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dimanche 23 août 2026

Les sœurs Soleil de Jeannot Szwarc (1997) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Décédé l'année dernière à l'âge de quatre-vingt sept ans, le réalisateur français Jeannot Szwarc eut une drôle de trajectoire puisque après avoir démarré sa carrière en France en réalisant des publicités télévisées ainsi que des documentaires, il quitta le pays pour les États-Unis où il débuta une longue carrière sur le territoire américain en tournant dès 1968, deux épisodes de la série L'homme de fer. Enchaînant par la suite par une dizaine d'autres séries dont Le virginien ou Opération danger, il mettra en scène son premier long-métrage pour la télévision en 1972 avec le thriller Night of Terror. Quatre autres suivront puis, entre 1970 et 1973 il réalisera dix-neuf épisodes de l'anthologie fantastique de Rod Serling Night Gallery. Son premier long-métrage cinématographique, Jeannot Szwarc le réalisera juste après, en 1973. Il s'agit du drame Extreme Close-Up. Avant de poursuivre sa carrière au cinéma, il réalisera un épisode de la série policière Columbo (Adorable mais dangereuse) et même un autre de L'homme qui valait trois milliards ! Le français continuera durant plus de vingt ans à jongler entre cinéma et télévision, réalisant d'un côté Les insectes de feu, Les Dents de la mer, 2e partie ou encore Supergirl et de l'autre, des épisodes pour les séries Kojak, Les têtes brûlées, Baretta ou encore La cinquième dimension. On le voit, le plus gros de la carrière de Jeannot Szwarc s'est donc faite outre-atlantique. Ce qui ne l'a pas empêché de revenir dans son pays d'origine, la France, dans les années quatre-vingt dix pour notamment diriger la mini-série italo-franco-allemande en quatre parties La montagne de diamants et surtout trois comédies qui verront le jour sur grand écran. S'il tourne en 1994 La Vengeance d'une blonde sur la base de dialogues écrits par Marie-Anne Chazel et Michel Delgado, lesquels conçoivent également le script aux côtés de Bernard Murat et Valentine Albin, trois ans plus tard, et après avoir réalisé Hercule & Sherlock avec Christopher Lambert, Richard Anconina et Philippine Leroy-Beaulieu, il reprend une partie de l'équipe qu'il réunissait autour de son premier long-métrage tourné dans l'Hexagone en retrouvant pour la seconde fois le scénariste Michel Delgado (qui une fois encore assure l'écriture aux côtés de Marie-Anne Chazel), la costumière Catherine Leterrier (qui se trouve être la sœur aînée du politicien Laurent Fabius), le compositeur Eric Lévi (membre du groupe Era et notamment auteur de la bande originale des Visiteurs de Jean-Marie Poiré en 1993) ainsi qu'une partie non négligeable des interprètes de La vengeance d'une blonde puisque l'on retrouve au générique Marie-Anne Chazel dans le rôle de la ''bourgeoise coincée'' Bénédicte d'Hachicourt et Clémentine Célarié dans celui de la chanteuse Gloria Soleil (nom de scène de Françoise Tricot).


Thierry Lhermitte se présente quant à lui sous les traits de Brice, l'époux de Bénédicte, et l'on peut découvrir de nouveaux venus, tels la jeune et future dramaturge Léonore Confino qui interprète ici du haut de ses douze ans la fille des Hachicourt, Clémence, Didier bénureau (Les visiteurs) dans le rôle de l'abbé Gervais, Bernard Farcy (Taxi, Les trois frères), la toujours aussi charmante Isabelle Carré dont l'importante carrière n'avait débutée que quatre ans en arrière avec le rôle de Valérie dans l'excellent comédie dramatique de Coline Serreau, Romual et Juliette ou encore dans de tout petits rôles, Alain Doutey (La septième compagnie, la série de l'été Orages d'été et sa suite Orages d'été, avis de tempête toutes deux mises en scène par Jean Sagols en 1989 et 1990) et Bruno Solo (les trois premiers volets de la saga La vérité si je mens !, la série télévisée Caméra Café)... Les sœurs Soleil évoque la rencontre entre une mère de famille aisée un peu coincée et une chanteuse sur le retour le jour où la première des deux accompagne sa fille qui a gagné le droit de participer au tournage du clip de la seconde. Contraintes pour diverses raisons de collaborer, la rencontre entre Bénédicte et Gloria va provoquer un véritable choc culturel entre leurs deux univers... Jeannot Szwarc et ses deux scénaristes évoquent la confrontation entre la vie bien lisse, respectable et emprunte de religion de Bénédicte et celle beaucoup plus extravertie et ''rock’n’roll'' de la chanteuse. Tout comme La vengeance d'une blonde, Les sœurs Soleil dénote dans la carrière de leur auteur. Déjà peu habitué à donner dans la comédie, Jeannot Szwarc semble surtout avoir voulu profiter de l'engouement du public pour les comédies de Jean-Marie Poiré période Les visiteurs en reprenant le même principe de comédie survoltée en choisissant même d'employer certains interprètes de cette comédie culte ainsi que son compositeur. Pourtant, bien loin d'intégrer la réussite des Visiteurs, Les sœurs Soleil reste assez pathétique dans son fonctionnement. Déjà que La vengeance d'une blonde n'était pas une grande réussite, Les sœurs Soleil enfonce encore un peu plus le clou de la comédie ringarde. Bref, Jeannot Szwarc a finalement bien fait de retourner ensuite aux États-Unis pour y poursuivre sa carrière à la télévision américaine jusqu'en 2019 et ainsi de nous épargner une éventuelle et nouvelle comédie faisandée tournée sur le territoire national...

 

dimanche 25 août 2024

Ce soir, je dors chez toi d'Olivier Baroux (2007) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Olivier Baroux, plus connu des téléspectateurs sous son simple prénom à l'époque où à la télévision il formait en compagnie de son ami Kad Merad le duo Kad et Olivier, cet humoriste et acteur s'est lancé pour la toute première fois dans la réalisation de longs-métrages en 2007 avec Ce soir, je dors chez toi. Son acolyte attendra quelques années de plus avant de réaliser lui-même un premier film avec Monsieur papa en 2011. Fidèle à son compagnon auquel il offrira ponctuellement des rôles dans certains des treize longs-métrages qu'il réalisera entre 2007 et 2022, Olivier Baroux lui confie dans Ce soir, je dors chez toi le rôle de l'éditeur littéraire et ami du héros, Jacques. À l'occasion de sa présence au sein d'un casting relativement sympathique, l'humoriste et acteur fait ce qu'il, à l'époque, savait faire de mieux : donner dans le pastiche avec ce personnage un peu ringard, affublé d'un duffle-coat mauve et d'une perruque blonde proche de celles dont il était le porteur à l'époque de l'émission La grosse émission sur la chaîne Comédie ! créée en 1997 par l'ancien Nuls, Dominique Farrugia. Un véritable vivier de talents que ce programme qui en outre fut une très intéressante plate-forme pour la troupe des Robins des Bois parmi lesquels Pierre-François Martin-Laval, Marina Foïs et Jean-Paul Rouve sont ceux qui par la suite paraissent avoir le mieux géré leur carrière. Concernant ce dernier, on a pu notamment le voir dans les quatre volets de la franchise Les Tuche également réalisés par Olvier Baroux, mais aussi dans quelques drames et thrillers, tels Bunker Paradise de Stefan Liberski en 2005 ou Le Consentement de Vanessa Filho l'année dernière, ou le voir s'afficher lui-même derrière la caméra à quatre reprises entre 2008 et 2018. Ici, il incarne l'écrivain Alex dont le premier roman vient de connaître un succès d'estime. Alors qu'il est sous contrat avec une maison d'édition et que Jacques lui met la pression afin qu'il écrive et qu'il lui confie le plus rapidement possible son prochain manuscrit, Alex rencontre Lætitia Cosso. Ils tombent sous le charme l'un de l'autre et au bout d'un an, la jeune femme propose à l'homme qu'elle aime de venir s'installer chez lui...


Mais après une nuit agitée durant laquelle Alex va faire de nombreux cauchemars, celui-ci s'inquiète de la nouvelle situation qui se profile. Et pour décourager Lætitia de venir effectivement vivre avec lui, il demande à Jacques de venir s'installer chez lui et de se faire passer pour dépressif... Les bases du récit sont ainsi définies. Comédie romantique légère et inoffensive, Ce soir, je dors chez toi est plaisant à regarder. Lætitia est incarnée à l'écran par l'actrice Mélanie Doutey. La jeune interprète alors proche de la trentaine à l'époque du tournage débutait sa carrière huit ans auparavant dans Les Gens qui s’aiment de Jean-Charles Tacchella dans lequel elle interprétait un tout petit rôle ! Dans Ce soir, je dors chez toi elle incarne l'un des deux principaux personnages, en jeune femme séduisante et touchante face à un Jean-Paul Rouve dont le rôle n'assume absolument pas certains des choix de couple. Réfractaire à l'idée de partager sa vie avec Lætitia tout en l'aimant sincèrement, l'un et l'autre des interprètes captivent par leur authenticité. Le spectateur notera la présence à l'écran des véritables parents de Mélanie Doutey. Fille de Arièle Semenoff et d'Alain Doutey (éternel Camille de la série de l'été de Jean Sagols en 1988 et 1989, Orages d'été), ils incarnent à l'écran la mère et le père de la jeune femme. Si Ce soir, je dors chez toi est une très sympathique comédie, on ne rit pas forcément aux éclats. Pourtant, les différentes interventions de Kad Merad dans le rôle du meilleur ami faussement dépressif demeurent pour les amateurs de l'ancien humoriste, un véritable régal. Quelques séquences plus profondes viennent émailler un récit pourtant relativement convenu. Adapté de la bande-dessinée Monsieur Jean des dessinateurs et scénaristes français Philippe Dupuy et Charles Berberian, le film d'Olivier Baroux se regarde donc sans déplaisir. Pas inoubliable mais très largement au dessus de ce qu'engendre le cinéma comique français depuis ces vingt dernières années...

 

lundi 28 février 2022

Quelques jours avec moi de Claude Sautet (1988) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Claude Sautet est mort depuis plus de vingt ans. Et s'il a consacré plus de quarante années de son existence au septième art, il n'aura pourtant réalisé que quatorze longs-métrages. Et parmi eux, de grands films parmi lesquels viennent souvent tout d'abord à l'esprit des œuvres telles que Les choses de la vie (1970), Max et les ferrailleurs (1971), Vincent, François, Paul et les autres (1974) ou encore Un mauvais fils (1980). Après avoir signé en 1983 un Garçon ! relativement anecdotique, Claude Sautet disparaissait des radars durant cinq années avant de revenir sur le devant de la scène en 1988 avec Quelques jours avec moi. Un long-métrage qui tombe à pic pour l'acteur Daniel Auteuil qui confirme ainsi le talent que parvint réellement à révéler en lui le réalisateur Claude Berry deux ans auparavant à travers le formidable diptyque formé par Jean de Florette et Manon des sources. Ce dernier offrant alors à l'actrice Emmanuelle Béart l'occasion de se confronter pour la seconde fois à Daniel Auteuil, deux ans après L'amour en douce d'Édouard Molinaro et cinq avant Un cœur en hiver que réalisera Claude Sautet en 1991. Mais avant cela, le réalisateur et scénariste français offrira à Sandrine Bonnaire le rôle de Francine, jeune domestique, employée par le couple formé par Irène et Raoul Fonfrin et dont l'époux est le directeur d'un supermarché situé à Limoges.Une jolie jeune femme dont va tomber éperdument amoureux Martial, qu'interprète donc Daniel Auteuil. Ce sera la seconde fois que les deux acteurs joueront dans un même long-métrage puisque six ans auparavant, Sandrine Bonnaire sera apparue dans un rôle de figurante dans Les sous-doués en vacances dans lequel Daniel Auteuil incarnait déjà le personnage principal. Mais que de chemin parcouru pour l'une et pour l'autre depuis cette comédie légère signée en 1982 de Claude Zidi...


Et un Claude en chassant un autre, c'est donc avec un surcroît de prestige que sont réunis à l'écran Sandrine Bonnaire et Daniel Auteuil qui interprètent là, deux individus de milieux diamétralement opposés. Elle, est extravertie, travaille donc pour les Fonfrin et s’acoquine avec Fernand, un chômeur karatéka fan de Bruce Lee. Lui, est Martial, le fils d'une famille aisée, président directeur général d'une chaîne de supermarchés dépressif qui vient tout juste de reprendre sa place au sein de l'entreprise. Sa mère lui propose pour reprendre le travail en douceur d'aller examiner les comptes de plusieurs magasins de la chaîne qui rencontrent quelques difficultés financières. Et c'est à Limoges que la tournée démarre. Après avoir fait la connaissance de Raoul Fonfrin, Martial est invité à dîner le soir-même chez le couple. C'est là qu'il fait la connaissance de Francine sous le charme de laquelle il tombe presque immédiatement. L'invitant dès le lendemain soir à venir dîner dans le vaste appartement qu'il vient de louer à Limoges, au lendemain du repas lors duquel le champagne a coulé à flot, Martial propose à Francine de laisser tomber son emploi de domestique chez les Fonfrin et lui propose de venir s'installer pour le temps qu'elle voudra dans l'immense appartement de location. Après avoir hésité un instant, la jeune femme finit par accepter... Jean-Pierre Marielle, Dominique Lavanant, Vincent Lindon et Danielle Darrieux rejoignent l'aventure de ces deux êtres que rien ne semble devoir rattacher. Les deux premiers forment le couple Fonfrin. Jean-Pierre Marielle incarne un directeur de supermarché faux-jeton auquel le caractère de son épouse n'a rien à envier. Vincent Lindon interprète le rôle de Fernand, un sanguin qui vivra mal sa rupture d'avec Francine et quant à Danièle Darrieux, elle joue le personnage de madame Pasquier, la mère de Martial.


Au contact duquel, chacun va pouvoir révéler sa personnalité et montrer cette part d'humanité si peu évidente au premier abord. Et l'on pense notamment aux Fonfrin, ce couple marié, aigri, médisant, dont le mari s'est rendu responsable d'une escroquerie financière touchant directement la société Pasquier. Avec Quelques jours avec moi, Claude Sautet signe une comédie dramatique touchante dans laquelle aucun des personnages ne se révèle fondamentalement mauvais. L’œuvre crée un lien profond entre des individus qui n'ont pas grand chose en commun et parmi lesquels s'inscriront par la suite Régine, la sœur d'Irène, Georgette, la sœur de Francine, ainsi que son compagnon Max qu'interprètent respectivement Thérèse Liotard ( Viens chez moi, j'habite chez une copine de Patrice Leconte en 1981), Dominique Blanc (Milou en mai de Louis Malle en 1990) et Jean-Pierre Castaldi (Ripoux contre ripoux de Claude Zidi en 1990). Comédie profondément touchante, marquée par un jeu d'acteurs formidable et une mise en scène brillante, chacun y trouve de quoi exploiter son talent. Un scénario qui permet au réalisateur et à ses scénaristes Jacques Fieschi et Jérôme Tonnerre d'exploiter la veine sociale, chose dont il est coutumier, à travers une histoire d'amour inattendue, sans préjugés, drôle et parfois bouleversante. Sans conteste, l'un des meilleurs films de Claude Sautet, adaptation du roman éponyme de l'auteur et journaliste Jean-François Josselin...

 

mardi 26 novembre 2019

Frantic de Roman Polanski (1988) - ★★★★★★★★☆☆



Frantic (qui en anglais signifie frénétique), le douzième long-métrage de Roman Polanski, replonge les spectateurs au cœur d'un Paris anxiogène douze ans après l'effrayant Le Locataire dans lequel le réalisateur incarnait lui-même un petit immigré d'origine polonaise plongé dans les affres de la paranoïa. Cette fois-ci, c'est au tour d'un chirurgien originaire de San Francisco d'être confronté à un tout autre genre d'angoisse : installé depuis moins d'une heure avec son épouse Sondra dans la chambre d'un luxueux hôtel parisien, le docteur Richard Walker sort de la douche lorsqu'il constate que celle-ci a disparu. Parti à la recherche de sa femme dans un Paris nocturne et interlope, le chirurgien découvre très vite que Sondra n'a pas été enlevée par hasard. L'une des valises qu'ils ont récupérée à l'aéroport de Roissy ne leur appartient pas. Après s'être renseigné auprès de divers habitants du quartier, avoir signalé la disparition de Sondra au commissariat puis avoir demandé de l'aide à l'ambassade américaine, Paul réalise qu'il ne peut compter que sur lui seul. Arrive alors Michelle, la propriétaire de la valise. La seule qui semble pouvoir aider Paul dans ses recherches...

D'origine franco-polonaise, l'immigré Roman Polanski sait s'y prendre lorsqu'il s'agit d'inscrire certains personnages de ses films dans des contextes qui leurs sont totalement étrangers. Concernant Frantic, l'auteur de Rosemary's Baby, du Pianiste et du récent J'Accuse repoussait dans ses derniers retranchements ce même principe en plongeant l'acteur américain Harrison Ford dans un Paris particulièrement dérangeant. Sur un fond de racisme dont le héros fait les frais à travers le comportement arrogant et moqueur de certains personnages, Roman Polanski réalise un long-métrage au suspens haletant. Surtout dans sa première partie, jusqu'à ce que les tenants et les aboutissants de l'affaire soient mis à jour. La seconde partie, elle, se concentre surtout sur l'espoir du héros de retrouver son épouse, interprétée par l'actrice américaine Betty Buckley dont les plus âgés des spectateurs se souviennent sans doute de son interprétation de Sandra Sue Abbott Bradford dans la série culte Huit, ça Suffit qui fut diffusée pour la première fois en France à partir de février 1985. Ainsi que sur l'objet de son elèvement et de sa séquestration avec cette interrogation : est-elle toujours en vie ? Si la deuxième moitié de Frantic est très sensiblement moins attrayante que la première, il n'en demeure pas moins que l’œuvre de Roman Polanski est l'un des meilleurs thrillers produits en cette deuxième moitié des années 1980.

L'une des forces majeures de Frantic (outre d'avoir ignoré l'idée d'un doublage en français, ce qui renforce le dépaysement du héros) est pour le réalisateur qui adapte une nouvelle fois un scénario du fidèle Gérard Brach, d'avoir poussé à l'extrême la fragilité de son personnage. Tout d'abord désarçonné par la disparition incompréhensible de son épouse, puis dénué de tout moyen de pression. Paul Walker ne parle de surcroît pas du tout français (ou si peu). D'où la difficulté de mener son enquête dans les meilleures dispositions. De plus, et contrairement à ce qui est désormais la norme, Paul Walker n'est pas armé et n'a donc aucun moyen de se défendre. Roman Polanski pousse même la caricature en faisant de son héros un homme qui s’essouffle rapidement quand vient le moment de poursuivre à pied la seule capable de lui venir en aide. De l'union entre Roman Polanski et son actrice et épouse Emmanuelle Seigner naîtront deux enfants et plusieurs projets cinématographiques dont Frantic sera le premier. Après avoir débuté dans L'Année des Méduses de Christopher Frank en 1984 puis avoir poursuivi avec Détective de Jean-Luc Godard en 1985 et Cours Privé de Pierre Granier-Deferre en 1986, la jeune actrice incarne Michelle, rebelle et paumée, engagée dans une dangereuse affaire à laquelle seront mêlés le chirurgien et son épouse. Sexy en diable, la française n'est pas la seule interprète hexagonale à arpenter le long-métrage de son futur époux puisque l'on y découvre notamment Gérard Klein et Alain Doutey en réceptionnistes de l'hôtel où loge le couple d'américains et Dominique Pinon en SDF, témoin de l'enlèvement de Sondra Walker. Accompagné par le score du compositeur italien Ennio Morricone et financé à hauteur de vingt millions de dollars, Frantic est un thriller remarquablement bien mené...

mardi 23 avril 2019

La Carapate de Gérard Oury (1978) - ★★★★★★★☆☆☆



Certains ne s'en souviennent peut-être pas, mais les deux principaux interprètes de La Carapate ne se sont pas rencontrés pour la première fois dans le film de Claude Zidi en 1978 mais sur le tournage du troisième long-métrage de Pierre Richard, Je sais Rien, mais Je dirai Tout (Victor y incarnait le tout petit rôle d'un ouvrier). Ces deux films seront les seules occasions pour les deux acteurs de jouer ensemble au cinéma. Et pourtant, lorsque Victor Lanoux nous a quitté, Pierre Richard témoignait de son attachement pour un homme qu'il considérait comme un véritable ami, avec lequel il formait un couple, affirmant ainsi : ''Victor et moi partagerons à jamais un territoire commun : la jeunesse.'' Gérard Oury tourne donc La Carapate en 1978, soit douze ans après La Grande Vadrouille, sept après La Folie des Grandeurs, et cinq après Les Aventures de Rabbi Jacob, tous les trois étant principalement interprétés par l'immense Louis de Funès. Mais alors que le cinéaste s'apprête à tourner son nouveau film en 1975 sous le titre Le Crocodile, ce projet à l'origine écrit par sa fille Danièle Thompson et Josy Eisenberg tombe à l'eau en raison des problèmes de santé de Louis de Funès qui une fois de plus, devait être à l'honneur. Ce n'est que trois ans plus tard, en 1978 que Gérard Oury, auteur d'un nouveau script avec sa fille, sort son nouveau film. Désormais, c'est l'acteur Pierre Richard qui tient la vedette aux côtés de Victor Lanoux, ce dernier ayant déjà notamment brillé dans Adieu Poulet de Pierre Granier-Deferre et Dupont Lajoie d'Yves Boisset en 1975, ou dans le dyptique d'Yves Robert en 1976 et 1977, Un Éléphant ça Trompe Énormément et Nous irons tous au Paradis.

Gérard Oury n'y bouscule pas les habitudes d'un Pierre Richard une fois encore opposé à un homme fort. Malgré sa robe et son statut d'avocat, l'acteur est effectivement aux antipodes du personnage incarné par Victor Lanoux. Martial Gaulard, un condamné à mort que Maître Jean-Philippe Duroc était chargé de défendre lors de son procès. Alors que ce dernier apporte en prison un important document à faire signer à son client afin de faire commuer sa peine de mort en prison à perpétuité, c'est l'émeute. Les prisonniers en profitent pour s'échapper. Tout comme Martial qui profite de l'occasion qui lui est offerte pour voler les vêtements de son avocat et s'enfuir. Relégué par les médias, la police confirme ses soupçons envers Jean-Philippe qu'elle pense être à l'origine de la mutinerie. Contraint de prendre la fuite, et recherché par toutes les polices du pays, l'avocat est forcé de suivre son client avec lequel il va vivre toute une série d'aventures devant les mener jusqu'à Paris où la jeunesse française a monté des barricades contre les autorités. C'est là-bas qu'a prévu de rejoindre sa fiancé Bach Yen, Martial le fugitif...

Si on le compare aux succès phénoménaux rencontrés par trois de ses précédents longs-métrages, La Carapate peut faire figure d'enfant pauvre dans la carrière de Gérard Oury, ici, certainement beaucoup moins inspiré. Cependant, il offre à Pierre Richard l'occasion d'endosser le même type d'individu qu'il s'était déjà offert au tout début des années soixante-dix. Face à un Victor Lanoux fascisant mais néanmoins attachant, l'acteur comique incarne un avocat gauchiste. De quoi provoquer des étincelles entre les deux hommes. C'est pourtant avec nuance que le cinéaste pousse ses deux personnages à fuir vers la capitale, leur permettant ainsi de mieux se comprendre et donc de finir par s’apprécier. Le message politique étant réduit ici à son strict minimum, La Carapate est une pure comédie familiale avec son lot de scènes particulièrement drôles. On se souviendra longtemps de la séquence d'ouverture lors de l'émeute, de celle se déroulant dans une ferme, mais encore plus de la séquence durant laquelle nos deux héros simulent un grave accident de voiture afin de se procurer un nouveau véhicule. Le film a beau avoir été réalisé dix ans plus tard, son contexte plonge les personnages en plein affrontements de mai 68. Le duo Pierre Richard/Victor Lanoux fonctionne à merveille et l'on passe un très agréable moment. L'occasion de redécouvrir des seconds rôles dont le visage ne nous est pas inconnu. A l'image de Claude Brosset dans le rôle de Gustave, le mari trompé, de Jean-Pierre Darras dans celui du fraudeur Jacques Panivaux, de Katia Tchenko en prostituée, ou encore d'Alain Doutey en inspecteur de police...

jeudi 22 février 2018

Au Secours, J'ai 30 ans ! de Marie-Anne Chazel (2004) - ★★★★★★☆☆☆☆



Au Secours, J'ai 30 ans !... de... de... de... ? Marie-Anne Chazel ! Alors bien entendu, on imagine la membre de la cultissime troupe du Splendid demeurer à sa place d'actrice. On a du mal à l'imaginer derrière une caméra, dirigeant d'autres interprètes, basant sa mise en scène sur un script écrit de ses propres mains ainsi que celles de l'écrivain Benjamin Legrand, sur la base d'un ouvrage dont le titre est Le Club de la dernière chance et l'auteur l'écrivainE irlandaise Marian Keyes. Certes, le premier et seul long-métrage en tant que réalisatrice de la compagne de l'acteur Christian Clavier ressemble davantage à un téléfilm programmable sur le réseau de chaînes France Télévisions qu'à une œuvre produite pour les salles obscures. Mais de là à le mépriser au point d'en faire un point de comparaison avec certaines émissions télévisées (Aden) ou d'arguer qu'il n'est que naïveté, proche de l'amateurisme, caricatural, et alors ? Quel est donc le problème ? Sans doute que Marie-Anne Chazel a-t-elle voulu troquer son uniforme d'actrice pour celui de réalisatrice. Alors oui, pour ne reprendre que les propos du Monde ou des Inrockuptibles, Au Secours, J'ai 30 ans ! est naïf, et caricatural. Sans doute amateur, je l'accorde. Mais certaines de ces remarques ne sont-elles pas le lien commun de beaucoup d'autres comédies ? Prenons comme exemple ce pauvre Franck Dubosc qui jusqu'à maintenant (et à part en quelques rares occasions) ne nous a offert que des rôles à la hauteur des personnages qu'il incarne sur scène. Cela n'a pourtant pas gêné certains d'encenser une œuvre telle que l’infâme Camping lors de sa sortie alors que dans le genre comédie ringarde et dépassée, on a rarement fait mieux.

Oui, Au Secours, J'ai 30 ans ! est léger. Oui les situations décrites l'ont déjà été mille fois auparavant. Bien entendu, Marie-Anne Chazel ne convoque pas les spectateurs à une conférence intellectuelles sur les affres de l'existence et sur le positionnement à adopter face aux obstacles que chacun pourrait rencontrer. Mais merde, quoi. Qu'ils se décoincent un peu, ces journaleux qui ont la prétention de détenir la vérité en torchant des articles qui serviront davantage de papier hygiénique que de Bible à celles et ceux qui comme moi ont apprécié ce tout petit film qu'est Au Secours, J'ai 30 ans !

Pierre Palmade n'étant pas connu pour avoir fait une immense carrière au cinéma (une grosse dizaine de longs-métrages, ce qui n'est tout de même pas mal), il était donc intéressant de le découvrir dans le rôle de Yann, ami depuis l'enfance de Khaty (l'actrice italienne Giovanna Mezzogiorno) et Tara (Nathalie Corré). Un trio qui s'est promis de toujours s'entraider. Et l'occasion va se présenter lorsque le jeune homme annonce à ses deux amies qu'il est atteint d'un cancer. Mais alors qu'aux côtés de son compagnon Alfredo, Yann va se battre contre la maladie, le jeune homme va tout faire pour pousser Khaty et Tara à améliorer leur existence. Car en effet, la première s'acharne à vivre seule et refuse catégoriquement tout rapport avec les hommes. Quant à Tara, elle vit en compagnie de Thomas avec lequel, malgré ses affirmations, la jeune femme n'est pas vraiment épanouie...

Si l'on doit faire un reproche au long-métrage de Marie-Anne Chazel, c'est d'avoir quelque peu zappé le personnage incarné par Pierre Palmade qui du coup, devient secondaire alors que le portrait de cet homme s'accrochant à la vie tout en faisant face à toutes les étapes comportementales liées à la maladie (le combat, la résignation, l'acceptation) était des plus intéressant. Non, Marie-Anne Chazel s'intéresse davantage au personnage de Khaty et dans une moindre mesure, à celui de Tara. Ce qui ne réduit pas l'intérêt puisqu'entre le charme de l'une et le désordre affectif de l'autre, le spectateur n'a pas le temps de s'ennuyer. La cinéaste convoque pour l'occasion Marthe Villalonga pour un rôle qui tient plus de l'hommage puisque son personnage, en demeure fort peu développé, n'est pas vraiment intéressant. Le beau Arnaud Giovaninetti participe également à l'aventure dans la peau de Romain, séducteur et collègue de Khaty. Plusieurs petits clins d'oeil viennent émailler le récit, comme l'apparition de Thierry Lhermitte dans son propre rôle ou Alain Doutey en prêtre.

Quant à Franck Dubosc, Marie-Anna Chazel l'emploie dans le registre qui l'a fait connaître : celui du beauf intégral. Situation qu'il partage d'ailleurs avec le toujours excellent François Morel qui dans le rôle de Thomas n'a rien à envier à son acolyte. D'un côté, l'acteur raté. De l'autre, le professeur des collèges. Comme quoi, la ringardise n'est pas l’apanage d'un seul et unique milieu social et peut toucher toutes les couches. Au Secours, J'ai 30 ans ! n'est pas un grand film, loin de là. Pas le genre de long-métrage à remporter le moindre prix ni à bouleverser la ménagère de plus de quarante ans. Tout ce même, le spectateur relèvera sans doute l'interprétation toute en justesse d'un Pierre Palmade-Yann épuisé par la maladie mais conservant sa bonne humeur (du moins, jusqu'à un certain point), la beauté magnétisante (toute italienne) et l'incarnation touchante de Giovanna Mezzogiorno, ainsi que l'incarnation « marilou-berrienne » de l'excellente Nathalie Corré...

lundi 29 mai 2017

Raid Dingue de Dany Boon (2017) (2017) - ★★★★★★★☆☆☆



Avec une régularité presque exemplaire mais demeurant beaucoup moins envahissant que certains de ses « collègues » comiques, Dany Boon continue à tracer sa voie au cinéma. Moins présent que d'autres qui accumulent les apparitions sur grand écran, l'acteur, humoriste, scénariste, producteur et réalisateur français revient donc en 2017 avec Raid Dingue, en tant qu'acteur, réalisateur, et comme scénariste aux côtés de Sarah Kaminsky. Bien qu'il y forme auprès de l'actrice française originaire de La Réunion, Alice Pol, le principal duo d'interprètes, Dany Boon s'entoure également de quelques vieilles figures du cinéma ou de la télévision (Sabine Azéma et Alain Doutey dans le rôles des parents d'Edouard Dubarry, futur époux de l'héroïne, ou encore Michel Blanc.) et de quelques humoristes et acteurs de dernière génération tels que Patrick Mille ou bien Florent Peyre que le grand public a pu découvrir grâce à l'émission de Laurent Ruquier, On n'demande qu'à en Rire.
Raid Dingue (jeu de mot faisant référence au fait de tomber follement amoureux d'une personne) met en scène Johanna Pasquali, fille du ministre de l'intérieur et obsédée à l'idée d'intégrer le RAID (Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion). Maladroite, la jeune femme travaille jusqu'à maintenant dans un commissariat où elle est réputée pour accumuler les gaffes. A tel point que ses collègues ne rêvent que d'une chose : qu'elle réussisse le concourt qui lui permettra d'entrer au RAID. Connaissant les dangers potentiels de cette unité d'élite de la Police Nationale, le père de Johanna et le futur époux de celle-ci (interprété par l'acteur franco-portugais Patrick Mille) insistent pour que la jeune femme soit acceptée au sein du RAID tout en imposant une condition. Ceux qui l'auront à sa charge devront la dégouter afin qu'elle n'aie plus envie de faire partie de cette élite.

Le chef du RAID (le toujours excellent François Levantal) confie Johanna à son meilleur homme, Eugène Froissard. Depuis quelques temps, certains de ses collègues le surnomment poissard. Depuis le départ de sa femme avec son frère, Eugène est en effet victime d'une série d'événements malchanceux. Son chef espère qu'en lui confiant la formation de Johanna, il parviendra à reprendre confiance en lui. Mais il y a un hic : Froissard est un abominable macho qui ne supporte pas l'idée qu'une femme puisse intégrer le RAID. De plus, en ville, des attaques sont perpétrées par une bande de dangereux criminels responsables de plusieurs gros braquages. Eugène va devoir ronger son frein et accepter la présence de Johanna qui seule, accepte désormais de travailler en binôme auprès de l'agent malchanceux...

Un an après avoir interprété le rôle de Pascal dans l'excellente comédie (oui, oui !) d'Yvan Attal Ils Sont Partout, Dany Boon offre à son tour à celui-ci l'opportunité de jouer dans Raid Dingue et d'endosser le(s) costume(s) de Viktor, personnage énigmatique que l'on découvre à la mi-parcours et dont le rôle demeure au moins aussi important que ceux d'Alice Pol et Dany Boon. Ca n'est pas la première fois que l'humoriste joue aux côtés de la jolie réunionnaise puisque l'on a pu notamment les découvrir côte à côte dans Supercondriaque en 2014. L'idée du film n'est pas récente puisque depuis dix ans environ, Dany Boon rêve d'endosser le costume d'un policier gaffeur intégrant une police d'élite. Il confiera cependant le rôle à une femme, Alice Pol donc, ajoutant au caractère « Pierrerichardien » de son personnage, le côté macho de son instructeur. Raid Dingue mêle l'humour à l'action car derrière les scènes drôles le film propose un scénario tournant également autour d'une affaire qui défraye la chronique parisienne. Yvan Attal y interprète le rôle totalement fou de Viktor, personnage sans doute le plus emblématique du film. Il permet surtout de relancer une intrigue qui sans lui, aurait sans doute tourné en rond.
Le film a été tourné dans les locaux du RAID, Dany Boon s'étant beaucoup documenté sur ce service. Il a, de plus, eu l'occasion de participer à l'entraînement de véritables agents du RAID et s'est lui-même beaucoup entraîné afin d'être prêt à jouer le rôle d' Eugène Froissard. Raid Dingue demeure donc une sympathique comédie française qui permet de passer un agréable moment de détente...

mercredi 26 octobre 2016

Mais où est donc passée la septième compagnie ? de Robert Lamoureux (1973) - ★★★★★★★☆☆☆



Alors que les soldats Tassin, Pithivier et le sergent-chef Chaudard sont partis en éclaireurs, la septième compagnie dont ils font partie vient d'être faite prisonnière par les allemands. En effet, alors que les trois hommes surveillent les parages d'un cimetière dans lequel ils ont pris possession, le fil du téléphone qui les relie à leur compagnie est découvert par l'armée allemande et celle-ci n'a alors plus qu'à remonter jusqu'à sa source. Cachés dans la forêt, les trois hommes installent un feu de camp dans l'intention de repartir dès le lendemain matin. Mais alors que le sergent-chef Chaudard visite la ferme d'une vieille femme afin d'approvisionner ses hommes et lui en nourriture, il fait la connaissance du lieutenant Duvauchel dont l'avion a été abattu plus tôt dans la journée. Dès lors, celui-ci prend le commandement des trois hommes dans l'intention de remonter vers le front.
Sur le chemin, ils croisent une dépanneuse allemande dans un petit village, mais une maladresse de Pithivier oblige Tassin à tuer les allemands qui en étaient les propriétaires. C'est à bord de la dépaunneuse que Tassin, Pithivier, le sergent-chef Chaudard et le lieutenant Duvauchel vont reprendre la route jusqu'à retrouver par hasard la septième compagnie que l'armée allemande s'apprête à transporter jusqu'en Allemagne...

Si l'on se réfère à ce qui demeure sans doute comme la comédie française de référence en matière d'humour 'militaire', je veux bien sur parler de 'La Grande Vadrouille' de Gérard Oury , force est de reconnaître que Mais où est donc passée la septième compagnie ? ressemble davantage l'un de ces nombreux nanars qui ont pullulé durant les années soixante-dix, quatre-vingt. Philippe Clair, ça ne vous dit rien ? Et les Charlots, alors ? Sans des œuvres de l'acabit des Bidasse en Folie, du Führer en folie ou encore de Comment se Faire Réformer, Mais où est donc passée la septième compagnie ? demeurerait sans doute la référence en la matière. Mais de la matière justement, le film de Robert Lamoureux en possède fort heureusement pour lui. Et même si l'on est loin d'atteindre la qualité du classique de Gérard Oury, admirablement interprété par Bourvil et Louis de Funès, Mais où est donc passée la septième compagnie ? n'est pas lui non plus devenu un classique de la comédie française pour rien.

D'abord, Robert Lamoureux a su choisir des interprètes et une thématique forcément intéressants. Jean Lefebvre, Pierre Mondy, Aldo Maccione, et la Seconde Guerre Mondiale. Des seconds rôles également attanchants : Robert Lamoureux lui-même dans le rôle du Colonel Blanchet, Jacques Marin en épicier affable envers l'envahisseur mais réfractaire lorsqu'il s'agit de nourrir les hommes censés servir son propre pays, le toujours excellent Pierre Tornade dans le rôle du Capitaine Dumont, ou encore Robert Dalban en fermier, Erik Colin interprétant le Lieutenant Duvauchel, ou encore Alain Doutey en soldat. La seconde guerre mondiale quant à elle, si elle semble avoir été le sujet d'innombrables longs-métrages donc plusieurs consacrés à la parodie, lorsque sort Mais où est donc passée la septième compagnie ? sur les écrans, il n'y a guerre que Les Bidasses en Folie de Claude Zidi avec les Charlots pour avoir abordé le sujet avec humour en 1971 dans notre pays.

L'intrigue de Mais où est donc passée la septième compagnie ? est basée sur l'expérience vécue par Robert Lamoureux lui-même lors de la débâcle de juin 1940. La grande force du film ne se situe pas au niveau de l'écriture mais bien dans la joie communicative dans laquelle les trois acteurs principaux ont l'air d'avoir baigné. De nombreuses situations humoristiques viennent émailler ce road-movie campagnard et militaire fustigeant quelque peu une armée française à ce point incompétente qu'une compagnie toute entière va tomber entre les mains d'une poignée de soldats allemands. Tout cela à cause d'un câble téléphonique. Mais où est donc passée la septième compagnie ?, malgré la légèreté du propos se révèle un immense succès du cinéma français, et qui à chaque passage télévisé fait un score tout à fait honorable en matière d'audimat. Robert Lamoureux donnera d'ailleurs naissance à deux suite presque tout aussi remarquables. On notera cependant l'absence d'Aldo Maccionne dès On a retrouvé la septième compagnie, ainsi que dans La Septième Compagnie au clair de lune, certains étant déçus par l'arrivée d'Henri Guybet dans le rôle de Tassin qui pourtant parviendra sans mal à reprendre le rôle de Tassin dans un registre sensiblement moins 'clownesque'...
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