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lundi 20 juillet 2026

Le bal des vampires de Roman Polanski (1968) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Lorsque l'on y songe, l'acteur, réalisateur, producteur et scénariste franco-polonais Roman Polanski aurait pu embrasser une carrière de cinéaste exclusivement spécialisé dans le fantastique et l'épouvante. Et pourtant, le sort ou un plan bien établit à l'avance en a décidé autrement. Cependant, au regard de Répulsion en 1965, Le bal des vampires en 1967, Rosemary's Baby en 1968 ou Le locataire en 1976 qui malgré ses atours de film fantastique demeure en réalité l'un des drames horrifico-psychologiques parmi les plus remarquables à avoir vu le jour sur un écran de cinéma, il est vrai que d'une certaine manière il a su anoblir des genres qui encore aujourd'hui et malgré leur évidente profusion restent pour certains un art mineur dans le septième art. The Fearless Vampire Killers adopte les mêmes velléités qu'un certain Young Frankenstein réalisé sept ans plus tard par Mel Brooks. Car dans un cas comme dans l'autre, il s'agit moins de se moquer d'un courant cinématographique que de lui rendre hommage sous le prisme de l'humour. De la comédie beaucoup moins potache que ses contemporains qui feront florès les décennies suivantes. La grâce avec laquelle Roman Polanski adopte son point de vue pour un genre qui fit ses premiers pas en littérature en 1819 avec l'ouvrage de l'écrivain et médecin britannique John Polidori, The Vampyre et au cinéma avec Le manoir du Diable de Georges Meliès reste avant tout son esthétisme. Le long-métrage semble en effet est en raccord total avec l’œuvre du peintre allemand Caspar David Friedrich. Même propension que le chef décorateur Wilfred Shingleton à dépeindre des environnements imposants, chargés d'un certain romantisme contemplatif. Tout comme le suisse Arnold Böcklin semble lui-même avoir été une source d'inspiration inépuisable à travers une œuvre à l'architecture gothique parcourue par la mort. Mais du gothique, justement, l'on retiendra surtout et avant tout, le cinéma britannique de la Hammer Film Productions et de ses quelques concurrents dont la Amicus qui noyèrent les années cinquante, soixante et soixante-dix d'un nombre impressionnant de longs-métrages mettant en scène des créatures issues du bestiaire fantastique.


Et donc parmi elles, les vampires. Ceux-là mêmes que l'on retrouve dans Le bal des vampires en 1967 où l'horreur est en permanence battu à plate couture par un humour parfois très grinçant. Roman Polanski n'en oublie cependant pas les fondamentaux du cinéma d'épouvante et fantastique. En ersatz du célèbre Comte Dracula, le Comte Von Krolock est incarné par un Ferdy Mayne qui lui-même marche sur les traces du plus connu des interprètes du mythique suceur de sang, Christopher Lee ! Moins productif en la matière que son concurrent britannique, il incarnera malgré tout le Comte Dracula une unique fois dans la comédie horrifique ouest-allemande Le Sabbat des vampires (Gebissen Wird Nur Nachts) de Freddie Francis en 1971 ! D'aucun pourrait considérer que le film de Roman Polanski a sévèrement pris un coup de vieux en près de soixante ans d'existence. Préférons plutôt lui prêter le terme de ''patine visuelle''. En réalité, le film est d'une beauté qui encore aujourd'hui est renversante. Comme posté devant une série de tableaux ayant pris vie, le spectateur ne peut être encore de nos jours que subjugué devant le travail colossal opéré par le chef décorateur Wilfred Shingleton donc, mais également par la costumière Sophie Devine ou le directeur de la photographie Douglas Slocombe. Le film n'aura ainsi subit les outrages du temps que pour celles et ceux qui ne jurent plus désormais que pour les blockbusters américains bourrés jusqu'à la gueule d'effets-spéciaux numériques. Là où sans doute le bas-blesse se situe dans le scénario de Roman Polanski et de Gérard Brach qui déjà a collaboré à plusieurs reprises avec le cinéaste franco-polonais. Car à bien y regarder, le sujet est on ne peut plus simpliste. 

 

Le scénario tourne autour du professeur et chasseur de vampires Abronsius (Jack MacGowran) et de son assistant Alfred (qu'incarne lui-même Roman Polanski) qui dès leur arrivée dans une auberge des Carpates sont saisis par l'ambiance et par le mutisme qui y règne dès que le premier évoque la présence dans la région d'un château ou l'existence des vampires. Tandis que le cinéaste s'emploie à filmer des séquences aussi inutiles qu'amusantes (l'aubergiste retrouvant de nuit sa maîtresse), le pire se prépare lorsque la fille des propriétaires est mordue par le Comte Von Krolock avant d'être kidnappée. Le reste de l'aventure se déroulera alors à l'intérieur du château où nos deux héros chercheront à sauver la jeune et délicieuse Sarah des griffes (ou plutôt des dents) du fameux Comte en question. Une Sarah interprétée par la magnifique actrice américaine Sharon Tate que Roman Polanski épousa un an plus tard mais dont on connaît bien évidemment le sort tragique puisque enceinte de plus de huit mois, la jeune femme fut assassinée par des membres de la ''Famille Manson'' dans la soirée du 9 août 1969. Comme Mel Brooks plus tard avec Frankenstein Junior, Roman Polanski parvient à doser à la perfection le comique avec les éléments surnaturels. Notons que le récit prend une certaines ampleur grâce à l'incroyable partition du pianiste et compositeur polonais Krzysztof Komeda auquel Roman Polanski confiera notamment celle de Rosemary's Baby un an plus tard. Bref, cinquante-neuf ans après sa sortie en salle, Le bal des vampires reste un classique du genre et un incunable pour celles et ceux qui voudraient s'initier au genre à travers une certaine ''légèreté''...


 

jeudi 18 juin 2026

Scary MoVIe de Michael Tiddes (2026) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

N'étant pas un aficionado de cette franchise débutée voilà vingt-six ans, mes connaissances à son sujet sont réduites au minimum. Jusqu'ici constituée de cinq longs-métrages dont les deux premiers furent réalisés en 2000 et 2001 par Keenen Ivory Wayans, les troisième et quatrième par David Zucker et le cinquième par Malcolm D. Lee, cette année a donc vu le retour à l'écran de certains des acteurs et personnages emblématiques de la série à l'image des frères du réalisateur, Marlon et Shawn Wayans qui avaient disparu de l'image après seulement les deux premiers volets. Seules Anna Faris et Regina Hall qui elles aussi sont de retour avaient persisté jusqu'au quatrième épisode de la franchise avant d'être remplacées dans le cinquième par Ashley Tisdale et Erica Ash... Série de films parodiques, Scary Movie n'a jamais cessé de brocarder le cinéma d'horreur et fantastique en se moquant ouvertement des scènes les plus cultes du genre. Et ceci, sous couvert d'un sexisme et d'une vulgarité totalement décomplexés. La franchise est surtout connue pour avoir parodié le Scream de Wes Craven dont il reprendra d'ailleurs dès le départ le nom et l'apparence du boogeyman connu sous le nom de Ghostface. Un tueur moins agile, gaffeur, s'auto-parodiant mais toujours aussi cynique et efficace en terme de bodycount que dans l’œuvre originale. Bon, on ne va pas se voiler la face. Ici, le compteur neuronal reste figé sur le chiffre zéro et l'aiguille de n'importe quel détecteur de conneries demeure dans la zone rouge ! Contrairement aux films produits et réalisés par les ZAZ rien ou presque ne se déroule en arrière-plan et les dialogues sont d'une faiblesse si importante que le réalisateur Michael Tiddes est contraint de pallier l'asthénie quasi généralisée en terme de drôlerie par des gags majoritairement visuels...


L'occasion une nouvelle fois de parodier des œuvres plus ou moins récentes avec toujours en toile de fond, le Scream de Wes Craven. Parmi elles, l'on trouve donc notamment des ''relectures'' humoristiques de Sinners, de Smile 2, de The Substance, de M3GAN, de Candyman ou encore de Terrifier. Une séquence en animation, du livestream qui dégénère en jeu de massacre avec Shorty Meeks (Marlon Wayans) et quelques sketchs à l'image de Brosferatu, une séquence post-générique parodiant Nosferatu. Il est fort à parier que les fans des débuts risquent de verser leur petite larme d'émotion à la vue du retour des quatre principaux protagonistes des deux premiers longs-métrages à avoir vu le jour au début du siècle tandis que celles et ceux qui ne furent pas spécialement attirés à l'époque par le concept de grand fourre-tout humoristico-horrifique resteront certainement de marbre devant une si grande vulgarité et par l’éternelle propension des auteurs à parler de sexe. Cependant, et même sans être un adepte du genre, il est possible parfois de lâcher un rire nerveux devant une séquence tellement ''What the Fuck'' que s'esclaffer devient irrépressible. La femme fontaine ou le streamer décapité ayant eu sur moi un réel effet comique ! Pour le reste, Scary MoVIe n'est qu'un enchaînement de gags lourds et souvent très mal sentis. De la redondance en veux-tu, en voilà mais une fin plutôt intéressante qui voit les générations s'affronter lors d'un final qui plus qu'à aucun autre moment du film exploite le concept de mise en abyme avec ses héros qui sortent du cadre strict de leur personnage pour un retour à la réalité opposant de nouvelles recrues aux créateurs de la franchise. Tout ceci n'est donc jamais vraiment sérieux et s'avère donc très bas de plafond, immature et tout de même réservé à un public averti, adepte de pitreries en tous genres, souvent portées en dessous de la ceinture...

 

samedi 17 janvier 2026

Vampire, Vous Avez Dit Vampire ? de Tom Holland (1985)



C'est drôle, car à part à une certaine époque, je n'ai jamais été un grand fan du mythe entourant les vampires. A part le Nosferatu de Friedrich Wilhelm Murnau de 1922, Le Bal des Vampires de Roman Polanski datant de 1967, le diptyque Vampire, Vous Avez Dit Vampire 1&2 de 1985 et 1988 signés respectivement par Tom Holland et Tommy Lee Wallace et enfin le Génération Perdue de Joel Schumacher datant de 1987, je n'ai jamais cherché ni désiré en découvrir d'autres.

Vampire, Vous Avez Dit Vampire, justement. A l'époque, plus que le mythe du vampire, c'est l'horreur en général qui m'attirait vers l'écran blanc d'un petit cinéma de quartier. Le Retour des Morts-Vivants, Day of the Dead, Lifeforce, Re-Animator pour ne citer que ceux-là. De quoi me remplir la tête d'images sanglantes.

Il fallait bien que je tombe dans la gueule de loup de cette production signée du cinéaste Tom Holland dont c'était le premier film en tant que réalisateur. Alors qu'il allait signer trois ans plus tard le premier volet des aventures de la poupée Chucky avec Jeu d'Enfant, Vampire, Vous Avez Dit Vampire est déjà une belle réussite. Si l'on a souvent l'impression que les personnages d'adolescents mis au premier plan dans le cinéma est l'apanage des années 2000 et 2010, il n'en est rien. Déjà à l'époque, on trouvait beaucoup de productions centrant l'intrigue autour de jeunes héros avides de faire éclater la vérité. Comme celui de Charly Brewster, qui aux côtés de sa jeune compagne Amy Peterson, de leur pote Evil Ed et de l'animateur de shows horrifique et accessoirement chasseur de vampires Peter Vincent.

Notre jeune héros mène une vie tranquille jusqu'au jour où s'installe un drôle de couple dans la maison d'à côté. Un certain Billy Cole et surtout, Jerry Dandrige. Curieux personnage sur lequel vont très vite peser des soupçons de la part de Charly. Des femmes disparaissent puis sont retrouvées décapitées. Lorsqu'un jour on annonce à la télévision la disparition de l'un d'entre elles, Charly compare son portrait à celui de celle qu'il a vu à travers la fenêtre de sa chambre la veille au soir. Pour lui, plus aucun doute. Son voisin est un vampire. Ne reste plus qu'à convaincre ses amis ainsi que de demander de l'aide de la part du célèbre Peter Vincent. Mais les choses ne vont pas toutes se dérouler comme il l'entend...

Exit le gothique entourant le mythe du vampire. Pas de bossu (ici remplacé par le charpentier Billy Cole, interprété par l'acteur Jonathan Stark), et le film est tourné loin du célèbre château des Carpates, l'antre du vampire Dracula. L'acteur Chris Sarandon (La Sentinelle des Maudits, Un Après-Midi de Chien) campe, lui, un vampire charismatique et séduisant. Installé dans un quartier résidentiel plutôt coquet, il va mener la vie dure à ses voisins, cherchant même à séduire la petite amie du héros dont le visage est étrangement similaire à celui de son épouse défunte il y a de très nombreuses années.

Tom Holland use pour son Vampire, Vous Avez Dit Vampire des habituelles ficelles du mythe. Gousses d'ail, eau bénite, crucifix et pieux sont les outils dont va devoir se servir Peter Vincent (l'excellent Roddy McDowall) dont la témérité reste encore à définir. Les acteur s'amusent beaucoup, tout comme les spectateurs qui assistent à un spectacle mêlant l'horreur à l'humour. Concernant les effets-spéciaux, ils sont à l'époque ce que l'on peut attendre de mieux et demeurent encore aujourd'hui très agréable à regarder. Vampire, Vous Avez Dit Vampire est donc une très belle réussite qui, si il n se prend pas trop au sérieux, ne prend pas non plus son public pour des idiots...

lundi 20 octobre 2025

Tutti Defunti... Tranne i Morti de Pupi Avati (1977) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Avant de consacrer une partie de sa future carrière à la comédie (romantique ou non) et au drame, le cinéaste italien Pupi Avati a posé certains jalons du cinéma horrifique transalpin en signant l'une des œuvres les plus cultes du genre avec La Casa dalle Finestre che Ridono fort justement traduit chez nous sous le titre La maison aux fenêtres qui rient. J'en profite d'ailleurs pour évoquer une petite anecdote qui date maintenant de plus de trente ans. Ayant mes habitudes dans la minuscule boutique Movies 2000 située si mes souvenirs sont bons au 49 Rue Catherine de la Rochefoucauld dans le neuvième arrondissement de Paris, je fis une acquisition inattendue. Spécialisée dans le cinéma et véritable mine où l'on pouvait dénicher des livres, des magazines et autres cassettes vidéos au format VHS, la boutique finira malheureusement par voir ses portes définitivement se refermer en 2008. C'est là-bas que votre serviteur mis un jour la main sur La porte de l'enfer. Une cassette qui trône d'ailleurs toujours dans ma modeste vidéothèque et qui derrière ce titre cachait en réalité le fameux long-métrage du réalisateur italien... Imaginez quelle put être ma surprise en découvrant qu'en lieu et place d'un long-métrage dont je n'avais jamais entendu parler se trouvait en réalité le chef-d’œuvre de Pupi Avati... Passons maintenant au film dont il est question dans cet article. Mettre la main sur l'un des nombreux que mit en scène le calabrais n'étant pas forcément chose aisée, mieux vaut se préparer psychologiquement à atteindre l'orgasme cinéphilique à la simple idée de découvrir l'une de ses œuvres parmi les moins connues. Un euphémisme si l'on tient compte du fait que parmi sa soixantaine de réalisations, peu sont demeurées véritablement célèbres. Car en dehors de La maison aux fenêtres qui rient en 1976 ou de Zeder en 1983, seuls les vrais fans seront véritablement capables d'en citer un ou deux de plus sans jeter au préalable un regard sur Wikipedia ou le généralement très complet, IMDB !


Sur un ton sardonique, voici comment je vois parfois les choses : ''Ouais, je sais... la chance qui est la mienne... d'avoir autour de moi... des personnes dont la passion principale est l'archéologie cinéphilique...''. Ce qui, à vrai dire, me permet de me ''taper l'incruste'' sans y avoir été forcément convié d'ailleurs, lors de projections privilégiées... D'où cet article consacré à Tutti Defunti... Tranne i Morti que Pupi Avati réalisa en 1977. Soit un an après le morbide et dérangeant La maison aux fenêtres qui rient. Et si les deux longs-métrages n'entretiennent pas vraiment de relations, on sent chez leur auteur, cette même envie de laisser au spectateur une sourde impression de malaise. Ici, ça n'est pas tant l'intrigue que certains interprètes qui auraient pu marquer les esprits. Mais après avoir pu apprécier un an auparavant La maison aux fenêtres qui rient (dont le titre à lui seul est absolument remarquable), rien ne pouvait davantage traumatiser les esprits que ces mentalités viciées qui s'inscrivirent au cœur de son récit... Terminé ce que d'aucun jugèrent comme un exemple de Giallo malgré tout très particulier. Pupi Avati passe désormais à autre chose avec Tutti Defunti... Tranne i Morti. Quoique. À bien y regarder, ce qui s'apparente au Whodunit Made in Italy peut tout aussi bien s'inscrire dans cette mouvance notamment sublimée par le maître incontesté du genre, Dario Argento ! Deux courants rejoints bien évidemment par le Slasher dont les codes ne diffèrent que dans de très petites proportions. Ici, dix membres d'une même famille sont regroupés dans la luxueuse demeure du patriarche qui vient tout juste de décéder. S'ajoute à leur présence, celle de Dante (l'acteur Carlo Delle Piane), petit employé d'un éditeur chargé de vendre deux exemplaires d'un ouvrage consacré à certaines légendes entourant cette famille originaire d'Émilie-Romagne. Malheureusement, lors de son séjour, celui-ci ainsi que les membres de la famille parmi lesquels l'on notera la présence de la superbe Francesca Marciano dans le rôle d'Iliana vont être les témoins d'une série de meurtres dont ils seront eux-mêmes les victimes...


Arrive alors Martini (Gianni Cavina), détective qui débarque comme un cheveu dans la soupe et qui s'autoproclame ''chargé de l'enquête'' ! Tutti Defunti... Tranne i Morti, c'est d'abord et avant toute autre chose, une galerie de portraits comme les affectionne Pupi Avati. Bien que la présence des très séduisantes Francesca Marciano et de la française Greta Vaillant (dans le rôle de Hilde) soit particulièrement appréciable, le réalisateur insiste sur les ''difformités'' de plus ou moins grande importance. Ainsi, dans le rôle de Donald, un pervers obsédé par la masturbation suivant un traitement à base de chocs électriques, l'on retrouve l'acteur Pietro Bona, dont l’œil droit est absent. Bien qu'étant d'un physique normal, Giulio Pizzirani s'était pourtant montré plutôt incommodant lorsqu'il avait incarné le rôle d'Antonio Mazza dans La maison aux fenêtres qui rient. L'on retrouve ainsi son regard si particulier. Enfin, atteint de nanisme, Bob Tonelli interprète de son côté le rôle d'Ariano, l'un des frères de la fratrie. Pupi Avati s'amuse d'ailleurs de la petitesse du personnage pour le faire railler à plusieurs reprises par l'entremise de ses personnages. Bien que Tutti Defunti... Tranne i Morti appartienne effectivement à la catégorie du Whodunit, son auteur le fait par la voie du second degré. Et même, de la parodie la plus décomplexée. En cela, on peut regretter le choix de Pupi Avati tant son film abuse de l'humour le plus bouffon et pas forcément le plus drôle. Sans jamais relâcher la pression d'ailleurs, là où justement l'on aurait sans doute aimé qu'il fasse preuve d'un peu plus de sérieux selon les conditions dans lesquelles se retrouvent les personnages. Il n'en demeure pas moins que Tutti Defunti... Tranne i Morti bénéficie d'une très belle photographie qui renvoie directement à l'époque du tournage et de magnifiques décors dus aux séquences dirigées à Casalecchio di Reno, Émilie-Romagne ainsi qu'à Bologne. Notons enfin que le titre, d'une stupidité sans nom, délivre instantanément le nom du coupable. Une réflexion de quelques secondes permettra en effet aux plus réceptifs de comprendre le sens de cette phrase. Ajoutant à cela la preuve confirmant le fait que le concept final adopté dans le premier volet de la franchise Saw près d'un demi-siècle plus tard ne fut pas vraiment novateur...


 

dimanche 24 août 2025

Schlock de John Landis (1973) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆




Que de chemin parcouru depuis ses débuts pour John Landis. En effet, après avoir débuté sa carrière aux côtés des ZAZ (David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker), lesquels écriront le scénario de son second long-métrage en 1977 avec Hamburger film sandwich (The Kentucky Fried Movie), l'homme a signé la cultissime comédie musicale The Blues Brothers en 1980, l'un des deux ou trois meilleurs films de loups-garous An American Werewolf in London l'année suivante et quelques-unes des meilleures comédies (tout court) des années quatre-vingt avec Trading Places (Un fauteuil pour deux)en 1983, et Coming to America (Un prince à New York) en 1988 ! alors, dès que l'on repense rétrospectivement à son tout premier long-métrage, il est autorisé de penser que les fées se sont penchées sur lui étant petit et ont décidé de lui accorder la chance de perdurer dans le métier malgré des débuts que l'on est en droit de juger de plutôt laborieux. Mais ceci expliquant sans doute cela, sans doute faut-il se mettre dans la peau du spectateur américain qui outre-atlantique est capable de s’étouffer de rire devant des comédies dont l'apanage principal n'est certainement pas partagé par nos anciens auteurs qui à une certaine époque étaient capables de mettre au monde des dialogues et des scénarii qui longtemps après et encore aujourd'hui demeurent d'authentiques références. Là-bas, la culture humoristique semble effectivement bien différente de la notre. Chez nous, l'importance accordée à l'écriture était et reste pour beaucoup d'entre nous comme une nécessité. De l'autre côté de l'Atlantique l'on semble moins préoccupé par cela et davantage par les pitreries que les actrices et acteurs sont capables d'effectuer devant l'objectif de la caméra. L'on ne jugera pas ce point de vue de la comédie mais nous nous permettrons tout de même d'émettre un avis personnel. Et le mien est sans appel : Schlock est une daube... Je sais, sans doute suis-je un peu trop vindicatif mais merde, quoi !: qu'est-ce que c'est que ce machin pas drôle, excessivement lourd, inintéressant au possible mais qui, allez, soyons juste, trimballe dans ses bagages quelques menues bonnes idées. Bon, perso, il s'agit surtout celle de la parodie du dernier acte de la première partie intitulée ''L'aube de l'humanité'' du classique de la science-fiction signée en 1968 par Stanley kubrick, 2001, l'odyssée de l'espace...


Pour le reste, le premier long-métrage de John Landis est de mon point de vue parfaitement imbuvable. Rimant avec le terme, nous ajouterons qu'il demeure un objet improbable mais aussi, peut-être, dans le cœur de celles et ceux qui lui vouent peut-être un culte, inaltérable ! Regardez, même dans l'hexagone l'on ne s'est pas donné la peine de lui trouver un titre potable : Schlock, qui selon Google Traduction veut dire... Schlock, semble en fait faire référence à des biens ou du matériel bon marché. Et quoi de plus significatif que le film de John Landis pour résumer ce que de nos jours nous pourrions ainsi nommer comme une comédie ''Wish'' ou ''Tému'' ? On pardonnera à John Landis l'aspect technique de son long-métrage vu son dérisoire budget de soixante-mille dollars. Comme l'on pardonnera à ses interprètes qui tous ou presque semblent n'être que des copines et des potes conviés à participer à son premier projet cinématographique de n'être pas d'authentiques comédiens. Comme l'on pardonnera le look du singe, le Schlock qui donne sont titre au film sous le costume duquel se planque lui-même John Landis. Sorti chez nous trois ans après les États-Unis, soit en 1976, Schlock est, d'après mes critères personnels (ce qui, petite précision, ne veut pas dire qu'elles doivent spécifiquement servir de références à qui que ce soit), ce que l'on peut voir de pire en matière d'humour. Loin des ZAZ, des Monty Python ou de tous ceux qui à travers le monde ont cherché à manger leur part du gâteau de la comédie parodico-absurde, le premier long-métrage de John Landis préparait sans doute à ce qui allait suivre sans toute la maîtrise qui deviendra la sienne. Ici, tout est foutraque, dans cette histoire de gorille vieux de millions d'années, libéré des glaces et transformé en tueur en série qui tombe amoureux d'une jeune aveugle. Un concept qui d'ailleurs sera officiellement ou non repris par le cultissime The Toxic Avenger signé de Lloyd Kaufman et Michael Herz en 1985 ! Je m'excuse auprès de ceux qui cela pourrait blesser mais je renverrai donc Schlock lors des soirées entre potes bourrés à la bière ou défoncés aux ''herbes de Provence'' et aux spectateurs dont les connexions cérébrales ne se font pas toujours !


mercredi 11 juin 2025

Saturday the 14th de Howard R. Cohen (1981) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

En 1980 sort sur les écrans l'un des plus célèbres slashers du l'histoire du genre sous le titre Friday the 13th. Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts et nombre de suites ont vu le jour. Quant à son fameux boogeyman Jason Voorhees, il est véritablement apparu pour la première fois dans le rôle du tueur lors du second volet de la franchise intitulé chez nous, Le tueur du vendredi. Beaucoup s'en sont depuis inspirés. Charriant ainsi parfois d'excellentes surprises et de beaucoup moins bonnes. Il en est même qui ne s'y sont pas pris à deux fois pour se poser la question du masque que porterait leur meurtrier comme dans le cas de Unmasked Part 25 d'Anders Palm dans lequel le tueur porte un temps une protection similaire à celle du tueur de Crystal Lake ! Alors que le second volet de la saga Friday the 13th sort en 1981, la même année, le réalisateur et scénariste américain Howard R. Cohen en profite pour mettre en scène Saturday the 14th. Une parodie, certes, mais pas de celles auxquelles on peut s'attendre lorsque le titre se rapproche si dangereusement de l'un des étendards de la Teen-Horror outre-atlantique. Bien que ce dernier tente de nous faire avaler la pilule selon laquelle le titre pourrait directement se référer aux longs-métrages que Sean Cunningham et Steve Miner réalisèrent successivement en 1980 et 1981, en réalité, Saturday the 14th ne porte à aucun moment la griffe du Slasher tel que le conçoivent les fans. Et s'il s'agit bien d'un film d'horreur humoristique à tendance parodique, le long-métrage de Howard R. Cohen est en fait beaucoup plus proche de ces films qui réunissent toute une galerie de créatures issues du bestiaire fantastique. C'est ainsi qu'accompagné de son épouse, Waldemar, lequel n'a apparemment rien à voir avec le personnage de Waldemar Daninsky qui provient, lui, d'un univers lycanthrope, fait ici mine de représenter une version parodique du célèbre Dracula. Le couple ironisant d'ailleurs sur leur volonté de passer inaperçus malgré leur déguisement !


Alors qu'un vieil homme a légué sa maison en ruine à son fils et son épouse (Richard Benjamin et Paul Prentiss dans les rôles de John et Mary Hyatt) qui en outre sont les parents de Debbie et Billy (Kari Michaelson et Kevin Brando), Waldemar veut s'accaparer les lieux pour une raison : la présence entre les quatre murs de la demeure d'un ouvrage maléfique au pouvoir immense. Si puissant que le défunt avait laissé une note dans le réfrigérateur à l'attention de ses héritiers. Mais trop tard puisque le petit génie de la famille en la personne de Billy a déjà mis la main sur le livre en question et en a feuilleté quelques pages. Libérant ainsi de monstrueuses créatures semblant provenir de vieilles bandes horrifiques américaines en noir en blanc. Les Hyatt vont donc devoir combattre l'envahisseur tandis que la mère de famille aura subit la morsure du vampire Waldemar, la contraignant à fuir notamment tout plat préparé avec de l'ail ! Saturday the 14th n'a donc aucun point commun avec le fameux slasher ou avec Jason Voorhees mais davantage avec certains classiques du cinéma d'horreur et d'épouvante. L'on croise ainsi au détour d'une séquence un ersatz de L'Étrange Créature du lac noir du film éponyme signé de Jack Arnold en 1954. Il est même fait référence aux Dents de la mer de Steven Spielberg lorsque la jeune Debbie prend son bain dans la salle de bain de leur nouvelle maison. Une séquence d'ailleurs assez troublante en ce sens où elle rappelle également la fameuse scène de la baignoire des Griffes de la nuit de Wes Craven qui pourtant ne sera tournée que trois ans après la sortie de Saturday the 14th ! Hommage ou pas de la part du cinéaste américain, aucune information à ce sujet ne semble avoir filtré. Si d'ailleurs quelqu'un est au courant de quoi que ce soit s'agissant de ce détail du film, il sait déjà quoi faire (un petit mot en commentaire). Pour le reste, le long-métrage de Howard R. Cohen demeure relativement anecdotique. Pourtant, le réalisateur évite en grande partie tous les écueils propres à ce genre de projet de parodie. En effet, Saturday the 14th évite les gags trop lourds et la vulgarité est heureusement absente du récit. Reste une comédie-horrifique dotée de quelques sympathiques Craignos Monsters...

 

mardi 10 juin 2025

Unmasked Part 25 d'Anders Palm (1988) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Pour commencer, une petite anecdote plus ou moins amusante : si vous tapez sur le net le titre La main du saigneur, vous obtiendrez deux résultats correspondant à deux fiches descriptives sur le site Allociné. Une bévue puisque l'existence prétendue d'une œuvre portant le même titre, reposant sur le même sujet, sorti la même année mais réalisée par le cinéaste hongkongais Godfrey Ho est effectivement une erreur. Ce dernier n'ayant déjà pas besoin qu'on lui accorde des projets supplémentaires aux nombreux qui émaillent sa très florissante carrière (rien que cette année là, Godfrey Ho a réalisé pas moins d'une quarantaine de longs-métrages!), le titre La main du saigneur ne concerne donc que celui du réalisateur britannique Anders Palm. Beaucoup plus prolifique s'agissant de sa carrière de producteur que de celle de réalisateur ou scénariste, le bonhomme n'aura lui-même mis en scène que trois longs-métrages. Ce premier essai sera suivi du Boucher de Notting Hill en 1989 puis de Murder Blues deux ans plus tard. Avant d'avoir été ironiquement traduit sous le titre de La main du saigneur, le film est dans sa version d'origine connu sous celui de Unmasked Part 25. Un titre apparemment énigmatique mais dont la signification s'explique très facilement. En effet, même si cela ne transparaît pas vraiment, Anders Palm a semble-t-il choisi de prendre comme option pour son Slasher, la voie de la parodie. Il faut donc plutôt envisager ce qui paraissait être le vingt-cinquième volet d'une très longue franchise comme une forme d'ironie visant directement l'une des plus célèbres sagas d'horreur et d'épouvante. Car en effet, Unmasked Part 25 se réfère directement à la franchise Friday the 13th dont les nombreux volets. Cependant, à l'époque où sort le film, seuls six volets de la saga mettant en scène Jason Voorhees ont vu le jour sur grand écran. Rien de véritablement remarquable si l'on compare celle-ci à Zatoichi dont le nombre de longs-métrage atteignit le vertigineux nombre de vingt-cinq longs-métrages entre 1962 et 1973 avant que deux volets supplémentaires ne voient le jour en 1989 et 2003 ! Mais bon. Anders Palm ayant choisi l'option du slasher plutôt que celui du film historique japonais visant la période Edo, c'est donc bien de la franchise initiée en 1980 par Sean S. Cunningham (qui avant cela fut le producteur de La dernière maison sur la gauche de Wes Craven avec sa société de production The Night Co. Lobster Enterprises) que le réalisateur britannique semble avoir l'intention de se moquer.


Pourtant, au vu du résultat à l'image, Unmasked Part 25 paraît n'avoir pas atteint cet hypothétique objectif puisque le film ressemble davantage à un hommage à la franchise américaine qu'à une parodie reprenant les codes du célèbre Slasher toute en les détournant sur le ton du burlesque. Le film met en scène Jackson (Gregory Cox), référence évidente à Jason, un tueur en série en outre affublé d'un masque de Hockey qui plus jeune a lui aussi survécu à une noyade. Lors d'une soirée organisée entre amis dans un immeuble totalement délabré (drôle d'endroit pour donner rendez-vous à sa petite amie d'ailleurs), Jackson va tuer l'un après l'autre tous ceux qui ont été conviés à venir faire la fête... sauf Shelly. Jeune blonde sexy mais aveugle qui tombe sous le ''charme'' de notre assassin et l'invite à venir vivre chez elle ! Ce personnage rappelle d'ailleurs très fortement celui de Claire de la saga Toxic Avenger où une très jolie jeune femme elle aussi atteinte de cécité tombait amoureuse du ''super-héros'' trash de la franchise. Si le film démarre par quelques meurtres plutôt gratinés et au fond plutôt réussis même si l'on devine que le budget fut plutôt étriqué, cette nouvelle relation imposée au public par le scénariste Mark Cutforth (le projet incluant également et ironiquement le dramaturge William Shakespeare) va mettre en péril l'intérêt du public amateur de films d'horreur en général et de Slashers en particulier. En effet, Unmasked Part 25 a malheureusement tendance à s'enliser dans dans de longues tirades amoureuses qui n'ont pour seul intérêt que de démontrer l'absurdité de ce couple formé d'une jeune femme très sexy et d'un tueur qui sous son masque camoufle un visage atrocement mutilé ! Unmasked Part 25 est donc constitué de deux vagues de meurtres plutôt sanglants entrecoupées de séquences beaucoup trop bavardes. Si le film se veut être une parodie, les situations caricaturant le film de Sean S ? Cunningham et ses suites sont rares, pour ne pas dire inexistantes. En dehors de quelques meurtres bien crades, l'on retiendra notamment la visite chez le père de Jackson. Un clochard vivant dans un squat vraiment glauque renforcé par la présence d'un cadavre féminin trônant et pourrissant dans un angle de la pièce et que l'on juge comme étant la mère défunte de Jackson ! Bref, Unmasked Part 25 est au final un sympathique Slasher. Pas inoubliable et trop englué dans ses innombrables lignes de dialogue mais enrichi de meurtres sanglants et de situations parfois improbables...

 

mercredi 15 janvier 2025

Attack of the Killer Tomatoes de John de Bello (1978) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Il y a d'assez nombreuses années, j'avais effectué une première tentative... Laquelle s'était soldée par un cuisant échec. Impossible d'aller jusqu'au bout. Même pas jusqu'à la moitié de ce que beaucoup considèrent pourtant comme un film culte. Attack of the Killer Tomatoes connu chez nous sous la traduction L'attaque des tomates tueuses. Culte ? Pour qui ? Pourquoi ? Comment ? Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts. Une bonne vingtaines de Bruno Mattei plus tard (lequel mérite, LUI, le statut de cinéaste culte) et après avoir récemment subit cinq longs-métrages cagués par Neil Breen, je pensais qu'une nouvelle tentative me permettrait de redécouvrir le premier véritable film signé de John de Bello (adaptation de son propre court-métrage) sous un nouveau jour. Avec tout le trentième degré qu'il mérite ! Et ben non ! Même pas ! Rejoignant dans mon flop quatre de ces cinquante dernières années constitué autour de Raiders of the Living Dead de Samuel M. Sherman, Attack of the Giant Blurry Finger de Cody Clarke, Birdemic 3: Sea Eagle de James Nguyen et Baise-moi de Virginie Despentes, je peux comprendre l'aura de Attack of the Killer Tomatoes tout en n'en partageant pas la même observation. Antérieur de quatre années au premier long-métrage écrit par les réalisateurs, scénaristes et producteurs David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker plus connus sous l'acronyme ZAZ, Attack of the Killer Tomatoes prenait donc ,à peu de chose près en 1978, la même direction artistique que ces trois pionniers du cinéma parodique. Lesquels signeront notamment ensemble durant leur carrière, Y a-t-il un pilote dans l'avion en 1980, Top secret ! en 1984, ou la série des Nacked Gun sortis chez nous sous les titres Y a-t-il quelqu'un... pour sauver la reine, le président et Hollywood. Ironie du sort, un certain Richard Mueller créera en 1990 une série de dessins animés en vingt-trois épisodes inspirée de l’œuvre originale et intitulée Attack of the Killer Tomatoes: The Animated Series. Quid de l'ironie, celle-ci sera notamment diffusée au Mexique sous le titre El Ataque de los Tomates Asesinos sur le réseau de télévision câblé mexicain destiné aux enfants : ZAZ ! Pour en revenir au film à proprement parler, l'expérience est rude.


Difficile à digérer devrais-je dire. Tant pour la forme que pour le fond. De ce dernier l'on retiendra un scénario confus engageant l'Armée et le Gouvernement américain, ainsi qu'une espionne et des journalistes, dans un combat contre un type bien précis de solanacées mues par on ne sait quel procédé (en réalité, des types hors champ balancent devant l'objectif de la caméra des tomates plus ou moins mûres), lesquelles s'en prennent vigoureusement à celles et ceux qui ont le malheur de croiser leur chemin. Doté d'un script aux nombreuses ramifications, John de Bello signe une comédie parodique navrante. Sus aux fans du long-métrage, force est de reconnaître que dans son entièreté, l'accumulation forcenée de gags s'additionnant toutes les deux ou trois secondes à travers des situations toutes plus rocambolesques les unes que les autres ou à travers des dialogues dont la bêtise n'a d'égal que leur absence de drôlerie, est vraiment, vraiment, vraiment épuisante ! Attack of the Killer Tomatoes fait non seulement figure de sous ZAZ (au point où l'on pourrait lui accoler l'étiquette de... NAZ), mais également de sous Benny Hill. C'est d'autant plus dommage que le film n'est pas atrocement laid d'un point de vue esthétique. Mais entre ses quelques piètres incartades musicales, ses centaines de vannes qui laissent peu de répit ni le temps de reprendre son souffle au spectateur, ses effets-spéciaux réduits à leur plus simple expression, c'est l'écriture toute entière qu'il aurait fallut passer au tamis afin d'en évacuer la partie la plus absconse. Soit, la presque totalité des lignes de dialogue ! Au mieux, l'on esquissera un sourire lorsque viendra le temps d'imaginer le pauvre type qui en post-production dû bien se marrer en doublant les tomates tueuses à travers d'inaudibles onomatopées. Pour le reste, le spectacle est tout simplement... affligeant ! Notons que contrairement à ce que laisse envisager la toute dernière image qui laisse entrevoir une séquelle mettant cette fois-ci en scène des carottes tueuses, c'est bien de tomates dont il s'agira dans les trois suites toutes également réalisées par John de Bello. En 1988, tout d'abord, avec Return of the Killer Tomatoes, en 1991 avec Killer Tomatoes Strike Back! Et enfin avec Killer Tomatoes Eat France! l'année suivante. Si en 1975 des chercheurs américains théorisèrent le le phénomène de Jaws Effect après que les spectateurs outre-atlantique aient découvert Les dents de la mer de Steven Spielberg sur grand écran (classique de l'épouvante que John de Bello tente ici naïvement de parodier), dans le cas de Attack of the Killer Tomatoes, il y a par contre de fortes chances pour que vous continuiez à manger ces délicieux fruits. À moins qu'ils ne proviennent bien entendu des serres d'Alméria, en Espagne...

 

samedi 30 novembre 2024

Cycle Les Charlots: Les Charlots contre Dracula de Jean-Pierre Desagnat (1980)



L'épouse du comte Dracula, et mère du descendant du célèbre vampire, a jeté un sort à un élixir, seul breuvage permettant à son enfant de retrouver tous les pouvoirs de son père. Dès qu'une personne se saisit de la fiole le renfermant, elle est immédiatement pétrifiée. Seule la mère de Dracula junior a le pouvoir de s'en approcher et de s'en saisir. Elle, ou toute autre femme lui ressemblant.

Lorsque bien des années plus tard celle-ci meurt, Dracula junior fait appel à des détectives afin de trouver à travers le monde, celle qui pourra défaire le sort qui entoure l'élixir. Et cette femme, c'est la jeune Ariane, fiancée de Phil et tous deux amis de Gérard et Jean. Tous les quatre travaillent dans la brocanterie L'As à sa Marie Taine et reçoivent un jour la visite de Gaston Lepope, détective, qui profite de l’inattention de Phil et de l'absence de Gérard et Jean pour endormir Ariane à l'aide de chloroforme pour l'enlever et l'emmener dans le château des Carpates où vit le comte Dracula junior. Les Charlots se lancent alors à la poursuite de Lepope et d'Ariane jusqu'en Transylvanie...

Les Charlots contre Dracula est le douzième film dans lequel les Charlots sont le principaux interprètes et le quatorzième si l'on tient compte des deux œuvres où ils n'ont fait qu'apparaître en 1973 (Je Sais Rien, Mais je Dirai Tout de Pierre Richard) et 1975 (Trop C'est trop de Didier Kaminka). Après trois naufrages successifs qui pourtant ont rencontré un certain succès dans les salles en dépassant le million d'entrées, Les Charlots contre Dracula ne feront qu'un peu plus de 500 000 fidèles. Ce qui peut s'expliquer par la piètre qualité des œuvres précédentes, le public se lassant peu à peu de leur peu amusantes piètreries.
Pourtant, s'il en est un qui méritait l'engouement des fans du quatuor devenu trio, c'est bien celui-ci. Parodie de films de vampires, il s'agit à peu de choses près aux côtés des deux films de André Hunebelle dans lesquels les comiques-chanteurs ont joués, de celui dont le scénario tient le plus la route.

Bien qu'il s'agisse une fois encore d'une comédie plutôt légère, le film possède un vrai scénario et n'éparpille pas ses personnages au gré du vent en comptant uniquement sur les hasards d'un gag bien senti. À leur côtés, leur donnent la réplique Amélie Prévost dans le rôle d'Ariane, l'acteur et metteur en scène de théâtre grec Andréas Voutsinas dans celui du comte Dracula. Vincent Martin quand à lui joue le rôle d'Igor, et Gérard Jugnot celui du détective Gaston lepope. Réalisé par Jean-Pierre Desagnat, le cinéaste n'est autre que le père du comédien Vincent Desagnat, l'ancien complice de Michael Youn lorsque les deux hommes travaillaient pour M6.
En matière de parodie fantastique, on demeure encore très loin des classiques du genre que sont Frankenstein Junior, Le Bal des Vampires, ou encore Docteur Jerry et Mister Love. Cependant, au regard de la médiocrité de certaines œuvres estampillées Charlots, Les Charlots contre Dracula demeure une assez convaincante production. Pas du tout effrayante et même si certains gags restent bien lourds (le saut du plus haut pont d'Europe), quelques scènes sont plutôt amusantes. Et puis, il y a le dépaysement inhérent au voyage en Transylvanie et le lugubre château de Dracula. Ainsi que le passage dans la forêt et les amusantes interprétations de Jugnot, Martin et Voutsinas et son accent à couper au couteau...

lundi 15 janvier 2024

Dracula père et fils d'Édouard Molinaro (1976) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Après qu'il ait tourné récemment auprès de Peter Cushing dans le pathétique Tendre Dracula de Pierre Grunstein, l'acteur Bernard Menez retrouve cette fois-ci en cette année 1976 un autre grand interprète britannique spécialisé dans le cinéma d'épouvante. L'une des plus grandes stars de la société de production Hammer Films Christopher Lee accepte effectivement de rendosser une nouvelle fois le costume de celui qui le rendit célèbre de part le monde : Dracula. Il s'agira d'ailleurs pour lui de la dernière occasion de se fondre dans la peau du vampire des Carpates même si de son propre aveu, Christopher Lee ne cessera jamais d'affirmer qu'il ne s'agissait pas à cette dernière occasion d'interpréter l'une des plus fameuses créatures du bestiaire fantastique mais plutôt l'un de ses alter ego. Si l'on se réfère aux différents sites référençant la carrière de l'acteur britannique, il semblerait pourtant que Dracula est bien le nom tout à fait officiel du personnage qu'il interprétera donc à cette ultime occasion. Réalisé par Édouard Molinaro et conjointement écrit aux côtés de Jean-Marie Poiré et d'Alain Godard sur la base d'un roman de Patrick Cauvin d'abord édité sous le titre Paris Vampire en 1970, Dracula père et fils n'est pas le premier long-métrage du genre à mettre en scène un supposé fils du célèbre vampire puisque Robert Siodmak signa en 1943 un Son of Dracula explicite mais quelque peu trompeur tandis qu'entre 1972 et 1979 sera édité chez Marvel et en soixante-dix volumes le Comic Book Tomb of Dracula dans lequel apparaîtra le personnage de Janus, fils de Dracula et de Domini. Dans le cas de Dracula père et fils, pas de Janus ou de Domini mais un certain Ferdinand Poitevin, né de Hermine Poitevin (la réalisatrice et scénariste française Catherine Breillat) et donc de Dracula qui neuf mois après avoir mordu son épouse se voit donc offrir un fils. Les années passent et tandis que Hermine est morte depuis des années, partie en fumée à cause de son propre enfant, le régime communiste s'empare du château du comte Dracula, les forçant lui et Ferdinand à fuir pour rejoindre l'autre côté du Rideau de Fer. Séparés durant un temps, le premier part faire carrière comme vampire au cinéma tandis que Ferdinand va se réfugier en France, pris sous l'aile de Khaleb (Mustapha Dali) qu'il rencontre pour la première fois lors d'une ratonnade !


Comparé à Tendre Dracula, le long-métrage réalisé par Édouard Molinaro plane très au dessus de l'engeance signée par Pierre Grunstein deux ans auparavant. La partition musicale est l’œuvre du célèbre compositeur franco-roumain Vladimir Cosma dont on ne compte plus les excellentes bandes originales notamment signées à l'époque pour Gérard Oury ou Claude Zidi. Contrairement à ce que l'on aurait pu craindre, le duo formé par Christopher Lee et Bernard Menez fonctionne plutôt bien. L'un incarnant le ''Prince des ténèbres'' avec tout le charisme qu'on lui connaît tandis que le second apparaît sous les traits d'un vampire un peu gauche, timide, mais aussi délicieusement blafard que son père. L'une des bonnes idées du film est d'avoir choisi une temporalité très contemporaine puisqu'elle s'inscrit dans l'époque où fut réalisé le film. Durant une bonne partie du long-métrage, Édouard Molinaro semble s'intéresser davantage à l'acteur français qu'au britannique. Lequel disparaît durant un temps avant de réapparaître sous les traits d'un populaire interprète de films d'horreur auquel sera offert l'opportunité de tourner une publicité pour un dentifrice ! L'occasion de faire la connaissance de Nicole qui sous les traits de la charmante Marie-Hélène Breillat (sœur aînée de Catherine Breillat) séduira involontairement et le père,et le fils avant de tomber sous le ''charme'' de ce dernier. Le concept du sosie de l'épouse disparue sera d'ailleurs repris dans une autre parodie de Dracula signée par Jean-Pierre Desagnat en 1980, Les Charlots contre Dracula. Si l'on pouvait déplorer la présence de Bernard Menez au générique après le calamiteux Tendre Dracula, la présence à la mise en scène du réalisateur Édouard Molinaro change tout. Plutôt brillamment dirigé, l'acteur français s'en sort relativement bien face au monstre sacré du cinéma d'épouvante britannique que représente Christopher Lee. On s'en doute, Dracula père et fils n'est pas le meilleur film dans lequel celui-ci a pu accepter de porter de fausses dents mais le résultat est très honnête et permet de passer un agréable moment. Notons en outre parmi les seconds rôles, l'apparition de Gérard Jugnot dans le rôle du responsable de l'usine employant Ferdinand...

 

jeudi 30 novembre 2023

Zombibi de Martijn Smits et Erwin van den Eshof (2012) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Dans un monde idéal où les zombies existeraient réellement, même le type le plus paumé aurait ses chances avec une jolie blonde au caractère bien trempé. Dans ce même univers où les morts sortiraient de leur tombe ou déambuleraient dans les rues après avoir été mordus par l'un de leurs congénères, leur vitesse de déplacement serait telle que les survivants auraient peu de chance de venir grandir leurs rangs. Enfin, se pose la question de savoir si face à de telles créatures et dans de telles conditions nous aimerions être entourés d'Aziz, de son frère Mo ou du duo de pitres Jeffrey et Nolan. Parce que malgré la lenteur de ses créatures, Zombibi de Martijn Smits et Erwin van den Eshof n'est tout de même n'est pas vraiment le monde rêvé pour qui désire sauter dans son bureau, la greluche de service sans avoir à regarder derrière lui toutes les deux minutes ! Drôle de titre que Zombibi... D'ailleurs, si l'on s'amuse à copier le terme sur Google Traduction pour en avoir la signification, voici ce que l'on obtient :زومبيب. Et lorsque l'on s'amuse ensuite à traduire ce dernier dans notre langue, voici le résultat qui s'affiche : Zombi ! Bref, les mystères d'Internet demeurant impénétrables, passons au sujet qui nous intéresse ici. Malgré son allure de comédie d'horreur ''So British'', Zombibi ou Kill Dead Zombie ! ne provient pas d'Angleterre, d’Écosse ou d'Irlande mais des Pays-Bas. Et vu le parcours du combattant que représente la seule prononciation du nom de ses deux réalisateurs, il ne faudra pas moins de trois secondes pour s'en douter. Martijn Smits et Erwin van den Eshof collaboraient ici pour la seconde fois après Off Road en 2010 Si la carrière du premier débuta dix ans auparavant avec le court-métrage The Wretched, le second commença la sienne un an plus tard avec lui aussi un court-métrage intitulé Vrouwenvlees. L'un et l'autre se retrouveront sur les plateaux de la série Popoz et de son adaptation sur grand écran avant de faire des carrières séparées. Originaires du Maroc mais ayant pris la nationalité néerlandaise, Yahya Gaier et Mimoun Oulad Radi interprètent les frères Aziz et Mo.


Le premier travaille tandis que le second, oisif, est toujours à la recherche du projet mirifique qui leur permettra, à son frère et lui, de gagner beaucoup d'argent et ainsi vivre tranquillement. Lors d'une arrestation, ils se retrouvent dans une cellule commune à celle de Jeffrey et Nolan, deux blacks incarnés par le rappeur néerlandais Sergio Hasselbaink et par Uriah Arnhem dont la carrière n'est pour l'instant parsemée que de quelques rares apparitions (neuf en douze ans de carrière). Aux côtés des quatre hommes, la part de féminité est représentée par la charmante Kim qu'interprète la blonde Gigi Ravelli et par Tess qu'incarne la brune Nadia Poeschmann. Soit, une fliquette et une pouffe... Pardon ! Une femme aux mœurs légères... Dans ce monde où un satellite russe s'est écrasé au sommet d'un immense building, un liquide vert d'origine extraterrestre contamine toutes celles et ceux qui entrent en contact avec lui. Une morsure causée par un infecté et hop, cela fait un zombie de plus. Les amateurs de comédies façon Scary Movie s'y retrouveront sans problème. D'ailleurs, il ne sera sans doute tout d'abord pas rare de confondre Sergio Hasselbaink avec Marlon Wayans de la célèbre franchise parodique dont les deux premiers volets furent réalisés par le frangin de ce dernier, Keenen Ivory Wayans. Zombibi est aussi débile que Scary Movie et ce ne sont certes pas ses origines néerlandaise qui peuvent justifier sa vision si l'on déteste le principe. La comédie horrifique de Martijn Smits et Erwin van den Eshof est poussive, finalement peu originale et dotée d'effets-spéciaux numériques qui bien évidemment n'égalent pas ceux d'un The Walking Dead. Au mieux, le film reste un sympathique divertissement qui aurait sans doute mérité des dialogues un peu moins systématiquement débiles. On a en effet, peu l'occasion de souffler devant ce déluge de propos crétins. Mais il faut se faire une raison : c'est bien là le principe de certaines comédies parodiques actuelles. Autant dire que Zombibi n'a rien à voir avec l'excellent Shaun of the Dead d'Edgar Wright que le film de Martijn Smits et Erwin van den Eshof donnera, au mieux, envie de redécouvrir...

 

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