteignant cependant jamais les qualités toutes relatives de quelques savoureuses franchouillardises proposées par le quintette Les Charlots au début de leur carrière sur grand écran, Charlots' Connexion n'en est pas moins salvateur pour quiconque dû subir quelques années auparavant les troisièmes aventures des Bidasses, œuvre ô combien inutile et démontrant qu'il faut parfois savoir s'arrêter au bon moment. Faut-il être financièrement blindé ou être pécuniairement suicidaire que l'on peut parfois se demander ce qui peut pousser certains producteurs comme Christian Ardan et Edgar Oppenheimer à vouloir réinjecter de l'argent dans une nouvelle comédie estampillées ''Les Charlots'' après le naufrage artistique que représenta Le retour des bidasses en folie. La réponse se trouvant très exactement au sein des résultats atteints par ce dernier puisque même si le film de Michel Vocoret n'atteignit pas le record historique de 7 460 911 de spectateurs détenu par Les bidasses en folie de Claude Zidi en 1971, les deux hommes supposèrent avec bonheur que la comédie française typée 'bidasses'' avait de fortes tendances à attirer le public devant les salles de cinéma. Les bidasses s'en vont en guerre toujours réalisé par Claude Zidi en 1974 confirmant cet état de fait après une lente mais perceptible périclitation du Grand Œuvre de la troupe entre Les fous du stade (5 744 270 d'entrées) et A nous 4 cardinal (1 386 200 d'entrées) ! Et même si Le Retour des bidasses en folie n'attirera au final qu'un peu plus d'un million et cent-mille spectateurs dans les salles pour un budget que l'on devine avoir été ridicule, la barre du million dépassée a probablement la première des motivations pour Christian Ardan et Edgar Oppenheimer qui se lancèrent donc rapidement dans la production du quinzième et de ce qui allait devenir l'avant-dernier long-métrage des Charlots. Ou du moins, de ce qui allait rester du groupe en fin de course...


Nous reviendrons très bientôt sur le médiocre Retour des Charlots de Jean Sarrus réalisé en 1992 mais en attendant, évoquons donc Charlots' Connexion qui derrière ce titre un peu plus ''énigmatique'' qu'à l'accoutumée cache une comédie typique de celles qui depuis leurs débuts mirent en scène Gérard Rinadi, Jean Sarrus ou encore Gérard Filipelli (sans compter Jean-Guy Fechner qui fut le premier à quitter la bande). Désormais, en attendant de trouver du boulot, Gérard, Jean et Phil jouent qui de la guitare, qui de la basse, qui de la trompette à l'église lors des cérémonies de mariages lorsque les trois hommes sont repérés par Monsieur Marcaud (l'acteur Henri Garcin) qui leur propose de travailler pour lui. Leur objectif est simple. Recueillir des ''loyers'' chez divers commerçants. Un travail qu'ils acceptent immédiatement sans pour autant savoir qu'en réalité il s'agit d'un racket pur et simple. Lorsqu'ils découvrent que la jolie blanchisseuse Juliette (Carole Lixon) et ses deux tantes (incarnées par Paulette Dubost et Jacqueline Doyen) sont elles-mêmes rackettées par leur nouvel employeur, Gérard, Jean et Phil décident d'abandonner leur boulot et de venir en aide à la jeune femme. Cependant, Monsieur Marcaud ne le voit pas de cet œil là et commande à ses deux gardes du corps de faire comprendre aux trois hommes qu'on ne laisse pas tomber un contrat aussi facilement. En parallèle aux magouilles de Marcaud, Liane (Alexandra Stewart), son épouse et principale concurrente, décide elle aussi de s'en prendre à nos trois héros, convaincue que leur présence risque de faire du tort à son propre trafic ! Contrairement au précédent long-métrage des Charlots tout comme pour le dernier que seulement deux des membres incarneront sur le tard, en 1992, le scénario de René Havard et son adaptation par Richard Balducci sont plutôt cohérents et ne ressemblent pas qu'à un assemblage de gags dont la continuité serait brisée par une somme d'incohérences scénaristiques. Ici, tout est construit comme une comédie, entre humour et crime, où chaque étape est parfaitement définissable. Même lorsque Gérard Rinaldi, Jean Sarrus et Gérard Filipelli se retrouvent au final à devoir faire les pitres comme lors de la séquence située dans un parc de dinosaures où nos héros se battent, affublés de peaux de bêtes et de gourdins en bois ! Bref, le niveau est ici partiellement rehaussé... Et cela avant le naufrage définitif qui aura lieu huit ans plus tard avec Le retour des Charlots...

 

vendredi 24 juillet 2026

Cycle Les Charlots: Le retour des bidasses en folie de Jean Sarrus (1983) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Alors là, on s'attaque à un gros, très gros morceau de la comédie franchouillarde à forte tendance nanardesque. Tandis que Les Charlots nous avaient laissé avec un Charlots contre Dracula d'assez bonne facture en 1979, il aura fallut attendre quatre années avant de revoir Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli et Jean Sarrus sur grand écran (Jean-Guy Fechner ayant quitté le groupe après le tournage de Bons Baisers de Hong Kong d'Yvan Chiffre d'un commun accord avec le producteur Christian Fechner). Et franchement, on s'en serait bien passé car dans la grande tradition des films de bidasses au sens scénaristique mais aussi directement inclus dans le titre, Le Retour des bidasses en folie manque de peu l'anachronisme puisqu'il situe sa création au début des années quatre-vingt. Énième et dernier représentant d'une série de longs-métrages qui en réalité n'entretiennent pas tous des rapports entre eux, le film de Michel Vocoret (scénariste pour Max Pécas sur le film érotique Club privé pour couples avertis en 1978 avant d'être auteur lui-même de cinq comédies navrantes) vient donc après Les Bidasses en folie et Les Bidasses s'en vont en guerre de Claude Zidi, Les Bidasses au pensionnat de Michel Vocoret lui-même, Embraye bidasse, ça fume de Max Pécas (comme quoi, les grands esprits se rencontrent dans une même communauté de biens), Les Bidasses en vadrouille de Christian Caza et Les Bidasses aux grandes manœuvres de Raphaël Delpard. De quoi se chopper une sévère indigestion si tant est que l'on a le courage de les regarder les uns derrière les autres. On pouvait rêver ou du moins espérer que Le Retour des bidasses en folie soit moins affligeant que la concurrence puisque Les Bidasses en folie et Les Bidasses s'en vont en guerre n'étaient à leur époque pas les plus mauvais de tous mais c'était sans compter sur le ''talent'' de Michel Vocoret dans l'art de mettre en scène les derniers représentants des Charlots (qui, je le rappelle, étaient cinq à l'origine puisque Lui Rego en faisait effectivement partie) dans l'une des pires comédies françaises de toute l'histoire du septième art...


Un titre de gloire que l'on aurait pu soumettre à l'improbable Führer en folie de Philippe Clair ou bien à son Grand Fanfaron qui, hasard ou non, fut également distribué sous le titre Les Bidasses en cavale... ! Ici, Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli et Jean Sarrus interprètent tout d'abord trois anciens vétérans de la Seconde Guerre Mondiale qui lors d'une cérémonie de commémoration se rappellent leurs aventures en tant que simples soldats de l'armée de terre française. Le film évoquant en outre l'existence d'un trésor caché par la Kommandantur (tiens, tiens, un petit parfum de De l'or pour les braves de Brian G. Hutton ne se ferait-il pas sentir?). Retour ensuite dans le passé où nos trois acteurs rendossent donc pour la troisième fois après Les Bidasses en folie en 1971 et Les Bidasses s'en vont en guerre en 1974 leur uniforme de soldats et interprètent à nouveau les personnages de Gérard, Phil et Jean. L'occasion pour les trois hommes de retrouver leur ancien compagnon de route Luis Rego qui après un paquet de seconds rôles entre 1971 et 1981 revient ici auprès d'eux en incarnant cette fois-ci le rôle d'un sergent ! Notons également la présence de l'acteur Franck-Olivier Bonnet, acteur multi-couteaux capable de jouer dans le pire (comme ici) tout comme dans le meilleur (Un mauvais fils et Série noire de Claude Sautet, La guerre du feu de Jean-Jacques Annaud, La crise de Coline Serreau ou encore Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet...). Pour le reste, la comédie de Michel Vocoret est d'une lourdeur abyssale. Un humour pompier au degré zéro d'un genre qui ne vole déjà pas très haut. Drôle ? Jamais! Épuisant ? Définitivement ! D'un pathétique qui veut que même en tant que simple téléspectateur l'on ait parfois le réflexe de détourner le regard devant tant d'indigence ! Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Comédie Franchouillarde est ici réuni en à peine plus de quatre-vingt minutes. Il y a en outre des noms et des visages qui ne trompent pas sur la marchandise : à commencer par Jacques Jouanneau qui interprète un général et Roger Carel qui incarne le colonel allemand von Berg. Bref, d'un côté comme de l'autre des lignes ennemis, France et Allemagne ont du soucis à se faire !

 

samedi 30 novembre 2024

Cycle Les Charlots: Les Charlots contre Dracula de Jean-Pierre Desagnat (1980)



L'épouse du comte Dracula, et mère du descendant du célèbre vampire, a jeté un sort à un élixir, seul breuvage permettant à son enfant de retrouver tous les pouvoirs de son père. Dès qu'une personne se saisit de la fiole le renfermant, elle est immédiatement pétrifiée. Seule la mère de Dracula junior a le pouvoir de s'en approcher et de s'en saisir. Elle, ou toute autre femme lui ressemblant.

Lorsque bien des années plus tard celle-ci meurt, Dracula junior fait appel à des détectives afin de trouver à travers le monde, celle qui pourra défaire le sort qui entoure l'élixir. Et cette femme, c'est la jeune Ariane, fiancée de Phil et tous deux amis de Gérard et Jean. Tous les quatre travaillent dans la brocanterie L'As à sa Marie Taine et reçoivent un jour la visite de Gaston Lepope, détective, qui profite de l’inattention de Phil et de l'absence de Gérard et Jean pour endormir Ariane à l'aide de chloroforme pour l'enlever et l'emmener dans le château des Carpates où vit le comte Dracula junior. Les Charlots se lancent alors à la poursuite de Lepope et d'Ariane jusqu'en Transylvanie...

Les Charlots contre Dracula est le douzième film dans lequel les Charlots sont le principaux interprètes et le quatorzième si l'on tient compte des deux œuvres où ils n'ont fait qu'apparaître en 1973 (Je Sais Rien, Mais je Dirai Tout de Pierre Richard) et 1975 (Trop C'est trop de Didier Kaminka). Après trois naufrages successifs qui pourtant ont rencontré un certain succès dans les salles en dépassant le million d'entrées, Les Charlots contre Dracula ne feront qu'un peu plus de 500 000 fidèles. Ce qui peut s'expliquer par la piètre qualité des œuvres précédentes, le public se lassant peu à peu de leur peu amusantes piètreries.
Pourtant, s'il en est un qui méritait l'engouement des fans du quatuor devenu trio, c'est bien celui-ci. Parodie de films de vampires, il s'agit à peu de choses près aux côtés des deux films de André Hunebelle dans lesquels les comiques-chanteurs ont joués, de celui dont le scénario tient le plus la route.

Bien qu'il s'agisse une fois encore d'une comédie plutôt légère, le film possède un vrai scénario et n'éparpille pas ses personnages au gré du vent en comptant uniquement sur les hasards d'un gag bien senti. À leur côtés, leur donnent la réplique Amélie Prévost dans le rôle d'Ariane, l'acteur et metteur en scène de théâtre grec Andréas Voutsinas dans celui du comte Dracula. Vincent Martin quand à lui joue le rôle d'Igor, et Gérard Jugnot celui du détective Gaston lepope. Réalisé par Jean-Pierre Desagnat, le cinéaste n'est autre que le père du comédien Vincent Desagnat, l'ancien complice de Michael Youn lorsque les deux hommes travaillaient pour M6.
En matière de parodie fantastique, on demeure encore très loin des classiques du genre que sont Frankenstein Junior, Le Bal des Vampires, ou encore Docteur Jerry et Mister Love. Cependant, au regard de la médiocrité de certaines œuvres estampillées Charlots, Les Charlots contre Dracula demeure une assez convaincante production. Pas du tout effrayante et même si certains gags restent bien lourds (le saut du plus haut pont d'Europe), quelques scènes sont plutôt amusantes. Et puis, il y a le dépaysement inhérent au voyage en Transylvanie et le lugubre château de Dracula. Ainsi que le passage dans la forêt et les amusantes interprétations de Jugnot, Martin et Voutsinas et son accent à couper au couteau...

samedi 23 novembre 2024

Cycle Les Charlots: Les Charlots en Délire de Alain Basnier (1979)



C'est la crise ! Nous sommes en 1979, la France compte cinq millions de chômeurs, ce qui donne des scrupules à certains patrons comme Gérard, Président Directeur Général de l'usine La Voix du Peuple. Sans l'accord de son père, il décide de licencier la totalité de son personnel, soit environs 600 employés, dont font également partie Jean Barbier et Phil Dechambre. En apprenant que son usine est désormais fermée, le propre père de Gérard, en colère, le vire à son tour.
Phil, Gérard et Jean se retrouvent donc tous les trois au chômage. Phil trouve un emploi de fakir, quant à Jean, sur les conseils de Gérard, cherche à se faire employer dans un orchestre philharmonique. Rien ne va se passer comme prévu et plus tard, alors que les trois hommes gagnent gros au Casino, Charles Roger Chabot, présentateur de journal récemment licencié leur propose de participer à une partie de poker. Les trois acceptent, gagnent, mais doivent remettre la totalité de leurs gains entre les mains de Chabot qui les menace d'une arme. De plus, une taupe travaillant au casino a prévenu qu'une partie de poker clandestine devait se dérouler et désormais, les Charlots doivent à faire face au voleur ainsi qu'aux autorités qui les prennent en chasse...

Deux options s'offrent à vous : soit vous êtes fan de comédies franchouillardes, de Sim, de Jacques Balutin, de Patrick Préjean ou d'Alice Sapritch. Que Touch' pas à mon Biniou, Le Furher en Folie ou Mon curé chez les nudistes sont en terme de comédies françaises le haut du pavé, alors vous risquez de tenir le seul et unique film de Alain Basnier en très haute estime. Ou alors, vous êtes du genre à apprécier les comédies bien écrites, admirablement mises en scène et formidablement interprétées. Vous êtes fan depuis toujours des immenses Louis de Funès et Pierre Richard ? Allez donc jeter un caillou dans un puits et tendre l'oreille jusqu'à l'entendre faire plouf. Prenez une chaise car l'attente va être longue. Les Charlots en Délire est un gouffre sans fond. Une troisième option est peut-être même être envisageable : Les Charlots en Délire n'est ni un mauvais, ni un bon film. C'est juste un OFNI. Une chose improbable chiée par une équipe sous l'influence de psychotropes puissants.

On se dit alors que Jean-Guy Fechner a eu le nez creux. Qu'il est parti au bon moment. On pense également que les Charlots ne s'en remettront pas. Que nenni, ils reviendront l'année suivante avec l'un de leurs meilleurs films. D'ici là, ils ont commis aux côtés d'Alain Basnier une véritable purge cinématographique, et s'il peut nous arriver de penser que tout est millimétré et volontairement f(l)ou (pour peu que l'on accepte de suivre une comédie qui n'arrache pas le moindre sourire), c'est peut-être grâce au seul véritable moment de génie de ce film atrocement mauvais : la présence de l'humoriste et acteur belge André Valardy en chef d'orchestre. S'agitant comme le ferait un psychopathe en train de larder de coups de couteaux sa victime, il offre le seul vrai moment intéressant du film. Même le pauvre Charles Gérard ne parvient pas à nous amuser. Quand aux pitreries des Charlots, à force de nous resservir les mêmes, on finit par s'en lasser. Mais la faute, évidemment, la plus importante, est à mettre sur le compte du scénario et de la réalisation d'Alain Basnier ! Une véritable horreur !!!


samedi 16 novembre 2024

Cycle Les Charlots: Et vive la liberté ! de Serge Korber (1978)



Pour avoir réussi à fuir leur geôle en Afrique, Gérard, Jeannot et Phil sont cités à l'ordre du bataillon commandé par le Colonnel Lardenois. Après avoir été médaillés, il leur est offert de retourner à la vie civile. Installés à paris, chacun travaille dans la capitale. Gérard travaille comme chauffeur pour un riche excentrique, Phil est conducteur de tram dans le métro parisien, quant à Jeannot, il est devenu coiffeur pour dames. Après avoir réussi à se faire licencier tous les trois de leur poste, les voilà qui pointent à l'Agence National Pour l'Emploi. N'ayant rien trouvé qui leur conviennent, ils répondent à un courrier de leur ancien compagnon de guerre Léon ayant été fait prisonnier lui aussi par les Fellaghas, dans lequel il leur propose de venir s'installer dans un endroit de rêve. En contrepartie, ils doivent accepter de défendre un petit village d'Auvergne dont le maire n'est autre que Léon lui-même.
En effet, l'armée prétend pouvoir s'installer sur un terrain appartenant à la commune. C'est justement celui que le maire et ses administrés ont choisi d'offrir aux trois anciens légionnaire embauchés pour l'occasion comme mercenaires...

Les Charlots n'étant désormais plus que trois depuis le départ de Jean-Guy Fechner, seuls demeurent Gérard Rinaldi, Jean Sarrus et Gérard Filipelli. Basé sur une idée originale écrite par le cinéaste Gérard Oury et remaniée par Jacques Lanzmann, Albert Kantof et Serge Korber, c'est ce dernier qui réalise ce qui représente comme l'un des deux ou trois plus mauvais films des célèbres comiques-chanteurs. En effet, Et vive la liberté ! est un très mauvais film, aux gags plus lourdingues que jamais, les Charlots faisant les pitres sans jamais provoquer le moindre rire. Si le scénario semble avoir été écrit à six mains, l'histoire paraît avoir été en grande partie inspiré par la fameuse scène tournée dans un village dans le film de Claude Zidi et datant de 1974, Les Bidasses s'en vont en Guerre.


En dehors du véritable chantier que représente la scène durant laquelle les Charlots fuient le champ aux mains de l'armée française et des explosions qui s'ensuivent, le reste demeure d'une platitude qui confine à la morosité. On s'ennuie avec une seule envie en tête : que tout prenne fin. La présence de Claude Piéplu ne change rien à la donne et l'armée est une fois de plus au centre de toutes les railleries. Sachant que depuis ce film, les Charlots sont restés à trois et que Et vive la liberté ! est demeuré depuis le plus grand succès de ce nouveau trio ainsi formé malgré le naufrage scénaristique et l'interprétation catastrophique qu'il représente, on peut se demander dans quelle mesure le public français fut capable de faire la distinction entre le bon et le moins bon. Car faut-il le rappeler, deux ans plus tard, il joueront dans l'un de leurs trois meilleurs film, le bien senti Les Charlots contre Dracula. Mais peut-être que tout ceci n'est-il qu'une question de goût.

Outre l'Auvergne, région dans laquelle ont été tournées les séquences situées dans le petit village, on reconnaîtra Paris et sa célèbre Tour Eiffel. Quand aux scènes filmées dans le désert, elles ont eues lieu dans celui du Maroc...



samedi 9 novembre 2024

Cycle Les Charlots: Bons Baisers de Hong-Kong de Yvan Chiffre (1975)



Kidnappée par un certain Marty (l'acteur américain Mickey Rooney), la Reine Elisabeth II risque d'être absente pour sa prochaine apparition en public. Le palais de Buckingham est en émois. James Bond est mort et afin de retrouver la Reine, M fait appel aux services secrets français. Et notamment à son homologue Vannier, chef du SDECE. Forcé de collaborer, celui-ci envoie en mission ses quatre pires agents, Gérard, Jean, Phil et Jean-Guy respectivement connus sous les pseudos Agents 022, 023, 024 et 025. Phil et Jean sont envoyés en Angleterre et Gérard et Jean-Guy en Espagne avant d'être dirigés vers Hong-Kong.

Parmi "l'illustre" filmographie des Charlots, il existe quelques œuvres plutôt réussies, d'autres beaucoup moins. Mais il en est un qui semblait être promis à un bel avenir et qui pourtant demeure l'un des plus décevants : Bon Baisers de Hong-Kong. Parodie de films d'espionnage en général et de James Bond en particulier, le ton est donné dès le générique qui caricature le célèbre personnage créé en 1953 par l'écrivain et ancien espion britannique Ian Flemming.
Réalisé par le cascadeur Yvan Chiffre ayant œuvré dans bon nombre de productions et dans les deux films de cape et d'épée ayant pour principaux interprètes les Charlots, Bon Baisers de Hong-Kong mélange action, espionnage, aventures et comédie avec plus ou moins de bonheur.

Si parmi les quatre catégories, les trois premières s'en sortent plutôt bien, la dernière fait souvent défaut. En effet, le film de Yvan Chiffre est tout sauf amusant. Une bonne partie du casting est assuré par des acteurs américains et britanniques et l'on découvre à leurs côtés quelque seconds rôles hexagonaux comme André Pousse, Jacques Marin ou Philippe Castelli et même la chanteuse américaine Jeane Manson qui a fait le plus gros de sa carrière et de son succès en France où elle a vécu de nombreuses années.

Anecdote amusante : lorsque la secrétaire de M annonce à ce dernier que James est mort trois ans plus tôt, on suppose logiquement qu'il s'agit du célèbre agent secret 007 James Bond. Événement qui n'a rien d'un hasard puisque trois ans plus tôt sortait justement Les Diamants sont Éternels qui voyaient alors l'acteur Sean Connery interpréter le personnage de James Bond pour la dernière fois au cinéma, donnant ainsi le relais à l'acteur Roger Moore. La référence à 007 n'est d'ailleurs pas la seule puisque l'acteur Clifton James qui joue lui aussi dans le film de Yvan Chiffre interprétait déjà le rôle du Shérif J.W. Pepper dans les deux premiers James Bond avec Roger Moore dans le rôle-titre.

Dès l'intro du film, on remarque la prestation d'un sosie du président américain Richard Nixon dont la présence sera récurrente. Mais il ne sera pas le seul sosie a montrer son visage sur les écrans puisq'en outre, celui de la reine Élisabeth elle-même fera partie du casting principal. C'est d'ailleurs l'actrice Huguette Funfrock qui bâtit sa célébrité en raison de sa ressemblance avec la dite-reine qui joue le double rôle de la reine Élisabeth et de la femme de ménage de M, Madame Loubet. Entre autres, on peut apercevoir les sosies de Laurel et Hardy, des frères Marx Harpo et Groucho, et même celui du célèbre dictateur Adolf Hitler !

Mais malgré ces quelques points d'intérêt, il ne faut pas oublier que l'essentiel est absent et que même si les cascades sont particulièrement réussies, rappelant ainsi la principale profession de l'auteur de Bon Baisers de Hong-Kong, l'humour lui, fait défaut. Un comble lorsque l'on s'appelle les Charlots. A noter qu'à partir de Et Vive la Liberté, leur prochain film, Jean-Guy Fechner ne fera plus partie de la bande en raison d'un désaccord entre son frère et les trois autres Charlots. Un événement qui aurait pu couler la carrière cinématographique de ses trois compagnons, mais étant des quatre celui qui semblait le moins impliqué, son absence n'aura finalement pas ou peu d'impact.


samedi 2 novembre 2024

Cycle Les Charlots: les bidasses s'en vont en guerre de Claude Zidi (1974)



A force de passer leur temps au trou, Gérard, Jean, Phil et Jean-Guy sont encore à l'Armée, scrupuleusement surveillés par le sergent Bellec qui ne cesse de leur infliger des corvées. Sujets d'une très jolie lieutenante et psychologue, ils passent des tests et obtiennent d'elle que leurs supérieurs fassent preuve d'affection en leur donnant des responsabilités. Le sergent Bellec propose alors à la lieutenante de leur confier une tâche à l'antenne de secourisme militaire. Là, les quatre compagnons vont servir de cobayes afin de faire découvrir aux citoyens les méthodes médicales employées par l'Armée.
Maintenant que la lieutenante-psychologue est repartie, Bellec renvoie les Charlots en prison. Le dimanche suivant, le colonel lui demande de leur confier le remplissage du poêle à fioul de sa luxueuse demeure. Mais rien ne va se dérouler comme prévu et pour punir les quatre soldats, Bellec va à nouveau renvoyer Gérard, Jean, Phil et Jean-Guy en prison. Ceux-ci vont cependant parvenir à s'enfuir grâce à l'aide involontaire d'un camionneur et vont se réfugier dans une ferme prisée par l'Armée et que la plantureuse propriétaire refuse d'abandonner. Mais très vite, le colonel et ses subalternes décident de lancer l'assaut. C'est ainsi que les Charlots choisissent de défendre la ferme et ses occupants face l'armée qui avance sur eux...

Un an seulement après Le Grand Bazar et trois ans après Les Bidasses en Folie, le cinéaste Claude Zidi et les acteurs-chanteurs-humoristes, Jean-Guy Fechner, Gérard Filipelli, Gérard Rinaldi et Jean Sarrus se retrouvent à nouveau pour cette suite désignée sous le titre Les Bidasses s'en vont en guerre. On retrouve donc le quatuor affublé de treillis et cette fois-ci obligé de passer sous la tondeuse. Coiffés courts, Jean Sarrus porte pour la toute première fois à l'écran une moustache qu'il ne quittera plus. Le film a partiellement été tourné en Côte d'Or et le bâtiment censé représenter une caserne militaire est en fait un établissement scolaire situé dans la ville de Dijon.

Comme pour son prédécesseur, Les Bidasses s'en vont en guerre est une accumulation de gags lourds et parfois foireux mais dans l'ensemble, le film s'en sort relativement bien et demeure supérieur aux Bidasses en Folie. Outre les Charlots et l'irremplaçable Jacques Seiler dans le rôle du sergent Bellec, on peut voir l'actrice Myriam Boyer dans celui de la fille de paulette, la propriétaire de la ferme.
Plus encore que pour le premier opus, cette suite s'en donne à cœur joie dans les scènes cultes inoubliables. Même si elles ne volent pas toujours très haut, on se souvient encore des nombreuses scènes situées en prison, du bivouac des Charlots (avec sur le dos d'immenses sacs à dos), du champ de tir, des tests effectués par la psychologue sexy (l'actrice Heidy Bohlen), de la revue de paquetage, de la longue scène durant laquelle nos quatre amis sont chargés de remplir le poêle à fioul et des dégâts que cela va générer, et bien sur, de la scène confrontant l'Armée, les Charlots et les villageois.

La bande originale est toujours assurée par les Charlots eux-mêmes. On peut entendre une référence au cinéaste Claude Chabrol au moment où une speakerine annonce la diffusion de son film Les Innocents Aux Mains Sales. A savoir que Les Bidasses s'en vont en guerre est en fait le second volet d'une trilogie qui se clôturera huit ans plus tard avec Le retour des Bidasses en Folie cette fois-ci réalisé par Michel Vocoret...


samedi 26 octobre 2024

Cycle Les Charlots: À nous quatre, Cardinal ! de André Hunebelle (1974)



Afin de montrer son estime au Duc de Buckingham, la Reine de France lui a offert le collier de ferrets, cadeau de son époux le Roi, et que ce dernier aimerait lui voir porter pour leur prochaine apparition en public. Désemparée, elle envoie les mousquetaires d'Artagnan, Athos, Porthos, Aramis et leurs valets Planchet, Bazin, Mousqueton et Grimaud récupérer son bien en Angleterre avant que le Roi ne s'aperçoive de sa disparition et que son épouse ne soit déshonorée.
Ses ennemis, le Cardinal de Rochefort et le Père Joseph apprenant que les huit hommes partent afin de retrouver le collier de ferrets, envoient quant à eux Milady de Winter afin que la jeune femme séduise le Duc de Buckingham et lui dérobe le bijou avant que les amis de la Reine ne puissent mettre la main dessus. Alors que les huit hommes et Milady se retrouvent par hasard devoir passer la nuit dans la même auberge avant leur voyage pour l'Angleterre, les quatre mousquetaires tombent l'un après l'autre dans un piège fomenté par la jeune femme. Le lendemain matin, après avoir retrouvé leur maîtres profondément endormis au pied du lit de Milady, leurs valets s'emparent de leur costume et prennent le bateau en direction de l'Angleterre...

Suite directe des Quatre Charlots Mousquetaires, À nous quatre, Cardinal ! Nous conte donc les pérégrinations des Charlots en Angleterre. Toujours interprété par le célèbre quatuor de comiques, on retrouve une fois de plus le cinéaste André Hunebelle aux commandes de ce film de cape et d'épée humoristique qui n'économise pas sur l'action puisque les combats à l'épée sont assez fréquents et dynamisent un récit relativement simpliste.

André Hunebelle fait un clin d’œil à son propre film Fantômas contre Scotland Yard lors d'une scène qui voit le Cardinal de Rochefort et Milady batailler pour attraper un cheval. Comme le fera plus tard Dany Boon avec Bienvenue chez les Ch'tis, André Hunebelle enb met une couche concernant les clichés relatifs à l'Angleterre avec la non moindre pluie qui tombe dès l'arrivée de nos héros. Le film n'est pas spécialement drôle, plutôt amusant et même assez réussi si l'on tient compte du fait qu'avant André Hunebelle, les cinéastes qui se sont attachés à faire jouer Gérard Rinaldi, Gérard Filippelli, Jean Sarrus et Jean-Guy Fechner l'on fait à travers des œuvres comiques plutôt lourdingues.

André Hunebelle profite donc de l'engouement du public pour faire jouer ces quatre musiciens reconvertis dans le cinéma humoristique, demeurant toujours les auteurs des bandes originales, mais montre un certains respect en leur coltinant des rôles plus fins qu'à leurs habitudes, après avoir tout de même fait jouer d'illustres acteurs de la trempe de Jean Marais et de Louis de Funès. Siu cette suite est moins drôle que le premier round, À nous quatre, Cardinal ! demeure une belle réussite qui allie l'humour et l'aventure. Toujours aussi attachants, les Charlots se lâchent littéralement en fin de bobine. Une forme d'explosion burlesque qui rappellera au public leurs méfaits passés et qui firent leur gloire. Le reste de la production reste égale à elle-même bien que Paul Préboist soit moins visible à l'écran que lors du premier épisode. On y retrouve à nouveau Josephine Chaplin dans le rôle de Constance Bonacieux et qui n'est autre que la propre fille de l'acteur Charles Chaplin. Le film est une complète réussite... 


samedi 19 octobre 2024

Cycle Les Charlots: Les Quatre Charlots mousquetaires de André Hunebelle (1974)



Alors que les célèbres mousquetaires Athos, Porthos, Aramis et d'Artagnan remportent tous les suffrages auprès de leurs concitoyens, leurs valets Grimaud, Mousqueton, Planchet et Bazin rectifient le tir en expliquant que leur maîtres ont fait leur renommée en partie grâce à eux. Alors qu'un certain Alexandre Dumas assiste au témoignage des quatre hommes, ces derniers racontent comment ils ont empêché un complot ourdi par le Cardinal de Rochefort, le père Joseph et Milady de Winter de se mettre en place...

Très librement adapté du roman d'Alexandre Dumas Les Trois Mousquetaires, Les Quatre Charlots Mousquetaires est le sixième long-métrage à mettre à l'honneur le quatuor de comiques. Le tournage a été partagé entre studio et décors naturels, du château de Meillant, dans le département du Cher, tout comme celui de Culan, lui aussi situé dans la même région, et jusqu'aux studios de Billancourt à Paris. Le cinéaste André Hunebelle qui a beaucoup fait jouer l'acteur Jean Marais avec lequel à joué Louis de Funès dans la trilogie Fantômas, offre aux Charlots Jean-Guy Fechner, Gérard Filipelli, Gérard Rinaldi et Jean Sarrus leur premier film de cape et d'épée.

Beaucoup de costumes donc, et des gags moins nombreux et sans doute un peu moins lourds que par le passé. Les quatre comiques vont se voir offrir l'opportunité de porter de nombreux costumes donc, et de devoir par conséquent jouer sur plusieurs registres tout en conservant ce qui fait la particularité de leur personnage. D'abord Valets des célèbres mousquetaires créés par Alexandre Dumas, il vont se fondre au cœur d'une intrigue en revêtant des habits de gouvernantes, d'hommes d'église et même de mousquetaires. 


Les Quatre Charlots Mousquetaires mêle roman historique et comédie, et même si tout cela ne vole jamais très haut, on passe un moment relativement plaisant. Que les fans des Charlots qui n'auraient pas encore vu celui-ci se rassurent : si dans un premier temps, il est vrai qu'on ne les voit que très rarement à l'image, ils deviennent ensuite la pièce centrale du film,épaulés en cela par la très amusante prestation de l'acteur Paul Préboist dans le rôle du Père Joseph et qui illumine les scènes de sa présence et de son parler si particulier.

Outre ce dernier, le film de André Hunebelle compte pas mal d'acteurs connus puisqu'au générique, on peut noter la présence de Daniel Ceccaldi dans le rôle du Roi Louis XIII, Bernard Haller dans celui du Cardinal de Rochefort, Jacques Legras en Alexandre Dumas, Bernard Menez en Gouverneur par Intérim de la Bastille, et une fois encore, Jacques Seiler qui décidément demeure fidèle aux Charlots. De cette œuvre naîtra en cette même année 1974 une suite intitulée À nous quatre, Cardinal ! Toujours interprétée par les Charlots et par la distribution de ce premier film conjoint entre le cinéaste et les comiques...

samedi 12 octobre 2024

Cycle Les Charlots: Le Grand Bazar de Claude Zidi (1973)



Jean, Phil, Gérard et Jean-Guy vivent dans la même cité HLM. Vivant de petits boulots après avoir été renvoyé de l'usine de tondeuses pour incompétence, ils passent le plus clair de leur temps libre dans l'épicerie de leur ami Émile. Jean-guy aide ce dernier à bricoler sa dernière acquisition, une moto. Plus tard, Phil distribue des tracts avant d'aller tester l'engin avec, à sa poursuite, une bagnole et deux motos de la police. Jean livre quant à lui des caisses de bouteilles de lait et de vin rouge. Mais un jour, contre toute attente, un Euromarché s'installe juste en face de la boutique d’Émile.c'est le drame car l'homme sait déjà que les jours de son épicerie sont comptés. Ses quatre amis vont cependant tout faire pour l'aider à conserver son bien et surtout, à retrouver une clientèle qui a fuit vers la concurrence...

Un an après le désastreux Les Charlots Font l'Espagne, Claude Zidi redirige pour la troisième fois les Charlots pour ce qui demeure sans conteste leur meilleur film. Si le principe est identique aux films précédents, il y a dans Le Grand Bazar un je ne sais quoi qui en fait un film fort sympathique ou tout du moins, beaucoup attrayant que celui signé l'année passée par Jean Girault. L’œuvre s'étoffe de quelques apparitions forts judicieuses comme celle de Michel Galabru dans le personnage d’Émile, Michel Serrault en directeur de supermarché, Roger Carel en commissaire-priseur, et l’éternel Jacques Seiler, cette fois-ci dans le rôle d'un commerçant floué par l'arrivée du supermarché avant d'être lui-même employé comme vigile par la concurrence.

L'air de rien, le film de Claude Zidi, derrière son allure de petite comédie bouffonne et sans grandes prétentions distille un message amère sur la société de consommation à travers l'apparition de ces chaînes de magasins qui voient disparaître peu à peu les petits commerces.
Les gags s'accumulent à une vitesse folle. Quelques scènes cultes viennent jalonner un scénario des plus simple : à commencer par celle du travail à l'usine, puis celle de la course-poursuite en moto entre Phil et les policiers. Plusieurs passages se déroulant dans le supermarché situé à Athis-Mons dans l'Essonne, et surtout, la scène durant laquelle l'épicerie d’Émile est mise aux enchères.

Les Charlots, grands pontes du "Nanarchisme", signent une fois encore la bande original du film dont le point d'orgue demeure la scène durant laquelle ils tentent en compagnie d’Émile de se faire une nouvelle clientèle. Se mettant en scène, en redécorant l'épicerie afin de la rendre plus attractive, ils entonnent tous les quatre une œuvre de leur composition : "Music-Boutique". Le Grand Bazar est kitsch, les gags sont lourds, et l'humour franchouillard, et pourtant, il y demeure une fraîcheur qui malgré les années lui ont conservé toute sa spontanéité. Et puis, il suffit de voir le succès remporté par des œuvres telles que Babysitting et sa suite pour se convaincre que l’œuvre et le style des Charlots ont fait des émules, bien des années plus tard...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...