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lundi 6 mars 2023

Le nouveau jouet de James Huth (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Parce que Pierre Richard et Michel Bouquet sont irremplaçables, parce Francis Veber l'est également, parce que Jamel Debbouze me file en général des boutons, il faudrait que je déteste d'emblée et sans réfléchir le nouveau long-métrage de James Huth, Le nouveau jouet ? Je ne pensais pas le dire, ni même le ressentir secrètement un jour, mais le petit franco-marocain de Trappes est finalement parvenu à me convaincre que derrière le sempiternel bouffon bafouilleur des cités se cachait un vrai talent d'interprète. Et pas simplement dans le registre de la comédie mais également dans celui de l'émotion. Oui mais voilà, le voir endosser en 2022 le costume de l'alter ego maghrébin du François Perrin de 1976 a généré un certain nombre d'avis négatifs avant même que le film ne sorte sur les écrans de cinéma. Vôtre serviteur y allant lui-même de sa verve assassine. C'est pourquoi, aujourd'hui, il est temps de remettre les pendules à l'heure et de reconnaître que oui, ce pari insensé d'offrir à Jamel Debbouze le rôle du jouet dans le nouveau film de James Huth fut finalement une très bonne idée. Tout comme le fut celle de lui opposer un Daniel Auteuil qui loin d'être ridicule en comparaison avec Michel Bouquet est parvenu à incarner un homme rigide, froid, insensible mais aussi étonnamment émouvant. C'est ainsi que dans Le nouveau jouet, deux univers se télescopent. Celui du monde des affaires à la tête duquel se positionne donc Philippe Étienne, l'une des plus grosses fortunes de France. Et celui des quartiers populaires incarnés par Samy Chérif. Et entre les deux, un enfant prénommé Alexandre et qui n'est autre que le fils de Philippe Étienne et dont la mère est décédée depuis peu. Les relations entre le père et le fils étant extrêmement tendues, Philippe Étienne passe tous ses caprices à Alexandre qui un jour croise la route de Samy dans l'un des magasins appartenant à son père. Le jeune garçon auquel a été offert l'opportunité de choisir un cadeau parmi les nombreux articles présents dans les rayons jette alors son dévolu sur cet agent de sécurité qui en dépit du bon sens va accepter de jouer le rôle de... Jouet afin de subvenir aux besoins financiers du couple qu'il forme auprès d'Alice (l'actrice Alice Belaïdi), laquelle s'apprête à accoucher de leur premier enfant...
 
 
Que dire si ce n'est que '' Le nouveau jouet '' a bouleversé toutes nos convictions. Celle qui s'ancrent en général pour longtemps et nous transforment en indécrottables imbéciles dépourvus d'objectivité. Enfin, je parle là de la mienne, pas celle de ma compagne qui elle est plus ouverte que je ne le suis. Dans un univers partagé entre le château du richissime homme d'affaire, la chambre d'Alexandre (interprété par le jeune Simon Faliu que l'on a pu notamment voir dans la franchise Le petit Nicolas ou dans la purge Les blagues de Toto)et les innombrables trésors qu'elle recèle mais qui ne parviennent cependant pas à combler le vide laissé par la mort de la mère et la cité où vit Samy, Le nouveau jouet ne déroge pas à la règle en s'inspirant évidemment de l'œuvre de Francis Veber tout en actualisant son sujet dans un contexte social très actuel. Si certains remarqueront l'emploi d'un ''arabe de service'' au bénéfice d'un jeune ''blanc-bec'' parfaitement imbitable, il faudra d'abord demander à Jamel Debbouze ce qu'il en pense avant de prononcer l'éternel pamphlet sur le racisme. Sujet qui d'ailleurs n'est heureusement pas évoqué contrairement au ''délit d'origine afro-américaine'' dont le héros du lénifiant remake américain signé en 1982 par Richard Donner, Le joujou, ne cessait de servir d'argument fallacieux au récit ! Ici, le social s'établit à travers la vie d'une cité, avec ses codes, souvent amusants d'ailleurs, les difficultés financières de Samy et de son épouse Alice ou à travers la fermeture prochaine d'une usine qui fait vivre une grande partie des habitants du quartier. Alors que l'on pouvait redouter que le scénario de James Huth et Sonja Shillito, la réalisation et l'interprétation ne s'appesantissent sur ces sujets ou que le film ne fasse qu'adapter maladroitement l'œuvre de 1976, James Huth réinvente le concept et nous offre un long-métrage qui n'a absolument rien à envier à l'original. La relation entre Samy et Alexandre, les rapports entre l'enfant et son père ou entre ce dernier et le ''jouet'' de son fils sont souvent très touchants. Et contrairement à ce que j'avais pu lire ça et là, Jamel Debbouze n'en fait pas des caisses. Les pitreries auxquelles s'adonne son personnage afin de s'accorder les faveurs financières du père et l'amitié du fils sont finalement moins nombreuses que prévu et le spectacle devient nettement plus intimiste et touchant. Bref, Le nouveau jouet est une excellente surprise, inattendue, parfois très drôle (le frère d'Alice, Nono, interprété par Redouanne Harjane ou Atmen Kélif dans celui du pleutre, Moussa) et les deux heures filent à toute allure. Comme quoi...

 

mardi 1 février 2022

Avant Projection : Le nouveau jouet de James Huth (2022)

 


 

Daniel Auteuil dans le rôle que tenait Michel Bouquet dans Le jouet de Francis Veber... ou presque puisque l'acteur y interprétait celui de Pierre Rambal-Cochet, richissime et atone homme d'affaire, tandis que désormais, c'est le personnage de Philippe Etienne qui prend sa place tout en demeurant apparemment aussi glacial et sinistre. Mieux ! Enfin, pire.... Jamel Debbouze dans celui qu'interprétait l'immense Pierre Richard. Le journaliste François Perrin devenant ainsi Samy, petit gardien de nuit, marié et futur père d'un bébé que son épouse va bientôt mettre au monde.Ça a l'air d'une très, très mauvaise blague et pourtant, Le nouveau jouet est bien le remake que personne ou presque ne s'attendait à voir débarquer en octobre prochain. Une comédie, donc, dans laquelle on ne s'attend pas non plus à ce que Jamel Debbouze y fasse autre chose que ce qu'il a l'habitude de faire : du Jamel Debbouze ! Car si l'on fait abstraction des quelques rares incartades hors-comédies dans lesquelles il est apparu, reconnaissons qu'il se manifeste en général à l'écran comme l'humoriste qu'il demeure sur scène. Autant dire qu'avec Le nouveau jouet, le réalisateur James Huth joue à pile ou face. Soit ça passe (ce qu'affirmeront d'avance les fans de Debbouze), soit ça casse (comme s'évertueront à le penser par avance les fans de Pierre Richard). Si l'on peut concevoir que l'ancien trappiste ait notamment pu interpréter le rôle de Numérobis dans deux des adaptations d'Astérix sur grand écran, on peut se demander sur quelles bases fut porté le choix de cet acteur/humoriste qui ne joue clairement pas dans le même registre que Pierre Richard...


Un remake de plus pour Francis Veber qui voit une fois encore sa filmographie être réinterprétée sans qu'aucune n'ai jusqu'à maintenant réussi à faire oublier telle ou telle œuvre d'origine. Parions qu'avec Le nouveau jouet, le miracle n'aura pas lieu. D'abord parce que Pierre Richard est irremplaçable. Ensuite parce que quoi qu'on en dise et malgré l'originalité de ses précédents longs-métrages, le réalisateur James Huth n'a jamais vraiment fait de vagues dans le registre de la comédie. Outre Francis Veber dont le film reprend forcément le scénario qu'il écrivit dans le courant des années soixante-dix, ils s'y sont mis à quatre pour réécrire l'histoire de ce gamin pourri gâté auquel le père passe tous ses caprices. James Huth et Jamel Debbouze ainsi que Mohamed Hamidi (réalisateur des sympathiques Jusqu'ici tout va bien en 2019 et de Une belle équipe l'année suivante) et Sonja Shillito, fidèle collaboratrice du réalisateur depuis 2007 avec le très original Hellphone. Daniel Auteuil à la place de Michel Bouquet passe encore. Quoique malgré ses qualités d'interprètes que ne savent malheureusement pas toujours exploiter certains cinéastes, celui-ci aura bien du mal à faire oublier un Michel Bouquet spécialiste à son époque des rôles durs, impassibles et austères. Avec sa sympathique trogne, nul doute que le jeune Simon Faliu saura égaler l'interprétation de Fabrice Greco qui à l'époque interpréta le rôle de Éric Rambal-Cochet, le fils du riche homme d'affaires. Quant à Alice Belaïdi, le scénario lui offre un rôle qui à l'époque n'existait pas. La touche de féminité qu'il est de coutume de mettre de nos jours en avant et sur laquelle à l'époque Francis Veber avait fait l'impasse. Le passage en salle risque d'être tendu pour les fans de la première heure qui oseront passer le cap de la méfiance le 19 octobre prochain. Sûr que les amateurs de Jamel Debbouze se précipiteront en salle. Un drôle de mélange qui parmi le public risque de détoner et s'avérer peut-être même, explosif. Réponse dans neuf mois environ...

dimanche 6 septembre 2020

Hellphone de James Huth (2006) - ★★★★★★★☆☆☆



Ce qui saute très vite aux yeux avec le troisième long-métrage de l'ancien chirurgien-dentiste James Huth qui jusqu'à maintenant n'avait tourné que deux films (Serial Lover en 1998 et Brice de Nice en 2005), ce sont ses sources d'inspiration. Et en priorité LE film dont Hellphone s'abreuve du scénario et de ses nombreuses ramifications : Christime de John Carpenter. Inspiré de l'un des nombreux romans de l'écrivain américain Stephen King, Christine met en scène le jeune Arnie Cunnigham. Un adolescent timide et mal dans sa peau qui un jour croise la route de Christine, une Plymouth Fury rouge de 1958 dans un état épouvantable mais dont il tombe immédiatement amoureux. Arnie prend soin de sa nouvelle acquisition, la répare, la bichonne. Mais plus que tout, la voiture semble avoir une emprise sur le jeune garçon qui lentement mais sûrement, change de comportement. Une attitude qui transpire même à travers son apparence. Plus sûr de lui, Arnie fait désormais preuve de caractère et ose même défier la petite bande de voyous qui habituellement s'en prennent à lui. Et bien, à peu de choses près, c'est un peu la même histoire avec Hellphone. Sauf qu'ici, il ne s'agit plus de la fascination d'un adolescent pour une voiture, mais pour un ''simple'' téléphone portable. Le mimétisme est parfois tel que l'on ne peut un seul instant accuser l’œuvre de James Huth d'être un plagiat mais plutôt un vibrant hommage à l'une des plus sombres adaptations cinématographiques du maître de l'épouvante américaine...

Le film oppose... forcément. Si le scénario est relativement brouillon, c'est sans doute parce que le cerveau en perpétuelle ébullition de James Huth, également auteur du scénario aux côtés de Jean-Baptiste Andrea et Sonja Shilito, déverse des flots d'idées dans un semblant d'anarchie constante. Bref, Hellphone est une œuvre éminemment bordélique qui souffle cependant un air frais qui fait du bien à l'âme. C'est ainsi qu'à travers les aventures que traverse Sid Soupir à l'image de celles de l'américain Arnie Cunningham, le réalisateur laisse peu de place au répit. On retrouve l'esprit décalé de l'auteur de Serial Lover tout en montrant une maîtrise qui lui faisait sans doute encore défaut à l'époque. Surtout en ce qui concerne l'écriture. Car si lors de son premier long-métrage il laissait entrevoir certaines limites au niveau de ses ambitions, désormais, James Huth n'a plus l'air de jeter ça et là au hasard une foultitude d'idées tout en espérant qu'elles parviendront seules à créer une cohésion. Si Hellphone arbore les atours d'un teen-Movie un peu crétin sur les bords (ce qu'il est forcément parfois), rien n'empêchera les adultes de savourer cette sucrerie rétro-futuriste où le heavy-metal prend une place prépondérante...

Hellphone a beau ne jamais définir l'époque à laquelle se déroule le récit, on a surtout l'impression d'un hommage aux années quatre-vingt. En vedette, le jeune Jean-Baptiste Maunier (dont la carrière au cinéma débuta avec Les Choristes de Christophe Barratier trois ans auparavant) qui aux côtés de Benjamin Jungers forme un duo de camarades qui se connaissent et s'apprécient depuis leur plus jeune âge. Comme tout bon (ou mauvais) film du genre, le héros est amoureux d'une gamine de son âge. Ici, c'est la jeune Jennifer Decker (Harmony dans Erreur de la Banque en votre Faveur de Michel Munz et Gérard Bitton dans lequel elle donnait la réplique à Jean-Pierre Darroussin) qui interprète la charmante Angie, objet de convoitise du héros mais aussi de quelques brutes tel que le ténébreux Virgile Husson (l'acteur Vladimir Consigny). Au titre des seconds rôles, on retrouve notamment Bruno Salomone dans le rôle de l'antipathique vendeur de skateboards, Gilles Privat dans celui du professeur Jérôme Fouque (après qu'il ait interprété l'un des quatre amants de Michèle Laroque dans Serial Lover) ou encore Jean Dujardin dont les expressions font directement et ouvertement référence à son personnage de Brice de Nice dans le film éponyme de James Huth. Inventif, se renouvelant sans cesse, Hellphone est au final une inattendue mais excellente surprise. Original, sympathique et sans temps morts, il diffère de la plupart des comédies françaises généralement produites depuis ces quinze ou vingt dernières années...

samedi 5 septembre 2020

Serial Lover de James Huth (1998) - ★★★★★★☆☆☆☆



Premier long-métrage du réalisateur et scénariste français James Huth, Serial Lover est un ovni cinématographique qui vit le jour sur grand écran en 1998. L'auteur de Brice de Nice (et de sa séquelle Brice 3 ''parce que le 2, je l'ai cassé !'') ou de Rendez-vous chez les Malawas l'an passé nous offrait il y a plus de vingt ans un spectacle hors du commun, parfois cadré comme du Jean-Pierre Jeunet/Marc Caro période Delicatessen, à l'humour noir et grinçant comme du Gustave Kervern/Benoît Delépine et à l'enrobage ultra coloré et donc tout aussi cheap qu'une vieille affiche publicitaire américaine des années cinquante nous vantant les mérites d'une bouteille de lait ou d'une cuisine. C'est dans ce contexte où passent de vieux standards surannés à l'image du Only You des Platters que l'actrice Michèle Laroque, ancienne transfuge de l'émission La Classe présentée par Fabrice sur FR3 dans les années quatre-vingt et qui fit ses tout premiers pas au cinéma quinze ans plus tôt, interprète le rôle de Claire Doste, éditrice de romans policier pour les Éditions Dangereuses qu'elle convie sur une idée de sa sœur Alice ses quatre anciens petits amis afin de choisir lequel parmi eux, elle prendra pour futur époux. Mais alors que la soirée débute à peu près normalement entre la jeune femme, Charles, Hakim, Sacha et Chichi, un terrible accident va tout remettre en question. Alors qu'elle prépare la suite du dîner dans la cuisine, Claire plante malencontreusement le couteau qu'elle a dans les mains entre les omoplates de Sacha qui meurt quelques instants plus tard...

Cachant le corps dans le réfrigérateur, la jeune femme tente de sauver les apparences auprès de ses trois autres convives. Malheureusement pour elle, la suite des événements vont confirmer que, décidément, ça n'est pas sa soirée. Alors qu'elle pensait pouvoir tranquillement fêter ses trente-cinq avec ses anciens compagnons, Claire va passer les pires heures de son existence : non seulement les morts vont s'enchaîner, mais de plus, elle recevra à plusieurs reprises la visite des inspecteurs Eric Cellier et Bruno Helgen qui enquêtent sur une série de cambriolages ainsi que celle des cambrioleurs en questions Giuseppe et Pino. Et pour corser le tout, des dizaines de personnes vont s'inviter à la fête, n'arrangeant pas les affaires de Claire qui cherche à faire disparaître le corps de ses amants... Sur un scénario écrit par le réalisateur lui-même ainsi que par Romain Berthomieu (K-Roof en 2002), Serial Lover est donc une comédie noire qui malgré les apparences n'est pas tirée d'une pièce de théâtre ou d'une bande-dessinée. Et pourtant, le lieu quasi-unique (outre la cage d'escalier de l'immeuble) demeurant l'appartement de l'héroïne et l'esthétique ultra coloré des décors et de certains personnages font du premier long-métrage de James Huth une sorte de BD live totalement déjantée qui ne se retient absolument pas lorsqu'il s'agit notamment d'évoquer la mort des divers amants de l'héroïne interprétés par les savoureux Michel Vuillermoz, Zinedine Soualem, Gilles Privat et Antoine Basler...

Avec une énergie folle que n'épargnent malheureusement pas quelques micro ventres mous durant la première moitié du long-métrage, James Huth s'amuse à mélanger comédie noire et enquête policière dans un contexte de fête pré-apocalyptique qui à la fin fera de l'appartement de Claire Doste, le décor idéal d'une œuvre sur la fin du monde. Car le réalisateur ne ménage ni ses personnages, ni les décors éminemment kitsch qui participent à l'étrangeté de l’œuvre. Si dans un premier temps Serial Lover s'avère parfois vidé de toute substance, le film trouve heureusement son rythme de croisière durant la seconde moitié. Et si Michel Vuillermoz et les autres finissent malheureusement par disparaître du récit, d'autres viennent prendre la relève. En effet, parmi les fêtards venus s'amuser à la fête organisée par la sœur de l'héroïne interprétée par Élise Tielrooy, on retrouve notamment Isabelle Nanty, Philippe Vieux et Patrick Ligardes dans le rôles des cambrioleurs mais aussi et surtout, une grande partie des Robins des Bois en les personnes de Jean-Paul Rouve, Pierre-François Martin-Laval, Marina Foïs et Maurice Barthelemy, Élise Larnicol et Pascal Vincent manquant à l'appel. Quant aux deux inspecteurs chargés de mettre la main sur les cambrioleurs qui sévissent actuellement dans le quartier, ils sont interprétés par les excellents Albert Dupontel et Didier Bénureau. À vrai dire, c'est en réfléchissant sur l'humour de chacun des interprètes conviés à la fête que l'on peu même sans avoir encore découvert Serial Lover se faire une petite idée de son contenu...

Le long-métrage de James Huth n'est certes, pas inoubliable. Il n'y a même aucune raison de lui octroyer un quelconque statut d’œuvre culte. Seulement voilà, malgré des défauts d'écriture qui parfois se révèlent gênants, on passe un moment plutôt agréable. Entre le charme de Michèle Laroque et d'Elise Tielrooy, le cynisme d'Albert Dupontel, la présence des Robins des Bois, des cadrages parfois très originaux (certaines contre plongées donnent le vertige) et quelques idées de scénario franchement revigorantes à l'image du cadavre jeté par la fenêtre atterrissant dans une benne à ordures ou Philippe Vieux et Patrick Ligardes réinterprétant a cappella le célèbre standard des Platters ''Only You'', Serial Lover est une comédie noire originale, visuellement soignée accompagnée par la musique de Bruno Coulais, entre rêveries et Cha-cha-cha...

mardi 28 avril 2020

Rendez-vous chez les Malawas de James Huth (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆



Contre la sinistrose, rien de mieux qu'une comédie. Bonne ou mauvaise, qu'importe. L'essentiel est de se vider la tête, rire un bon coup et pourquoi pas, en conserver un bon souvenir. On évitera donc d'avoir la dent trop dure contre le dernier long-métrage de James Huth, auteur auparavant de Brice de Nice, de Lucky Luke ou d'Un Bonheur n'arrive jamais Seul. Rien de transcendant, donc à part pour celles et ceux qui édifièrent une stèle autour du personnage incarné par Jean Dujardin, le fameux Brice en question. Si Rendez-vous chez les Malawas se digère relativement bien, cette petite comédie dans l'air du temps, avec ses gags grabataires et son contexte voilant à peine ses références télévisuelles, déroule son récit sans qu'aucune aspérité ne vienne gripper le train-train d'un cinéma français humoristique qui se mord la queue à force de toujours copier/coller le même concept. Il sera facile pour certains d'évoquer l'image d'une Afrique primitive comme élément de caricature. Mais ne l'oublions pas, si l’œuvre de James Huth évoque forcément la remarquable émission présentée par Frédéric Lopez (puis plus tard par Raphaël de Casabianca) Rendez-vous en terre inconnue, il n'y a aucune raison valable de n'y voir que le côté sombre des éternels clichés dont se font les pourfendeurs les marchands de la bien-pensance. Car qui oserait critiquer la dite émission ? Certainement pas ceux qui pourraient par contre éventuellement s'acharner sur l’œuvre de James Huth...

A dire vrai, ceux que le réalisateur/scénariste moque réellement dans ce long-métrage qui confronte quatre ''célébrités'' à un peuple d'Afrique, ce ne sont pas ces malawas que l'on aurait aimé voir réellement exister mais bien ce journaliste en perte de vitesse, animateur d'un ''télé-achat'' et leader autoproclamé. Cette actrice de sitcom dont aucun film n'a vu le jour sur grand écran. Cet humoriste qui parvient péniblement à remplir les salle de spectacle. Ou bien ce footballeur professionnel pas vraiment finaud. On le comprends assez rapidement : le réalisateur n'a pas choisi de faire dans la finesse et semble n'avoir pas la moindre tendresse pour ses ''héros''. Ici, le message tiendra dans quelques toutes petites phrases laissées derrière eux par celle et ceux qui par la force des choses sont devenus les vedettes préférées des français. James Huth a beau tourner son film sur des terres africaines absolument magnifiques, il n'en exploite malheureusement le potentiel que très superficiellement. Ou comment gâcher une opportunité en ne concentrant son intrigue qu'autour de son quatuor de pantins.

Sylvie Testud, Michaël Youn, Ramzy Bédia et Christian Clavier font ce qu'on leur demande et ils le font bien. Pascal Elbé incarne quant à lui l'alter ego de Frédéric Lopez en la personne de Léo Poli tandis que François Levantal interprète le cameraman Géronimo. La plus grosse déception de Rendez-vous chez les Malawas se situe dans son manque flagrant de profondeur. Ça n'est pas parce que le réalisateur a voulu une fois encore emprunter le terrain de la comédie que cela doit forcément l'empêcher à chaque fois d'y imposer une certaine dimension. D'autant plus qu'avec la référence télévisuelle que se traîne derrière lui son dernier long-métrage, le script co-écrit par James Huth, Michaël Youn et Sonja Shillito possédait des bases solides qui ne manquaient plus qu'un tout petit effort d'imagination de la part de ses auteurs. En l'état, Rendez-vous chez les Malawas est une comédie sympathique, drôle à certaines occasions si rares soient-elles, mais manquant, je le répète d'une certaine profondeur. Si son peuple imaginaire ne laisse pas indifférent, James Huth semble très rapidement s'en désintéresser pour ne concentrer son récit que sur son carré de vedettes. Un choix malheureux pour une comédie qui une fois encore, ne parvient pas à s'extraire du lot...
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