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mercredi 19 août 2026

Le furet de Jean-Pierre Mocky (2003) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Pour ce nouvel article consacré à Jean-Pierre Mocky, nous nous déplaçons jusqu'en 2003, année relativement peu faste pour le cinéaste si l'on veut rester polis, courtois et respectueux vis à vis de sa très longue carrière. Il n'est d'ailleurs pas inconcevable d'imaginer qu'il aurait probablement continué à tourner des films puisque c'est bien son décès survenu le 8 août 2019 qui mit un terme à la réalisation et à l'écriture de longs-métrages. Cette année là, il réalisa d'ailleurs le tout dernier d'entre eux, intitulé Tous Flics. Concernant Le furet, il s'agissait là de l'unique collaboration entre le cinéaste français et l'acteur Jacques Villeret qui tient le rôle-titre de cette comédie criminelle et policière dans laquelle l'on retrouve également deux très fidèles interprètes de Jean-Pierre Mocky puisque Michael Lonsdale et Michel Serrault apparaîtront tous les deux dans divers œuvres alignant l'un et l'autre une dizaine de collaborations. Comme à son habitude, Jean-Pierre Mocky réunit quelques vedettes du cinéma français auxquelles l'on peut ajouter Robin Renucci qui six ans plus tard apparaîtra dans Colère, quelques seconds rôles parmi de très grands habitués du réalisateur tels que Dominique Zardi ou Jean Abeillé ou, encore plus étonnant, des personnalités qui viennent d'univers qui n'ont pas véritablement de lien direct avec le septième art. On pense bien évidemment au chanteur de rock Dick Rivers, ancienne vedette de la chanson française qui connut tout d'abord le succès avec son groupe Les Chats Sauvages dans les années soixante avant qu'il ne se lance dans une carrière solo ou bien l'animateur de télévision Karl Zéro, de son vrai nom Marc Tellenne, dont la période la plus faste se concentra probablement lors de ses différentes participations aux émissions Nulle Part Ailleurs et Le Vrai Journal sur Canal+ entre 1994 et 2006... Le furet du titre est donc ce tueur à gages insaisissable qui donne du mal à la police ainsi qu'au truand Don Salvadore (Michael Lonsdale). L'une et l'autre ne rêvant que d'une chose. Stopper net sa carrière d'assassin. En effet, lorsque cette adaptation du roman Le furet dans le métro de l'écrivain et illustrateur de bandes dessinées américain Lou Cameron débute, le meurtrier en est déjà à sa quatrième victime. Mais l'homme ne s'en prend pas à n'importe qui : celui-ci semble avoir un effet une prédisposition pour les petites crapules, les voyous, les dealers... Mais ce que l'on découvre rapidement, c'est que l'homme ne tue pas selon son unique volonté puisqu'il exécute en réalité des contrats commandités par un certain Anzio (Michel Serrault) qui lui promet sans cesse de lui faire rencontrer enfin Don Salvatore...


Ayant toujours un prétexte pour repousser les présentations entre le mafieux et le tueur à gages qu'incarne donc à l'écran Jacques Villeret, ce dernier rêve de devenir riche, de conduire de belles voiture et d'avoir toutes les femmes qu'il désire malgré qu'il soit marié et père de deux fils. Véritable anguille qui glisse entre les mailles du filet, le furet se cache sous l'apparat du sympathique petite serrurier, grand amateur de films d'action et qui lors des contrats qu'il est chargé d'exécuter a l'habitude de passer par les égouts et par les tunnels du métro parisien... Le furet met en scène l'actrice (et reine de beauté !!!) Patricia Barzyk dans le rôle du médecin légiste Karadin. Son personnage entretiendra une relation privée avec l'inspecteur Bart chargé d'enquêter sur la série de meurtres qui endeuille les réseaux criminels et qu'incarne de son côté Robin Renucci. Quant à eux, Dick Rivers, Jean Abeillé et Karl Zéro interprètent des bandits. Les deux premiers étant à la solde de Don Salvatore tandis que le troisième est le neveu poltron d'Anzio. Doté d'un budget d'un peu moins d'un million d'euros, Le furet reste une œuvre relativement intéressante s'agissant d'un film de Jean-Pierre Mocky s'inscrivant dans une période charnière où s'enchaînent quelques bonnes surprises mais aussi des longs-métrages presque ''impropres'' à la consommation. On ne reviendra évidemment pas sur l'interprétation souvent calamiteuse de certains grands fidèles acteurs du réalisateur, le film étant évidemment tout d'abord porté par un Jacques Villeret également à la production qui choisit de financer le film car le script de Jean-Pierre Mocky lui plaît beaucoup. L'acteur aurait même réussit à convaincre Jean-Pierre Mocky de retourner certaines séquences qu'il jugeait de mauvaise qualité. Le plus décevant restant ici l'incarnation de Michel Serrault qui, il faut bien le reconnaître est mauvais, voire même pathétique. Mais dans l'ensemble, le film reste très plaisant à regarder. Notons enfin que la bande musicale est l’œuvre du compositeur franco-roumain Vladimir Cosma qui bien longtemps après avoir écrit la musique du Grand blond avec une chaussure noire, des Aventures de Rabbi Jacob ou de celle de L'aile ou la cuisse a ici franchement perdu de sa superbe....

 

mardi 18 août 2026

L'étalon de Jean-Pierre Mocky (1969) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Six ans après Un drôle de paroissien, Jean-Pierre Mocky, Francis Blanche et Bourvil se retrouvèrent une fois encore aux côtés d'autres interprètes moins connus tels Jean-Claude Rémoleux, Roger Legris, Rudy Lenoir ou encore Luc Andrieux pour L'étalon. Tous s'étaient d'ailleurs réunis autour d'un autre projet réalisé un an plus tôt par le réalisateur et scénariste français intitulé La grande Lessive !. S'agissant de L'étalon, l'on reconnaît la marque de fabrique de Jean-Pierre Mocky, son amour pour la comédie satirique, genre qu'il s'est employé à déconstruire à sa manière toute particulière pour le bonheur et même parfois le malheur du public. Car en effet, le onzième film du cinéaste est très significatif des failles et des limites de son système qui l'a toujours vu employer d'authentiques vedettes du cinéma, les mêlant très souvent à des comédiens et des acteurs de seconde, voire de troisième catégorie. Des amateurs incapables de tenir un échange au-delà de deux ou trois phrases. Il est d'ailleurs plutôt amusant de constater qu'il se servira notamment ici des faiblesses d'interprétation de l'acteur Jean-Claude Rémoleux qui interprète le député Léon Lacassagne pour lui faire jouer le rôle d'un politicien ayant de grandes difficultés pour s'exprimer en public ! Concernant le script de Jean-Pierre Mocky et de son fidèle collaborateur Alain Moury, le réalisateur ainsi qu'André Bourvil en sont à l'origine. L'histoire suit à peu près le même chemin que celui d'Un drôle de paroissien. En lieu et place du personnage de Georges Lachaunaye qui pour faire vivre sa famille était contraint de voler l'argent des troncs d'églises, l'acteur interprète désormais le rôle du vétérinaire William Chaminade qui alors qu'il s'apprête à prendre un bateau en partance pour l'Afrique vient au secours d'une femme (Noëlle Leiris dans le rôle de Nelly Pointard) qui vient de tenter de se suicider en se jetant de la fenêtre d'un restaurant. La jeune femme explique alors à son sauveur qu'elle est en manque d'amour. Ayant perdu ses bagages, n'ayant nul endroit où dormir et sans le sou, le vétérinaire imagine alors un moyen de se faire de l'argent tout en proposant aux femmes esseulées et en mal d'amour de rencontrer des hommes (les étalons en question) qui seront tout d'abord drastiquement sélectionnés pour leur avantages physiques par William et par un collaborateur, le docteur Finus (l'acteur R.J Chauffard). On le voit, dans un cas comme dans l'autre, Bourvil interprète un personnage prêt à défier la justice et la loi...


D'un côté voleur et de l'autre se transformant en proxénète, son personnage n'est pas le seul qui semble ici se référer à l'un des protagonistes d'Un drôle de paroissien puisque après avoir incarné l'inspecteur Cucherat six ans auparavant, Francis Blanche joue désormais le personnage du percepteur Dupuis. Et dans un cas comme dans l'autre là encore, les deux individus s'attachent à poursuivre le héros du récit afin de lui faire cesser toute activité criminelle. Toujours aussi débonnaire, Bourvil apparaît à l'écran le crâne rasé, vêtu d'un costume blanc ainsi que de gants, d'une chemine et d'un chapeau noir. Cachant ainsi plus ou moins son absence de cheveux qui ne s'explique non pas selon un désir du cinéaste mais se référant plutôt à un choix esthétique de la part de l'acteur lui-même qui à cette époque est atteint d'un cancer et doit suivre un lourd protocole médical le contraignant à subir des séances de chimiothérapie qui lui font perdre ses cheveux. S'il ne semble pourtant pas affaibli par la maladie ou par son traitement, Bourvil n'est cependant pas à la hauteur de ses meilleurs rôles. Un constat que l'on reprochera tout d'abord à Jean-Pierre Mocky qui commence déjà à cette époque à mélanger vedettes de cinéma (l'on retrouve ici notamment Michael Lonsdale dans le rôle du commissaire Donald Both) et acteur à l'amateurisme assumé. Un drôle de melting-pot qui malheureusement fonctionne plutôt mal. D'autant plus qu'en reprenant plus ou moins la structure narrative d'Un drôle de paroissien, L'étalon manque sincèrement d'inspiration. C'est long, répétitif et peu divertissant. Pourtant, Jean-Pierre Mocky et son scénariste semblent être parfois saisis d'une forte inspiration. À moins que les deux hommes n'aient été captivés à l'idée du concept de ''doubles'' propre à la trilogie Fantomas qui donna lieu à trois longs-métrages réalisés entre 1964 et 1967 par André Hunebelle avec en vedette Mylène Demongeot, Jean Marais et bien évidemment Louis de Funès, la séquence se déroulant à l'Assemblée Nationale où se joue le projet du vétérinaire de faire passer une loi sous les faux traits du député Léon Lacassagne est relativement réussie. Pour le reste, L'étalon demeure une comédie très moyenne typique de ce que deviendra de manière récurrente le cinéma de Jean-Pierre Mocky jusqu'à la fin de sa carrière...

 

lundi 17 août 2026

Un drôle de paroissien de Jean-Pierre Mocky (1963) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Jean-Pierre Mocky a durant sa très longue carrière et parmi des dizaines et des dizaines de longs-métrages réussi à mettre en scène des œuvres qui au fil du temps sont devenues des classiques tandis que d'autres restent de pures navets, à l'image de l'insupportable, l'inappréciable, le catastrophique Agafia qu'il réalisa en 2015 ! Fort heureusement, parmi ses meilleurs films l'on trouve plusieurs collaborations avec l'acteur André Bourvil que le cinéaste français débaucha à l'occasion de quatre longs-métrages qu'il tourna entre 1963 et 1969. Le premier, Un drôle de paroissien est donc celui dont nous allons parler dans le présent article. Leur association fut ensuite poursuivie en 1964 avec La cité de l'indicible peur qui parfois fut retitré La grande frousse, avec La grande lessive en 1968 et enfin un an plus tard avec L'étalon. Quatre longs-métrages qui réunissent également autour du réalisateur et l'acteur un autre fidèle interprète de Jean-Pierre Mocky puisqu'en effet, Francis Blanche fut du voyage non seulement dans ces quatre films mais également dans quatre autres. À commencer par Un couple en 1960, Snobs ! en 1961, Les vierges en 1962 ainsi que Les compagnons de la marguerite en 1966. Quant à Jean Poiret, le troisième premier rôle d'Un drôle de paroissien aux côtés de ses deux partenaires, il retrouva également l'un et l'autre aux génériques La Cité de l'indicible peur et de La grande lessive et retrouva Jean-Pierre Mocky en 1987 et 1988 sur les tournages respectifs du Miraculé et d'Une nuit à l'Assemblée nationale... En attendant, nous sommes en 1963 et alors que Bourvil a repris le rôle que refusa d'interpréter Fernandel qui estimait avoir suffisamment tourné de films situant leur action dans des églises (la saga des Don Camillo), c'est donc sur les conseils de l'acteur Jean Gabin que Jean-Pierre Mocky approcha l'acteur auquel il confia le rôle de Georges Lachaunaye, membre d'une famille qui depuis quatre générations s'est toujours employée à ne jamais se donner la peine de travailler. Ce qui donnera d'ailleurs lieu à un échange absolument savoureux entre Georges et un sacristain qui après lui àvoir expliqué que pour vivre dignement il faut travailler s'est vu répondre ceci de la part du membre de la famille Lachaunaye : ''Mon père ne me le pardonnerait jamais. Je n'ai pas été élevé pour ça. Et je ne sais rien faire''. Le principal soucis, c'est qu'à ne rien faire de leur journée, Georges, son père Mattieu (Jean Yonnel), son épouse Juliette (Solange Certain), sa sœur Françoise (Véronique Nordey) et sa tante Claire (Denise Péronne) vivent dans une très grande précarité...


Locataires d'un appartement dont ils n'ont plus les moyens de payer le loyer, maintenant qu'ils ont vendu tout ce qu'ils possédaient afin de subvenir à leurs besoins, il leur faut impérativement trouver une solution. Et pour cela, Georges décide avec la complicité de Raoul, l'ami de la famille Lachaunaye, auquel il propose tout d'abord d'arrêter son métier peu rentable de dentiste, de l'aider à piller les troncs des églises ! Une action évidemment peu morale puisqu'il s'agit de voler, même en partie, l'argent que les paroissiens ont déposé un peu partout dans les troncs des églises de la région. Un drôle de paroissien décrit la professionnalisation du métier de voleur où Georges se contente tout d'abord de voler l'argent à l'aide de caramels mous avant de faire preuve aux côtés de Raoul d'une véritable ingéniosité. Mais dans ce tableau ''idyllique'' d'une ''profession'' presque décrite comme un sacerdoce, un ombre plane au dessus de la tête des voleurs. Celle de l'inspecteur Cucherat qu'interprète donc Francis Blanche. Un flic chargé de surveiller les églises en raison d'une recrudescence des pillages et qui traque celui qui depuis plusieurs jours vide les troncs des églises. Jean-Pierre Mocky décrit ensuite les Lachaunaye comme une famille de bourgeois déclassée, continuant à vivre de privilèges bien qu'ils ne puissent plus se permettre de vivre tels des parasites de notre société. En clair, leur valeurs tournent autour d'un principe simple : Aux autres de donner et à eux de récolter... Se confrontent ainsi deux ordres d'idée : un paradoxe opposant une famille d'anciens nantis privilégiés au refus de se salir les mains dans des métiers qui inférioriseraient leur statut de bourgeois. Un concept que le réalisateur traite d'ailleurs sur le ton de l'absurde puisque avant de ''renflouer'' les caisses grâce aux vols des troncs d'église et ainsi de pouvoir donner l'illusion de s'être réapproprié leur ancien statut, Georges et sa famille vivront longtemps dans un appartement sans meubles, sans chauffage et sans presque aucune nourriture... Un drôle de paroissien est une excellente comédie en noir et blanc (à l'exception de la délirante séquence du cauchemar tournée en couleur), avec un Bourvil suave, un Francis Blanche hargneux et un Jean Poiret volubile...

 

samedi 8 juillet 2023

Prends ta bible et tire-toi d'Alexis Wawerka (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Un petit passage sur la chaîne Youtube d'Alexis Wawerka suffit à découvrir que le projet Prends ta bible et tire-toi n'est pas récent et qu'il remonte à une dizaine d'années. Un extrait du 12/13 de France 3 Picardie datant du 12 septembre 2013 montre en effet l'engouement des habitants de la ville de Ham située dans le département de la Somme dans les Hauts-de-France pour ce projet de moyen-métrage qui ne verra finalement le jour qu'en 2023 lors de sa distribution chez Bach Films pour la modique somme de dix euros. D'une durée n’excédant pas les soixante-trois minutes, Prends ta bible et tire-toi a pris le temps de mûrir et cela se voit. Surtout si on compare ce dernier effort d'Alexis Wawerka avec ce qu'il a mis en scène jusque là. Écrit et réalisé par ce quadragénaire de quarante-sept ans né le 12 décembre 1975 à St Quentin, Prends ta bible et tire-toi est une comédie d'horreur a priori faite pour les amateurs des cercles consacrés au cinéma Z et aux nanars mais l'ampleur du travail accompli semble démontrer le contraire. Alors, bien sûr, l'on pourra évoquer l'interprétation pas toujours en accord avec ce que l'on attend d'un futur classique de la comédie, de la science-fiction ou de l'horreur, genres auxquels appartient donc le moyen-métrage d'Alexis Wawerka. Car rappelons-le une nouvelle fois, le réalisateur et scénariste a confié une partie des rôles aux habitants de Ham. Ce qui n'empêche bien évidemment pas certains interprètes d'avoir fait leurs armes bien avant d'accepter de tourner dans ce projet complètement fou. À l'image de Christian Chauvaud, de Fabien Chombart, d'Eric Ducron ou de Joëlle Hélary. Surprise, l'on y retrouve également quelques interprètes beaucoup plus célèbres, voire même légendaires tels que l'acteur et réalisateur Jean-Pierre Mocky (l'occasion pour Alexis Wawerka de lui rendre la pareille douze ans après avoir joué dans Dossier Toroto), l'acteur Jean-Claude Dreyfus (qui fut notamment l'inoubliable boucher du cultissime Delicatessen de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro en 1991) ou encore l'immense Lloyd Kaufman, dont le parler français et nettement au dessus de celui de la plupart de nos chères têtes blondes et qui fut le fondateur en 1974 de la légendaire société de production américaine Troma Entertainment et l'auteur lui-même de quelques grands classiques de l'épouvante parmi lesquels les mythiques volets de la franchise The Toxic Avenger ou l'extraordinaire Poultrygeist : Night of the Chicken Dead (notons que notre patience est mise à rude épreuve puisque l'on attend toujours la sortie sur notre territoire de son dernier bébé intitulé Shakespeare's Sh*tstorm !


Concernant Prends ta bible et tire-toi, distribué en France par Bach Films, on ose à peine espérer le voir diffusé à l'internationale sous la houlette de la Troma. Car tout dans ce moyen-métrage respire le foutraque, délirant, Z, gore et déviant du cinéma cher au célèbre distributeur américain. Mais qu'en est-il au font de ces soixante-trois minutes de pur délire ? Comme l'indique la page officielle de Prends ta bible et tire-toi, le récit s'articule autour des habitants de la ville de Ham parmi lesquels l'on retrouve un prédicateur noir, une prostituée, quelques dizaines de péquenauds dont certains se retrouveront zombifiés, de vieux schnocks (parmi lesquels l'on retrouvera donc Jean-Pierre Mocky), un maire interprété par Jean-Claude Dreyfus et un président de la république incarné par Lloyd Kaufman !!! Mais ne vous en faites pas puisque si vous êtes un adorateur de notre ''cher'' président Emmanuel Macron, sachez que le miracle aura bien lieu et qu'il apparaîtra lui aussi sous la forme d'un personnage animé. Car l'une des grandes surprises de Prends ta bible et tire-toi est de régulièrement passer du ''live'' avec des actrices et acteurs bien réels à de l'animation. Cette dernière donne d'ailleurs un sérieux coup de fouet à l'ensemble et permet surtout et avant tout de donner dans cet excès que n'auraient sans doute pas permises les limites budgétaires. Bien que la dernière partie semble démontrer le contraire puisque les débordements sanglants ne seront pas l'unique apanage des phases animées et que les amateurs de gore pourront assister à des carnages en mode ''live'' particulièrement croustillantes. Notons ensuite qu'il aura fallut pas moins d'une vingtaine d'artistes afin de donner naissance aux zombies, aux extraterrestres et aux nombreux effets visuels tandis qu'une équipe de cinq personnes s'est chargée quant à elle de réaliser les excellentes animations. Les amateurs d'épouvante, d'horreur ou de fantastique s'amuseront non seulement de ce récit, il est vrai, parfois difficile à suivre (surtout lorsque s'expriment les extraterrestres) mais aussi et surtout des nombreuses références auxquelles semble se référer Alexis Wawerka. Sans trop précéder le plaisir qu'éprouveront certains des futurs spectateurs de ce petit bijou qu'est Prends ta bible et tire-toi, j'évoquerai de plus l'excellente partition musicale de Lone Runner, artiste de musique électronique français très inspiré par la synthwave de John Carpenter ou par des groupes tels que Tangerine Dream. Les plus attentifs reconnaîtront sans mal certaines de ses sources d'inspiration puisque certaines partitions du moyen-métrage se réfèrent indéniablement au compositeur italien Fabio Frizzi période Frayeurs et L'au-delà du maître es gore Lucio Fulci ainsi qu'à une partie de la bande originale du classique de Dan O'Bannon Le retour des morts-vivants signée quant à elle par Matt Clifford. Bref, Prends ta bible et tire-toi, c'est du pur plaisir. Drôle, gore, trash, référentiel, bis... De quoi passer un peu plus d'une heure l'esprit libre. Déjà culte !

 

mercredi 29 mars 2023

Agent trouble de Jean-Pierre Mocky (1987) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Commençons par une anecdote qui n'a pas de relation directe avec le film. À voir Catherine Deneuve affublée d'une coiffure qui ne la met pas vraiment physiquement en valeur, je me suis demandé si elle portait une perruque. C'est alors que je me suis rendu sur Google pour y taper Catherine+Deneuve+Perruque. Obtenant ainsi parmi une foule de portraits de l'actrice nantie de diverses coiffures, quelques résultats étonnants. Telle cette foufoune dite ''A la portugaise'' du plus mauvais goût. Aussi pittoresque que puisse paraître la chose, elle rejoint par contre l’œuvre de Jean-Pierre Mocky en ce sens où le réalisateur français signait en 1987 avec Agent trouble, un bien curieux thriller. Le ridicule se penchant sur le moindre petit détail. Cette mèche grise qu'arbore Richard Bohringer, cette coiffure fauve qu'affiche Dominique Lavanant (aggravée par des tenues excentriques), ce bandeau qui enserre le crâne de Tom Novembre... Jean-Pierre Mocky était un bien curieux personnages n'ayant pas la langue dans sa poche. Un univers tout personnel qui malheureusement se dégrada au fil du temps, gangrenant les intrigues même les plus limpides. Pour comprendre et aborder Agent trouble de la manière la plus claire, il faudra sans doute se reporter à ces deux phrases que cite Catherine Deneuve après soixante-quinze minutes de récit : ''J'narrive pas à comprendre exactement les mobiles de ces gens... Ni à expliquer la nécessité pour eux de tuer tous ces innocents...'' Et c'est justement ce que l'on ressent devant cette histoire remarquablement intrigante dans ses premiers instants mais dont l'intérêt se délite au fil du temps. Qu'on le veuille ou non, Jean-Pierre Mocky gâche le matériau d'origine en insufflant à son œuvre cette folie douce dont il est coutumier mais qui n'était sans doute pas nécessaire ici. Lui que l'on aurait aimé voir traiter pour une fois avec un peu plus de sérieux cette adaptation du roman The man who loved zoos de l'écrivain américain Malcom Bosse ne peut donc s'empêcher d'y joindre une partie des freaks qui l'accompagnent généralement dans des situations ubuesques !


Le plus tragique dans toute cette histoire d'une adaptation dont l'effet est malheureusement celui d'un pétard mouillé, est d'observer le potentiel du récit et ce qu'en a fait Jean-Pierre Mocky. De sa manière toute personnelle et maladroite d'énumérer l'intrigue et ses personnages, Agent trouble évoque quelque part l'adaptation du roman de Georges-Jean Arnaud Brûlez-les tous ! réalisée en 1986 par Robert Enrico sous le titre Zone Rouge. Film dans lequel l'actrice Sabine Azéma cherchait à comprendre les raisons entourant la mort de son ex-mari et de celle de plusieurs habitants d'un hameau qui ensuite fut au cœur d'un incendie volontaire. Moins enclin à faire de son œuvre une adaptation riche en rebondissements et en sous-intrigues passionnantes, Jean-Pierre Mocky ouvre cependant les hostilités de la manière la plus séduisante, attirant ainsi le chaland à travers cette vision on ne peut plus fantasmagorique d'un bus arrêté dans un décor enneigé et dont tous les passagers sont prostrés dans une attitude d'inexplicable effroi. À la suite de cette séquence d'ouverture alléchante, le réalisateur introduit Tom Novembre, pittoresque personnage marginal prénommé Victorien qui fera les poches des victimes avant d'aller rendre visite à sa tantine Amanda Weber(Catherine Deneuve) et d'être ensuite recherché, poursuivi et enfin assassiné par l'étrange personnage qu'incarne Richard Bohringer, un certain Alex. Sans le talent particulièrement pointu d'un Claude Chabrol mais avec toujours autant de ferveur et de vigueur, Jean-Pierre Mocky persévère dans la critique des hauts dignitaires, jouant avec les codes du thriller tout en laissant une large place à ces personnages étranges qui toujours ont parcouru sa filmographie. Après la mort de Victorien, sa tante mène l'enquête... un peu trop tardivement comme le constatera le spectateur, beaucoup trop tard pour que le réalisateur parvienne à véritablement déployer l'intrigue et pour que les investigations d'Amanda Weber prennent une tournure véritablement passionnante. Reste alors le plaisir de retrouver Sylvie Joly, Pierre Arditi et les habituels trublions du cinéma ''Mockyéen''. Sans oublier la délicieuse Kristin Scott Thomas quasiment au début de sa carrière (à trois ans et une toute petite poignée de rôle près), jeune, belle, sexy, dans le rôle de la prostituée Julie. Laquelle absorbera sans doute l'attention des spectateurs de sexe masculin lorsqu'elle leur révélera sa brune toison. Une foufoune en chassant une autre, voilà donc une jolie épanadiplose...

 

mardi 28 mars 2023

Un linceul n'a pas de poches de Jean-Pierre Mocky (1974) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Qu'ils soient de droite, de gauche, qu'il s'agisse de politiciens, d'un maire, d'un député-médecin, tous passent à la moulinette dans ce qui demeure l'une des charges les plus virulentes de Jean-Pierre Mocky. Bien avant que sa carrière ne s'effondre d'un point de vue qualitatif, le réalisateur français signe en 1974 avec Un linceul n'a pas de poches une jolie réussite dans laquelle il tient le rôle principal de Michel Dolannes, journaliste pour qui toute vérité est bonne à dire. Même au risque d'y perdre son boulot ou la vie. Entouré d'une belle brochette d'interprètes parmi lesquels l'on retrouve notamment Jean-Pierre Marielle, Jean Carmet, Michel Constantin, Michel Serrault, Michel Galabru, Michael Lonsdale ou encore Daniel Gélin, l'acteur/réalisateur/scénariste s'entoure également de quelques interprètes féminines. Telle Myriam Mézières qui interprète Myrrha Barnowski, secrétaire russe débarquant en plein tourbillon et travaillant désormais aux côtés de Michel Dolannes ou l'actrice et mannequin Sylvia Kristel, connue pour avoir tenu le rôle d'Emmanuelle dans le célèbre film érotique éponyme de Just Jaeckin la même année. Jean-Pierre Mocky profitera de la présence de la jolie néerlandaise pour la désaper devant l'objectif de la caméra à plusieurs reprises. Mais là n'est pas l'essentiel puisque Un linceul n'a pas de poches s'intéresse avant tout à la corruption qui gangrène notre pays jusqu'au sommet des institutions. Et à ce titre, Jean-Pierre Mocky ne prend pas de pincettes et fonce dans le tas en évoquant le chantage, la censure et autres menaces afin de faire plier le journaliste qui ne se laissera cependant pas dicter son comportement. Même au péril de son existence. Poursuivi par des hommes de main, trahi par son nouvel employeur, Monsieur Laurence (Daniel Gélin) et par le syndicaliste Culli (Michel Constantin), Dolannes va dénoncer par l'entremise de son nouvel hebdomadaire Cosmopolite les avortements pratiqués clandestinement par le député-médecin Carlille (Jean-Pierre Marielle) et qui ont déjà fait trois victimes ou le meurtre d'un cheminot par le maire de la ville après que celui-ci ait couché avec le fils de ce dernier âgé de seulement quatorze ans !


Avec l'aide du scénariste et dialoguiste Alain Moury, Jean-Pierre Mocky adapte le roman de l'écrivain américain Horace McCoy No Pockets in a Shroud édité en 1937 sur le territoire américain et qui chez nous fut publié dans la collection Série Noire neuf ans plus tard. Si Un linceul n'a pas de poches reprend une bonne partie des enjeux du roman, il diffère sur certains points. Situant logiquement son action aux États-Unis, No Pockets in a Shroud évoquait notamment un groupuscule d'extrême-droite formé autour de notables dont les méthodes furent proches de celles du Ku Klux Klan. Évocation d'un suprémacisme blanc qui disparaît donc du long-métrage au profit d'une société ne naviguant plus au cœur des années trente mais quarante ans plus tard sur le sol français. À égale distance de sa dénonciation des politiques, du sport et des médias corrompus, le réalisateur évoque également la liberté de la presse et d'expression, ici, muselée par des politiciens à travers de juteuses promesses financières et aborde le sujet de la pédophilie à travers ce maire qui coucha avec un adolescent avant de faire tuer le père du jeune garçon. Habitué du genre et endossant une fois de plus le costume du héros cherchant à dénoncer l'hypocrisie de la France à l'époque ou Valérie-Giscard d'Estaing était au pouvoir, Jean-Pierre Mocky signe une œuvre très ambitieuse dont la durée (plus de deux heures) étonne. Un linceul n'a pas de poches demeure au sommet d'une carrière bordélique où le meilleur se confondait souvent avec le pire mais au cœur de laquelle, jamais le réalisateur ne fit le moindre compromis. Alors, bien sûr, le film n'est pas dénué de défauts. À commencer par ces troisièmes-rôles incapables d'aligner deux phrases sans regarder l'objectif de la caméra ou cette post-synchronisation généralement imparfaite. Mais que faire de ces menus défauts qui furent nettement plus visibles dans d'autres circonstances et qui ici s'effacent au profit d'un récit sous haute tension dont le dénouement est d'ors et déjà écrit. Coup de chapeau à Jean-Pierre Marielle qui interprète un député-médecin bien pourri et à quelques séquences rondement menées...

 

lundi 27 mars 2023

Le deal de Jean-Pierre Mocky (2006) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Sacré Jean-Pierre Mocky, capable du ''meilleur'' (Un drôle de paroissien en 1963, La Cité de l'indicible peur en 1964, La Grande lessive (!) en 1968) comme du pire (Dossier Toroto en 2011 ou Agafia en 2015) et qui signait avec Le deal, l'un de ses plus mauvais films. Et donc, l'un de ses plus essentiels. Du moins, parmi ceux qui sont marqués de l'empreinte du Z (des séries, s'entend, et non pas du célèbre Zorro) et du nanar ou bien encore du sceau de l’inénarrable amateurisme (malgré une carrière longue de dizaines d'années et d'autant de longs-métrages). Le genre de film que l'on n'oserait pas offrir à son pire ennemi ou montrer à celui ou celle que l'on aimerait convaincre du bien fondé de l'entreprise ''Jean-Pierre Mocky''. Nombreuses sont les fin de carrières chez les cinéastes qui se terminent dans des conditions quasi désastreuses tandis que chez notre réalisateur français, c'est presque une marque de fabrique. Un coup de tampon sur toute une partie défaillante de l'aspect technique qui se retrouve généralement dans son œuvre. Que ses fidèles interprètes soient toujours aussi mauvais est un fait. S'acharnant à recourir aux mêmes gueules cassées, difformes et plus généralement admises comme détonnant avec l'image que l'on peut se faire d'une vedette ou d'une star du cinéma, Jean-Pierre Mocky convoque à nouveau Jean Abeillé, Dominique Zardi, Christian Chauvaud ou l'ancienne reine de beauté Patricia Barzyk (et sa fille Sarah). Qu'importe que sa troupe hésite entre deux phrases puisqu'en post-synchronisation, les interprètes de ce Deal commettent de toute manière une véritable boucherie en accordant mal leur doublage avec les images d'origine. C'est aussi ça la ''Jean-Pierre Mocky's touch !''. Même lorsque l'un ou l'autre de ses interprètes bafouille, le réalisateur et scénariste (ici aux côtés du romancier André Ruellan) ne se pose pas la question de savoir si retourner tel ou tel plan serait une idée judicieuse. Que ça passe ou que ça casse, entre les mains d'un autre la chose aurait été impardonnable mais chez notre trublion du cinéma indépendant hexagonal, ça passe crème...


Le deal met notamment en scène quelques vedettes toutes plus bigarrées les unes que les autres mais se revendiquant malgré tout de par leur jeu ou par leur attitude de ce cinéma transgenres. Visionnaire et précédant sans doute bien involontairement l'avenir du cinéma, Jean-Pierre Mocky convoque un couple de lesbiennes, histoire plus d'une décennie en avance sur la concurrence de se conformer à ce que nous dictera la bien-pensance dans le courant des années 2010 et 2020 ! D'autres fidèles du réalisateur aux carrières nettement plus confortables répondent à l'appel. Jean-Claude Dreyfus, Jean-François Stévenin, Jackie Berroyer et, plus étonnant, l'actrice américaine Alison Arngrim qui, comme son nom ne l'indique peut-être pas, interpréta la peste Nellie Oleson dans la série culte La petite maison dans la prairie entre 1974 et 1981. Dans la langue de Molière qu'elle ne maîtrise pas forcément, Alison et son immense regard happent tout d'abord l'objectif de la caméra, nous ensorcelle, avant d'agacer nos oreilles, de nous vriller les tympans d'un rire qui ne s’asséchera que dans les derniers instants. Il faudra d'ailleurs sans doute se munir d'un décodeur, surtout dans la première partie durant laquelle il sera difficile de déchiffrer des lignes de dialogues étouffées sous l'accent fort prononcé de l'actrice américaine. Elle incarne Édith, l'épouse de Victor Anselme (Jean-François Stévenin), lequel se la joue John Travolta période Blow Out de Brian de Palma en photographiant une altercation entre le député Hervé Radius (Jean-Claude Dreyfus) et sa maîtresse Priscilla (Patricia Barzyk) se terminant par la mort de celle-ci. Tout d'abord victime d'un chantage de la part du photographe, radius se retrouve avec sur les bras, le cadavre de Victor après que celui-ci se soit électrocuté dans la baignoire du député ! S'ensuit un imbroglio lors duquel Radius tente de se constituer un alibi pour le jour de la disparition de sa maîtresse tandis que l'inspecteur Castang (Jackie Berroyer dans l'un de ses meilleurs rôles) enquête auprès de lui et de son entourage. Malgré le concept, Le deal est terriblement raté. Mal joué, mal dirigé, techniquement et artistiquement à la ramasse, le film est typique de ce cinéma ''Mockyéen'' qui se la joue un peu trop modeste et foutraques dans ses aptitudes. Les fans seront ravis. Les autres pourront passer leur chemin...

 

samedi 14 août 2021

Dossier Toroto de Jean-Pierre Mocky (2011) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 


Il y a, dans le visionnage du cinquante-quatrième long-métrage de Jean-Pierre Mocky, quelque chose de rassurant qui nous pousse à penser qu'après ça, n'importe quelle purge fera l'affaire même pour le spectateur le plus exigeant. Le genre d'épreuve qui, si elle est accomplie jusqu'au terme des soixante-trois minutes que dure la chose, nous permettra ensuite d'avaler n'importe quelle pilule. Le réalisateur atteignant là l'un des points culminants de sa carrière en terme de foutage de gueule, le bonhomme nous prévient d'entrée de jeux. Oui, Jean-Pierre Mocky, apparemment agacé par les conneries que nous proposent grand et petit écran, a pris lui-même la décision très consciente de réaliser une connerie dont la seule différence et le seul intérêt est selon sa propre expérience qu'il sait qu'il s'agit bien de mettre en scène une connerie. Avec ça, nous voilà bien avancés. Il nous refait le coup de Laurent Baffie qui avec l'affiche de son film Les clés de bagnole annonçait la couleur avec son accroche d'un genre très spécial : ''N'y allez pas, c'est une merde !''. Un conseil qu'une grande partie du public suivra puisque seuls deux-cent mille fidèles de l'humoriste se déplaceront pour aller voir son unique long-métrage en salle. Résultat des courses, pour un budget de quatre millions d'euros environ, le film n’en engrangera que le quart malgré ses indéniables qualités. Loin de ces considérations budgétaires, Jean-Pierre Mocky qui en 2011 passe le relais en revendant le célèbre cinéma Brady à Paris pour racheter le cinéma Action Écoles avant de le rebaptiser Le Desperado peut tout à fait distribuer dans son antre n'importe quelle merde qu'il aura au préalable réalisé. Sauf qu'à prendre les gens pour ce qu'ils ne sont pas forcément, il risquait là non pas de perdre de l'argent, mais de fidèles adeptes de son œuvre...


Dossier Toroto est peut-être LE plus mauvais film qu'ait réalisé le cinéaste français. De son concept insensé pourtant terriblement séduisant sur le papier, Jean-Pierre Mocky accouche d'un monstre sans appareil reproducteur et où les mots d'esprit bataillent durs pour se faire entendre dans un méli-mélo invraisemblable. En fait, du grand n'importe quoi qui va jusqu’à recycler certains décors de son cinquante-deuxième long-métrage Les insomniaques, à croire qu'il en a simplement réutilisé des bouts de bobines pour consolider son Dossier Toroto dont la durée n’excède que de très peu le tour complet de la grande aiguille d'un cadran d'horloge. Jean-Pierre Mocky investit la comédie burlesque, surréaliste avec son gamin né sans sexe qui grâce à son ami le professeur Toroto (Jean Abeillé) va pouvoir boire un peu de l'étrange élixir qu'il a inventé dans son ''laboratoire'' afin de faire grossir les légumes. L'expérience s'avère positive et Riri (Romain Gontier) se voit désormais affublé d'un pénis long de plus de cinquante centimètres. L'épouse d'un brigadier (Olivier Hémon) profite de son absence pour transformer leur appartement en lupanar, permettant ainsi aux femmes insatisfaites de prendre du plaisir auprès du jeune garçon. Dès lors, Riri fait des jaloux parmi la communauté des ''gros calibres'' qui décident de se réunir et d'aller régler son compte au professeur Toroto. D'autres s'intéressent quant à eux à la formule qu'il a mis au point et sont bien décidés à s'en emparer...


Un brigadier qui se retrouve avec une verge de plus de deux mètre quarante. Un allemand passant son temps sur une table de massage tandis que derrière lui, des types font de la varap entièrement nus. Une paire de scientifiques chelous. Un Riri dont l'âge reste à déterminer si l'on veut accepter le fait que les relations sexuelles qu'il entretient avec les femmes du village ne virent pas à la pédophilie... Dossier Toroto propose une succession de séquences totalement délirantes et parfois vulgaires. Tout ça pour un résultat pathétique. Totalement en roue libre, le réalisateur semble ne pouvoir s'empêcher de caricaturer le clergé en faisant systématiquement des prêtres des pédophiles et se charge même d'en rajouter une couche envers les pieux qui dès le départ son décrits comme des nigauds. Pas drôle pour un sou et comme à son habitude chez le réalisateur et scénariste, joué avec les pieds, Dossier Toroto est une purge qui se moque sans scrupules et avec une gratuité effarante et sans profondeur de tout ce qui dérange son auteur. Un Jean-Pierre Mocky méprisant sans aucun finesse ni talent des femmes qu'il voit comme des ménagères obsédées par l'impressionnant pénis de Riri. En n'intervenant qu'au début et à la fin du film, Jean-Pierre Mocky semble vouloir se désolidariser de ses compagnons d'aventure en n'apparaissant que subrepticement et en les laissant agir à leur guise devant la caméra. En résulte une purge qui malgré sa courte durée est d'un insondable ennui. Il est donc conseillé d'utiliser son temps à des tâches beaucoup plus saines que de perdre une heure devant cet infect projet. Jean-Pierre Mocky a voulu réaliser une ''connerie'' ? Il a en l'occurrence donné naissance à une ''merde''... !

 

Monsieur Cauchemar de Jean-Pierre Mocky (2015) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

En 1982, le réalisateur Claude Chabrol s'inspirait du roman de Georges Simenon Les Fantômes du chapelier pour réaliser l'un de ces petits chefs-d’œuvre dont il avait le secret. Une histoire au cœur de laquelle un chapelier tuait de vieilles dames pour une raison qui ne serait connue du spectateur que bien plus tard dans le déroulement du récit. Si trente-trois ans plus tard Jean-Pierre Mocky ne s'inspire pas du même ouvrage mais de Monsieur Cauchemar de Pierre Siniac, c'est pour y développer une intrigue pas tout à fait semblable mais possédant quelques caractéristiques qui font immédiatement penser au long-métrage de Claude Chabrol. Mais la comparaison n'ira pas plus loin que cet élément de mystère que les spectateurs prendront la liberté de découvrir par eux-mêmes. Autant dire que résumer à sa plus simple expression Monsieur Cauchemar ne va pas être du gâteau puisque dès les premières minutes, on se doute de quoi va traiter le soixante-troisième long-métrage de l'un des cinéastes français les plus productifs de son époque. Disparu il y a de cela deux ans, le 8 août 2019, il a laissé derrière lui plusieurs dizaines de films en tant que réalisateur (soixante-neuf pour être précis), des projets qui n'ont malheureusement pas pu aboutir, des courts-métrages mais aussi une anthologie en quatre saisons intitulée Myster Mocky présente ainsi que des dizaines d'interprétations dans divers longs-métrages, une partie des siens y compris. Autant dire que Jean-Pierre Mocky n'aura pas chômé durant sa longue carrière qui s'est étendue entre 1942 et l'année de son décès...


Pour le meilleur et parfois pour le rire, Jean-Pierre Mocky a terminé sa carrière par un certain nombre de longs-métrages sinon médiocres, du moins pas à la hauteur de ce qu'il était capable de produire en tant qu'auteur et réalisateur des années en arrière. Pour autant, les fans du cinéaste s'y retrouveront une fois de plus dans ce récit à l'ambiance très particulière et interprété en partie par des amateurs mais aussi par des acteurs confirmés. Jean-Pierre Mocky, c'est un peu l'équivalent de Patrick Sébastien (que j'admire énormément). L'un sur ses plateaux de tournage, le second sur ses plateaux de télévision. Chacun possède son vivier de personnalités qu'il peu à loisir faire participer qui à ses films, qui à ses émissions. Une tribu parmi laquelle on trouve les très fidèles Jean-Pierre Clami et Christian Chauvaud dont on ne compte plus les participations aux tournages de Jean-Pierre Mocky. Et puis, de beaucoup, beaucoup moins courants, comme l'humoriste Jonathan Lambert. Et d'encore plus rares comme l'acteur Fred Testot, cet ancien camarade télévisuel d'Omar Sy qui pour la première et dernière fois jouera pour les besoins du réalisateur. Comme auront pu le reconnaître les spectateurs lorsqu'il l'auront constaté de visu, Monsieur Cauchemar ne semble pas bénéficier de moyens plus importants que les projets qu'il a précédemment mis en boite. Très significatif de ce manque flagrant de financement, ce brouillard épais dont se sert l'étrangleur pour tuer en toute discrétion les membres d'un cirque dans lequel travaillait le héros incarné par Jean-Pierre Mocky lui-même. Et merde ! L'info est lâchée. Enfin, tout ça pour dire que d'un point de vue visuel, c'est assez laid. Vu la petitesse du budget, Jean-Pierre Mocky ne s'est même pas donné la peine d'employer des fumigènes mais use de filtres parfaitement inesthétiques...


Parmi les acteurs connus, outre le réalisateur, Fred Testot ou bien Jonathan Lambert, les spectateur reconnaîtront Philippe Vieux, surtout connu pour avoir interprété le rôle de Loïc Müller dans la série télévisée Caméra Café 2 : La Boîte du dessus aux côtés d'Arnaud Ducret ainsi que pour être apparu dans un certain nombre de comédies sur grand écran. Les plus observateurs pourront également se rincer l’œil devant cette interprète qui (sans doute pour l'intérêt du récit ???) pratique la varap en salle, TORSE NU (!?!). Ou quand l'improbable copule avec l'indigeste...Indigeste puisque Monsieur Cauchemar, malgré un postulat de départ assez prenant s'enlise très rapidement dans un amalgame de séquences sans queue ni tête qui n'apporte rien au récit et ne font que ralentir un rythme déjà beaucoup trop lent. Les personnages interprétés par Fred Testot et Jonathan Lambert (deux flics en grève qui passent leur temps à boire) ne servent pratiquement à rien, comme d'ailleurs la quasi totalité des seconds rôles. Le film se traîne péniblement à tel point que l'on a le sentiment qu'il ne se passe absolument rien. De plus on regrette que Jean-Pierre Mocky dont l'interprétation est à l'avenant de sa mise en scène, n'ai finalement pas choisi Philippe Vieux pour interpréter l'étrangleur car avec son crâne chauve et son regard sombre, il aurait sans doute été beaucoup plus crédible dans le costume de ce Monsieur Cauchemar qui finalement s'avère l'un des plus gros ratés de la carrière du réalisateur. Laid, scénaristiquement rachitique et d'une manière quasi-générale, relativement mal joué (les deux jeunes interprètes Martin Daquin et Charles-Antoine Heuillet étant les seuls à s'en sortir honorablement), on oubliera très vite cette sortie de route de la part de Jean-Pierre Mocky qui avec Monsieur Cauchemar, ne devrait même pas rencontrer son public...

 

vendredi 13 août 2021

Les insomniaques de Jean-Pierre Mocky (2010) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

''Il chantent bien ces gosses... Mais, j'crois que... l'évêque les a tous sodomisé...''. Jean-Pierre Mocky acteur, réalisateur, scénariste, qui estime que son cinquante-deuxième long-métrage Les insomniaques est ''très violent'', et même ''d'une violence très rare'' comme il en sera convaincu. L'anarchiste du cinéma hexagonal y exprime une fois encore son rejet des injustices en formant autour de lui un petit groupe de huit personnes qui s'imposent, et c'est là toute l'ironie du récit, le port du masque. Pas de type chirurgical ou de modèle FFP2, non. Des masques en plastique qui leur permettront de conserver l'anonymat lors d'exactions nocturnes visant à s'en prendre à ceux qui s'engraissent tandis que les petites gens se meurent. Un concept fort intéressant auquel participeront Bruno Putzulu, qui fut en outre l'un des principaux interprètes de L’appât de Bertrand Tavernier en 1995 et l'une des vedettes de la série télévisée Ici tout commence diffusée actuellement sur la première chaîne nationale et ce, depuis novembre 2020. Rufus, que tout le monde connaît et qui a travaillé aussi bien aux côtés d'Yves Boisset, Gérard Pirès, Roman Polanski que de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro ou Jean-Jacques Annaud. L'acteur deviendra un ''petit'' fidèle de Jean-Pierre Mocky puisqu'on le retrouvera à l'occasion des tournages de Crédit pour tous en 2011 et de À votre bon cœur, mesdames l'année suivante. En compagnie de Jean-Pierre Mocky avec lequel les deux acteurs sont les deux seules véritables vedettes, Bruno Putzulu et Rufus s'opposent dans des rôles diamétralement opposés. Le premier incarne Albert qui est insomniaque et rencontre un soir en pleine rue Boris (Jean-Pierre Mocky), qui lui aussi rencontre d'énormes difficultés pour dormir...

 

Ce dernier propose à Albert de rejoindre son étrange organisation constituée de redresseurs de torts qui comme eux passent leurs nuits éveillés. Que leurs proies s'en soient pris à une association pour handicapés, qu'ils soient des politiques corrompus s'adonnant à la luxure ou des prêtres pédophiles, tous vont devoir rendre des comptes à Boris et ses associés. Mais la police veille en la personne de Martial auquel le directeur, et c'est là qu'intervient Rufus, confie l'enquête dont toute la presse ne fait que parler... Un Martial interprété par l'acteur Mathieu Demy, lequel est le fils des réalisateurs Jacques Demy et Agnès Varda. Le reste du casting est constitué de second rôles interprétés soit par des semi-professionnels, soit par des amateurs. Mais d'une manière générale, il n'y a guère que Demy, Putzulu et Rufus pour redresser la barre vers le haut car qu'il s'agisse de la mise en scène, du montage, de la direction d'acteurs, et donc en l'occurrence de l'interprétation, Les insomniaques pique parfois les yeux et fait très souvent mal aux oreilles. Jean-Pierre Mocky n'étant apparemment pas très sensible à un certain niveau d'interprétation généralement recommandé, le réalisateur et scénariste ne s'encombre visiblement pas d'une multitude de prises, même lorsque cela s'avérerait nécessaire. En découle un jeu typique de son univers. Des hésitations en pagaille, des phrases coupées au beau milieu, certaines lignes de dialogue ouvertement récitées (on pense notamment à la séquence lors de laquelle la numéro 2 de l'organisation explique aux autres ce que s'apprête à faire le président de l'association ''Les Handicapés'' (!?!). 

 

Totalement hallucinante, on devine très clairement l'actrice Patricia Barzyk en train de lire son texte devant la caméra en employant un timbre de voix qui ne laisse la place à aucune équivoque. Culte !). Concernant la violence qu'évoque Jean-Pierre Mocky, ne vous affolez pas. Tout ou presque est filmé hors-champ à part une séquence.... comment dire.... comment la nommer... disons, gore, et que je vous laisse le plaisir de découvrir si jamais vous mettez la main sur ce film. À propos anarchique, Jean-Piere Mocky répond par un montage bordélique. Pour pallier aux faiblesses budgétaires, le réalisateur coupe dans le lard. Comprendre que dans le récit, le réalisateur emploiera l’ellipse à outrance. Un procédé dont il a souvent l'usage d'ailleurs. Si depuis la fin des années quatre-vingt le compositeur Vladimir Cosma est devenu un fidèle du réalisateur, il n'a pas toujours œuvré pour le bien de ses films (Vénéneuses, en 2017). Bien qu'elle n'ait rien d'exceptionnel, la petite ritournelle qu'il a composé spécialement pour le film, laquelle est interprétée à l'harmonica sur fond d'accordéon, reste cependant entêtante tout au long du récit. Parmi les soixante-neuf longs-métrages de Jean-Pierre Mocky, Les insomniaques se situe dans la moyenne basse. Les fans purs et durs vont adorer. Les autres, sans doute bien se marrer...


 

Vénéneuses de Jean-Pierre Mocky (2017) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Lorsque le malfaiteur Dick Grant entend dire que sa petite amie Doris a l'intention de se faire la malle avec l'un de ses partenaires Tonio Alvarez, son sang ne fait qu'un tour. Avec la complicité du directeur de la prison où il est enfermé, il parvient à s'évader. Une fois dehors, Dick fait payer aux deux ''amants'' leur trahison et les descend d'une balle dans le coffre. Lors de sa fuite, il fait la connaissance de Julia qu'un homme tente de violer. Pour le remercier, la jeune femme invite Dick chez elle mais lorsqu'elle comprend qu'il est en cavale et recherché pour un double-meurtre, Julia en profite pour le faire chanter et lui proposer un marché : celui de tuer contre son silence, son oncle Robert qui a mis la main basse sur sa fortune et celle de sa sœur. Pendant ce temps là, l’inspecteur Chevrier et l'officier Pichon enquêtent... Antépénultième long-métrage de Jean-Pierre Mocky, Vénéneuses est une véritable cours des miracles avec son truand à la gâchette facile, son traître d'associé, cette jolie jeune femme qui le fait chanter et sa sœur nymphomane ou encore cet oncle qui dilapide l'héritage de ses deux nièces. Le casting, lui, est bigarré. Le réalisateur Jean-Pierre Mocky s'offre le ''beau'' rôle de ce truand vieillissant en cavale armé d'un flingue qu'il fait parler plus souvent qu'à son tour. Qui s'invente une relation avec cette jeune femme plutôt séduisante qu'est Julia et qu'interprète l'ancienne gymnaste Clara Huet devenue depuis sa fin de carrière de sportive, une actrice que l'on a pu voir dans une dizaine de projets (cinématographiques et télévisuels confondus)...


Un casting bigarré comme cela va de soi chez Jean-Pierre Mocky qui là abandonne son habituelle galerie de ''freaks'' et convie quelques fidèles acteurs mais aussi des interprètes que l'on attendait sûrement ailleurs : outre l'ancienne gymnase, on retrouve l'actrice Charlotte Gaccio, fille de Bruno Gaccio et de Michèle Bernier pour son premier et actuellement, unique long-métrage cinéma. Lola Marois qui n'est autre que l'épouse de l'humoriste Jean-Marie Bigard et que l'on a pu entrapercevoir dans une petite quinzaine de films, de séries et de téléfilms. Ou encore Bonnafet Tarbouriech et Laurent Biras qui campent respectivement les frères Bud et Tonio Alvarez qui tiennent ensemble le club de leur partenaire Dick durant son séjour derrière les barreaux. Du côté des célébrités, on retrouve les acteurs Richard Bohringer, Philippe Rebbot et Jean-François Stévenin qui vient récemment de nous quitter après une longue maladie dont on aperçoit les signes dans ce film où on sent l'acteur terriblement affaibli. Thriller et policier se confondent dans une œuvre digne de l'un des cinéastes français les plus productifs qui soient. Jean-Pierre Mocky semble y bénéficier d'un budget étriqué qui se ressent à l'image. Tourné dans le département du Maine-et-Loire, Vénéneuses souffre de problèmes techniques évidents. Visuellement anodin bien que la photographie de Jean-Paul Sergent accentue la pâleur de certains de ses interprètes où leur donne à l'occasion un teint de jaunisse, le célèbre compositeur Vladimir Cosma (Le Grand Blond avec une chaussure noire d'Yves Robert, Les Aventures de Rabbi Jacob de Gérard Oury, L'Aile ou la Cuisse de Claude Zidi) signe une partition musicale absolument affreuse, loin de ses chefs-d’œuvre passés...


Si en terme d'interprétation on a vu bien mieux chez Jean-Pierre Mocky, on a également vu bien pire. Rien de transcendant donc mais ça passe. On sent que les actrices et acteurs donnent tout ce qu'ils ont malgré la faiblesse de certains. Le scénario de Jean-Pierre Mocky est plutôt classique même si l'on y retrouve quelques idées délirantes comme cette sœur nymphomane pour qui se promener entièrement nue lors de l'investigation des autorités policières ne pose aucun problème. Vénéneuses se situe entre ce qu'a fait de meilleur et de pire le réalisateur français. Les dialogues de Frédéric Dieudonné donnent lieu à un véritable ping-pong d'échanges verbaux entre les différents protagonistes qui bataillent alors pour sortir LE bon mot. On est encore loin d'un Michel Audiard mais là encore, ça peut faire illusion. Le jeu hésitant de la plupart des interprètes secondaires et le rythme un peu mou de l'ensemble ne font pourtant guère de Vénéneuses l’œuvre ennuyeuse qu'elle aurait pu être. Classique, on conseillera évidemment en premier lieu le film aux fans de Jean-Pierre Mocky et aux amateurs de ''nanars'' même si cet avant-avant dernier long-métrage du réalisateur français n'en est tout de même pas encore tout à fait rendu à cette situation...

 

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