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mardi 16 juin 2026

Mauvaise pioche de Gérard Jugnot (2026) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Tout débute en 2011 lorsque sont retrouvés sous la terrasse de leur demeure, Agnès Dupont de Ligonnès, sa fille Anne, ses trois fils Arthur, Thomas et Benoït ainsi que le chien de la famille. Quant au père, Xavier ? Il disparaît, tout simplement, après avoir été filmé pour la dernière fois dans le Var quelques jours plus tard. L'homme s'est-il suicidé ? Est-il l'auteur du quintuple homicide ? Toujours est-il que pour la police, il demeure encore aujourd'hui comme le principal suspect... Si la mini-série télévisée de Pierre Aknine Un homme ordinaire reste l'adaptation du fait-divers la plus fidèle, certains longs-métrages cinématographiques font étonnamment penser à l'affaire. À commencer par Paul Sanchez est revenu ! de Patricia Mazuy en 2018. Sur un ton déjà nettement plus cynique, la comédie noire de Christophe Meurisse Les Pistolets en plastique fait elle aussi référence à cette même affaire. Dernier film en date à s'inspirer du quintuple homicide et à la disparition du principal suspect, Mauvaise Pioche de Gérard Jugnot l'aborde par contre sur un ton beaucoup plus léger... Sorti le 1er Avril dernier sur les écrans français, le long-métrage met en scène le réalisateur lui-même, célèbre pour avoir partagé durant un certain nombre d'années la même existence professionnelle et privée que les autres membres de la troupe du Splendid. Une carrière d'acteur qui s'est rapidement transformée pour devenir celle, multi-tâches, d'un cinéaste complet. Entre production, réalisation, écriture et interprétation. Se plaçant ainsi pour la première fois derrière la caméra en 1984 avec Pinot simple flic et signant ponctuellement de petites pépites à l'image de Une époque formidable en 1991 et Monsieur Batignole en 2002... Offrant en contrepartie de ses diverses apparitions dans Babysitting, Nicky Larson et le Parfum de Cupidon et Alibi.com 2 de Philippe Lacheau l'opportunité à celui-ci d'apparaître dans son dernier long-métrage dans le rôle du Capitaine de police Grégory Vassilian, Gérard Jugnot réunit autour de lui une importante équipe d'interprètes de toutes générations. Si Josiane Balasko n'apparaît que lors d'une très courte mais drôlatique séquence s'amusant de l'usage des filtres dont sont friands les consommateurs de selfies et de réseaux sociaux, Thierry Lhermitte porte les traits du maire de Mimet et du Président de l'association des Amis de Napoléon à laquelle appartient justement Serge Martin qu'incarne donc Gérard Jugnot... 

 

S'apprêtant à prendre l'avion à l'aéroport de Gènes pour retourner en France, celui-ci est arrêté par les douaniers qui le confondent rapidement avec Durant de Solilesse. Un homme dont la famille a été assassinée et qui depuis a disparu. Certains éléments laissent à penser que ce dernier se cache désormais sous les traits et le nom de Serge Martin. En France, Le Commissaire Taillade (Jean-Pierre Darroussin) rêve de boucler cette affaire insolvable qu'il traite depuis des années avant de prendre sa retraite. C'est pourquoi il envoie le Capitaine Grégory Vassilian chercher le suspect à son arrivée en France. Lâchant l'information auprès de l'ambitieuse journaliste Léa Paoli (Reem Kherici) avec laquelle il espère dîner, le flic provoque une véritable tornade autour de Serge Martin... Si Mauvaise Pioche n'est clairement pas la comédie de l'année et sans doute encore moins la meilleure qu'ait conçu Gérard Jugnot ainsi que ses deux scénaristes Frédéric Hazan et Serge Lamadie, le film n'en est pas moins relativement divertissant. Aidé par une distribution qui voit donc apparaître à l'écran Zabou Breitman dans le rôle de l'amoureuse transite de notre héros, la propriétaire du café de Mimet prénommée Michèle, Philippe Duquesne, en client de l'établissement vissé au zinc, François Bureloup, dans le rôle de Maxence, le meilleur ami de Serge, l'acteur/Personnage sera plus tard en contact avec de nouveaux protagonistes. Tels François Morel dans le rôle de Jean, un co-détenu avec lequel il partagera la même cellule de prison ou bien Laurent Gamelon qui dans cette comédie interprète de son côté un gardien de prison... Mauvaise Pioche est l'occasion pour Gérard Jugnot d'établir toute une liste de défaillances propres à notre société. Où un innocent est malencontreusement confondu avec un assassin. Allant même jusqu'à aller en prison pour avoir accidentellement blessé un policier (en l'occurrence, le Capitaine Grégory Vassilian). Détaillant ainsi, de manière volontairement légère, la vie en taule. S'ensuit le traitement d'une certaines partie des habitants du village dont est originaire notre héros et qui malgré son innocence restent persuadés qu'il n'est pas tout blanc. Méchamment arriviste, la journaliste Léa Paoli ''informe'' les spectateurs au dépit du bon sens, sans le moindre scrupule et sur la base de ''preuves'' pas toujours très convaincantes... Et au beau milieu de ce tohu-bohu, Serge, que certains soutiennent, à l'image d'une Zabou Breitman que l'on a tellement pris l'habitude de découvrir ces dernières années sous des apparences froides que son personnage paraît ici peu vraisemblable. Bref, une comédie sympa, qui cherche parfois sans doute un peu trop à ressembler aux œuvres de la Bande à Fifi mais qui reste finalement plaisante à regarder... une fois...

 

mercredi 27 août 2025

100 Millions ! de Nath Dumont (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Pour son premier long-métrage à voir le jour sur grand écran, on ne peut pas dire que le réalisateur Nath Dumont ait choisi la facilité. Ou plutôt, si. Enfin, non. Ou alors peut-être. Quoique cela dépend de l'angle sous lequel l'on aborde le film. D'un point de vue strictement scénaristique, 100 millions ! n'est pas allé chercher bien loin son inspiration. Car des comédies qui mettent en scène des personnages face à des situations sociales critiques, il suffit de piocher au hasard et à l'aveugle dans l'immense vivier que regroupe le genre pour trouver de quoi satisfaire sa curiosité. Les mettre ensuite face à une solution radicale matérialisée à travers des gains très importants (héritages, loto, etc...) est là encore une méthode couramment utilisée dans ce genre de productions. Bref, on sait déjà à peu près sur quoi l'on va tomber. Mais encore, bien écrit et parfaitement interprété, la pilule aurait pu passer. Sauf qu'ici, le réalisateur en remet une couche en offrant les deux principaux rôles à un ''couple'' qui, réuni au cinéma, n'a jamais vraiment fait d'étincelles. Il suffit de jeter un œil à la carrière de Michèle Laroque pour s'en convaincre. Quant à Kad Merad, accepter d'interpréter en 2018 le rôle du Docteur Steinman dans l'infâme premier long-métrage en tant que réalisatrice de celle qui persévérera dans la médiocrité en 2021 avec Chacun chez soi et 2022 avec Alors on danse, le pauvre est devenu l'une des risées du cinéma français. Qu'attendre alors du long-métrage de Nath Dumont ? À priori, pas grand chose. Surtout lorsque dans sa première partie, la comédie accumule tous les poncifs du genre dans ce qu'il peut avoir de plus navrant. Un copier/coller confinant au plagiat emprunté au pire de ce que peut proposer la production française en matière de comédie ! Ouvrier syndicaliste dans une imprimerie à la dérive, Patrick (Kad Merad) vit avec son épouse Suzanne (Michèle Laroque). L'entreprise risque de fermer ses portes tandis que le couple n'arrive plus à payer les traites de leur maison. Leur banquier (Sören Prévost dans le rôle de Monsieur Troadec) les relance en permanence et ils s'attendent à voir débarquer chez eux les huissiers. Mais si l'on vient frapper à leur porte, ça n'est pas pour leur annoncer de mauvaises nouvelles mais pour leur apprendre que Patrick a hérité de la faramineuse somme de cent millions d'euros correspondant à un héritage. Bref, voilà le couple désormais à l'abri du besoin. Patrick décide malgré tout de continuer à travailler et à épauler ses collègues tandis que Suzanne compte bien profiter de tout cet argent pour améliorer son existence...


Si dans les grandes largeurs le long-métrage s'inspire effectivement de nombreuses comédies similaires, dans le détail, cela est parfois encore plus flagrant. Le scénario lorgnant même du côté de l'emprunt le plus éhonté. Un exemple ? Lorsque Patrick offre à son ami et collègue Saïd (Fatsah Bouyahmed) une superbe voiture, il est quasiment impossible de ne pas y voir un authentique plagiat de la séquence de Ah ! si j'étais riche de Michel Munz et Gérard Bitton dans laquelle Jean-Pierre Darroussin/Aldo Bonnard offrait à son ami en collègue François Morel/Jean-Phi la voiture de ses rêves. Sauf qu'ici, la mise en scène de la séquence est totalement ratée. Pas la moindre trace d'émotion. Mais comment s'attendre à autre chose lorsque l'on offre à Kad Merad ou à Fatsah Bouyahmed l'opportunité de jouer sur la fibre émotionnelle quand l'un et l'autre en sont incapables ? Charriant continuellement son lot d'emprunts, de caractérisations et de sujets déjà évoqués des dizaines voire des centaines de fois au cinéma, l'on a droit à cette nouvelle mode consistant à introduire un personnage dont la vocation est de venir en aide aux migrants (Jade-Rose Parker dans le rôle d'Amandine, la fille de Patrick et Suzanne). Venant de la télévision, Nath Dumont intègre au casting l'acteur espagnol Agustín Galiana que les téléphages connaissent notamment pour son rôle de Lisandro Iñesta entre 2020 et 2023 dans la série Ici tout commence. Il incarne ici le rôle du galeriste Juan. Un homme séduisant qui va tenter de séduire Suzanne alors que le couple est en plein conflit. Notons également la présence de Martin Karmann dans le rôle de Lucas, le fils de Patrick et Suzanne, patron d'une entreprise florissante qui va avoir maille à partir avec le très zen et écologiste PDG d'une entreprise, Jérôme Gauthier qu'interprète Lionel Abelanski. Si tout est évidemment écrit d'avance et que rien ne vient pratiquement étonner le spectateur durant le déroulement du récit, on se surprend finalement à assister au spectacle avec un certain plaisir. Comparé à la majorité des immenses purges qui se prétendent être des comédies à sortir chaque année, Nath Dumont parvient à sauver les meubles en multipliant les séquences plus ou moins cocasses. Quelques petites idées originales malheureusement noyées dans un conglomérat de redites qui finissent pourtant par épuiser le spectateur...

 

lundi 10 mars 2025

Lune de miel avec ma mère de Nicolas Cuche (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Maintenant que la pilule Jamais sans mon psy a fait son effet, me voici paré pour affronter l'un de mes pires cauchemars : Michèle Laroque ! Surtout que pour ouvrir les hostilités, nous la découvrons au bras de Kad Merad. Réveillant ainsi de douloureuses blessures. Celles provoquées par une certaine comédie qui contrairement à son titre, Brillantissime, ne l'était absolument pas. Les débuts de réalisatrice d'une actrice qui jusque là ne m'avait jamais donné ni le moindre mal de tête, ni la plus petite nausée mais qui depuis m'est devenue quasi insupportable à force d'accumuler au cinéma des personnages plus ringards les uns que les autres ! D'emblée, Lune de miel avec ma mère démarre par une cérémonie de mariage à l'église qui prend l'eau. Comme si l'attitude du psychiatre de Jamais sans mon psy avait eu raison de l'amour de sa fille Alice et de celui qui aurait dû devenir son beau-fils. Mais ne nous trompons pas. Il ne s'agit ici, ni d'évoquer la suite du long-métrage d'Arnaud Lemort ni de détailler une séquence post-générique qui aurait été offerte aux spectateurs qui seraient restés devant leur film jusqu'à la toute dernière seconde. Acteur d'origine belge, Julien Frison incarne l'un des deux principaux rôles de la dernière comédie de Nicolas Cuche auquel on doit notamment Prêt à tout en 2013 ou Pourris gâtés en 2020. Cinq ans après avoir mis en scène son dernier long-métrage à destination des salles obscures, Lune de miel avec ma mère est désormais directement visible sur la plate-forme de streaming Netflix. Mis à la disposition de ses abonnés le 12 janvier 2025, le film met donc en scène Michèle Laroque dans le rôle de Lily, la mère de Lucas, ce jeune homme qui devant tous ses invités vient de voir sa fiancée quitter l'église où le jeune couple avait prévu de se marier pour aller rejoindre son ancien petit ami. Désemparé, Lucas n'en a pas moins l'intention de partir profiter de l'île paradisiaque où il avait prévu d'emmener la jeune femme à laquelle il avait prévu de mettre la bague au doigt. Le jeune homme propose alors à sa mère l'idée insensée de venir l'accompagner jusqu'à l'île en question en se faisant passer pour un couple fraîchement marié ! Idée absurde qui leur permettra malgré tout de profiter du confort de la chambre la plus luxueuse d'un complexe hôtelier géré par une certaine Gloria (l'actrice Rossy de Palma) et par son assistant. Kad Merad, qui incarne de son côté Michel, l'époux de Lily, restera quant à lui à la maison.


Ce qui d'une certaine manière est plutôt une bonne chose. Lune de miel avec ma mère se concentre essentiellement sur les personnages interprétés par Michèle Laroque et Julien Frison. Et bien que l'étrange manège que vont jouer la mère et son fils puisse dégager des relents d'inceste (Lily n'hésitant pas à embrasser Lucas sur les lèvres à leur arrivée sur l'île), la comédie de Nicolas Cuche n'est absolument ni irrévérencieuse, ni le moins du monde dérangeante. L'idée de réunir une femme et son fils lors de la lune de miel de ce dernier peut sembler tout à fait singulière mais il faut savoir qu'à l'origine du scénario de Nicolas Cuche, Laure Hennequart et Laurent Turner se trouve la comédie espagnole Amor de Madre de Paco Caballero, elle-même directement sortie sur Netflix en 2022 et qui chez nous a été diffusée sous le titre Sous les palmiers, ma mère. Mais alors que nous aurions pu nous attendre au pire, sous ses allures de comédie française bien dans l'air du temps en ce sens où les amateurs n'ont généralement pas grand chose à se mettre sous la dent en terme d'originalité, la présence de Michèle Laroque est, ENFIN, beaucoup moins pesante ici qu'au sein des comédies qu'elle interprète ou réalise depuis maintenant pas mal d'années. De son propre aveu, l'actrice s'y éclate et ça se voit. Et même si le spectateur ne prend pas autant de plaisir à regarder les péripéties de ce faux couple de mariés que Lily profite de la situation pour s'amuser, on a évité le pire. D'autant plus qu'au delà de quelques gags pas vraiment drôles, Nicolas Cuche s'intéresse davantage à la relation entre la mère et le fils. Avec son léger strabisme, son air parfois ahuri et son caractère renfrogné, Julien Frison fait le taf ! Le jeune homme finira par se détendre entre les bras de la jolie Margot Bancihon qui incarne Maya, l'une des employées de l'hôtel tandis que Lily ira se réfugier auprès du méconnaissable Gilbert Melki qui de son côté interprète Peter, un véritable aventurier qui vit sur son voilier. Bref, on passe avec Lune de miel avec ma mère un moment plutôt agréable. Et même si la remarque se révèle redondante, on ne peut s'empêcher d'évoquer le fait que le film de Nicolas Cuche ira rejoindre les légions de comédies vite vues, vite oubliées...

 

samedi 16 mars 2024

Dany Boon - Pédale dure de Gabriel Aghion (2003) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

 

Plutôt que de titrer la suite de son navet Pédale douce, Pédale dure, le réalisateur Gabriel Aghion aurait mieux fait de l'appeler Pédale dans la choucroute tant cette séquelle est absolument désastreuse. Le genre de comédie qui vous fera finalement relativiser sur les purges qui depuis plus de dix ou quinze ans sortent sur les écrans français ! Une véritable escroquerie, au même titre que l'infâme Brutus VS César de Kheiron, pour bien situer le niveau de cet étron réalisé voilà plus de vingt ans par un cinéaste qui de toute manière n'a jamais su voler bien haut ! Lorsque l'on parle de suite, il faut savoir que Pédale dure ne reprend véritablement que le personnage incarné par la charmante Michèle Laroque qui dans le premier volet interprétait déjà le rôle de Marie Agut. Exit donc dans cette fausse séquelle Patrick Timsit, Fanny Ardant, Richard Berry ou Jacques Gamblin. Les nouvelles vedettes à venir oser se corrompre dans ce nouveau récit tournant autour d'un couple homosexuel et d'une femme enceinte de trois mois fécondée in vitro par l'un d'eux sont désormais Gérard Darmon et Dany Boon. Alors que Pédale douce était écrit par le réalisateur ainsi que par Patrick Timsit, Gabriel Aghion s'est attaché cette fois-ci les services de Pierre Palmade mais aussi et surtout ceux du réalisateur et scénariste Bertrand Blier. Un cinéaste au pedigree fort remarquable puisque au sein de sa propre filmographie, le fils de Bernard Blier nous a offert quelques classiques de la comédie française tels Les valseuses en 1974, Calmos en 1976, Préparez vos mouchoirs en 1978, Buffet froid (son meilleur selon moi) en 1978 ou encore Tenue de soirée en 1986 et Merci la vie en 1991. Le réalisateur, scénariste et dialoguiste ne retrouvera d'ailleurs plus jamais vraiment la verve d'antan même si la suite ne sera pas systématiquement à jeter aux ordures. Pédale dure est significatif de cette baisse de régime puisque étant lui-même auteur du script et des dialogues, Bertrand Blier ne semble plus très inspiré malgré un sujet qui de très loin pourrait être sensiblement raccordé à celui de Tenue de soirée...


Gérard Darmon et Dany Boon sont les nouveaux ''accompagnateurs'' de Michèle Laroque et incarnent Loïc et Seb, un couple d'homosexuels. Le premier est donc celui qui offrit la possibilité à Marie d'avoir un enfant en lui procurant le sperme nécessaire à la fécondation tandis que le second est le patron d'une boite de nuit homosexuelle. Ici, rien à voir avec la glauquissime boite du Irréversible de Gaspar Noé, rassurez-vous. Non, rien ou presque ne distingue finalement ce lieu de rencontres entre hommes ou entre femmes. Tout ceci sent donc le toc, un peu à l'image de ce récit qui ressemble parfois davantage à une pièce de théâtre en roue libre, mal écrite et plus encore, mal interprétée. Gérard Darmon et Dany Boon jouent les ''folles'', accompagnés par un cortège caricatural de situations plus gênantes que véritablement amusantes. Les dialogues sont navrants et vraiment pas à la hauteur de ce qu'est capable de produire habituellement Bertrand Blier. Donc, de ce côté là, il n'y a rien à attendre ni à espérer. S'ajoutant au trio, le chanteur et acteur Jacques Dutronc est peut-être finalement celui qui s'en sort le mieux... si l'on peut envisager la chose ainsi, bien évidemment. En grattant bien, mais aussi, très profondément, et si les dialogues apparaissent effectivement terriblement plats, Pédale dure opère une étrange mutation dans sa seconde partie. Plus le récit avance et plus Bertrand Blier semble faire de l'ombre à Gabriel Aghion ! Mais là encore, nous parlons du Bertrand Blier de dernière génération et non plus celui de ses début ou milieu de carrière. Qu'ajouter de plus ? Ben, rien en fait, si ce n'est que tout ceci est navrant, que la représentation de la communauté homosexuelle n'y est pas vraiment employée avec finesse (seuls ceux qui aiment s'exhiber sur des chars en fleurs s'y retrouveront peut-être), que les personnages sont piteusement campés et que le récit en lui-même est très peu captivant. Bref, du bon gros bousin !

 

lundi 4 mars 2024

3 jours max de Tarek Boudali (2023) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Il y a cinq ans sortait sur les écrans de cinéma, la comédie 30 jours max de Tarek Boudali. Premier long-métrage réalisé par ce membre de La bande à Fifi complétée par Philippe Lacheau, Élodie Fontan, Reem Kherici, Julien Arruti, Pascal Boisson et Patrick Mbeutcha trois ans après Épouse-moi mon pote. Véritable bras-cassé de la police nationale, Rayane Teisseire (Tarek Boudali lui-même) se frottait à un grand trafiquant de drogue surnommé ''Le Rat'' qu'incarnait José Garcia. L'une des spécificités de La bande à Fifi étant de convier au sein de leur œuvre différentes vedettes de la comédie française, nous y retrouvions notamment l'actrice Marie-Anne Chazel dans le rôle de la grand-mère du héros, Chantal Ladesou dans celui d'une prostituée (mère de Pierre, interprété à l'écran par Pierre Arruti) ou Philippe Dusquesne dans la peau du médecin traitant de Rayanne. Un généraliste qui d'emblée annonçait à ce poltron de flic qu'il ne lui restait plus que trente jours à vivre. Le 25 octobre 2023 est sorti sur nos écrans 3 jours max, la ''suite'' des aventures de Rayanne. Sa grand-mère qui, on le sait, participe depuis les premières aventures à des émissions de télé-réalité sous l'impulsion de la très arriviste et ancienne compagne de Rayanne (Reem Kherici dans le rôle de Linda) a été enlevée par le dirigeant d'un cartel qui exige du policier de lui remettre deux émeraudes magiques dans les trois jours. Si 30 jours max ressemblait à une comédie policière plutôt moyenne ou en tout cas, très en deçà des œuvres qui rendirent célèbre La bande à Fifi (Babysitting 1 & 2, Alibi.com), 3 jours max s'inscrit davantage dans un contexte de parodie de film d'espionnage dans lequel l'imagination fait parfois défaut au point que Tarek Boudali paraisse se sentir contraint de piller quelques bonnes idées de comédies étant déjà passées par la case parodie ! On pense bien évidemment au coup de la lance-incendie au sommet d'un immeuble, séquence empruntée à La tour Montparnasse infernale de Charles Nemes même si dans le cas de 3 jours max celle-ci trouve une issue bien différente. On pense également à la franchise américaine Mission Impossible ou à Terminator 3 : Le Soulèvement des machines dans lequel l'actrice américaine Kristanna Loken incarnait un T-X tout de cuir bordeaux vêtue.


Un costume que revêt ici Élodie Fontan en agente des Services Secrets. Et plus encore au Taken de Pierre Morel, excellent thriller d'action à l'époque incarné par l'acteur Liam Neeson et dont 3 jours max reprend la fameuse réplique de Bryan Mills lors de laquelle le héros menaçait le kidnappeur de sa fille de le chercher, de le retrouver et de le tuer...En dehors de ces petits clin d’œil un brin cheap, la dernière comédie de Tarek Boudali dans laquelle l'on retrouve en outre l'actrice espagnole Rossy de Palma dans le rôle d'Alba Suarez, Franck Gastambide dans celui qu'il incarne dans la franchise Fast and Furious ou encore Michèle Laroque en commissaire et le belge Jean-Luc Couchard dans la peau de Marc Cervoni est comme son aîné, relativement médiocre. Pire, le premier volet de ce diptyque que l'on n'espère pas voir se transformer en véritable franchise le surpassait. Et lorsque l'on oublie tout ou presque des mésaventures qui s'y déroulaient déjà seulement cinq ans après, c'est dire si la suite est mauvaise. Le concept, bien que passant de la comédie policière à la parodie d'espionnage, est le même. Des situations rocambolesques, des courses-poursuites, des répliques qui tentent de faire mouche pour une comédie à la durée assez courte (moins de quatre-vingt dix minutes). À vrai dire, l'on est très loin de ce que sont capables d'offrir aux spectateurs les membres de La bande à Fifi. Peu drôle et loin d'atteindre les qualités requises (cascades et rythme survitaminé ne faisant pas tout), 3 jours max est à ranger aux côtés d'une autre comédie du même acabit qui vit le jour il y a plus de vingt ans ! Double zéro de Gérard Pirès avec en vedette Eric Judor et Ramzy Bédia. Bref, on se demande si le groupe formé par Fifi, Juju, Reem, Tarek, Élodie et les autres ont encore de beaux jours devant eux. Leur concept, au départ très intéressant, semble s'être depuis, essoufflé. À moins que le ressent projet intitulé Chien et chat et réalisé par Reem Kherici ne nous prouve le contraire. Quelqu'un a-t-il reçu des échos à son sujet... ?

 

vendredi 3 mars 2023

BDE de Michael Youn (2023) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Michael Youn, c'est pour commencer, une carrière de pitre pleinement assumée entre 2000 et 2002 avec l'émission Le Morning Live sur M6. Deux années qui lui permettront de se faire un nom malgré des contradicteurs qui envers lui ne seront pas toujours très tendres. Mais Michael Youn, c'est aussi et surtout une carrière devant et derrière la caméra. Confié aux bons soins de certains réalisateurs de talent qui voient en lui un certain potentiel dramatique, on le découvrira dans des œuvres parfois très sombres comme dans La traversée de Jérôme Cornuau, Carbone d'Olivier Marchal ou encore Brillantissime de Michèle Lar... Oups! Mais d'une manière générale, Michael Youn a dans la peau, la fibre de la déconnade, de la déconstruction intellectuelle et ne peut donc s'empêcher de nous rappeler de façon métronomique au (plus ou moins) bon souvenir de ses débuts de carrière à la télévision. D'abord, notamment auprès de François Desagnat 'le frère de son ami de toujours, Vincent Desagnat) qui le met alors en scène dans La beuze ou dans Les onze commandements (co-réalisé avec Thomas Soriaux) avant de s'offrir le premier rôle dans plusieurs longs-métrages qu'il réalisera lui-même. Quatre films dont au moins un coup de ''génie'' (Fatal, qui sort en 2010), une comédie plus ou moins regardable (Vive la France en 2013), une purge (Divorce Club en 2020) et cette année, son dernier né intitulé BDE, titre signifiant Bureau Des Étudiants, sorte de club authentique réunissant donc des étudiants qui organisent des soirées et font la fête. Proposé par la plateforme Amazon Prime dès aujourd'hui, Michael Youn réunit une flopée d'interprètes dont l'éternel Vincent Desagnat, Héléna Noguerra, Lucien Jean-Baptiste, Judith El Zein, Michèle Laroque, Gilbert Melki, Tomer Sisley ou encore le rugbyman Sébastien Chabal ! BDE est un retour régressif vers un cinéma et un humour particulièrement lourdingues...


Marié à Morgane (l'actrice Judith El Zein), Bob est l'élément méprisé d'une famille juive qui lors de la Pessa'h (fête se déroulant chaque année au mois d'Avril), préfère retrouver ses anciens camarades d'une école de commerce pour un week-end explosif. Trompant son beau-père (Gilbert Melki) sur les véritables intentions qui le poussent à se rendre dans le chalet lui appartenant, il s'y rend en compagnie de Romane (Héléna Noguerra), Max (Lucien Jean-Baptiste) et Vinz (Vincent Desagnat) mais constate à leur arrivée que la toute dernière promotion de leur ancienne école de commerce s'est rendue sur place pour faire la fête ! Après qu'un litige ait opposé les quatre quadragénaires aux nouveaux étudiants, Bob accepte d'accueillir dans le chalet de son beau-père les cent-cinquante nouveaux membres du BDE. S'ensuit alors un séjour de folie qui sera cependant contrecarré par la présence de la maire du village (Virginie Hocq dans le rôle de Marielle Pichu) et par des autochtones venus en découdre avec Bob et ses compagnons... Voilà pour le pitch ! Concernant l'intérêt que peut avoir BDE, il n'est pas impossible que les fans de Michael Youn et de son ancienne clique de pseudo-comiques s'y retrouvent. Pour les autres, et notamment ses détracteurs, le dernier long-métrage du réalisateur et interprète s'avérera d'une confondante bêtise, multipliant ainsi les gags gras et vulgaires. C'est lourd, très lourd, et au final, peu amusant même si Michael Youn et ses acolytes mettent toute leur énergie au service d'un récit qui file à cent à l'heure. On aura beau rire (mais tout de même en de rares occasions), le film s'avère relativement affligeant et se montre typique de ce cinéma dit ''comique'' qui tente de faire passer la pilule en convoquant un cortège d'interprètes secondaires. J'avoue avoir ri, une fois, lors de la parodie de Terminator ! Sans doute pas fibre nostalgique ou par (com)passion pour cette machine de mort immortalisée ici de façon absurde mais tout de même amusante par Vincent Desagnat. Beaucoup de bruits, de cris, de ''musique'' et de gesticulations pour au final, pas grand chose à se mettre sous la dent. Pour amateurs avertis uniquement...


 

vendredi 12 août 2022

Joyeuse retraite 2 de Fabrice Bracq( 2022) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Michèle Laroque ne fait pas que réaliser des comédies navrantes. Elle y tient également les rôles principaux. Dans les siennes, donc, mais pas que puisqu'elle intervient également dans celles d'autre... ''cinéastes'', lesquels semblent s'être fixés comme objectif de saper le moral des français en les poussant à débourser quelques deniers afin d'assister à des spectacles aussi artistiquement vides que les trois longs-métrages que l'humoriste et comédienne française a réalisé jusqu'à maintenant. Dans le genre piteux, les alter ego de Michèle Laroque se bousculent au portique. Parmi eux, nous pourrions citer Philippe de Chauveron et sa course perpétuelle à la caricature socio-culturelle mais non, puisqu'on trouve bien pire dans notre hexagone. David Charhon est l'un de ceux là. Qui a vu Les Naufragés ou Le Dernier Mercenaire sait combien ce type est dangereux pour la santé mentale de nos concitoyens qui ponctuellement aiment s'offrir une tranche de rire sur grand écran (et encore, quand ils y parviennent!). Autre cas particulièrement effrayant de réalisateur qu'il faudra bien un jour bâillonner, auquel il faudra lier les poignets, bander les yeux, attacher les chevilles pour l'empêcher de sévir à nouveau : Fabrice Bracq. Il est amusant de noter (quoique) à quel point ce nom reste lettre morte (sérieux ! Qui le connaît vraiment?) quand le bonhomme eut l'outrecuidance de réaliser en 2019 cette merde infâme qu'est Joyeuse retraite ! Non mais, rendez-vous compte !!! Le type n'a même pas sa propre page Wikipedia (petite précision à l'attention des plus obtus : Cette encyclopédie universelle numérique ne me sert absolument pas de référence et son évocation est donc purement ironique). Joyeuse retraite !, c'est le modèle courant de la comédie française de ces 10 ou 20 dernières années. Du vide sidéral, un scénario en mode copier/coller. D'un gargantuesque ennui. Pas drôle, non, jamais. Des acteurs qui s'affichent mais n'interprètent pas. Mais le pire est d'imaginer que Thierry Lhermitte ait pu accepter de jouer dans une purge de ce niveau. Aller le voir à l'époque sur grand écran, c'était un peu comme si l'on réservait une chambre d'hôtel pour y dormir durant presque cent minutes avant de la libérer. Par contre, on ne s'étonna pas d'y voir trôner en ''bonne'' place Michèle Laroque, nouveau et éternel symbole d'une déchéance programmée de la comédie française. Et bien vous savez quoi ? Fabrice Bracq a décidé deux ans plus tard de remettre le couvert. Mais cette fois-ci, vu le prix d'une place de cinéma (celui d'un paquet de clopes, tout de même), je suis passé par la petite porte. La coulisse. Bref, la porte de sortie dont j'allais user en sens inverse !


Avec toute l'originalité qui le caractérise, Fabrice Bracq a intitulé cette suite, Joyeuse retraite 2 Ouais, super, youpie, ça a quand même vachement plus de gueule ce 2 qui trône en lieu et place du point d'exclamation du premier volet ! Meuh non, ça sent pas le réchauffé. Meuh non, le film n'est pas réservé aux sexa/septuagénaires. Meuh non, il n'est pas seulement diffusé dans les Ehpads. Par contre, ce qui semble certain, c'est que l'homme qui a commis cette... chose semble avoir cuisiné avec les mêmes ustensiles et dans la même cuisine. Bref ! On va pas tourner autour du pot durant cent sept ans : Joyeuse retraite 2 est un authentique chef-d’œuvre. La puissance émotionnelle se dégageant des images couplée à des dizaines de gags qui à chaque fois font mouch.... Oups ! Désolé ! J'ai pour habitude d'écrire deux articles en même temps et le curseur de ma souris est passé d'un document Open office Writer à l'autre sans crier gare ! Donc, je reprends : Joyeuse retraite 2 c'est... comment l'exprimer avec finesse et respect envers nos vieux... ? C'est un peu comme changer la couche d'un patient de maison de retraite sans masque et sans gants de protection : pas vraiment agréable au toucher et à l'odorat ! Ici, je l'avoue, ce sont l'ouie et la vue qui sont sollicitées. Mais l'on n'est plus à un ou deux écarts prêt désormais. Je me propose de traiter de cons ceux qui sont allés voir cette suite deux ans après avoir découvert le premier volet au cinéma vu que j'en fais partie. Ouais, franchement, y'a rien à tirer de cette suite. Lorsque l'on y pense, certains auteurs sont des alchimistes : ils nous pondent des merdes mais remplissent malgré tout les poches des producteurs de lingots d'or ! Un visionnaire que ce chilien d'Alejandro Jodorowsky qui bien longtemps auparavant avait exploité l'idée dans son formidable et cultissime La montagne sacrée (1973). Mais je m'égare (à moins que rien dans mon esprit ne semble vouloir être rattaché au projet de Fabrice Bracq?). Joyeuse retraite 2 est typiquement le genre de comédie formatée dont les ambitions sont parmi les plus viles : Faire du pognon avec du vent ! Pas drôle et donc très peu divertissant, Thierry Lhermitte qui n'est déjà plus très jeune y prend un surcroît de rides. Michèle Laroque s'y montre quant à elle plus mauvaise que jamais. Ne parlons même pas des dialogues d'un autre âge, de sa demeure en pleine construction qui rappelle celle de La maison du bonheur de Dany Boon ou de l'apparente absence d'entrain des interprètes (en dehors d'une Laroque qui surjoue). À elle seule, la bande musicale de Adrien Bekerman est significative du manque d'inspiration du projet et du coup de vieux qu'elle imprime sur l'ensemble du projet que les rares plans filmés à l'aide de drones au début ne parviennent même pas à sauver... Un naufrage...

 

samedi 21 mai 2022

Une époque formidable de Gérard Jugnot (1991) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Ancien membre de la Troupe du Splendid, acteur dans plus de cent-vingt épisodes de séries télévisées, courts et longs-métrages, scénariste, producteur et réalisateur, la carrière de cinéaste de Gérard Jugnot est on ne peut plus remplie. Avec douze films en tant que réalisateur dont le dernier, Le petit piaf, est prévu pour décembre prochain, l'ancien compagnon de Michel Blanc, Anémone, Thierry Lhermitte, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier et Dominique Lavanant, a souvent su séduire le public français à travers nombre de comédies devenues cultes avec le temps. Passant de la légèreté de ses premiers longs-métrages Pinot simple flic ou Scout toujours à une certaine gravité comme dans Une époque formidable qui demeure sans doute à ce jour, le meilleur d'entre tous. Grave car l'acteur/réalisateur/scénariste y aborde le thème de la marginalisation. De la clochardisation d'un ancien cadre d'entreprise spécialisée dans la vente de matelas. Gérard Jugnot est Michel Berthier, époux d'une femme superbe (l'actrice espagnole Victoria Abril dans le rôle de Juliette), beau-père de Vincent et Émilie (Julien Harlay et Beryl Le Lasseur), qui du jour au lendemain perd son travail et se retrouve à la rue après une dispute avec celle qui partage sa vie. C'est le début de la déchéance. De la galère ! Mais heureusement pour Michel, la rencontre fortuite avec trois SDF va lui permettre de surmonter cette épreuve...


Une époque formidable, c'est avant tout, le portrait plutôt réaliste de ce qui attend quiconque risque de se retrouver à la rue. Avec clairvoyance mais sans complaisance, avec pudeur mais sans misérabilisme, Gérard Jugnot réalise l'une des œuvres les plus sincères sur le sujet. Ce qui n'empêche pas le film d'être parfois émaillé de séquences relativement amusantes. À ses côtés, tout un panel d'interprètes parmi lesquels, les formidables Richard Bohringer et Ticky Holgado auxquels on ajoutera le plus rare, Chick Ortega. Interprétant respectivement les personnages de Toubib, Crayon et Mimosa, ces trois hommes sont dépeints comme des individus plutôt débrouillards, flairant l'hypothétique avantage de se lier à Michel. En effet, celui-ci possède une voiture qui pourrait les abriter tous ensemble. Drôle, touchant, émouvant même parfois,Une époque formidable propose une histoire d'amitié insolite entre un ancien cadre et des individus auxquels sans doute, il n'aurait jamais jeté un seul œil s'il avait conservé sa place dans son entreprise. Gérard Jugnot traite également du chômage. De la honte d'avoir perdu son boulot. Des mensonges qui en découlent et de la difficulté de retrouver un emploi. Mieux, il montre avec quelle vitesse un individu peu passer du statut de Col Blanc à celui de clochard, sans toit, sans chaussures et sans argent...


Parmi les seconds rôles, nous retrouvons Zabou dans le rôle d'une journaliste rudoyée par nos héros à l'entrée d'un centre d'aide sociale. Bâtiment à l'entrée duquel nous reconnaîtrons également Patrick Timsit, un an avant sa superbe autant que drôlatique incarnation de Michou, le SDF de l'excellent film de Coline Serreau, La crise. Roland Blanche interprète le personnage de Copi, un marchand de sommeil, Charlotte de Turckheim celui de la prostituée Rita, Laurent Gamelon s'affiche en propriétaire de voiture victime d'un accrochage et Chantal Ladesou en infirmière. Quant à Michèle Laroque et Guy Laporte (une vielle connaissance de Gérard Jugnot), il incarnent respectivement une employée chargée d'examiner des candidatures aux postes de cadres et le clochard Parfum ! On pourrait comparer Une époque formidable à un véritable choc des civilisations. Car ce sont deux mondes bien distincts qui s'affrontent tout d'abord. Des milieux sociaux qui en général s'évitent, se regardent en chien de faïence ou se méprisent mais qui dans le cas présent font contre fortune bon cœur. L'acteur/scénariste/réalisateur signe une œuvre beaucoup plus profonde que ses précédents longs-métrages et touche le spectateur au cœur. Une manière de désacraliser cette marginalité qui souvent fait peur ou laisse indifférent. Depuis, bien sûr, les choses ont changé pour évoluer vers un contexte plus sombre et dangereux que jamais. Qu'importe qu'aujourd'hui l'image de nos héros ressemble presque davantage à celle d'un Épinal qu'à la réalité violente qui sévit la nuit (et même le jour) dans les rues des grandes villes. On sort de la projection sourire aux lèvres d'avoir assisté à une véritable aventure humaine servie par d'excellents interprètes... À noter que la bande musicale est l’œuvre de Francis Cabrel...

 

mercredi 11 mai 2022

Alors on danse de Michèle Laroque (2022) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Dévorée par son orgueil, Michèle Laroque a tout entreprit pour que son précédent long-métrage Chacun chez soi ne souffre pas de l'épidémie de Covid-19 en repoussant sans cesse sa sortie sur grand écran. Suite à son inénarrable purge intitulée Brillantissime sortie deux ans auparavant, le second montrait des signes d'amélioration qui ne pouvaient être que probables vue l'étendue des dégâts dont les spectateurs furent les premières victimes en 2019. Bousin de cette année là, le premier long-métrage de l'actrice, humoriste et malheureusement désormais réalisatrice Michèle Laroque semblait être annonciateur d'un projet visant à ruiner la carrière de ses interprètes. Kad Merad, Françoise Fabian, Gérard Darmon ou Pascal Elbé pour Brillantissime. Stéphane de Groodt, Lionel Abelanski, Alice de Lencquesaing ou Olivier Rosemberg pour Chacun chez soi. Et aujourd'hui, avec son troisième long-métrage intitulé Alors on danse, les nouvelles victimes de ce funeste casting réunissant des vedettes vieillissante du cinéma français s'appellent désormais Isabelle Nanty, Thierry Lhermitte, Patrick Timsit ou Antoine Duléry. D'emblée, le spectateur sera marqué par l'affiche de ce troisième film. Car si Alors on danse évite de peu le titre de plus mauvaise comédie française de l'année 2022 (la réalisatrice peut d'avance remercier Ahmed Hamidi dont le nullissime Le Médecin imaginaire est sorti il y a quelques semaines seulement), l'affiche concentre à elle seule ce que représente de manière générale le cinéma de Michèle Laroque. Soit, tout le ringard qui imprime autant cette surface de papier glacé où trônent les quatre principaux interprètes que le contenu du film lui-même s'y exprime avec un sens inné du ridicule qui confine au génie !


Si la mise en scène de Michèle Laroque et le scénario de Stéphane Ben Lahcene sont complètement à la ramasse, des trois longs-métrages de la réalisatrice, celui-ci demeure encore le plus ''convenable''. Persiste tout de même le sentiment de vieillesse instantané condamnant irrémédiablement le film à faire les beaux jours des maisons de retraite et les services de gériatrie des hôpitaux. Sans une once d'originalité, Michèle Laroque déroule un récit ultra convenu. Celui d'une sexagénaire qui découvre que son mari la trompe depuis deux ans et qui après avoir choisi de quitter la demeure familiale retrouve sa sœur qu'elle n'a pas revu depuis un long moment. Thierry Lhermitte a beau trôner aux côtés d'Isabelle Nanty, de Patrick Timsit et de l'actrice et réalisatrice, son personnage n'en est pas moins effacé. Tant mieux pour lui puisque cela lui permettra de se faire oublier lorsque le bilan cinématographique annuel sera dressé en fin d'année. Il demeure un fort contraste entre les personnages de Danie (la sœur de Sandra, épouse de l'adultérin Paul incarné par Antoine Duléry) qu'interprète Isabelle Nanty. Fort en gueule, réac, débordant d'énergie, avec celui de Roberto qu'incarne Patrick Timsit, lui-même relativement posé et réfléchi...


Alors que le dernier long-métrage de Gaspar Noé Vortex aborde sans complexe la fin de vie d'un couple incarné par Françoise Lebrun et Dario Argento, le spectateur a plus de chance de prendre un véritable coup de vieux devant Alors on danse que devant le témoignage intense du réalisateur franco-argentin. Aussi déprimant qu'un dernier jour de vacances précédent la rentrée, le film de Michèle Laroque arrive près de quarante années trop tard. Lorsque la chaîne Canal+ n'était pas encore née et que seuls Antenne2 et FR3 pouvaient concurrencer la première chaîne nationale. Lorsque encore le Streaming, les services VOD ou plus généralement Internet ne permettaient pas encore de choisir d'autres programmes que ceux imposés par les trois premières chaînes françaises. Oui, dans ces années quatre-vingt où les postes de télévision à gros culs diffusaient leur comptant de téléfilms auxquels, sans doute, Alors on danse n'aurait pas fait honte. Aujourd'hui fade et sans surprise, Michèle Laroque passant en outre son temps à se positionner face caméra, cette comédie qui n’effleure en réalité que le concept est une tragédie. Pour toutes celles et ceux qui ont travaillé dessus. Donné de leur temps. Financé la chose à hauteur d'un peu plus de sept millions d'euros. Brillantissime aura cumulé en l'espace de deux mois environ six-cent dix-mille entrées. Chacun chez soi quant à lui aura attiré cent-cinquante sept mille spectateurs. Ces dernier auront semblé avoir cependant fait preuve d'un regain d'intérêt pour le cinéma de Michèle Laroque puisque sur une période plus courte que pour son second long-métrage, Alors on danse à quant à lui atteint le score de deux-cent trente-quatre mille tickets vendus dans l'hexagone. Autant dire que malgré ce score relativement piteux, on risque d'entendre encore parler de Michèle Laroque ''réalisatrice'' dans les années qui viennent. Tout en étant mauvais bien que son dernier bébé soit le plus regardable des trois longs-métrages qu'elle a mis en scène, on peut faire le pari qu'en continuant à s'améliorer au fil du temps, Michèle Laroque parviendra un jour à réaliser une vraie bonne comédie. Mais au bout de combien de films ? Dix ? Vingt ? Trente ? Pas sûr qu'il y ait d'ici là encore du monde pour payer sa place de cinéma...

 

jeudi 10 juin 2021

Chacun chez soi de Michèle Laroque (2020) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Cela n'étonnera personne mais Chacun chez soi, le second long-métrage réalisé par Michèle Laroque est mauvais. Sans doute pas aussi catastrophique que son Brillantissime datant de 2018 mais tout de même, si l'actrice a des amis, ceux-ci feraient mieux de lui dire de stopper dès aujourd'hui sa carrière en tant que réalisatrice avant qu'elle ne nous assène son troisième projet intitulé Alors on danse. Quoique l'éventualité d'une telle chose semble désormais chimérique puisque sa sortie étant prévue pour l'année prochaine, il y a de fortes chances pour que le film ait été déjà tourné. Tiens, d'ailleurs l'excellent site Internet Movie Database (plus connu des amateurs sous l''acronyme IMDB) confirme ce fait en précisant que Alors on danse est actuellement en post-production. Tant pis ! Il y en aura donc encore pour se laisser piéger à la troisième occasion. Si l'absence de réelles qualités de Brillantissime pouvait se justifier devant l'opération de financement participatif mise en place par Michèle Laroque qui n'avait alors récolté que quatre-cent milles euros, le budget de Chacun chez soi est déjà beaucoup plus ambitieux puisqu'il se monte à sept millions d'euros. Soit un financement dix-sept fois plus important. Ce qui malheureusement ne se voit pas nécessairement à l'écran. Non, une fois encore, Michèle Laroque semble s'être totalement trompée de média. Bien qu'elle persiste une nouvelle fois à vouloir sortir son film sur grand écran alors que l'on aurait pu espérer que la Covid-19 condamne définitivement Chacun chez soi à une diffusion strictement centrée autour du petit écran, Michèle Laroque continue sur sa lancée et pour la seconde fois propose une œuvre plus proche du téléfilm que du long-métrage cinématographique.


Ce qui est un comble lorsque l'on sait qu'il va falloir débourser le prix d'une place pour se rendre compte du désastre artistique qui touche une nouvelle fois une création estampillée ''Michèle Laroque''. Mais rassurons-nous, car si Chacun chez soi n'innove jamais et qu'il ne fait preuve d'aucun génie en matière de mise en scène, d'écriture et même d'interprétation, on reste heureusement très loin encore de l'affligeant Brillantissime...Ce qui ne devrait cependant motiver personne d'autre que les fans purs et durs de la comédienne et réalisatrice, capables de tout lui pardonner même ses prestations les plus faibles, à se diriger vers les salles projetant son second long-métrage. Pauvre Michèle Laroque, plongée depuis quelques années dans un désert artistique dont elle n'est pas la coupable exclusive puisque même chez les autres, sa contribution est parfois désastreuse. Il suffit pour cela d'évoquer l'ennuyeux Joyeuse retraite ! de Fabrice Bracq dans lequel l'actrice était venue se perdre en 2019 aux côtés du toujours excellent Thierry Lhermitte. On pourrait citer bon nombre de films développant un tant soit peu le même type de récit que Chacun chez soi et parmi lesquels on pense tout d'abord au Tanguy d'Étienne Chatiliez (et son infâme séquelle Tanguy, le retour) ou plus récemment à Retour chez ma mère d'Éric Lavaine dont la séquelle Un tour chez ma fille est prévue pour le 7 juillet prochain...


Si Chacun chez soi démontre l'incapacité de Michèle Laroque à proposer autre chose qu'une alternative formatée pour le petit écran, il illustre également ses difficultés en matière de direction d'acteurs. Après Kad Merad, Françoise Fabian, Gérard Darmon ou Rossy de Palma et Pascal Elbé, c'est désormais au tour de Stéphane de Groodt, Alice de Lencquesaing ou plus lointainement Lionel Abelanski de venir cachetonner dans une comédie qui n'a de drôle que le nom. Notamment produit par Dominique Farrugia, Chacun chez soi possède des dialogues d'une pauvreté consternante débités de manière mécanique par des interprètes qui ont parfois l'air de se demander ce qu'ils font là. Volontairement ou non, le personnage de Yann qu'interprète Stéphane de Groodt a l'air parfois effacé ou en tout cas, moyennement acquis à la cause de sa réalisatrice. Mais le pompon, c'est dans doute l'acteur Olivier Rosemberg qui le détient dans le domaine du non-jeu. Totalement à côté de la plaque comme peut l'être d'ailleurs parfois son personnage, on sent que l'interprète n'y croit pas. Un tempérament qui le rapproche de celui que pourra ressentir le spectateur une nouvelle fois floué par une Michèle Laroque vraiment pas faite pour le métier de réalisatrice... Dégagez, y'a rien à voir...

 

samedi 5 septembre 2020

Serial Lover de James Huth (1998) - ★★★★★★☆☆☆☆



Premier long-métrage du réalisateur et scénariste français James Huth, Serial Lover est un ovni cinématographique qui vit le jour sur grand écran en 1998. L'auteur de Brice de Nice (et de sa séquelle Brice 3 ''parce que le 2, je l'ai cassé !'') ou de Rendez-vous chez les Malawas l'an passé nous offrait il y a plus de vingt ans un spectacle hors du commun, parfois cadré comme du Jean-Pierre Jeunet/Marc Caro période Delicatessen, à l'humour noir et grinçant comme du Gustave Kervern/Benoît Delépine et à l'enrobage ultra coloré et donc tout aussi cheap qu'une vieille affiche publicitaire américaine des années cinquante nous vantant les mérites d'une bouteille de lait ou d'une cuisine. C'est dans ce contexte où passent de vieux standards surannés à l'image du Only You des Platters que l'actrice Michèle Laroque, ancienne transfuge de l'émission La Classe présentée par Fabrice sur FR3 dans les années quatre-vingt et qui fit ses tout premiers pas au cinéma quinze ans plus tôt, interprète le rôle de Claire Doste, éditrice de romans policier pour les Éditions Dangereuses qu'elle convie sur une idée de sa sœur Alice ses quatre anciens petits amis afin de choisir lequel parmi eux, elle prendra pour futur époux. Mais alors que la soirée débute à peu près normalement entre la jeune femme, Charles, Hakim, Sacha et Chichi, un terrible accident va tout remettre en question. Alors qu'elle prépare la suite du dîner dans la cuisine, Claire plante malencontreusement le couteau qu'elle a dans les mains entre les omoplates de Sacha qui meurt quelques instants plus tard...

Cachant le corps dans le réfrigérateur, la jeune femme tente de sauver les apparences auprès de ses trois autres convives. Malheureusement pour elle, la suite des événements vont confirmer que, décidément, ça n'est pas sa soirée. Alors qu'elle pensait pouvoir tranquillement fêter ses trente-cinq avec ses anciens compagnons, Claire va passer les pires heures de son existence : non seulement les morts vont s'enchaîner, mais de plus, elle recevra à plusieurs reprises la visite des inspecteurs Eric Cellier et Bruno Helgen qui enquêtent sur une série de cambriolages ainsi que celle des cambrioleurs en questions Giuseppe et Pino. Et pour corser le tout, des dizaines de personnes vont s'inviter à la fête, n'arrangeant pas les affaires de Claire qui cherche à faire disparaître le corps de ses amants... Sur un scénario écrit par le réalisateur lui-même ainsi que par Romain Berthomieu (K-Roof en 2002), Serial Lover est donc une comédie noire qui malgré les apparences n'est pas tirée d'une pièce de théâtre ou d'une bande-dessinée. Et pourtant, le lieu quasi-unique (outre la cage d'escalier de l'immeuble) demeurant l'appartement de l'héroïne et l'esthétique ultra coloré des décors et de certains personnages font du premier long-métrage de James Huth une sorte de BD live totalement déjantée qui ne se retient absolument pas lorsqu'il s'agit notamment d'évoquer la mort des divers amants de l'héroïne interprétés par les savoureux Michel Vuillermoz, Zinedine Soualem, Gilles Privat et Antoine Basler...

Avec une énergie folle que n'épargnent malheureusement pas quelques micro ventres mous durant la première moitié du long-métrage, James Huth s'amuse à mélanger comédie noire et enquête policière dans un contexte de fête pré-apocalyptique qui à la fin fera de l'appartement de Claire Doste, le décor idéal d'une œuvre sur la fin du monde. Car le réalisateur ne ménage ni ses personnages, ni les décors éminemment kitsch qui participent à l'étrangeté de l’œuvre. Si dans un premier temps Serial Lover s'avère parfois vidé de toute substance, le film trouve heureusement son rythme de croisière durant la seconde moitié. Et si Michel Vuillermoz et les autres finissent malheureusement par disparaître du récit, d'autres viennent prendre la relève. En effet, parmi les fêtards venus s'amuser à la fête organisée par la sœur de l'héroïne interprétée par Élise Tielrooy, on retrouve notamment Isabelle Nanty, Philippe Vieux et Patrick Ligardes dans le rôles des cambrioleurs mais aussi et surtout, une grande partie des Robins des Bois en les personnes de Jean-Paul Rouve, Pierre-François Martin-Laval, Marina Foïs et Maurice Barthelemy, Élise Larnicol et Pascal Vincent manquant à l'appel. Quant aux deux inspecteurs chargés de mettre la main sur les cambrioleurs qui sévissent actuellement dans le quartier, ils sont interprétés par les excellents Albert Dupontel et Didier Bénureau. À vrai dire, c'est en réfléchissant sur l'humour de chacun des interprètes conviés à la fête que l'on peu même sans avoir encore découvert Serial Lover se faire une petite idée de son contenu...

Le long-métrage de James Huth n'est certes, pas inoubliable. Il n'y a même aucune raison de lui octroyer un quelconque statut d’œuvre culte. Seulement voilà, malgré des défauts d'écriture qui parfois se révèlent gênants, on passe un moment plutôt agréable. Entre le charme de Michèle Laroque et d'Elise Tielrooy, le cynisme d'Albert Dupontel, la présence des Robins des Bois, des cadrages parfois très originaux (certaines contre plongées donnent le vertige) et quelques idées de scénario franchement revigorantes à l'image du cadavre jeté par la fenêtre atterrissant dans une benne à ordures ou Philippe Vieux et Patrick Ligardes réinterprétant a cappella le célèbre standard des Platters ''Only You'', Serial Lover est une comédie noire originale, visuellement soignée accompagnée par la musique de Bruno Coulais, entre rêveries et Cha-cha-cha...
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