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mercredi 7 mai 2025

A nous la victoire de John Huston (1981) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Ce sport que j'exècre, ce ballon rond comme on l'appelle parfois et dont je contourne ironiquement le vrai nom sous le terme très péjoratif de Foutreball, et bien aujourd'hui, voilà la seconde fois que m'est offerte l'opportunité de lui redorer le blason en l'évoquant sous sa véritable appellation : Football ! La première fois, c'était à travers l'excellent Coup de tête de Jean-Jacques Annaud dont le banquet offert par le héros incarné par Patrick Dewaere à un tas de fumiers et d'hypocrites est demeuré dans toutes les mémoires. Et la seconde, désormais, c'est A nous la victoire de John Huston que je la dois. Non pas que le film soit un chef-d’œuvre ni qu'il soit dénué de défauts. Bien au contraire. Car tout ce qui précède le match qui doit en outre permettre à une équipe formée autour d'un certain nombre d'alliés de la seconde guerre mondiale enfermés dans le camp de Gensdorf de jouer contre une équipe allemande s'avère plutôt décevant. Qu'il s'agisse du quotidien des prisonniers, de la furtive rencontre entre le capitaine américain Robert Hatch (Sylvester Stallone) et la résistante Renée (Carole Laure) ou de l'entraînement des joueurs eux-mêmes, John Huston ne semble avoir pas eu le temps de consacrer à toutes ces étapes du récit, le temps nécessaire. Le long-métrage approchant les deux heures, le réalisateur va pourtant consacrer les trois quarts du temps à ces diverses facettes de l'intrigue. Près de quatre-vingt dix minutes qui pourtant ne seront jamais suffisantes dans un contexte où il aurait sans doute été nécessaire d'étayer certains propos. Chaque phase du récit étant traité avec un peu trop de légèreté, on a du mal à croire à l'issue heureuse qu'affichera le coup de sifflet final lors du match. À quoi a-t-on assisté lors de l'entraînement ? À quelques tirs au but, rien d'autre. Renée s'affole, tremble devant les coups que reçoit le capitaine Robert Hatch de la part de l'équipe adverse ? Leurs interprètes respectifs n'auront pourtant partagé jusque là que très peu de séquences en commun. Quant au sort des prisonnier, celui-ci est traité avec un certain dédain. Au point que l'ennemi apparaît sous une forme presque ''angélique'' en comparaison de ce que l'on sait de l'enfer que furent les camps de concentration !


Tout ceci est d'autant plus dommage que A nous la victoire est incarné par un nombre plutôt important de grands acteurs. À commencer par Michael Cain qui dans le rôle du Capitaine (militairement et sportivement parlant) John Colby va accepter la proposition du Major Karl von Steiner consistant en un match opposant soldats allemands et alliés. Un officier de la Wehrmacht de son côté interprété par l'immense acteur suédois Max von Sydow. Parmi les interprètes un peu plus secondaires, le public hexagonal sera sans doute surpris de découvrir les acteurs français Amidou et Jean-François Stévenin dans le rôle des résistants André et Claude ou bien même le Roi du Football, le brésilien Pelé dans ce qu'il a toujours su faire de mieux : taper dans le ballon. Le point d'orgue du long-métrage reste évidemment le match tant attendu entre les deux équipes. Alors que dans les égouts de la ville où se déroule la compétition (Paris), la résistance s'active pour atteindre le vestiaire des alliés qui à l'issue de la première mi-temps ont pour projet de s'évader, ceux-ci encaissent devant un public hétéroclite constitué de supporters français et d'une partie des représentants de l'armée allemande (des soldats armés et accompagnés de chiens occupent les contours du terrain tandis que dans la foule, des officiers de la Wehrmacht assistent au match). L'on tient devant nos yeux ce qui demeurera sans doute comme la plus impressionnante succession de tacles perpétrés ici par l'équipe allemande. L'arbitre étant très visiblement du côté de cette dernière, on ne donne pas cher de la peau de nos alliés. Au coup de sifflet, ceux-ci sont menés 4 à 1. Une fois dans les vestiaires, il est temps de s'échapper par le trou qu'ont pratiqué les résistants durant la première partie du match. Pourtant, convaincus de pouvoir remonter le score et de remporter la victoire, les joueurs décident de retourner sur le terrain. A nous la victoire étant effectivement un pur produit de divertissement, on devine très en avance l'issue du combat ! Que l'on aime la discipline ou non, difficile de ne pas ressentir un certain frisson et une certaine émotion devant la remontée inespérée des alliés ainsi qu'un véritable élan de patriotisme au chant de la Marseillaise...

 

mardi 21 janvier 2025

Bertrand Blier (1939-2025)

 


 

Quand on aime l'américain David Lynch et le français Bertrand Blier et quand l'un meurt le 15 janvier 2024 et le second seulement six jours plus tard, on pourrait presque croire à une morbide machination visant à briser le moral d'un cinéphile ! Changeant rapidement de braquet après le pourtant très réussi Si j'étais un espion réalisé en 1967, le fils de l'un de nos plus illustres anciens interprètes du nom de Bernard Blier s'est fait le chantre hexagonal de la provocation. Scénariste chez les autres (Laisse aller... c'est une valse de Georges Lautner en 1971, Debout les crabes, la mer monte! de Jean-Jacques Grand-Jouan en 1983 ou encore Grosse fatigue de Michel Blanc en 1994), Bertrand Blier a toujours su se réserver la crème de ses écrits. Comme Les valseuses, adapté à l'écran deux ans après sa parution dans les librairies. Ou bien Beau-père en 1981 et Les côtelettes en 1997. Sans compter ceux qui n'eurent pas les honneurs d'une adaptation sur grand écran, comme Fragile des bronches, paru voilà deux ans. Si la carrière du réalisateur et ''fils de'' rencontra quelques malheureuses difficultés au cinéma (son dernier long-métrage Convoi exceptionnel datant de 2019 était objectivement très mauvais), Bertrand Blier aura asséné quelques uppercuts que le grand public à cependant l'habitude de réduire au seul Les Valseuses. Film pas tout à fait unique en son genre comme les prouveront certaines de ses œuvres à venir, ce fut surtout l'occasion de découvrir pour la première véritable fois un trio d'acteurs extraordinaires : Miou-Miou, Gérard Depardieu et Patrick Dewaere. Un souffre d'air frais, libertaire, dans un contexte social moribond fait en outre de délation. Liberté sexuelle et petite délinquance copulèrent et donnèrent ainsi naissance à l'un des grand mythes du cinéma français. Homme de théâtre, d'écriture et donc de cinéma, Bertrand Blier n'a jamais cessé de vouloir bousculer les convenances. Envisageait-il d'ailleurs ainsi consciemment cet aspect de son travail ? Toujours est-il que les féministes ruèrent dans les brancards à la sortie du jouissif Calmos en 1976. Modèle de misogynie et d'anti-féminisme assumé par le réalisateur et par ses interprètes.


À commencer par Jean-pierre Marielle et Jean Rochefort, bien entendu. Deux autres Grands Messieurs du cinéma français.Avec un Gérard Jugnot se fondant dans une peau en simili-collaborationnisme quand les femmes y décident de prendre les armes pour contre-attaquer. Mais qui donc à la place de Bertrand Blier aurait-il osé prendre soin de ses personnages en les abritant dans un vagin aux dimensions d'une grotte ? Bertrand Blier a ensuite déroulé toute une série de longs-métrages aussi indispensables que ces deux précédentes pépites. L'on songe bien entendu à Préparez vos mouchoirs dans lequel, cette fois-ci, Gérard Depardieu et Patrick Deweare rencontraient la délicieuse canadienne Carole Laure. Misogyne, Blier ? Rien n'est moins sûr. Surtout si l'on s'arrête un instant sur le regard qu'il posa sur ses héroïnes. De la frigide Marie des Valseuses à la triste incarnation de Carole Laure dans ce film sorti cette fois-ci en 1978. Sans oublier, plus tard, Isabelle Huppert/Viviane dans La femme de mon pote, Nathalie Baye qui interprèta un triple rôle dans Notre amour en 1984 ou plus loin encore lorsqu'en 1991 il offrait les deux principaux rôles à des femmes dans le sublime Merci la vie en les personnes de Charlotte Gainsbourg et... Anouk Grinberg qui à l'époque ne fut rien moins que sa compagne. Une partenaire dans la vie à laquelle il offrit encore juste après deux des principaux rôles dans Un, deux, trois soleil et Mon homme (qu'elle incarna aux côtés de Gérard Lanvin). Défiant le public en lui proposant une étonnante mise en abîme à la toute fin du siècle dernier avec Les acteurs, dans lequel une myriade d'interprètes se croisaient dans leur propre rôle. Depuis quelques temps, alors, les projets s'espacèrent. Avec plus ou moins de bonheur (Les côtelettes vaut davantage pour sa version théâtrale que son adaptation sur grand écran en 2003). Sept ans plus tard, plus cynique que jamais, il signa Le bruit des glaçons dans lequel Charles Faulque (Jean Dujardin) recevait la visite... de son cancer (Albert Dupontel).


Entre 2003 et 2010 sortait Combien tu m'aimes ?, sans doute le plus mal aimé de sa filmographie mais pourtant sans doute aussi, l'un de ses plus émouvants avec Trop belle pour toi en 1989 et dans lequel Bertrand Blier traitait avec une infinie subtilité la question de la beauté. En 1986 sortait Tenue de soirée, sans doute le film-somme d'une carrière passée et à l'époque, à venir. Tout Blier y est condensé dans une comédie noire d'une profondeur inouïe et dont l'écriture fut magistrale. Presque autant que celle de Buffet Froid qui reste sans doute le meilleur film du cinéaste français. Un immense chef-d’œuvre dont la chaleur est proportionnellement inverse à celle de ses plus beaux poèmes cinématographiques. Un film fait de béton, dans des grands ensembles et des lotissements qui enserrent leurs personnages. Un véritable monument, à l'écriture aussi incisive que puisse l'être l'interprétation générale et habité par son trio de tête, Gérard Depardieu, Bernard Blier et Jean Carmet. Chaque actrice et acteur y trouvant le terreau pour y donner le meilleur d'entre eux. C'est donc une nouvelle fois un génie du cinéma qui nous quitte en ce mois de janvier 2025. Un homme dont la reconnaissance aura dépassé les frontières de l'hexagone, jusqu'à inspirer en 2018 à John Turturro le long-métrage The Jesus Rolls, remake des Valseuses... Adieu Monsieur Blier. Je crois bien qu'en allant rejoindre votre père là-haut, vous pourrez désormais vous fendre ensemble la gueule en vous penchant sur ceux qui vous succéderont sur notre bonne vieille Terre...

 

lundi 6 mai 2024

Die Hinrichtung (Né pour l'enfer) de Denis Héroux (1976)) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Die Hinrichtung ou Né pour l'enfer du réalisateur québécois Denis Héroux est une œuvre étrange. Intrigante. Intéressante. Et pourtant si peu passionnante... si l'on en écoute certains... Sorti six ans avant que Ted Kotcheff ne réalise le film culte Rambo dans lequel Sylverster Stallone incarnait un ancien béret vert de retour dans son pays et dans lequel il se frottait au shérif d'une petite bourgade du nom de Hope, Espoir... Tu parles d'un nom pour une ville qui accueille ses héros l'arme au point... De manière réductrice, Die Hinrichtung est étrillé et souvent considéré comme simple film d'horreur. Terme reflétant moins le côté graphique du long-métrage que le sentiment que ressentirent sans doute ces jolies infirmières prises en otages par un ancien combattant du Viêt-nam qui de retour à la vie civile semble avoir laissé derrière lui une partie de sa cervelle lors du conflit qui opposa sa nation, l'Amérique, à ce pays en forme de S et long de mille six-cent cinquante kilomètres du nord au sud... L'un comme l'autre débarquent vêtus de kakis et portent en bandoulière leur paquetage. Le premier apprendra la mort de l'un de ses compagnons d'arme avant d'être traqué durant tout le récit par le shérif de Hope, Will Teasle (l'acteur Brian Dennehy). Tandis que le second développera une obsession pour une huitaine de jeunes infirmières installées dans une maison de Belfast où l'Armée républicaine irlandaise (plus communément appelée IRA) lutte à l'époque contre la présence britannique sur le sol irlandais ! ''Born for Hell'' (''Né pour l'enfer'') tatoué sur le devant du bras gauche, Cain attend de pouvoir prendre un prochain bateau en partance pour son pays mais d'ici là, il va devoir trouver de quoi se loger et se nourrir. Personnage hautement ambigu, dont les sourires parfois inattendus ne rassurent absolument pas sur son état mental, marqué par la guerre, le jeune homme fait partie de ceux qui furent tellement traumatisés par ce qu'ils vécurent que leur retour à la vie normal est devenu presque impossible... Co-production Germano-franco-italo-canadienne, Né pour l'enfer n'a pas très bonne réputation. Et ce, pour de mauvaises raisons. Non pas que le film soit suffisamment monstrueux pour servir de repoussoir mais celui-ci semble rencontrer quelques soucis d'ordre technique.


Comme sa mise en scène assez mollassonne et son écriture au rabais. Car en effet, le héros est d'un attentisme qui trahit la faiblesse du scénario de Géza von Radványi, F.G. Ranger et Fred Denger. Et pourtant, il demeure avec le film du réalisateur québécois, un je ne sais quoi de fascinant qui n'appartient en général qu'à ces œuvres plus ou moins obscures que l'on (re)découvre sur le tard. Celui-ci en fait partie. On pourrait même oser pousser le bouchon un peu plus loin que la seule référence au long-métrage de Ted Kotcheff en comparant Né pour l'enfer avec l'un des plus grands traumatismes du cinéma d'horreur. En effet, sous certaines entournures, et bien qu'ici le personnage demeure plus ''volubile'' que ne le sera sept ans plus tard le psychopathe du film culte de Gerald kargl, Schizophrenia (dans le rôle du tueur, l'acteur autrichien Erwin Leder y sera tout simplement impressionnant), les deux œuvres ont plus de points en communs qu'elles n'y paraissent. Portrait sans doute moins glauque et glaçant que celui de ce tueur qui ne s'exprimera qu'en voix-off, Né pour l'enfer n'en est pas moins porté par l'étrange incarnation de l'acteur allemand Mathieu Carrière dont les changements d'attitude et d'humeur permanents empêchent une lecture concrète du personnage jusqu'à ce qu'il décide finalement de s'introduire dans la maison que partagent les infirmières afin de les violer et de les assassiner. Un peu de nudité et de sang mais surtout, une galerie d'interprètes féminines dont une partie auront connu ou connaîtront une véritable carrière d'actrice. On pense notamment à l'américaine Debra Berger mais aussi plus proche de nous aux françaises Myriam Boyer et Christine Boisson ou à la canadienne Carole Laure. Notons également dans le rôle de l'infirmière Catherine, l'actrice germano-autrichienne Eva Mattes qui un an plus tard croisera la route du géniallissime réalisateur allemand Werner Herzog, lequel lui offrira l'un des trois principaux rôles de La Ballade de Bruno. Le long-métrage de Denis Héroux n'est pas anodin. S'inscrivant dans son époque, le film laisse un curieux sentiment. Entre malaise, épouvante, rejet et fascination. Mais ça, c'est pour celles et ceux qui comme moi apprécieront. Pour les autres, tant pis pour eux...

 

vendredi 31 janvier 2020

Asphalte de Denis Amar (1981) - ★★★★★★☆☆☆☆


Les photos de cet article ont été empruntées à l'excellent blog Ciné-Bis-Art.


Étrange film que cet Asphalte réalisé en 1981 par le réalisateur français Denis Amar et qu'il ne faudra confondre ni avec celui que réalisa Joe May en 1929, ni celui datant de 1959 et réalisé par Hervé Bromberger et encore moins tourné par Samuel Benchetrit et sorti sur nos écrans début 2015. Le récit de cette version datant du début des années quatre-vingt plonge des personnages ordinaires sous un soleil écrasant au tout début des vacances d'été. Un ''rituel'' que partagent des millions de français chaque année et qui dans le contexte du long-métrage qui nous intéresse dans le cas présent se penche sur une dizaine d'individus. Ici, pas question pour Denis Amar de s'interroger sur les préoccupations estivales de nos concitoyens mais plutôt des désagréments que peuvent lier entre eux la chaleur, la vitesse et l’énervement de nombreux automobilistes. C'est donc dans un contexte passablement dramatique que se joue l'histoire de Juliette Delors, Arthur Colonna, Albert Pourrat ou encore le propriétaire de la casse, un certain Caron, ou le chirurgien Kalendarian...

Comme pourra le constater le spectateur, Asphalte semble avoir attiré bon nombre de vedettes du cinéma français. Tout d'abord, la canadienne Carole Laure à laquelle le réalisateur offre un nombre de scènes plus important que pour les autres interprètes. À ses côtés, l'acteur Jean Yanne. Elle, découvre que son amant et marié. Lui, l'aide à se sortir de la merde dans laquelle elle est plongée, privée de la voiture qu'elle croyait appartenir à celui qu'elle aime. Ailleurs, nous découvrons Jean-Pierre Marielle dans le rôle d'un vacancier qui en compagnie de sa petite famille et de quelques amis va être le témoin d'un drame qui le touchera personnellement. Étienne Chicot reçoit quant à lui les véhicule accidentés sur la route tandis que Georges Wilson, vêtu de sa combinaison de chirurgien tente de sauver des vies au bloc opératoire. Outre de nombreux seconds rôles, l’œil averti du spectateur apercevrai au détour d'une scène ou d'une autre, les presque débutants Christophe Bourseiller, Richard Anconina ou encore Christophe Lambert...

Au cœur du récit, donc, le bitume. Des automobilistes, quelques accrochages, et des accidents plus ou moins graves, victimes à l'appui, dont un carambolage assez impressionnant pour l'époque. Des scénettes qui s'enchaînent et des personnages qui se croisent et se partagent la vedette. Le fil conducteur demeure cette immense voie d'accès aux vacances, délivré tel un message préventif autoroutier (attention à la vitesse et à l'alcool au volant). On pourra critiquer la minceur extrême du scénario mais applaudir le casting hétéroclite. Au final, Asphalte est un étrange manège qui s'appréhende davantage comme une œuvre tantôt réaliste, tantôt absurde et où les sketchs s’entremêleraient sans réelle cohésion (ou si peu). Étonnant...

vendredi 1 juin 2018

Ces actrices et acteurs qui ont commencé leur carrière dans l'érotisme ou le porno !



Avant de devenir dans les années quatre-vingt parmi les plus populaires des humoristes et des caricaturistes français, Michel Leeb, de son vrai nom Michel Edouard Nicolas Leeb, rendu célèbre grâce à ses imitations des chinois ou des africains, a d'abord débuté sa carrière au cinéma. Et pas dans n'importe quel courant puisqu'il participa effectivement au tournage de Godefinger ou certaines chattes n'aiment pas le mou (vous remarquerez toute la finesse qui englobe le titre) de Jean-Pierre Fougéa, film érotique dont il existerait, paraît-il, une version hard...

La sublime Anne Parillaud qui à quelques occasions a pu émoustiller la libido de la gente masculine dans des longs-métrages qui n'avaient cependant pas pour autre vocation que de présenter un Alain Delon dans son éternel rôle de flic (Pour la Peau d'un Flic et Le Battant que l'acteur-producteur réalisa et interpréta lui-même), a elle aussi tourné dans une œuvre érotique signée Hubert Frank : Patricia, un voyage pour l'amour. Pas de quoi véritablement rougir et plus proche de cinéma de David Hamilton que des films hardcore qui malheureusement aujourd'hui, pullulent à la vue de toutes et tous sur la toile.

S'il n'a pas débuté sa carrière d'acteur dans l'érotisme, notre fameux Fabrice Luchini national a pourtant par la suite fait une apparition dans les quatrième aventures de la célèbre Emmanuelle. En effet, il y joue le rôle d'Oswaldo le magicien. Outre l'actrice Sylvia Kristel, rendue célèbre pour son interprétation du personnage éponyme, on peut remarquer à l'écran de ce film érotique, l'une des grandes et des plus séduisantes actrices porno des années soixante-dix et quatre-vingt, Marilyn Jess de son vrai nom Dominique Troyes.

Bon, elle, est un cas à part. Catherine Ringer ne pouvant être véritablement considérée comme une actrice à part entière (je parle évidemment en terme de circuit traditionnel) puisqu'elle est d'abord connue pour être la chanteuse du célèbre groupe de rock français Les Rita Mitsouko. On l'aura tout de même vue dans son propre rôle en 1987 dans Soigne ta Droite de Jean-Luc Godard, mais sa filmographie est pour l'essentiel, contenue dans le circuit pornographique. Et là, on n'évoque plus simplement l'érotisme, mais bien le hard. Ceux qui regardaient déjà Canal Plus à l'époque se souviennent sans doute qu'en 1986, sur le plateau de Mon Zénith à Moi, Michel Denisot avait accueilli la chanteuse ainsi que l'immense Serge Gainsbourg qui n'était pas réputé pour avoir la langue dans sa poche et avait notamment traîté Catherine Ringer de pute !

Nous parlions justement du photographe et réalisateur David Hamilton dont la réputation est des plus sulfureuse puisqu'accusé d'avoir violé Flavie Flament (l'animatrice oubliée), lequel tourna plusieurs longs-métrages érotiques parmi lesquels, Premiers Désirs dans lequel nous pouvions découvrir la délicieuse Emmanuelle Béart avant que la chirurgie ne gâche son immense beauté. Au titre du cinéaste, spécialisé dans les flous artistiques et l'érotisme chiant, d'autres vedettes du cinéma français firent leur apparition dans plusieurs de ses longs-métrages. Le regretté Bernard Giraudeau dans Bilitis, ou bien encore Élisa Servier, Macha Méril, Fanny Bastien, Catherine Rouvel ou encore Jean Rougerie, tous les cinq aperçus dans Tendres Cousines. Il n'y a là tout de même pas de quoi avoir le palpitant qui s'affole. Bien au contraire, le cinéma de David Hamilton est bien moins scabreux que sa désastreuse réputation...

Pourquoi je n'aime pas particulièrement Arielle Dombasle ? Peut-être parce que l'épouse de Bernard-Henri Levy s'est montrée un peu trop virulente la fois où, invitée de l'émission 40° à l'Ombre (veuillez rectifier si je me trompe), elle a fait part de son mécontentement lors d'une chronique présentée par une jeune animatrice en maillot de bain, laquelle fut renvoyée sur le champ par la chaîne !!! N'oublions-pas tout de même de rappeler que... l'actrice (évitez de pouffer de rire derrière mon dos, je vous prie) fut l'interprète des Fruits de la Passion du cinéaste japonais Shuji Terayama, et dans lequel cette sainte nitouche se faisait prendre par derrière par le cultissime (et déjanté) acteur allemand, Klaus Kinski.

Pour finir, petite émotion personnelle en évoquant la troublante Carole laure, qui outre sa participation à des œuvres signées de Bertrand Blier, Denis Amar, Alain Corneau, John Huston, Jean-Pierre Mocky, ou encore Jean-Charles Tacchella allait apparaître en 1974 dans le très libre et parfois hallucinant Sweet Movie du cinéaste yougoslave Dušan Makavejev. Hallucinant, et assez choquant dans le sens où le cinéaste allait passer un cap dans la sexualité déviante en proposant des thèmes à l'époque, relativement rares, et loin des débordements actuels. Pipi, caca, vomi... heureusement contrebalancés par une Carole Laure nue, se recouvrant de chocolat fondu...

à suivre... ? Peut-être pas, non.

samedi 3 décembre 2016

Préparez vos Mouchoirs de Bertrand Blier (1978)



Un bistrot. Raoul est assis face à Solange sa compagne. Il est dépité car depuis un certain temps, il trouve son épouse lasse. Solange ne sourit plus, a l'air malheureuse et ne semble s'intéresser à rien d'autre qu'au tricot. Afin de trouver un moyen de rendre le sourire à sa femme, Raoul demande à un inconnu de l'aider. Cet inconnu, c'est Stéphane. Raoul lui « offre » Solange. D'abord réfractaire, Stéphane accepte finalement de suivre ce couple étrange. Passionné par Mozart et ayant constitué une collection de poche de cinq mille ouvrages, ce dernier peine pourtant à faire retrouver le sourire à Solange. Lui et Raoul ont beau tout essayer, mais rien ne marche.
Les deux hommes finissent par accepter un emploi de moniteurs lors d'une colonie de vacances à laquelle participe également Solange. Là, la jeune femme va faire la connaissance de Christian Beloeil, jeune surdoué au quotient intellectuel évalué à 158, qui très vite va tomber amoureux de la jolie monitrice. D'ailleurs, elle aussi semble éprouver des sentiments pour le jeune garçon. 


Et ô miracle, Solange sourit à nouveau. Mais bientôt, les vacances se terminent et Christian va devoir retourner chez ses parents. Solange et lui ne veulent pas être séparés mais alors qu'elle va tenter plus tard de retrouver la trace de son jeune « amant », Solange va bénéficier de l'aide d'un voisin qui auprès de la mère de Christian, apprendra que celui-ci a été envoyé en pension. « Kidnappé » par Raoul, Stéphane et la jeune femme, celle-ci et Christian vont pouvoir enfin vivre leur passion...

Un grand, un immense long-métrage que celui du cinéaste français Bertrand Blier. Sans doute parmi l'un des trois ou quatre meilleurs du réalisateur. Au delà de l'habituelle absurdité de certains aspects de son œuvre, Préparez vos Mouchoirs est une véritable leçon de cinéma, osant braver des interdits qui de nos jours demeureraient inconcevables au cinéma. Quatre ans après Les Valseuses, Bertrand Blier réunis à nouveau l'excellent duo que formèrent en 1974 Gérard Depardieu et Patrick Dewaere. Jean-Claude avait un fort ascendant sur Pierrot, ordre « hiérarchique » que les nouveaux Raoul et Stéphane ont quelque peu conservé. Le premier possède une hargne et une force de persuasion stupéfiante quand le second, plus réservé, fait preuve d'abord de distance, avançant beaucoup plus prudemment que son acolyte, lui, plus aventureux. Très vite, il transpire de ces deux personnages fort attachants, des limites intellectuelles davantage encore mises à mal lors du teste de Q.I organisé par le jeune Christian. Riton Leibman qui débutait là, sa carrière d'acteur au cinéma, est extraordinaire de justesse et campe un personnage qui touche immédiatement par le désespoir que revêt son existence de fils de PDG d'une entreprise incapable de se fondre au milieu de fils d'ouvriers.

Solange quant à elle est personnifiée par la délicieuse actrice québécoise Carole Laure qui l'année précédente tournait pour Alain Corneau dans La Menace (cinéaste qui offrira d'ailleurs à Patrick Dewaere l'un de ses plus sombres rôles avec Série Noire). Plus encore que l'exceptionnelle écriture de Bertrand Blier, sublimée par ses interprètes, la musique du compositeur Georges Delerue (lui, mais également les œuvres de Wolfgang Amadeus Mozart et Franz Schubert dont on entend certains extraits) rend grâce à un sujet traité avec la plus grande finesse. L'amour impossible entre une adulte et un enfant (sujet de l'excellent La Petite Sirène avec Philippe Léotard, malheureusement devenu introuvable) est ici magnifié. Bertrand Blier offre des travellings lents, des scènes d'une très grande beauté auréolées d'une poésie qui évite toujours de sombrer dans le scabreux.
Préparez vos Mouchoirs est beau, touchant, bouleversant même, extraordinairement mis en scène et parfaitement interprété. Bertrand Blier y démontre une grande sensibilité et prouve qu'au delà du cynisme qui colle à la peau de son exceptionnelle œuvre de cinéaste, il est capable d'émotion. Un chef-d’œuvre...

samedi 27 décembre 2014

Cinq Films Sinon Rien: Thank You Satan de André Farwagi (1989), Chained de Jennifer Chambers Lynch (2013), Proxy de Zack Parker (2013), Savage de Brendan Muldowney (2009), Gallows Hill de Victor Garcia (2014)



Alain partage sa vie entre son épouse France, leurs deux filles, et Iliana, sa maîtresse. Lorsque Nathalie, la plus jeune des deux enfants du couple, découvre que son père trompe sa femme, la jeune fille passe un pacte avec le Diable pour remédier à cela. Alors que la famille doit bientôt quitter l'appartement dans lequel elle vit, Nathalie fait la connaissance de Greg, jeune musicien noir avec lequel elle joue au Loto. Par miracle, ils gagnent ensemble une coquette somme d'argent. Greg va pouvoir enfin acheter le cabaret de ses rêves et Nathalie régler les problèmes qui règnent au sein de sa famille.
Film de cinéma réalisé par André Farwagi, Thank You Satan ressemble davantage à un téléfilm français à petit budget. Malgré l'idée de départ, plutôt intéressante, l’œuvre de Farwagi est assez médiocre. Pierre Chesnais, qui campe souvent des êtres effacés donne une fois de plus la voix à un personnage insignifiant, et qui malheureusement n'est épaulé que par une pléiade d'acteurs au talent plus que discutable. Marie Fugain donne dans l'interprétation façon « AB Productions ». Bernard Le Coq ne fait que deux très brèves apparitions, Carole Laure, malgré son charme n'arrive pas à faire décoller cette histoire d'adultère dont on finit par se ficher des implications familiales. Quand à Eric Blanc, dont on n'a plus de nouvelles depuis des années, il fait ce qu'il peut dans une profession qui n'est de toute façon pas la sienne. Thank You Satan est donc un (télé)film sans véritable consistance qui tentera vainement de combler une dernière partie de soirée. Et encore...


Tim et sa mère sont enlevés par un chauffeur de taxi alors même qu'ils rentrent chez eux. Sarah, la mère, est tuée tandis que Tim attend effrayé à l'intérieur du véhicule de leur kidnappeur. Dès lors, Bob, le chauffeur de taxi, va faire du jeune enfant son prisonnier, lui énumérant la liste de ce qu'il devra faire et ne pas faire s'il veut vivre dans un semblant de confort. Tim découvre que celui qui a tué sa mère et la attaché à une chaîne est un tueur en série extrêmement dangereux qui s'en prend exclusivement aux femmes.
Chained est un film signé Jennifer Chambers Lynch. Et si le nom de Lynch est célèbre, c'est bien grâce à son papa qui œuvre lui-même dans le cinéma avec un brio inégalé. Alors, qu'en est-il de ce Chained principalement interprété par l'immense Vincent D'Onofrio ? Exit le policier sensible cultivé et intelligent de la série New-York Section Criminelle. Ici, D'Onofrio est un dingue marqué par une enfance qui l'a traumatisé pour le restant de ses jours. Une croissance qui nous est divulguée à travers des flashs pas toujours très clairs mais qui en disent long sur l'épreuve qu'à du être la vie familiale de Bob enfant. L'acceptation du jeune Tim ( Evan Bird, puis Eamon Farren) quand au sort qui lui est réservé peu dans un premier temps laisser perplexe. Est-ce la peur de finir comme maman qui pousse le gamin à se taire et accepter son sort ? Toujours est-il que le film repose entièrement sur les rapports que vont entretenir Bob et l'enfant. Un enfant qui va grandir et être éduqué à la manière du tueur en série. Dès le départ, on ressent un certain effroi devant les exactions perpétrées par Bob devant le regard de cet enfant encore innocent. Chained est original, parfois saisissant, mais souffre d'un défaut récurrent qui nuit sensiblement à l’intérêt général de l’œuvre : la pauvreté de son scénario. Basique et sans réelle évolution, il crée un ennui vite perceptible et qui ne libère le spectateur de son emprise qu'en de très rares occasions. Et c'est bien dommage car l'on aurait aimé pouvoir davantage arracher les accoudoirs de nos fauteuils devant ce portrait sinistre et inquiétant d'une éducation déviante...
D'Onofrio offre une interprétation curieuse, mélange d'immaturité, de violence renfrognée et de menace permanente.


Esther Woodhouse sort de sa séance d'échographie rassurée. Le bébé va bien et devrait naître dans deux semaines environ. Sauf que la jeune femme tombe sur un dingue qui l'assomme en pleine rue avant de la frapper violemment au ventre. Esther survit, pas son bébé. Dans sa chambre d’hôpital où elle vient de reprendre conscience, infirmière, médecins, policiers et conseillers se succèdent à son chevet. Lorsque la jeune femme retourne chez elle, c'est pour retrouver son appartement. Aussi qu'elle l'avait laissé, Esther n'a pas de famille. Pas de proches non plus, à part sa petite amie. Sur les conseilles d'une femme qui lui a rendu visite à l’hôpital, elle participe à un groupe de soutien pour mères en deuil. Là, elle fait la connaissance de Melanie qui, elle-même, perdu son fils et son époux dans un accident de voiture.

Drôle de film que ce Proxy signé Zack Parker. Curieux, oui, mais l’œuvre est tout d'abord une véritable claque. Parce qu'il aborde des sujets aussi divers que le deuil après la mort d'un proche, la folie, et surtout, oui surtout, ce besoin qu'ont certains de se sentir aimés, reconnus et pourquoi pas, célèbres. Le film démarre par une quelconque scène d'échographie, précédent une autre, particulièrement violente et inattendue. Le film se décompose en deux parties. Comme si une seconde histoire prenait le relais de la première. Deux récits qui s'entrecroisent et mettent en parallèle le difficile vécu de deux jeunes femmes en réalité mal dans leur peau. Parker filme son œuvre de différentes façons. Il y a un aspect réaliste quand aux scènes filmées à l’hôpital. D'un autre point de vue, certains passages outrageusement filmés au ralenti apportent un semblant de poésie à l'horreur des faits. Quelques scènes interrogent quand à leur utilité, mais rassurez-vous, leur explication se trouvent au terme d'une œuvre pour le moins éprouvante...


Paul est photographe de presse. Il aime les belles sapes et arbore une longue chevelure brune. Plus malin que ses homologues, il parvient à prendre LA photo qui va faire la différence. Mais tout n'est pas rose dans l'existence de Paul. Son père est très malade. Heureusement pour lui, il peut compter sur une infirmière, laquelle Paul commence à fréquenter. Mais la vie bien réglée du photographe va un soir être anéantie par l'agression dont il va être victime. Volé, passé à tabac, lacéré, humilié et castré, il va peu à peu perdre pied.
L'irlandais Brendan Mudowney filme une ville de Dublin assez sinistre. Les regards, le bruit et la vie nocturne en font une cité menaçante. Savage décrit avec méticulosité la descente aux enfers d'un homme qui n'a rien demandé. La sinueuse transformation du personnage campé par Darren Healy commence par le rasage du crâne, s'identifiant ainsi instantanément à ceux qui l'on agressé. Pensant sans doute se fondre dans la foule, il réalise que cette modification corporelle n'aboutit à rien. Comme le soulignent les différentes phases de l’œuvre, la peur laisse la place à la colère, elle-même se laissant succéder par la vengeance. C'est pour Paul un périple terrifiant dans le monde de la violence urbaine. Et pour cela, il va faire le ménage autour de lui. On ne le voit plus rendre visite à son père et abandonne la relation qu'il vient de commencer avec l'infirmière. Il s'entraîne à se protéger des agressions, prends des stéroïdes et surtout, achète un couteau. C'est ainsi que Brendan Mudowney va décomposer son film. Pas simplement en nous mettant face à la vengeance d'un individu contre ses agresseurs mais en nous exposant les différents paliers qui mènent jusqu'à elle. Savage sort des sentiers battus et s'écarte donc avec brio des sempiternels "rape & revenge"...

Un américain et sa nouvelle compagne et future épouse font le voyage jusqu'en Colombie pour ramener la fille du premier au pays afin qu'elle participe au mariage à venir. Accompagnés d'un autre couple, le groupe roule en voiture et doit faire face à une féroce tempête avant de tomber dans un fossé. Forcés de reprendre la route à pieds et perdu au milieu d'une forêt, ils tombent sur une vieille bâtisse auparavant reconvertie en auberge tenue par un vieil homme visiblement peu enclin à le inviter à entrer se protéger de la tempête.

Voici comment démarre ce Gallows Hill qui nous vient tout droit d'Espagne. Pondu par un certain Victor Garcia dont ce n'est pas le premier film du genre, l’œuvre s'inscrit dans une catégorie que l'on peut juger de particulièrement encombrée. Celui de la possession. Ici, une fillette est retrouvée enfermée dans la cave. Pour commencer, tout porte à croire qu'elle est la victime d'un vieux pervers, en la personne du vieil homme avant de très rapidement nous expliquer les raisons de son isolements. Des Gallows Hil, on en a déjà vu des dizaines. Celui-ci ne se différencie malheureusement pas du lot. Pourtant, et surtout lorsque l'on connait la filmographie de Victor Garcia, ce titre là se laisse regarder sans déplaisir. On est encore loin du chef-d’œuvre mais quelques passages valent le coup d’œil et l'ambiance est relativement bien rendue. Disons que l’œuvre du cinéaste comblera une soirée, une seule, et si possible orageuse...




mardi 23 décembre 2014

Trois Films Sinon Rien: Noir Comme le Souvenir de Jean-Pierre Mocky (1995), Das letzte Schweigen de Baran bo Odar (2010), Un Assassin Qui Passe de Michel Vianey (1980)



Au programme, un thriller signé Mocky, un policier allemand, et un serial killer français...

La petite Garance est attirée par un clown dans un fourré, persuadée que son père a l'intention de lui faire une surprise. La gamine a en réalité été enlevée et la seule témoin de cette scène est l'une de ses camarades, qui, jalouse de voir que Garance a osé porter la même robe qu'elle, va se taire.
Dix-sept ans jour pour jour, c'est l'anniversaire de la disparition de Garance pour sa mère Caroline qui n'a toujours pas accepté la réalité de faits. Elle et Chris ont depuis divorcé, ce dernier ayant plongé dans l'alcool, persuadé de voir pas fait ce qu'il fallait pour sauver leur fille. C'est ce jour très précis qu'un curieux événement se produit. Dix-sept ans plus tard, tout semble vouloir rappeler à Caroline le terrible événement qui s'est produit des années en arrière. De plus, des meurtres sont commis au village. Tous ceux qui sont liés de près ou de loin au drame sont éliminés les uns après les autres.
Sabine Azéma, Jane Birkin, Benoit Régent, Jean-François Stévenin et Matthis Habich sont les principaux acteurs et actrice de Noir Comme le Souvenir, une œuvre signée par Jean-Pierre Mocky. Un thriller dans la plus pure tradition qui souffre de l’éternel manque de moyens du cinéaste. Si l'ambiance toute particulière de l’œuvre donne réellement envie de connaître le dénouement de l'histoire, le rythme mollasson que lui insuffle Mocky ruine quelque peu le potentiel de cette histoire de vengeance...

Été 86. Peer Sommer et Timo Friedrich roulent sur une route de campagne lorsqu'ils croisent la route d'une gamine de onze ans à vélà. Ne pouvant refréner ses pulsions, Peer rattrape la fillette, la viole et la tue dans un champs de blé, tout ça sous le regard horrifié de Timo. Bouleversé, ce dernier décide de quitter la région et de changer d'existence. Vingt-trois ans plus tard, jour pour jour et alors que le coupable n'a jamais été arrêté, une jeune fille disparaît dans les mêmes circonstances et sur le lieu même où la première victime à été retrouvée morte.
Voici donc comment débute Das letzte Schweigen, un thriller allemand signé Baran Bo Odar. En réalité, sans doute l'un des meilleurs films policiers de ces dix dernières années. Le cinéaste ne se contente pas simplement de « mener » l'enquête sur les deux meurtres mais met en parallèle la tragédie qui touche les deux familles, celle qui empoisonne l'existence du flic chargé de l'enquête, ainsi que les remords qui pourrissent la vie de Timo (l'excellent Wotan Wilke Mörhing). Das letzte Schweigen est un petit bijou, merveilleusement bien construit, et qui, en l'espace de deux heures seulement parvient à construire un scénario implacable, cohérent et magnifiquement interprété.

On reconnaîtra une certaine mollesse, qui ne nuit fort heureusement pas à l’intérêt général du film. Chaque acteur est à sa place et la mise en scène, sobre, n'exploite aucune technique de surenchère pour attirer son public. Il était une fois un meurtre est donc un excellent thriller qui s'attarde de manière plutôt réaliste sur un fait-divers sordide. Une très belle surprise...



Une série de meurtres est perpétrée à Paris. Ravic est chargé de l'enquête mais n'a pas encore mis la main sur le tueur qui s'en prend exclusivement aux jeunes femmes brunes. Le responsable de cette série de meurtre, c'est Jacques, un petit employé de banque qui vit seul dans un minuscule appartement et qui en secret, est amoureux de Pauline, une actrice célèbre, et inaccessible. Un Assassin qui Passe est l'une des rares excursions du cinéma français de l'époque dans le domaine du « serial killer ». Produit la même année que l'inusable classique de William Lustig Maniac, le film de Michel Vianey partait déjà avec un sérieux handicape et n'avait pas la moindre chance de lui faire de l'ombre. L’œuvre du français manque un peu trop de vigueur et de dialogues radicaux pour vraiment marquer les esprits.
Pas assez dur dans son propos, le film figure un personnage que la solitude a transformé en un monstre froid et sans émotions. La solitude, et même la peur des femme que l'inaccessibilité de celle qu'il aime accentue davantage. Face à lui, un flic cynique épaulé par un inspecteur au tempérament soupçonneux. Les meurtres sont d'une tristesse à pleurer. La faute à une mise en scène léthargique et à au visible détachement des acteurs qui semblent ne pas y croire.
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