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mercredi 22 juillet 2026

Bête mais discipliné de Claude Zidi (1979) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Je dois dire que je m'attendais à tout sauf à ça ! Avec son titre qui fleure bon la comédie franchouillarde réalisée par un cinéaste capable du meilleur (Les ripoux, L'aile ou la cuisse, Association de malfaiteurs, La totale !, Profil bas) comme du pire (Les bidasses en folie, Les bidasses s'en vont en guerre, Ripoux 3), Bête mais discipliné mérite mieux que la cascade de critiques négatives qu'il se prend en pleine tronche depuis sa sortie en salle en 1979. Comme à son habitude, Claude Zidi signe une comédie survoltée, plus proche du nanar que des classiques du genre que son principal concurrent Gérard Oury réalisait à la même époque. Et pourtant, Bête mais discipliné dissipe un parfum de générosité qui n'appartient justement qu'à cette catégorie de films sans prétentions. Probablement écrit sur un coin de table un soir de beuverie en compagnie du scénariste Michel Fabre, le dixième long-métrage du réalisateur français enchaîne les séquences improbables dans un gloubiboulga qui convoque autant la comédie que l'espionnage ou la science-fiction. Démarrant comme une piètre comédie façon ''bidasses'' présentant un Jacques Villeret/Jacques Cardot en souffre-douleur de trois camarades de chambrée incarnés par Gérard Lanvin, Daniel Auteuil et le moins connu Pascal Benezech, le film vire au grand fourre-tout lorsque à défaut de pouvoir assurer la soirée qu'il a prévu de passer avec la charmante Sylvie Collin (Kelvine Dumour), notre héros, plus timide et maladroit que véritablement bête, est contraint par l'intransigeant agent secret de l'armée française Stévenin (Michel Aumont) de conduire une ambulance à l'arrière de laquelle se trouvent un scientifique (Dimitri Rafalsky dans le rôle du professeur Pavlov) et une mallette renfermant un gaz de son invention aux priorités étonnantes. En effet, celui-ci étant capable d’annihiler toute volonté humaine, il intéresse de très près les autorités qui décident alors de secrètement le transporter à bord de la dite ambulance. Ne l'entendant pas de cette oreille là, Jacques se débrouille pour endormir Stévenin et le professeur Pavlov lors du trajet afin de faire demi-tour et rejoindre sa bien-aimée. Mais à son arrivée, l'amoureux transit découvre que la jeune femme à prévu de passer la soirée avec un autre homme, le champion de tennis Patrice Cochy...


Un personnage incarné par Michel Robbe que les plus anciens connaissent bien puisqu'il fut surtout l'animateur de La roue de la fortune entre janvier et septembre 1987 sur TF1 avant de présenter les émissions La porte magique, En route pour l'aventure ainsi que Mémorama sur feu La Cinq... Une bonne grosse partie se déroule alors à l'hôtel des Thermes où bosse justement Sylvie et où Stévenin va louer une chambre afin d'espionner un couple de personnes âgées qui selon Jacques aurait dérobé la mallette renfermant le précieux gaz ! Commence alors une aventure pleine de péripéties aussi burlesques qu'invraisemblables, Michel Aumont passant le plus clair de son temps à naviguer entre les différents étages à travers les conduits d'aération de l'hôtel. Jacques faisant ensuite connaissance avec le joueur de tennis Patrice Cochy. Lequel reçoit la visite impromptue de sa sœur Ingrid qu'interprète la géniale et exubérante Catherine Lachens. Et le trio rejoignant enfin la charmante Sylvie pour un dîner pittoresque ! Bête mais discipliné part vraiment dans tous les sens et ce, pour le bonheur des amateurs de nanars à la française. Moins ''conne'' qu'elle n'en a l'air, l'écriture du film semble en outre avoir été mûrement réfléchie et s'impose non pas comme une vulgaire franchouillardise à la manière d'un Philippe Clair mais plutôt comme une somme d'idées compilées de manière il est vrai un peu farfelue. Cette fantaisie signée de Claude Zidi, pour le coup, mériterait presque le statut de comédie culte. D'autant plus que bien avant d'avoir signé un remake musclé de La totale ! avec True Lies, le cinéaste américain James Cameron semblait s'être déjà inspiré du cinéma de Claude Zidi pour Terminator. En effet, tandis que tout s'emballe, débarque l'acteur René Van De Val qui cinq ans avant Arnold Schwarzenegger s'affiche à l'écran avec une main en métal et un globe oculaire électronique de couleur rouge ! Bref, voilà une sympathique comédie française de la fin des années soixante-dix, pas piquée des hannetons et qui restera finalement comme l'une des plus délirantes de son époque...

 

dimanche 17 mai 2026

Les hommes préfèrent les grosses de Jean-Marie Poiré (1981) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

C'était les années quatre-vingt et à l'époque certains n'avaient pas peur d'aborder des sujets désormais ''sensibles'' sous l'angle de la comédie sans se faire taxer comme ici, de grossophobie ! Nous sommes en 1981 et Jean-Marie Poiré n'a pas encore signé l'adaptation cinématographique de la pièce de théâtre Le père Noël est une ordure, le génial Mes meilleurs copains ou le premier volet de la trilogie (si l'on ne compte pas la version américaine) Les visiteurs. En ce début de décennie où la liberté d'expression avait encore un sens, Josiane Balasko est tout comme la plupart des membres de la Troupe du Splendid l'une des grandes vedettes de la comédie française. Après les deux premiers volets de la saga Les bronzés, l'actrice enchaîne les rôles et rien qu'en cette année 1981, elle participe aux tournages de Clara et les chic types, Le maître d'école (aux côtés de Coluche), d'Hôtel des Amériques et donc des Hommes préfèrent les grosses qui selon le titre tente à vouloir faire croire que la gente masculine serait davantage attirée par les femmes rondes, dodues et même pourquoi pas, obèses. Pourtant, l'on découvre rapidement que la ''grosse'' de cette sympathique comédie qui connaîtra une rude concurrence puisque la même année sortira La chèvre de Francis Veber, La soupe aux choux de Jean Girault ou la comédie satirique de Bertrand Tavernier, Coup de torchon n'est paradoxalement pas au centre des attentions des hommes qui gravitent autour d'elle puisque c'est après avoir tout fait pour trouver une colocataire encore moins attirante qu'elle (on retiendra d'ailleurs à ce sujet la savoureuse réplique de sa meilleure amie incarnée par Dominique Lavanant) que Lydie (Josiane Balasko, donc) tombe finalement sur Eva, un joli mannequin incarné par l'actrice et... mannequin justement, Ariane Lartéguy. Après s'être faite plaquer par son petit ami et chef du personnel de l'entreprise pour laquelle elle travaille Paul Berthelot (Martin Lamotte) et avec lequel elle avait prévu de s'installer dans un tout nouvel appartement, Lydie Langlois cherche donc désormais à partager le loyer avec une colocataire. C'est là qu'arrive Eva. Jeune femme séduisante sur laquelle s'accrochent les hommes dont Gérard, le frère de Lydie, véritable pot de colle, incarnant le beauf par excellence, ainsi que Ronald, personnage nettement plus charismatique que ce pauvre petit vendeur de poisson incarné par Luis Rego. Les hommes préfèrent les grosses est typique de son époque et ne s'embarrasse pas de la moindre pincette pour traiter son héroïne comme une pauvre fille que les hommes méprisent en raison de son surpoids et d'une apparence générale qui n'en font pas un canon de beauté.


Lydie, c'est la bonne copine. La confidente. Qui débarque en boite de nuit vêtue d'une robe rose ridicule, qui se prend une baffe à la place d'un autre, qui tend gentiment l'oreille et écoute les confidences, mais qui semble aussi et surtout incapable de construire quoi que ce soit avec les hommes. Tous des cons ou presque, d'ailleurs. Entre un Luis Rego qui sous ses allures de beauf trop sûr de lui cultive le malaise, un Martin Lamotte pleutre qui n'hésite pas à balancer Lydie pour faute grave à son supérieur, laquelle se retrouve à la porte de son boulot, un Ronald en dandy de cinquième catégorie ou un Thierry Lhermitte qui dans le rôle du petit ami d'Arlette (Dominique Lavanant) se la joue végétarien pacifiste mais s'avère être en fait un bon gros connard ! On a beau avoir de la tendresse pour le personnage incarné par Josiane Balasko et trouver que les personnages masculins que l'héroïne est contrainte de se farcir ne sont que de sombre crétins mais reconnaissons que Les hommes préfèrent les grosses est franchement très drôle et charrie quelques répliques ou situations relativement cocasses. Lydie cherchant une colocataire : ''Faudrait qu'elle soit beaucoup plus moche que moi. Comme ça, je serai tranquille...'' Arlette lui répondant du tac au tac : '' M'enfin, ne m'dis pas que tu cherche un monstre. Tu trouveras pas, faut pas rêver !''. Notons l'intervention de Daniel Auteuil dans le rôle de l'ex compagnon d'Eva, Jean-Yves. Avec ses faux airs de psychopathe obnubilé par la jeune femme, le personnage n'est qu'un énième pauvre type comme en compte beaucoup la comédie de Jean-Marie Poiré. Du côté des anecdotes, il faut savoir que le rôle qu'interprète Luis Rego devait être joué par Michel Blanc mais celui-ci, inquiet à l'idée d'incarner un personnage trop semblable à celui de Jean-Claude Dusse qu'il incarna dans Les bronzés refusa à seulement quelques semaines du début du tournage. L'ancien membre du Splendid rencontre cette année là un grand succès grâce à la comédie de Patrice Leconte, Viens chez moi, j'habite chez une copine. Premier rôle aux côtés de Bernard Giraudeau, il n'est pas impossible que l'acteur ait également refusé le rôle de Gérard dans Les hommes préfèrent les grosses parce qu'il n'y incarnait pas le personnage central. C'est du moins ce qu'à sans doute imaginé Jean-Marie Poiré qui pour se ''venger'' du désistement de Michel Blanc fit dire à une speakerine présente un court instant dans le film la phrase suivante : ''M.B a la grosse tête''...

 

samedi 13 décembre 2025

L'Indic de Serge Leroy (1983) - ★★★★★★★☆☆☆



Serge Leroy, l'un des spécialistes du polar et du thriller à la française des années 70-80 revenait en cette année 1983 avec le policier L'Indic. Un quatuor d'interprètes formé autour de Daniel Auteuil, Thierry Lhermitte, Bernard-Pierre Donnadieu et Pascale Rocard. Si les deux premiers s'étaient jusque là surtout distingués dans la comédie, Bernard-Pierre Donnadieu se vit quant à lui offrir quelques rôles dans des polars non moins passionnants réalisés par les maîtres du genre en France, de Henri Verneuil à Georges Lautner. Quant à l'actrice Pascale Rocard, la jeune femme n'a à l'époque tourné que dans une poignée de long-métrages et fera par la suite, une carrière beaucoup plus importante à la télévision que sur grand écran avec, notamment, sa présence très remarquée dans le feuilleton de Jean Sagols, Le Vent des Moissons en 1988. L'Indic, lui, est un thriller dans la tradition du cinéma français de l'époque. Celui qui tentait avec plus ou moins de bonheur de s'aligner sur un genre largement représenté et dominé par le cinéma outre-atlantique (heureusement, les choses ont changé depuis). Si Serge Leroy a parfois bien du mal ici à atteindre ses objectifs, son septième long-métrage n'en est pas pour autant bon à jeter aux ordures.

Bien qu'il ait quelque peu vieilli sous certains aspects (le look de Thierry Lhermitte/Dominique Leonelli étant plutôt ringard de nos jours), le long-métrage de Serge Leroy est l'un de ces petits films policiers sans prétentions qui gagnent à être vu au moins une fois ne serait-ce que pour son ambiance austère, l’œuvre démarrant très rapidement sur un ton mortifère. L'Indic joue sur plusieurs niveaux de dualités. Entre Dominique Leonelli et l'inspecteur Bertrand/Daniel Auteuil. Ou bien même ce dernier est la belle Sylvia/Pascale Rocard qui même si ce détail est au départ le fruit du hasard, a choisi le camp des voyous plutôt que celui de l'autorité. Serge Leroy crée un climat dépressif accentué par la partition musicale du compositeur Michel Magne. Surtout, il intègre une romance entre le voyou Leonelli et Sylvia, quelque peu déboussolée par la perte de sa tante.

Une chose est certaine, on n'est pas là pour rire. Non pas que L'Indic assène de manière intempestive les séquences de braquage, les courses-poursuites ou les meurtres (qui se comptent sur les doigts d'un manchot), mais même dans la relation qu'entretiennent les divers personnages, des trois principaux protagonistes jusqu'à l'inquiétant antagoniste incarné par Bernard-Pierre Donnadieu, il se dégage un parfum de pessimisme qui transpire même dans la relation intime entre Sylvia et Leonelli. Comme si la mort pouvait venir frapper à leur porte à tout moment. Daniel Auteuil est de ceux qui se fondent le mieux dans la peau de leur personnage. D'un charisme peu évident, surtout en comparaison d'un Thierry Lhermitte séduisant, il incarne à merveille ce petit flic nerveux et collant ambitionnant d'arrêter le redouté truand, Ange Malaggione/Bernard-Pierre Donnadieu. Si l'on s'ennuie quelque peu, L'Indic n'en est pas moins un polar à la française qui de nos jours possède au moins le mérite de nous renvoyer à une époque où Paris arborait un visage bien différent. A l'image de la gare de l'Est qui à travers quelques plans éveilleront quelques bons souvenirs à celles et ceux qui aimaient y flâner. Un détail, peut-être, sans importance, sans doute, mais le film de Serge Leroy n'ayant pas la puissance d'un Mort un Dimanche de Pluie signé Joël Santoni, on lui accordera tout de même la troublante et envoûtante faculté d'évoquer le Paris d'avant, sa police, et ses voyous, sur fond de romance désespérée...

mercredi 14 mai 2025

Donnant Donnant d'Isabelle Mergault (2010) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Affublée non pas d'un cheveu mais d'une véritable perruque sur la langue due à une dyslalie, l'actrice, scénariste et romancière Isabelle Mergault est connue pour avoir tout d'abord interprété des seconds rôles dans un certains nombres de films (son personnage de Caroline Derieux tombait notamment amoureuse du très indiscipliné professeur de littérature Frédéric Game qu'incarna Patrick Bruel en 1985 dans la comédie culte de Patrick Schulmann, P.R.O.F.S). On la vit également participer à plusieurs de ses propres pièces de théâtre qu'elle interpréta elle-même auprès d'autres comédiens. Mais avant cela, elle s'était essayée à la réalisation de longs-métrages cinématographiques dès 2005 avec Je vous trouve très beau, suivi en 2008 d'Enfin veuve et en 2010 avec Donnant Donnant. Il y a deux ans, elle est réapparue dans le costume de réalisatrice et de scénariste avec son dernier film, Des mains en or. Tout comme pour ce dernier, Isabelle Mergault a signé le script de Donnant Donnant aux côtés du scénariste Jean-Pierre Hasson. Le duo nous conte les déboires de Constant (Daniel Auteuil), condamné à de la prison ferme pour avoir été reconnu coupable d'assassinat. Pourtant, il le clame haut et fort : il s'agissait d'un accident. Lors de son dernier parloir avec son épouse, celle-ci lui annonce vouloir divorcer. Victime d'un accident vasculaire cérébral, il est emmené d'urgence à l’hôpital d'où il s'évade pour se réfugier à bord d'une péniche stationnée sur une rivière. Appartenant à une vieille femme aigrie prénommée Jeanne (Sabine Azéma), la fille de celle-ci tombe nez à nez avec Constant et reconnaît l'homme dont tous les médias parlent actuellement. Silvia (Medeea Marinescu) propose un marché au fugitif. S'il accepte de tuer sa mère, elle ne préviendra pas la police et le laissera partir une fois le méfait accompli. Pris à la gorge, Constant accepte. Mais rien ne va se dérouler comme prévu. En effet, alors que Jeanne a prévu de se suicider en se jetant d'un pont situé au dessus de la rivière, Constant la sauve. En outre, la vieille dame trouve une certaine ressemblance entre son sauveur et son époux décédé et tombe ainsi amoureuse de l'homme le plus recherché de France... Il me semble qu'à l'époque de sa sortie, Je vous trouve très beau avait pu jouir d'une petite réputation auprès de certains journalistes particulièrement indulgents envers Isabelle Mergault et ses interprètes d'alors. Sans doute cela était-il dû à la présence au générique de l'acteur Michel Blanc ? Tout aussi attachant qu'il eut toujours été, l'ancien membre de la troupe du Splendid ne parvint semble-t-il pourtant à convaincre qu'une toute petite partie des spectateurs.


Le film était en outre interprété par l'actrice roumaine Medeea Marinescu que l'on retrouve donc ici dans le rôle de la charmante Silvia. Coincée dans une vie non rêvée alors qu'elle ambitionnait de faire une carrière de pianiste, celle-ci trouve l'occasion d'hériter de sa mère adoptive en poussant un fugitif au meurtre. Donnant Donnant est un ''drôle'' de film. Dont la durée semble vertigineuse au regard de son contenu. La réalisatrice/scénariste semble vouloir à nouveau donner sa définition d'une rencontre amoureuse mais le fait d'une façon si désaccordée avec le cinéma d'aujourd'hui que la tentative est souvent vouée à l'échec. À commencer par ces personnages secondaires, ce trio de voisins incarnés par Jean-Louis Barcelona, Christian Sinniger et Julien Cafaro. D'un ringardisme absolu, on a l'impression qu'Isabelle Mergault est allée pécher dans le vivier des acteurs de seconde zone, oubliés du cinéma, et qu'elle met en scène sans jamais tenter de donner du corps à leur personnage respectif. Lourds, pas drôles et dont la fonction est ici parfaitement inutile. Seule Sabine Azéma semble s'amuser dans le rôle de Jeanne. Volontairement enlaidie lors de la première partie, elle illumine son personnage lorsque celui-ci fait la connaissance de celui qu'elle compare à son défunt mari. L'actrice passant de la vieille dame acariâtre à la MILF habillée de façon sexy. Quand à l'idylle entre Constant et Silvia, on a beaucoup de mal à y croire tant Isabelle Mergault semble s'être confondue en sous-intrigues inintéressantes pour mieux noyer le poisson et révéler sur le tard les véritables sentiments de la jeune femme pour le fugitif. Doter Daniel Auteuil de difficultés pour s'exprimer aurait pu être une grande idée mais le concept tombe finalement à plat. Là encore, l'on éprouve de grandes difficultés à rire devant des situations éculées. L'on regretterait presque que la toute dernière partie, qui demeure la plus intéressante, n'ait pas été privilégiée par rapport à cette facette de l'histoire qui se voulait sans doute proche de l'humour noir s'agissant de l'assassinat programmé de Jeanne. Bref, Donnant Donnant confirme qu'Isabelle Mergault n'est pas du tout à l'aise avec son sujet. Pas aussi médiocre que Michèle Laroque lorsque cette dernière s'essaie à la mise en scène (les deux femmes se rencontrèrent d'ailleurs sur le tournage d'Enfin veuve), il va décidément falloir qu'elle se reconvertisse rapidement dans un autre domaine...

 

vendredi 8 novembre 2024

La petite Vadrouille de Bruno Podalydès (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Près de dix ans après avoir tourné Comme un avion, le réalisateur, scénariste et acteur Bruno Podalydès semble vouloir ostensiblement reprendre le concept dans une version ''augmentée'' même si l'on remarque assez vite que La peite vadrouille manque parfois de cette inspiration qui à l'époque fut l'une des principales qualités de ce récit dans lequel il s'était lui-même mis en scène dans le premier rôle. Cette fois-ci, ça n'est plus à lui qu'il offre le rôle principal mais à une bande d'interprètes hétéroclites parmi lesquels l'on retrouve notamment Sandrine Kiberlain, Daniel Auteuil, son frère Denis Podalydès, Isabelle Candelier ou encore Florence Muller. Une œuvre emplie de poésie et d'innocence malgré un sujet tournant autour d'une rencontre romantique virant à l'escroquerie. Franck Pauilahc (Daniel Auteuil) est le PDG d'une grande entreprise qui demande à l'une de ses employées, Justine (Sandrine Kiberlain), de lui organiser un week-end en amoureux pour la modique somme de quatorze-mille euros. S'empressant d'en parler à son mari Albin (Denis Podalydès), celui-ci évoque l'idée de se mettre dans la poche la moitié du budget tout en proposant à quelques amis dans le besoin de se partager le reste en participant à une escroquerie dont sera la victime le pauvre chef d'entreprise. Lorsque le jour J arrive, quelle n'est pas la déconvenue du couple lorsqu'il découvre que celle qui doit partager avec Franck ce week-end en amoureux n'est autre que Justine ! Épaulés par Jocelyn (Bruno Podalydès), le frère d'Albin et accessoirement capitaine de la Pénichette, de Sandra et Rosine (Isabelle Candelier et Florence Muller) ou du jeune mousse Ifus (Dimitri Doré), Justine et et son mari vont proposer à Franck de traverser un canal à bord d'une péniche. Et alors que le PDG tentera de séduire la jeune femme, Albin et ses complices tenteront de lui soutirer un maximum d'argent... Pour son dernier long-métrage, Bruno Podalydès reste non seulement fidèle à certains interprètes mais aussi à son style si particulier. La petite vadrouille est une comédie farfelue et parfois poétique, naïve même diront certains, réunissant un panel d'interprètes qui malgré les générations qui les séparent créent au sein du casting une véritable homogénéité. Et ce, malgré le bordel ambiant qui règne au sein de cette organisation ''criminelle'' peu habituée à ce genre de manigances.


Pauvre Daniel Auteuil qui endosse ponctuellement le costume du ringard, celui que l'on n'avait sans doute pas revu depuis l'improbable La personne aux deux personnes de Nicolas et Bruno en 2008. Naïf mais touchant, il incarne donc un PDG naviguant sur les eaux troubles d'une arnaque dont les auteurs vont scrupuleusement lui vider les poches. Le film étant bourré d'idées géniales bricolées avec les moyens du bord par une équipe de bras cassés, on rit beaucoup devant les péripéties de cette bande d'escrocs amateurs. Sandrine Kiberlain n'a ici jamais parue aussi fraîche et pimpante. Presque belle finalement, dans son apparat de ''séductrice'' qui n'a franchement pas l'air d'avoir envie de jouer le jeu et se comporte comme ces mendiants qui dans les grandes villes s'inventent une histoire miséreuse pour vous soutirer quelques euros. Très drôles furent Isabelle Candelier et Florence Muller, la première se grimant notamment en artiste-peintre vendant une abominable croûte à trois mille euros (!!!) ou se relookant façon ''diseuse de bonne aventure''. Tout est bon pour vider les poches d'une bonhomme qui ne compte pas son argent. La seconde, elle, incarne tout d'abord une influenceuse qui sur internet propose ses services lors de très courtes séances de psychanalyse ou d'hypnose tandis qu'une fois embarquée à bord de la Pénichette, elle endosse le costume de l'employée un peu gauche et au regard perpétuellement inquiet ! Une grande partie du long-métrage ayant été tournée sur le canal du Nivernais, La petite vadrouille et une comédie d'aventures lancée au rythme de neuf kilomètres par heures. Une lenteur qui malheureusement se ressent au bout d'un certain temps. Car si certaines séquences s'avèrent véritablement amusante dans leur absurdité et dans l'attitude de ses personnages, le dernier long-métrage de Bruno Podalydès semble parfois inachevé. Le film ressemble au fond à ces spectacles donnés en Province, réunissant de petites troupes d'interprètes méconnues qui de villes en villages tentent de gagner leur vie en donnant des spectacles avec tout le ''talent'' qui les caractérise. Bref, si l'on aime le cinéma de Bruno Podalydès, il y a de grandes chances pour que l'on apprécie celui-ci. Les autres, eux, trouveront peut-être qu'il lui manque un peu de finition...

 

jeudi 24 octobre 2024

Le fil de Daniel Auteuil (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

À l'origine du dernier long-métrage interprété et réalisé par Daniel Auteuil, un texte écrit par l'avocat Jean-Yves Moyart sous le pseudonyme de Maître Mö, intitulé Au Guet-apens et publié pour la première fois en 2011. Il s'agissait à l'époque d'un récit tournant autour d'une authentique affaire criminelle et judiciaire au centre de laquelle l'avocat fut chargé de défendre un certain Ahmed, alors père de six enfants et accusé d'avoir assassiné son épouse prénommée Geneviève. Depuis, Jean-Yves Moyart est mort d'un cancer en 2021 à l'âge de cinquante-trois ans. Daniel Auteuil lui rend ainsi hommage à travers Le fil, l'adaptation du texte écrit treize ans auparavant. Œuvre dans laquelle l'acteur se met lui-même en scène dans le rôle de l'avocat tandis que Grégory Gadebois enfile le costume de l'accusé dont le nom a bien entendu été modifié. Doux, très proche de ses enfants, Nicolas Milik est un jour arrêté par la police et très rapidement soupçonné d'avoir tué sa femme retrouvée morte dans un terrain vague. Régulièrement prise de boisson, celle-ci a effectivement été retrouvée la gorge tranchée. Son meilleur ami Roger Marton (Gaëtan Roussel) lui non plus n'a pas échappé à la justice puisqu'il est en prison, soupçonné à son tour d'avoir participé au meurtre de l'épouse de Nicolas Milik. Touché par ce dernier, Maître Jean Monier décide de prendre sa défense alors qu'il n'a plus exercé depuis de nombreuses années. Malgré l'avis de sa compagne, l'avocate Annie Debret (l'actrice danoise Sidse Babett Knudsen), Jeam rendosse son apparat d'avocat et va durant trois jours tenter de convaincre le juge, l'avocate générale et les jurés de l'innocence de son client. Vingt-deux ans après avoir incarné le rôle principal du glaçant L'adversaire de Nicole Garcia qui déjà s'inspirait de l'histoire véridique du faux docteur Jean-Claude Romand mais vrai mythomane et assassin de ses deux enfants, de sa femme et de ses deux parents, Daniel Auteuil prend cette fois-ci le parti d'incarner l'homme de loi chargé de défendre l'assassin supposé d'une femme alcoolique.


Le concept du Fil veut que le long-métrage soit en grande partie filmé en vase clos. Le titre du film se réfère à cet indice qui semble indéniablement prouver la culpabilité de l'accusé. Un fil placé sous l'ongle de la victime et qui ne pouvait y être vraisemblablement présent que si l'incriminé se trouvait effectivement sur les lieux du crime. Sobre tout en étant scrupuleusement détaillée, l’œuvre de Daniel Auteuil n'encombre jamais le matériau de base d'événements par trop sensationnels. Tout ici est histoire de vérité, dans un contexte sinon austère, du moins typique d'un procès criminel tel qu'on peut l'imaginer dans la vie réelle. Portant le film à bout de bras puisqu'à défaut, Grégory Gadebois interprète un accusé économe en paroles, l'acteur et réalisateur campe un avocat très convaincant et dont le professionnalisme malgré des années sans avoir pratiqué est capable d'opposer un point de vue crédible face à des éléments qui paraissent inattaquables... Le récit est tendu et le spectateur mène sa propre enquête intérieure, se posant la question de la culpabilité tandis qu'en face de l'avocat et de son client, la délicieuse Alice Belaïdi incarne une avocate générale dure et implacable. Dans le rôle d'Adèle Houri, l'actrice incarne une magistrate tentant de convaincre les jurés de la culpabilité de l'accusé. Alice Belaïdi et Daniel Auteuil s'adonnent alors à un fascinant jeu d'opposition entre accusation et défense. Chacun argumentant de manière convaincante et laissant ainsi planer le doute jusqu'au bout. Les rebondissements ne sont pas rares même s'ils surviennent de manière logique en dehors d'une conclusion qui peut s'avérer être pour certains spectateurs, tout à fait inattendue. Daniel Auteuil signe une réalisation et une interprétation dignes de la sobriété qu'exige la présence d'un public dans l'enceinte d'un tribunal. Notons enfin la présence à l'image de l'actrice Isabelle Candelier dans le rôle de l'implacable juge Violette Mangin ou celle d'Aurore Auteuil, fille de Daniel Auteuil, à laquelle son père offre le rôle d'Audrey Girard, la sœur de la victime...

 

lundi 6 mars 2023

Le nouveau jouet de James Huth (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Parce que Pierre Richard et Michel Bouquet sont irremplaçables, parce Francis Veber l'est également, parce que Jamel Debbouze me file en général des boutons, il faudrait que je déteste d'emblée et sans réfléchir le nouveau long-métrage de James Huth, Le nouveau jouet ? Je ne pensais pas le dire, ni même le ressentir secrètement un jour, mais le petit franco-marocain de Trappes est finalement parvenu à me convaincre que derrière le sempiternel bouffon bafouilleur des cités se cachait un vrai talent d'interprète. Et pas simplement dans le registre de la comédie mais également dans celui de l'émotion. Oui mais voilà, le voir endosser en 2022 le costume de l'alter ego maghrébin du François Perrin de 1976 a généré un certain nombre d'avis négatifs avant même que le film ne sorte sur les écrans de cinéma. Vôtre serviteur y allant lui-même de sa verve assassine. C'est pourquoi, aujourd'hui, il est temps de remettre les pendules à l'heure et de reconnaître que oui, ce pari insensé d'offrir à Jamel Debbouze le rôle du jouet dans le nouveau film de James Huth fut finalement une très bonne idée. Tout comme le fut celle de lui opposer un Daniel Auteuil qui loin d'être ridicule en comparaison avec Michel Bouquet est parvenu à incarner un homme rigide, froid, insensible mais aussi étonnamment émouvant. C'est ainsi que dans Le nouveau jouet, deux univers se télescopent. Celui du monde des affaires à la tête duquel se positionne donc Philippe Étienne, l'une des plus grosses fortunes de France. Et celui des quartiers populaires incarnés par Samy Chérif. Et entre les deux, un enfant prénommé Alexandre et qui n'est autre que le fils de Philippe Étienne et dont la mère est décédée depuis peu. Les relations entre le père et le fils étant extrêmement tendues, Philippe Étienne passe tous ses caprices à Alexandre qui un jour croise la route de Samy dans l'un des magasins appartenant à son père. Le jeune garçon auquel a été offert l'opportunité de choisir un cadeau parmi les nombreux articles présents dans les rayons jette alors son dévolu sur cet agent de sécurité qui en dépit du bon sens va accepter de jouer le rôle de... Jouet afin de subvenir aux besoins financiers du couple qu'il forme auprès d'Alice (l'actrice Alice Belaïdi), laquelle s'apprête à accoucher de leur premier enfant...
 
 
Que dire si ce n'est que '' Le nouveau jouet '' a bouleversé toutes nos convictions. Celle qui s'ancrent en général pour longtemps et nous transforment en indécrottables imbéciles dépourvus d'objectivité. Enfin, je parle là de la mienne, pas celle de ma compagne qui elle est plus ouverte que je ne le suis. Dans un univers partagé entre le château du richissime homme d'affaire, la chambre d'Alexandre (interprété par le jeune Simon Faliu que l'on a pu notamment voir dans la franchise Le petit Nicolas ou dans la purge Les blagues de Toto)et les innombrables trésors qu'elle recèle mais qui ne parviennent cependant pas à combler le vide laissé par la mort de la mère et la cité où vit Samy, Le nouveau jouet ne déroge pas à la règle en s'inspirant évidemment de l'œuvre de Francis Veber tout en actualisant son sujet dans un contexte social très actuel. Si certains remarqueront l'emploi d'un ''arabe de service'' au bénéfice d'un jeune ''blanc-bec'' parfaitement imbitable, il faudra d'abord demander à Jamel Debbouze ce qu'il en pense avant de prononcer l'éternel pamphlet sur le racisme. Sujet qui d'ailleurs n'est heureusement pas évoqué contrairement au ''délit d'origine afro-américaine'' dont le héros du lénifiant remake américain signé en 1982 par Richard Donner, Le joujou, ne cessait de servir d'argument fallacieux au récit ! Ici, le social s'établit à travers la vie d'une cité, avec ses codes, souvent amusants d'ailleurs, les difficultés financières de Samy et de son épouse Alice ou à travers la fermeture prochaine d'une usine qui fait vivre une grande partie des habitants du quartier. Alors que l'on pouvait redouter que le scénario de James Huth et Sonja Shillito, la réalisation et l'interprétation ne s'appesantissent sur ces sujets ou que le film ne fasse qu'adapter maladroitement l'œuvre de 1976, James Huth réinvente le concept et nous offre un long-métrage qui n'a absolument rien à envier à l'original. La relation entre Samy et Alexandre, les rapports entre l'enfant et son père ou entre ce dernier et le ''jouet'' de son fils sont souvent très touchants. Et contrairement à ce que j'avais pu lire ça et là, Jamel Debbouze n'en fait pas des caisses. Les pitreries auxquelles s'adonne son personnage afin de s'accorder les faveurs financières du père et l'amitié du fils sont finalement moins nombreuses que prévu et le spectacle devient nettement plus intimiste et touchant. Bref, Le nouveau jouet est une excellente surprise, inattendue, parfois très drôle (le frère d'Alice, Nono, interprété par Redouanne Harjane ou Atmen Kélif dans celui du pleutre, Moussa) et les deux heures filent à toute allure. Comme quoi...

 

mercredi 30 mars 2022

La doublure de Francis Veber (2005) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Si jusqu'à présent le personnage de François Perrin n'est pas réapparu depuis Le jaguar de son créateur Francis Veber en 1996, François Pignon, lui, a continué son petit bonhomme de chemin jusqu'en 2014. Dernière œuvre en date : la version théâtrale du Placard dans lequel l'acteur et humoriste Élie Semoun reprenait le rôle qu'interprétait douze ans en arrière en 2001 Daniel Auteuil. Avant cela, Gérard Jugnot interpréta le personnage en 2012 dans la pièce Cher Trésor alors que quatre ans auparavant, nous découvrions le remake de L'emmerdeur, Jacques Brel y étant remplacé par Patrick Timsit et Lino Ventura par Richard Berry. Malgré tout le bien que l'on peut penser de ces nouveaux interprètes de François Pignon et de Ralf Milan, la comparaison entre l’œuvre originale de 1973 et cette nouvelle version relativement navrante s'arrête là ! Encore un peu plus tôt dans le temps, en 2005, Francis Veber imaginait remettre le couvert pour la septième fois après la pièce Le contrat, la version de L'emmerdeur réalisée par d’Édouard Molinaro, Les compères, Les fugitifs, Le dîner de cons et Le placard en mettant cette fois-ci en scène non plus Jacques Brel, Pierre Richard, Jacques Villeret ou Daniel Auteuil mais... l'humoriste Gad Elmaleh. Devenu très populaire en France à l'époque grâce à ses One-Man-Show et le film de Merzak Allouache Chouchou, les téléspectateurs et amateurs de cinéma français bouffaient à l'époque du Gad Elmaleh au petit déjeuner, au déjeuner ainsi qu'au dîner. Il était donc apparemment logique dans l'esprit de Francis Veber de lui offrir le rôle de François Pignon dans son nouveau long-métrage daté de 2005...


Un choix plus ou moins absurde si l'on tient compte des différentes incarnations passées et à venir du personnage. Loin d'égaler notre Pierre Richard national ou même Jacques Villeret, Gad Elmaleh s'offrait tout de même ainsi l'opportunité d'entrer dans la légende de l'un des François les plus célèbres du cinéma hexagonal. Que l'on apprécie ou non les facéties de Dany Boon, le voir apparaître en meilleur ami de François Pignon et donc au second plan nous ferait presque regretter que le rôle ne lui ai pas été offert plutôt qu'à un Gad Elmaleh rigide, voire inexpressif. C'est à se demander si ce dernier fut habité par le personnage auquel le réalisateur et scénariste à taillé un costard ou s'il fut tout simplement incapable d'exprimer à l'écran la moindre émotion. À sa décharge, nous évoquerons sans doute ces tenues ridicules que son personnage endosse et qui participent de la caractérisation de cette nouvelle cuvée estampillée ''François Pignon''. Personnalité étriquée mais néanmoins attachante qui sans doute incarnée par Dany Boon aurait pris un visage bien différent. Comme il est en outre étonnant de découvrir Daniel Auteuil dans un rôle qui probablement aurait parfaitement sied à Richard Berry qui comme Dany Boon se retrouve au second plan. Face à ces quatre bonshommes, deux actrices de taille. Tout d'abord Kristin Scott Thomas, cette britannique naturalisée française au charme fou, interprétant l'épouse de Pierre Levasseur (Daniel Auteuil) qu'elle soupçonne de la tromper avec Elena Simonsen, sublime mannequin qu'interprète quant à elle la magnifique Alice Taglioni...


Pris en photos ''la main dans le sac'', Levasseur et sa maîtresse ont eu heureusement pour eux, la chance de poser involontairement aux côtés de François Pignon qui passait par là par hasard. L'occasion pour le chef d'entreprise de faire croire à sa femme que la jeune mannequin n'était pas avec lui mais avec cet inconnu... La doublure, c'est donc François Pignon qui contre la promesse de se voir offrir une rondelette somme d'argent qu'il pourra donner à celle qu'il aime et qui en a besoin (la charmante Virginie Ledoyen), accepte d'accueillir chez lui la belle Elena. Faisant ainsi croire qu'ils s'aiment et vivent ensemble... si le synopsis est plutôt séduisant, le résultat n'est vraiment pas à la hauteur de ce qu'à réalisé et écrit jusque là Francis Veber. Un réalisateur et scénariste qui, fut un temps, privilégia la mise en scène et l'interprétation (L'emmerdeur) ou l'écriture (Le dîner de cons), mais qui dans le cas de La doublure dérive quelque peu et signe une comédie relativement banale. On appréciera tout de même la beauté de ses interprètes féminines, la présence de Michel Jonasz dans le rôle d'André Pignon, le père de François, ou encore celle de Michel Aumont dans celui du médecin un peu ''perché'' et père d’Émilie qu'interprète Virginie Ledoyen. Comme de coutume chez Francis Veber, les fans du réalisateur retrouveront quelques têtes bien connues de son cinéma. Quant à la musique, elle est signée d'Alexandre Desplat dont la carrière de compositeur pour le cinéma s'est accélérée depuis le début des années quatre-vingt dix...

 

mardi 1 mars 2022

L'amour en douce d'Édouard Molinaro (1985) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Comme un enfant un peu trop pressé d'ouvrir ses cadeaux de Noël, le réalisateur et scénariste français Édouard Molinaro jette Emanuelle Béart, sublime et sensuelle, entre les bras de Daniel Auteuil et ce, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Daniel Auteuil... qui très rapidement semble bien moins convainquant dans la peau de Marc Delmas qu'il ne le sera quatre ans plus tard dans celle de Martial Pasquier du formidable Quelques jours avec moi de Claude Sautet. Moins fin dans son approche des relations entre hommes et femmes, Édouard Molinaro a dans L'amour en douce, choisit une certaine légèreté de ton qui paraît bouffer la passion commune entre Marc et la délicieuse Samantha Lepage quand le sujet aurait sans doute mérité un surcroît de tragédie. Comme en témoigne sans doute la chanson qui ouvre les hostilités et les clôt quatre-vingt dix minutes plus tard et que Daniel Auteuil interprète lui-même ! Même Romuald et Juliette de Coline Serreau lui sera infiniment supérieur, pourtant nourri d'une bonne dose d'humour. Fermez les yeux, et le timbre de Daniel Auteuil ressemble curieusement à celui qu'il eu bien plus tôt dans sa carrière, à l'époque où les spectateurs le découvraient en train de faire le pitre dans le rôle du cancre Bébel dans Les sous-doués et sa séquelle, tous deux signés par Claude Zidi. Pourtant, l'acteur arrive parfois à convaincre par on ne sait quel miracle. À moins qu'il s'agisse tout simplement de la complicité qu'entretient le personnage interprété par Emmanuelle Béart avec lui. La jeune actrice a d'autres atouts que ses charmes. Une attitude qui n'appartient ici qu'à elle puisque même la superbe Sophie Barjac qui incarne le rôle de Jeanne, l'épouse de Marc, parvient rarement (pour ne pas dire jamais) à effacer la présence de sa rivale lorsque à l'image les deux actrices sont réunies...


Si les différentes relations qui se nouent entre ce carré de personnages que complétera avec force l'immense Jean-Pierre Marielle participent de l'émotion qui se dégage parfois de certaines séquences, plus que Daniel Auteuil, acteur qui semble un temps s'être fait le spécialiste des relations alambiquées sur grand écran (Une call-Girl, Une sauvageonne, une domestique ou une femme de ménage) et plus qu'Emmanuelle Béart qui irradie pourtant totalement le cadre de sa présence, celui dont on retiendra sans doute la performance reste Jean-Pierre Marielle. Comme s'il était impossible de séparer l'acteur du personnage d'Antoine Garnier, le nouveau compagnon de Jeanne. Prévenant, délicat, il est le contre-pied de Paul Dufour, ce gynécologue misogyne qui aux côtés de Jean Rochefort fuyait la gente féminine dans le film culte de Bertrand Blier, Calmos ! Reposant sur un scénario écrit à quatre mains par Jean Sagols (auteur entre autre d'une vague de ''séries de l'été'' entre 1988 et 1996 dont Orages d'été) et Christian Watton, L'amour en douce porte en lui les prémices d'une histoire forte, obsessionnelle, mais dont certains choix de mise en scène tombent parfois comme un cheveu dans la soupe. Lorsque Claude Sautet exploite à fond ses personnages jusque dans ses seconds rôles, chez Édouard Molinaro, certains d'entre eux se révèlent fades et au final, pratiquement inutiles. Un travers qui fort heureusement ne transparaît pas chez nos héros à chacun desquels le réalisateur offre une personnalité qui lui est propre...


Lorsque l'importance de la bande-son se fait la plus persistante, son absence manque parfois cruellement et des séquences entières où l'émotion aurait dû jaillir en deviennent presque stériles. Voire froides et impersonnelles. Mais n'en déplaise à celles et ceux qui auraient tant aimé vibrer comme sur la corde sensible qu'auront si bien tendue quelques années plus tard Claude Berry (Manon des sources) Claude Sautet ou Coline Serreau, L'amour en douce n'en est pas moins une œuvre charmante qui délivre tout de même quelques séquences émouvantes. Rares il est vrai, mais son carré d'interprètes principaux fait parfois si bien son travail que l'illusion pourra fonctionner auprès des spectateurs les moins regardant. L’œuvre de Édouard Molinaro se dégustera par contre en préambule à celles citées comme éléments de comparaison si à leur côté, celle-ci ne veut pas apparaître fade...

 

lundi 28 février 2022

Quelques jours avec moi de Claude Sautet (1988) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Claude Sautet est mort depuis plus de vingt ans. Et s'il a consacré plus de quarante années de son existence au septième art, il n'aura pourtant réalisé que quatorze longs-métrages. Et parmi eux, de grands films parmi lesquels viennent souvent tout d'abord à l'esprit des œuvres telles que Les choses de la vie (1970), Max et les ferrailleurs (1971), Vincent, François, Paul et les autres (1974) ou encore Un mauvais fils (1980). Après avoir signé en 1983 un Garçon ! relativement anecdotique, Claude Sautet disparaissait des radars durant cinq années avant de revenir sur le devant de la scène en 1988 avec Quelques jours avec moi. Un long-métrage qui tombe à pic pour l'acteur Daniel Auteuil qui confirme ainsi le talent que parvint réellement à révéler en lui le réalisateur Claude Berry deux ans auparavant à travers le formidable diptyque formé par Jean de Florette et Manon des sources. Ce dernier offrant alors à l'actrice Emmanuelle Béart l'occasion de se confronter pour la seconde fois à Daniel Auteuil, deux ans après L'amour en douce d'Édouard Molinaro et cinq avant Un cœur en hiver que réalisera Claude Sautet en 1991. Mais avant cela, le réalisateur et scénariste français offrira à Sandrine Bonnaire le rôle de Francine, jeune domestique, employée par le couple formé par Irène et Raoul Fonfrin et dont l'époux est le directeur d'un supermarché situé à Limoges.Une jolie jeune femme dont va tomber éperdument amoureux Martial, qu'interprète donc Daniel Auteuil. Ce sera la seconde fois que les deux acteurs joueront dans un même long-métrage puisque six ans auparavant, Sandrine Bonnaire sera apparue dans un rôle de figurante dans Les sous-doués en vacances dans lequel Daniel Auteuil incarnait déjà le personnage principal. Mais que de chemin parcouru pour l'une et pour l'autre depuis cette comédie légère signée en 1982 de Claude Zidi...


Et un Claude en chassant un autre, c'est donc avec un surcroît de prestige que sont réunis à l'écran Sandrine Bonnaire et Daniel Auteuil qui interprètent là, deux individus de milieux diamétralement opposés. Elle, est extravertie, travaille donc pour les Fonfrin et s’acoquine avec Fernand, un chômeur karatéka fan de Bruce Lee. Lui, est Martial, le fils d'une famille aisée, président directeur général d'une chaîne de supermarchés dépressif qui vient tout juste de reprendre sa place au sein de l'entreprise. Sa mère lui propose pour reprendre le travail en douceur d'aller examiner les comptes de plusieurs magasins de la chaîne qui rencontrent quelques difficultés financières. Et c'est à Limoges que la tournée démarre. Après avoir fait la connaissance de Raoul Fonfrin, Martial est invité à dîner le soir-même chez le couple. C'est là qu'il fait la connaissance de Francine sous le charme de laquelle il tombe presque immédiatement. L'invitant dès le lendemain soir à venir dîner dans le vaste appartement qu'il vient de louer à Limoges, au lendemain du repas lors duquel le champagne a coulé à flot, Martial propose à Francine de laisser tomber son emploi de domestique chez les Fonfrin et lui propose de venir s'installer pour le temps qu'elle voudra dans l'immense appartement de location. Après avoir hésité un instant, la jeune femme finit par accepter... Jean-Pierre Marielle, Dominique Lavanant, Vincent Lindon et Danielle Darrieux rejoignent l'aventure de ces deux êtres que rien ne semble devoir rattacher. Les deux premiers forment le couple Fonfrin. Jean-Pierre Marielle incarne un directeur de supermarché faux-jeton auquel le caractère de son épouse n'a rien à envier. Vincent Lindon interprète le rôle de Fernand, un sanguin qui vivra mal sa rupture d'avec Francine et quant à Danièle Darrieux, elle joue le personnage de madame Pasquier, la mère de Martial.


Au contact duquel, chacun va pouvoir révéler sa personnalité et montrer cette part d'humanité si peu évidente au premier abord. Et l'on pense notamment aux Fonfrin, ce couple marié, aigri, médisant, dont le mari s'est rendu responsable d'une escroquerie financière touchant directement la société Pasquier. Avec Quelques jours avec moi, Claude Sautet signe une comédie dramatique touchante dans laquelle aucun des personnages ne se révèle fondamentalement mauvais. L’œuvre crée un lien profond entre des individus qui n'ont pas grand chose en commun et parmi lesquels s'inscriront par la suite Régine, la sœur d'Irène, Georgette, la sœur de Francine, ainsi que son compagnon Max qu'interprètent respectivement Thérèse Liotard ( Viens chez moi, j'habite chez une copine de Patrice Leconte en 1981), Dominique Blanc (Milou en mai de Louis Malle en 1990) et Jean-Pierre Castaldi (Ripoux contre ripoux de Claude Zidi en 1990). Comédie profondément touchante, marquée par un jeu d'acteurs formidable et une mise en scène brillante, chacun y trouve de quoi exploiter son talent. Un scénario qui permet au réalisateur et à ses scénaristes Jacques Fieschi et Jérôme Tonnerre d'exploiter la veine sociale, chose dont il est coutumier, à travers une histoire d'amour inattendue, sans préjugés, drôle et parfois bouleversante. Sans conteste, l'un des meilleurs films de Claude Sautet, adaptation du roman éponyme de l'auteur et journaliste Jean-François Josselin...

 

dimanche 27 février 2022

Romuald et Juliette de Coline Serreau (1988) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Rien ne va plus pour Romuald Blindet, le président directeur général de l'une des plus importantes entreprises de produits laitiers Blanlait. Alors qu'il a récemment chargé l'un de ses collaborateurs (Gilles Privat dans le rôle de Paulin) d'augmenter la production de yaourts de l'une des usines située à Saint-Symphorien, Cloquet, un autre de ses associés (interprété par Maxime Leroux) en profite pour faire empoisonner les cuves de l'usine en question afin de faire porter le chapeau au PDG de Blanlait. Pire, Blache (encore un collaborateur de Romuald Blindet incarné par Pierre Vernier) profite de cette occasion pour faire acheter à la secrétaire du PDG des actions d'une société concurrente qu'il imagine lancer prochainement une OPA sur l'entreprise Blanlait (une pratique consistant pour une entreprise à racheter les titres d'une société à ses actionnaires pour un montant supérieur à leur valeur). Bref, un joyeux panier de crabes gravitant autour d'un chef d'entreprise qui n'y voyait jusque là que du feu. Le scénario de la réalisatrice Coline Serreau (Trois hommes et un couffin, La crise, La belle verte) appelle fort heureusement à la rescousse un personnage inattendu. Celui qu'interprète l'actrice et politicienne originaire de Pointe-à-Pitre Firmine Richard qui dans Romuald et Juliette travaille depuis dix ans en tant que femme de ménage dans l'entreprise de Romuald Blindet. Mère de cinq enfants et autant de fois divorcée, Juliette Bonaventure laisse un soir très involontairement traîner ses oreilles et se retrouve bien malgré elle le témoin des exactions commises par les collaborateur de Romuald Blindet (ici incarné par Daniel Auteuil). Des forfaitures qui mèneront le PDG de Blanlait à sa perte. À moins que cette femme de ménage en question n'apporte son soutien a ce dernier en témoignant auprès de lui de ce qu'elle a entendu la nuit précédent le drame ayant fait quarante-cinq victimes parmi les consommateurs de la marque de yaourts de l'entreprise Blanlait. Par un heureux hasard, un homme et une femme qui n'ont pourtant rien en commun vont voir leur existence bouleversée jusque dans leur intimité...


Comme très souvent chez Coline Serreau, le scénario de Romuald et Juliette fait preuve d'une intelligence assez peu commune dans le paysage humoristique français. Surtout à notre époque et alors que le cinéma dit comique se décompose à vue d’œil, il serait bon de redécouvrir tout un pan de la comédie française parmi laquelle se situe justement l’œuvre de la réalisatrice française. La cinéaste intègre des thématiques sociales qui ne cessent d'être d'actualité sans pour autant faire preuve d'un trop plein de caricature ou de démagogie. Pour prendre exemple sur le sujet du racisme, Coline Serreau oppose par exemple l'attitude fougueuse de l’aîné de Juliette (Sambou Tati dans le rôle d'Aimé) à celle de la nouvelle secrétaire de Romuald. En jouant sur la proximité du titre avec la tragédie de William Shakespeare Roméo et Juliette, Coline Serreau indique par avance la tournure que prendront plus tard les événements. Réunissant ainsi deux univers diamétralement opposés, deux amants finissant par contrecarrer les préjugés des entourages respectifs. Il est étonnant de voir à quel point le long-métrage de Coline Serreau s'accorde sur un même plan que celui proposé quelques mois auparavant par Claude Sautet et son très touchant Quelques jours avec moi dans lequel, déjà, Daniel Auteuil vivait dans la peau de son personnage prénommé Martial, une histoire d'amour relativement étonnante en compagnie de Sandrine Bonnaire. Mais dans le cas présent, pas de PDG dépressif. Tout juste notre acteur tombera-t-il amoureux d'une femme de ménage après avoir été séduit par une domestique. Malgré son allure plutôt légère, Romuald et Juliette est de ces comédies dramatiques qu'il est toujours bon de redécouvrir. D'autant plus que Daniel Auteuil et Firmine Richard forment à eux deux un duo particulièrement attachant opposé à trois spécimens d'ordures particulièrement gratinés, arrivistes dans deux cas ou adultérin dans le troisième, et qu'interprètent savoureusement l'impeccable trio formé de Pierre Vernier, Maxime Leroux et Gilles Privat. À noter parmi les seconds rôles, la présence d'Isabelle Carré et de Guillaume de Tonquédec, la première incarnant alors son tout premier rôle au cinéma. Au final, Romuald et Juliette est un pur délice qui se savoure avec autant de plaisir que lors de sa première découverte...

 

mardi 1 février 2022

Avant Projection : Le nouveau jouet de James Huth (2022)

 


 

Daniel Auteuil dans le rôle que tenait Michel Bouquet dans Le jouet de Francis Veber... ou presque puisque l'acteur y interprétait celui de Pierre Rambal-Cochet, richissime et atone homme d'affaire, tandis que désormais, c'est le personnage de Philippe Etienne qui prend sa place tout en demeurant apparemment aussi glacial et sinistre. Mieux ! Enfin, pire.... Jamel Debbouze dans celui qu'interprétait l'immense Pierre Richard. Le journaliste François Perrin devenant ainsi Samy, petit gardien de nuit, marié et futur père d'un bébé que son épouse va bientôt mettre au monde.Ça a l'air d'une très, très mauvaise blague et pourtant, Le nouveau jouet est bien le remake que personne ou presque ne s'attendait à voir débarquer en octobre prochain. Une comédie, donc, dans laquelle on ne s'attend pas non plus à ce que Jamel Debbouze y fasse autre chose que ce qu'il a l'habitude de faire : du Jamel Debbouze ! Car si l'on fait abstraction des quelques rares incartades hors-comédies dans lesquelles il est apparu, reconnaissons qu'il se manifeste en général à l'écran comme l'humoriste qu'il demeure sur scène. Autant dire qu'avec Le nouveau jouet, le réalisateur James Huth joue à pile ou face. Soit ça passe (ce qu'affirmeront d'avance les fans de Debbouze), soit ça casse (comme s'évertueront à le penser par avance les fans de Pierre Richard). Si l'on peut concevoir que l'ancien trappiste ait notamment pu interpréter le rôle de Numérobis dans deux des adaptations d'Astérix sur grand écran, on peut se demander sur quelles bases fut porté le choix de cet acteur/humoriste qui ne joue clairement pas dans le même registre que Pierre Richard...


Un remake de plus pour Francis Veber qui voit une fois encore sa filmographie être réinterprétée sans qu'aucune n'ai jusqu'à maintenant réussi à faire oublier telle ou telle œuvre d'origine. Parions qu'avec Le nouveau jouet, le miracle n'aura pas lieu. D'abord parce que Pierre Richard est irremplaçable. Ensuite parce que quoi qu'on en dise et malgré l'originalité de ses précédents longs-métrages, le réalisateur James Huth n'a jamais vraiment fait de vagues dans le registre de la comédie. Outre Francis Veber dont le film reprend forcément le scénario qu'il écrivit dans le courant des années soixante-dix, ils s'y sont mis à quatre pour réécrire l'histoire de ce gamin pourri gâté auquel le père passe tous ses caprices. James Huth et Jamel Debbouze ainsi que Mohamed Hamidi (réalisateur des sympathiques Jusqu'ici tout va bien en 2019 et de Une belle équipe l'année suivante) et Sonja Shillito, fidèle collaboratrice du réalisateur depuis 2007 avec le très original Hellphone. Daniel Auteuil à la place de Michel Bouquet passe encore. Quoique malgré ses qualités d'interprètes que ne savent malheureusement pas toujours exploiter certains cinéastes, celui-ci aura bien du mal à faire oublier un Michel Bouquet spécialiste à son époque des rôles durs, impassibles et austères. Avec sa sympathique trogne, nul doute que le jeune Simon Faliu saura égaler l'interprétation de Fabrice Greco qui à l'époque interpréta le rôle de Éric Rambal-Cochet, le fils du riche homme d'affaires. Quant à Alice Belaïdi, le scénario lui offre un rôle qui à l'époque n'existait pas. La touche de féminité qu'il est de coutume de mettre de nos jours en avant et sur laquelle à l'époque Francis Veber avait fait l'impasse. Le passage en salle risque d'être tendu pour les fans de la première heure qui oseront passer le cap de la méfiance le 19 octobre prochain. Sûr que les amateurs de Jamel Debbouze se précipiteront en salle. Un drôle de mélange qui parmi le public risque de détoner et s'avérer peut-être même, explosif. Réponse dans neuf mois environ...

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