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mercredi 29 octobre 2025

Le million de Grégoire Vigneron (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Une fois installés dans la salle numéro 2 du cinéma CGR de Narbonne, ma compagne et moi n'attendions certainement pas à prendre autant de plaisir que la veille et l'avant-veille après la découverte du sympathique Répondeur de Fabienne Godet et de l'excellent Avignon de Johann Dionnet. Au choix, nous avions tout loisir d'opter soit pour le nouveau long-métrage de Grégoire Vigneron, soit faire un voyage dans le temps aux côtés d'Elsa Zylbestein et Didier Bourdon avec C'était mieux avant de Vinciane Millereau ou encore de choisir Le jour J de Claude Zidi Jr. que certains prétendent déjà comme étant le Mais où est donc passée la septième compagnie des années 2020 ! N'étant pas vraiment férus de Kev Adams même si ce dernier ne nous a jamais systématiquement déçu et n'ayant pas non plus la patience d'attendre que se profile à l'horloge midi passée d'une heure, nous avons donc préféré nous ''ruer'' (un bien grand mot en réalité) sur Le million de Grégoire Vigneron. Une comédie, à n'en point douter, aussi légère que celles auxquelles Christian Clavier nous a habitué depuis belle lurette. L'acteur et ancien membre de la Troupe du Spledid est donc ici l'un des deux personnages principaux d'une comédie qui n'a absolument rien à voir à ce que laisse supposer le titre. Ici, pas de gagnant de la Française des Jeux profitant opportunément de sa nouvelle richesse pour changer de vie ou pour sauver sa petite entreprise en faillite. Non, Le million oppose un serrurier et ex-taulard au jeune employé d'une entreprise de BTP qui vont se joindre afin de replacer dans un coffre la mallette contenant un million d'euros que le jeune homme en question a dérobé plus tôt dans la journée. Je ne révèle ici rien de fondamental puisque le film s'ouvre tout d'abord sur l'intrusion des deux hommes dans la salle renfermant le coffre du PDG de l'entreprise, Richard, incarné à l'écran par Gilles Cohen. Bien que Stan (Rayanne Bensetti) ait été licencié par ce dernier après avoir commis une ''faute grave'' due à la malveillance d'un concurrent de l'entreprise visant le même poste que lui, en apprenant que l'homme en question (Léonard Berthet-Rivière dans le rôle de Fred) a fait passer ses intérêts personnels avant l'avenir de l'entreprise, Richard a décidé finalement de reprendre Stan à ses côtés... Malheureusement, entre-temps, ce dernier a dérobé une mallette contenant un million d'euros. Le jeune homme fait alors appel au serrurier Hippolyte avec lequel il a eu maille à partir quelques heures auparavant. Les deux hommes auront jusqu'au lendemain matin six heures pour replacer l'argent dans le coffre de l'entreprise...


L'échelle temporelle de ce Million écrit à trois mains par Isabelle Jaquet, Julie Ponsonnet et par Grégoire Vigneron lui-même se situe presque très exactement au même niveau que celle de Docteur ? que signa Tristan Séguéla six ans en arrière. Il est d'ailleurs amusant de noter qu'avant Christian Clavier, le regretté Michel Blanc s'était déjà acoquiné avec un autre acteur de la nouvelle génération en la personne du très sympathique Hakim Jemela... Nominé cette année au 21ème Festival du film français d'Helvétie dans la section Grande Première et financé à hauteur de plus de sept millions d'euros, Le million démarre plutôt péniblement. Évacuons d'emblée la question s'agissant de la bande musicale signée du compositeur Sylvain Goldberg, laquelle est d'une telle conformité qu'elle se range immédiatement dans la catégorie des bandes originales sans relief et sans inspiration ! Bref, le genre de musique que l'on ne cesse d'entendre dans les comédies actuelles et qui se ressemblent toutes au point qu'elles semblent avoir été générées par une quelconque Intelligence Artificielle en version gratuite ! Passons également sur le pseudo message écolo qui échoue au beau milieu de l'intrigue comme un cheveu sur la soupe avant de réapparaître comme valeur morale à la toute fin du récit pour nous concentrer sur les personnages secondaire parmi lesquels nous retrouvons la très à la mode Claire Chust dans le rôle de la petite amie de Stan, Marine, Charlotte Gabris dans celui de son ex, Esther, ou encore Julie Ferrier et le belge Jean-Luc Couchard en couple dans les rôles d'Annabelle (ex-femme de Hippolyte) et Aslan, son nouveau compagnon ! Bien que les débuts soient laborieux, le rythme finit par s'accélérer et l'on s'étonne finalement de prendre du plaisir devant cette comédie même si l'on n'a que trop rarement l'occasion de rire. Depuis plus de trente ans Christian Clavier continue d'interpréter le perpétuel rôle de Jacquouille même s'il module en général son timbre de voix. Le duo qu'il forme avec Rayanne Bensetti fonctionne finalement très bien et même si à aucun moment l'on a le sentiment d'avoir assisté au renouveau de la comédie française, on quitte la salle sans avoir eu l'impression de s'être fait arnaqués (à 3,50 euros la place, c'aurait été de l'avarice)...

 

lundi 14 septembre 2020

Jamais le Premier Soir de Melissa Drigeard (2013) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Julie vient de se faire plaquer. Pire, son ancien compagnon l'a quittée en faisant lâchement intervenir un coursier. Pour la trentenaire, c'est la tuile et bientôt le célibat. Mais heureusement pour elle, Julie peut compter sur sa mère, et surtout sur ses deux meilleures amies Louise et Rose. Mais c'est en réalité grâce à l'ouvrage Le Bonheur, ça s'apprend du très populaire écrivain Viktor Bells que la jeune femme va s'épanouir dans un registre différent de celui qu'elle a connu jusqu'à maintenant. Grâce à ce livre qui se vend comme des petits pains, elle va s'attacher à suivre les préceptes qui y sont érigés au grand dam de Louise et Rose qui pensent un instant que leur amie a perdu la tête. Julie fera notamment la connaissance Charles, d'Ange et même de Marc, propriétaire d'une librairie dont elle dévore le rayon consacré à l'épanouissement personnel. Tandis que ses deux amies tentent de faire bonne figure face au nouveau mode de vie de Julie, celle-ci les convie à un séjour très particulier lors duquel elles devront elle-même se révéler...

Jamais le Premier Soir est le premier long-métrage de la réalisatrice française Melissa Drigeard. Un film réalisé par une femme, avec en vedette, des femmes, et privilégiant sans aucun doute avant tout un public féminin. C'est à peu près ce que doit ressentir le public masculin qui dès les premières secondes assiste à la scrupuleuse démolition de l'appartement du conjoint de l'une des trois héroïnes interprétées par Alexandra Lamy, Mélanie Doutey et Julie Ferrier. Trois amies pour trois visions différentes des rapports entre hommes et femmes. Alexandra Lamy incarne celle qui tente à avoir une relation amoureuse des plus stable et des plus conventionnelle même si pour cela, elle doit passer par des aventures sans lendemains. Mélanie Doutey incarne une Louise qui couche avec son boss (excellent Pascal Demolon) et n'a pas froid aux yeux lorsqu'il s'agit de faire de nouvelles rencontres. La relation la plus délicate est celle que porte sur les épaules Rose qu'interprète Julie Ferrier. Avec son compagnon, il y a bien longtemps qu'ils n'ont plus eu de rapports sexuels. Ce qui la pousse à se demander si elle l'aime encore...

Face aux trois interprètes féminines, la réalisatrice leur oppose tout un panel de spécimens du sexe opposé eux aussi, ayant des comportements qui divergent les uns des autres. Avec son look de baroudeur, sa barbe de trois jours et sa philosophie qui colle parfaitement avec celle de Julie, Grégory Fitoussi incarne un Ange séduisant mais cachant bien son jeu. Julien Boisselier interprète le rôle de Charles, l'un des hommes que rencontrera Julie à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'il dévoile son véritable visage. C'est peut-être en fin de compte Jean-Paul Rouve/Marc qui saura trouver le ton juste pour séduire une Julie dont il n'est cependant pas forcément le genre d'homme. Sans être irrésistiblement drôle, Jamais le Premier Soir se laisse regarder comme une comédie tendre et fraîche sur les relations entre les hommes et les femmes. Pour autant, le film de Melissa Drigeard n'atteint pas vraiment, voire pas du tout ses objectifs. À moins qu'il ne s'agisse de ceux des producteurs ou du distributeur qui promettaient à travers l'accroche ''Attention, ce film rend heureux'' une séance qui aurait dû donner la pêche au spectateur. Pourtant, c'est sans être totalement conquis par le résultat qu'on la quitte, persuadé d'avoir passé un moment agréable en compagnie de personnages et d'interprètes attachants sans que l'expérience fut pour autant inoubliable. Une comédie légère mais dispensable donc...

mercredi 2 mai 2018

Micmacs à Tire-Larigot de Jean-Pierre Jeunet (2009) - ★★★★★★★☆☆☆



Jean-Pierre Jeunet sans Marc Caro, c'était sans doute la peur d'une approche esthétique du septième art perdue à jamais. Pourtant, le futur allait prouver qu'il n'en était rien et que le cinéaste français réussirait haut la main à voler de ses seules ailes tandis que son ancien compagnon de cinéma irait se perdre dans une pseudo science-fiction intellectuelle bien moins marquante qu'un Bunker Palace Hôtel signé Enki Bilal. Dévergondé le temps d'un long-métrage en outre-atlantique (le désastreux Alien, la Résurrection), Jean-Pierre Jeunet revenait parmi les siens et leur offrait en 2001 le magnifique Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, n'en déplaise aux contestataires. Celui-là même dont l'héroïne, avec le temps, finirait par agacer une partie du public, sans reconnaissance aucune pour un auteur et ses interprètes. Puis vint alors Un long Dimanche de Fiançailles, ce beau film tenant surtout davantage de l'œuvre d'art plastique que du réel film à l'impact émotionnel tant recherché par son auteur. Une triste période que cette années 2004... Puis il y a presque dix ans (que le temps, inexorablement, passe vite...), arrivait enfin sur nos écrans, ce Micmacs à Tire-Larigot dont il est désormais question ici. Avant-dernier long-métrage d'un esthète accompli, et surtout, retour d'un esthétisme cher à l'ancien duo que formaient les deux cinéastes avant leur séparation.
Vingt ans après qu'il soit descendu vers la capitale, Dany Boon est choisi opportunément ou pas par Jean-Pierre Jeunet pour incarner le personnage de Bazil, fils de démineur, envoyé en orphelinat après la mort de son père. Retrouvé trente ans plus tard allongé sur le sol du vidéoclub qu'il gère seul, le crâne troué d'une balle perdue, le voici désormais lancé dans une aventure dont seul Jean-Pierre Jeunet semble avoir le secret. Déjà l'on retrouve ces couleurs chaudes, surannées, vieillies par on ne sait quel procédé que l'on aimerait chimique plutôt que numérique. Delicatessen n'est déjà plus aussi loin que laissent le prétendre les dix-huit années qui séparent les deux films. Jean-Pierre Jeunet se fera d'ailleurs plus loin l'écho d'un hommage vibrant à ce chef-d’œuvre de l'anticipation et à celui avec lequel il l'écrivit et le réalisa. Une scène émouvante dont il faut obligatoirement conserver le secret, même presque dix ans plus tard, puisque certains ne l'ont encore probablement pas vu.

Bazil vit désormais du mime, qu'il exerce tout comme Dany Boon le pratiquait sur Paris. Remarqué par Placard, il est pris sous l'aile d'une bande de clochards vivant à l'intérieur d'une caverte secrètement située sous un immense amas de ferraille. Désormais considéré comme un membre de cette étrange 'famille', c'est lors d'une sortie à la recherche d'objets de récupération que Bazil tombe nez à nez avec l'entreprise qui a fabriqué la mine qui a tué son père et cette qui a forgé la balle qui l'a atteint deux mois auparavant. Il est donc désormais temps pour le jeune homme de faire payer les PDG de ces deux usines de la mort en les confrontant l'un à l'autre. Et pour cela, Bazil va se faire aider par ses nouveaux compagnons...

Il se dégage de Micmacs à Tire-Larigot, une véritable poésie, généralisée par des décors somptueux, des dialogues aux petits oignons, et des situations toutes plus rocambolesques et surréalistes les unes que les autres. La chef décoratrice Aline Bonetto qui avait débuté sa carrière en 1991 sur Delicatessen et l'avait notamment poursuivie sur les tournages de La Cité des enfants perdus, Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain, ou encore Astérix aux Jeux olympiques de Frédéric Forestier et Thomas Langmann, crée des décors fourmillant de détails et dont la caverne représente sans aucun doute l'aboutissement d'un travail d'orfèvre impressionnant. La photo est quant à elle l'oeuvre du directeur de la photographie japonais Tetsuo Nagata. Les couleurs sont magnifiques, et la majorité des images baignées d'une teinte sépia sont renforcées par quelques notes de bleus ou de verts qui rehaussent l'ensemble et donnent au long-métrage, l'apparence de tableaux vivants dans lesquels s'intègrent parfaitement les personnages grâce aux costumes créés par Madeline Fontaine déjà à l'oeuvre sur deux longs-métrage de Jean-Pierre Jeunet. Quelques airs rappellent le Paris d'Amélie Poulain mais sont cette fois-ci l’œuvre du compositeur Raphaël Beau. Les dialogues sont quant à eux le résultat du travail accompli par Guillaume Laurant (autre fidèle allié du cinéaste).
Aux côtés de Dany Boon, on retrouve un grand nombre de vedettes du cinéma puisque'André Dussolier, Jean-Pierre Marielle, Nicolas Marié, Julie Ferrier, Yolande Moreau, Omar Sy et le toujours fidèle Dominique Pinon participent à l'aventure dans des rôles aussi importants que celui incarné par l'humoriste. Des personnages haut en couleur et portant des noms typiques du cinéma de Jean-Pierre Jeunet : La Môme Caoutchouc, Fracasse, Placard, Tambouille, Ange-Gardien, Calculette, ou encore Remington. On retiendra la prestation d'Omar Sy dans le rôle de Remington, passionné de bons mots et ne s'exprimant qu'à travers des expressions célèbres ou encore Julie Ferrier qui dans le rôle de la Môme Caoutchouc, passe son temps à se contorsionner et entrer dans des bouches d'aération ou dans des cartons à peine plus grands qu'elle. Micmacs à Tire-Larigot est une excellente surprise, pleine de trouvailles ingénieuses. La famille Tire-Larigot est attachante et chaque personnage a son importance. Même les méchants André Dussolier et Nicolas Marie sont captivants. Si le film ne propose pas un scénario d'une richesse exemplaire, il a le mérite de proposer une aventure familiale sympathique et fort agréable à l’œil. Une bonne surprise...

vendredi 3 novembre 2017

Le Fil d'Ariane de Marion Laine (2011) - ★★★★★★☆☆☆☆



A ne pas confondre avec Au Fil d'Ariane de Robert Guédiguian, Le Fil d'Ariane de Marion Laine dont il s'agit apparemment ici du troisième long-métrage et du premier pour le petit écran possède en effet toutes les allures d'un téléfilm. Dans un cadre qui pourrait aisément convenir à un sitcom, nous suivons les aventures d'une agence de voyage un peu particulière puisque « Love Voyages » propos, en plus du dépaysement, de faire des rencontres amoureuses à l'étranger. Mais l'essentiel de l'intrigue ne repose pas là-dessus mais sur le personnage d'Ariane, celle du titre, on l'aura compris, interprété par l'actrice et chorégraphe Julie Ferrier, coutumière du genre « comédie » puisque depuis 2006, elle n'a pas cessé de tourner après avoir fréquenté l'école du cirque d'Annie Fratellin, à la suite de quoi, la quadragénaire pris des cours d'art dramatique.

Ariane ne donne plus de nouvelles depuis plus de vingt-quatre heures. Et cela inquiéte fortement la timide Dolorès qui narre alors aux autres employés de l'agence, Prosper, Manu et Estelle, l'étrange aventure que vient de connaître leur amie et collègue de travail : Ariane semble en effet entretenir une relation téléphonique avec un individu dont elle ignore tout et qui lui a promis une année érotique et inoubliable. L'homme refuse de rencontrer Ariane tandis que la jeune femme fantasme de plus en plus et va même jusqu'à imaginer qu'il pourrait s'agir de Rémi Bélère, un jeune acteur populaire interprétant l'un des rôles principaux d'un « soupe-opera » ! Dolorès est surtout inquiète car un tueur en série fait parler de lui dans la presse et vient de faire une nouvelle victime près de chez Ariane. Lorsqu'elle réapparait, tous veulent savoir qui est cet homme dont leur amie est tombée amoureuse. Chacun à leur manière, ils vont réfléchir afin de découvrir l'identité de mystérieux individu...

Frais, barré, amusant, Le Fil d'Ariane demeure une bonne surprise. Les interprètes y cabotinent beaucoup et la réalisatrice s'amuse à y inclure des situations aussi improbables que pittoresques. A commencer par le patron de la boite, Monsieur Lépingie (l'acteur Richard Morgiève) un type assez louche, que l'on imaginerait aisément dans la peau du serial killer dont les médias se sont emparés des méfaits mais qui se révèle finalement plutôt zen. Pas vraiment amusant au final. On croise la route de Karim Adda surtout connu pour avoir participé à l'aventure Caméra Café dans le rôle de Vince, Amadine Dewasmes, Mélanie Bernier, Arié Elmaleh (frère de Gad), Bruno Blairet, Romain Rondeau ( Rémi Bélère, c'est lui), ainsi qu'Anne Benoit, qui depuis le début des années 2000 tourne assez régulièrement.

Le principal soucis du téléfilm de Marion Laine est de ne jamais vraiment aller au bout des choses. Le passage délicat de la rencontre entre Ariane et son mystérieux prince charmant et ses conséquences désastreuses est laissé en plan. Là où la réalisatrice aurait pu jouer sur la corde sensible, donner un peu de grain à moudre à un récit honnête mais jamais transcendant, Marion Laine abandonne cette voix en choisissant une option beaucoup plus facile à gérer. Elle évite ainsi toute étude comportementale et laisse ses interprètes jouer comme ils l'entendent.
Le Fil d'Ariane tente avec plus ou moins de bonheur d'amuser la galerie. On sourit plus que l'on ne rit à gorge déployée. On passe un vrai moment de fraîcheur tout en pensant sans mauvaise conscience que l'on a davantage à faire à un sitcom qu'à un véritable téléfilm. Malgré ses défauts, Le Fil d'Ariane reste tout de même relativement plaisant à regarder...

mardi 25 juillet 2017

Père Fils Thérapie ! de Emile Gaudreault (2015) - ★★★★★★★☆☆☆



Avec Père Fils Thérapie, ça n'est pas la première fois qu'en France un cinéaste adapte une œuvre québécoise. Pour mémoire, Isabelle Duval adaptait en 2013 le film de Ken Scott Starbuck et lui donnait pour l'occasion un nouveau titre, Fonzy. Deux ans plus tard, c'est au tour de Stéphane Meunier de s'essayer à l'exercice du remake en proposant une vision personnelle de La Grande Séduction avec Un Village Presque Parfait. L'année dernière sort sur nos écrans trois jours avant la nouvelle année, Père Fils Thérapie, adaptation française de De Père en Flic de Émile Gaudreault, cette fois-ci signée... Émile Gaudreault !Le cinéaste reprend donc les rennes du projet et le scénario qu'il écrivit à l'origine en compagnie de Ian Lauzon, le québécois le remanie cette fois-ci avec l'aide des français Guy Laurent et de Philippe de Chauveron, lequel est désormais célèbre chez nous pour avoir surtout réalisé Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? (la suite étant prévue pour l'année prochaine.
Père Fils Thérapie, c'est tout d'abord un cadre extraordinaire situé dans le par naturel régional du Verdon, et notamment dans les communes de Bauduen, Trigance et Aiguines. Une partie du tournage a été assurée dans les studios « Provence Studios » situés à Martigues. Des décors de rêve pour une comédie légère et plaisante. Le film d' Émile Gaudreault ressemble à ces longs-métrages offrant des cadres estivaux où se retrouvent des vacanciers qui n'ont en commun que le goût de la nature. Sauf qu'ici, il s'agit de thérapie. Seules femmes à bord, Alice Belaïdi (Un Petit Boulot) et Julie Ferrier (Ça se Soigne?) apportent cette petite touche de féminité essentielle à cette œuvre qui tourne autour des conflits opposant des pères à leur fils respectifs.
En toile de fond, une histoire d'enlèvement. Celle d'un flic kidnappé par un dangereux criminel (l'excellent Féodor Atkine). Si les autorités veulent avoir une chance de récupérer leur homme sain et sauf, ils doivent convaincre Charles Perronet, l'avocat du criminel. Perronet entretient des rapports conflictuels avec son fils Fabrice. A tel point que l'épouse de Charles inscrit son époux et leur enfant à une thérapie de groupe axée sur les rapports entre père et fils. Une occasion en or pour la police qui décide d'y envoyer les flics Jacques et Marc Laroche qui eux-mêmes sont père et fils. Afin de se fondre dans le groupe, ils se font passer pour des agents immobiliers. Les deux hommes ont un avantage certain sur leurs collègues : ils ne se supportent pas. Pas besoin alors de faire semblant. Ils n'ont qu'à demeurer le plus naturel possible. En arrière, un binôme constitué de deux policiers, dont Julie Benati, veille à ce que tout se déroule comme convenu.7Lors de la thérapie, chaque membre du groupe va être confronté au mal être que constitue ses rapports, soit avec son père, ou bien avec son fils. Jacques et Marc tentent de se rapprocher de Charles et de Fabrice afin de se lier à eux et pourquoi pas de les convaincre d'aider les autorités à retrouver le policier qui a été enlevé par le client de Charles...

L'idée de départ est assez séduisante avec un Richard Berry que l'on rêve de retrouver aussi hargneux que dans l'épuisant Une Journée de Merde de Miguel Courtois qu'il tourna dix-huit ans plus tôt en 1998, un Jacques Gamblin aussi savoureux dans la comédie que dans le polar, une Alice Belaïdi d'origine algérienne apportant une petite touche d'exotisme, ainsi qu'une Alice Ferrier irrésistible dans le rôle de l'animatrice vouant un véritable culte à son métier. Les seconds rôles prennent une importance presque aussi importante que les principaux interprètes. Waly Dia et Baptiste Lorber campent les fils incompris du duo Berry-Gamblin et le portrait des différents personnages qui accompagnent notre quatuor donne parfois lieu à des situations incroyablement cocasses. Père Fils Thérapie est une sympathique comédie interprétée par de talentueux interprètes capables autant de nous faire rire que de nous émouvoir. Contrat parfaitement rempli...
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