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vendredi 29 septembre 2017

Vive la Crise ! de Jean-François Davy (2017) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆



Vive la Crise ! Vive...ment la fin du film aurai-je envie de clamer. J'ai douté, redouté, puis au final, je fus dérouté. La crise, oui, mais de quelle crise s'agit-il ? Au vue de l’indigence que constitue le dernier long-métrage de Jean-François Davy, lequel me laissa de vagues mais très humides souvenirs dans les années quatre-vingt grâce notamment à son anthologique Exhibition 79, un documentaire érotique consacré à plusieurs actrices et acteurs pornographiques tels que la délicieuse Marilyn Jess (ma préférée à l'époque) ou le très célèbre Richard Lemieuvre, je parle ici de la comédie française. Celle que beaucoup conspuent un peu trop à mon goût parmi les jeunes générations sevrées aux blockbusters américains. Ici, rien à dire, ces derniers auraient raison de hurler leur dégoût d'un cinéma français pitoyable, je ne serais pas là pour les forcer à changer d'avis. Surtout pas après avoir assisté à ce Vive la Crise ! raté. Non, plutôt... gâché.
Voyez vous-même : Jean-Claude Dreyfus, Jean-Marie Bigard, Florence Thomassin,Dominique Pinon, Michel Aumont, Rufus, henry Guibet, pour ne citer que les plus connus. Un scénario original dont l'auteur est Jean-François Davy lui-même. Mais un résultat qui n'est pas à la hauteur de nos espérance. Le cinéaste se sabre lui-même et emporte avec lui, l'équipage tout entier. D'où l'intérêt parfois de rester dans l'ombre. Qui se souviendra du nom du décorateur, de la costumière, du maquilleur ou du monteur. Pas moi. Pas vous non plus, très certainement, et c'est tant mieux pour eux.

Imaginez : Marine le Pen qui a force de conviction a fini par se faire élire démissionne finalement de la présidence en 2025. En Mai pour être plus précis. L'inspiration, l'auteur de Ça va faire mal ! l'a sans doute trouvée lui-même, mais aussi, sans doute, dans l’article 1587 du Code civil, auquel les personnages de Vive la Crise ! se réfèrent. Le connaissez-vous ? Moi non plus. Du moins jusqu'à ce que je me renseigne. Et, tenez-vous bien, on tient là un article précieux auquel nous devrions nous-même nous référer. Datant du 16 mars 1804, l'article promulgue l'usage de goûter avant d'en faire l'achat, le vin, l'huile, et tout autre chose à l'égard desquels il est de bon sens de tester et d'agréer. Rien d'étonnant à ce que cet article du code civil ne soit pas placardé un peu partout en ville, imaginez-donc le désordre qui régnerait alors dans les magasins de grande distribution !

Pour en revenir au film de Jean-François Davy, disons qu'en (très) grande partie, le cinéaste ne parvient pas à exploiter le potentiel d'une telle idée. Les interprètes ont l'air absents. Parfois amorphes, en tout cas pas suffisamment impliqués. Quant à la vulgarité qui émaille inutilement certaines scènes (pour exemple la clocharde indiquant à son compagnon qu'elle « aime quand il lui lèche la chatte »!!!), elle n'apporte rien. D'excellentes idées, il y en a. mais toutes tombent à l'eau.
L'ennui s'installe au grès des pérégrinations de Jean-Claude Dreyfus (dans le rôle de l'agrégé de philosophie Montaigne ayant volontairement choisi de vivre dans la rue), de Jean-Marie Bigard (dans celui d’Étienne, cadre de l'entreprise Climatisation Nationale, l'équivalent de notre Météo Nationale actuelle), ou de Rufus et de Dominique Pinon, tout deux agents de la RATP. C'est chiant et surtout pas drôle. Pour une comédie, ça la fout mal...

mercredi 4 mai 2016

Élie et Dieudonné: Le Clone de Fabio Conversi (1997)



Élie Semoun et Dieudonné n'auront tourné ensemble qu'un seul long-métrage durant leur collaboration entre 1990 et 1997. ce film, c'est Le Clone de Fabio Conversi qui tourna ensuite deux œuvres en 2001 avant de ne plus faire parler de lui.

Comme l'on pouvait s'y attendre, Le Clone est une comédie. Une petite, une minuscule comédie qui ne risquait pas l'année de sa sortie de faire de l'ombre aux classiques du genre. Élie, c'est Thomas. Un ingénieur en informatique qui travaille depuis des mois sur la conception d'un logiciel qui devrait, s'il fonctionne, permettre de résoudre un problème qui touche des millions de personnes de par le monde : la timidité. Le personnage central de ce programme s'appelle Léo, et il est le portrait craché de son concepteur, mais sans les défauts. Thomas a tellement bien fait son travail en créant un personnage autonome que ce dernier n'a plus qu'une seule idée en tête : quitter l'écran et se balader dans le monde réel. Et si Thomas n'est pas d'accord, Léo, lui, profite d'un court-circuit pour se loger dans le corps de Patrick (Dieudonné), un faible d'esprit qui travaille comme homme de ménage dans la boite ou officie Thomas. Mais cette nouvelle liberté ne va pas se faire sans encombres dans l'existence de Thomas, et de Patrick, bien sûr...


A l'époque où Fabio Conversi décide de tourner avec Élie Semoun et Dieudonné, le duo de comiques a atteint le point culminant de sa carrière. Jouant sur leurs différences d'origines (Dieudonné l'africain, Élie le juif), les deux hommes n'ont de cesse d'aborder des thèmes qui se révèlent déjà à l'époque fondamentaux. Racisme et intégration sont au cœur de sketches dont certains résonnent encore de nos jours dans nos têtes : Le Chantier, Les Stocopies, L’Hôpital ou encore, celui qui les a véritablement rendu célèbres, Zephirin et Bokassa. Le Clone sera donc leur unique collaboration au cinéma, les deux hommes ayant choisi de prendre des routes différentes peu de temps après la fin du tournage.

Si le film de Fabio Conversi n'est pas irrésistiblement drôle, on pourra tout de même sourire devant les cabotinages qui opposent les deux humoristes. L'interprétation est loin d'être exemplaire et l'on sent bien que le film n'existe que parce son auteur a voulu profiter de l'engouement du public pour un duo très populaire. Aux côtés d’Élie et Dieudonné, on retrouve le charme des actrices Smadi Wolfman et Marie Guillard (que l'on retrouvera toutes les deux dix ans plus tard aux côtés d'Albert Dupontel dans Chrysalis de Julien Leclerq), opposée au caractère acariâtre de la belle-mère de Thomas interprétée par l'actrice Axelle Abbadie (Les Côtelettes de Bertrand Blier). Sont également au casting, le toujours excellent Zinedine Soualem, acteur prolifique et surtout très attachant (L’Écume des Jours, Supercondriaque, La Maison du Bonheur, etc...) et Pierre Vernier dont l'immense carrière débutée en 1960 n'est surtout pas à négliger (L'homme joua tout de même aux côtés de très grands acteurs de la carrure de Jean Gabin, Bourvil, Yves Montand, Gérard Depardieu, et interpréta plusieurs rôles aux côtés de notre Bebel national).

Le Clone ne peut alors pratiquement compter que sur son casting, et surtout pas sur un scénario bien trop léger et des gags très rarement à la hauteur. Le capital sympathie du casting permet heureusement d'éviter le naufrage. A voir un jour de pluie... peut-être...


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