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Affichage des articles dont le libellé est Olivier Baroux. Afficher tous les articles
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dimanche 25 août 2024

Ce soir, je dors chez toi d'Olivier Baroux (2007) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Olivier Baroux, plus connu des téléspectateurs sous son simple prénom à l'époque où à la télévision il formait en compagnie de son ami Kad Merad le duo Kad et Olivier, cet humoriste et acteur s'est lancé pour la toute première fois dans la réalisation de longs-métrages en 2007 avec Ce soir, je dors chez toi. Son acolyte attendra quelques années de plus avant de réaliser lui-même un premier film avec Monsieur papa en 2011. Fidèle à son compagnon auquel il offrira ponctuellement des rôles dans certains des treize longs-métrages qu'il réalisera entre 2007 et 2022, Olivier Baroux lui confie dans Ce soir, je dors chez toi le rôle de l'éditeur littéraire et ami du héros, Jacques. À l'occasion de sa présence au sein d'un casting relativement sympathique, l'humoriste et acteur fait ce qu'il, à l'époque, savait faire de mieux : donner dans le pastiche avec ce personnage un peu ringard, affublé d'un duffle-coat mauve et d'une perruque blonde proche de celles dont il était le porteur à l'époque de l'émission La grosse émission sur la chaîne Comédie ! créée en 1997 par l'ancien Nuls, Dominique Farrugia. Un véritable vivier de talents que ce programme qui en outre fut une très intéressante plate-forme pour la troupe des Robins des Bois parmi lesquels Pierre-François Martin-Laval, Marina Foïs et Jean-Paul Rouve sont ceux qui par la suite paraissent avoir le mieux géré leur carrière. Concernant ce dernier, on a pu notamment le voir dans les quatre volets de la franchise Les Tuche également réalisés par Olvier Baroux, mais aussi dans quelques drames et thrillers, tels Bunker Paradise de Stefan Liberski en 2005 ou Le Consentement de Vanessa Filho l'année dernière, ou le voir s'afficher lui-même derrière la caméra à quatre reprises entre 2008 et 2018. Ici, il incarne l'écrivain Alex dont le premier roman vient de connaître un succès d'estime. Alors qu'il est sous contrat avec une maison d'édition et que Jacques lui met la pression afin qu'il écrive et qu'il lui confie le plus rapidement possible son prochain manuscrit, Alex rencontre Lætitia Cosso. Ils tombent sous le charme l'un de l'autre et au bout d'un an, la jeune femme propose à l'homme qu'elle aime de venir s'installer chez lui...


Mais après une nuit agitée durant laquelle Alex va faire de nombreux cauchemars, celui-ci s'inquiète de la nouvelle situation qui se profile. Et pour décourager Lætitia de venir effectivement vivre avec lui, il demande à Jacques de venir s'installer chez lui et de se faire passer pour dépressif... Les bases du récit sont ainsi définies. Comédie romantique légère et inoffensive, Ce soir, je dors chez toi est plaisant à regarder. Lætitia est incarnée à l'écran par l'actrice Mélanie Doutey. La jeune interprète alors proche de la trentaine à l'époque du tournage débutait sa carrière huit ans auparavant dans Les Gens qui s’aiment de Jean-Charles Tacchella dans lequel elle interprétait un tout petit rôle ! Dans Ce soir, je dors chez toi elle incarne l'un des deux principaux personnages, en jeune femme séduisante et touchante face à un Jean-Paul Rouve dont le rôle n'assume absolument pas certains des choix de couple. Réfractaire à l'idée de partager sa vie avec Lætitia tout en l'aimant sincèrement, l'un et l'autre des interprètes captivent par leur authenticité. Le spectateur notera la présence à l'écran des véritables parents de Mélanie Doutey. Fille de Arièle Semenoff et d'Alain Doutey (éternel Camille de la série de l'été de Jean Sagols en 1988 et 1989, Orages d'été), ils incarnent à l'écran la mère et le père de la jeune femme. Si Ce soir, je dors chez toi est une très sympathique comédie, on ne rit pas forcément aux éclats. Pourtant, les différentes interventions de Kad Merad dans le rôle du meilleur ami faussement dépressif demeurent pour les amateurs de l'ancien humoriste, un véritable régal. Quelques séquences plus profondes viennent émailler un récit pourtant relativement convenu. Adapté de la bande-dessinée Monsieur Jean des dessinateurs et scénaristes français Philippe Dupuy et Charles Berberian, le film d'Olivier Baroux se regarde donc sans déplaisir. Pas inoubliable mais très largement au dessus de ce qu'engendre le cinéma comique français depuis ces vingt dernières années...

 

vendredi 22 juillet 2022

Menteur d'Olivier Baroux (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Maintenant qu'en France l'on semble avoir épuisé toute les cartouches en matière de comédies comme tentent à le prouver ces légions de navets qui sortent depuis quelques années sur grand écran, on se retourne vers les autres. Vers l'Italie, comme avec Le jeu de Fred Cavayé, qui sans être dénué de qualités n'est pourtant qu'un piètre remake du formidable Perfetti Sconosciuti de Paolo Genovese ou comme avec Irréductible de Jérôme Commandeur, adaptation française de Quo Vado? de Gennaro Nunziante. Vu que notre cinéma s'est souvent fait piller à l'étranger (faisant de Francis Veber l'une des ''victimes'' les plus prolifiques), il était donc logique que l'hexagone finisse à son tour par voir fleurir quelques longs-métrages provenant d'ailleurs. Le Canada lui aussi est parfois vampirisé par certains de nos réalisateurs et scénaristes en manque d'inspiration. C'est donc au tour du très fécond Olivier Baroux d'avoir sauté le pas un an après le navrant quatrième volet de la franchise Les Tuche. Signe d'un cinéma en perdition, aux abois, se noyant dans l'indigence la plus totale et apparemment, dans une certaine indifférence. Celle du public qui en boucle se rend dans les salles pour y redécouvrir sans cesse ce même humour que certain(e)s sont même capables d'aborder de la plus mièvre des manières (Michèle Laroque insistant toujours et encore et produisant ainsi le pire du pire, année après année). Oiivier Baroux, donc. Qui avec la plus célèbre famille de beaufs du cinéma français est devenu l'un des portes-drapeaux de la comédie pépère qui ne prend jamais aucun risque. Heureusement qu'il y eut récemment des Jean-Christophe Meurisse (Oranges Sanguines) ou des Fabrice Éboué (Barbaque) pour nous réveiller de ce sommeil profond dans lequel la comédie française nous plonge généralement et ce, depuis bien trop longtemps. Menteur, lui, n'aura malheureusement pas la possibilité d'en faire autant. Aucune prise de risque à part un rythme suffisamment soutenu pour nous maintenir en éveil. Le dernier long-métrage de l'ancien complice télévisuel de Kad Mérad (dont la carrière n'a rien à envier à celle de celui que l'on appelait alors ''O'') est résumé dans sa seule bande-annonce. Une poignée de minutes qui en convaincra sans doute certains mais rebutera l'autre partie du public. Celle qui se méfie désormais systématiquement de l'enrobage que prennent ces attrapes-nigauds. Menteur, c'est donc à l'origine un film québécois réalisé par Emile Gaudreault...


Sorti en salle il y a deux ans, il mettait en scène Simon. Un mythomane dont les mensonges vont du jour au lendemain devenir réalité. Un concept, reconnaissons-le, on ne peut plus intéressant. Maintenant, faut-il le savoir, tout ne dépend plus que de l'ingéniosité de l'interprétation, le talent de son réalisateur ainsi que la forme que prendront les différents gags. Dans la version française, Jérôme remplace Simon. C'est l'acteur Tarek Boudali, d'abord connu pour avoir formé aux côtés de Philippe Lacheau, Élodie Fontan, Reem Kherici, Julien Arruti et Pascal Boisson La bande à Fifi (Babysitting 1 et 2 les ayant transformés du jour au lendemain en vedettes de la comédie française) qui incarne le rôle-titre. Celui du mythomane en question. Autour de lui, l'humoriste et acteur Artus, Pauline Clément, Philippe Vieux, Guy Lecluyse ou encore Catherine Hosmalin et Karim Belkhadra qui interprètent tout deux les parents de Jérôme. Un menteur pathologique qui depuis ses neuf ans passe son temps à s'inventer de fausses vérités. Lesquelles finissent par prendre vie, transformant l'existence du jeune homme et de son entourage en cauchemar. Le principe étant ce qu'il est, il serait inopportun d'affirmer que le film manque d'imagination. En effet, Menteur contient un nombre de gags importants dont certains, même en tout petit nombre, feront forcément mouche en fonction de l'état d'esprit du spectateur. Chacun y trouvera donc de quoi satisfaire son besoin de rire même si dans d'importantes proportions, le film se regarde avec une certaine indifférence. Tarek Boudali a beau en faire des caisses, la présence du sympathique Artus ou celle de la charmante Pauline Clément n'aident en rien le film à s'extraire du pathétique dont il enrobe la plupart des séquences. On sourit, parfois plus par courtoisie ou gène que par amusement. On retrouve pourtant occasionnellement l'humour cher aux anciens Kad et O, notamment à travers ce voisin que Jérôme affirmait être un tueur en série et dont on devine très vite les conséquences d'un tel mensonge. Olivier Baroux œuvre vainement dans le social (ces employés menés par un Guy Lecluyse qui, lui, reste toujours impérial) ou dans le sentiment (surtout vers la fin du film), mais sa comédie n'en est pas moins un échec certain. Peut-être pas aussi nanardesque que Les Tuche 4, mais l'on se demande parfois ce qui pousse des producteurs à injecter autant d'argent (ici, onze millions d'euros) dans des films voués à tomber dans l'oubli à court ou moyen terme...

 

dimanche 12 juin 2022

Mais qui a re-tué Pamela Rose ? de Kad Merad et Olivier Baroux (2012) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

À l'origine, il faut remonter jusque dans les années quatre-vingt dix lors desquelles, le duo d'humoristes Kad Merad et Olivier Baroux animaient l'émission Rock'n'roll circus sur Oui FM ! Entre 1992 et 1997, il mettent effectivement en scène des sketchs et parmi ceux-ci, une série intitulée Mais qui a tué Paméla Rose ? dont le titre faisait très clairement référence à la série américaine créée par le réalisateur David Lynch, Twin Peaks. Une série humoristique radiophonique qui se transforme ensuite en une série télévisée elle aussi bourrée d'humour lorsque le duo intègre l'équipe de La Grosse émission diffusée sur Comédie !. Deux ans après leur passage sur la chaîne créée à l'origine en 1997 par l'ancien Nuls Dominique Farrugia, Kad Merad et Olivier Baroux se retrouvent au cinéma grâce à l'adaptation de leurs sketchs sur grand écran. C'est le réalisateur Eric Lartigau qui réalise la version cinématographique simplement intitulée Mais qui a tué Pamela Rose, lequel en profite ainsi pour débuter sa carrière au cinéma (on le verra d'ailleurs trois ans plus tard derrière la caméra de Un ticket dans l'espace dans lequel il retrouvera les deux humoristes ainsi que Guillame Canet, André Dussollier, Thierry Frémont ou les deux anciens Robins des Bois, Marina Foïs et Pierre-François Martin-Laval. Quant à Mais qui a tué Pamela Rose, il sera pour Olivier Baroux l'occasion de jouer pour la première fois au cinéma tandis que son comparse avait déjà figuré pour de petits rôles dans une poignée de longs-métrages (Le pharmacien de Garde de Jean Veber ou La beuze de François Desagnat et Thomas Sorriaux). Alors qu'il a déjà réalisé quatre films dont le premier volet de la saga Les Tuche ou l'excellent L'italien (dont il offrit le premier rôle à son binôme humoristique), Olivier Baroux réalise lui-même en 2015 une suite inattendue de l'adaptation de leur série de sketchs sous le titre (absurde mais bien dans le ton de l'humour du duo) Mais qui a re-tué Pamela Rose ?. Si cette fois-ci Eric Lartigau ne fait plus partie de l'aventure, Olivier Baroux ne sera pas seul à la mise en scène puisque Kad Merad qui jusque là n'avait réalisé qu'un seul long-métrage (Monsieur Papa en 2011) sera à ses côtés afin d'assurer une partie de la réalisation. ..


Réalisé presque dix ans après les premières aventures du duo d'agents du FBI Richard Bullit et Douglas Ripper qui en 2003 furent conviés à enquêter sur la mort d'une jeune femme survenue dans la petite localité de Bornsville, les deux hommes ne se sont plus revus depuis très longtemps. Trahit par Ripper qui lui a volé sa petite amie (Laurence Arné dans le rôle de la blonde botoxée, Linda), Bullit vit désormais dans un quartier tranquille, entouré de voisins charmants tandis que Ripper, bedonnant et déprimé depuis qu'à son tour il se soit fait volé le cœur de celle qu'il aime par son supérieur hiérarchique (Laurent Lafitte, égal à lui-même, dans le rôle de David Perkins) continue d'exercer son métier d'agent du FBI. Oui mais voilà, le corps de Pamela Rose ayant disparu après avoir été exhumé, les deux hommes vont se réunir à nouveau afin de se lancer dans une nouvelle enquête. Première constatation : il ne reste plus grand monde du casting d'origine. À dire vrai, si l'on ne tient pas compte du fait que Laurent Lafitte était au générique du premier dans le rôle d'un ambulancier et Lionel Abelanski dans celui d'un lieutenant seuls Kad Merad et Olivier Baroux reprennent du service. Exit donc Gérard Darmon, Jean-Paul Rouve, Bénédicte Loyen, François Cluzet, Alain Chabat qui faisait une très sympathique apparition dans le rôle d'un chanteur de country ou encore Marina Foïs en cliente de pharmacie et Virginie Ledoyen en femme de ménage espagnole. Dans cette séquelle, nous retrouvons donc Audrey Fleurot dans le rôle de la présidente des États-Unis of America, Laurent Lafitte, comme précisé plus haut, Guy Lecluyse dans celui de Steven Kowachek ou Omar Sy dans la peau du garde du corps William Mosby. Sans compter tous les petits rôles composés par François Morel, Alain Doutey, Patrick Bosso ou bien encore le chef-cuisinier Guy Savoy qui interprète son propre rôle...


Olivier Baroux et Kad Merad demeurent une fois de plus à l'écriture, toujours accompagnés par le scénariste Julien Rappeneau. Si le premier long-métrage réunissant les personnages de Bullit et Ripper avait été exclusivement tourné dans l'hexagone, une partie du second fut par contre réalisée sur le territoire américain et plus précisément à Washington où se situe la Maison Blanche. Les deux acteurs/réalisateurs expliqueront d'ailleurs la présence de faux raccords par la volonté de vouloir exploiter au maximum les prises de vue exécutées devant le célèbre monument. On retrouve bien entendu l'humour typique du duo même si en comparaison cette séquelle est un peu plus faible que le premier volet en terme de comique. Mais qui a re-tué Pamela Rose ? mêle une fois de plus comédie et policier et les gags naviguent entre absurde et grotesque. Que le film n'ait pas la portée des sketchs d'antan ne fait aucun doute mais il n'en bénéficie pas moins de quelques séquences plutôt amusantes comme l'interrogatoire mené par un Bullit en mode ''pervers'' auprès d'une jeune femme dans une église, le coup de la porte qui claque, le combat de catch ou la visite de l'avion présidentiel Air Force One. Malheureusement, le long-métrage a du mal à tenir sur la longueur et souffre de la présence de séquences inutiles dont l'humour tombe à plat. Mais pour une alternative française à l'esprit des ZAZ, Mais qui a re-tué Pamela Rose ? ne s'en sort pas trop mal. Et puis, c'est à cette époque là, toujours un plaisir que de voir se recomposer le fameux duo Kad et O. À noter que les aventures de deux des agents du FBI les plus maladroits ne se sont pas terminées avec la sortie de ce film puisque fin 2020, Kad Merad et Olivier Baroux ont créé un concept de film audio basé sur leur célèbre duo. La chose se nomme Bullit et Riper et a été diffusée pour la première fois sur Canal+ le 25 décembre de cette même année...

 

dimanche 9 janvier 2022

Les Tuche 4 d'Olivier Baroux (2021) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

L'année 2022 commence mal. 1Er janvier. Premier jour de l'année. Première comédie ratée. À dire vrai, et pour être tout à fait honnête, un film datant de 2021. Presque du siècle dernier si l'on tient compte du ringard qui mine le récit de la première à la dernière seconde. Fallait pas s'attendre à autre chose de la part d'Olivier Baroux qui avec Les Tuche 4 insiste une fois de plus sur ses personnages ultra-caricaturaux. Jean-Paul Rouve que l'on a connu en meilleure forme durant sa collaboration avec les anciens membres de la troupe Les Robins des Bois ne retrouve pas le génie des personnages qu'il incarnait alors. Elle est loin l'émission Radio Bière-Foot (la radio de la bière et du foot à la télé). Disparu Monsieur Orange... Même le Jeff du premier volet de la franchise que l'on pouvait encore raisonnablement apprécier ne fait plus que se singer lui-même. Et dire que l'on risque de les revoir tous, les membres de la famille originaire de Bouzolles, dans un futur cinquième volet. Mais que les fans (s'il en reste) de Jeff, de Cathy, de Stéphanie, de Wilfried et de Donald se rassurent. Les Tuche 4 n'atteint tout de même pas les tréfonds de l'ignominie dans lesquels se vautrèrent notamment la purge de Michèle Laroque, brillantissime de 2017, Francis Gnibre et Eric Carrière avec leur daubesque Les Municipaux, trop c'est trop ! l'année suivante ou encore Nicolas Benamour et son infâme Mystère à Saint-Tropez en 2021. Ce qui ne justifiera cependant pas pour autant les piètres qualités du long-métrage d'Olivier Baroux pourtant parfois capable de proposer de bonnes surprises comme L'italien en 2010. Il va bien falloir qu'un de ces jours l'acteur-réalisateur pense à mettre un terme à cette trop longue saga familiale qui ne fait malheureusement plus rire grand monde (en dehors de quelques spectateurs s'esclaffant sporadiquement)... 

 

Dans cette nouvelle séquelle, Jeff et sa famille vont accueillir la sœur de sa bien-aimée. Une Maguy qu'interprétera Isabelle Nanty désormais dans un double-rôle. Nouveau venu, l'acteur Michel Blanc dans le rôle de son époux Jean-Yves qui plutôt que de relever une sauce plutôt fade apparaît plutôt inconsistant. Presque aussi peu disposé à apparaître à l'image que son personnage semble être gêné de vivre. Jeff et ce dernier ne s'entendant plus vraiment depuis que le second a osé couper l'herbe sous le pied du premier lors d'une vente aux enchères dix ans auparavant, on se retrouve devant l'un de ces films confrontant deux individus se détestant copieusement traité sous le ton de l'humour. Enfin........ en théorie. Car concernant les rires, comme déjà décrit au dessus, ceux-ci sont aux abonnés absents. Se déroulant l'approche des fêtes de fin d'année, Tuche 4 n'apporte rien. N'innove jamais. Le film évoque la confrontation entre une grosse entreprise de vente et de distribution (l'ombre d'Amazon n'est pas loin) et une petite boite reconvertie dans la fabrication de jouets de Noël. Si l'idée est bonne bien qu'éculée, son exécution est par contre totalement bâclée. Ce moment terriblement jouissif lors duquel le petit dévorait le géant entre Eddie Vuibert/Richard Anconina et Denis Vierhouten/Daniel Prévost dans La vérité si je mens 2 est ici résumé à très peu de chose. Comme un cahier des charges qui aurait été imposé et que le réalisateur et ses quatre scénaristes (!!!) se seraient chargés de mettre en scène de la manière la plus insignifiante qui soit... 

 

Si en théorie Michel Blanc aurait dû apporter une valeur ajoutée au film, il n'en est rien. Presque effacé, il interprète un personnage odieux et opportuniste comme le cinéma en a charrié tant avant lui. Une resucée sans saveur. Un humour, des répliques et des attitudes qui tournent désormais en boucle et vide depuis les origines de la franchises remontant tout de même douze ans en arrière. Olivier Baroux profite de la période pour nous pondre un conte de Noël pour beaufs (ceux qui aiment danser sur La danse des Canards ou sur les chansons de La Compagnie Créöle risquent d'apprécier) dans lequel apparaît également François Berléand dans le rôle de Pierre Noël (Je sais, je sais...) qui au mieux enchantera les plus jeunes d'entre nous. Mais à choisir, si vous voulez vraiment prendre votre pied devant une comédie familiale sur le thème de Noël, préférez redécouvrir l'excellent Santa & Cie de (et avec) Alain Chabat... Bon allez, j'avoue... J'ai rigolé... Une fois... Et très franchement. Lors de la séquence qui, fruit du hasard, sort totalement du contexte du film pour nous replonger dans ces fausses pubs qu'étaient capables de mettre en scène les Nuls et Les Inconnus il y a longtemps de cela. Mais trente seconde de rire sur un peu plus de cent minutes, ça fait quand même mal au porte-monnaie...

dimanche 16 mai 2021

Les Tuche d'Olivier Baroux (2011) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Grosse comédie de potache, la première d'une lignée dont le troisième avatar devrait logiquement sortir cette année, Les Tuche d'Olivier Baroux porte en elle toute la légèreté de la savoureuse bande de guignols, Les Robins des Bois. Et ça n'est d'ailleurs pas un hasard si l'on retrouve en tête de gondole Jean-Paul Rouve qui malgré une carrière sur grand écran beaucoup plus honorable que celle de la plupart de ses acolytes du passé (excepté pour Marina Foïs qui elle aussi a su se prendre en main avec infiniment plus de rigueur que les autres membres de la troupe) sait parfois se relâcher, comme dans le cas présent. Car avec le personnage de Jeff Tuche, ce patriarche aux commandes d'une famille originaire de la ville imaginaire de Bouzolles (Salin-de-Giraud ayant en réalité servi de décor pour les besoins du film) ressemble à s'y méprendre à l'animateur de l'émission Radio Bière-Foot à laquelle était également rattaché Maurice Barthélémy. Celui qui incarna également sur scène un certain Monsieur Orange dont la particularité était de se fondre dans le décor interprète ici le rôle d'un père de famille au fort accent provenant de ce qu'il est de coutume d'appeler désormais les Hauts de France. Apparemment pas très finaud mais très attaché à certaines valeurs et surtout à sa famille constituée de son épouse Cathy (attachante et touchante Isabelle Nanty), fan absolue de Stéphanie de Monaco (elle rêve de la rencontrer), de Donald (Théo Fernandez, le surdoué de la famille), de Stéphanie (Sarah Stern), caricature même de la blonde pas très maline, idolâtrant au passage une certaine Paris Hilton, de Wilfried (Pierre Lottin), fan de rap et de voitures customisées et de Mamie Suze (Claire Nadeau), laquelle est particulièrement portée sur l'alcool et notamment sur la Suze, la chose ayant de lourdes conséquences sur son parler...


Tout ce petit monde se retrouve millionnaire et descend alors à Monaco se frotter aux habitants de cette petite principauté indépendante avec tout ce que cela peut sous-entendre de problèmes d'intégration. Car si ce quatrième long-métrage d'Olivier Baroux co-scénarisé en compagnie de Philippe Mechelen n'a l'air que de n'enclencher qu'une succession de vannes pas toujours très subtiles, il faudra malgré tout (et surtout au delà de l'avis pratiquement général des critiques) penser le film comme une certaine critique sociale, si petite soit celle-ci. Laquelle démontre fort heureusement dans le cas présent que même les coutumes et les comportements les plus ''archaïques'' peuvent donner naissance à une véritable relation entre individus de milieux sociaux radicalement différents. Et c'est même cette différence qui va tout d'abord nourrir ici l'amitié entre les Tuche et leurs voisins constitués essentiellement de Mouna (Fadila Belkebla), Salma (Karina Testa) et Jean-Wa (Sami Outalbali), d'abord réticents à rencontrer leurs nouveaux voisins avant de devenir de réels amis et confidents...


Les vannes fusent à peu près toutes les cinq ou six secondes, Jean-Paul Rouve/Jeff Tuche détenant sans doute le record parmi tous les interprètes. Pour ne pas trop alourdir son sujet par des blagues déjà très nombreuses, Olivier Baroux convie Isabelle Nanty/Cathy Tuche à apaiser le rythme telle une soupape de sécurité. Dans des décors signés Perine Barre et des costumes conçus par Sandra Gutierrez parfois absolument délirants, Les Tuche apparaît parfois comme une bande-dessinée live, joyeuse et surtout très colorée. Surtout, le film joue sur le contraste entre les habitudes un peu ''ringardes'' de cette famille originaire ''din Ch'Nord'' et le comportement éminemment précieux de la bourgeoisie sise à Monaco. Outre les interprètes déjà cités l'on retrouve également Guy Lecluse que l'on a l'habitude de retrouver chez cet autre acteur/humoriste qu'est Dany Boon, Jérôme Commandeur dans le rôle savoureux de Hermann du Country Club ou encore la regrettée Valérie Benguigui en snob de ce même Country Club. Olivier Baroux qui ici offre également une toute petite apparition à son fidèle compagnon de toujours Kad Merad (dans le rôle d'un poissonnier) apparaît lui-même à l'écran dans la peau du voisin irascible, Monnier. On pourrait citer encore Pierre Menès, Alain Doutey, Pierre Bellemare, Pascal Vincent (des Robins des Bois) et bien d'autres. Des guest en nombre pour une comédie certes, ultra légère mais qui rencontrera un grand succès en salle avec plus d'un million et demi d'entrée en onze semaines d'exploitation. Depuis, on connaît la suite : deux séquelles en 2016 et 2018 et un quatrième volet qui ne devrait logiquement pas tarder à voir le jour...

 

lundi 2 septembre 2019

Just a Gigolo d'Olivier Baroux (2019) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Just a Gigolo ou l'histoire d'un... gigolo prénommé Alex qui après 28 années de fidélité apportées à une richissime vieille dame est remplacé du jour au lendemain par un plus jeune que lui et se retrouve à dormir dans une maison de poupée rose-bonbon sur le terrain jouxtant l'immense demeure d'une bourgeoise qui entretient son ami Daniel. Pratiquement à la rue, Alex décide de renouer avec sa sœur Sarah qu'il n'a pas revu depuis des années et qui depuis est divorcée et a un fils qui se prénomme Hugo. Un jour, Alex propose à Sarah d'accompagner Hugo jusqu'à l'école et y tente de faire la connaissance avec la grand-mère de la jeune Eva dont est amoureux Hugo. Samantha Hirsch est une femme riche qu'il est difficile d'approcher. C'est donc en se servant de son neveu qu'Alex va tenter de nouer le contact avec elle...

Dixième long-métrage d'Olivier Baroux réalisateur, Just a Gigolo est une fois encore une comédie, et une fois encore interprétée par son fidèle ami Kad Merad qu'il rencontre en 1991 sur la radio parisienne OUI FM avant d'intégrer entre autre la chaîne Comédie où ils animeront ensemble La Grosse Émission créée par l'ancien Nul, Dominique Farrugia. La carrière de cinéaste d'Olivier Baroux oscillant entre excellence (L'Italien en 2010) et désastre artistique (Mais qui a re-tué Pamela Rose ? En 2012), Just a Gigolo maintient une certaine moyenne même si en comparaison des poids lourds en matière de comédie, son dernier film est carrément à la ramasse. Ici, tout est sur un ton léger et une écriture sans éclats particuliers. Quelques séquences qui auraient pu tendre au statut de scènes cultes si elles n'étaient pas noyées dans une mare où les stéréotypes font bon ménage avec la niaiserie.

L'un des atouts de cette petite comédie familiale Olivier Baroux et Kad Merad mais d'abord inspirée par le film américain réalisé par le cinéaste Ken Marino en 2017, How to be a Latin Lover, demeure sans doute dans la découverte du jeune Léopold Moati qui incarne un Hugo surdoué très attachant. Quant à l'actrice Anne Charrier qui incarne la sœur du héros, on la vit auprès du Kad Merad réalisateur dans la comédie Marseille sortie trois ans auparavant. Just a Gigolo est également l'occasion de retrouver l'actrice Anny Duperey dans le rôle de Samantha Hirsch, l'acteur Pascal Elbé dans celui de Daniel, ou encore Thierry Lhermitte qui fait ici une courte apparition dans la peau d'un vieux Gigolo, ainsi que Guy Lecluse et Lionel Abelanski dans celles des frères Serge et Gilles. Si tout y est déjà couru d'avance en matière d'humour et donc de réaction de la part des spectateurs, Just a Gigolo est pourtant une comédie qui se laisse regarder sans réel déplaisir. On retiendra malheureusement une fois de plus le jeu plus qu'approximatif de Kad Merad qui, dès lors que lui est demandé d'exprimer certaines émotions, est peu crédible. Une comédie dans la moyenne de celles dont la qualité a malheureusement tendance à se généraliser (celles d'exception se faisant rares). Vite vue, vite oubliée...

mardi 23 octobre 2018

Le Doudou de Julien Hervé et Philippe Mechelen (2018) - ★★★★★★☆☆☆☆




Laurent Baffie perdait ses Clés de Bagnole quinze ans plus tôt pour finalement les retrouver dans l'une des poches de son pantalon. Aidé par des dizaines de potes dont ses complices Daniel Russo et Pascal Sellem, cet humoriste au caractère bien trempé et à l'incroyable répartie avait accouché d'un long-métrage étonnant, inhabituel, à mille lieues de l'habituelle soupe que le cinéma français nous sert depuis une bonne vingtaine d'années. En 2018, Julien Hervé et Philippe Mechelen, qui auprès de Lionel Dutemple et Benjamin Morgaine écrivirent pour les Guignols de l'Info sur Canal + durant un « quinquennat » prennent à leur tour le chemin du grand écran pour signer un film à deux dont le scénario rappelle sensiblement l’œuvre de Laurent Baffie. Pourtant, Lionel Dutemple et Benjamin Morgaine revoient leur casting à la baisse car à part ses deux principaux interprètes et quelques invités de passage, Le Doudou convoque beaucoup moins d'artistes à la fête. De plus, ça n'est pas parce que les ces deux là ont tout comme Benoît Delépine et Gustave Kervern fait leurs armes sur la quatrième chaîne de télé française que leur film aura la prétention d'être un OFNI de la trempe d'un Avida, d'un Grand Soir ou d'un Saint Amour. Le Doudou est, dans l'ensemble, plutôt classique. Même s'il réserve quelques idées délirantes au rayon desquelles David Salles (Denis, Babysitting) incarne un vigile particulièrement gratiné, le film du duo déroule une intrigue relativement simple quoique émaillée de quelques séquences plutôt amusantes.

Le Doudou tente très modestement d'installer une complicité entre deux individus n'ayant au départ aucune raison de sympathiser ou de se côtoyer (l'un est responsable de la voirie de Poissy tandis que le second n'y est qu'un petit employé à l'aéroport). Si Michel Barré (Kad Merad) et Sofiane (Malik Bentalha) vont partager une poignée d'heures ensemble, c'est parce que le premier a perdu le doudou de sa gamine et que l'autre espère toucher cent-cinquante euros une fois l'objet retrouvé. Afin d'étoffer quelque peu le scénario qu'ils ont eux-mêmes écrit à quatre mains, les deux cinéastes ont inclus une sous-intrigue inintéressante tournant autour du personnage incarné par Malik Bentalha, lequel s'est fait plaquer par sa compagne Léa, qui elle, est interprétée par l'actrice Lou Chauvin. C'est vrai, on se fiche un peu (et même beaucoup, à dire vrai) de leur rupture et de la navrante tentative de Sofiane de récupérer son ex-petite amie. Malik Bentalha est sans doute très amusant lorsqu'il monte sur scène et il appréciable d'assister à sa répartie lorsqu'il participe au désopilant jeu télévisé Burger Quiz, mais dès qu'il s'agit pour lui d'exprimer diverses émotions, c'est à ce moment très précis que l'acteur-humoriste montre ses limites : on n'y croit pas un seul instant, le visage de Malik Bentalha demeurant figé comme l'un des mannequins de cire du Musée Grévin justement cité dans le film. Kad Merad, sans être exceptionnel, assure le minimum syndical comme dans la majeure partie des longs-métrages qu'il interprète.

Le Doudou tient surtout la route et évite de tomber dans le fossé grâce à quelques savoureux décalages humoristiques. Entre un David Salles en mode « vigile amoureux de son (sa) chien(ne) », un Mahdi Alaoui en agent de sécurité costaud mais pas très malin, un Guy Marchand en vieillard faussement sénile amateur de sites pornos, et un Elie Sémoun dont le personnage du père Gouthard ne dépareillerait sans doute pas avec ceux qu'il a créé pour sa série des Petites Annonces d'Élie. Si Julien Hervé et Philippe Mechelen ont de la suite dans les idées, il va cependant leur falloir étoffer quelque peu leurs idées s'ils veulent pouvoir définitivement se démarquer de la concurrence. Le Doudou n'est pas l'ultime alternative entre le cinéma français humoristique plan-plan ayant tendance à se généraliser depuis quelques années et celui beaucoup plus barré du duo Benoît Delépine et Gustave Kervern, ou mieux, d'un Quentin Dupieux, mais de minuscules idées permettent de passer un moment relativement sympathique d'autant plus que, il ne faut pas se le cacher, il arrive que l'on rigole devant certaines scènes...

mercredi 23 mai 2018

Les Tuche 3 d'Olivier Baroux (2018) - ★★★★★★☆☆☆☆



Après les Tuche à Monaco en 2011 avec Les Tuche, les Tuche aux États-Unis avec Les Tuche 2 : Le Rêve américain en 2016, cette fois-ci, l'équipe au grand complet revenait sur les écrans français fin janvier 2018 pour une aventure les menant tout droit jusqu'à l'Elysée avec Les Tuche 3. Olvier Baroux, l'ancien complice de Kad Merad est toujours aux commandes et la petite famille est toujours interprétée par le même groupe d'actrices et d'acteurs. A savoir, Jean-Paul Rouve dans le rôle de Jeff Tuche, Isabelle Nanty dans celui de son épouse Cathy, Sarah Stern dans la peau de leur fille Stéphanie, Pierre Lotin dans celle de Wilfried, le fils aîné, ainsi que Théo Fernandez qui reprend le rôle du fils cadet Donald, continuant ainsi de dénoter par rapport aux autres membres de la famille bien que l'acteur soit moins présent à l'écran dans ce troisième épisode.Même s'il est moins bien que le premier long-métrage de la saga désormais célèbre de la richissime famille de ch'tis, Les Tuche 3 surpasse pourtant le second qui était quelque peu décevant.On y retrouve également l'actrice Claire Nadeau dans le rôle d'une Mamie Suze toujours autant prise de boisson ainsi que Ralph Amoussou dans le rôle de Georges Diouf, le fiancé de Stéphanie.

Et justement, tout va mal pour la jeune femme : son petit ami refuse d'avoir un enfant avec elle, et c'est le clash. Du côté de Wilfried, c'est la même chose. Divorcé de son époux, il continue de se saper comme un rappeur. Quant à Théo, alors que les portes de Polytechnique lui sont grandes ouvertes, il refuse d'y aller. Comme le dit si bien sa maman, le cadet est en pleine crise d'adolescence. Alors qu'elle-même continue à préparer de bons petits repas à base de frites à sa famille, Jeff, lui est préoccupé par autre chose. Alors qu'il est désormais maire de Bouzolles, il constate avec désarroi que le TGV qui devait selon lui faire un arrêt à la gare de Bouzolles ne fait que passer devant. Le père de famille décide donc de se présenter aux élections présidentielles. Mais alors que peu croient en lui et qu'il est le sujet de moqueries de la part de ses principaux adversaires, tous sont au cœur de scandales qui ruinent leurs chances de passer le premier tour.. Jeff se retrouve finalement au second tour face au président sortant, le sinistre Papin...

Ce troisième volet des aventures des membres de la famille Tuche risque de faire grincer certaines dents quant d'autres se réjouiront de la découvrir au sommet de l'état, à la présidence de la république. On y retrouve le même humour que dans les précédents volets avec un surcroît de causticité dû au portrait peu élogieux qui est fait des hommes d'état, ici souvent jugés d'escrocs. Les gags ne sont pas toujours très fins (et même rarement il faut le reconnaître) mais on s'amuse beaucoup d'autant plus que les répliques s'enchaînent à une vitesse folle. Parmi les nouveaux venus, nous noterons la présence de Scali Deypeyrat dans le rôle de Bichon, Philippe Magnan dans celui de Papin, l'ex-président de la République, et la participation éclaire de Marc Duret dans la peau de Laurent Dupuis, candidat au second tour, s'excusant de l'emploi fictif dont bénéficie son épouse alors même qu'il est accusé de trafic de stupéfiants, de trafic d'organes, de braquage, et de proxénétisme !!!

On pardonnera au film sa grande légèreté de ton. Plus que la critique, c'est l'humour qui tient le haut du pavé et rappelle celui de la troupe des Robins des Bois. Les Tuche 3 n'est certes pas la meilleure comédie d'Olivier Baroux (qui y interprète toujours le rôle de Monnier) mais pas la plus mauvaise non plus. A voir une fois suffira, d'autant plus que l'on risque malheureusement de l'oublier assez rapidement. Mentions spéciales tout de même pour le couple formé par Rouve et Nanty ainsi que l'interprétation de Pierre Lottin qui n'a jamais personnifié de manière aussi convaincante, le personnage hautement caricatural de Wilfried...

vendredi 28 juillet 2017

Un Ticket pour l'Espace de Eric Lartigau (2006) - ★★★★★★★☆☆☆



Bien que Kaddour Merad et Olivier Baroux (duo plus communément appelé chez nous Kad et Olivier ou, Kad et O) aient décidé de se lancer dans une carrière commune dès mars 1992, ces deux comédiens humoristes et réalisateurs ne sont apparus ensemble au cinéma qu'à partir de 2003 avec l'adaptation de leur série consacrée à une enquête criminelle humoristique tentant de répondre à la question suivante : Mais qui a tué Pamela Rose ? Ils tourneront ensuite indépendamment l'un de l'autre quelques longs-métrages mais se retrouveront sur les tournages Rien que du Bonheur de Denis Parent ainsi que Iznogoud de Patrick Braoudé. Le cinéaste Eric Lartigau, celui-là même qui réalisa leur première véritable collaboration au cinéma avec Mais qui a tué Pamela Rose ? retrouve les deux complices pour Un Ticket pour l'Espace en 2006. Film tournant autour d'un sujet qui déjà, à l'époque, pose la question de l'intérêt du public pour l'aventure spatiale. En effet, ce dernier semblant se désintéresser peu à peu pour le sujet, les scénaristes Kad Merad, Olivier Baroux et Julien Rappeneau imaginent l'histoire un peu folle d'un concours organisé par le gouvernement afin de captiver la population. La marche à suivre est on ne peut plus simple. Il s'agit en effet de gratter un ticket (le fameux ticket pour l'espace du titre) et d'y découvrir trois fusées.

Deux gagnants sont invités à participer au grand voyage qui les transportera à bord d'une station orbitale européenne. Deux individus lambda. Ou presque puisque outre la présence de Stéphane Cardoux, père de famille un peu mythomane que l'épouse vient de quitter avec leur enfant, la fusée décollera avec à son bord un dangereux criminel ivre de vengeance. Bien entendu, le scénario ne se contente pas du voyage vers l'espace mais nous présente d'abord ses principaux interprètes. Du colonel Romain Beaulieu dont l'arrivée caricaturale sur la base rappelle sensiblement l'approche parodique de la précédente collaboration entre le duo d'humoristes et le cinéaste Eric Lartigau, jusqu'à Marina Foïs qui en invitée surprise se présente comme une jeune femme amoureuse un peu gauche. Avant le départ, fort logiquement, sont imposés de nombreux testes physiques et psychologiques. On retrouve là, déjà, l'humour si particulier de Kad et O et que chacun absorbera avec plus ou moins de facilité.

Entre le clan des 'pour' et des 'contre', le combat peut commencer. D'un côté, ceux qui adoubent les deux acteurs-humoristes et leur humour parfois totalement absurde. Ça ne vole pas toujours très haut, c'est parfois lourdingue (mais sans jamais être vulgaire), mais c'est aussi, il faut le savoir et l'accepter, leur marque de fabrique. Soit l'on aime, soit l'on déteste. La complicité des personnages de Mais qui a tué Pamela Rose ? est ici mise à rude épreuve puisque nos deux héros (toujours Kad et O) interprètes des rôles à l'opposé l'un de l'autre. D'un côté, un loser, de l'autre, un colonel à la carrière exemplaire. Un Ticket pour l'Espace accumule de nombreux gags, certes, pas toujours très fins, mais dans l'ensemble, le film d'Eric Lartigau demeure d'une très bonne facture dans le paysage humoristique français, au regard de la concurrence qui sortira elle-même quelques rejetons pas toujours convaincants (entre des Bronzés 3, Amis pour la Vie sortant beaucoup trop tard, et une Doublure qui ne retrouvera jamais la grâce et l'écriture du Dîner de Cons). Les 'anti' devraient donc relativiser un peu et prendre le film pour ce qu'il est : une vaste succession de gags sans réel scénario mais qui permet aux amateurs de comédies françaises de passer un très agréable moment de détente en compagnie d'un casting d'actrices et d'acteurs de diverses générations : on aura en effet le plaisir d'y croiser la route de Guillaume Canet, André Dussollier, Pierre-François Martin-Laval, ou encore Thierry Frémont. Une bonne surprise...

lundi 8 février 2016

Les Tuche 2 : Le Rêve Américain de Olivier Baroux (2016)



Voilà cinq ans que Jeff Tuche a offert à son épouse Cathy le cadeau de ses rêves : rencontrer Princesse Stéphanie de Monaco. Désormais, la famille mufti-millionaire vit de ses rentes et Jeff, propriétaire d'une entreprise florissante prône le travailler moins pour gagner plus.Mamie Suze boit toujours autant, Stéphanie est fiancée à la star du football Georges Diouf, Wilfrid, fan de tuning, rime sur des paroles rap et Donald a quitté Bouzolles pour Los Angeles afin d'y parfaire son anglais. Là-bas, il y a fait la connaissance de la jolie Jennifer Carrington dont les parents sont très riches. Pour ne pas faire tâche durant un repas organisé par ceux-ci à l'attention de leur fille et de son petit ami Donald, ce dernier fait croire aux Carrington que son père Jeff est un grand chirurgien spécialisé dans la reconstruction faciale, persuadé que de toute manière, les deux familles ne se rencontreront jamais.

Et puis, Donald doit bientôt revenir en France. De plus, Ron Carrington, le père de Jennifer fait comprendre au jeune garçon qu'il préfère qu'il ne voit plus sa fille. Mais après avoir écrasé six fois de suite l'ancien champion d'échec dans sa propre discipline, Donald est finalement accepté par Ron. Malheureusement pour lui, Cathy, Jeff, Stéphanie, Wilfried et mamie Suze débarquent de Bouzolles afin de lui faire une surprise pour son anniversaire...

D'abord connu comme humoriste auprès de son camarade Kad Merad, Olivier Barroux a quelque peu changé son fusil d'épaule et si l'on continue à le voir apparaître dans quelques long-métrages, il semble cependant plus enclin désormais à réaliser qu'à être dirigé par d'autres. Huit films au compteurs en tant que cinéaste, avec parfois peu de réussite (Mais qui a Retué Pamela Rose?) et quelques très bonnes surprises (L'Italien). Il revient donc en 2016 avec la suite des Tuches réalisé en 2011. Cette fois-ci, Olivier Barroux met les petits plats dans les grands et nous offre un voyage au pays du rêve américain. Ayant plutôt apprécié la première apparition cinématographique de la famille de ch'tis (bien plus que celle de Dany Boon et son Bienvenue Chez les Ch'tis) bien qu'il me fut difficile d'en supporter une seconde vision, ma compagne et moi attendions avec ferveur cette suite dont la bande-annonce était pleine de promesses. On retrouve les mêmes interprètes qu'en 2011. L'ancien Robin des Bois Jean-Paul Rouve, à ses côtés la très attachante Isabelle Nanty, l'immortelle Claire Nadeau en mamie Suze (cette femme ne vieillit pas, je vous l'assure), Sarah Stern dans le rôle de Stéphanie, jeune femme un peu superficielle mais au très fort caractère. Théo Fernandez dans le rôle d'un Donald qui, vu son jeune âge, a bien changé depuis le premier opus, et enfin Pierre Lottin, celui qui sans doute tire le mieux son épingle du jeu avec son imitation parfaite du jeune ch'tis.

A leurs côtés, on découvre de nouveaux visages : ceux des parents de Jennifer (Alice Morel Michaud), le français Ken Samuels et la canado-américaine Susie Almgren. Richard Robitaille dans celui de Roger Cerisier, le voisin canadien, et même le cinéaste lui-même dans le rôle de Monnier, voisin à Bouzolles de la famille Tuche. Les Tuche 2 : Le Rêve Américain n'est pas mauvais, mais il laisse un goût un peu amer. Si quelques rires aux éclats ont surgit durant la séance, le reste du temps, le public ne s'est pas vraiment poilé. En tendant l'oreille, on pouvait entendre des critiques pourtant élogieuses et au sortir de la salle les spectateurs arboraient un visage satisfait. De là à dire que le film est drôle, disons que quelques scènes ont pu marquer les esprits, et pas forcément les plus amusantes. Quelques excellentes idées ont fort heureusement émaillé un récit attendu (convenu?) comme celle durant laquelle on découvre les Tuche, fans de La Petite Maison dans la Prairie, réinterpréter le générique à leur façon. Il manque à cette suite ce choc des cultures qui aurait pourtant apporté beaucoup à un scénario qui se contente de gags plutôt lourds, du niveau des Robins des Bois ou des Deschiens, pourtant excellents, mais qui prennent un sacré coup de vieux.

Si Les Tuche 2 : Le Rêve Américain n'est pas si drôle qu'on l'attendait, on passe cependant un moment agréable, mélange de satisfaction (d'où l'intérêt de se vider l'esprit au cinéma) mais de déception aussi (cette suite est bien moins amusante). On n'en voudra cependant pas à Olivier Barroux ni à toute l'équipe du film. Tous sont tellement attachants qu'on leur pardonne les failles de cette suite...


dimanche 14 juin 2015

Entre Amis de Olivier Baroux (2015)




Entre Amis est le dernier film réalisé par la moitié du binôme « Kad et O », qui, d'ordinaire, jongle entre Kad Merad et Jean-Paul Rouve puisqu'en effet, les deux acteurs ont une place de choix dans la carrière de cinéaste de Olivier Barroux, le premier ayant joué dans Safari, L'Italien, Mais Qui a Retué Pamela Rose ainsi que dans On a Marché sur Bangkok, sorti à la fin de l'année dernière. Rouve a quand à lui interprété le rôle principal des autres films de l'humoriste, tels Ce Soir, Je Dors Chez Toi, Les Tuche, et sa suite prévue pour cette fin d'année. Pour son dernier film sorti le 22 avril dernier, Olivier Barroux fait une entorse à la règle et embauche pour cette croisière mouvementée qu'est Entre Amis, trois grands acteurs qui ont depuis bien longtemps prouvé leur valeur dans le domaine de la comédie. Daniel Auteuil, Gérard Jugnot ainsi que François Berléand campent ce trio de vieux amis qui se retrouvent, chacun accompagné de son épouse (ou de sa dernière conquête) à bord d'un luxueux voilier piloté par un frère et une sœur d'origine corse, faut-il le préciser, interprétés par Justine Bruneau de la Salle et Jean-Philippe Ricci.

Du coté des « dames », on droit à une Mélanie Doutey particulièrement fraîche, une Isabelle Gélinas qui vieillit très bien et surtout, Une Zabou Breitman qui excelle dans le domaine de la mauvaise foi. En effet, jamais l'actrice n'a été aussi belle que dans ce rôle d'emmerdeuse qui lui va comme un gant. Berléand fait figure d'époux un peu fatigué, toujours aimant mais méprisé par son épouse. Gérard Jugnot est égal à lui-même. Gilles rêve de chameaux, fume en cachette et vit en compagnie de Carole une vie sexuelle épanouie.

Richard (Daniel) Auteuil s'est fait plaquer (on l'apprend plus tard dans le film) et demeure convaincu d'être toujours le beau jeune homme capable de séduction. Et c'est pour mettre en pratique ce en quoi il croit toujours qu'il présente à ses vieux amis sa nouvelle compagne, Daphnée. Lui enorgueilli de pouvoir diriger à lui seul le commandement du magnifique voilier qu'un ami à lui lui a confié tandis que sa charmante petit amie accumule les fausses manœuvres, se retrouvant souvent dans des situations qui lui compliquent l'existence. Quand Cathalina, si la jeune femme est plutôt avenante (quoique) et serviable, son frère est d'un abord plutôt contrarié et par cette voie de fait, contrariant.
Tout ce petit monde va devoir, le temps d'une longue promenade sur la Méditerranée, essuyer engueulades et révélations, avant qu'une tempête ne viennent laver cet étrange linge sale entre amis...

Entre Amis ne surprendra pas grand monde. Basé sur l'habituel règlement de comptes entre copain de toujours, le film d'Olivier Barroux semble avoir divisé, et la presse, et le public. Concernant, l'originalité, il faudra repasser bien entendu. Mais pour le reste, l’œuvre fait honnêtement son travail, tout comme les acteurs eux-mêmes d'ailleurs auxquels on n'a pas grand chose à reprocher. Les trois hommes ont prix de la bouteille c'est certain, mais ils n'ont rien perdu de la verve qu'on leur connaît. Leurs « accompagnatrices » assurent elles aussi le spectacle avec une mention évidente à accorder à Zabou, savoureuse dans le rôle de cette chieuse indomptable. Entre Amis n'est peut-être pas l’œuvre la plus aboutie de son auteur, toujours est-il qu'elle offre suffisamment de moment de rire pour assurer aux spectateurs un bon moment de détente...
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