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dimanche 24 août 2025

Schlock de John Landis (1973) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆




Que de chemin parcouru depuis ses débuts pour John Landis. En effet, après avoir débuté sa carrière aux côtés des ZAZ (David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker), lesquels écriront le scénario de son second long-métrage en 1977 avec Hamburger film sandwich (The Kentucky Fried Movie), l'homme a signé la cultissime comédie musicale The Blues Brothers en 1980, l'un des deux ou trois meilleurs films de loups-garous An American Werewolf in London l'année suivante et quelques-unes des meilleures comédies (tout court) des années quatre-vingt avec Trading Places (Un fauteuil pour deux)en 1983, et Coming to America (Un prince à New York) en 1988 ! alors, dès que l'on repense rétrospectivement à son tout premier long-métrage, il est autorisé de penser que les fées se sont penchées sur lui étant petit et ont décidé de lui accorder la chance de perdurer dans le métier malgré des débuts que l'on est en droit de juger de plutôt laborieux. Mais ceci expliquant sans doute cela, sans doute faut-il se mettre dans la peau du spectateur américain qui outre-atlantique est capable de s’étouffer de rire devant des comédies dont l'apanage principal n'est certainement pas partagé par nos anciens auteurs qui à une certaine époque étaient capables de mettre au monde des dialogues et des scénarii qui longtemps après et encore aujourd'hui demeurent d'authentiques références. Là-bas, la culture humoristique semble effectivement bien différente de la notre. Chez nous, l'importance accordée à l'écriture était et reste pour beaucoup d'entre nous comme une nécessité. De l'autre côté de l'Atlantique l'on semble moins préoccupé par cela et davantage par les pitreries que les actrices et acteurs sont capables d'effectuer devant l'objectif de la caméra. L'on ne jugera pas ce point de vue de la comédie mais nous nous permettrons tout de même d'émettre un avis personnel. Et le mien est sans appel : Schlock est une daube... Je sais, sans doute suis-je un peu trop vindicatif mais merde, quoi !: qu'est-ce que c'est que ce machin pas drôle, excessivement lourd, inintéressant au possible mais qui, allez, soyons juste, trimballe dans ses bagages quelques menues bonnes idées. Bon, perso, il s'agit surtout celle de la parodie du dernier acte de la première partie intitulée ''L'aube de l'humanité'' du classique de la science-fiction signée en 1968 par Stanley kubrick, 2001, l'odyssée de l'espace...


Pour le reste, le premier long-métrage de John Landis est de mon point de vue parfaitement imbuvable. Rimant avec le terme, nous ajouterons qu'il demeure un objet improbable mais aussi, peut-être, dans le cœur de celles et ceux qui lui vouent peut-être un culte, inaltérable ! Regardez, même dans l'hexagone l'on ne s'est pas donné la peine de lui trouver un titre potable : Schlock, qui selon Google Traduction veut dire... Schlock, semble en fait faire référence à des biens ou du matériel bon marché. Et quoi de plus significatif que le film de John Landis pour résumer ce que de nos jours nous pourrions ainsi nommer comme une comédie ''Wish'' ou ''Tému'' ? On pardonnera à John Landis l'aspect technique de son long-métrage vu son dérisoire budget de soixante-mille dollars. Comme l'on pardonnera à ses interprètes qui tous ou presque semblent n'être que des copines et des potes conviés à participer à son premier projet cinématographique de n'être pas d'authentiques comédiens. Comme l'on pardonnera le look du singe, le Schlock qui donne sont titre au film sous le costume duquel se planque lui-même John Landis. Sorti chez nous trois ans après les États-Unis, soit en 1976, Schlock est, d'après mes critères personnels (ce qui, petite précision, ne veut pas dire qu'elles doivent spécifiquement servir de références à qui que ce soit), ce que l'on peut voir de pire en matière d'humour. Loin des ZAZ, des Monty Python ou de tous ceux qui à travers le monde ont cherché à manger leur part du gâteau de la comédie parodico-absurde, le premier long-métrage de John Landis préparait sans doute à ce qui allait suivre sans toute la maîtrise qui deviendra la sienne. Ici, tout est foutraque, dans cette histoire de gorille vieux de millions d'années, libéré des glaces et transformé en tueur en série qui tombe amoureux d'une jeune aveugle. Un concept qui d'ailleurs sera officiellement ou non repris par le cultissime The Toxic Avenger signé de Lloyd Kaufman et Michael Herz en 1985 ! Je m'excuse auprès de ceux qui cela pourrait blesser mais je renverrai donc Schlock lors des soirées entre potes bourrés à la bière ou défoncés aux ''herbes de Provence'' et aux spectateurs dont les connexions cérébrales ne se font pas toujours !


samedi 25 novembre 2023

Un fauteuil pour deux (Trading Places) de John Landis (1983) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Ahhhhh les années quatre-vingt. Riche décennie qui vit émerger chez nous le duo Début de soirée, Jean-Pierre Mader, Rose Laurens, Jeanne Mas, Julie Piétri, Images, Gold et tant d'autres artistes tandis que de l'autre côté de La Manche, Depeche Mode et The Cure commençaient déjà à faire partie de ceux qui allaient révolutionner le monde de la pop-music avec, d'un côté, la New Wave et de l'autre, la Cold Wave. En 1983, tandis que les professeurs de français se succédaient à mon chevet pour tenter de m'imposer la littérature classique française, je découvrais tardivement Stephen King et dévorais presque littéralement Simetierre avant de rattraper mon retard en me procurant tout ce qu'il avait écrit jusque là. Riches, oui, furent les années quatre-vingt. Et peut-être même davantage en matière de cinéma puisque énumérer les œuvres qui depuis sont devenues des classiques ou mieux, des films cultes reviendrait à abandonner sa propre existence pour plusieurs jours le temps de dresser une liste véritablement exhaustive des œuvres qui marquèrent notre jeunesse. Pauvres adolescents d'aujourd'hui, nourris aux Smartphones, aux réseaux sociaux et aux blockbusters super-héroïques... S'il savaient à côté de quoi ils sont passés, ils feraient un procès à leur géniteurs pour ne pas avoir été conçus des décennies en arrière. Parce que les années quatre-vingt, ça ne fut pas qu'une question d'art qu'il s'agisse du quatrième, du cinquième ou du septième évoqués ici. Ce fut aussi et surtout, une ambiance et une philosophie de vie qui sont l'une et l'autre parties depuis en fumée. Si aujourd'hui entrer dans une salle de cinéma ressemble à un voyage dans le désert du Sahara tant l'on se sent dans un cas comme dans l'autre terriblement seul, à l'époque, c'était autre chose. Pas de pouffe explorant les réseaux sociaux durant la projection ou de groupes d'attardés parlant plus fort que les personnages à l'écran mais des salles bien remplies. Et encore fallait-il tout de même bien choisir le cinéma et la séance pour quiconque ne supportait pas le moindre souffle sur sa nuque (Parole de sociopathe!). David Lynch, David Cronenberg, John McTiernan, James Cameron, John Carpenter Arnold Schwarzenegger, Bruce Willis, etc...


Des noms qui d'un côté attiraient ceux qui aimaient qu'on leur triture les méninges et de l'autre, sans doute les plus nombreux, qui vouaient une passion pour l'action, le fantastique, la science-fiction ou l'horreur ! Un cinéma qui à l'époque semblait nettement plus procédurier que de nos jours puisque je me souviendrais toujours qu'au guichet d'un cinéma parisien l'on m'avait interdit l'accès à la salle projetant The Last Horror Film de David Winters avec le mythique couple Caroline Munroe/Joe Spinell que l'on retrouvait deux ans après le film culte de William Lustig, Maniac ! Un cinéma beaucoup moins populaire que ne le fut celui de Steven Spielberg, Joe Dante ou... John Landis dont il est question ici. Ces trois se retrouvèrent d'ailleurs cette même année aux commandes de l'anthologie Twilight Zone: The Movie en compagnie de l'australien George Miller (la franchise Mad Max). John Landis, donc. Le genre de réalisateur à la carrière absolument exemplaire. Mais si j'avoue ne pas connaître sa filmographie par cœur, sont demeurées dans mes souvenirs quelques œuvres parmi les plus formidablement cultes qui soient. The Blues Brothers en 1980, Un prince à New York sept ans plus tard et entre les deux, Trading Places qui chez nous vit le jour sous le titre, Un fauteuil pour deux. Lequel était incarné par au moins trois acteurs parmi les plus ''addictifs'' de cette époque malheureusement révolue. Dan Aykroyd que l'on retrouvera notamment l'année suivante dans le premier volet de la franchise Ghostbusters dans le rôle du Dr Raymond Stantz et acteur fidèle de John Landis puisqu'avant cela il interpréta l'un des deux principaux rôles de The Blues Brothers avant de réapparaître dans Twilight Zone: The Movie ou dans Into the Night (Série noire pour une nuit blanche). À ses côtés, Eddie Murphy que je ne ferai l'insulte à personne de présenter. Véritable star qui enchaîne alors les gros succès en salle, tels 48h de Walter Hill en 1982 ou Le flic de Beverly Hills de Martin Brest en 1984 mais qui fera l'erreur de réaliser lui-même l'épouvantable Les nuits de Harlem (seule occasion qui m'ait été donnée de quitter la séance bien avant la fin).


Pour la touche féminine, nous retrouvons Jamie Lee Curtis, fille des stars du cinéma Janet Leigh et Tony Curtis et que John Carpenter lança en 1978 sur les rails du cinéma avec Halloween après quelques passages à la télévision (et notamment dans l'épisode numéro trois de la sixième saison de Columbo intitulé The Bye-Bye Sky High I.Q. Murder Case (Les surdoués)). Un fauteuil pour deux est la rencontre relativement brutale de deux hommes et de deux univers diamétralement opposés. D'un côté, la rue. Celle du clochard Billy Ray Valentine. Un individu particulièrement prédisposé à la fourberie qui un jour croise la route de Louis Winthorpe III, directeur général de la société de courtage Duke & Duke Commodity Brokers et dont les frères et supérieurs hiérarchiques Mortimer et Randolph Duke vont se servir lors d'un pari parfaitement insensé : en effet, Louis (Dan Aykroyd) va se retrouver déchu de ses fonctions tandis que Billy Ray (Eddie Murphy) prendra sa place au sein de la société. Et ce, pour des raisons clairement invoquées par les deux frères comme les spectateurs auront l'occasion de le découvrir. Un fauteuil pour deux est un concentré de bonheur. Une œuvre à la puissance comique rarement égalée et un concept parfaitement intégré. Sur la base d'un scénario écrit par Timothy Harris et Herschel Weingrod, John Landis signe une œuvre à l'attention du grand public, jamais méchante malgré la cruauté dont est victime l'ancien directeur général de la part des frères Duke. Redécouvrir Un fauteuil pour deux aujourd'hui, c'est constater combien le genre s'est appauvri même si quelques miracles ont parfois lieu. L'action se situant à Philadelphie, le long-métrage de John Landis est une véritable carte postale des lieux tels qu'ils étaient représentés à l'époque. Une véritable fourmilière avec ses commerces, son métro, ses gosses qui jouent dans les rues des quartiers pauvres, ses SDF, mais aussi ses lieux chics et celles et ceux qui font ''tourner la boutique''.


Un fauteuil pour deux n'est pas qu'un long échange entre deux formidable acteurs sur la base de dialogues certes finement ciselés (notons en outre la présence de Ralph Bellamy et Don Ameche dans les rôles des frères Randolphe et Mortimer Duke, de Denholm Elliot dans celui du majordome Coleman ainsi que celle de la sexy Jamie Lee Curtis dans celui de la prostituée Ophelia) mais dresse également le portrait de deux mondes plus ou moins retranchés dans leurs fondations. Jusqu'à ce qu'interviennent nos deux scénaristes qui imaginent alors que d'un simple geste le monde peut, d'un côté, littéralement vaciller et de l'autre, donner à un ''invisible'', toutes ses chances de remonter la pente. Alors, fiction ou réalité ? Que l'on soit du côté de l'ancien directeur général ou du nouveau, il est étonnant (amusant?) de voir combien les personnalités des deux héros restent telles qu'elles furent jusque là quelle que soit leur nouvelle condition. John Landis semble vouloir s'en tenir aux personnalités originelles de l'un et de l'autre. Billy Ray personnifiant la bienveillance tandis que Louis, lui, demeure en partie l'être ''hostile'' qu'il semble avoir toujours été. Et pourtant aussi différents que soient l'un et l'autre, Un fauteuil pour deux délivre un message plutôt optimiste selon lequel, dans l'adversité, il est capable de concevoir que deux hommes qui n'ont aucune chance d'être proches peuvent s'allier face à deux vils représentants de la Haute Société afin qu'éclate la vérité. Le film témoigne également d'une certitude : qu'il est bien plus aisé de s'acclimater à sa condition de nouveau riche que de survivre en tant que nouveau mendiant. Le long-métrage de John Landis se positionne lors de sa sortie en bonne place puisqu'il sera le quatrième plus gros succès de l'année 1983 sur le territoire américain, derrière l'épisode 6 de Star Wars, l'excellent Tendres passions et le film musical Flashdance mais également devant Wargames, le James Bond Octopussy, le génial Scarface de Brian De Palma ou les séquelles Superman 3, Les dents de la mer 3 et Psychose 2. Financé à hauteur de quinze millions de dollars, le film en rapportera le sextuple avec pas moins de quatre-vingt dix millions engrangés...

 

mercredi 15 novembre 2023

Hamburger Film sandwich de John Landis (1977) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Il est parfois intéressant de se pencher sur les débuts de carrière de certains cinéastes pour y découvrir des ''tics'' qui deviendront une constante durant tout ou partie de leur carrière. Chez John Landis l'on a souvent pu sentir poindre une certaine dérision teintée d'ironie même lorsqu'il s'attaquait notamment en 1981 au mythe du loup-garou avec le classique Le loup-garou de Londres (An American Werewolf in London). Film d'horreur aux effets-spéciaux saisissants mais non dénué d'un humour dont son auteur ''saupoudra copieusement'' (quel merveilleux oxymore, n'est-il pas?) un certain nombre de séquences. Il faudra remonter quelques années en arrière et ce, jusqu'en 1973 pour découvrir les tout premiers travaux du réalisateur, scénariste et producteur américain. Avec un tel titre, nul doute que le contenu du premier long-mùétrage de John Landis intitulé Schlock, le tueur à la banane...! fut déjà à l'image de ce qu'il nous prépara par la suite et qui vit le jour sous le titre The Kentucky Fried Movie. Heu... Oui, faut-il le préciser mais sa traduction française, Hamburger Film Sandwich, apparaissant surtout comme une curieuse lubie de la part des distributeurs hexagonaux, John Landis n'a jamais cessé de se demander le pourquoi du comment concernant ce changement de titre ! Invité à s'exprimer devant la caméra lors de la diffusion du film sur Arte, le réalisateur profita de l'occasion qui lui fut accordée pour rappeler que le film ne fut pas seulement écrit par les ZAZ (Jerry Zucker, Jim Abrahams et David Zucker) et Pat Proft puisque lui-même s'attela à l'écriture du scénario bien que cette information n'apparaisse pas à l'écran lors du déroulé de l'un et l'autre des génériques ! Plus qu'un simple film, The Kentucky Fried Movie est d'abord une compilation plus ou moins drôle constituée de fausses réclames, de faux journaux télévisés, de fausses bandes annonces, de fausses émissions éducatives mais de vrais paires de nibards. Pas de silicone en vue mais des poitrines souvent généreuses, parfois un peu tombées en désuétude, mais d'un naturel qui de nos jours se fait bien rare sur grand et petit écran. Des actrices pulpeuses pour des extraits de films pornographiques rendant le contenu de The Kentucky Fried Movie parfois assez osé.


Du moins pour l'époque puisque, je le rappelle, nous sommes alors en 1977. Le spectateur aura le choix entre découvrir des scénettes plus ou moins longues dans leur langue originale, respectant ainsi les dialogues tels qu'ils furent pensés par leurs auteurs, ou dans la notre qui elle, ne se gêne pas pour réinterpréter certaines situations à travers des dialogues qui n'ont parfois plus rien de commun avec les originaux. Constitué de vingt-six sketchs allant de quatre secondes pour le plus court à un peu plus d'une demi-heure pour le plus étendu dans le temps, The Kentucky Fried Movie est surtout un festival d'idées plus folles et délirantes les unes que les autres. Outre ces actrices qui se massent (et se font masser) leur généreuse poitrine l'on retrouve notamment quelques parodies telles Pour une poignée de Yen, référence évidente à Pour une poignée de dollars de Sergio pour son titre mais plus généralement au cinéma de l'acteur Hong-kongais Bruce Lee, notamment connu sous le sobriquet de ''Petit Dragon'' et pour le cri de chat qu'il laissait échapper lors de ses combats. La parodie fait ici un clin d’œil appuyé à Opération dragon de Robert Clouse qui sortit sur les écrans en 1973 et dans lequel le personnage de Lee combattait déjà un ennemi armé d'une griffe en métal ! Mais The Kentucky Fried Movie, c'est également un hommage à la Blaxploitation, à l'acteur Bill Bixby dans le sketch Sanhedrin dont le contenu fait très clairement référence à la célèbre série fantastique L'incroyable Hulk dont il était le héros, aux films catastrophe tel Tremblement de terre de Mark Robson et La tour infernale de John Guillermin à travers le sketch That's Armageddon et j'en passe et (pas forcément) des meilleures. Surtout, des années avant que n'arrivent sur le marché les technologies 4DX ou ICE (pour Immersive Cinema Experience) ou qu'avant elles un certain John Waters n'invente le cinéma en Odorama pour son excellent Polyester en 1981, John Landis et ses collaborateurs tentèrent l'expérience du Touchorama avec le sketch Feel-A-Round. Un concept déjà fort intéressant mais auquel peu de spectateurs auraient tout de même osé se frotter... Bref, The Kentucky Fried Movie est un authentique Objet Filmique Non Identifié. Pas toujours de très bon goût, pas toujours très drôle mais suffisamment divertissant pour que l'on ne ressente pas l'envie de quitter la séance avant la fin...

 

mercredi 21 mars 2018

Sélection de 3 films à voir, à revoir... ou à éviter (8)

Comme promis, je vous propose un article (pas tout à fait) entièrement consacré à la lycanthropie. Aux Loups-garous. A ces grosses bêtes à poils qui lors des nuits de pleine Lune hurlent et dévorent ceux qui ont le malheur de croiser leur route. Le premier long-métrage dont j'aimerais parler est Le Loup-garou de Londres. L'un des meilleurs dans sa catégorie et sans aucun doute, l'un des plus célèbres également. Réalisé par le cinéaste américain John Landis, réalisateur éclectique, auteur de The Blues Brothers, Un Fauteuil pour Deux, Série Noire pour une Nuit Blanche ou encore Cheeseburger Film Sandwich. Si An American Werewolf in London est si réputé, c'est avant tout parce qu'il eut l'insigne honneur de présenter ce qui allait demeurer jusqu'à présent, comme la plus belle transformation d'un homme en loup-garou. Un travail remarquable que l'on doit à l'un des plus grands spécialistes en matière d'effets-spéciaux de maquillage, le new-yorkais Rick Baker. Une scène de quelques minutes seulement mais qui fait définitivement partie de la légende. Une épreuve physique que le spectateur pourra tout autant que la victime de cette malédiction, ressentir dans sa propre chair. Mains, pieds, torse, oreilles, visages, le corps tout entier de l'acteur David Naughton sera recouvert de latex pour les besoins de cette impressionnante transformation. L'ouvrage de Rick Baker marquera tellement les esprits qu'il recevra l'Oscar des meilleurs maquillages en 1982 ainsi qu'un prix similaire à l''Académie des films de science-fiction, fantastique et horreur la même année. Anecdote intéressante : c'est en découvrant le film et la fameuse scène de transformation que le chanteur pop Michael Jackson eut l'idée d'engager John Landis à la réalisation de son clip Thriller. On ne sera d'ailleurs pas étonnés d'apprendre que le maquilleur participa lui-même à la conception des nombreux maquillages parsemant ce clip vidéo anthologique.
Outre l'excellent casting, Le Loup-garou de Londres propose une intrigue simple, ponctuée de moments horrifiques très marquants (le passage dans les landes ou celui situé dans le métro londonien) à d'autres davantage versés dans l'humour. A ce titre, le film peut se targuer d'accumuler des ruptures de ton étonnants et dont l'un des points culminants demeure lorsqu'àprès avoir massacré six personnes au hasard sous sa forme monstrueuse, David fuit le zoo où il s'est réveillé entièrement nu. On passe donc de l'angoisse au rire et ce, grâce à la mise en scène intelligente de John Landis qui ne sacrifie jamais un courant au profit d'un autre. Malgré la différence séparant ces deux genres, il demeure une certaine homogénéité dans la succession de scènes. Outre la transformation, il demeure un autre effet redoutablement efficace se situant dans le personnage incarné par l'acteur Griffin Dunne ( le galérien noctambule de After Hours de Martin Scorsese, c'est lui), lequel, zombifié après avoir perdu la vie au début du film, erre tel un mort-vivant se décomposant à mesure que son personnage apparaît à l'écran. Le Loup-garou de Londres est une excellente réussie qui malgré ses trente-sept ans n'accuse pas son âge. Tout au plus pourrons-nous lui reprocher un manque de rythme lors du passage un 'poil' trop long se déroulant au chevet de David mais à part cela, le film de John Landis est parmi les deux ou trois meilleurs films de loups-garous de toute l'histoire du cinéma fantastique. A découvrir donc pour ceux qui ne le connaîtraient pas encore. A noter qu'une suite infâme fut réalisée longtemps après par le cinéaste britannique Anthony Waller. Une production franco-britannico-américano-néerlando-luxembourgoise, rien que cela, ce qui n'empêcha pas Le Loup-garou de Paris d'être incroyablement mauvais. A croire que les loups-garous n'étaient pas encore en mesure de s'adapter au climat parisien... ❤❤❤❤❤❤❤💔💔💔

Wolfen quant à lui est un long-métrage un peu à part dans la filmographie consacrée à la lycanthropie puisque davantage que des loups-garous, le récit tourne autour d'une bande de loups s'attaquant aux habitants de New-York, de jour, comme de nuit. À la différence du mythique individu se transformant en animal lors des nuits de pleine Lune, le film propose une relecture laissant supposer que l'on est face à un ou plusieurs individus atteints d'une malédiction proche de celle du Loup-garou de Londres ou de Hurlements. Si dans la forme, Wolfen mêle policier, horreur et fantastique, dans le fond, il s'agit surtout pour le cinéaste Michael Wadleigh de dresser le portrait d'une Amérique colonisée par l'homme blanc. Une terre appartenant autrefois aux amérindiens, lesquels sont désormais symbolisés à travers les créatures qui hantent la ville et vengent l'extermination de leur ancêtres par le sang. Celui de l'homme blanc. L'acte d'expropriation est ici matérialisé à travers des immeubles effondrés, détruits pour qu'y surgisse à la place, de nouveaux ensembles au profit de l'unique homme blanc. Les indiens d'Amérique ayant été déchus de leur biens n'ont plus désormais que leurs coutumes et l'alcool auxquels se raccrocher. Ridiculisé, l'homme blanc génère finalement à lui seul les soupçons tournant autour de l'identité du ou des tueurs. Dewey Wilson (l'acteur Albert Finney) enquête auprès de de la psychologue Rebecca Neff (Diane Venora) sur une série de meurtres dont furent les premières victimes un promoteur immobilier et son épouse. Entre rationalisation des événements et coutumes indiennes ancestrales, Wolfen hésite jusqu'au bout à livrer les clés du mystère. Filmé à la première personne, l'agresseur qui devient par la même occasion invisible aux yeux du spectateur est hypothétiquement décrit comme un loup lors de l'autopsie de l'une des victimes sur laquelle ont été retrouvés des poils. Adapté du roman de Whitley Strieber, The Wolfen, le film de Michael Wadleigh est une intéressante parabole sur le sort accordé aux indiens d'Amérique mais n'oublie pas d'y injecter dans son intrigue, une bonne dose de séquences horrifiques particulièrement convaincantes.
En effet, les scènes gore ne manquent pas, entre membres arrachés et décapitations. En grande partie tourné dans des lieux sinistrés de la ville de New York, une partie de celle-ci a de plus été fermée au public durant le tournage lorsque pour les besoins de l'intrigue, plusieurs loups y ont été lâchés. Parfois mystique, souvent angoissant, jamais ennuyeux, Wolfen livre un message d'humanité sur l'identité et le déracinement. Un classique du genre à redécouvrir d'urgence...❤❤❤❤❤❤❤💔💔💔

Pour terminer, on passe à tout à fait autre chose avec Serial Lover du cinéaste français James Huth. Rien qu'à l’énoncé du titre, on se doute déjà du contenu de ce qui se révèle être une comédie à la tête de laquelle on retrouve l'humoriste et actrice Michèle Laroque. Entourée d'une belle brochette d'acteurs français, elle incarne le rôle de Claire Doste, Directrice des Editions Dangereuses, un peu triste à l'idée de fêter ses trente-cinq ans alors qu'elle n'a pas encore choisi celui de ses ex amants qui partagera sa vie. C'est pour quoi un soir, la jeune femme invite à dîner Charles, Chichi, Hakim et Sacha, les anciens amants en question parmi lesquels se trouve sûrement le futur homme de sa vie. Mais alors que la soirée a débuté depuis un moment, l'un des convives meurt, tué accidentellement par Claire dans la cuisine. Après avoir caché le corps dans le réfrigérateur, Claire doit non seulement composer avec les trois autres mais doit se montrer méfiante car les inspecteurs Cellier et Helgen fouillent au même moment tous les appartements de l'immeuble à la recherche de deux cambrioleurs...
Serial Lover laisse une très étrange impression. Entre le sentiment de s'être fait arnaquer et celui d'avoir passé un moment totalement déjanté en compagnie d'une horde de seconds rôles sympathique, le spectateur a le choix de classer le film James Huth dans le registre du nanar ou de la comédie macabre assumant sa 'Zéditude'. Décors typiques des années quatre-vingt à base de néons et de meubles façon 'Ikea' et comportements étranges de la part de certains interprètes, nul doute que l'on est en présence d'un Objet Filmique Non Identifié. Si la première partie est poussive et donne envie de fuir une œuvre que l'on aura un peu trop tôt fait de considérer comme une niaiserie mal scénarisée, mal dirigée, mais aussi, mal interprétée et lorsque les morts commencent à s'enchaîner et que Michèle Laroque se doit d'assurer malgré la présence inattendue de dizaines d'invités surprises et des très collants inspecteurs incarnés par Albert Dupontel et Didier Bénureau, le film prend une tournure plus sympathique. Au hasard, on retrouve les acteurs Michel Vuillermoz, Zinedine Soualmen, Isabelle Nanty (totalement barrée), ou encore les membres de la troupe des Robins des Bois au complet. Au final, une comédie très, très, très légère mais qui met de bonne humeur. Toutefois, mieux vaut ne pas en abuser...❤❤❤❤❤💔💔💔💔💔

mardi 12 septembre 2017

Un Prince à New-York de John Landis (1988) - ★★★★★★★★☆☆



Alors que la Paramount envisage le retour de l'acteur Eddie Murphy dans une suite de Un Prince à New-York vingt ans après la sortie du premier volet des aventures de Akeem, retour sur l'un des grands succès de l'un des acteurs noirs les plus célèbres des années quatre-vingt. Dès 1982, la star enchaîne en effet les longs-métrages avec une régularité exemplaire et connaît un immense succès grâce notamment à 48 Heures de Walter Hill, Un Fauteuil pour Deux de John Landis en 1983, et surtout Le Flic de Beverly Hills de Martin Brest en 1984. Quatre ans plus tard, Eddie Murphy retrouve le cinéaste John Landis, lequel enchaîne les succès avec quelques excellents longs-métrages (The Blues Brothers, Le Loup-Garou de Londres ou encore le clip Thriller qu'il réalise pour le chanteur Michael Jackson). Un Prince à New-York met donc en scène la star noire dans une œuvre que l'on pourrait presque considérée comme un nouvel épisode dans l'aventure de la Blaxploitation née dans les années soixante-dix et valorisant le public afro-américain en le mettant en avant dans de très nombreux films à l'attention d'un public presque exclusivement noir.

Le film de John Landis nous conte l'histoire du prince Akeem de Zamunda, pays fictif d'Afrique, lequel, à l'âge de vingt et un ans doit penser à se marier à celle qui lui a été choisie depuis longtemps. Mais plutôt que d'accepter d'épouser une femme qu'il n'a jamais vu et de rompre avec les traditions de son, pays, Akeem demande à ses parents l'autorisation de se rendre aux États-Unis afin d'y prendre quelques vacances. Mais alors que ceux-ci l'ignorent, Akeem a en réalité l'intention d'y dénicher celle qu'il épousera. Cet ainsi qu'accompagné de son fidèle servant et ami Semmi il se rend à New-York. Et pour être certain que celle qu'il choisira n'est pas intéressé par sa seule fortune, il décide de se faire passer pour un homme pauvre habitant dans une chambre d'hôtel miteuse. Là-bas, il y fait la connaissance de Lisa Mcdowell, fille de Cleo McDowell, propriétaire d'un restaurant et dans le quartier, principal concurrent d'un certain McDonald. Akeem tombe sous le charme de la jeune femme qui malheureusement est déjà la proie de Darryl Jenks, un homme fortuné que le père de Lisa a déjà pris sous son aile. Afin de se rapprocher de la jeune femme, Akeem réussit à se faire embaucher comme homme d'entretien dans le restaurant de Cleo McDowell...

En plein engouement pour l'acteur, la presse et le public encensent l’œuvre de John Landis dans laquelle Eddie Murphy laisse s'exprimer sa gouaille légendaire. En fait de gouaille, l'homme s'y révèle charmeur, mais sans jamais faire preuve d'une once de vulgarité. Cela, il le laisse au principal rival de son personnage que campe avec malice l'acteur Eric La Salle dont tout le monde se souvient pour avoir interprété le rôle du Docteur Peter Benton dans la série à succès Urgence de 1994 à 2002. Aux côtés d'Eddie Murphy, une belle brochette d'interprètes : la belle Shari Headley dans le rôle de Lisa McDowell, James Earl Jones (impressionnant dans le rôle de Thulsa Doom dans le Conan le Barbare de John Millius) dans celui du père de la jeune femme, Arsenio Hall en sympathique serviteur, ou encore, Don Ameche et Ralph Bellamy dans deux rôles qui rappelleront d'excellents souvenirs aux fans de Un Fauteuil pour Deux puisqu'ils reprennent pour un court instant leur rôle : celui de Mortimer et Randolph Duke, propriétaires d'une puissante banque qui ont connu un terrible revers et son désormais à la rue.

Sans jamais en faire trop, Eddie Murphy distille une bonne humeur à cette comédie jamais grotesque, pleine de beaux sentiments mais jamais larmoyante. Une star un peu moins volubile que dans ses précédents rôles mais toujours terriblement attachante. Parsemé de nombreuses scènes cultes, on découvre dans Un Prince à New-York un Samuel L. Jackson qui a l'époque n'a même pas encore dix films au compteurs. On y croise également la route de la chanteuse Donna Summer ou encore celle de l'acteur Cuba Gooding Jr. L'un des aspects les plus amusants se situe au niveau des multiples rôles que vont interpréter Eddie Murphy et Arsenio Hall. Grâce au talent incroyable du maquilleur Rick Baker (lequel travailla notamment sur Hurlements, Le Loup-Garou de Londres, Vidéodrome, ou encore Greystoke, la Légende de Tarzan) les deux acteurs interprètent en effet plusieurs rôles, camouflés sous des tonnes de latex du plus bel effet. Eddie Murphy campe ainsi les rôles secondaires de Clarence, Randy Watson et Saul tandis que Arsenio Hall, lui, joue en plus de celui de Semmi, ceux de Morris, du révérend Brown et du transsexuel du bar. Un Prince à New-York est donc une comédie familiale brillante, qui depuis n'a pratiquement pas pris une ride. Le genre de film que l'on prend toujours un immense plaisir à revoir...

mercredi 18 janvier 2017

La Quatrième Dimension de John Landis, Steven Spielberg, Joe Dante et George Miller (1983) ★★★★★★☆☆☆☆



La Quatrième Dimension est sans doute la série télévisée américaine de science-fiction la plus célèbre et probablement parmi les meilleures de toute l'histoire de la télévision mondiale. Diffusée pour la première fois entre le 2 octobre 1959 et le 19 juin 1964 sur le réseau CBS, elle est constituée de 138 épisodes de 25 minutes et 18 épisodes de 50. En 1985, trois cinéastes américains et un réalisateur australien décident de s'unir afin de transposer sur les écrans de cinéma, quatre épisodes de la série, le film débutant par un prologue réalisé par John Landis, le réalisateur du Loup-Garou de Londres.

C'est lui-même qui ensuite transpose à l'écran La Grandeur du pardon qui, contrairement à sa version, se situait lors de sa réalisation par Buzz Kulik en 1961, le 6 août 1945 dans l'archipel des Philippines. Cette fois-ci, pas d'officier désireux d'envoyer sa section massacrer des japonais retranchés dans une grotte mais un homme qui ne supporte pas l'idée qu'un autre aie bénéficié d'une promotion qu'il espérait obtenir. Propos racistes envers les noirs, les asiatiques, et les juifs, le voilà projeté durant la seconde guerre mondiale, en terrain occupé par l'allemand et confondu avec l'un de ces derniers. Pourchassé, blessé, il se retrouve ensuite aux mains des membres du Ku Klux Klan qui tentent de le pendre, le prenant pour un noir. Puis c'est dans les rizières du Vietnam qu'il est projeté, l'armée américaine passant par là le prenant à son tour pour l'ennemi. Puis, retour au temps des nazis où il est transféré dans un camp en partance pour les camps. John Landis réalise une section qui aurait sans doute mérité d'être un peu plus étoffée mais qui ne laisse déjà plus aucun doute sur le message véhiculé.

Le second segment est l’œuvre du cinéaste Steven Spielberg. Sans doute le plus faible d'entre tous et d'une manière générale, le plus ennuyeux. Un sketch dégoulinant de bons sentiments à l'attention des familles. Adapté de l'épisode Jeux d'Enfants réalisé par le cinéaste Lamont Johnson en 1962, ce segment ne vaut en réalité que pour la présence de l'excellent acteur noir Scatman Crothers qui joua le rôle de Dick Halloran dans l'adaptation de Shining de Stephen King par l'immense Stanley Kubrick. Se situant dans une maison de retraite, le rythme qui nous est infligé reflète finalement assez bien toute la tristesse du temps qui passe dans cette institution où chaque patient n'a rien de mieux à faire que d'attendre la mort. Un sentiment que l'on partage tant l'ennuie que l'on ressent devant ce segment est pesant.

C'est ensuite au tour de Joe Dante de s'amuser à adapter un épisode de la série originale. Contrairement à Steven Spielberg qui ne s'est contenté que de proposer un portage couleur de l'épisode qu'il a adapté, Joe Dante, lui, a réinventé le sujet de C'est une Belle Vie pour en faire un segment cartoonesque étrange et plutôt réussi. Alors que le gamin de l'épisode réalisé en 1961 par le cinéaste James Sheldon était tout à fait détestable, celui de Dante demeure sympathique malgré l'emprise qu'il a sur ses proches. Lui-même détenteur d'un pouvoir le rendant capable de donner vie à tout ce qui lui passe par la tête, il vit auprès de ses deux sœurs (dont l'une n'a plus de bouche), de ses parents et d'un oncle, dans une demeure à l'architecture totalement délirante que n'aurait pas renié le Lewis Carroll des Aventures d'Alice au pays des merveilles. On notera pour l'époque d'excellents effets-spéciaux permettant au cinéaste de donner vie à des personnages de dessins-animés. Une très belle réussite.

Quatrième et dernier segment réalisé cette fois-ci non pas par un cinéaste américain mais par le célèbre australien George miller (au hasard, les quatre Mad Max et Les Sorcières d'Eastwick), l'adaptation de l'épisode Cauchemar à 20 000 pieds réalisé en 1963 par le cinéaste Richard Donner est une belle réussite. Et ce, grâce à l'interprétation du génial John Lithgow. A bord d'un avion, un homme angoissé découvre que sur l'aile gauche de l'engin une créature tente de détruite les moteurs. Bien évidemment, personne n'est prêt à le croire. Le segment de George Miller est similaire à l'épisode original. John Lithgow campe merveilleusement bien ce passager perdant pied, jusque dans les derniers instants, lors de l'atterrissage, et révélant la réalité des événement s'étant produits durant le vol...

Dans l'ensemble, si la version cinéma de La Quatrième Dimension est plutôt réussie, elle n'atteint tout de même pas la qualité de la série originale mais demeure tout de même généralement un bel effort...

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