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mercredi 30 mars 2022

La doublure de Francis Veber (2005) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Si jusqu'à présent le personnage de François Perrin n'est pas réapparu depuis Le jaguar de son créateur Francis Veber en 1996, François Pignon, lui, a continué son petit bonhomme de chemin jusqu'en 2014. Dernière œuvre en date : la version théâtrale du Placard dans lequel l'acteur et humoriste Élie Semoun reprenait le rôle qu'interprétait douze ans en arrière en 2001 Daniel Auteuil. Avant cela, Gérard Jugnot interpréta le personnage en 2012 dans la pièce Cher Trésor alors que quatre ans auparavant, nous découvrions le remake de L'emmerdeur, Jacques Brel y étant remplacé par Patrick Timsit et Lino Ventura par Richard Berry. Malgré tout le bien que l'on peut penser de ces nouveaux interprètes de François Pignon et de Ralf Milan, la comparaison entre l’œuvre originale de 1973 et cette nouvelle version relativement navrante s'arrête là ! Encore un peu plus tôt dans le temps, en 2005, Francis Veber imaginait remettre le couvert pour la septième fois après la pièce Le contrat, la version de L'emmerdeur réalisée par d’Édouard Molinaro, Les compères, Les fugitifs, Le dîner de cons et Le placard en mettant cette fois-ci en scène non plus Jacques Brel, Pierre Richard, Jacques Villeret ou Daniel Auteuil mais... l'humoriste Gad Elmaleh. Devenu très populaire en France à l'époque grâce à ses One-Man-Show et le film de Merzak Allouache Chouchou, les téléspectateurs et amateurs de cinéma français bouffaient à l'époque du Gad Elmaleh au petit déjeuner, au déjeuner ainsi qu'au dîner. Il était donc apparemment logique dans l'esprit de Francis Veber de lui offrir le rôle de François Pignon dans son nouveau long-métrage daté de 2005...


Un choix plus ou moins absurde si l'on tient compte des différentes incarnations passées et à venir du personnage. Loin d'égaler notre Pierre Richard national ou même Jacques Villeret, Gad Elmaleh s'offrait tout de même ainsi l'opportunité d'entrer dans la légende de l'un des François les plus célèbres du cinéma hexagonal. Que l'on apprécie ou non les facéties de Dany Boon, le voir apparaître en meilleur ami de François Pignon et donc au second plan nous ferait presque regretter que le rôle ne lui ai pas été offert plutôt qu'à un Gad Elmaleh rigide, voire inexpressif. C'est à se demander si ce dernier fut habité par le personnage auquel le réalisateur et scénariste à taillé un costard ou s'il fut tout simplement incapable d'exprimer à l'écran la moindre émotion. À sa décharge, nous évoquerons sans doute ces tenues ridicules que son personnage endosse et qui participent de la caractérisation de cette nouvelle cuvée estampillée ''François Pignon''. Personnalité étriquée mais néanmoins attachante qui sans doute incarnée par Dany Boon aurait pris un visage bien différent. Comme il est en outre étonnant de découvrir Daniel Auteuil dans un rôle qui probablement aurait parfaitement sied à Richard Berry qui comme Dany Boon se retrouve au second plan. Face à ces quatre bonshommes, deux actrices de taille. Tout d'abord Kristin Scott Thomas, cette britannique naturalisée française au charme fou, interprétant l'épouse de Pierre Levasseur (Daniel Auteuil) qu'elle soupçonne de la tromper avec Elena Simonsen, sublime mannequin qu'interprète quant à elle la magnifique Alice Taglioni...


Pris en photos ''la main dans le sac'', Levasseur et sa maîtresse ont eu heureusement pour eux, la chance de poser involontairement aux côtés de François Pignon qui passait par là par hasard. L'occasion pour le chef d'entreprise de faire croire à sa femme que la jeune mannequin n'était pas avec lui mais avec cet inconnu... La doublure, c'est donc François Pignon qui contre la promesse de se voir offrir une rondelette somme d'argent qu'il pourra donner à celle qu'il aime et qui en a besoin (la charmante Virginie Ledoyen), accepte d'accueillir chez lui la belle Elena. Faisant ainsi croire qu'ils s'aiment et vivent ensemble... si le synopsis est plutôt séduisant, le résultat n'est vraiment pas à la hauteur de ce qu'à réalisé et écrit jusque là Francis Veber. Un réalisateur et scénariste qui, fut un temps, privilégia la mise en scène et l'interprétation (L'emmerdeur) ou l'écriture (Le dîner de cons), mais qui dans le cas de La doublure dérive quelque peu et signe une comédie relativement banale. On appréciera tout de même la beauté de ses interprètes féminines, la présence de Michel Jonasz dans le rôle d'André Pignon, le père de François, ou encore celle de Michel Aumont dans celui du médecin un peu ''perché'' et père d’Émilie qu'interprète Virginie Ledoyen. Comme de coutume chez Francis Veber, les fans du réalisateur retrouveront quelques têtes bien connues de son cinéma. Quant à la musique, elle est signée d'Alexandre Desplat dont la carrière de compositeur pour le cinéma s'est accélérée depuis le début des années quatre-vingt dix...

 

lundi 15 novembre 2021

Flashback de Caroline Vigneaux (2021) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Chouette, Julie Ferrier dans un nouveau film... Ah non ! Erratum. Pas la Julie Ferrier de Ça se soigne ? de Laurent Chouchan, mais la Caroline Vigneaux de À fond de Nicolas Benamou. Une carrière sans doute moins importante jusqu'à aujourd'hui mais elle, au moins, a réalisé son premier film ! Flashback, disponible actuellement sur la plateforme Amazon Prime. Rien à voir avec la chanson du groupe Imagination sur laquelle beaucoup se déhanchèrent sans doute au début des années quatre-vingt ni aucun rapport avec l'excellent jeu vidéo réalisé par la société française Delphine Software en 1992 (que de souvenirs...). À vrai dire, le film de Caroline Vigneaux (qui s'offre une place de choix en incarnant ici l'héroïne d'aventures très mouvementées) est plus proche de certaines œuvres de science-fiction intéressées par le procédé encore inatteignable du voyage dans le temps. Faites votre choix dans la longue liste des prétendants mais en ce qui me concerne, c'est d'abord Les visiteurs de Jean-Marie Poiré qui m'est revenu en mémoire. Une bande-annonce qui semblait presque promettre de revivre ce même genre d'expérience que trente ans plus tôt. Une version féminine et engagée jetant son héroïne dans divers contextes historiques jugeant de l'évolution des mœurs en matières de droits pour les femmes. Féminine ou bien féministe cette œuvre, justement ? C'est bien la question qui nous taraude un temps devant cet objet filmique facilement identifiable mais que l'on considérera au départ comme l'un des innombrables sujets que la culture Woke aime à nous imposer en s'invitant chez nous sans y avoir été conviée. Pourtant, en s'avérant beaucoup moins subtile que le propos l'aurait exigé si le seul plaidoyer formé autour de la condition féminine avait été l'unique intérêt de Flashback, le long-métrage de Caroline Vigneaux perd de ''l'intérêt'' woke que certains pourraient lui porter pour se diriger vers une forme d'humour cher à Fabrice Eboué. De ceux qui ne se laissent pas marcher sur les pieds ni dicter leur conduite...


Et d'une manière générale, la chose passe parfois ''crème'' en ces temps de marasme qui ne font en réalité de mal qu'à celles et ceux qui le veulent bien. Ignorez tout de suite les commentaires qui comparent Flashback au film culte de Robert Zemeckis, Retour vers le futur. À tout point de vue, les deux films n'entretiennent de rapport que le thème du voyage dans le temps. Pour le reste, le second enterre six pieds sous terre le premier. Quant à savoir si Flashback vaut Les visiteurs, la réponse est là encore, négative. À moins que l'on compare l'infâme troisième opus de la trilogie de Jean-Marie Poiré au film de la réalisatrice. On y retrouve d'ailleurs l'actrice Sylvie Testud qui après avoir interprété le rôle de Charlotte Robespierre dans Les Visiteurs : La Révolution endosse aujourd'hui le costume de la femme de lettres, politique et de l'une de celles qui furent à l'origine du féminisme Olympe de Gouges. L'actrice n'est d'ailleurs pas la seule ''guest'' du long-métrage puisque s'y retrouvent également Suzanne Clément dans le rôle de George Sand, Emy LTR dans celui de Jeanne d'Arc, Lison Daniel dans la peau de Marie Curie ou Sophia Aram dans celle de Gisèle Alimi. Des figures du féminisme français qui n'empêchent heureusement pas la présence de l'homme à l'écran puisque viendront les rejoindre Gad Elmaleh dans le rôle de Maximilien de Robespierre, Lannick Gautry en Nicolas de Condorcet, Bruno Solo en Aristide Briand ou bien Florent Peyre dans celui de Napoléon Bonaparte.


Préhistoire, Moyen-âge, Révolution, jeunesse de l'héroïne, Charlie/Caroline Vigneaux traverse le temps et différentes époques avec un film qui ressemble davantage à une collection de sketchs qu'à un récit homogène. Le seul élément d'homogénéité, on le doit finalement qu'au seul sujet de la femme et de sa condition à travers l'évolution des mœurs. Si l'on s'amuse plutôt des différents voyages qu'elle entreprendra involontairement chaque fois qu'elle se cognera la tête (on a déjà trouvé mieux en terme de transition), surtout lorsqu'elle n'a pas encore pris conscience de ce qui lui arrive, forçant ainsi le contraste entre son comportement de femme contemporaine et celles et ceux auxquels elle sera confrontée, la mise en scène semble provenir d'une autre époque. Celle-ci, par contre, pas trop éloignée de la notre. Caroline Vigneaux en fait des tonnes à la manière d'un Christian Clavier que l'on pouvait adorer dans Les visiteurs mais qui depuis ne fait qu'interpréter toujours le même personnage. Espérons qu'à l'avenir il en soit autrement avec la ''jeune'' réalisatrice. Un premier essai plus ou moins convainquant, pas vraiment frais dans sa forme mais assez généreux en matière de situations. En tout cas, nettement plus satisfaisant qu'une Michèle Laroque dont les ambitions de réalisatrice n’atteignent jamais ses qualités d'humoriste...

 

lundi 3 septembre 2018

Les Seigneurs de Olivier Dahan (2012) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Olivier Dahan. L'auteur de La Môme en 2007. L'auteur des Rivières Pourpre 2 – les Anges de l'Apocalypse trois ans auparavant... une véritable purge cinématographique. Deux exemples de longs-métrages qui à eux seuls auraient suffit à me faire préférer six mois de coma dans une chambre d’hôpital qu'une heure-trente enfermé dans une salle de cinéma pour y aller voir les aventures d'une brochette d'interprètes dont la popularité à elle seule aurait suffit à assurer le remboursement des 20 900 000 euros engagés dans le septième long-métrage du cinéaste français. Les Seigneurs, ce sont ces anciennes gloires du football français qui à force d'encouragement de la part de leur futur entraîneur Patrick Orbéra (l'acteur José Garcia), finissent par accepter d'abandonner leurs activités pour une bonne cause : monter en Bretagne, jusqu'à l’île de Molène dans le Finistère afin d'y sauver l'emploi d'un certain nombre d'ouvriers d'une conserverie vouée à la fermeture. Sans doute pour d'autres raisons également. Comme de redorer leur image. Celui qui s'en sort encore le mieux, c'est Wéké N'Dogo (Omar Sy) dont la carrière prit fin en raison de problèmes cardiaques. Parce que pour ses futurs coéquipiers, c'est autre chose. Rayane Ziani (Gad Elmaleh) est dépressif et accro aux consoles de jeu (et plus précisément à la Playstation), Fabien Marandella (Ramzy Bédia) est cocaïnomane, Shaheef Berda (Joey Starr) est une brute épaisse qui sort tout juste de prison et David Léandri (Franck Dubosc), qui dans sa pathétique tentative de reconversion, se voit déjà fouler les plus grands plateaux de cinéma. Mélangés à des joeurs-pêcheurs locaux, cette équipe nouvellement formée va tenter de gravir les échelons de la Coupe de France afin d'engranger suffisamment d'argent pour pouvoir sauver la conserverie de Molène de la faillite...

Voilà donc pour le synopsis. Résultat du match. 1 pour Olivier Dahan pour lequel le film a attiré presque trois millions de spectateurs en huit semaines d'exploitation, et 0 pour le public qui se retrouvait là devant un long-métrage qui d'un point de vue scénaristique se révélait d'une pauvreté relativement commune dans la comédie française actuelle. Tourné en majorité dans le Finistère, Les Seigneurs ne repose que sur une seule chose : ses interprètes. En effet, réunir cette belle brochette d'acteur sauve du naufrage une œuvre qui sent à plein le 'foutage de gueule'. C'est horrible à dire, mais sans doute le cinéaste a-t-il pensé son film en tant que supporter de football ? S'il en est ainsi, alors on pourra supposer qu'une grande partie des spectateurs qui ont fait le déplacement jusqu'au cinéma sont eux-même de ce sport qui remue tant les foules.

Pas toujours d'accord avec ce qu'expriment les critiques de la presse spécialisée, j'avoue avoir ressenti le même sentiment que cette critique partielle écrite dans Les Cahiers du Cinéma, "Les Seigneurs" dévoile finalement son programme pathétique : rendre un hommage coupable au comique troupier des Charlots avec la dream team de l'humour télévisuel contemporain". Une critique à laquelle j'ajouterais : Sans l'immense talent Z des artistes ici invoqués... Marque de fabrique de certains artistes concentrant généralement leur carrière cinématographique dans les années soixante-dix (allez savoir pourquoi), Les Seigneurs tente de rejoindre malgré lui cette période peu glorieuse du Cinéma français (avec un grand C) et si faste pour l'amateur de nanars assumés. Autant la thématique évoquée par Les Charlots possédait une richesse toute personnelle, MAIS exemplaire, autant Olivier Dahan se fourvoie (et ainsi donc ses interprètes également) dans une comédie lourdingue à peine écrite, fainéante en matière de réalisation, bien qu'enjouée de part l'implication d'interprètes vouant à cette occasion, une véritable fascination pour le cinéma potache !

mercredi 22 novembre 2017

La Vérité Si Je Mens II de Thomas Gilou (2000) - ★★★★★★★☆☆☆



Définitivement intégré à la communauté juive du quartier du Sentier à Paris. Décidé à passer des simples détaillants à la grande distribution, il se rend dans les locaux d'un certain Vierhouten, dirigeant impitoyable de la société Eurodiscount et escroc notoire. Mais ça, Eddy et ses associés ne le savent pas encore. Après avoir conclu un marché avec le patron d'Eurodiscount, Eddy, Dov et Yvan se lancent dans la confection de vêtements au profit de Vierhouten. Malheureusement pour le trio, les affaires virent au cauchemar. En effet, Vierhouten leur apprend que le contenu des stocks ne correspond pas du tout au contrat qu'Eddy et lui ont conclu.

C'est la déchéance, d'autant plus qu'Eddy a droit à un redressement fiscal. Obligé de faire les marchés pour subvenir aux besoin de sa petite famille, il est aidé d'Yvan. Serge, quand à lui, démarre une relation avec une séduisante jeune femme prénommée Chochona. Son cousin Patrick lui ayant confié sa voiture de luxe durant son voyage aux États-Unis, Serge en profite pour se faire passer pour un richissime homme d'affaires.
L'heure de la rencontre entre les parents de Chochona et Serge est venue. Ce dernier doit tout faire pour que le subterfuge ne soit pas découvert par Chochona dont il est désormais fou amoureux.

Pendant ce temps là, Eddy, acculé et sans le sou, cherche un moyen de prendre sa revanche contre l'homme qui l'a ruiné. Et c'est grâce à sa fille qu'il trouve une idée qui fera payer à Vierhouten l'affront dont il s'est rendu responsable...

Suite de l'excellente comédie La Vérité Si Je Mens, ce second volet reprend les personnages du premier avec toutefois un changement dans le casting. En effet, Vincent Elbaz est ici remplacé par l'humoriste Gad Elmaleh qui tente avec beaucoup de difficulté il est vrai, de remplacer l'acteur. Eli Kakou étant mort l'année précédent la sortie de cette suite, son personnage a été remplacé par celui de Willy Joumo (Marc Andreoni), un escroc qui va se servir des ennuis de Serge pour le faire travailler à sa botte.

Pierre-François Martin Laval, Elisa Tovati, Nicole Calfan, Enrico Macias sont les nouveaux acteurs de cette excellente comédie qui ne nuit pas à l'image du premier volet. Mais parmi tous ces nouveau intervenants, on retiendra surtout la participation de l'excellent Daniel Prévost qui une fois de plus endosse le rôle d'un être méprisable, ici celui du fameux patron d'Eurodiscount, Vierhouten.

Richard Anconina, José Garcia, Bruno Solo, Aure Atika, Gilbert Melki et Amira Casar reviennent et nous offrent une interprétation qui sonne aussi juste que possible. Garcia est toujours le pesant cousin de Melki, avide d'argent, un « brin » mythomane et fou amoureux de la belle Elisa Tovati. Anconina, malgré une silhouette toujours aussi fragile démontre une poigne de fer. Bruno Solo est le copain fidèle mais qui se laisse aller à quelques « acceptables » pulsions sexuelles. Quand à Gilbert Melki, qui prendra une place plus importante dans le troisième volet, il est l'homme à marier idéal. Riche et excellent homme d'affaire, honnête et droit, il est le gendre parfait...

Thomas Gilou réalise donc avec cette Vérité Si Je Mens II, une suite plus qu'honorable. On regrettera juste l'absence de Vincent Elbaz donc, mais qui nous fera l'immense plaisir de réapparaître dans le troisième et (jusqu'à maintenant) dernier volet de la saga...

mardi 20 août 2013

Hors de Prix de Pierre Salvadori (2006)



Jean est barman dans un luxueux hôtel de Paris. Un soir, alors qu'il est invité par un client à venir s'asseoir à ses côtés afin de partager une bonne bouteille de vin, il finit par s'endormir sur un canapé et avant d'être réveillé plusieurs heures plus tard par Irène, une jolie jeune femme qui a abandonné son compagnon à son sommeil pour descendre boire un verre dans le salon de l’hôtel. Étonnée de ne voir personne derrière le comptoir du bar, elle engage la conversation avec Jean, affalé sur son canapé. Troublé par la beauté de la jeune femme, celui-ci se fait passer pour un client et propose à Irène de lui servir un verre. Le couple improvisé termine saoul dans l'une des plus prestigieuse suite de l'établissement.

Le lendemain matin, lorsqu'ils ouvrent les yeux, Irène découvre que Jean n'est pas celui qu'il prétend être et quitte l'hôtel précipitamment en compagnie de Jacques, son compagnon. Ce n'est que plus tard que le jeune barman retrouve la trace d'Irène, toujours au bras de Jacques dont elle exploite la fortune et avec lequel elle espère se marier dans trois mois. Mais elle est prise sur le fait par ce dernier qui la quitte sans omettre de reprendre tous les biens qu'il lui a offerts. Jean, amoureux de la jeune femme, tente d'approcher cette dernière, mais celle-ci, exclusivement intéressée par l'argent, tente d'échapper à son collant prétendant.

Afin de s'en débarrasser définitivement, elle accepte finalement de l'accompagner au restaurant. Elle choisit ensuite une chambre hors de prix dans un luxueux hôtel. Enfin, elle dépense sans compter en utilisant la carte bleue de Jean. Celui-ci se retrouve sans le sou, son compte en banque vidé des placements effectués depuis des années...

Hors de Prix est le huitième long-métrage de Pierre Salvadori. Une comédie douce et romantique qui oppose le talentueux humoriste Gad Elmaleh à la charmante Audrey Tautou. Un timide barman à une jeune femme avide de luxe qui n'hésite pas à tromper son monde pour obtenir tout ce qu'elle désire : de l'argent, des bijoux et les hôtels les plus chers. Drôle de ménage qui se crée donc entre ce duo de personnages hors normes qui vont, chacun, apprendre de l'autre. Le frêle et timide serveur va appendre aux cotés d'Irène, les clefs de la réussite en matière de manipulation. La jeune femme, elle, va apprendre l'amour, sincère, et sans fioritures.

Hors de Prix confronte également ces deux personnages à des individus pourris par l'argent. Des êtres qui n'ont que du mépris pour les petites gens. Des partenaires qui connaissent une profonde solitude qu'ils ne peuvent combler que grâce à leur richesse. Ils sont les proies de personnes qui n'en veulent qu'à leur argent. En ont-ils conscience ? C'est la question que l'on se pose mais qui reste, hélas, sans véritable réponse. Ils sont pourtant tout aussi importants que le duo Tautou-Elmaleh qui profite d'un scénario léger pour nous offrir un spectacle rafraîchissant. Un jeu au premier abord pervers mais qui démontre que chiens et chats peuvent très bien s'entendre.

On ne s'ennuie jamais devant cette suite de scènes parfois cocasses et souvent amusantes. Elmaleh prouve qu'il est un acteur de talent, et même si l'on est réfractaire à l'humour qu'il dispense sur scène, il révèle au fil de sa filmographie une qualité primordiale dans le métier d'acteur : il est capable de se fondre dans le costume de personnages divers sans que jamais l'on ne perçoive la moindre fausse note.

Le film se joue des aspects négatifs de la personnalité humaine pour nous offrir un vrai moment de joie et de fraîcheur. Une réussite. On notera les présences de Marie-Christine Adam, Vernon Dobtcheff et Jacques Spiesser qui apportent leur généreuse contribution au film...
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