Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

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jeudi 24 octobre 2024

Le fil de Daniel Auteuil (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

À l'origine du dernier long-métrage interprété et réalisé par Daniel Auteuil, un texte écrit par l'avocat Jean-Yves Moyart sous le pseudonyme de Maître Mö, intitulé Au Guet-apens et publié pour la première fois en 2011. Il s'agissait à l'époque d'un récit tournant autour d'une authentique affaire criminelle et judiciaire au centre de laquelle l'avocat fut chargé de défendre un certain Ahmed, alors père de six enfants et accusé d'avoir assassiné son épouse prénommée Geneviève. Depuis, Jean-Yves Moyart est mort d'un cancer en 2021 à l'âge de cinquante-trois ans. Daniel Auteuil lui rend ainsi hommage à travers Le fil, l'adaptation du texte écrit treize ans auparavant. Œuvre dans laquelle l'acteur se met lui-même en scène dans le rôle de l'avocat tandis que Grégory Gadebois enfile le costume de l'accusé dont le nom a bien entendu été modifié. Doux, très proche de ses enfants, Nicolas Milik est un jour arrêté par la police et très rapidement soupçonné d'avoir tué sa femme retrouvée morte dans un terrain vague. Régulièrement prise de boisson, celle-ci a effectivement été retrouvée la gorge tranchée. Son meilleur ami Roger Marton (Gaëtan Roussel) lui non plus n'a pas échappé à la justice puisqu'il est en prison, soupçonné à son tour d'avoir participé au meurtre de l'épouse de Nicolas Milik. Touché par ce dernier, Maître Jean Monier décide de prendre sa défense alors qu'il n'a plus exercé depuis de nombreuses années. Malgré l'avis de sa compagne, l'avocate Annie Debret (l'actrice danoise Sidse Babett Knudsen), Jeam rendosse son apparat d'avocat et va durant trois jours tenter de convaincre le juge, l'avocate générale et les jurés de l'innocence de son client. Vingt-deux ans après avoir incarné le rôle principal du glaçant L'adversaire de Nicole Garcia qui déjà s'inspirait de l'histoire véridique du faux docteur Jean-Claude Romand mais vrai mythomane et assassin de ses deux enfants, de sa femme et de ses deux parents, Daniel Auteuil prend cette fois-ci le parti d'incarner l'homme de loi chargé de défendre l'assassin supposé d'une femme alcoolique.


Le concept du Fil veut que le long-métrage soit en grande partie filmé en vase clos. Le titre du film se réfère à cet indice qui semble indéniablement prouver la culpabilité de l'accusé. Un fil placé sous l'ongle de la victime et qui ne pouvait y être vraisemblablement présent que si l'incriminé se trouvait effectivement sur les lieux du crime. Sobre tout en étant scrupuleusement détaillée, l’œuvre de Daniel Auteuil n'encombre jamais le matériau de base d'événements par trop sensationnels. Tout ici est histoire de vérité, dans un contexte sinon austère, du moins typique d'un procès criminel tel qu'on peut l'imaginer dans la vie réelle. Portant le film à bout de bras puisqu'à défaut, Grégory Gadebois interprète un accusé économe en paroles, l'acteur et réalisateur campe un avocat très convaincant et dont le professionnalisme malgré des années sans avoir pratiqué est capable d'opposer un point de vue crédible face à des éléments qui paraissent inattaquables... Le récit est tendu et le spectateur mène sa propre enquête intérieure, se posant la question de la culpabilité tandis qu'en face de l'avocat et de son client, la délicieuse Alice Belaïdi incarne une avocate générale dure et implacable. Dans le rôle d'Adèle Houri, l'actrice incarne une magistrate tentant de convaincre les jurés de la culpabilité de l'accusé. Alice Belaïdi et Daniel Auteuil s'adonnent alors à un fascinant jeu d'opposition entre accusation et défense. Chacun argumentant de manière convaincante et laissant ainsi planer le doute jusqu'au bout. Les rebondissements ne sont pas rares même s'ils surviennent de manière logique en dehors d'une conclusion qui peut s'avérer être pour certains spectateurs, tout à fait inattendue. Daniel Auteuil signe une réalisation et une interprétation dignes de la sobriété qu'exige la présence d'un public dans l'enceinte d'un tribunal. Notons enfin la présence à l'image de l'actrice Isabelle Candelier dans le rôle de l'implacable juge Violette Mangin ou celle d'Aurore Auteuil, fille de Daniel Auteuil, à laquelle son père offre le rôle d'Audrey Girard, la sœur de la victime...

 

mardi 1 octobre 2024

Un p'tit truc en plus d'Artus (2024) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Qui aurait cru qu'un jour celui qui monta sur les planches du Moulin-Rouge dans le dix-huitième arrondissement de la capitale française pour l'émission On n'demande qu'à en rire allait se positionner à la neuvième place du classement des dix plus gros succès du cinéma français ? Juste derrière Le Corniaud de Gérard Oury et pas si loin des Visiteurs de Jean-Marie Poiré qui avec un peu plus de treize millions et demi d'entrées demeure en cinquième position (la première étant toujours détenue par Bienvenue chez lesCh'tis). Si Un p'tit truc en plus n'est pas la première comédie française à avoir abordé le sujet du handicap au cinéma puisqu'en 2018 le réalisateur et scénariste français Vianney Lebasque l'avait déjà entrepris avec l'excellent Chacun pour tous et son équipe de basketteurs déficients mentaux (concept rappelant d'ailleurs étonnamment le tout aussi remarquable film espagnol Champions de Javier Fesser sorti la même année), ce premier film de l'acteur et humoriste Artus en tant que réalisateur et scénariste n'en est pas moins une réussite même s'il sera sans doute conseillé de garder son sang-froid devant l'exceptionnel engouement du public et de la presse spécialisée dont il a bénéficié. S'il est clair qu'Un p'tit truc en plus se démarque de la plupart des comédies français sorties cette année c'est bien évidemment davantage en rapport avec le caractère spécifique de ses interprètes que de la mise en scène et du scénario eux-mêmes. Aidée à l'écriture par Clément Marchand et Milan Mauger, la comédie d'Artus est de fait on ne peut plus classique. Le scénario, relativement simpliste, met en scène un père et son fils braqueurs qui pour échapper à la police à la suite d'un vol effectué dans une bijouterie s'incrustent à la suite d'une méprise au sein d'un groupe de handicapés mentaux en partance pour un gîte dans le Vercors (le principal lieu de tournage se situera à Malleval-en-Vercors).


Se faisant passer pour un handicapé, Paulo, qui devient alors Sylvain (Artus), monte à bord d'un bus affrété tout spécialement, accompagné de son père Lucien dit ''La Fraise'' qui de son côté se fait appeler Orpi et se fait passer pour l'éducateur du jeune homme (Clovis Cornillac, tout simplement excellent). Au beau milieu d'une dizaine de handicapés tous accompagnés par les éducateurs Alice (Alice Belaïdi), Céline (Céline Groussard) et Marc (Marc Riso), le père et son fils vont tenter de se faire oublier et ainsi demeurer au contact de ce groupe aussi fort sympathique que hors-normes... Le problème avec ce genre de concept, c'est que l'on peut très rapidement tomber dans la facilité. Écueil que parvient fort heureusement à éviter Artus qui signe une comédie fort drôle qui pourtant ne se moque jamais de ses personnages. Si d'aventure le spectateur rit, c'est d'ailleurs plutôt devant les ''exploits'' de Paulo/Sylvain que devant cette galerie de portraits inoubliables dont certains se détachent très nettement du lot. L'humour d'Artus est très facilement identifiable ('Au sujet de l'un des handicapés, Paulo/Sylvain rétorque : ''Putain, y'en a un qu'a une Kippa. Il croit en dieu le mec. Il est pas rancunier''). Au pire, s'il nous arrive de rire devant l'attitude des uns et des autres (et il y a de grandes chances pour que cela se produise à de nombreuses reprises), ça n'est jamais par moquerie mais parce que les dialogues et la direction d'acteurs ont tout simplement été conçus ainsi. Après, c'est vrai, le scénario est relativement classique. L'émotion est quasiment absente du récit, ce qui peut paraître inattendu face à ces nombreuses comédies qui n'oublient jamais d'ébranler leur public lors de courts instants. De plus, le scénario élude de manière sans doute trop aisée cette phase que l'on attendait trop sûrement une fois le pot-aux-roses découvert concernant la véritable identité du duo formé par le duo père/fils par Alice et les autres éducateurs. Un p'tit tour au tribunal et tout est dit. Malgré ces quelques faiblesses scénaristiques, Un p'tit truc en plus demeure un sympathique divertissement qui mérite finalement et amplement le succès qu'il connut lors de sa sortie en salle...

 

lundi 6 mars 2023

Le nouveau jouet de James Huth (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Parce que Pierre Richard et Michel Bouquet sont irremplaçables, parce Francis Veber l'est également, parce que Jamel Debbouze me file en général des boutons, il faudrait que je déteste d'emblée et sans réfléchir le nouveau long-métrage de James Huth, Le nouveau jouet ? Je ne pensais pas le dire, ni même le ressentir secrètement un jour, mais le petit franco-marocain de Trappes est finalement parvenu à me convaincre que derrière le sempiternel bouffon bafouilleur des cités se cachait un vrai talent d'interprète. Et pas simplement dans le registre de la comédie mais également dans celui de l'émotion. Oui mais voilà, le voir endosser en 2022 le costume de l'alter ego maghrébin du François Perrin de 1976 a généré un certain nombre d'avis négatifs avant même que le film ne sorte sur les écrans de cinéma. Vôtre serviteur y allant lui-même de sa verve assassine. C'est pourquoi, aujourd'hui, il est temps de remettre les pendules à l'heure et de reconnaître que oui, ce pari insensé d'offrir à Jamel Debbouze le rôle du jouet dans le nouveau film de James Huth fut finalement une très bonne idée. Tout comme le fut celle de lui opposer un Daniel Auteuil qui loin d'être ridicule en comparaison avec Michel Bouquet est parvenu à incarner un homme rigide, froid, insensible mais aussi étonnamment émouvant. C'est ainsi que dans Le nouveau jouet, deux univers se télescopent. Celui du monde des affaires à la tête duquel se positionne donc Philippe Étienne, l'une des plus grosses fortunes de France. Et celui des quartiers populaires incarnés par Samy Chérif. Et entre les deux, un enfant prénommé Alexandre et qui n'est autre que le fils de Philippe Étienne et dont la mère est décédée depuis peu. Les relations entre le père et le fils étant extrêmement tendues, Philippe Étienne passe tous ses caprices à Alexandre qui un jour croise la route de Samy dans l'un des magasins appartenant à son père. Le jeune garçon auquel a été offert l'opportunité de choisir un cadeau parmi les nombreux articles présents dans les rayons jette alors son dévolu sur cet agent de sécurité qui en dépit du bon sens va accepter de jouer le rôle de... Jouet afin de subvenir aux besoins financiers du couple qu'il forme auprès d'Alice (l'actrice Alice Belaïdi), laquelle s'apprête à accoucher de leur premier enfant...
 
 
Que dire si ce n'est que '' Le nouveau jouet '' a bouleversé toutes nos convictions. Celle qui s'ancrent en général pour longtemps et nous transforment en indécrottables imbéciles dépourvus d'objectivité. Enfin, je parle là de la mienne, pas celle de ma compagne qui elle est plus ouverte que je ne le suis. Dans un univers partagé entre le château du richissime homme d'affaire, la chambre d'Alexandre (interprété par le jeune Simon Faliu que l'on a pu notamment voir dans la franchise Le petit Nicolas ou dans la purge Les blagues de Toto)et les innombrables trésors qu'elle recèle mais qui ne parviennent cependant pas à combler le vide laissé par la mort de la mère et la cité où vit Samy, Le nouveau jouet ne déroge pas à la règle en s'inspirant évidemment de l'œuvre de Francis Veber tout en actualisant son sujet dans un contexte social très actuel. Si certains remarqueront l'emploi d'un ''arabe de service'' au bénéfice d'un jeune ''blanc-bec'' parfaitement imbitable, il faudra d'abord demander à Jamel Debbouze ce qu'il en pense avant de prononcer l'éternel pamphlet sur le racisme. Sujet qui d'ailleurs n'est heureusement pas évoqué contrairement au ''délit d'origine afro-américaine'' dont le héros du lénifiant remake américain signé en 1982 par Richard Donner, Le joujou, ne cessait de servir d'argument fallacieux au récit ! Ici, le social s'établit à travers la vie d'une cité, avec ses codes, souvent amusants d'ailleurs, les difficultés financières de Samy et de son épouse Alice ou à travers la fermeture prochaine d'une usine qui fait vivre une grande partie des habitants du quartier. Alors que l'on pouvait redouter que le scénario de James Huth et Sonja Shillito, la réalisation et l'interprétation ne s'appesantissent sur ces sujets ou que le film ne fasse qu'adapter maladroitement l'œuvre de 1976, James Huth réinvente le concept et nous offre un long-métrage qui n'a absolument rien à envier à l'original. La relation entre Samy et Alexandre, les rapports entre l'enfant et son père ou entre ce dernier et le ''jouet'' de son fils sont souvent très touchants. Et contrairement à ce que j'avais pu lire ça et là, Jamel Debbouze n'en fait pas des caisses. Les pitreries auxquelles s'adonne son personnage afin de s'accorder les faveurs financières du père et l'amitié du fils sont finalement moins nombreuses que prévu et le spectacle devient nettement plus intimiste et touchant. Bref, Le nouveau jouet est une excellente surprise, inattendue, parfois très drôle (le frère d'Alice, Nono, interprété par Redouanne Harjane ou Atmen Kélif dans celui du pleutre, Moussa) et les deux heures filent à toute allure. Comme quoi...

 

vendredi 4 novembre 2022

Classico de Nathanaël Guedj et Adrien Piquet-Gauthier (2022) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 

 


 

J'ai prié, prié, supplié pour n'avoir plus à subir la moindre daube sur grand écran. Seule solution ? Me réfugier chez moi. Fermer la porte d'entrée à double tour ainsi que les volets du salon et des chambres, couper les téléphones fixe et portable ainsi qu'internet. Ne me tenir au courant de rien. Lire un roman, écouter un disque ou un documentaire à la télévision mais surtout pas me renseigner sur les dernières sorties cinéma......... Mais que voulez-vous... Chassez le naturel et etc...  j'ai rebranché ma box, allumé mon pc, ait lancé le navigateur Opéra (parce que, hein, Firefox est devenu insupportablement lent) puis ait fait quelques recherches pour tomber sur ça ! Cette chose infamante que propose actuellement Amazon Prime. J'ai rêvé de n'avoir plus à suivre les aventures d'une troupe d'interprètes s'étant laissés autant berner que leurs futurs (télé)spectateur, au grès d'un synopsis sinon intelligent, du moins suffisamment divertissant pour me faire oublier que bientôt, très bientôt les vacances allaient se terminer et qu'il me faudrait retourner trimer dans la même boite depuis plus de vingt-sept ans ! L'année passée Netflix avait empuanti l'atmosphère avec l'immonde Le dernier mercenaire du tâcheron David Charhon. Cette année, Amazon Prime est parvenu à faire pire. Et ils s'y sont mis à deux pour nous servir l'un des deux ou trois plus gros étrons de l'année avec Classico. Derrière cette engeance, deux ''réalisateurs'' : Nathanaël Guedj et Adrien Piquet-Gauthier. En même temps, la plateforme étant une habituée des purges (en septembre 2020, Kheiron osait y proposer l'immonde Brutus VS César), on ne s'étonnera pas d'y voir exposé ce Classico dont le scénario paraît avoir été trouvé dans une benne à ordures marseillaise. Le film de Nathanaël Guedj et Adrien Piquet-Gauthier est du niveau de Les méchants de Mouloud Achour et Dominique Baumard ou du Médecin imaginaire de Ahmed Hamidi. Ces films mis en scène par des réalisateurs qui n'ont de la profession que le nom et qui croient déjà pouvoir percer dans le domaine du septième art en nous offrant les pires spectacles qui soient. Encore heureux que Classico ne soit pas proposé dans les salles de cinéma !


Lorsque l'on parle de films alimentaires, celui-ci semble être l'exemple parfait : car comment expliquer autrement la présence de Denis Podalydès, si petite soit-elle, dans cette fumisterie ? Tomber aussi bas pour d'autres raisons que celle de l'appel de l'argent est inconcevable. Et ce pauvre Hakim Jemili... dont le talent (Docteur? de Tristan Séguéla en 2019) est une fois de plus gâché par des choix artistiques plus que douteux (Les Méchants, puis En Passant Pécho de Julien Royal)... Guilaine Lopez, Elie Semoun, la charmante Alice Belaïdi ou Ahmed Sylla, lequel a récemment séduit le public grâce à son interprétation dans Jumeaux mais pas trop d'Olivier Ducray et Wilfried Meance mais qui là, pose clairement le pied gauche dans la merde ? Classico est juste tétanisant de connerie. Tant de bêtise à l'écran ne peut qu'anesthésier le cerveau du public. L'endormir pour mieux faire passer la pilule. Lui injecter sa dose de vannes plus navrantes que celles trouvées dans les emballages de bonbons Carambar ! Le sujet est simple : le héros incarné par Ahmed Sylla égare la Coupe des Champions. Pour la récupérer, il lui reste quinze jours. Soupçonnant des parisiens de l'avoir dérobée, le voilà qui monte dans la capitale afin de la récupérer. En gros, Classico, c'est un marseillais à Paris. Avec tout ce que cela comporte de préjugés débiles, de caricatures forcées, de clichés habituels. Car on le sait tous : si les parisiens sont des cons qui passent leur temps à faire la gueule, les marseillais, eux, sont tous d'honnêtes citoyens, le sourire aux lèvres et systématiquement prêts à servir leur prochain ! Pour la faire court et ayant vécu en région parisienne avant de venir m'installer à Marseille, je peux affirmer sans hésitation que le propos du film est au minimum dépassé ! Et ça tombe bien puisque comme le consacre l'expression marseillaise : les parisiens sont tous des éculés ! (ouais, bon, si t'as pas compris l'allusion, tu me fais signe en commentaire, hum?)...


Pour en revenir au film, long-métrage, à l’œuvre, au bousin de Nathanaël Guedj et Adrien Piquet-Gauthier, sachez que si vous être amateur de bons mots comme furent capables de nous en servir sur des plateaux d'argent Michel Audiard, Francis Veber ou Bertrand Blier (mes éternelles références), vous allez caguer des lames de rasoirs devant ce Classico qui vous empêchera de rester en place comme si vous aviez aux fesses des hémorroïdes ! Tellement affligeant que le malaise prend la place du rire. On a droit à l'habituelle idylle reposant sur un mensonge identitaire entre Ahmed Sylla et Alice Belaïdi et pour le reste, ça n'est rien d'autre que du déjà vu de très bas étage. Même le capital sympathie du héros ne fonctionne pas suffisamment pour rattraper le naufrage. Pas de personnages attachants, pas de situations qui prêtent réellement à rire (un comble) et le contraste entre la personnalité du marseillais et des parisiens n'est finalement même pas réellement au cœur du sujet. Classico n'honore ni les plus significatives ''patries'' du football que sont Marseille et Paris dans notre pays ni même ce sport qui chez nous demeure le plus populaire. À réserver aux seuls fans de foot... et encore... !

 

mardi 1 février 2022

Avant Projection : Le nouveau jouet de James Huth (2022)

 


 

Daniel Auteuil dans le rôle que tenait Michel Bouquet dans Le jouet de Francis Veber... ou presque puisque l'acteur y interprétait celui de Pierre Rambal-Cochet, richissime et atone homme d'affaire, tandis que désormais, c'est le personnage de Philippe Etienne qui prend sa place tout en demeurant apparemment aussi glacial et sinistre. Mieux ! Enfin, pire.... Jamel Debbouze dans celui qu'interprétait l'immense Pierre Richard. Le journaliste François Perrin devenant ainsi Samy, petit gardien de nuit, marié et futur père d'un bébé que son épouse va bientôt mettre au monde.Ça a l'air d'une très, très mauvaise blague et pourtant, Le nouveau jouet est bien le remake que personne ou presque ne s'attendait à voir débarquer en octobre prochain. Une comédie, donc, dans laquelle on ne s'attend pas non plus à ce que Jamel Debbouze y fasse autre chose que ce qu'il a l'habitude de faire : du Jamel Debbouze ! Car si l'on fait abstraction des quelques rares incartades hors-comédies dans lesquelles il est apparu, reconnaissons qu'il se manifeste en général à l'écran comme l'humoriste qu'il demeure sur scène. Autant dire qu'avec Le nouveau jouet, le réalisateur James Huth joue à pile ou face. Soit ça passe (ce qu'affirmeront d'avance les fans de Debbouze), soit ça casse (comme s'évertueront à le penser par avance les fans de Pierre Richard). Si l'on peut concevoir que l'ancien trappiste ait notamment pu interpréter le rôle de Numérobis dans deux des adaptations d'Astérix sur grand écran, on peut se demander sur quelles bases fut porté le choix de cet acteur/humoriste qui ne joue clairement pas dans le même registre que Pierre Richard...


Un remake de plus pour Francis Veber qui voit une fois encore sa filmographie être réinterprétée sans qu'aucune n'ai jusqu'à maintenant réussi à faire oublier telle ou telle œuvre d'origine. Parions qu'avec Le nouveau jouet, le miracle n'aura pas lieu. D'abord parce que Pierre Richard est irremplaçable. Ensuite parce que quoi qu'on en dise et malgré l'originalité de ses précédents longs-métrages, le réalisateur James Huth n'a jamais vraiment fait de vagues dans le registre de la comédie. Outre Francis Veber dont le film reprend forcément le scénario qu'il écrivit dans le courant des années soixante-dix, ils s'y sont mis à quatre pour réécrire l'histoire de ce gamin pourri gâté auquel le père passe tous ses caprices. James Huth et Jamel Debbouze ainsi que Mohamed Hamidi (réalisateur des sympathiques Jusqu'ici tout va bien en 2019 et de Une belle équipe l'année suivante) et Sonja Shillito, fidèle collaboratrice du réalisateur depuis 2007 avec le très original Hellphone. Daniel Auteuil à la place de Michel Bouquet passe encore. Quoique malgré ses qualités d'interprètes que ne savent malheureusement pas toujours exploiter certains cinéastes, celui-ci aura bien du mal à faire oublier un Michel Bouquet spécialiste à son époque des rôles durs, impassibles et austères. Avec sa sympathique trogne, nul doute que le jeune Simon Faliu saura égaler l'interprétation de Fabrice Greco qui à l'époque interpréta le rôle de Éric Rambal-Cochet, le fils du riche homme d'affaires. Quant à Alice Belaïdi, le scénario lui offre un rôle qui à l'époque n'existait pas. La touche de féminité qu'il est de coutume de mettre de nos jours en avant et sur laquelle à l'époque Francis Veber avait fait l'impasse. Le passage en salle risque d'être tendu pour les fans de la première heure qui oseront passer le cap de la méfiance le 19 octobre prochain. Sûr que les amateurs de Jamel Debbouze se précipiteront en salle. Un drôle de mélange qui parmi le public risque de détoner et s'avérer peut-être même, explosif. Réponse dans neuf mois environ...

dimanche 29 novembre 2020

Terrible Jungle de Hugo Benamozig et David Caviglioli (2020) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

L'anthropologue Elliot De Bellabre a tout quitté pour étudier les Otopis, un peuple d'Amazonie que peu d'hommes (voire pas du tout) ont eu la chance de rencontrer. Accompagné dans la brousse par Humbolt et Yaguati qui cherchent en réalité lui dérober son argent dès que l'occasion se présentera, Elliot a non seulement quitté son pays pour rencontrer les Otopis mais également pour échapper à son encombrante mère Chantal, elle-même célèbre anthropologue qui, n'ayant pas de nouvelles de son fils, décide de partir à sa recherche. Dès son arrivée dans la région où vivent les indigènes, elle entre en contact avec le Lieutenant-Colonel François-Yves Raspaillès qu'elle espère convaincre de l'aider à retrouver Elliot. Pendant ce temps, ce dernier est parvenu à croiser la route d'Albertine (!?!), la cheffe des Otopis. En suivant la jeune femme jusqu'au village des siens, Elliot découvre une tribu dont le mode de vie est loin de celui qu'il avait imaginé...


Il y a plusieurs manières d'envisager Terrible Jungle réalisé et écrit en duo parHugo Benamozig et David Caviglioli. Sachant qu'il n'a que peu de rapport avec l'univers d'un Kad Merad, d'un Dany Boon ou d'un Gad Elmaleh. Ou si peu. Ici, on est plus proche du loufoque univers de Family Business, cette excellente série proposées par le service de vidéos en ligne Netflix. Le principal atout de cette comédie burlesque est évidemment la présence de Catherine Deneuve qui après une longue carrière d'actrice ayant joué à peu dans tous les genres peut aujourd'hui se permettre d'apparaître dans une œuvre comme celle-ci sans avoir l'air ridicule. Le casting est en général plutôt séduisant puisque auprès de Catherine Deneuve, on retrouve dans le rôle principal l'acteur Vincent Dedienne. Dans celui d'Albertine la cheffe des Otopis, on retrouve une Alice Belaïdi pas forcément à son avantage. Dans le rôle du chimiste, le chanteur et acteur Esteban, mais surtout Jonathan Cohen dans celui du Lieutenant-Colonel de la Gendarmerie française, François-Yves Raspaillès. LE boulet du film. LA caricature...


Concernant le récit, imaginez une sorte de Amazonia, la Jungle Blanche sans cannibales et sans femmes à poil décapitées. Hugo Benamozig et David Caviglioli en auraient conservé le cadre et ses trafiquants de drogue tout en injectant à l'histoire, une bonne grosse dose de gags plus ou moins hilarants. Catherine Deneuve ne se dépareillant pas de son stoïcisme, c'est donc à Vincent Dedienne et Jonathan Cohen qu'est confiée la lourde tâche de faire rire. Pas facile lorsque les répliques sont aussi inégales. Heureusement que certaines d'entre elles font mouche. Terrible Jungle se moque d'à peu près tous les sujets qu'il aborde, et c'est tant mieux puisque l'on n'est pas venu entendre ses auteurs sermonner ses personnages sur telle ou telle attitude à adopter envers la drogue ou plus généralement, l'exploitation des indigènes d'Amazonie. On rapprochera d'une certaine manière le film de Hugo Benamozig et David Caviglioli de l'univers totalement décalé de Quentin Dupieux mais en moins ''autiste'' malgré tout. Terrible Jungle peu également s'envisager comme un ersatz des comédies signées par Benoît Delépine et Gustave Kervern comme si ces derniers avaient pour une fois décidé d'abandonner le bitume pour s'aventurer dans l'épaisse forêt amazonienne. En résulte une comédie déglinguée, plus ou moins fine, relativement bien écrite et interprétée par de généreux interprètes.

 

samedi 28 mars 2020

Les Gorilles de Tristan Aurouet (2014) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Le buddy movie est un concept cinématographique opposant deux individus qui n'ont généralement rien en commun. Aux États-Unis, le genre est célébré sur grand écran depuis presque un siècle (on ne compte pas les œuvres qui mettent notamment en scène Laurel et Hardy ou Abbott et Costello depuis les années trente), le genre ayant connu un succès phénoménal à partir des années quatre-vingt et la sortie de 48 Heures de Walter Hill en 1982, Un fauteuil pour deux de John Landis en 1983 ou encore L'Arme fatale de Richard Donner en 1987. A vrai dire, quelques rares exemples prélevés dans une liste longue comme le bras contenant d'innombrables classiques de la comédie et de l'action. La France n'aura pas attendu longtemps avant de proposer elle aussi quelques savoureux spécimens du genre avec, notamment dans les années soixante, le duo formé par Louis de Funès et André Bourvil dans Le Corniaud et La Grande Vadrouille tout deux réalisés par Gérard Oury en 1965 et 1966. Suivi notamment en 1973, par le chef-d’œuvre de Édouard Molinaro L'Emmerdeur qui opposait le dépressif Jacques Brel au tueur à gages Lino Ventura. Puis se furent les années quatre-vingt, avec l'excellente trilogie réalisée par Francis Veber et interprétée par Gérard Depardieu et Pierre Richard : La Chèvre en 1981, Les Compères en 1983 et Les Fugitifs trois ans plus tard. Là encore, quelques exemples parmi une foultitude de longs-métrages qu'il serait évidemment trop longs à énumérer. Parmi eux, quelques-uns ont malheureusement raté le coche.

Les Gorilles fait partie de ces quelques erreurs au départ pourtant prometteuses mais qui au final sentirent le rance dès leur sortie sur grand écran. Tristan Aurouet, auteur en 2003 de Narco avec Guillaume Canet qui n'était pas si mauvais malgré l'avis de certains ''spécialistes'', et en 2018 de Selfie, signait en 2014 l'une de ces comédies dans l'air du temps qui réunissent quelques stars autour desquelles le Cinéma offre une chance à des jeunes de banlieue. D'où des seconds rôles à la silhouette fort impressionnante et dont le jeu d'acteur ne doit pas être très éloigné du comportement qu'ils ont dans leur quotidien. Stéréotype ? Peut-être, mais cela n'a pas empêché le réalisateur de les employer dans des rôles de petites frappes des banlieues. Ce détail étant précisé, concernant les vedettes de ce ''french buddy movie'', Tristan Aurouet convoque les deux ''gorilles'' Joey Starr et Manu Payet. D'un côté, Joey Starr, l'une des stars du rap français aux côté de Kool Shen et leur groupe NTM qui depuis le début des années 2000 tourne pour le cinéma. De l'autre, Manu Payet, humoriste, réalisateur et scénariste (Situation Amoureuse : c'est Compliqué en 2014) et acteur qui est notamment apparu à la télévision dans les séries Kaamelott en 2009 et Péplum en 2015. D'un côté, Alfonso. la grosse brute, agent de surveillance du service de protection des hautes personnalités. De l'autre, l'immature Walter, qui a échoué à l'examen d'entrée dans le service mais qui par un concours de circonstance s'est vu offerte l'opportunité de l'intégrer. Confiée à Alfonso, la formation de Walter ne va pas être de tout repos. Alors que les deux hommes sont chargés d'assurer la protection de la chanteuse Ja-Y (Alice Belaïdi), son ancien compagnon récemment échappé de prison va tout faire pour la retrouver et la récupérer...

Joey Starr, dans la peau d'Alfonso a bien du mérite de contenir sa colère face à un Manu Payet/Walter d'une extrême lourdeur. Plus agaçant que réellement amusant, ce dernier cabotine à outrance face à un Joey Starr très professionnel. Entre les deux hommes, une Alice Belaïdi toujours aussi charmante quoique un brin vulgaire dans certains de ses propos. Une trivialité qui s'étend au delà de son seul personnage pour gangrener le reste du casting. Si l'on peut se satisfaire dans un premier temps de l'antinomique caractère de nos deux gorilles (l'un en mode brute épaisse et le second en mode pré-pubère), Les Gorilles, le film, finit par se mordre la queue en tournant en rond et ne rien proposer de réellement appétissant. Même la présence en arrière plan de l'acteur Gilles Lellouche dans le rôle du flic Petrovitch ne parvient pas à relancer une machine grippée au scénario convenu. Écrit à dix mains (!!!) par le réalisateur et les scénaristes Matt Alexander, Romain Lévy, Matthieu Le Naour et Mathieu Oullion. Les Gorilles reste finalement digne de sa proposition : d'une lourdeur incommensurable...

lundi 29 octobre 2018

Budapest de Xavier Gens (2018) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



Xavier Gens ? Pas vraiment ma came. Alors lorsque le réalisateur du beaucoup trop surestimé Frontière(s), vous savez, cet ersatz de Massacre à la Tronçonneuse bien de chez nous mêlant fait d'actualité (nous sommes en 2007 et la banlieue est chaude, chaude, chaude) et univers crapoteux dans lequel navigue une famille de frappadingues, se tourne vers la comédie, j'me suis dis, pourquoi pas. Surtout que le trio de tête formé par Manu Payet, Jonathan Cohen et Monsieur Poulpe part avec un capital sympathie évident. Qui, malheureusement, ne transpire plus vraiment sur grand écran au regard de ce Budapest vulgaire, dont le scénario est aux abonnés absents et où l'on cherche encore les bons mots qui auraient pu, ou dû, nous faire rire. Parce qu'en réalité, on est face, là, à un sacré objet convoquant davantage la sinistrose qu'autre chose. C'est plat, sans folie véritable, coloré, certes, mais à mille lieues de ce à quoi les fans d'un Very Bad Trip (que je n'ai pas vu et que je ne verrai sans doute jamais) croyaient sans doute pouvoir s'attendre. Du moins, d'après une grosse partie de la presse qui compare les deux films.

J'aurais d'ailleurs peut-être dû commencer par la fin. C'est à dire comparer mon ressenti à la lecture des critiques professionnelles, exercice de fin de repas habituellement jubilatoire mais qui à cette occasion s'est révélé aussi désagréable qu'une mauvaise descente de cannabis. Je comprends et j'adhère tout à fait à l'idée que de brûler des livres ou des peintures soit un acte de vandalisme impardonnable, mais quand je pense à tous ces individus, sans doute en manque de réconfort, d'amour, ou d'amitié, qui se réfugient dans l'antispécisme alors qu'il feraient parfois davantage actes de civisme en pénétrant dans certaines salles de projection afin d'y brûler les œuvres de l'acabit de cette daube qu'est Budapest, ça me rend malade au point d'avoir envie de prendre moi-même les rennes d'un néo-mouvement consacrant son temps à manifester pour que soit interdite la projection de merdes contre monnaie sonnante et trébuchante...

Je suis effaré... et même hagard à l'idée que des papiers osent faire l'éloge d'un long-métrage accumulant tant de tares qu'on croirait un autre but atteint que celui d'amuser les spectateurs : celui d'établir tout ce que le cinéma humoristique français des quinze ou vingt années qui viennent de s'écouler a engrangé. J'avais réussi, dès son passage au Cinéma des Corbières de Sigean, à me convaincre que le Brillantissime de et avec Michèle Laroque conserverait jusqu'au 31 décembre au soir la palme d'or de la plus mauvaise comédie française de l'année 2018. Et pourtant, Xavier Gens vient de brouiller définitivement mes pronostics. Budapest est une catastrophe au moins aussi saisissante que celle de Tchernobyl. Encore que le film de Gens n'aura sans doute eut aucune conséquence physique sur ceux qui auront eu le malheur de le découvrir ces jour-ci, ou pire, au cinéma lors de sa sortie en salle en juin dernier. Intellectuellement, il s'agit d'une autre affaire. Le cas typique de long-métrage capable de diviser. Pourvu que la majorité de ceux que je côtoie dans la vie réelle ou virtuelle partage mon opinion à son sujet, à défaut de quoi, je serais contraint de faire le ménage parmi eux... Abuserais-je quelque peu... ? Ma foi, Peut-être. Qui sait si au fond, je n'ai pas trop vite vieilli. Peut-être suis-je devenu insensible... ? NON, car, je le répète, Budapest est une MERDE. J'assume !!!

samedi 12 mai 2018

La Monnaie de leur Pièce d'Anne Le Ny (2018) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Pas bien le téléchargement illégal, pas bien. Mais parfois, ça peut vous éviter certains désagréments. Faut savoir respecter l’œuvre de l'artiste qui a engagé sa passion, son temps, sa réputation, des moyens financiers, une équipe technique au complet et un casting constitué d'interprètes plus ou moins (re)connus. Mais le respect, ça se mérite. Çà se partage également. Ben oui, si cette considération ne va que dans un sens, y'a pas de raison que l'on serve la soupe à un réalisateur qui n'a pas rempli sa part du contrat. A lui seul, La Monnaie de leur Pièce est typiquement l'exemple de l’œuvre ratée. Car lorsqu'un long-métrage se targue d'être une comédie, et que le spectateur se fait littéralement chier, c'est un peu comme de se voir offrir du cavianne en lieu et place de caviar. Bon, pour ceux qui ne connaîtraient pas encore cet étrange produit alimentaire venu tout droit du Japon, il s'agit en fait d'une matière grise et gluante qui en passant dans un tube à bec, produit de petites billes ressemblant aux célèbres et très coûteux œufs d'esturgeons.
Concernant le long-métrage de la cinéaste française Anne Le Ny que l'on a plus couramment l'habitude de connaître en tant qu'actrice, il manque le coche. Malgré la présence de Miou-Miou, Alice Belaïdi et Anémone, La Monnaie de leur Pièce est affreusement triste. Pas drôle pour un sou, les répliques sont flemmardes, inadaptées, et certains comportements accentuent l'ennui qui se dégage de ce long-métrage dont l'idée de départ n'était pourtant pas si mauvaise. Certes, La Monnaie de leur Pièce n'est pas la plus affligeante comédie de l'année (souvenons-nous de la traumatisante expérience que fut le catastrophique Brillantissime de Michèle Laroque), mais en comparaison de Tout le Monde Debout de Franck Dubosc et Le Retour du Héros de Laurent Tirard, le film d'Anne Le Ny fait bien plus mal au porte-monnaie qu'aux zygomatiques qui, elles, ne seront malheureusement que trop rarement (et peut-être même pas du tout) sollicitées.

En fait, La Monnaie de leur Pièce possède les mêmes défauts que la plupart des comédies françaises qui sortent maintenant depuis un certain nombre d'années. Les Dany Boon, les Kad Merad, Les Christian Clavier (non, pas lui), sont certes de bons acteurs, mais encore faut-il que les dialogues suivent. C'est ainsi que sortent les uns après les autres des longs-métrages censés faire rire mais qui, au sortir de la salle de cinéma, laissent songeur. En fait, des sentiments positifs qui se dégagent davantage de la communion générée par un public enfermé dans une même salle, il ne demeure à la sortie qu'un souvenir peu ému et qui avec le temps, s'efface assez rapidement.

Le récit tourne autour de l'héritage de la vieille tante Bertille (Anémone) qui vient tout juste d'être enterrée. Comme le laisse penser la voix du narrateur assurée par l'excellent François Morel, son décès n'affecte que peu de membres de la famille. Persuadée qu'elle en est la cause, sa sœur Brigitte et ses trois enfants Charlotte, Nicolas et Paul sont persuadés qu'ils vont toucher très prochainement l'héritage de la tante acariâtre. Mais contre toute attente, c'est leur cousine Éloïse qui remporte le pactole. Afin de récupérer une part de l'héritage, les trois enfants de Brigitte vont accepter le 'petit' marché que va leur proposer alors la jeune femme...

Miou-Miou ? Sous-exploitée. Comme la plupart des interprètes. Seule Julia Platon parvient à quelque peu tirer son épingle d'un jeu qui dérange plus qu'il n'amuse. Malheureusement, le cynisme tant attendu offert par le synopsis ne franchit jamais la frontière qui sépare le script du film lui-même. C'est plat, ennuyeux, et surtout, on ne rit jamais. Tout juste un sourire pourra-t-il se dessiner lors de certains passages tout en laissant vacante l'hypothèse de ce qu'aurait pu être La Monnaie de leur Pièce s'il avait été réalisé avec davantage de rigueur (vigueur?) et d'implication (application?). Anne Le Ny n'en demeurant pas moins une excellente actrice, elle pourra fort heureusement se réconforter en continuant de tourner dans des œuvres signées par des cinéastes dont c'est véritablement le métier. Qu'elle laisse donc la mise en scène à ceux qui savent faire les choses convenablement...

mardi 25 juillet 2017

Père Fils Thérapie ! de Emile Gaudreault (2015) - ★★★★★★★☆☆☆



Avec Père Fils Thérapie, ça n'est pas la première fois qu'en France un cinéaste adapte une œuvre québécoise. Pour mémoire, Isabelle Duval adaptait en 2013 le film de Ken Scott Starbuck et lui donnait pour l'occasion un nouveau titre, Fonzy. Deux ans plus tard, c'est au tour de Stéphane Meunier de s'essayer à l'exercice du remake en proposant une vision personnelle de La Grande Séduction avec Un Village Presque Parfait. L'année dernière sort sur nos écrans trois jours avant la nouvelle année, Père Fils Thérapie, adaptation française de De Père en Flic de Émile Gaudreault, cette fois-ci signée... Émile Gaudreault !Le cinéaste reprend donc les rennes du projet et le scénario qu'il écrivit à l'origine en compagnie de Ian Lauzon, le québécois le remanie cette fois-ci avec l'aide des français Guy Laurent et de Philippe de Chauveron, lequel est désormais célèbre chez nous pour avoir surtout réalisé Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? (la suite étant prévue pour l'année prochaine.
Père Fils Thérapie, c'est tout d'abord un cadre extraordinaire situé dans le par naturel régional du Verdon, et notamment dans les communes de Bauduen, Trigance et Aiguines. Une partie du tournage a été assurée dans les studios « Provence Studios » situés à Martigues. Des décors de rêve pour une comédie légère et plaisante. Le film d' Émile Gaudreault ressemble à ces longs-métrages offrant des cadres estivaux où se retrouvent des vacanciers qui n'ont en commun que le goût de la nature. Sauf qu'ici, il s'agit de thérapie. Seules femmes à bord, Alice Belaïdi (Un Petit Boulot) et Julie Ferrier (Ça se Soigne?) apportent cette petite touche de féminité essentielle à cette œuvre qui tourne autour des conflits opposant des pères à leur fils respectifs.
En toile de fond, une histoire d'enlèvement. Celle d'un flic kidnappé par un dangereux criminel (l'excellent Féodor Atkine). Si les autorités veulent avoir une chance de récupérer leur homme sain et sauf, ils doivent convaincre Charles Perronet, l'avocat du criminel. Perronet entretient des rapports conflictuels avec son fils Fabrice. A tel point que l'épouse de Charles inscrit son époux et leur enfant à une thérapie de groupe axée sur les rapports entre père et fils. Une occasion en or pour la police qui décide d'y envoyer les flics Jacques et Marc Laroche qui eux-mêmes sont père et fils. Afin de se fondre dans le groupe, ils se font passer pour des agents immobiliers. Les deux hommes ont un avantage certain sur leurs collègues : ils ne se supportent pas. Pas besoin alors de faire semblant. Ils n'ont qu'à demeurer le plus naturel possible. En arrière, un binôme constitué de deux policiers, dont Julie Benati, veille à ce que tout se déroule comme convenu.7Lors de la thérapie, chaque membre du groupe va être confronté au mal être que constitue ses rapports, soit avec son père, ou bien avec son fils. Jacques et Marc tentent de se rapprocher de Charles et de Fabrice afin de se lier à eux et pourquoi pas de les convaincre d'aider les autorités à retrouver le policier qui a été enlevé par le client de Charles...

L'idée de départ est assez séduisante avec un Richard Berry que l'on rêve de retrouver aussi hargneux que dans l'épuisant Une Journée de Merde de Miguel Courtois qu'il tourna dix-huit ans plus tôt en 1998, un Jacques Gamblin aussi savoureux dans la comédie que dans le polar, une Alice Belaïdi d'origine algérienne apportant une petite touche d'exotisme, ainsi qu'une Alice Ferrier irrésistible dans le rôle de l'animatrice vouant un véritable culte à son métier. Les seconds rôles prennent une importance presque aussi importante que les principaux interprètes. Waly Dia et Baptiste Lorber campent les fils incompris du duo Berry-Gamblin et le portrait des différents personnages qui accompagnent notre quatuor donne parfois lieu à des situations incroyablement cocasses. Père Fils Thérapie est une sympathique comédie interprétée par de talentueux interprètes capables autant de nous faire rire que de nous émouvoir. Contrat parfaitement rempli...
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