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jeudi 17 septembre 2020

Ma Part du Gâteau de Cédric Klapisch (2011) - ★★★★★★☆☆☆☆




L'auteur en 1992 de Riens du Tout rouvre dix-neuf ans plus tard les plaies des conflits sociaux qui peuvent opposer patrons et employés. Cette fois-ci, pourtant, Cédric Klapisch (Le Péril Jeune, Un Air de Famille, L'Auberge Espagnole) œuvre à une toute petite échelle et confronte deux individus qui n'ont à priori rien en commun. Et si Ma Part du Gâteau laisse planer l'espoir que même chez l'individu le plus cynique, égocentrique et amoral qui soit, le contact avec une certaine réalité sociale peut le rendre un peu plus... ''humain'', il ne faut pas toujours se fier aux apparences. Drôle de rencontre que celle de Karin Viard et Gilles Lellouche. ELLE, interprète le rôle de France, mère de trois filles, habitant Dunkerque, et qui comme les mille deux-cents employés d'une usine vient d'être mise au chômage. LUI, incarne Stéphane, un trader divorcé, père d'un jeune Alban dont il n'a pas le temps de s'occuper. Le boss de son entreprise lui confie un important poste à Paris. C'est là-bas que décide d'aller chercher du travail France sur les conseils d'un ancien collègue qui lui confie que son père forme des femmes de ménage. C'est ainsi donc que la jeune femme et le trader vont faire connaissance. Elle cherche du boulot, lui a besoin d'une femme qui s'occupera de tenir en ordre son luxueux appartement, et plus encore lorsque débarque Alban et sa mère qui confie son enfant à Stéphane pour les trente jours à venir...

Ma Part du Gâteau est le dixième long-métrage de Cédric Klapisch. Une œuvre sur fond de social où les ''grands'' dévorent les ''petits'' sans que cela ne les émeuve jamais. Le réalisateur et scénariste évoque la vie mouvementée d'un trader mais aussi les failles de son existence personnelle. Cet homme qui brasse des millions, auquel son PDG lui offre un poste important avec à la clé l'espoir de prendre la direction est pourtant désespérément seul. Divorcé, incapable de s'occuper seul de son fils, sans amis véritables, il est hautain, dédaigneux, égocentrique et cynique. Face à une France/Karin Viard mère de trois enfants, employée de ménage d'abord, et garde-d'enfant ensuite, Cédric Klapisch évoque la possibilité pour cet homme particulièrement froid et amer de devenir un peu plus humain à son contact. C'est presque tout l'enjeu de Ma Part du Gâteau qui démarre assez ''foutraquement'' avec d'un côté, France et sa smala et de l'autre Stéphane plongé au cœur des négociations financières. Et puis, vient la rencontre entre celle que l'on considérera comme la protagoniste de cette histoire tandis que lui incarne une certaine forme d'antagonisme. Petit à petit, la relation patron-employé s'étoffe et semble se diriger vers cette voie que partagent beaucoup d’œuvres. On est pourtant encore très du formidable Quelques Jours avec Moi de Claude Sautet. La formidable relation qu'entretenaient les personnages incarnés par Sandrine Bonnaire et Daniel Auteuil vingt-trois ans plus tôt est ici viciée par le naturel d'un individu ''hors-norme' qui revient à la charge dès que l'occasion se présente...

Gilles Lellouche et Karin Viard portent littéralement le film vers un message d'espoir. Du moins, jusqu'à ce que ce petit malin de Cédric Klapisch n'explose les certitudes du spectateur en évoquant un fait qui va en partie tout remettre en question. Ma Part du Gâteau prend alors une tournure très étrange qui à réfléchir à posteriori, cadre de manière inappropriée dans un contexte où le jeu de séduction a su se faire une place entre deux individus que rien ne r approche. Le réalisateur et scénariste précipite alors les événements jusqu'à un final révolté et un arrêt sur image déstabilisant. Critiquable pour son parti-pris parfois mal dégrossi et caricatural (Gilles Lellouche/Stéphane est parfois vraiment immonde), Ma Part du Gâteau a cependant l'honnêteté de proposer une dernière partie qui évite l'écueil des comédies dramatiques qui se terminent toutes de la même manière. Parfois risible dans sa construction, glaçant dans sa galerie de portraits, émouvant dans la relation qu'entretiennent les deux héros du récit, Cédric Klapisch signe avec ce dixième long-métrage une œuvre plus cynique qu'elle n'en a l'air. Au final, on est pourtant très loin du meilleur de sa filmographie. Cependant, le couple Karin Viard/ Gilles Lellouche fonctionne bien et derrière le message social, on est séduit par les rapports qu'entretiennent leurs personnages respectifs. A noter les présences de Zinedine Soualem, d'Audrey Lamy ou encore d'Alex Lutz

samedi 5 septembre 2020

Serial Lover de James Huth (1998) - ★★★★★★☆☆☆☆



Premier long-métrage du réalisateur et scénariste français James Huth, Serial Lover est un ovni cinématographique qui vit le jour sur grand écran en 1998. L'auteur de Brice de Nice (et de sa séquelle Brice 3 ''parce que le 2, je l'ai cassé !'') ou de Rendez-vous chez les Malawas l'an passé nous offrait il y a plus de vingt ans un spectacle hors du commun, parfois cadré comme du Jean-Pierre Jeunet/Marc Caro période Delicatessen, à l'humour noir et grinçant comme du Gustave Kervern/Benoît Delépine et à l'enrobage ultra coloré et donc tout aussi cheap qu'une vieille affiche publicitaire américaine des années cinquante nous vantant les mérites d'une bouteille de lait ou d'une cuisine. C'est dans ce contexte où passent de vieux standards surannés à l'image du Only You des Platters que l'actrice Michèle Laroque, ancienne transfuge de l'émission La Classe présentée par Fabrice sur FR3 dans les années quatre-vingt et qui fit ses tout premiers pas au cinéma quinze ans plus tôt, interprète le rôle de Claire Doste, éditrice de romans policier pour les Éditions Dangereuses qu'elle convie sur une idée de sa sœur Alice ses quatre anciens petits amis afin de choisir lequel parmi eux, elle prendra pour futur époux. Mais alors que la soirée débute à peu près normalement entre la jeune femme, Charles, Hakim, Sacha et Chichi, un terrible accident va tout remettre en question. Alors qu'elle prépare la suite du dîner dans la cuisine, Claire plante malencontreusement le couteau qu'elle a dans les mains entre les omoplates de Sacha qui meurt quelques instants plus tard...

Cachant le corps dans le réfrigérateur, la jeune femme tente de sauver les apparences auprès de ses trois autres convives. Malheureusement pour elle, la suite des événements vont confirmer que, décidément, ça n'est pas sa soirée. Alors qu'elle pensait pouvoir tranquillement fêter ses trente-cinq avec ses anciens compagnons, Claire va passer les pires heures de son existence : non seulement les morts vont s'enchaîner, mais de plus, elle recevra à plusieurs reprises la visite des inspecteurs Eric Cellier et Bruno Helgen qui enquêtent sur une série de cambriolages ainsi que celle des cambrioleurs en questions Giuseppe et Pino. Et pour corser le tout, des dizaines de personnes vont s'inviter à la fête, n'arrangeant pas les affaires de Claire qui cherche à faire disparaître le corps de ses amants... Sur un scénario écrit par le réalisateur lui-même ainsi que par Romain Berthomieu (K-Roof en 2002), Serial Lover est donc une comédie noire qui malgré les apparences n'est pas tirée d'une pièce de théâtre ou d'une bande-dessinée. Et pourtant, le lieu quasi-unique (outre la cage d'escalier de l'immeuble) demeurant l'appartement de l'héroïne et l'esthétique ultra coloré des décors et de certains personnages font du premier long-métrage de James Huth une sorte de BD live totalement déjantée qui ne se retient absolument pas lorsqu'il s'agit notamment d'évoquer la mort des divers amants de l'héroïne interprétés par les savoureux Michel Vuillermoz, Zinedine Soualem, Gilles Privat et Antoine Basler...

Avec une énergie folle que n'épargnent malheureusement pas quelques micro ventres mous durant la première moitié du long-métrage, James Huth s'amuse à mélanger comédie noire et enquête policière dans un contexte de fête pré-apocalyptique qui à la fin fera de l'appartement de Claire Doste, le décor idéal d'une œuvre sur la fin du monde. Car le réalisateur ne ménage ni ses personnages, ni les décors éminemment kitsch qui participent à l'étrangeté de l’œuvre. Si dans un premier temps Serial Lover s'avère parfois vidé de toute substance, le film trouve heureusement son rythme de croisière durant la seconde moitié. Et si Michel Vuillermoz et les autres finissent malheureusement par disparaître du récit, d'autres viennent prendre la relève. En effet, parmi les fêtards venus s'amuser à la fête organisée par la sœur de l'héroïne interprétée par Élise Tielrooy, on retrouve notamment Isabelle Nanty, Philippe Vieux et Patrick Ligardes dans le rôles des cambrioleurs mais aussi et surtout, une grande partie des Robins des Bois en les personnes de Jean-Paul Rouve, Pierre-François Martin-Laval, Marina Foïs et Maurice Barthelemy, Élise Larnicol et Pascal Vincent manquant à l'appel. Quant aux deux inspecteurs chargés de mettre la main sur les cambrioleurs qui sévissent actuellement dans le quartier, ils sont interprétés par les excellents Albert Dupontel et Didier Bénureau. À vrai dire, c'est en réfléchissant sur l'humour de chacun des interprètes conviés à la fête que l'on peu même sans avoir encore découvert Serial Lover se faire une petite idée de son contenu...

Le long-métrage de James Huth n'est certes, pas inoubliable. Il n'y a même aucune raison de lui octroyer un quelconque statut d’œuvre culte. Seulement voilà, malgré des défauts d'écriture qui parfois se révèlent gênants, on passe un moment plutôt agréable. Entre le charme de Michèle Laroque et d'Elise Tielrooy, le cynisme d'Albert Dupontel, la présence des Robins des Bois, des cadrages parfois très originaux (certaines contre plongées donnent le vertige) et quelques idées de scénario franchement revigorantes à l'image du cadavre jeté par la fenêtre atterrissant dans une benne à ordures ou Philippe Vieux et Patrick Ligardes réinterprétant a cappella le célèbre standard des Platters ''Only You'', Serial Lover est une comédie noire originale, visuellement soignée accompagnée par la musique de Bruno Coulais, entre rêveries et Cha-cha-cha...

mercredi 3 juillet 2019

Mes Amis de Michel hazanavicius (1998) - ★★★★★★★☆☆☆



Eric Toledano, le producteur d'une sitcom française à succès et son interprète principal, Fred, se réveillent un matin dans le même lit, tout juste séparés par le corps sans vie d'une conquête de passage. Sans vie car la jeune femme, les mains liés aux montant du lit est morte. Apparemment, le jeu auquel se sont adonnés les deux amis et collaborateurs a mal tourné et les voici désormais flanqués d'un cadavre dont ils ne savent quoi faire. Alors que Fred pense déjà aller voir la police, Eric, lui, cherche un moyen de se débarrasser du corps. Mais en attendant, les deux hommes ont des responsabilités qui ne peuvent pas attendre. Tout en essayant de garder leur sang-froid, il retournent ce jour-là au studio où doit se tourner un nouvel épisode de la série Mes amis pour la vie notamment interprétée par Lola, la star féminine de la sitcom, et par Gilda et Marc...

Produit par Dominique Farrugia et Olivier Granier, Mes Amis est de ces comédies françaises qui dispense de faux éclats de rires enregistrés sur bande tandis que le spectateur lui n'aura que de brèves occasions de laisser exprimer sa bonne humeur. Ce qui, soit dit en passant, n'est pas une manière d'annoncer que le film mis en scène et réalisé par le cinéaste Michel Hazanavicius est raté, bien au contraire, mais que les rires y sont plutôt discrets. A dire vrai, si dans un premier temps, cette histoire de cadavre encombrant n'est qu'accessoire, l'auteur d'une poignée de longs-métrages en une vingtaine d'années et du cultissime La Classe Américaine en 1993 aux côtés de Dominique Mézerette se sert de ce prétexte pour plonger sa grosse dizaine d'interprètes dans le monde fermé de la télévision. Ici, et personne ne pourra prétendre le contraire, et surtout pas ceux qui connurent les fastes du sitcom à la française, c'est un hommage plus ou moins appuyé et (ir)respectueux aux sitcoms qui émaillèrent de leur présence le petit écran des années quatre-vingt dix : La première qui vient à l'esprit est forcément Premiers Baisers créée par Jean-François Porry et Bénédicte Laplace et qui entre le 23 décembre 1991 et le 12 mai 1995 connut un succès foudroyant sur la première chaîne française auprès du jeune public (et sans doute auprès des ménagères de moins de cinquante ans!).

Déjà caricaturale en soit, elle est ici parodiée de manière outrancière par un casting composé de Yvan Attal, Serge Hazanavicius (le frère du réalisateur), Karin Viard (qui dans le rôle de Lola joue comme un pied et ne retient pas son texte), Lionel Abelanski (en coordinateur tyrannique), Thibault de Montalembert (dans la peau de l'acteur Marc), Léao Drucker (dans celui de Gilda qui pour garder la ligne, se fait vomir dans les toilettes du studio), Philippe Hérisson (dans le rôle de l'ingénieur du son à l'humour lourd, lourd... très, très lourd), ou encore Zinédine Soualem (dans celui du réalisateur). Un florilège d'interprètes complété par tout un tas de célèbres figurants dont les apparitions à l'écran obligeront parfois les spectateurs à avoir l’œil aiguisé. C'est ainsi donc que l'on pourra voir au détour d'un décor Valérie Benguigui, Gilles Lellouche, Alexandra Lamy (en figurante de la sitcom), Jean-Luc Delarue, Michel Field, Nagui, Arthur, Jean-Pierre Foucault, ou encore les transfuges de Canal+ Alexandre Devoise et Philippe Vecchi...

Même si en comparaison d'autres comédies sorties cette décennie là (Le Dîner de Cons, La Cité de la Peur, Les Trois Frères ou encore Les Visiteurs) Mes Amis ne risquait pas de faire des étincelles, le film de Michel Hazanavicius se révèle pourtant fort agréable à regarder. Sans doute pour les mêmes raisons qui ont poussé le réalisateur-scénariste à se moquer des sitcoms dont son œuvre s'inspire. C'est bête, parfois méchant, souvent gratuit, et lui-même ne se gêne pas pour égratigner le monde de la télévision. Volontairement kitsch, Mes Amis tentent en dernier recours d'instaurer un suspense en reconvoquant le thème qui ouvrait les hostilités : à savoir, comment se débarrasser du corps plus tout à fait frais de la jeune femme enfermée depuis quelques jours dans le coffre de la voiture d'Eric... Même si le sujet est très léger et qu'en matière de dialogue, on a déjà vu nettement mieux, l'ironie des situations et la caricature permanente sauvent le film de l'indifférence. Un film qui semble porter la marque de son producteur, Dominique Farrugia... Un film à voir en double programme avec Sitcom de François Ozon qui, tiens, tiens, sortait lui aussi en cette année 1998...

lundi 31 décembre 2018

La Maison du Bonheur de Dany Boon (2005) - ★★★★★★★☆☆☆




Trois ans avant l'immense succès de son second long-métrage Bienvenue chez les Ch'tis qui s'explique probablement en partie grâce à l'affluence répétés des spectateurs originaires de la région à laquelle il rendait hommage, l'acteur, humoriste, scénariste et réalisateur Dany Boon réalisait en 2005 ce qui demeure sans doute comme sa meilleure œuvre en tant que cinéaste. La Maison du Bonheur ou le rêve de bon nombre de locataires qui espèrent un jour devenir propriétaires et pourquoi pas, quitter les artères surpeuplées de Paris ou de toute autre grande ville française pour venir s'installer dans un quartier à la périphérie de la capitale. C'est ce rêve que décide d'accomplir le personnage incarné par l'acteur-réalisateur qui s'offre le rôle de Charles Boulin, un employé de la société Crédilem, chargé de traquer les mauvais payeurs surendettés aux côtés de son ami et collègue de travail Jacques Kurtz (savoureux Michel Vuillermoz). Connu pour être radin, Charles veut prouver à son épouse Anne (Michèle Laroque) qu'il est capable de lui offrir un cadeau très coûteux pour leurs quinze ans de mariage.

Et justement, c'est lors d'une visite chez un couple surendetté qu'il tombe sur une agence immobilière tenue par un certain Jean-Pierre Draquart. Là, l'agent immobilier lui propose une affaire à ne pas manquer. Une magnifique maison à moins de quinze minutes de la capitale. Lors de la visite, Charles constate que la demeure a besoin de travaux. Mais l'agent immobilier lui affirme qu'ils ne devraient pas lui coûter plus de 50 000 euros. Ajoutés aux 550 000 que Draquart lui réclame pour son achat, Charles demande à réfléchir. C'est alors qu'intervient son ami Jacques qui rêve lui aussi de posséder une jolie maison en dehors de la capitale...

La Maison du Bonheur, c'est le cauchemar d'un radin qui va accumuler les dettes et surtout se retrouver avec sur les bras, une maison prenant des allures de gouffre financier. Licencié, et incapable d'avouer à son épouse qu'il n'a plus de travail et qu'il a déjà vendu leur appartement afin de payer leur future maison qui pour le moment ressemble surtout à une ruine, le personnage incarné par Dany Boon se retrouve pris à la gorge. Entre un agent immobilier véreux, mais jubilatoire, interprété par Daniel Prévost, l'ancien ami et nouvel ennemi du héros somptueusement campé par Michel Vuillermoz, l'excellente Michèle Laroque dans la peau de l'épouse, mais aussi et surtout, deux pieds nickelés interprétés par Zinedine Soualem et Laurent Gamelon, le héros Charles Boulin a de quoi se faire du soucis. Le spectateur assiste médusé à une comédie forcément caricaturale mais efficace en terme de gags puisque ceux-ci sont légions avec quelques passages cultes comme la fameuse scène du regard salace prêté au personnage de Mouloud Mami incarné par Zinedine Soualem.

L'un des personnages importants de La Maison du Bonheur, c'est la demeure elle-même. Une bâtisse située à Maison-Laffitte dans les Yvelines. Une magnifique ruine qui sera détruite à la suite du tournage. On comprend mieux alors pourquoi Dany Boon s'est employé à faire d'une demeure au départ plutôt accueillante malgré les travaux nécessaires, une maison tombant littéralement en morceaux. Généreux en matière de gags, le film de Dany Boon multiplie en effet les moments de bravoure. Fuites de canalisation, installation électrique défaillante, balustrade qui s'écroule sous le pied de l'agent immobilier, ou explosion de gaz. Les personnages également sont à la sources de nombreux fous rires. Entre un Daniel Prévost fidèle à ceux qu'il a toujours su incarner sur grand écran, un Michel Vuillermoz faux-cul, envieux et responsable du licenciement de son 'ami' Charles Boulin, et bien évidemment Laurent Gamelon et Zinedine Soualem qui campent un duo d'ouvriers-bras cassés qui génèrent plus de gravas qu'ils n'assurent les travaux de 'la maison du bonheur'. En bref, le premier long-métrage de Dany Boon est une réussite. Une excellente comédie qui rempli très largement son contrat...

vendredi 14 septembre 2018

La Proie d'Eric Valette (2011) - ★★★★★★★☆☆☆



C'est lors du cycle que j'ai décidé de consacrer à l'acteur américano-français originaire de New York Christophe(r) Lambert que je suis tombé par erreur sur cette Proie homonyme au long-métrage de J.F. Lawton sorti en salle en 1995, mais cette fois-ci réalisée par Eric Valette en 2011. Les deux œuvres n'entretiennent aucun rapport puisque le film met en scène un Christophe Lambert témoin du meurtre d'une japonaise et enseignant l'art des arts martiaux afin de combattre les assassins de la jeune femme, tandis que La Proie d'Eric Valette situe son intrigue en France, avec pour point de départ une prison dans laquelle est incarcéré Franck Adrien, un braqueur de banque reconnu coupable d'avoir dérobé la modique somme de deux millions d'euros. Dire que le scénario de Laurent Turner et Luc Bossi fourmille d'idées est un euphémisme. Car outre le personnage de braqueur incarné par l'excellent Albert Dupontel, La Proie n'est pas avare en matière de personnages et d'intrigues secondaires. Mais l'un des aspects les plus édifiants du long-métrage d'Eric Valette, ce sont les points communs volontaires ou non que son œuvre entretient avec l'une des affaires criminelles françaises les plus sordides qu'ait connu l'hexagone. En effet, outre le personnage incarné par Albert Dupontel, le récit est en partie étoffé par la présence d'un violeur-tueur d'enfants du nom de Jean-Louis Maurel (incarné par le glaçant Stéphane Debac et par sa compagne à l'écran Natacha Régnier), lequel renvoie irrémédiablement à l'affaire de L'Ogre des Ardennes surnom sous lequel était connu dans la presse le tueur et violeur pédophile en série Michel Fourniret, aidé dans ses immondes exactions par sa compagne Monique Olivier.

La Proie prend alors diverses directions. Avant d'échapper à sa condition de taulard, Franck est sujet à diverses menaces proférées à son encontre par plusieurs co-détenus, dont l'un d'eux n'est rien moins que l'un de ses complices lors du braquage. Enfermé dans la même cellule que Jean-Louis Maurel, c'est en apprenant à faire confiance à cet individu plus intelligent et moins innocent qu'il n'y paraît que le film va prendre une toute autre direction par la suite. Car alors que Franck a réussi à s'échapper de prison, l'intrigue de La Proie ne devient pas que la simple course-poursuite menée par une équipe de policiers menée par l'inspecteur Claire Linné (excellente Alice Taglioni) face à un fugitif cherchant à retrouver sa petite fille supposément kidnappée par son ancien co-détenu, mais décrit ponctuellement l'histoire tournant autour du tueur et violeur pédophile, le film décrivant la technique imparable qu'il a mise au point en compagnie de son épouse, Christine. Détail fort amusant : la gamine incarnant la fille de Franck à l'écran ressemble furieusement à la petite Anaïs Bret qui incarnait Jeanne Pignon, dans la comédie de Francis Veber, Les Fugitifs en 1986...

Le film est l'occasion pour Eric Valette de décrire une police intègre, même si pour le coup, elle a bien du mal à mettre la main sur le fugitif (incarné par un Albert Dupontel exécutant lui-même, et sans doublure, ses propres cascades), un milieu carcéral aseptisé, mais violent, des gardiens de prison corruptibles, et malgré son apparente quiétude, un tueur en série capable d'une grande ingéniosité pour faire accuser à sa place, un simple braqueur de banques. Le cinéaste démontre également à quel point notre cinéma est capable de rivaliser avec celui d'Outre-Atlantique. Albert Dupontel, Alice Taglioni, Stéphane Debac, Natacha Régnier, mais également Sergi Lopez (dont le personnage de gendarme Manuel Carrega travaille sur l'affaire des jeunes filles assassinées depuis des années), Serge Hazanavicius, ou encore Zinedine Soualem (dans le rôle du commandant Lucciani) excellent tous d'une manière ou d'une autre en apportant tout leur savoir-faire en matière d'interprétation. Tout juste la partition musicale du compositeur Noko souffre-t-elle parfois d'être un peu trop cheap et quelques petites invraisemblances viennent-elle noircir le tableau. Mais au delà de ces infimes considérations, La Proie est un excellent thriller à la française...

mercredi 7 mars 2018

Épouse-Moi Mon Pote de Tarek Boudali (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆



Encore un film qui a fait parler de lui, mais qui n'avait certainement pas besoin de cette publicité là pour attirer les foules dans les salles de cinéma. Après Babysitting 1&2 et Alibi.com, le duo Philippe Lacheau et Tarek Boudali débarquaient le 25 octobre de l'an passé avec leur troisième (en fait, cinquième en comptant L'Arnacoeur en 2010 et Paris à Tout Prix en 2013) long-métrage fort justement intitulé Épouse-Moi Mon Pote puisque le récit tourne autour de Yassine, jeune marocain fraîchement débarqué en France afin d'y étudier l'architecture. Ayant trop bu la veille de l'examen de fin d'année, il « oublie » de s'y rendre et n'a plus le droit de demeurer dans la capitale française. Yassine choisi pourtant de demeurer en France en toute illégalité et nous le retrouvons deux ans après, vivant de petits boulots. Sa famille restée au Maroc le croit architecte mais en situation irrégulière, il doit à tout prix se marier s'il veut pouvoir rester à Paris. Pour cela, il va demander à son meilleur (et seul) ami Fred d'accepter de l'épouser. Au grand dam de Lisa, la petite amie de Fred qui désespère de l'épouser depuis des mois. Un mariage blanc qui va se révéler plus compliqué que prévu car non seulement la mère de Yassine apprend que son fils s'est marié en France (sans toutefois imaginer un seul instant qu'il a épousé un homme) et décide de quitter le Maroc pour le retrouver dans la capitale, mais de plus, les deux hommes fraîchement mariés vont être épiés, harcelés par Dussart, un inspecteur chargé de vérifier s'il ne s'agit pas d'un mariage blanc...

Deux hommes, une comédie, et en toile de fond, l'homosexualité. Autant dire que dans le genre, il est aussi risqué de s'aventurer au cœur de cette communauté que d'aborder le judaïsme ou l'islamisme sans en prendre plein la gueule par de vieux cons réactionnaires et démagogues. N 'étant pas connus pour faire dans la dentelle, Philippe Lacheau et Tarek Boudali en rajoutent, beaucoup, trop même diront certains. L'homosexuel est ici relégué au rang de folle, efféminé, maquillé, bougeant ses petites fesses engoncées dans des tenues trèèès légères sur de la musique techno assourdissante. Hommage ou homophobie, telle est la question que certains critiques se sont empressés de se poser. Non, en fait, ils n'ont même pas pris le temps de s'interroger dessus, préfèrant très nettement argumenter en faveur de la seconde ! On ne va pas vous faire croire que Épouse-Moi Mon Pote est d'une sobriété et d'une intelligence rares. Non, c'est assez vulgaire, évidemment stéréotypé, mais quiconque affirmera ne pas avoir ri une seule fois pourra être considéré d'horrible menteur.

La Gay Pride à Strasbourg

Dire que l'on s'est bien amusé, que les pitreries du duo nous ont permis de passer un agréable moment en leur compagnie nous est dorénavant presque refusé par une presse qui s'est très majoritairement offusquée devant ce spectacle hautement caricatural. Aimer, c'est donc forcément être homophobe. C'est vrai qu'à bien y réfléchir, on a jamais vu des hommes et des femmes parader sur des chars accoutrés de manière fort colorée et hurlant fièrement leur homosexualité (voir la photo au dessus). C'est vrai, le concept de la Drag Queen arborant avec audace et arrogance sa part de féminité n'est que l'une des étapes d'un complot aux nombreuses ramifications servant à créer un climat de malaise auprès des vieilles bigotes se rendant à l'église tous les dimanches. S'il y a bien un concept auquel pas mal de monde s'autorise à adhérer, c'est bien celui du « vieux con réactionnaire » à la papa. On a eu droit à toutes les formes de discrimination : religieuse, raciale, sexuelle et j'en passe. Mais celle que personne ne juge, c'est la démagogie dont certains usent comme fond de commerce.

Ouais, bon, ben, c'est certain, Louis de Funès et son humour familial plutôt poli doit se retourner dans sa tombe. Mais merde, quoi. L'essentiel n'est-il pas de s'amuser ? Et puis, si Philippe Lacheau et Tarek Boudali ont choisi d'aborder le thème de l'homosexualité sous un aspect (pas si) caricatural (que cela), avouons que Épouse-Moi Mon Pote aurait été tout de même moins amusant s'il avait abordé le sujet à travers les homosexuels les plus sobres en matière de comportement et de gouts vestimentaires ! Épouse-Moi Mon Pote épouse (humpf!), à sa manière, une certaine forme d’extrémisme homosexuel quand même bien moins dangereux que d'autres thèmes de radicalisation.

Si j'avais eu un peu plus d'encre, je vous aurais parlé avec plaisir du fond et de la forme. Des innombrables gags qui émaillent le film de Philippe Lacheau et Tarek Boudali. De ses habituels « guests » (ici, Philippe Duquesne, Ramzy Bédia et Zinedine Soualem), de ses qualités, de ses défauts. De l'intérêt de le voir ou de passer à côté, mais ma cartouche étant bientôt vide, je vous dis à la proch...

vendredi 6 mai 2016

Voyance et Manigance de Eric Fourniols (2001)



Chantal est bien malheureuse. Son fils se blesse lors d'un entrainement la veille d'un match et son mari Roland bien de perdre son emploi. Désemparée, la jeune fonctionnaire de sous-préfecture, sur les conseils de son amie et collègue de travail Jacqueline, décide de consulter un voyant. Elle choisit pour cela, Alban, un médium aux méthodes aussi discutables que les résultats qu'il a l'habitude d'obtenir. En réalité, ce petit escroc ne possède aucun don pour la voyance et ne trouve dans l'exercice de ce métier qu'un moyen de se remplir rapidement et facilement les poches.

C'est ainsi qu'il apprend que Chantal a été envoûtée. Contre la modique somme de treize mille euros, Alban promet à la jeune femme de la désenvoûter en pratiquant sur elle une série de pratique le temps de trois consultations. Lorsque la jeune femme quitte le cabinet du voyant, elle tombe sur Frédéric, qui n'est autre que le demi-frère d'Alban. Mais cela, Chantal l'ignore. Tout comme Frédéric ignore qu'elle vient de quitter le cabinet d'Alban. Alors que le jeune homme a rendu service à Chantal en changeant son pneu crevé, celle-ci accepte d'aller boire un verre en sa compagnie dans un bar PMU ou il a l'habitude de parier pour son demi-frère, des sommes très importantes.

Tout ce que prédit Alban semble se réaliser miraculeusement et pousse Chantal à investir davantage d'argent encore dans ces consultations. Au point même de vider le compte en banque de son propre fils. Quant à Roland, lui et leur voisine Agnès commencent à se fréquenter. Chantal à laquelle Alban affirme qu'une personne l'a envoûtée dernièrement commence à soupçonner la voisine d'être responsables des malheurs que connaît son couple...

On ne va pas se mentir. Le seul et unique film d'Eric Fourniols habituellement assistant-réalisateur auprès d'artistes aussi divers que Jean-Pierre Mocky, les Inconnus ou encore Ariel Zetoun, n'est pas franchement réussi. Pas totalement raté non plus, mais jamais véritablement amusant. Et ce ne sont certainement pas le charme de Emmanuelle Béart, ni la cocasse Valérie Bonneton, ni Dieudonné (qui ici fait du... Dieudonné), ni les présences de Serge Hazanavicius, Zinedine Soualem, et Anémone qui sauveront le film d'un certain désœuvrement.

Force est de constater que l'on ne rit pratiquement jamais (pour ne pas dire pas du tout). Voyance et Manigance est un tout petit film heureusement sans prétentions. Sous couvert de vouloir faire rire sur un sujet qui touche des millions de personnes à travers le monde (faux voyants, marabouts et arnaques en tous genres qui font le profit d'escrocs et le malheur de leurs victimes), Eric Fourniols réalise une petite comédie qui joue notamment sur les quiproquos et sur les coïncidences. On ne s'ennuie pas vraiment. Mais on ne s'amuse pas pour autant. En fait, Voyance et Manigance se regarde du même œil qui parfois nous fait lire des pages entières d'un roman de manière mécanique mais sans en avoir imprimé mentalement le contenu.

En fait, le seul point d'intérêt s'il devait en demeurer ne serait-ce qu'un seul, c'est justement cet aperçu que nous offre le script de voir de quelle manière certains d'entre nous, certainement les plus fragiles, tombent entre les griffes d'escrocs à la petite semaine n'en voulant qu'à leur argent. De ce groupe d'interprète qui semble pourtant s'amuser du sujet, seul Dieudonné apparaît s'en sortir sans trop de bobos. Et c'est justement parce que ses mimiques ici rappellent celles qu'on lui connaît sur scène que ceux qui l'aiment risquent bien d'apprécier au moins un tout petit peu Voyance et Manigance. Pour les autres : Aïe !!!

mercredi 4 mai 2016

Élie et Dieudonné: Le Clone de Fabio Conversi (1997)



Élie Semoun et Dieudonné n'auront tourné ensemble qu'un seul long-métrage durant leur collaboration entre 1990 et 1997. ce film, c'est Le Clone de Fabio Conversi qui tourna ensuite deux œuvres en 2001 avant de ne plus faire parler de lui.

Comme l'on pouvait s'y attendre, Le Clone est une comédie. Une petite, une minuscule comédie qui ne risquait pas l'année de sa sortie de faire de l'ombre aux classiques du genre. Élie, c'est Thomas. Un ingénieur en informatique qui travaille depuis des mois sur la conception d'un logiciel qui devrait, s'il fonctionne, permettre de résoudre un problème qui touche des millions de personnes de par le monde : la timidité. Le personnage central de ce programme s'appelle Léo, et il est le portrait craché de son concepteur, mais sans les défauts. Thomas a tellement bien fait son travail en créant un personnage autonome que ce dernier n'a plus qu'une seule idée en tête : quitter l'écran et se balader dans le monde réel. Et si Thomas n'est pas d'accord, Léo, lui, profite d'un court-circuit pour se loger dans le corps de Patrick (Dieudonné), un faible d'esprit qui travaille comme homme de ménage dans la boite ou officie Thomas. Mais cette nouvelle liberté ne va pas se faire sans encombres dans l'existence de Thomas, et de Patrick, bien sûr...


A l'époque où Fabio Conversi décide de tourner avec Élie Semoun et Dieudonné, le duo de comiques a atteint le point culminant de sa carrière. Jouant sur leurs différences d'origines (Dieudonné l'africain, Élie le juif), les deux hommes n'ont de cesse d'aborder des thèmes qui se révèlent déjà à l'époque fondamentaux. Racisme et intégration sont au cœur de sketches dont certains résonnent encore de nos jours dans nos têtes : Le Chantier, Les Stocopies, L’Hôpital ou encore, celui qui les a véritablement rendu célèbres, Zephirin et Bokassa. Le Clone sera donc leur unique collaboration au cinéma, les deux hommes ayant choisi de prendre des routes différentes peu de temps après la fin du tournage.

Si le film de Fabio Conversi n'est pas irrésistiblement drôle, on pourra tout de même sourire devant les cabotinages qui opposent les deux humoristes. L'interprétation est loin d'être exemplaire et l'on sent bien que le film n'existe que parce son auteur a voulu profiter de l'engouement du public pour un duo très populaire. Aux côtés d’Élie et Dieudonné, on retrouve le charme des actrices Smadi Wolfman et Marie Guillard (que l'on retrouvera toutes les deux dix ans plus tard aux côtés d'Albert Dupontel dans Chrysalis de Julien Leclerq), opposée au caractère acariâtre de la belle-mère de Thomas interprétée par l'actrice Axelle Abbadie (Les Côtelettes de Bertrand Blier). Sont également au casting, le toujours excellent Zinedine Soualem, acteur prolifique et surtout très attachant (L’Écume des Jours, Supercondriaque, La Maison du Bonheur, etc...) et Pierre Vernier dont l'immense carrière débutée en 1960 n'est surtout pas à négliger (L'homme joua tout de même aux côtés de très grands acteurs de la carrure de Jean Gabin, Bourvil, Yves Montand, Gérard Depardieu, et interpréta plusieurs rôles aux côtés de notre Bebel national).

Le Clone ne peut alors pratiquement compter que sur son casting, et surtout pas sur un scénario bien trop léger et des gags très rarement à la hauteur. Le capital sympathie du casting permet heureusement d'éviter le naufrage. A voir un jour de pluie... peut-être...


mardi 8 avril 2014

Astérix Et Obélix : Mission Cléopâtre de Alain Chabat (2002)



Parce que César met en doute le statut du peuple égyptien, Cléopâtre promet à l'empereur de lui faire ériger un luxueux palais en plein désert et ce, en l'espace de trois mois. Alors qu'elle pourrait compter sur les talents de son architecte Amonbofis, la reine d’Égypte lui préfère Numérobis. En effet, même si Cléopâtre reconnaît les talents d'Amonbofis, elle a besoin de modernité. Lorsque l'architecte officiel de la reine croise la route de Numérobis, il lui promet de mettre des bâtons dans les roues. Numérobis tombe des nues lorsqu'il apprend qu'il n'a que trois mois pour bâtir le palais de César.

Alors que le chantier progresse lentement, Numérobis se souvient d'une histoire que lui contait son père lorsqu'il n'était encore qu'un enfant. Celle-ci raconte qu'il existe en Gaule un village dans lequel vit un druide capable de préparer une potion magique décuplant la force. Numérobis y voit là peut-être la solution à ses problèmes. C'est ainsi qu'il prend la route par voie maritime afin de se rendre en Gaule, occupée par les romains. Lorsqu'il arrive au village, il est accueilli bras ouverts par Panoramix qui se souvient de lui lorsqu'il était tout petit. Mais alors que Numérobis demande au druide de lui donner un peu de sa potion magique, Panoramix refuse. Ce n'est que grâce à Astérix et Obélix, présents dans la demeure du druide, que celui-ci opte pour une solution qui lui évitera de délivrer le secret de sa potion : Accompagné de ses deux amis, Panoramix décide de suivre Numérobis jusqu'en Égypte afin de l'aider à bâtir le palais pour César.

Mais plus loin, et alors que les travaux avancent à grands pas, César, Amonbofis ainsi que Nexusis, le sbire d'Amonbofis, planifient un projet afin de retarder la construction de l'édifice...


Trois ans après Astérix Et Obélix Contre César sort cet Astérix Et Obélix : Mission Cléopâtre. Claude Zidi passe le relais à Alain Chabat à la réalisation. Ce dernier hisse les personnages créés par le scénariste René Goscinny et le dessinateur Albert Uderzo. Deux crans au dessus. Alors que le précédent long-métrage proposait des décors de cartons-pâtes et une mise en scène vieillotte, cette suite a les atours d'une grosse production hollywoodienne. Alain Chabat revoit presque intégralement le casting, ne conservant que les deux principaux acteurs du premier, Gérard Depardieu et Christian Clavier. Si les deux stars campent les deux plus célèbres gaulois de la bande-dessinée, le rôle le plus riche, celui qui en tout cas est mis en avant, est celui qu’interprète Jamel Debbouze. On peut ne pas aimer le jeune acteur qui a l'habitude de proposer toujours les mêmes mimiques et le même phrasé. Mais bizarrement, et alors que son jeu ne diffère pas d'un iota du personnage qu'il a façonné sur les plateaux télé, on adhère immédiatement à son rôle de Numérobis. Il se révèle même attachant et parvient sans soucis à faire oublier la quasi totalité du casting. Ne seraient-ce les excellents Gérard Darmon (qui interprète Amonbofis) ou encore Édouard Baer (qui campe le personnage de Otis, le scribe à la langue trop bien pendue), les spectateurs n'en n'auraient que pour le jeune humoriste.

Concernant le contenu de l'histoire, on en a pour notre argent. Des bagarres, des répliques magistrales, une interprétation fameuse, des pseudos irrésistibles (Malococsis, Caius Antivirus, Cartapus, Sucettalanis, etc...) et quelques trouvailles épatantes (Isabelle Nantis campant le personnage Itinéris, et ayant parfois bien du mal à se faire comprendre...). On retiendra surtout le travail effectué sur les décors et qui écrase impitoyablement ceux du précédent film. 


Astérix Et Obélix : Mission Cléopâtre regorge de références au cinéma, à la musique et à d'autres domaines. Ces dernières sont légions et même parfois si discrète qu'il faut avoir l’œil un peu partout pour les découvrir toutes. De quoi se donner une bonne raison pour visionner une seconde, une troisième, et pourquoi pas, une quatrième fois cet excellent volet de la saga Astérix et Obélix...
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