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jeudi 19 février 2026

Possession : le remake de Parker Finn (202?)

 


 

Cela ressemble à une très mauvaise blague et pourtant, oui, il va bien y avoir un remake du film culte du cinéaste polonais Andrzej Żuławski, Possession ! À l'heure actuelle, l'ancien compagnon de Sophie Marceau doit se retourner dans sa tombe. Quant à ses fans, la société de production de Robert Pattinson Icki Eneo Arlo les empêche sans doute de dormir depuis cette annonce qui au mieux aurait pu être une mauvaise blague mais qui au pire semble rapidement se préciser. Ce que l'on sait ? Que Margaret Qualley et Callum Turner devraient reprendre les rôles principaux incarnés à l'époque par Isabelle Adjani et Sam Neill. Bon ben, je ne connais ni d'Eve ni d'Adam ces deux acteurs américains mais à voir leur tronche, j'ai un peu peur que l'on se retrouve devant un film du type Cinquante Nuances de Grey. Un film basé sur la hype dont bénéficia le roman d'origine que je n'ai de toute manière pas lu vu que c'est pas trop ma came de suivre le mouvement ou certaines recommandations ! Après, Possession nouvelle version devrait être réalisé par Parker Finn. L'auteur des deux Smile. Deux sympathiques films d'horreur mais qui ne justifient pas forcément que lui soit confié le remake d'un film tel que celui de Zulawski. Et pourquoi ne pas enchaîner ensuite en confiant la mise en scène de celui de L'important c'est d'aimer à Jordan Peel ? De La Femme publique à David Charhon ou encore celui de L'Amour braque à Michèle Laroque avec dans les rôles principaux Muriel Robin, Michaël Youn et Samy Naceri en lieu et place de Sophie Marceau, Tcheky Karyo et Francis Huster ? Tu vois, Gros (pas toi cher lecteur, mais Robert Pattinson), j'aurais pu encore garder mon calme si j'avais entendu parler d'un remake de Szamanka vu que le long-métrage est pour le coup un vrai film d'horreur dans le sens littéral du terme. Car bien que celui-ci comme tous les autres longs-métrages de Zulawski soit dans mes petits papiers, il aurait été moins ridicule de confier l'antépénultième film du polonais que l'un de ses meilleurs, intouchable, ''indéflorable'', inviolable. On sait ensuite qu’après une longue bataille, c'est finalement Paramount Pictures qui a remporté le ''gros lot'' de produire le film. Chose plus ou moins rassurante : Possession n'en est apparemment qu'à sa phase de développement. Écriture du script et composition du casting définitif sont donc d'actualité mais il n'est pas interdit d'espérer que le film n'ira pas à terme. Évidemment, si le récit repose sur le script d'Andrzej Żuławski et Frederic Tuten, sa modernisation sera probablement l'un des points les plus sensibles pour les fans du cinéaste qui désirent tout comme votre serviteur que l’œuvre d'origine ne soit pas entachée par l'existence d'un miteux remake ! Concernant le contexte, difficile d'imaginer que l'on puisse retrouver la force des décors bétonnés, froids et démoralisant de Berlin-Ouest où fut tourné le film de 1981. Et que penser des séquences emblématiques que l'on pourrait au mieux espérer ne pas voir réadaptées pour mieux conserver le souvenir des originales ? La scène du métro, le repère de la bête, les conflits entre Anna et Mark au restaurant où dans la rue... Bref, je me connais, tout en me rongeant les sangs dans l'espoir que le projet tombe à l'eau, je ne pourrai sans doute pas éviter la projection lors de sa sortie si jamais il arrive à terme. Histoire de confirmer définitivement et une bonne fois pour toute que le génie d'Andrzej Żuławski est inégalable...

 

mercredi 18 février 2026

Silent Night, Deadly Night de Mike P. Nelson (2025) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Slasher de petite envergure devenu depuis un classique du genre pour certains, Silent Night, Deadly Night de Charles E. Sellier Jr. fut le premier d'une longue série de longs-métrages poursuivie dès 1987 avec Silent Night, Deadly Night Part 2 de Lee Harry, en 1989 avec Silent Night, Deadly Night 3: Better Watch Out! de Monte Hellman, en 1990 avec Silent Night, Deadly Night 4: Initiation de Brian Yuzna et enfin avec Silent Night, Deadly Night 5: The Toy Maker de Martin Kitrosser l'année suivante. Il faudra ensuite patienter vingt et une année pour voir ressurgir le fameux tueur déguisé en Père Noël à travers le remake de l'original intitulé Silent Night cette fois-ci réalisé par Steven C. Miller. Puis en 2025, contre toute attente et surtout celle des fans de la saga, le réalisateur Mike P. Nelson débarque avec son tout nouveau long-métrage sobrement intitulé tout comme l’œuvre originale, Silent Night, Deadly Night. On pense alors à un remake et même si de fait ce nouveau film est décrit ainsi, il demeure probablement plus plausible de le considérer plutôt comme un reboot tant les différences pullulent entre les deux œuvres séparées d'une quarantaine d'années. Déjà auteur d'un autre reboot en 2021 avec le septième et piteux film de la franchise Wrong Turn intitulé chez nous Détour mortel: La fondation, Mike P. Nelson aborde désormais le récit autour du jeune Billy Chapman sous un angle tout à fait inédit. Car bien que le jeune homme dont l'enfance fut accompagnée par le massacre de ses parents par un tueur déguisé en Père Noël et par un passage en foyer particulièrement traumatisant soit toujours profondément marqué, un phénomène d'ordre surnaturel va venir se greffer au scénario original de Michael Hickey et de Paul Camy pour être cette fois-ci ''reconstruit'' par le réalisateur lui-même. Une idée intéressante trahissant cependant l'esprit de l’œuvre originale tout en donnant un certains sens à la voix qu'entend le jeune garçon et qui le guidera vers des actes de plus en plus sanglants ! L'ironie voulant que son interprète soit joué par Rohan Campbell dont la carrière est émaillée de plusieurs téléfilms familiaux tournant autour de l'esprit de Noël, l'un des interprètes du sous-côté Halloween Ends de David Gordon Green incarne ici l'iconique et mythique personnage associé à la fête de Noël. Homme bienveillant, qui apporte des cadeaux aux enfants sages dans la nuit du 24 au 25 décembre, vêtu d'un costume rouge et portant une longue barbe blanche, le Père Noël semble devoir être lui-même façonné de telle manière que celles et ceux qui lui vouent un culte n'aient rien à reprocher à cette nouvelle itération de la saga mettant en scène un avatar lui ressemblant presque en tous points...


Presque puisque dénué de sac, il porte ici et en général, des armes contondantes aux effets plus ou moins dévastateurs. Avec un prédisposition pour la hache dont il use et abuse pour le bonheur des amateurs de cinéma d'horreur à tendance gore. Bien qu'au sujet de ce dernier, l'hémoglobine ait tendance à prendre son temps pour apparaître à l'écran. L'on retiendra d'ailleurs la scène du bal nazi, laquelle aurait due être l'occasion d'un véritable carnage et qui au final se trouve être relativement affligeante en terme d'horreur et de mise en scène chorégraphique ! Là où Silent Night, Deadly Night démarre par contre plutôt bien est dans la description du personnage central, Billy Chapman. Un jeune homme aussi perturbé que les plus grands tarés à avoir évolué sur grand écran. Mike P. Nelson le traite au départ presque de manière clinique et l'on alors l'espoir de découvrir la saga sous un jour nouveau, plus sérieux, et donc beaucoup plus sombre et réaliste. Mais c'était sans compter sur des éléments qui vont rapidement venir gripper le concept. Tournant donc au délire avec ce bal de pré-Noël organisé par des néo-nazis virant presque à la parodie de Carrie au bal du Diable de Brian De Palma et allant même encore plus loin s'agissant de la présence persistante d'une voix intérieure qui laisserait tout d'abord entendre que Bill Chapman serait schizophrène. L'occasion pour le cinéaste de faire passer son tueur grimé en Père Noël pour un héros guidé par la voix d'un ancien criminel chargé d'éliminer la lie de la société ! On le constate, Mike P. Nelson a donc redéfini le schéma de base d'un simple slasher en un concept surnaturel qui ouvre des possibilités infinies comme le prouve d'ailleurs la séquence finale mettant en scène l'actrice Ruby Modine dans le rôle de la petite amie de Billy, Pamela Sims. Au final, l'on se retrouve devant une œuvre bâtarde pas vraiment déplaisante à regarder même si le Père Noël, armé d'une hache et s'il existe encore ou non dans l'inconscient collectif, ne fait désormais plus peur à grand monde...

 

samedi 14 février 2026

Bad Lieutenant : Tokyo de Takashi Miike (202?)

 


 

Aussi insensé que cela ait pu paraître, le film culte d'Abel Ferrara Bad Lieutenant eut droit à une ''variation'' que certains évoquèrent soit comme une séquelle, soit comme un remake de l’œuvre originale. Et pourtant, de l'aveu même de son auteur, l'allemand Werner Herzog, The Bad Lieutenant: Port of Call New Orleans n'a officiellement rien à voir. Le cinéaste aurait même confié à l'époque n'avoir pas vu le long-métrage d'Abel Ferrara avant de mettre en scène le sien. Dont acte... Mais ce qui nous intéresse aujourd'hui est ce très excitant projet de relecture ''japonaise'' du concept de flic corrompu déplaçant désormais l'action au Pays du Soleil Levant. Celui de Takashi Miike, cinéaste génial mais aussi et sans doute un peu ''fou'', ultra-productif, et qui parmi ses œuvres les plus marquantes signa les cultissimes Visitor Q et Ichi the Killer au début du siècle. Alors que le projet semblait avoir été abandonné dans le courant des années 2000, Bad Lieutenant : Tokyo en serait en réalité dans sa phase de post-production. Ce qui, pour éclairer le profane en matière de création d'un film veut dire que le tournage est terminé et qu'il s'agit désormais de confier le montage, le mixage audio ainsi qu'une série d'opérations aux techniciens concernés... Couplé à la noirceur et au nihilisme d'Abel Ferrara, la violence et l'approche délirante inhérente à l'univers du japonais ont de quoi attiser la curiosité tandis qu'une version prétendument signée Werner Herzog avec Nicolas Cage en vedette avait eut de quoi inquiéter ! Long-métrage d'origine britannico-américano-japonaise, on sait d'ors et déjà que Bad Lieutenant : Tokyo réunira l'acteur japonais Shun Oguri, les britanniques Lily James et Harmeet Obhrai ainsi que la catcheuse américaine Gionna Daddio. Alors, doit-on s'inquiéter de voir débouler un jour en salle une nouvelle itération du classique d'Abel Ferrara trente-six ans après sa création ? S'il est difficile d'imaginer de quelconques interprètes capables de reproduire les intenses séquences tournées à l'époque autour de Harvey Keitel et Zoë Lund, connaissant le style totalement barge et décomplexé de Takashii Miike, il n'est pas impossible que Bad Lieutenant : Tokyo devienne au final aussi culte que l’œuvre originale. Patience...

 

lundi 10 mars 2025

Lune de miel avec ma mère de Nicolas Cuche (2025) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Maintenant que la pilule Jamais sans mon psy a fait son effet, me voici paré pour affronter l'un de mes pires cauchemars : Michèle Laroque ! Surtout que pour ouvrir les hostilités, nous la découvrons au bras de Kad Merad. Réveillant ainsi de douloureuses blessures. Celles provoquées par une certaine comédie qui contrairement à son titre, Brillantissime, ne l'était absolument pas. Les débuts de réalisatrice d'une actrice qui jusque là ne m'avait jamais donné ni le moindre mal de tête, ni la plus petite nausée mais qui depuis m'est devenue quasi insupportable à force d'accumuler au cinéma des personnages plus ringards les uns que les autres ! D'emblée, Lune de miel avec ma mère démarre par une cérémonie de mariage à l'église qui prend l'eau. Comme si l'attitude du psychiatre de Jamais sans mon psy avait eu raison de l'amour de sa fille Alice et de celui qui aurait dû devenir son beau-fils. Mais ne nous trompons pas. Il ne s'agit ici, ni d'évoquer la suite du long-métrage d'Arnaud Lemort ni de détailler une séquence post-générique qui aurait été offerte aux spectateurs qui seraient restés devant leur film jusqu'à la toute dernière seconde. Acteur d'origine belge, Julien Frison incarne l'un des deux principaux rôles de la dernière comédie de Nicolas Cuche auquel on doit notamment Prêt à tout en 2013 ou Pourris gâtés en 2020. Cinq ans après avoir mis en scène son dernier long-métrage à destination des salles obscures, Lune de miel avec ma mère est désormais directement visible sur la plate-forme de streaming Netflix. Mis à la disposition de ses abonnés le 12 janvier 2025, le film met donc en scène Michèle Laroque dans le rôle de Lily, la mère de Lucas, ce jeune homme qui devant tous ses invités vient de voir sa fiancée quitter l'église où le jeune couple avait prévu de se marier pour aller rejoindre son ancien petit ami. Désemparé, Lucas n'en a pas moins l'intention de partir profiter de l'île paradisiaque où il avait prévu d'emmener la jeune femme à laquelle il avait prévu de mettre la bague au doigt. Le jeune homme propose alors à sa mère l'idée insensée de venir l'accompagner jusqu'à l'île en question en se faisant passer pour un couple fraîchement marié ! Idée absurde qui leur permettra malgré tout de profiter du confort de la chambre la plus luxueuse d'un complexe hôtelier géré par une certaine Gloria (l'actrice Rossy de Palma) et par son assistant. Kad Merad, qui incarne de son côté Michel, l'époux de Lily, restera quant à lui à la maison.


Ce qui d'une certaine manière est plutôt une bonne chose. Lune de miel avec ma mère se concentre essentiellement sur les personnages interprétés par Michèle Laroque et Julien Frison. Et bien que l'étrange manège que vont jouer la mère et son fils puisse dégager des relents d'inceste (Lily n'hésitant pas à embrasser Lucas sur les lèvres à leur arrivée sur l'île), la comédie de Nicolas Cuche n'est absolument ni irrévérencieuse, ni le moins du monde dérangeante. L'idée de réunir une femme et son fils lors de la lune de miel de ce dernier peut sembler tout à fait singulière mais il faut savoir qu'à l'origine du scénario de Nicolas Cuche, Laure Hennequart et Laurent Turner se trouve la comédie espagnole Amor de Madre de Paco Caballero, elle-même directement sortie sur Netflix en 2022 et qui chez nous a été diffusée sous le titre Sous les palmiers, ma mère. Mais alors que nous aurions pu nous attendre au pire, sous ses allures de comédie française bien dans l'air du temps en ce sens où les amateurs n'ont généralement pas grand chose à se mettre sous la dent en terme d'originalité, la présence de Michèle Laroque est, ENFIN, beaucoup moins pesante ici qu'au sein des comédies qu'elle interprète ou réalise depuis maintenant pas mal d'années. De son propre aveu, l'actrice s'y éclate et ça se voit. Et même si le spectateur ne prend pas autant de plaisir à regarder les péripéties de ce faux couple de mariés que Lily profite de la situation pour s'amuser, on a évité le pire. D'autant plus qu'au delà de quelques gags pas vraiment drôles, Nicolas Cuche s'intéresse davantage à la relation entre la mère et le fils. Avec son léger strabisme, son air parfois ahuri et son caractère renfrogné, Julien Frison fait le taf ! Le jeune homme finira par se détendre entre les bras de la jolie Margot Bancihon qui incarne Maya, l'une des employées de l'hôtel tandis que Lily ira se réfugier auprès du méconnaissable Gilbert Melki qui de son côté interprète Peter, un véritable aventurier qui vit sur son voilier. Bref, on passe avec Lune de miel avec ma mère un moment plutôt agréable. Et même si la remarque se révèle redondante, on ne peut s'empêcher d'évoquer le fait que le film de Nicolas Cuche ira rejoindre les légions de comédies vite vues, vite oubliées...

 

mardi 21 janvier 2025

The Jesus Rolls de John Turturro (2018) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

On ne saurait remettre en cause le statut de remake du dernier long-métrage réalisé et interprété par John Turturro, The Jesus Rolls. Ni même nier l'excellence de l’œuvre et le génie de l'auteur dont il s'inspire. Le film porte tout d'abord en son sein, l'espoir de retrouvailles avec l'un des personnages iconiques de The Big Lebowski des frères Joel et Ethan Coen. The Jesus Rolls est surtout la preuve que contrairement à ce que certains prétendent, le cinéma français vaut bien mieux que les mauvaises critiques qu'on lui accorde en général. Du moins, sa réappropriation, qu'elle prenne la forme de l'hommage ou cette habitude plutôt absurde de vouloir réadapter à la sauce ricaine une œuvre qui à l'origine était vouée à n'être vue que par le public hexagonal. Surtout, Les valseuses de Bertrand Blier avait l'avantage d'avoir été conçu à une époque où la liberté de ton n'était pas viciée par certaines idéologies mortifères. Ce dont semble être quelque peu parvenu à s'imprégner John Turturro. The Jesus Rolls n'a pas eu les honneurs d'une sortie nationale sur le territoire français, et c'est tant mieux. Car tout comme Francis Veber, le cinéma du fils de l'immense Bernard Blier n'y gagne absolument pas à être singé par un cinéaste dont les codes de son pays d'origine en matière d'humour ne sont jamais vraiment les mêmes que les nôtres. Et encore, John Turturro tente bien d'y injecter tout l'esprit des Valseuses tout en édulcorant l'une des spécificités de ce dernier : le sexe y est donc plus timide. Se réservant des plages horaires étriquées et affaiblissant ainsi le côté sulfureux qui se dégageait de la quasi totalité de l’œuvre originale. En réinterprétant le personnage de Jesus Quintana vu dans The Big Lebowski et en l'intégrant au cœur du récit originellement incarné par Gérard Depardieu, Patrick Dewaere et Miou-Miou (lesquels interprétaient respectivement à l'époque les personnages de Jean-Claude, Pierrot et Marie-Ange), John Turturro crée un objet filmique hybride, entre remake et Spin-off. Auquel participent Bobby Cannavale dans le rôle de Petey et, plus étonnant, Audrey Tautou dans celui de Mary, l'actrice étant devenue mondialement célèbre grâce à son interprétation dans Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet en 2001. Est-ce donc le choc des cultures ou bien certaines réserves qui condamnent The Jesus Rolls à n'être qu'un simple ersatz du long-métrage dont il reprend une très grande partie des séquences ?


Pour le vieux routard, l'expérience a ceci de déplaisant que chaque scène, chaque plan ou chaque réplique le rappelle au bon souvenir des Valseuses sans pour autant être en mesure d'éclipser la moindre d'entre elles. Beaucoup moins frondeur que Bertrand Blier, John Turturro évite notamment le rapprochement physique entre l'actrice et chanteuse canadienne Sônia Reuben et Petey quand le réalisateur et scénariste français, lui, n'hésitait pas une seule seconde à demander à Brigitte Fossey de donner le sein à Patrick Dewaere. Actrice aujourd'hui âgée de soixante-dix huit ans pour qui regarder cette séquence en face est désormais tout simplement inenvisageable, Brigitte Fossey la traduisait il y a presque un an dans l'émission Quelle époque ! de manière simple : ''C'est horrible, horrible. C'est horrible''. John Turturro et ses partenaires ont beau donner tout ce qu'ils ont, leur ''sacrifice'' n'est en rien comparable aux performances additionnées de Depardieu, Dewaere et Miou-Miou à leur époque. Si cette dernière s'imposait comme une pétasse quelque peu neurasthénique dont nous découvrions cependant au fil du récit la véritable nature, Audrey Tautou reprend le rôle de cette jeune femme atteinte d'anorgasmie tout en l'interprétant de manière beaucoup plus entreprenante. Tout au plus, Susan Sarandon parviendra-t-elle à réitérer l'exploit de Jeanne Moreau en ex-taularde suicidaire même si le ton déprimant des scènes précédant son autolyse entretiendra un caractère nettement moins cafardeux vis à vis de son public. Si au fond de lui John Turturro a semble-t-il voulu rassembler l'un des personnages parmi les plus marquants qu'il eu l'opportunité d'incarner durant sa carrière autour de ceux de l'un de ses films de chevet, le résultat n'est très objectivement pas très brillant et ne s'adressera donc tout d'abord qu'à celles et ceux qui ne connaissent pas Les valseuses. C'est donc sans chauvinisme aucun que l'on préférera le film de Bertrand Blier à celui de John Turturro même si The Jesus Rolls est loin, très loin d'être aussi mauvais que la plupart des comédies françaises ayant été adaptées outre-atlantique jusqu'à maintenant...

dimanche 26 février 2023

Le joujou (The Toy) de Richard Donner (1982) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Le joujou (The Toy) de Richard Donner, c'est au tout départ un scénario. Celui du réalisateur et scénariste français Francis Veber. Puis dans la foulée, un long-métrage, lui aussi français et lui aussi réalisé par Francis Veber. Une comédie à l'humour parfois amer porté par deux grands interprètes. D'un côté, Pierre Richard qui jusque là s'était manifesté dans des œuvres humoristiques nettement plus légères que celle à laquelle il allait donc s'attaquer en 1976 auprès de Michel Bouquet. Reprenant le rôle de François Perrin qu'il incarna tout d'abord dans le diptyque d'Yves Robert Le grand blond avec une chaussure noire en 1972 et Le retour du grand blond en 1974 (personnage qu'il réinterprétera à deux autres reprises avant de passer le flambeau à Patrick Dewaere,Jean-Pierre Marielle et Patrick Bruel), il incarnait cette fois là un rôle de journaliste au chômage parvenant à se faire embaucher parmi les employés du quotidien France Hebdo dont le président-directeur-général n'était autre que Michel Bouquet dans le rôle de Pierre Rambal-Cochet. Un être froid, demeurant indifférent aux préoccupations de ses employés, capable de faire licencier l'un d'entre eux pour la simple raison qu'il a les mains moites (Gérard Jugnot dans la peau de Pignier, un personnage faisant directement référence au renvoi d'un employé de l'entrepreneur Marcel Dassault qui n'hésita pas à renvoyer l'un de ses employés pour la même raison !) et qui n'accorde qu'une part très infime de son temps à son fils Éric qui lui est interprété par le jeune Fabrice Greco dont Le jouet demeurera l'unique occasion de se faire connaître sur grand écran. Une œuvre hybride jouant autant sur la fibre humoristique de l'un des acteurs comiques les plus populaires de France et sur l'austérité et l'antipathie que dégageait avec un naturel déconcertant l'immense Michel Bouquet...



La plupart des longs-métrages écrits et réalisés par Francis Veber ayant été adaptés outre-atlantique, Le jouet n'a lui-même pas dérogé à la règle et quelques années plus tard, voilà que l'auteur de La malédiction en 1976, Superman en 1978 et plus tard Les Goonies en 1985 ou la série de films L'arme Fatale allait signer avec Le joujou, l'un de ses plus mauvais films, sinon le pire d'une filmographie pourtant en partie exemplaire. C'est là tout le paradoxe qui réside entre l'humour hexagonal et celui que l'on rencontre généralement sur le territoire américain. Ça n'est pas faire preuve de chauvinisme que d'affirmer que de l'autre côté de la planète l'on est nettement moins à l'aise avec l'écriture raffinée des dialogues que sur notre territoire. C'est sans doute alors la raison pour laquelle Richard Donner et ses interprètes misèrent tout ou presque sur la gestuelle de leur personnage respectif. Richard Pryor a beau être alors une star du comique bien qu'un peu moins populaire chez nous qu'Eddie Murphy à l'époque, il n'en est pas moins décevant dans le rôle de Jack Brown, un afro-américain dont le sort sera sensiblement le même que notre François Perrin national. Mais alors que Pierre Richard réussissait à doser son personnage entre pitreries et bons mots, l'acteur américain en fait des tonnes, quitte à se rendre lui-même ridicule sans que cela ne génère cependant le moindre rire. Quant à Jackie Gleason, le pauvre, passer après Michel Bouquet afin d'interpréter à son tour le propriétaire d'un journal relativement antipathique ne lui laissait aucune chance de briller à l'image comme avait pu le faire l'acteur français six ans auparavant. À dire vrai, celui qui s'en sort peut-être le mieux reste le jeune Scott Schwartz dans le rôle du fils Eric Bates. Acteur qui contrairement au français Fabrice Greco fera carrière dans le cinéma et à la télévision et qui aujourd'hui encore continue de tourner. Lourd et dénué du poids que représentait la relation père/fils de l’œuvre originale, Le joujou est comme en grande partie basé sur le principe des remakes américains de films français presque totalement ratés. Pas drôle et dégageant une énergie proprement inutile. Reste maintenant à savoir si dans notre pays l'on est soit-même capable d'écrire, réaliser et interpréter un remake puisque l'année dernière est sorti sur les écrans, Le nouveau jouet avec Daniel Auteuil et Jamel Debbouze... Verdict très bientôt...

 

dimanche 30 octobre 2022

Irréductible de Jérôme Commandeur (2022) - ★★★★★★★☆☆☆




La semaine du 29 juin, pendant que je trimais à ''l'usine à trier les factures et autres courriers plus ou moins prioritaires'' à l'attention de mes concitoyens, ma compagne se payait une tranche de rire en salle obscure. Sans moi !!! Et pour une fois qu'une comédie française avait l'air franchement drôle, il a fallut que mon métier nous sépare. Heureusement, il est des méthodes qui n'ont rien de miraculeux mais qui demandent cependant un effort financier pour pouvoir longtemps après profiter du spectacle sans bouger de chez soi. Renoncer à quelques deniers paraît de moins en moins compliqué. Les services de VOD, Streaming et autres joyeusetés se multipliant au grès des envies. À la question ''trouvez-vous Jérôme Commandeur drôle et sympathique ?'', j'imagine que ceux qui répondront par la négative ne se bousculeront pas au portillon. Car quoi que l'on pense de ses spectacles ou des rôles qu'il a interprété jusqu'ici sur grand et petit écran, cet humoriste, acteur ET réalisateur possède un sacré capital sympathie. Six ans après avoir réalisé le plaisant Ma famille t'adore déjà ! en collaboration avec Alan Corno, Jérôme Commandeur est revenu cette année avec Irréductible. Long-métrage qui sous son nom de bande-dessinée adaptée au cinéma (ce qu'il n'est évidemment pas) est en fait le remake hexagonal de la comédie italienne Quo Vado ? réalisée en 2016 par Gennaro Nunziante. Une œuvre que l'humoriste, acteur et réalisateur s'approprie ici entièrement puisque Irréductible bénéficie de la touche ''Jérôme Commandeur''. Tout ce qui caractérise ce personnage haut en couleur qui débuta sa carrière sur scène en 1997 s'exprime effectivement dans cette comédie légère et situant son action entre l’Équateur, le Pôle Nord, la Suède et... la banlieue parisienne (bien que tourné dans l'hexagone ainsi qu'à La Réunion)...


Vincent Peltier a la Fonction Publique dans la peau. Comme son père avant lui. Ses beaux-parents y sont très attachés. Au cas échéant, Vincent aurait pu être cireur de pompes vu avec quelle application il cire celles de sa belle-mère qu'interprète l'actrice Eva Darlan. L'aventure de ce fonctionnaire traqué par l’inspectrice du ministère de la Fonction Publique Isabelle Bailliencourt qui tente de lui faire signer sa démission contre un chèque de quelques dizaines de milliers d'euros débute en pleine cambrousse. À bord d'un taxi conduit par le toujours désopilant Estéban, Vincent est kidnappé par une dangereuse tribu dont le chef du village, Coca (l'acteur au regard hypnotisant Jean-Louis Loca) exige du jeune homme qu'il lui raconte sa vie afin de savoir s'il mérite ou non d'être épargné ou brûlé vif dans un bûcher. Commence alors un retour en arrière, de la petite enfance de Vincent jusqu'à ses tribulations à travers le globe ! Sous ses allures de comédie légère, Irréductible n'en est pas moins riche en événements conduits par toute une tripotées de seconds rôles parmi lesquels nous retrouvons Lætitia Dosch dans la peau de la suédoise Eva, Christian Clavier dans le rôle du responsable du syndicat des cheminots Michel Gougnat, Gérard Darmon dans le costume étriqué du ministre de la Fonction Publique Roselyn Bacheron (inutile de préciser d'où provient la référence) ainsi que quelques personnages généreusement offerts à Valérie Lemercier, Malik Bentahla, Gérard Depardieu (pour une séquence émouvante où il évoquera comme personne son amour de la France) ou encore l'éternel Michel Crémadès...


Si le principe peut sembler parfois rédhibitoire, ici, le fait que Jérôme Commandeur fasse du Jérôme Commandeur est un atout que ne dénigreront que ceux qui n'apprécient pas particulièrement son style. Pour les autres, le pari est gagné. Lui que l'on retrouvera quelques mois plus tard dans l'excellente suite de Barbecue intitulée Plancha (Non, non, ça n'est pas une plaisanterie) réussi le pari de signer le remake d'une comédie italienne en lui donnant un ton qui lui est propre. Celui qu'imprime en général l'acteur et humoriste où qu'il intervienne. Si Irréductible ne révolutionne évidemment pas le genre, il s'y passe tant de choses que même les plus réfractaires à l'humour de la star trouveront de quoi se sustenter. N'écoutez par les ignares qui osent le comparer aux Chevaliers du Fiel (et leur infâme doublé Les Municipaux, ces héros/Les Municipaux, trop c'est trop). Car si le second long-métrage de Jérôme Commandeur en tant que réalisateur et principal interprète n'est pas toujours irrésistiblement drôle, au regard de la production annuelle française en matière de comédies françaises, il est encore parmi ceux qui s'en sont très honnêtement sortis cette année 2022...


lundi 19 septembre 2022

Goodnight Mommy de Matt Sobel (2022) - ★★★★★★☆☆☆☆

 

 


 

La gémellité au cinéma est un sujet passionnant qui fut à l'origine d'un nombre important de longs-métrages dont peu sortirent finalement du lot. Que l'on évoque l’absurde duo formé par Arnold Schwarzenneger et Danny DeVito dans Jumeaux d'Ivan Reitman ou la série B Double Impact de Sheldon Lettich dans laquelle l'acteur belge Jean-Claude Van Damme incarnait le double rôle des frères Alex et Chad Wagner, reconnaissons que les quelques livrées véritablement exaltantes s'avèrent bien moins connues du grand public. Ou du moins, abordent-elles le thème sous des apparences beaucoup plus complexes que le simple phénomène réunissant deux frères ou deux sœurs qui physiquement s'avèrent en tous points semblables. Comment notamment oublier la double performance de Jemery Irons dans le sublime Faux-Semblants de David Cronenberg en 1988 ? Longtemps avant lui vint au monde l'une des œuvres les plus extraordinaires et les plus troublantes sur le sujet de la gémellité sous le titre de L'autre. Une œuvre aussi ensorcelante que profonde signée en 1972 par le réalisateur américain Robert Mulligan. Un long-métrage qui trouva longtemps après un digne successeur avec Goodnight Mommy des cinéastes autrichiens Severin Fiala et Veronika Franz. Une œuvre dans laquelle l'on sentait percer cette approche parfois très froide typique d'un cinéma duquel émerge notamment l’œuvre toute entière de leur confrère Michael Haneke. Un long-métrage qui marquera profondément une partie du public. Celle-là même adhérant totalement à un autre type de cinéma horrifique que celui se complaisant uniquement dans les débordements sanglants ou les jump scares inefficients. Un film sinon parfait, déployant du moins tout une certaine idée de l'horreur psychologique, montant dans les étages de l'effroi de manière compulsive et rigoriste. Comme un long cauchemar dont seuls les deux auteurs connaissaient l'issue et demeuraient les seuls à décider lorsqu'il prendrait fin : c'est à dire, lorsque surviendrait le générique de fin. Comment imaginer qu'un jour quelqu'un oserait émettre l'idée d'un remake de ce film qui ne souffrait que de très peu de défauts ? Il n'y a guère que nos voisins d'Outre-Atlantique pour braver l'impossible : oser reprendre des concepts ayant déjà accueilli en leur sein une technique de mise en scène qui leur accorde le statut de chef-d’œuvre inégalables. Et comme on le verra très souvent (à titre d'exemple, revoyez-donc le chef-d’œuvre de Hideo Nakata Dark Water signé en 2002 et son infâme remake réalisé trois ans plus tard par Walter Salles pour vous en convaincre), reprendre un concept venu de l'étranger pour s'en faire sien n'est pas chose aisée. Lorsque celle-ci n'est pas purement et simplement inenvisageable...


C'est donc à nouveau un réalisateur américain qui à son tour reprend le scénario d'un film qui ailleurs connut un certain retentissement. Matt Sobel qui jusqu'à maintenant n'avait tourné qu'un long-métrage (le drame Take Me to the River en 2015), deux courts-métrages et deux épisodes de la mini-série horrifique Brand New Cherry Flavor s'intéresse donc au sujet mis en scène huit ans auparavant par les deux autrichiens. Pour celles et ceux qui ne se souviendraient pas du récit original ou qui auraient fait l'impasse sur le petit chef-d’œuvre de Severin Fiala et Veronika Franz, petit rappel des faits : Goodnight Mommy version 2014 mettait en scène les frères jumeaux Elias et Lukas dans leur maison familiale lors du retour au bercail de leur mère, laquelle réapparaissait le visage entièrement bandé à la suite d'une opération de chirurgie faciale. Très vite, les deux garçons allaient observer chez leur mère un étrange comportement au point qu'ils finiraient par se demander si sous les bandages allait se cacher celle qui leur donna la vie ! Matt Sobel et le scénariste Kyle Warren reprennent le concept d'origine et déploient de manière nettement plus grossière que leurs homologues autrichiens le terreau de suspicion qui insidieusement mais irrémédiablement allait gripper les rapports entre les deux jumeaux et leur mère. Créant ainsi un climat anxiogène qui malheureusement a bien du mal à s'installer dans cette nouvelle mouture, bien trop pressée de plonger ses protagonistes (et par là-même, les spectateurs) dans un climat de méfiance et de terreur. La mère, interprétée par Naomi Watts (déjà notamment vue dans un autre remake : Le cercle de Gore Verbinski en 2002, adaptation d'un autre classique du japonais Hideo Nakata) montre un peu trop rapidement des signes de menace, laissant avec trop d'empressement planer le doute sur son identité. Si la direction d'acteurs et le scénario semblent vouloir laisser davantage de place au personnage de la mère, son intégration nettement plus importante que dans l’œuvre originale nuit justement au climat d'angoisse que générait son absence d'une partie des séquences tournée alors. Autre sensation qui manque cruellement au remake de 2022 : le malaise. Morbide à plus d'une occasion, l'original avait ce don de laisser le spectateur dans l'inconfort total tandis que le film de Matt Sobel se montre souvent d'un classicisme déconcertant. Un huis-clos qui permettra surtout à celles et ceux qui seraient passés à côté de réévaluer les indéniables qualités de l’œuvre datant de 2014. Inutile de préciser qu'à choisir il sera hautement conseillé aux curieux de (re)découvrir en priorité le long-métrage de Severin Fiala et Veronika Franz plutôt que ce remake dramatiquement impersonnel... À noter que Goodnight Mommy version 2022 vient d'être directement mis à disposition des abonnés Amazon Prime...

 

mercredi 14 septembre 2022

La colline a des yeux 2 de Martin Weisz (2007) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Un an après la sortie sur les écrans du remake du classique de Wes Craven La colline a des yeux par le réalisateur français Alexandre Aja, l'américain Martin Weisz prenait la relève en 2007 pour signer une séquelle on ne peut plus déplorable. Que l'intro et l'attitude des soldats dans cette suite s'avérant assourdissantes de niaiserie s'explique facilement, on reprochera en revanche au reste du long-métrage de se complaire dans l'exploitation de connaissances en matière de tactiques militaires, atrocement rudimentaires. Le fait est que tout donne à cette Colline a des yeux 2 les allures d'un bon gros nanar/navet à la manière des écuries The Asylum. Parfaitement impardonnable. Au point que l'on accepterait même de jeter un regard tout neuf sur la séquelle de l'original datant de 85, laquelle était pourtant déjà en dessous de tout ! L'on apprend au détour d'un article que Martin Weisz apprécierait tout particulièrement le Aliens de James Cameron. Tout comme ce classique de la science-fiction guerrière, sa Colline à lui s'offre une échappée horrifico-militaire dont la multitude de défauts se juge moins à travers son budget qui se monte tout de même à quinze millions de dollars que sur une interprétation et une direction d'acteurs épouvantables. Sa poignée de soldats dirigés par un sergent ayant parfois du mal à maintenir le calme au sein de sa petite troupe (on rêve de cet instant de grâce lors duquel le personnage de Crank Medina passera de vie à trépas) n'est rien de plus qu'une bande de garnements trop âgés pour les pitreries que le récit énumère avec une certaine délectation. La quintessence dans le domaine de l'incohérence provenant sans doute de ce colonel (général ? Je n'en est déjà plus aucun souvenir) qui plutôt que de permettre de réévaluer les qualités intellectuelles d'une section de soldats de l'armée américaine indisciplinée va jusqu'à enfoncer le clou : en effet, bien qu'étant hautement gradé, le type en question s'exprime comme ce doux crétin que l'on rencontrait généralement au collège, appuyé nonchalamment contre le radiateur situé au fond de la classe....


Les décors qui un an auparavant semblaient tout droit provenir de ces sites ayant servi aux tests effectués dans les années cinquante sur la bombe atomique ont disparu. À la place, des collines qui n'ont jamais paru aussi proche de celles que l'on rencontre durant n'importe quelle randonnée. Loin de jeter les ''héros'' et les spectateurs au cœur de ce vide immense que l'on pouvait ressentir en 1977 ou dans des proportions moindres en 2006. Un sentiment de solitude et d'abandon qui donc, désertent et nous laissent face à ce que le cinéma d'horreur et d'épouvante et capable de générer de plus ennuyeux. Si les scènes d'action s'enchaînent cependant et que le film ne se montre pas trop avare concernant les apparitions de sa famille de dégénérés dont les membres sont à cette occasions renouvelés (rappelons que certains d'entre eux périrent en 2006), La colline a des yeux 2 version 2007 fait preuve d'une flemme conséquente lorsque entre en jeu l'écriture que l'on doit pourtant à Wes Craven himself ainsi qu'à son fils ! D'une durée pourtant relativement courte, cette séquelle paraît durer des plombes et les assauts de sa famille de cannibales n'instaurent jamais le moindre sentiment d'angoisse. Entre anfractuosités naturelles et infrastructures façonnées par l'homme, le cadre connaît ses grands classiques et reprend tout d'abord les décors d'un certain Massacre à la tronçonneuse 2 de Tobe Hooper, dont le concept sera ensuite régulièrement pillé dans l'histoire du cinéma d'horreur. Sans doute n'y a -t-il rien de pire que de ne jamais ressentir la moindre empathie pour tel ou tel individu. Ne s'installe alors à aucun moment ce sentiment d'angoisse tant recherché par son auteur. Les incohérences s'accumulent comme autant de petits cailloux laissés derrière lui par un randonneur effrayé à l'idée de ne jamais retrouver son chemin. Celui de La colline a des yeux 2 est parfaitement balisé, sans prises de risque ni aucune originalité. Et dire que je m'apprêtais à lancer la projection Confession d'un cannibale, l’œuvre précédente de ce vidéaste qui depuis, semble avoir choisi de retourner à ses premières amours : le clip vidéo...


 

mardi 13 septembre 2022

La colline a des yeux d'Alexandre Aja (2006) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

À la question quel est selon vous le plus célèbre survival, parions que le Grand Public répondra en majorité le Délivrance de John Boorman. À cette même question, bien des amateurs de bandes horrifiques feront sans doute de même bien que dans leur esprit étriqué de fans de sueurs froides, certains d'entre eux auront également en mémoire ce qu'il fut aussi parfois commun de nommer sous l'inquiétant sobriquet de Shockers ! Ces bandes crapoteuses tout droit venues des seventies et parmi lesquelles on trouvait au hasard le Maniac de William Lustig, La dernière maison sur la gauche de Wes Craven ou le Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper. Ces deux derniers pouvant d'ailleurs être aisément comparés au long-métrage de John Boorman... Wes Craven, justement. L'homme qui offrit ses lettres de noblesse au genre survival par deux fois grâce non seulement à son premier long-métrage mais aussi à son second, le bien nommé La colline à des yeux (traduction pourtant relativement réductrice d'un titre original qui figurait quant à lui l'intégralité des décors en arrière plan si l'on veut bien comprendre le sens infiniment plus inquiétant DES collines environnantes). Ces quelques exemples dont les nouvelles générations de néophytes n'apprirent sans doute l'existence qu'à travers toute une série de remakes ou préquelles nés bien des décennies plus tard et qui parmi eux certains cinéastes mirent au monde des séquelles tout à fait dispensables. Comme La colline a des yeux 2 que Wes Craven commit lui-même quelques années plus tard, en 1985. Autre décennie, autre qualité... Médiocre à cette occasion. Ou ce The Outpost signé de Joe Gayton en 1995 et honteusement retitré La colline a des yeux 3 bien que le récit n'ait absolument rien de commun avec ceux des deux premiers volets... si ce n'est le désert servant de décor. Près de trente ans après l'original de Wes Craven réalisé en 1977, un réalisateur français du nom d'Alexandre Aja connu pour son très efficace Haute Tension en 2003 allait remettre les pendules à l'heure. Ou plutôt, faire peau neuve du récit original en mode 2.0 en proposant un remake en tout point (ou presque) semblable au classique du réalisateur américain à l'origine beaucoup plus tard des franchises Les Griffes de la nuit et Scream.


Car il est vrai qu'en comparant l'un et l'autre des longs-métrages, on se demande dans quelle mesure ce remake a sa place dans la mythologie de cette bande d’arriérés victimes dans la version 2006 de tests effectués sur la bombe nucléaire dans le Nevada. Principale différence avec les mutants cannibales de la version datant de 1977 inspirés quant à eux de la famille Bean dont le chef de clan écossais Alexander Bean et ses quarante-huit membres auraient tué et ''dévoré'' plus de mille hommes, femmes et enfants durant le seizième siècle ! Poussant le mimétisme jusqu'à nommer sa charmante famille d'américains moyens sous le même patronyme que celle du long-métrage de Wes Craven, Alaxandre Aja reprend également dans les grandes lignes (et même parfois avec précision), toutes les séquences chocs de l'original ! De quoi, au mieux, satisfaire les nostalgiques ou au pire, les contraindre à l'ennui ! Les célèbres Dee Wallace-Stone (Hurlements de Joe Dante, E.T. l'extraterrestre de Steven Spielberg, Cujo de Lewis Teague, etc...) et Michael Berryman (Vol au-dessus d'un nid de coucou de Milos Forman) disparaissant au profit de Ted Levine, connu pour avoir incarné le serial killer Buffalo Bill dans le formidable Silence des agneaux de Jonathan Demme ou le Capitaine Leland Stottlemeyer dans l'excellente série Monk...


Parmi les membres de la famille Carter nous retrouvons le patriarche, un ancien flic patriote assez bourru humiliant avec toujours autant de vigueur son beau-fils Doug Bukowski (l'acteur Aaron Stanford). À ses côtés, son épouse Ethel (Kathleen Quinlan) qui ne dénote pas non plus avec l'ancienne version, pieuse, effacée mais attentive aux moindres besoins de sa petite famille. Pour le reste de celle-ci, rien à déclarer de nouveau. Du côté des frappadingues qui vivent non plus seulement au sommet des collines environnantes mais dans une petite ville minière abandonnée, c'est à un festival de dégénérés consanguins que nous convient des effets-spéciaux de maquillages plutôt convaincants et très à la mode depuis les débuts de cette vague mortelle qui allait déferler dès 2003 avec le premier volet de la franchise gore Détour Mortel. Une alternative forestière n'ayant pas à rougir face à la concurrence (du moins lors des deux premiers volets). L'un des ajouts majeurs de cette Colline a des yeux version 2006 est cette visite prolongée dans le repaire de la famille cannibale où sont exposés les vestiges d'essais nucléaires et de beaux spécimens de monstres humains dont un hydrocéphale particulièrement troublant. Plus violent, plus gore mais ressemblant au fond énormément à l'original, La colline a des yeux d'Alexandre Aja est un remake d'excellente facture qui fera vibrer les amateurs de films d'horreur brutaux et sanguinaires mais qui sans doute, touchera moins les nostalgiques des années soixante-dix, époque à laquelle cette version 2006 ne semble apporter aucune espèce d'importance. Notons que dès l'année suivante fut mise en chantier une suite sobrement intitulée La colline a des yeux 2 et cette fois-ci réalisée par Martin Weisz sur la base d'un scénario écrit par... Wes Craven lui-même ainsi que par son propre fils...

 

vendredi 22 juillet 2022

Menteur d'Olivier Baroux (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Maintenant qu'en France l'on semble avoir épuisé toute les cartouches en matière de comédies comme tentent à le prouver ces légions de navets qui sortent depuis quelques années sur grand écran, on se retourne vers les autres. Vers l'Italie, comme avec Le jeu de Fred Cavayé, qui sans être dénué de qualités n'est pourtant qu'un piètre remake du formidable Perfetti Sconosciuti de Paolo Genovese ou comme avec Irréductible de Jérôme Commandeur, adaptation française de Quo Vado? de Gennaro Nunziante. Vu que notre cinéma s'est souvent fait piller à l'étranger (faisant de Francis Veber l'une des ''victimes'' les plus prolifiques), il était donc logique que l'hexagone finisse à son tour par voir fleurir quelques longs-métrages provenant d'ailleurs. Le Canada lui aussi est parfois vampirisé par certains de nos réalisateurs et scénaristes en manque d'inspiration. C'est donc au tour du très fécond Olivier Baroux d'avoir sauté le pas un an après le navrant quatrième volet de la franchise Les Tuche. Signe d'un cinéma en perdition, aux abois, se noyant dans l'indigence la plus totale et apparemment, dans une certaine indifférence. Celle du public qui en boucle se rend dans les salles pour y redécouvrir sans cesse ce même humour que certain(e)s sont même capables d'aborder de la plus mièvre des manières (Michèle Laroque insistant toujours et encore et produisant ainsi le pire du pire, année après année). Oiivier Baroux, donc. Qui avec la plus célèbre famille de beaufs du cinéma français est devenu l'un des portes-drapeaux de la comédie pépère qui ne prend jamais aucun risque. Heureusement qu'il y eut récemment des Jean-Christophe Meurisse (Oranges Sanguines) ou des Fabrice Éboué (Barbaque) pour nous réveiller de ce sommeil profond dans lequel la comédie française nous plonge généralement et ce, depuis bien trop longtemps. Menteur, lui, n'aura malheureusement pas la possibilité d'en faire autant. Aucune prise de risque à part un rythme suffisamment soutenu pour nous maintenir en éveil. Le dernier long-métrage de l'ancien complice télévisuel de Kad Mérad (dont la carrière n'a rien à envier à celle de celui que l'on appelait alors ''O'') est résumé dans sa seule bande-annonce. Une poignée de minutes qui en convaincra sans doute certains mais rebutera l'autre partie du public. Celle qui se méfie désormais systématiquement de l'enrobage que prennent ces attrapes-nigauds. Menteur, c'est donc à l'origine un film québécois réalisé par Emile Gaudreault...


Sorti en salle il y a deux ans, il mettait en scène Simon. Un mythomane dont les mensonges vont du jour au lendemain devenir réalité. Un concept, reconnaissons-le, on ne peut plus intéressant. Maintenant, faut-il le savoir, tout ne dépend plus que de l'ingéniosité de l'interprétation, le talent de son réalisateur ainsi que la forme que prendront les différents gags. Dans la version française, Jérôme remplace Simon. C'est l'acteur Tarek Boudali, d'abord connu pour avoir formé aux côtés de Philippe Lacheau, Élodie Fontan, Reem Kherici, Julien Arruti et Pascal Boisson La bande à Fifi (Babysitting 1 et 2 les ayant transformés du jour au lendemain en vedettes de la comédie française) qui incarne le rôle-titre. Celui du mythomane en question. Autour de lui, l'humoriste et acteur Artus, Pauline Clément, Philippe Vieux, Guy Lecluyse ou encore Catherine Hosmalin et Karim Belkhadra qui interprètent tout deux les parents de Jérôme. Un menteur pathologique qui depuis ses neuf ans passe son temps à s'inventer de fausses vérités. Lesquelles finissent par prendre vie, transformant l'existence du jeune homme et de son entourage en cauchemar. Le principe étant ce qu'il est, il serait inopportun d'affirmer que le film manque d'imagination. En effet, Menteur contient un nombre de gags importants dont certains, même en tout petit nombre, feront forcément mouche en fonction de l'état d'esprit du spectateur. Chacun y trouvera donc de quoi satisfaire son besoin de rire même si dans d'importantes proportions, le film se regarde avec une certaine indifférence. Tarek Boudali a beau en faire des caisses, la présence du sympathique Artus ou celle de la charmante Pauline Clément n'aident en rien le film à s'extraire du pathétique dont il enrobe la plupart des séquences. On sourit, parfois plus par courtoisie ou gène que par amusement. On retrouve pourtant occasionnellement l'humour cher aux anciens Kad et O, notamment à travers ce voisin que Jérôme affirmait être un tueur en série et dont on devine très vite les conséquences d'un tel mensonge. Olivier Baroux œuvre vainement dans le social (ces employés menés par un Guy Lecluyse qui, lui, reste toujours impérial) ou dans le sentiment (surtout vers la fin du film), mais sa comédie n'en est pas moins un échec certain. Peut-être pas aussi nanardesque que Les Tuche 4, mais l'on se demande parfois ce qui pousse des producteurs à injecter autant d'argent (ici, onze millions d'euros) dans des films voués à tomber dans l'oubli à court ou moyen terme...

 

vendredi 15 juillet 2022

Perfectos Desconocidos de Alex De La Iglesia (2017) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Rendons à César ce qui lui appartient et sur une échelle de dix points, osons placer Perfetti Sconosciuti de Paolo Genovese au sommet de la pyramide. En 2016 sortait cette excellente comédie italienne situant son action lors d'un dîner entre amis. Lesquels acceptèrent tous de déposer leur téléphone portable au milieu de la table afin d'étaler au grand jour chaque message et chaque appel qu'il allaient recevoir durant le cours de la soirée. Le film devient un véritable phénomène puisque non content d'être extrêmement divertissant et parfois même étonnamment émouvant, il a surtout été par la suite l'objet de nombreux remakes à travers le monde, détenant ainsi le recors dans le domaine avec plus de vingt adaptations. En France, le réalisateur Fred Cavayé l'adaptera sous le titre Le jeu que l'on placera sur la fameuse échelle qualitative, au sixième ou au septième rang. Sympathique, mais nettement moins surprenant que l'original. D'autant plus que l'émotion qui se dégageait notamment d'une séquence au téléphone entre un père et sa fille disparaît totalement de la version hexagonale. La Russie, la Chine, l’Égypte, la Corée du Sud, ou encore la Pologne ou la Turquie ont toutes apporté leur contribution personnelle à cette histoire écrite à l'origine par Paolo Genovese lui-même. L'Espagne n'étant pas la dernière à s'y être attelée, c'est le réalisateur Alex de la Iglesia qui avec Perfectos Desconocidos a lui aussi à son tour offert sa vision personnelle du concept. Cinéaste passionnant depuis les tout débuts de sa carrière, spécialiste de la comédie bon enfant flirtant dangereusement avec l'humour trash, on a avec lui l'habitude des débordements. Il est donc particulièrement intéressant de découvrir ce qui à ce jour demeure son avant dernier long-métrage. Perfectos Desconocidos, c'est bien évidemment tout d'abord le plaisir de retrouver le réalisateur espagnol qui la même année (2017) avait déjà réalisé la comédie post-apocalyptique El Bar. Œuvre mésestimée pourtant bourrée de qualités, et typique du cinéma parfois outrancier de l'auteur du Jour de la bête, de Mes chers voisins ou du Crime farpait. C'est aussi celui de redécouvrir à l'écran l'acteur Eduardo Noriega qui fut pratiquement découvert par le réalisateur espagnol Alejandro Amenábar grâce à son formidable Tesis en 1996 et que l'on retrouvera notamment cinq ans plus tard dans l'excellent L'échine du diable de Guillermo Del Toro...


D'emblée, le ton de la version espagnole semble un brin plus cru. Dans les actes mais aussi et surtout dans la parole. Ce qui n'empêche pas les dialogues d'être particulièrement inspirés. Plus crus mais néanmoins aussi vivaces que ceux de l’œuvre originale, les échanges verbaux ne laissent aucun répit aux spectateurs qui assistent avec délectation à cette partie de ping pong sans temps morts. On retrouve une partie des personnages de Perfetti Sconosciuti, et notamment Pepe, le seul ''célibataire'' de la soirée dont l'importance est aussi considérable que celle des différents hôtes qui constituent la tablée. Manque à l'appel l'excellent Santiago Segura, acteur plus ou moins fidèle du réalisateur espagnol depuis son premier long-métrage Action mutante en 1993. C'est d'ailleurs là l'une des spécificités de Perfectos Desconocidos dans lequel on ne retrouve aucun des interprètes qu'Alex de la Iglesia emploie généralement tour à tour. En reprenant un concept existant, le réalisateur fait peau neuve mais la question que les fans du cinéaste se posent alors est celle-ci : sera-t-il parvenu à s'approprier le récit du film italien pour faire sien le script d'origine ? Chose peu évidente si l'on tient compte du fait que Perfetti Sconosciuti produit tellement d'arguments et avec une telle profondeur qu'il semble à lui seul avoir tout dit. C'est là que le talent d'écriture d'Alex de la Iglesia entre alors en jeu. Plutôt que d'applquer stricto sensu le scénario de Paolo Genovese, l'espagnol en modifie donc le ton ainsi que de nombreux dialogues. L’éclipse tant attendue de la Pleine Lune, source de conflits, semble ici à l'origine de phénomènes qui dépassent la compréhension humaine. Chiens prêts à s'affronter quelques étages plus bas, véhicules qui entrent en collision. Il y a bien là un événement inexplicable qui est en train de se produire ! Pour le reste, Alex de la Iglesia nous régale en exhibant l'une de ces réunions entre amis qui tournent en eau de boudin. Entre trahisons, révélations et quiproquos, le film élude la complexité de mettre en scène un remake et signe une excellente alternative. Drôle, Perfectos Desconocidos ne compte pas les dépenses en calories de ses interprètes qui tous offrent le meilleur spectacle possible. Pourtant réduit au seul appartement de ses hôtes, le réalisateur exploite à merveille tout l'espace mis à sa disposition. Et contrairement au long-métrage de Fred Cavayé, celui de l'espagnol parvient à faire oublier le temps de la projection qu'il fut d'abord le remake d'une petite merveille de comédie italienne... Moins trash et survolté qu'à l'habitude, on retrouve cependant dans Perfectos Desconocidos, la touche ''De la Iglesia''...

 

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