Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Emmanuelle Béart. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Emmanuelle Béart. Afficher tous les articles

mardi 1 mars 2022

L'amour en douce d'Édouard Molinaro (1985) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Comme un enfant un peu trop pressé d'ouvrir ses cadeaux de Noël, le réalisateur et scénariste français Édouard Molinaro jette Emanuelle Béart, sublime et sensuelle, entre les bras de Daniel Auteuil et ce, en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Daniel Auteuil... qui très rapidement semble bien moins convainquant dans la peau de Marc Delmas qu'il ne le sera quatre ans plus tard dans celle de Martial Pasquier du formidable Quelques jours avec moi de Claude Sautet. Moins fin dans son approche des relations entre hommes et femmes, Édouard Molinaro a dans L'amour en douce, choisit une certaine légèreté de ton qui paraît bouffer la passion commune entre Marc et la délicieuse Samantha Lepage quand le sujet aurait sans doute mérité un surcroît de tragédie. Comme en témoigne sans doute la chanson qui ouvre les hostilités et les clôt quatre-vingt dix minutes plus tard et que Daniel Auteuil interprète lui-même ! Même Romuald et Juliette de Coline Serreau lui sera infiniment supérieur, pourtant nourri d'une bonne dose d'humour. Fermez les yeux, et le timbre de Daniel Auteuil ressemble curieusement à celui qu'il eu bien plus tôt dans sa carrière, à l'époque où les spectateurs le découvraient en train de faire le pitre dans le rôle du cancre Bébel dans Les sous-doués et sa séquelle, tous deux signés par Claude Zidi. Pourtant, l'acteur arrive parfois à convaincre par on ne sait quel miracle. À moins qu'il s'agisse tout simplement de la complicité qu'entretient le personnage interprété par Emmanuelle Béart avec lui. La jeune actrice a d'autres atouts que ses charmes. Une attitude qui n'appartient ici qu'à elle puisque même la superbe Sophie Barjac qui incarne le rôle de Jeanne, l'épouse de Marc, parvient rarement (pour ne pas dire jamais) à effacer la présence de sa rivale lorsque à l'image les deux actrices sont réunies...


Si les différentes relations qui se nouent entre ce carré de personnages que complétera avec force l'immense Jean-Pierre Marielle participent de l'émotion qui se dégage parfois de certaines séquences, plus que Daniel Auteuil, acteur qui semble un temps s'être fait le spécialiste des relations alambiquées sur grand écran (Une call-Girl, Une sauvageonne, une domestique ou une femme de ménage) et plus qu'Emmanuelle Béart qui irradie pourtant totalement le cadre de sa présence, celui dont on retiendra sans doute la performance reste Jean-Pierre Marielle. Comme s'il était impossible de séparer l'acteur du personnage d'Antoine Garnier, le nouveau compagnon de Jeanne. Prévenant, délicat, il est le contre-pied de Paul Dufour, ce gynécologue misogyne qui aux côtés de Jean Rochefort fuyait la gente féminine dans le film culte de Bertrand Blier, Calmos ! Reposant sur un scénario écrit à quatre mains par Jean Sagols (auteur entre autre d'une vague de ''séries de l'été'' entre 1988 et 1996 dont Orages d'été) et Christian Watton, L'amour en douce porte en lui les prémices d'une histoire forte, obsessionnelle, mais dont certains choix de mise en scène tombent parfois comme un cheveu dans la soupe. Lorsque Claude Sautet exploite à fond ses personnages jusque dans ses seconds rôles, chez Édouard Molinaro, certains d'entre eux se révèlent fades et au final, pratiquement inutiles. Un travers qui fort heureusement ne transparaît pas chez nos héros à chacun desquels le réalisateur offre une personnalité qui lui est propre...


Lorsque l'importance de la bande-son se fait la plus persistante, son absence manque parfois cruellement et des séquences entières où l'émotion aurait dû jaillir en deviennent presque stériles. Voire froides et impersonnelles. Mais n'en déplaise à celles et ceux qui auraient tant aimé vibrer comme sur la corde sensible qu'auront si bien tendue quelques années plus tard Claude Berry (Manon des sources) Claude Sautet ou Coline Serreau, L'amour en douce n'en est pas moins une œuvre charmante qui délivre tout de même quelques séquences émouvantes. Rares il est vrai, mais son carré d'interprètes principaux fait parfois si bien son travail que l'illusion pourra fonctionner auprès des spectateurs les moins regardant. L’œuvre de Édouard Molinaro se dégustera par contre en préambule à celles citées comme éléments de comparaison si à leur côté, celle-ci ne veut pas apparaître fade...

 

vendredi 8 novembre 2019

Mes Stars et Moi de Laeticia Colombani -2008) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Pour son deuxième long-métrage, la réalisatrice française Laeticia Colombani passe du thriller À la Folie... Pas du Tout à la comédie. Alors que son troisième film tarde à voir le jour (la sortie de La Tresse était à l'origine prévue pour l'année dernière et aucune date n'a encore été arrêtée). Mes Stars et Moi met en scène un Kad Merad particulièrement populaire depuis le début de ce siècle. Alignant un grand nombre de films dont pas mal de comédies familiales, l’œuvre de Laeticia Colombani ne déroge donc pas à la règle, ni même à celle des comédies légères, si légères qu'elles finissent par tomber très rapidement dans l'oubli. Il n'empêche qu'avec son casting constitué de vedettes du cinéma français, on pouvait s'attendre à un scénario s'alignant sur les présences de Catherine Deneuve et Emmanuelle Béart. Pourtant, Mes Stars et Moi s'avère malgré les promesses de son synopsis, d'une affolante platitude. On ne reviendra pas sur le jeu monolithique auquel nous a toujours habitué un Kad Merad toujours plus à l'aise dans la comédie que dans le sentiment pour se raccrocher au script, particulièrement accrocheur.

L'histoire de Robert Pelage, qui pour se rapprocher de ses actrices fétiches a accepté un emploi d'agent d'entretien dans une agence artistique. Fasciné par Solange Duvivier (Catherine Deneuve), Isabelle Séréna (Emmanuelle Béart) et la toute jeune Violette Duval (Mélanie Bernier), Robert s'incruste dans leur loge, chez leur agent Dominique Bhé (Dominique Besnehard), manipule leur entourage, et surtout harcèle ses actrices préférées. Pénétrant un jour dans le bureau de l'agent de Solange Duvivier et Isabelle Séréna, il ajoute sur son bureau une photo de Violette Duval, la protégée d'un agent qui gère relativement mal de sa carrière. Séduit par la photo de la jeune actrice, Dominique Bhé décide de lui proposer un rôle dans un film en préparation, réunissant ainsi les trois actrices sur le même plateau de tournage. Malheureusement, celles-ci se rendent rapidement compte que les soucis qu'elles rencontrent depuis peu sont l’œuvre de Robert. Notamment responsable des soucis que rencontre Isabelle Séréna avec son compagnon Bruno, un rugbyman, les trois actrices décident de se venger en s'attaquant directement à la source de leurs problèmes...

Débutant sous les meilleurs augures, Mes Stars et Moi n'est malheureusement pas la comédie telle que le spectateur aurait pu l'imaginer. Rarement drôle et assez mou, le film déroule son intrigue sans sursauts humoristiques et le spectateur a tendance à s'ennuyer. Pourtant, l'idée d'un trio d'actrices charmantes décidées à en découvre avec leur fan numéro un s'avère à l'image, assez fade. De même, lorsque la réalisatrice choisit d'entrer dans l'intimité d'un homme quitté par une épouse et une fille fatiguées des exactions de l'époux et du père, Laeticia Colombani s'y prend relativement mal et l'émotion est aux abonnés absents. Trop léger et caricatural, Mes Stars et Moi passe en coup de vent sans laisser la moindre trace. Au final, le spectateur se retrouve devant une comédie française comme il en pleut depuis trop d'années en France. À éviter sous peine de s'endormir...

samedi 24 août 2019

La Belle Noiseuse de Jacques Rivette (1991) - ★★★★★★★★☆☆



La Belle Noiseuse, c'est d'abord l'aboutissement d'une vie toute entière consacrée à la peinture. À une œuvre jamais achevée, abandonnée dix ans en arrière par un artiste qui depuis n'a plus touché un seul pinceau. Mais il faut surtout le savoir, c'était avant de devenir un long-métrage fleuve long de presque quatre heures, une nouvelle de l'écrivain français Honoré de Balzac publiée pour la première fois en août 1831 sous le titre Maître Frenhofer mais depuis connue sous celui de Le Chef-d'œuvre Inconnu. D'abord sorti sous le titre Divertimento dans une version écourtée longue de cent-vingt cinq minutes, le quatorzième long-métrage du cinéaste français Jacques Rivette est une œuvre passionnante sur l'art créatif dans lequel interviennent des concepts sans doute restés inédits pour l'amateur non-averti en matière de peinture : de l'absence totale de compassion de l'artiste pour son modèle, ou de la contrition de ce dernier pour celui auquel il se met à nu. Si le peintre essaie de s'extraire de l'abîme intellectuel dans lequel il est plongé depuis qu'il a cessé toute activité, le modèle, lui, est assujetti aux desiderata de l'artiste auquel il voue son corps au mépris de la douleur physique.

Pour incarner le rôle du peintre Édouard Frenhofer, le cinéaste convoque un monstre d'interprète en la personne de Michel Piccoli. Emmanelle Béart, quant à elle, incarne le modèle, la belle et fragile Marianne. D'un côté l'une des plus grandes stars masculines du cinéma français et de l'autre, une ''débutante'' qui n'a jusqu'à présent (nous sommes en 1991), interprété qu'une dizaine de rôles au cinéma dont l'un des personnages centraux du formidable Manon des Sources de Claude Berri cinq ans auparavant. La Belle Noiseuse est également parcouru par les présences de David Bursztein dans le rôle de Nicolas, le petit ami de Marianne qui était déjà présent dans la nouvelle d'Honoré de Balzac, et surtout de Jane Birkin dont le naturel et la présence hantent les merveilleux décors du film, et notamment le château de Assas dans le Languedoc-Roussillon qui sert de cadre principal au récit.

Datant du dix-huitième siècle, il fut bâtit sur les vestiges d'un château féodal et fut une ancienne seigneurie languedocienne. Chaque plan ou presque est l'occasion pour le spectateur de s'immerger dans un espace érigé de pierre taillées à la main, de plafonds hauts comme deux hommes. Les cigales chantent et le soleil brille tandis que l'artiste et son modèle s'enferment et s'isolent dans l'atelier de peinture plusieurs jours durant pour donner naissance à la Belle Noiseuse du titre. Si quelques courtes séquences laissent supposer que Michel Piccoli pourrait être celui qui tient durant des heures plumes et pinceaux, cette main qui d'abord s'exerce dans des cahiers à dessins puis sur de grandes toiles, est en réalité celle du peintre et photographe Bernard Dufour, mort à l'âge de quatre-vingt treize ans en 2016 et connu pour sa représentation de femmes particulièrement sexuées.

Le concept est au demeurant fort particulier, mais son efficacité reste sidérante. Encore faut-il être en mesure d'en accepter les préceptes : car ici, plus que les mots, ce sont les gestes qui prévalent. Si les échanges verbaux n'ont pas tout à fait été omis de l’œuvre de Jacques Rivette, ils sont cependant bien maigres face aux longues séances tournées dans l'intimité d'une ancienne grange transformée en atelier de peinture. Si les deux héros de cette histoire, chacun à leur manière, sont mis à nu, c'est pourtant celle qui incarne Marianne qui fera preuve d'un courage exemplaire en acceptant de tourner intégralement nue lors de nombreuses scènes de poses durant lesquelles, l'intégrité physique de Marianne est mise à mal par un artiste sourd à sa douleur. Objet de fascination ou de rejet (il faut pouvoir encaisser les quatre heures de la version intégrale), La Belle Noiseuse est une œuvre hypnotique qui envoûte les sens. Remarquablement interprété et d'une saveur organique et intellectuelles inédites, le film de Jacques Rivette méritait amplement les prix qu'il remporta, et notamment celui du jury au festival de Cannes de l'année 1991...

jeudi 17 janvier 2019

À gauche en Sortant de l'Ascenseur d'Edouard Molinaro (1988) - ★★★★★★★☆☆☆



L'acteur Pierre Richard termine en beauté ces années quatre-vingt qui l'ont vu précédemment incarner Mangeclous pour Moshé Mizrahi, ou encore plus tôt l'un des héros aux cotés de Gérard Depardieu dans la trilogie culte de Francis Veber, La Chèvre-Les Compères-Les Fugitifs. Adaptation cinématographique de la pièce de théâtre de l'auteur de bandes-dessinées Gérard Lauzier intitulée L'Amuse-Gueule, À gauche en Sortant de l'Ascenseur est un véritable festival à la gloire de notre comique français. Dans l'immeuble d'une rue parisienne imaginaire dont le nom fait directement référence à Gérard Lauzier qui est en charge de l'écriture du scénario. Réalisé par Édouard Molinaro, À gauche en Sortant de l'Ascenseur met en scène un Pierre Richard artiste-peintre (il y incarne le rôle de Yann Ducoudray) amoureux de Florence Arnaud (l'actrice Fanny Cottençon), à laquelle il propose de passer dans son appartement le lendemain en fin d'après-midi. C'est à ce moment très précis que ses voisins formés par le couple Emmanuelle Béart et Richard Borhringer choisissent de s'engueuler pour une énième fois. Jaloux, Boris est persuadé de l'infidélité de sa compagne Eva. Alors que Boris a quitté l'appartement pour se rendre à un rendez-vous et qu'Eva tente de le rattraper dans la cage d'ascenseur pour lui remettre la chemise qu'il a oublié de prendre avec lui, les ennuis commencent. A l'étage, partagé entre les deux appartements, À gauche en Sortant de l'Ascenseur va être le théâtre d'une succession de quiproquos entre les divers personnages. Portes qui claquent, soupçons pesant sur de simples apparences, tentatives de charme, de suicide et de meurtres, le quatuor s'en donne à cœur joie et dans un vaudeville tonitruant.

Outre Pierre Richard, Fanny Cottençon, Richard Borhinger et Emmanuelle Béart, le casting est complété par Pierre Vernier en mari trompé par son épouse Florence Arnaud, Jean-Michel Dupuis en ami de Yann Ducoudray et dragueur un brin poussif, ainsi que Michel Creton et Eric Blanc dans un double rôle de policiers. Sans oublier Martine Maximin qui interprète le rôle de voisine et femme de ménage de Yann. Si À gauche en Sortant de l'Ascenseur n'est certes pas la comédie du siècle, elle demeure cohérente dans la carrière d'un Pierre Richard distrait (le coup du briquet en forme de revolver), funambule (suspendu dans le vide entre son appartement et celui de ses voisins), mais aussi amoureux (transit et maladroit devant la superbe Fanny Cottençon) et fantaisiste (lorsqu'il s'agit d'inventer une histoire pour en éviter une autre, d'histoire, lors de l'apparition imprévue du mari de Florence.

A la suite de la présentation des divers personnages, le reste de l'intrigue, qui se situe autour d'une heure et vingt minutes est intégralement joué dans l'appartement qui donne son titre au film. À gauche en Sortant de l'Ascenseur y prend alors l'allure de la pièce de théâtre dont il est inspiré. Inspiré également sont Gérard Lauzier et Édouard Molinaro qui doivent composer avec un casting pour le moins hétéroclite. Fanny Cottençon y est séduisante, Emmanuelle Béart, très sexy, Richard Borhinger tour à tour amusant et inquiétant, et Pierre Richard, comme à son habitude, ne cesse de gesticuler dans tous les sens pressé de se débarrasser de ses très embarrassant voisins. Pas toujours très fin mais assurément drôle (le coup de la culotte coincée sous le talon de Florence), À gauche en Sortant de l'Ascenseur n'en demeure pas moins une très rafraîchissante comédie...

vendredi 1 juin 2018

Ces actrices et acteurs qui ont commencé leur carrière dans l'érotisme ou le porno !



Avant de devenir dans les années quatre-vingt parmi les plus populaires des humoristes et des caricaturistes français, Michel Leeb, de son vrai nom Michel Edouard Nicolas Leeb, rendu célèbre grâce à ses imitations des chinois ou des africains, a d'abord débuté sa carrière au cinéma. Et pas dans n'importe quel courant puisqu'il participa effectivement au tournage de Godefinger ou certaines chattes n'aiment pas le mou (vous remarquerez toute la finesse qui englobe le titre) de Jean-Pierre Fougéa, film érotique dont il existerait, paraît-il, une version hard...

La sublime Anne Parillaud qui à quelques occasions a pu émoustiller la libido de la gente masculine dans des longs-métrages qui n'avaient cependant pas pour autre vocation que de présenter un Alain Delon dans son éternel rôle de flic (Pour la Peau d'un Flic et Le Battant que l'acteur-producteur réalisa et interpréta lui-même), a elle aussi tourné dans une œuvre érotique signée Hubert Frank : Patricia, un voyage pour l'amour. Pas de quoi véritablement rougir et plus proche de cinéma de David Hamilton que des films hardcore qui malheureusement aujourd'hui, pullulent à la vue de toutes et tous sur la toile.

S'il n'a pas débuté sa carrière d'acteur dans l'érotisme, notre fameux Fabrice Luchini national a pourtant par la suite fait une apparition dans les quatrième aventures de la célèbre Emmanuelle. En effet, il y joue le rôle d'Oswaldo le magicien. Outre l'actrice Sylvia Kristel, rendue célèbre pour son interprétation du personnage éponyme, on peut remarquer à l'écran de ce film érotique, l'une des grandes et des plus séduisantes actrices porno des années soixante-dix et quatre-vingt, Marilyn Jess de son vrai nom Dominique Troyes.

Bon, elle, est un cas à part. Catherine Ringer ne pouvant être véritablement considérée comme une actrice à part entière (je parle évidemment en terme de circuit traditionnel) puisqu'elle est d'abord connue pour être la chanteuse du célèbre groupe de rock français Les Rita Mitsouko. On l'aura tout de même vue dans son propre rôle en 1987 dans Soigne ta Droite de Jean-Luc Godard, mais sa filmographie est pour l'essentiel, contenue dans le circuit pornographique. Et là, on n'évoque plus simplement l'érotisme, mais bien le hard. Ceux qui regardaient déjà Canal Plus à l'époque se souviennent sans doute qu'en 1986, sur le plateau de Mon Zénith à Moi, Michel Denisot avait accueilli la chanteuse ainsi que l'immense Serge Gainsbourg qui n'était pas réputé pour avoir la langue dans sa poche et avait notamment traîté Catherine Ringer de pute !

Nous parlions justement du photographe et réalisateur David Hamilton dont la réputation est des plus sulfureuse puisqu'accusé d'avoir violé Flavie Flament (l'animatrice oubliée), lequel tourna plusieurs longs-métrages érotiques parmi lesquels, Premiers Désirs dans lequel nous pouvions découvrir la délicieuse Emmanuelle Béart avant que la chirurgie ne gâche son immense beauté. Au titre du cinéaste, spécialisé dans les flous artistiques et l'érotisme chiant, d'autres vedettes du cinéma français firent leur apparition dans plusieurs de ses longs-métrages. Le regretté Bernard Giraudeau dans Bilitis, ou bien encore Élisa Servier, Macha Méril, Fanny Bastien, Catherine Rouvel ou encore Jean Rougerie, tous les cinq aperçus dans Tendres Cousines. Il n'y a là tout de même pas de quoi avoir le palpitant qui s'affole. Bien au contraire, le cinéma de David Hamilton est bien moins scabreux que sa désastreuse réputation...

Pourquoi je n'aime pas particulièrement Arielle Dombasle ? Peut-être parce que l'épouse de Bernard-Henri Levy s'est montrée un peu trop virulente la fois où, invitée de l'émission 40° à l'Ombre (veuillez rectifier si je me trompe), elle a fait part de son mécontentement lors d'une chronique présentée par une jeune animatrice en maillot de bain, laquelle fut renvoyée sur le champ par la chaîne !!! N'oublions-pas tout de même de rappeler que... l'actrice (évitez de pouffer de rire derrière mon dos, je vous prie) fut l'interprète des Fruits de la Passion du cinéaste japonais Shuji Terayama, et dans lequel cette sainte nitouche se faisait prendre par derrière par le cultissime (et déjanté) acteur allemand, Klaus Kinski.

Pour finir, petite émotion personnelle en évoquant la troublante Carole laure, qui outre sa participation à des œuvres signées de Bertrand Blier, Denis Amar, Alain Corneau, John Huston, Jean-Pierre Mocky, ou encore Jean-Charles Tacchella allait apparaître en 1974 dans le très libre et parfois hallucinant Sweet Movie du cinéaste yougoslave Dušan Makavejev. Hallucinant, et assez choquant dans le sens où le cinéaste allait passer un cap dans la sexualité déviante en proposant des thèmes à l'époque, relativement rares, et loin des débordements actuels. Pipi, caca, vomi... heureusement contrebalancés par une Carole Laure nue, se recouvrant de chocolat fondu...

à suivre... ? Peut-être pas, non.

mercredi 28 février 2018

Manon des Sources de Claude Berri (1986) - ★★★★★★★☆☆☆



Le cinéaste Claude Berri n'aura pas attendu le nombre des années pour que de la charmante petite Ernestine Mazurowna éclose une belle jeune femme mais a choisi de tourner dans la foulée de Jean de Florette, une suite se situant bien des années après le drame qui a touché la petite famille du bossu, Jean Cadoret. Après avoir disparu du casting, la jeune actrice s'est donc vue remplacée par Emmanuelle Béart, fille de l'auteur-compositeur et interprète de la chanson française Guy Béart. C'est la seconde fois que la jeune femme tournait auprès de son compagnon à la ville, Daniel Auteuil. Un rôle qui se révélera difficile pour l'actrice qui éprouvera quelques difficultés à tourner des scènes durant lesquelles elle devra faire preuve d'une certaine violence verbale envers l'homme qu'elle aime hors plateaux. Comme Jean de Florette avait révélé un Daniel Auteuil s'écartant très nettement des personnages qui lui avaient été confié jusqu'à maintenant, Manon des Sources offre à Emmanuelle Béart l'un de ses rôles les plus touchants. Une histoire d'amour impossible entre une belle sauvageonne le cœur toujours empli d'amertume envers celui qui provoqua la mort de son père et un paysan un peu sot fou d'amour pour la belle jeune femme qu'est devenue la gamine d'antan...

Si dans les grandes lignes, l’œuvre de Claude Berri se rapproche sensiblement de la version offerte en 1952 par Marcel Pagnol, les deux Manon des Sources cinématographiques conservent en revanche de grosses différences au niveau du déroulement du récit. Claude Berri s'inspire avant tout du roman paru en 1963, seconde partie d'un diptyque réunissant deux ouvrages sous le titre L'Eau des Collines. La disparition de Jean Cadoret, et par conséquent, celle de Gérard Depardieu, aurait pu peser sur cette suite qui conserve encore fort heureusement deux de ses plus charismatiques personnages. Daniel Auteuil et Yves Montand sont donc encore là, bien présents, dans leur rôle respectif d'Ugolin et de César. Plusieurs années ont passé depuis la mort de Jean mais le temps n'a pas eu d'effet sur ces deux personnages, dont un César qu'un détail minime tente de vieillir : en effet, désormais le plus vieux représentant des Soubeyran ne peut plus se passer de sa canne. Vieillissant, et donc plus proche de la mort que jamais, il compte sur Ugolin pour perpétrer le nom de la famille. Et justement, voilà que ce dernier vient de croiser la route de Manon, désormais une jeune et remarquablement belle adolescente. Partie s'installer chez Baptistine, la sorcière italienne du premier épisode qui vivait en compagnie de son mari dans une grotte, sur la propriété des Cadoret, la jeune femme n'a pas oublié tout le mal que lui ont fait Ugolin et son oncle. On pourrait même dire le village tout entier puisque chacun connaissait l'existence d'une source sur le terrain de la ferme des romarins mais jamais personne n'en a parlé à Jean et les siens. Un sujet fort délicat que certains préfèrent éviter. Un détail qui aura son importance et qui générera un certain malaise qui se ressentira même au delà de l'objectif puisque le spectateur lui-même pour se trouve gêné devant les propos et les regards accusateurs visant Ugolin et sa miraculeuse réussite.

Car son projet, celui qui le poussa des années en arrière à manigancer contre celui qui fatalement, allait devenir son ami à son contact, est désormais des plus concret. Ce qui demeure également palpable, c'est l'esprit de vengeance de Manon. Qui d'une part va se venger des habitants de la région en bouchant une source, tarissant ainsi la fontaine du village et tous les points de ralliement en eau, et d'Ugolin en lui refusant son amour. Un rejet qui aura, comme on le découvrira très vite, des répercutions graves. Là où le génie de Marcel Pagnol, et par conséquent celui de Claude Berri, explose, se situe dans l'impacable destin offert à ses protagonistes. Car si l'on remonte en arrière, du temps du récit tournant autour du personnage de Jean Cadoret et que l'on suit les péripéties de ce second volet jusqu'à la révélation finale, le spectateur se rend compte que tout est inexorablement lié.

Cette suite a été tournée à Mirabeau, petite commune française du Vaucluse de la région PACA. Si une partie du casting, notamment certains villageois, est identique à celle du premier volet, Claude Berri fait appel à quelques nouvelles têtes, telles que Hippolyte Girardot, qui n'a aucun lien de parenté avec l'immense et regrettée Annie Girardot et n'avait joué jusque là que dans une toute petite dizaine de longs-métrages. Il interprète désormais le rôle de l'instituteur Bernard Olivier, passionné de géologie et problème initial d'un Ugolin qui voit bien que la jeune et belle Manon n'a d'yeux que pour le nouvel arrivant. On reconnaîtra également la trogne si particulière de l'acteur, chanteur et musicien Ticky Holgado qui, ici, incarne le personnage du génie rural venu secourir des villageois impatients de résoudre le problème de l'eau. La boucle étant désormais bouclée, ne reste plus au spectateur qu'à assister au désenchantement d'une famille loin d'imaginer les tenants et les aboutissants d'une telle aventure. Yves Montand demeure toujours aussi remarquable, et Daniel Auteuil, comme ce fut le cas pour Jean de Florette, obtiendra une fois encore le César du meilleur acteur. Quant à celui de la meilleure actrice dans un second rôle, il reviendra à Emmanuelle Béart. Une récompense qui prouvera combien la jeune femme aura eu raison de passer outre certaines réticences, et d'avoir eu confiance en Claude Berri. De manière tout à fait subjective, et en tenant malgré tout compte de l'interprétation, de la mise en scène ou de la superbe partition musicale de Jean-Claude Petit, Manon des Sources demeure peut-être très légèrement en deçà du premier volet. Quoique...

vendredi 6 mai 2016

Voyance et Manigance de Eric Fourniols (2001)



Chantal est bien malheureuse. Son fils se blesse lors d'un entrainement la veille d'un match et son mari Roland bien de perdre son emploi. Désemparée, la jeune fonctionnaire de sous-préfecture, sur les conseils de son amie et collègue de travail Jacqueline, décide de consulter un voyant. Elle choisit pour cela, Alban, un médium aux méthodes aussi discutables que les résultats qu'il a l'habitude d'obtenir. En réalité, ce petit escroc ne possède aucun don pour la voyance et ne trouve dans l'exercice de ce métier qu'un moyen de se remplir rapidement et facilement les poches.

C'est ainsi qu'il apprend que Chantal a été envoûtée. Contre la modique somme de treize mille euros, Alban promet à la jeune femme de la désenvoûter en pratiquant sur elle une série de pratique le temps de trois consultations. Lorsque la jeune femme quitte le cabinet du voyant, elle tombe sur Frédéric, qui n'est autre que le demi-frère d'Alban. Mais cela, Chantal l'ignore. Tout comme Frédéric ignore qu'elle vient de quitter le cabinet d'Alban. Alors que le jeune homme a rendu service à Chantal en changeant son pneu crevé, celle-ci accepte d'aller boire un verre en sa compagnie dans un bar PMU ou il a l'habitude de parier pour son demi-frère, des sommes très importantes.

Tout ce que prédit Alban semble se réaliser miraculeusement et pousse Chantal à investir davantage d'argent encore dans ces consultations. Au point même de vider le compte en banque de son propre fils. Quant à Roland, lui et leur voisine Agnès commencent à se fréquenter. Chantal à laquelle Alban affirme qu'une personne l'a envoûtée dernièrement commence à soupçonner la voisine d'être responsables des malheurs que connaît son couple...

On ne va pas se mentir. Le seul et unique film d'Eric Fourniols habituellement assistant-réalisateur auprès d'artistes aussi divers que Jean-Pierre Mocky, les Inconnus ou encore Ariel Zetoun, n'est pas franchement réussi. Pas totalement raté non plus, mais jamais véritablement amusant. Et ce ne sont certainement pas le charme de Emmanuelle Béart, ni la cocasse Valérie Bonneton, ni Dieudonné (qui ici fait du... Dieudonné), ni les présences de Serge Hazanavicius, Zinedine Soualem, et Anémone qui sauveront le film d'un certain désœuvrement.

Force est de constater que l'on ne rit pratiquement jamais (pour ne pas dire pas du tout). Voyance et Manigance est un tout petit film heureusement sans prétentions. Sous couvert de vouloir faire rire sur un sujet qui touche des millions de personnes à travers le monde (faux voyants, marabouts et arnaques en tous genres qui font le profit d'escrocs et le malheur de leurs victimes), Eric Fourniols réalise une petite comédie qui joue notamment sur les quiproquos et sur les coïncidences. On ne s'ennuie pas vraiment. Mais on ne s'amuse pas pour autant. En fait, Voyance et Manigance se regarde du même œil qui parfois nous fait lire des pages entières d'un roman de manière mécanique mais sans en avoir imprimé mentalement le contenu.

En fait, le seul point d'intérêt s'il devait en demeurer ne serait-ce qu'un seul, c'est justement cet aperçu que nous offre le script de voir de quelle manière certains d'entre nous, certainement les plus fragiles, tombent entre les griffes d'escrocs à la petite semaine n'en voulant qu'à leur argent. De ce groupe d'interprète qui semble pourtant s'amuser du sujet, seul Dieudonné apparaît s'en sortir sans trop de bobos. Et c'est justement parce que ses mimiques ici rappellent celles qu'on lui connaît sur scène que ceux qui l'aiment risquent bien d'apprécier au moins un tout petit peu Voyance et Manigance. Pour les autres : Aïe !!!

lundi 30 novembre 2015

Vinyan de Fabrice du Welz (2008) - ★★★★★★★★☆☆



Je vais finir par croire que je n'ai aucun goût en matière de cinéma à force de lire tant de critiques en totale contradiction avec ce que je pense de telle ou telle œuvre cinématographique. La dernière en date est Vinyan du belge Fabrice du Welz qui décidément, me séduit de plus en plus. Calvaire, Colt 45, son dernier chef-d’œuvre Alléluia, et maintenant Vinyan, donc, sur lequel j'avais fait l'impasse à l'époque de sa sortie et que je me réjouis d'avoir enfin pu découvrir la nuit dernière. Maintenant, je sais pourquoi j'ai hésité tant d'années à le voir. Parce que sept ans auparavant, j'étais encore trop frileux face aux critiques des professionnels. Je n'assumais pas suffisamment encore d'aimer une œuvre qui pouvait au demeurant être conspuée par d'autres. Mais tout ceci faisant partie du passé et surtout, après avoir pu découvrir sa toute dernière œuvre, je n'ai plus aucun doute sur les qualités de cinéaste de Fabrice du Welz et encore moins sur celles de l'injustement boudé Vinyan.

Qu'avait donc en tête le belge lorsqu'il décida de se lancer dans cette histoire qui n'avait apparemment rien de commun avec son premier succès Calvaire ? Un film d'aventure, un drame introspectif dans une jungle touffue et étouffante. Deux jungles même. La première, urbaine nous montre une Thaïlande nocturne foisonnante et inquiétante. La vie est partout. Dans les restaurants, dans les artères bouchées par un grands nombres de véhicules à moteur. On sentirait presque la fumée se dégageant des pots d'échappement. Et puis, il y a ces ruelles sombres et insalubres au cœur desquelles nos deux héros vaillamment interprétés par Emmanuelle Béart et Rufus Sewell osent pénétrer avec l'espoir d'y trouver l'homme qui acceptera de s'enfoncer dans la jungle avec eux afin de retrouver leur fils disparu lors du tsunami en 2004. Cette seconde jungle éclipse la première et se révèle encore plus impressionnante, vidée de toute trace humaine ou presque.

Le spectateur vit au rythme de janet et Paul Belhmer. Comme eux, ils ressent l'angoissante vague de dépaysement qu'accentue le curieux manège des autochtones qui ont trouvé en ce couple désespéré une manne financière. On leur promet le miracle qu'il attendent mais c'est un cauchemar sans fin qui les attend. En ceci, Vinyan rejoint directement le propos de Calvaire. Tout comme Marc Stevens (l'excellent Laurent Lucas), les Belhmer tombent dans un traquenard et dans un univers qui leur est totalement étranger. Ici, le piège n'est pas uniquement personnifié par le visage d'un seul homme mais également par une forêt toute entière. Si nos héros désespèrent de retrouver leur fil et si pendant un temps le spectateur est en parfaite communion avec eux, il finit par se demander s'ils vont pouvoir ne serait-ce que se dépêtrer de cette situation dans laquelle ils s'embourbent de plus en plus à mesure qu'ils progressent vers l'inconnu.


La jungle de Vinyan, c'est un peu le bois de Calvaire à la puissance mille. Cette fois-ci, on a vraiment la trouille pour nos héros. Esthétiquement, le second long-métrage de Fabrice du Welz est d'une beauté lugubre et angoissante extraordinaire. Filmant la jungle comme personne, il confond réalité et cauchemar, nous perdant au même titre que ses personnages dans les méandres d'une végétation qui se referme sur nous comme sur eux. S'il est un calvaire prodigieusement mis en scène au cinéma, c'est bien celui que vivent les Belhmer. Emmanuelle Béart et Rufus Sewell plongent littéralement dans un abîme sans fond, le film ayant été tourné dans des conditions difficiles parfaitement retranscrites à l'écran. Vinyan est une expérience visuelle et sonore hors du commun. Ne vous laissez pas influencer par les avis négatifs qui malheureusement pullulent sur la toile. Le second film de Fabrice du Welz est une très belle réussite...
Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...