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dimanche 23 août 2026

Les sœurs Soleil de Jeannot Szwarc (1997) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Décédé l'année dernière à l'âge de quatre-vingt sept ans, le réalisateur français Jeannot Szwarc eut une drôle de trajectoire puisque après avoir démarré sa carrière en France en réalisant des publicités télévisées ainsi que des documentaires, il quitta le pays pour les États-Unis où il débuta une longue carrière sur le territoire américain en tournant dès 1968, deux épisodes de la série L'homme de fer. Enchaînant par la suite par une dizaine d'autres séries dont Le virginien ou Opération danger, il mettra en scène son premier long-métrage pour la télévision en 1972 avec le thriller Night of Terror. Quatre autres suivront puis, entre 1970 et 1973 il réalisera dix-neuf épisodes de l'anthologie fantastique de Rod Serling Night Gallery. Son premier long-métrage cinématographique, Jeannot Szwarc le réalisera juste après, en 1973. Il s'agit du drame Extreme Close-Up. Avant de poursuivre sa carrière au cinéma, il réalisera un épisode de la série policière Columbo (Adorable mais dangereuse) et même un autre de L'homme qui valait trois milliards ! Le français continuera durant plus de vingt ans à jongler entre cinéma et télévision, réalisant d'un côté Les insectes de feu, Les Dents de la mer, 2e partie ou encore Supergirl et de l'autre, des épisodes pour les séries Kojak, Les têtes brûlées, Baretta ou encore La cinquième dimension. On le voit, le plus gros de la carrière de Jeannot Szwarc s'est donc faite outre-atlantique. Ce qui ne l'a pas empêché de revenir dans son pays d'origine, la France, dans les années quatre-vingt dix pour notamment diriger la mini-série italo-franco-allemande en quatre parties La montagne de diamants et surtout trois comédies qui verront le jour sur grand écran. S'il tourne en 1994 La Vengeance d'une blonde sur la base de dialogues écrits par Marie-Anne Chazel et Michel Delgado, lesquels conçoivent également le script aux côtés de Bernard Murat et Valentine Albin, trois ans plus tard, et après avoir réalisé Hercule & Sherlock avec Christopher Lambert, Richard Anconina et Philippine Leroy-Beaulieu, il reprend une partie de l'équipe qu'il réunissait autour de son premier long-métrage tourné dans l'Hexagone en retrouvant pour la seconde fois le scénariste Michel Delgado (qui une fois encore assure l'écriture aux côtés de Marie-Anne Chazel), la costumière Catherine Leterrier (qui se trouve être la sœur aînée du politicien Laurent Fabius), le compositeur Eric Lévi (membre du groupe Era et notamment auteur de la bande originale des Visiteurs de Jean-Marie Poiré en 1993) ainsi qu'une partie non négligeable des interprètes de La vengeance d'une blonde puisque l'on retrouve au générique Marie-Anne Chazel dans le rôle de la ''bourgeoise coincée'' Bénédicte d'Hachicourt et Clémentine Célarié dans celui de la chanteuse Gloria Soleil (nom de scène de Françoise Tricot).


Thierry Lhermitte se présente quant à lui sous les traits de Brice, l'époux de Bénédicte, et l'on peut découvrir de nouveaux venus, tels la jeune et future dramaturge Léonore Confino qui interprète ici du haut de ses douze ans la fille des Hachicourt, Clémence, Didier bénureau (Les visiteurs) dans le rôle de l'abbé Gervais, Bernard Farcy (Taxi, Les trois frères), la toujours aussi charmante Isabelle Carré dont l'importante carrière n'avait débutée que quatre ans en arrière avec le rôle de Valérie dans l'excellent comédie dramatique de Coline Serreau, Romual et Juliette ou encore dans de tout petits rôles, Alain Doutey (La septième compagnie, la série de l'été Orages d'été et sa suite Orages d'été, avis de tempête toutes deux mises en scène par Jean Sagols en 1989 et 1990) et Bruno Solo (les trois premiers volets de la saga La vérité si je mens !, la série télévisée Caméra Café)... Les sœurs Soleil évoque la rencontre entre une mère de famille aisée un peu coincée et une chanteuse sur le retour le jour où la première des deux accompagne sa fille qui a gagné le droit de participer au tournage du clip de la seconde. Contraintes pour diverses raisons de collaborer, la rencontre entre Bénédicte et Gloria va provoquer un véritable choc culturel entre leurs deux univers... Jeannot Szwarc et ses deux scénaristes évoquent la confrontation entre la vie bien lisse, respectable et emprunte de religion de Bénédicte et celle beaucoup plus extravertie et ''rock’n’roll'' de la chanteuse. Tout comme La vengeance d'une blonde, Les sœurs Soleil dénote dans la carrière de leur auteur. Déjà peu habitué à donner dans la comédie, Jeannot Szwarc semble surtout avoir voulu profiter de l'engouement du public pour les comédies de Jean-Marie Poiré période Les visiteurs en reprenant le même principe de comédie survoltée en choisissant même d'employer certains interprètes de cette comédie culte ainsi que son compositeur. Pourtant, bien loin d'intégrer la réussite des Visiteurs, Les sœurs Soleil reste assez pathétique dans son fonctionnement. Déjà que La vengeance d'une blonde n'était pas une grande réussite, Les sœurs Soleil enfonce encore un peu plus le clou de la comédie ringarde. Bref, Jeannot Szwarc a finalement bien fait de retourner ensuite aux États-Unis pour y poursuivre sa carrière à la télévision américaine jusqu'en 2019 et ainsi de nous épargner une éventuelle et nouvelle comédie faisandée tournée sur le territoire national...

 

mercredi 22 novembre 2017

La Vérité Si Je Mens II de Thomas Gilou (2000) - ★★★★★★★☆☆☆



Définitivement intégré à la communauté juive du quartier du Sentier à Paris. Décidé à passer des simples détaillants à la grande distribution, il se rend dans les locaux d'un certain Vierhouten, dirigeant impitoyable de la société Eurodiscount et escroc notoire. Mais ça, Eddy et ses associés ne le savent pas encore. Après avoir conclu un marché avec le patron d'Eurodiscount, Eddy, Dov et Yvan se lancent dans la confection de vêtements au profit de Vierhouten. Malheureusement pour le trio, les affaires virent au cauchemar. En effet, Vierhouten leur apprend que le contenu des stocks ne correspond pas du tout au contrat qu'Eddy et lui ont conclu.

C'est la déchéance, d'autant plus qu'Eddy a droit à un redressement fiscal. Obligé de faire les marchés pour subvenir aux besoin de sa petite famille, il est aidé d'Yvan. Serge, quand à lui, démarre une relation avec une séduisante jeune femme prénommée Chochona. Son cousin Patrick lui ayant confié sa voiture de luxe durant son voyage aux États-Unis, Serge en profite pour se faire passer pour un richissime homme d'affaires.
L'heure de la rencontre entre les parents de Chochona et Serge est venue. Ce dernier doit tout faire pour que le subterfuge ne soit pas découvert par Chochona dont il est désormais fou amoureux.

Pendant ce temps là, Eddy, acculé et sans le sou, cherche un moyen de prendre sa revanche contre l'homme qui l'a ruiné. Et c'est grâce à sa fille qu'il trouve une idée qui fera payer à Vierhouten l'affront dont il s'est rendu responsable...

Suite de l'excellente comédie La Vérité Si Je Mens, ce second volet reprend les personnages du premier avec toutefois un changement dans le casting. En effet, Vincent Elbaz est ici remplacé par l'humoriste Gad Elmaleh qui tente avec beaucoup de difficulté il est vrai, de remplacer l'acteur. Eli Kakou étant mort l'année précédent la sortie de cette suite, son personnage a été remplacé par celui de Willy Joumo (Marc Andreoni), un escroc qui va se servir des ennuis de Serge pour le faire travailler à sa botte.

Pierre-François Martin Laval, Elisa Tovati, Nicole Calfan, Enrico Macias sont les nouveaux acteurs de cette excellente comédie qui ne nuit pas à l'image du premier volet. Mais parmi tous ces nouveau intervenants, on retiendra surtout la participation de l'excellent Daniel Prévost qui une fois de plus endosse le rôle d'un être méprisable, ici celui du fameux patron d'Eurodiscount, Vierhouten.

Richard Anconina, José Garcia, Bruno Solo, Aure Atika, Gilbert Melki et Amira Casar reviennent et nous offrent une interprétation qui sonne aussi juste que possible. Garcia est toujours le pesant cousin de Melki, avide d'argent, un « brin » mythomane et fou amoureux de la belle Elisa Tovati. Anconina, malgré une silhouette toujours aussi fragile démontre une poigne de fer. Bruno Solo est le copain fidèle mais qui se laisse aller à quelques « acceptables » pulsions sexuelles. Quand à Gilbert Melki, qui prendra une place plus importante dans le troisième volet, il est l'homme à marier idéal. Riche et excellent homme d'affaire, honnête et droit, il est le gendre parfait...

Thomas Gilou réalise donc avec cette Vérité Si Je Mens II, une suite plus qu'honorable. On regrettera juste l'absence de Vincent Elbaz donc, mais qui nous fera l'immense plaisir de réapparaître dans le troisième et (jusqu'à maintenant) dernier volet de la saga...

jeudi 18 octobre 2012

Espace Détente de Bruno Solo et Yvan Le Bolloc'h (2004)



Pour la Geugène Electro Stim, c'est le branle-bas de combat. En effet, cette petite entreprise située dans la région de la Veule, est spécialisée dans la vente de l'appareil de stimulation électrique C14. Un vieux modèle qui parvient tout juste à faire vivre l'entreprise et ses employés. Alors, lorsque est annoncé le BodyCompact, nouveau modèle de remise en forme à domicile, tout le personnel est accaparé afin de démontrer au président de la boite que la GES est capable de mettre en avant le produit afin de réaliser les meilleures ventes.
Afin de maximiser les performances de tous, la plus proche collaboratrice de Jean-Guy Lecointre, Carole Dussier-Belmont, fini par faire appel à Arnaud Roussel, un homme qu'elle a rencontré dans un restaurant. Un individu qui joue sur plusieurs tableaux puisque la nuit il est un SDF sourd et muet qui vend de petites peluches.
D'un autre coté, Hervé Dumont, le délégué syndical de la boite, fait part à Paulo, un camarade syndicaliste travaillant dans l'usine chargée de la fabrication du C14, de l'arrivée sur le marché du nouveau produit. Ce qui tombe à pique puisque Jean-Guy ne veut absolument pas prendre le risque de sous-traiter dans une autre région que la veule avant les élections. Nancy quand à elle est chargée de coacher Jean-Claude Convenant, meilleur vendeur de la GES et meilleur ami de Hervé Dumont. Véritable has-been, c'est pourtant à lui que sera confiée la présentation du BodyCompact.

Bruno Solo et Yvan Le Bolloc'h (respectivement Hervé Dumont et Jean-Claude Convenant à l'écran) adaptent ensemble la série à succès d'M6, Caméra Café. au cinéma. On y retrouve la bande au complet, Jean-Guy Lecointre (Gérard Chaillou), Nancy (Shirley Bousquet), Carole (Sylvie Loeillet), Sylvain (Alexandre Pesle), Priviliewsky (Tom Novembre) et les autres.
Mais pour les besoins du scénario, des personnages supplémentaires sont crées et interprétés par de nouveaux venus, l'un des plus importants étant celui campé par Thierry Frémont (Les Démons De Jésus, Les Grandes Bouches): Arnaud Roussel.

On retrouve donc un panier de personnages pathétiques, Solo n'étant pas l'un des moindre dans son personnage de délégué syndical qui ne voit que rarement plus loin que le bout de son nez. Si prétentieux qu'il est incapable de réaliser à quel point sa petite amie Frédérique se désintéresse de lui. Quand à Le Bolloc'h, le personnage de ringard qu'il interprète est si sûr de lui qu'il n'imagine pas un instant que la direction puisse lui faire un enfant dans le dos. Ce qui est un comble pour celui qui trompe sa femme régulièrement. Espace Détente est un excellent film qui, malgré son format (cent deux minutes alors que chaque épisode de la série n'en dure que trois), assure le minimum.
Et ce, sans doute grâce au large panel de comportement qui nous est présenté. De la bourgeoise frigide campée par Armelle à la "folle" spécialisée en informatique jouée par Alain Bouzigues, en passant par la mère de famille dépressive interprétée par Jeanne Savary, Le sujet, même s'il se révèle particulièrement léger, n'est là que pour justifier la présence d'une bande d'acteurs et surtout de personnages pittoresques que l'on aimerait décidément pas avoir comme collègues de travail.
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