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lundi 4 avril 2022

L'île au trésor d'Alain Berbérian (2006) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

L'île au trésor est à l'origine un célèbre ouvrage écrit par le romancier écossais Robert Louis Stevenson. Un roman adapté des dizaines de fois sur petit et grand écran, en bande-dessinée et même en jeux vidéos. Parmi les longs-métrages ayant vu le jour, L'île au trésor d'Alain Berbérian est l'une des quelques incartades françaises dans ce récit d'aventures qui dans le cas présent est avant tout traité sous une forme humoristique. En effet, si le roman de Robert Louis Stevenson est bien à l'origine de cette histoire mettant en scène Gérard Jugnot, la délicieuse Alice Taglioni, Jean-Paul Rouve et le jeune Vincent Rottiers, les scénaristes Fabien Suarez, William Solal, Fabrice Roger-Lacan et Sion Marciano prirent toutes les libertés possibles avec cette comédie d'aventures familiale et divertissante. Le film sortira en France le 16 janvier 2007 mais ne rencontrera malheureusement pas le succès escompté. On peut même dire que la volée de bois vert qu'il se prit à l'époque par la presse spécialisée (cultivée de nos jours par les critiques en herbe) ont terminé d'achever la carrière de ce long-métrage ambitieux doté d'un budget dépassant pourtant de peu les quinze millions d'euros. D'un classicisme extrême, le synopsis offre à l'ancien membre de L'équipe du Splendid Gérard Jugnot, le costume de John Silver, un pirate sans foi ni loi (ou presque) qui va se lancer dans une aventure maritime qui le mènera jusqu'à une île où est enterré un fabuleux trésor constitué de nombreuses pièces d'or ! À ses côtés, l'actrice et mannequin Alice Taglioni incarne l'artistocrate Evangeline Trelawney. Une joueuse endettée, au charme fou mais à laquelle les scénaristes ajoutent une inquiétante particularité : marquée par un événement lié à son époux disparu qu'elle fut contrainte d'épouser à l'époque par son propre père, la jeune femme assassine les hommes avec lesquels elle couche ! Autre personnage important du récit, Jim Hawkins, jeune soldat qui seul, a appris de la bouche du condamné à mort et ancien pirate à la solde de John Silver, Buzzard (l'acteur Didier Flamand), connaît désormais la position exacte où fut enterré le trésor...


Ce jeune homme ambitieux, rêvant de prendre la mer, propose alors au pirate à la jambe de bois (John Silver lui-même, opéré des années auparavant par un Docteur Livesey sous l'emprise de l'alcool), propose à celui-ci de l'aider à retrouver le butin en question. Aidés par Evangeline Trelaway qui met à leur disposition un navire, les deux hommes vont prendre la mer en compagnie de l'équipage de John Silver, direction une petit île où ils découvriront en outre que s'y sont installés des colons espagnols... Si L'île au trésor commence tout d'abord sous les meilleurs augures en nous promettant un film d'aventures enrichi par de très beaux costumes et une reconstitution relativement convaincante du dix-septième siècle, le film pêche ensuite par un manque d'ambitions. Celle-là même que l'on prêtait au départ aux auteurs. Le long-métrage d'Alain Berbérian mérite-t-il autant de s'être pris autant de critiques négatives ? Certainement pas. D'autant plus qu'est revendiquée la grande liberté de ton prise par rapport à l'ouvrage de Robert Louis Stevenson. On ne pourra donc pas reprocher au réalisateur français d'y avoir apporté sa flopée de répliques censées faire rire bien que l'humour ne fonctionne pas toujours. Gérard Jugnot, Jean-Paul Rouve, Alice Taglioni et Vincent Rottiers font ce qu'ils peuvent et s'en sortent tout de même honnêtement. Divertissant, L'île au trésor ne parviendra cependant à attirer en France qu'un peu plus d'un demi million de spectateurs et la production ne parviendra donc pas à rentrer dans ses frais. Le compositeur Nicholas Dodd a beau avoir écrit une partition épique, le film n'a malheureusement pas la grandeur de ces films d'aventures où l'action s'offre une large part du gâteau. Reste la générosité habituelle de Gérard Jugnot et consorts, et le charme d'Alice Taglioni même si l'aspect psychotique de son personnage tombe ici comme un cheveu dans la soupe. Plus qu'un film d'aventures où l'humour est omniprésent, L'île au trésor est d'abord une comédie enrobée d'aventures. Ce qui fait sans doute toute la différence avec les classiques du genre...

 

mercredi 30 mars 2022

La doublure de Francis Veber (2005) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Si jusqu'à présent le personnage de François Perrin n'est pas réapparu depuis Le jaguar de son créateur Francis Veber en 1996, François Pignon, lui, a continué son petit bonhomme de chemin jusqu'en 2014. Dernière œuvre en date : la version théâtrale du Placard dans lequel l'acteur et humoriste Élie Semoun reprenait le rôle qu'interprétait douze ans en arrière en 2001 Daniel Auteuil. Avant cela, Gérard Jugnot interpréta le personnage en 2012 dans la pièce Cher Trésor alors que quatre ans auparavant, nous découvrions le remake de L'emmerdeur, Jacques Brel y étant remplacé par Patrick Timsit et Lino Ventura par Richard Berry. Malgré tout le bien que l'on peut penser de ces nouveaux interprètes de François Pignon et de Ralf Milan, la comparaison entre l’œuvre originale de 1973 et cette nouvelle version relativement navrante s'arrête là ! Encore un peu plus tôt dans le temps, en 2005, Francis Veber imaginait remettre le couvert pour la septième fois après la pièce Le contrat, la version de L'emmerdeur réalisée par d’Édouard Molinaro, Les compères, Les fugitifs, Le dîner de cons et Le placard en mettant cette fois-ci en scène non plus Jacques Brel, Pierre Richard, Jacques Villeret ou Daniel Auteuil mais... l'humoriste Gad Elmaleh. Devenu très populaire en France à l'époque grâce à ses One-Man-Show et le film de Merzak Allouache Chouchou, les téléspectateurs et amateurs de cinéma français bouffaient à l'époque du Gad Elmaleh au petit déjeuner, au déjeuner ainsi qu'au dîner. Il était donc apparemment logique dans l'esprit de Francis Veber de lui offrir le rôle de François Pignon dans son nouveau long-métrage daté de 2005...


Un choix plus ou moins absurde si l'on tient compte des différentes incarnations passées et à venir du personnage. Loin d'égaler notre Pierre Richard national ou même Jacques Villeret, Gad Elmaleh s'offrait tout de même ainsi l'opportunité d'entrer dans la légende de l'un des François les plus célèbres du cinéma hexagonal. Que l'on apprécie ou non les facéties de Dany Boon, le voir apparaître en meilleur ami de François Pignon et donc au second plan nous ferait presque regretter que le rôle ne lui ai pas été offert plutôt qu'à un Gad Elmaleh rigide, voire inexpressif. C'est à se demander si ce dernier fut habité par le personnage auquel le réalisateur et scénariste à taillé un costard ou s'il fut tout simplement incapable d'exprimer à l'écran la moindre émotion. À sa décharge, nous évoquerons sans doute ces tenues ridicules que son personnage endosse et qui participent de la caractérisation de cette nouvelle cuvée estampillée ''François Pignon''. Personnalité étriquée mais néanmoins attachante qui sans doute incarnée par Dany Boon aurait pris un visage bien différent. Comme il est en outre étonnant de découvrir Daniel Auteuil dans un rôle qui probablement aurait parfaitement sied à Richard Berry qui comme Dany Boon se retrouve au second plan. Face à ces quatre bonshommes, deux actrices de taille. Tout d'abord Kristin Scott Thomas, cette britannique naturalisée française au charme fou, interprétant l'épouse de Pierre Levasseur (Daniel Auteuil) qu'elle soupçonne de la tromper avec Elena Simonsen, sublime mannequin qu'interprète quant à elle la magnifique Alice Taglioni...


Pris en photos ''la main dans le sac'', Levasseur et sa maîtresse ont eu heureusement pour eux, la chance de poser involontairement aux côtés de François Pignon qui passait par là par hasard. L'occasion pour le chef d'entreprise de faire croire à sa femme que la jeune mannequin n'était pas avec lui mais avec cet inconnu... La doublure, c'est donc François Pignon qui contre la promesse de se voir offrir une rondelette somme d'argent qu'il pourra donner à celle qu'il aime et qui en a besoin (la charmante Virginie Ledoyen), accepte d'accueillir chez lui la belle Elena. Faisant ainsi croire qu'ils s'aiment et vivent ensemble... si le synopsis est plutôt séduisant, le résultat n'est vraiment pas à la hauteur de ce qu'à réalisé et écrit jusque là Francis Veber. Un réalisateur et scénariste qui, fut un temps, privilégia la mise en scène et l'interprétation (L'emmerdeur) ou l'écriture (Le dîner de cons), mais qui dans le cas de La doublure dérive quelque peu et signe une comédie relativement banale. On appréciera tout de même la beauté de ses interprètes féminines, la présence de Michel Jonasz dans le rôle d'André Pignon, le père de François, ou encore celle de Michel Aumont dans celui du médecin un peu ''perché'' et père d’Émilie qu'interprète Virginie Ledoyen. Comme de coutume chez Francis Veber, les fans du réalisateur retrouveront quelques têtes bien connues de son cinéma. Quant à la musique, elle est signée d'Alexandre Desplat dont la carrière de compositeur pour le cinéma s'est accélérée depuis le début des années quatre-vingt dix...

 

lundi 28 septembre 2020

Andy de Julien Weill (2019) - ★★★★★★★☆☆☆

 



Un titre franchement anodin et un scénario qui fleure bon la comédie légère. Un réalisateur et scénariste (Julien Weill) qui à part autant de courts-métrages qu'une main compte de doigts n'a pas fait grand chose d'autre depuis ces vingt dernières années... Ça n'est pas que cette affaire débute mal mais pour commencer, on n'en attend cependant pas grand chose. Pourtant voilà, au générique de Andy apparaît le nom de Vincent Elbaz et là, c'est une autre histoire. Celui qui fit les joies des amateurs de comédies françaises en apparaissant notamment dans le second long-métrage de Cédric Klapisch Le Péril Jeune ou plus tard dans la saga La Vérité si je Mens de Thomas Gilou incarnait l'année dernière un personnage aux antipodes du séducteur prétentieux de l'excellent Je ne suis pas un Homme Facile d’Eleonor Pourriat. Dans Andy, écrit par le réalisateur ainsi que par Grégory Boutboul, Bernard Jeanjean et l'acteur lui-même, Vincent Elbaz incarne un personnage de looser, vivant sur le dos des autres. Un parasite en somme, qui après s'être fait larguer par sa dernière compagne se retrouve à la rue. 


Par chance, il trouve le moyen de s'installer dans un foyer grâce à la bienveillance de Reda (épatant Yannig Samot) bien qu'à son arrivée, l'accueil que lui réserve Margaux (excellente Alice Taglioni) soit un peu froid. Contraint de partager la même chambre que Philippe, un ours fort attachant malgré son apparence de brute, Thomas a le devoir de faire ses preuves en cherchant du travail s'il veut pouvoir rester dormir au foyer les prochaines semaines. Mais alors que de toute son existence il n'a travaillé que deux ans dans un Mac Do il y a de nombreuses années, qu'il a toujours eu l'habitude de mendier de l'argent auprès de ses parents (interprétés par Brigitte Roüan et Jacques Weber) et que jusqu'à maintenant, il n'a fait que s'incruster chez les autres, Thomas va devoir se prendre en main. Fainéant comme pas deux, il trouve l'emploi idéal : Escort Boy. Et c'est sous le pseudonyme d'Andy que Thomas se lance dans le métier. Mais les choses vont se révéler plus compliquées qu'elles n'en ont l'air. En effet, on ne s'improvise pas Escort Boy lorsque l'on est mal à l'aise en présence de vieilles rombières ivres de connaître une seconde jeunesse auprès d'un beau et jeune ''étalon''...


Nous ne nous y attendions certainement pas mais Andy est une excellente surprise. Pourtant, ça n'était pas gagné d'avance. Car avec un tel contexte, entre un individu incapable de faire grand chose de ses mains sans se sentir mal, parasite de la société, quasi SDF, installé dans un foyer style Sonacotra (en moins glauque tout de même), avare et pas très moral, Andy aurait pu verser dans un courant social très sombre. Mais c'était sans compter sur les qualités d'un scénario qui a la faculté de mélanger les genres avec un certain brio. Comédie pas vraiment dramatique, l’œuvre de Julien Weill distille surtout un vent de fraîcheur et communique un bonheur inattendu de la part de personnages plongés dans un marasme quotidien. Une histoire d'amour bancale entre Thomas le parasite et Margaux qui travaille au sein d'un foyer pour SDF. Des situations pittoresques, nombreuses, à l'image desquelles Vincent Elbaz incarne un Escort Boy gauche et ridicule invitant Margaux à participer à une magouille qui heureusement pour eux, n'aura pas de conséquences fâcheuses. Il faut dire que le scénario offre déjà à ces deux personnages éminemment touchants, un quotidien relativement chargé. Son père à LUI est alcoolique et sa mère atteinte de la maladie d'Alzheimer. Son ancien compagnon à ELLE, un individu particulièrement violent qui la battait lorsqu'ils étaient ensemble, la poursuit où qu'elle aille.


C'est souvent léger, parfois grave, mais en général tout à fait attachant. La relation entre les deux personnages est touchante et devient même carrément émouvante lors d'une rencontre nocturne entre ces deux êtres qui sortent de l'ordinaire. Julien Weill évite le larmoyant et malgré un contexte difficile, le réalisateur et scénariste nous propose une sympathique comédie interprétée par un panel d'excellents acteurs parmi lesquels on reconnaîtra notamment le savoureux Philippe Cura de la série Caméra Café dans le rôle de Philippe, le compagnon de chambre de Thomas ou Nicolas Wanczycki dans celui de Marc, l'ancien petit ami persécuteur de Margaux. Mais pour être tout à fait irréprochable, Andy aurait sans doute mérité d'approfondir le personnage interprété par l'excellent Vincent Elbaz. Car si la froideur de Margaux est justifiée par son ancienne relation avec un homme violent, réduire l'attitude de Thomas au simple fait qu'il exploite la gentillesse des autres par simple fainéantise est peut-être un peu trop réducteur. À part cela, Andy permet de passer un très agréable moment...


vendredi 14 septembre 2018

La Proie d'Eric Valette (2011) - ★★★★★★★☆☆☆



C'est lors du cycle que j'ai décidé de consacrer à l'acteur américano-français originaire de New York Christophe(r) Lambert que je suis tombé par erreur sur cette Proie homonyme au long-métrage de J.F. Lawton sorti en salle en 1995, mais cette fois-ci réalisée par Eric Valette en 2011. Les deux œuvres n'entretiennent aucun rapport puisque le film met en scène un Christophe Lambert témoin du meurtre d'une japonaise et enseignant l'art des arts martiaux afin de combattre les assassins de la jeune femme, tandis que La Proie d'Eric Valette situe son intrigue en France, avec pour point de départ une prison dans laquelle est incarcéré Franck Adrien, un braqueur de banque reconnu coupable d'avoir dérobé la modique somme de deux millions d'euros. Dire que le scénario de Laurent Turner et Luc Bossi fourmille d'idées est un euphémisme. Car outre le personnage de braqueur incarné par l'excellent Albert Dupontel, La Proie n'est pas avare en matière de personnages et d'intrigues secondaires. Mais l'un des aspects les plus édifiants du long-métrage d'Eric Valette, ce sont les points communs volontaires ou non que son œuvre entretient avec l'une des affaires criminelles françaises les plus sordides qu'ait connu l'hexagone. En effet, outre le personnage incarné par Albert Dupontel, le récit est en partie étoffé par la présence d'un violeur-tueur d'enfants du nom de Jean-Louis Maurel (incarné par le glaçant Stéphane Debac et par sa compagne à l'écran Natacha Régnier), lequel renvoie irrémédiablement à l'affaire de L'Ogre des Ardennes surnom sous lequel était connu dans la presse le tueur et violeur pédophile en série Michel Fourniret, aidé dans ses immondes exactions par sa compagne Monique Olivier.

La Proie prend alors diverses directions. Avant d'échapper à sa condition de taulard, Franck est sujet à diverses menaces proférées à son encontre par plusieurs co-détenus, dont l'un d'eux n'est rien moins que l'un de ses complices lors du braquage. Enfermé dans la même cellule que Jean-Louis Maurel, c'est en apprenant à faire confiance à cet individu plus intelligent et moins innocent qu'il n'y paraît que le film va prendre une toute autre direction par la suite. Car alors que Franck a réussi à s'échapper de prison, l'intrigue de La Proie ne devient pas que la simple course-poursuite menée par une équipe de policiers menée par l'inspecteur Claire Linné (excellente Alice Taglioni) face à un fugitif cherchant à retrouver sa petite fille supposément kidnappée par son ancien co-détenu, mais décrit ponctuellement l'histoire tournant autour du tueur et violeur pédophile, le film décrivant la technique imparable qu'il a mise au point en compagnie de son épouse, Christine. Détail fort amusant : la gamine incarnant la fille de Franck à l'écran ressemble furieusement à la petite Anaïs Bret qui incarnait Jeanne Pignon, dans la comédie de Francis Veber, Les Fugitifs en 1986...

Le film est l'occasion pour Eric Valette de décrire une police intègre, même si pour le coup, elle a bien du mal à mettre la main sur le fugitif (incarné par un Albert Dupontel exécutant lui-même, et sans doublure, ses propres cascades), un milieu carcéral aseptisé, mais violent, des gardiens de prison corruptibles, et malgré son apparente quiétude, un tueur en série capable d'une grande ingéniosité pour faire accuser à sa place, un simple braqueur de banques. Le cinéaste démontre également à quel point notre cinéma est capable de rivaliser avec celui d'Outre-Atlantique. Albert Dupontel, Alice Taglioni, Stéphane Debac, Natacha Régnier, mais également Sergi Lopez (dont le personnage de gendarme Manuel Carrega travaille sur l'affaire des jeunes filles assassinées depuis des années), Serge Hazanavicius, ou encore Zinedine Soualem (dans le rôle du commandant Lucciani) excellent tous d'une manière ou d'une autre en apportant tout leur savoir-faire en matière d'interprétation. Tout juste la partition musicale du compositeur Noko souffre-t-elle parfois d'être un peu trop cheap et quelques petites invraisemblances viennent-elle noircir le tableau. Mais au delà de ces infimes considérations, La Proie est un excellent thriller à la française...

vendredi 23 janvier 2015

Edition Spéciale Coup de Gueule: Colt45 de Fabrice du Welz (2014) - ★★★★★★★☆☆☆


Allez, une fois n'est pas coutume, pour le 300ème article de Cinémart, un coup de gueule !!!

Non, non, non, ça n'est pas parce que j'ai lu quelques critiques venant soit disant de professionnels que j'ai décidé d'écrire quelques mots sur ce film du belge Fabrice du Welz. Non, non ! C'est bien parce que j'adore son cinéma. Du moins, le seul film que j'ai vu depuis le début de sa carrière, le déjà cultissime Calvaire. Et puis, après avoir lu le synopsis de son dernier bébé, Alléluia, qui s'inspire d'un fait divers aussi authentiquement vrai que passionnant, j'ai vraiment envie de penser que chacune mérite que l'on soit objectif.
Bon, les spectateurs ont l'air d'avoir aimé, ce qui est plutôt une bonne nouvelle. Je veux parler de Colt45, bien sur. Un film qui dénote dans la courte œuvre du cinéaste mais qui, pourtant, mérite bien que l'on s'y attarde. Comme son nom l'indique, il s'agit d'un film policier, d'un thriller FRANCAIS. Un excellent thriller français.

Un essai manqué pour un certain Pierre Dedral, qui écrit là pour le site À Voir, À Lire (qui prouve avec cette critique qu'on y trouve aussi bien À Manger qu’À Vomir). Le film rabâche quelques vieilles formules ? Oui et alors ? Mais laquelle de ces vielles œuvres dont il pioche quelques bonnes idées ne s'est elle jamais inspirée elle-même d'un classique plus vieux encore ? 
 

Pour Le Parisien, Colt45 est un pétard mouillé. Des séquences stéréotypées, qui ôtent leur crédibilité aux personnages. Monsieur Alain Grasset, le film de Fabrice du Welz est une fiction. Et si l'on regarde par là, alors citons les films policiers venus des states et garnis de scènes improbables. Comme ces gargantuesques bagarres desquelles les héros se relèvent toujours, presque sans boiter, avec seulement quelques égratignures. Que reste-t-il de crédibilité dans tout ça ? Du Welz fait dans la caricature ? A quel moment a-t-il affirmé vouloir approcher au plus près de la vérité la fonction de ces forces de l'ordre ? On s'en fiche, non ? Un peu tout de même, non ? 
 

Quand à Télérama, ce vieux garçon bouffi qui branle son minuscule pénis tout en tournant les pages des anciens numéros de « La Vie Catholique », le pauvre s'est ennuyé. Tiens, prends un mouchoir et vas t'essuyer les yeux. Le type s'est probablement trompé de salle ce jour-là. Faut vraiment avoir été en manque de sommeil deux ou trois jours d'affilée avant la projection pour avoir bayé aux corneilles devant le film du belge. Peut-être a-t-on attendu un petit quart d'heure avant que le récit ne prenne véritablement son envol, mais ensuite, Fabrice du Welz parvient justement à conserver un rythme et une attention qui ne descend pas avant le générique de fin. 
 

Même si Colt45 ne peut s'enorgueillir de faire partie des dix ou vingt meilleurs thrillers de l'histoire du cinéma, il reste un film très efficace, solidement interprété par Gérard Lanvin, Joey Starr (qui contrairement à ce que j'ai lu je ne sais plus où n'ont pas été réunis ici, puisqu'on ne les aperçoit jamais ensemble) et surtout le jeune Ymanol Perset qui campe un armurier et instructeur de tir victime d'une machination qui va avoir des conséquences sur lui mais aussi sur ceux qui l'entourent et le protègent. Un rôle que l'acteur interprète de manière admirable. Comparé à Mr73, puisque certains s'y amusent, Colt45 est presque aussi sombre, peut-être moins désespéré, mais sans doute, jamais ennuyeux. Non, non, non...

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