Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Pierre Arditi. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Pierre Arditi. Afficher tous les articles

jeudi 14 mars 2024

Dany Boon - Le code a changé de Danièle Thompson (2009) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Un an après le phénoménal succès rencontré par son second long-métrage en tant que réalisateur, scénariste et interprète, Dany Boon choisit de mettre de côté sa carrière d'auteur pour se laisser porter par d'autres cinéastes que lui. Et notamment à travers Le code a changé de Danièle Thompson. Film dans lequel il se frotte à diverses générations d'interprètes parmi lesquels Pierre Arditi, Karin Viard, Emmanuelle Seigner, Patrick Chesnais ou encore Marina Foïs... Au vu du pedigree de la réalisatrice, on part confiant en espérant qu'elle parviendra à se hisser à la hauteur de son célèbre papa Gérard Oury. Sachant que Danièle Thompson participa elle-même à l'écriture de plusieurs comédies dont celles de La grande vadrouille en 1966, La folie des grandeurs en 1971, Les aventures de Rabbi Jacob en 1973 ou de La caparate cinq ans plus tard. Autant dire que Le code a changé, son quatrième long-métrage en tant que réalisatrice risque de proposer un spectacle aux dialogues aussi dignes d'intérêt que ceux des œuvres signées de Francis Veber, celles dont Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui furent les auteurs ou encore de l'excellent Prénom de Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte... Hein, quoi ? Ah, on me dit expressément de raviser mon jugement puisque Danièle Thompson fut également scénariste sur La Vengeance du serpent à plumes et Vanille fraise tout deux signés de son père en 1984 et 1989. Bref, autant dire que l'on n'est jamais sûr de rien et que ce qui peut paraître alléchant au premier abord peut être tout à fait indigeste au final ! Ne nous précipitons pas et voyons voir de quoi retourne Le code a changé. Première bonne chose, la réalisatrice s'est entourée d'une brochette d'interprètes hétéroclite plutôt attrayante. Quant au scénario, elle l'a écrit elle-même en compagnie de son fils, l'acteur, scénariste et réalisateur franco-américain Christopher Thompson auquel sa mère offrira dans le cas présent l'un des dix principaux rôles de cette comédie collégiale où chacun aura droit à sa part du gâteau en matière de dialogues. Au centre de ce petit groupe d'amis qui se retrouvent deux ans de suite au 21 juin lors d'un dîner l'on retrouve Karin Viard et Dany Boon, lesquels incarnent le couple formé par Marie-Laurence et Piotr Claverne. Elle est avocate et lui au chômage.


Ils convient donc en cette soirée estivale, leurs amis Mélanie et Patrick Carcassonne, Sarah et Lucas Mattei, Juliette et son compagnon Erwann ou encore le cuisiniste Jean-Louis Mauzard et la prof de flamenco Manuela. Alors que chacun se prépare à venir sonner à la porte de leurs hôtes, en voiture, les langues se délient. Certains traînent de force leur compagne à la soirée tandis que le père de Marie-Laurence et Juliette que cette dernière maudit (et (qu'incarne Pierre Arditi) doit débarquer plus tard dans la soirée. Bon autant le dire tout de suite, Le code a changé n'a pas l'ampleur du Dîner de cons de Francis Veber, de Cuisine et dépendances de Philippe Muyl, d'Un air de famille de Cédric Klapisch ou de Carnage de Roman Polanski (pour voir plus loin que le seul territoire français). Preuve que les réunions de famille ou entre amis ne sont pas forcément synonymes de grandes comédies où les bons mots fusent toutes les cinq ou dix secondes. Pourtant peu avares en la matière, ce qui différencie le quatrième long-métrage de Danièle Thompson des quelques grands exemples cités ici est la qualité des dialogues. Entre adultères, mensonges, cruauté et cynisme, Le code a changé se déroule non pas au présent (ou si peu) mais remonte un an en arrière sous forme de flash-back. L'occasion pour les dix convives de se livrer à des joutes verbales sur les thèmes du couple et du travail. Patrick Bruel campe un médecin qui ment à ses patients, Christopher Thompson incarne un Lucas méprisant envers Sarah qu'il se complaît à humilier et qu'interprète Emmanuelle Seigner. Laurent Stocker est Jean-Louis, l'ancien amant de Marie-Laurence pour laquelle il continue d'éprouver de l'attirance alors qu'elle l'a jeté hors de son lit. Patrick Chesnais est ce sexagénaire qui vit au bras de Juliette, laquelle recherche probablement chez lui le père avec lequel elle ne désire pourtant plus entrer en contact. Bref, la galerie de portraits est relativement savoureuse même si là encore, la finesse des dialogues n'est pas toujours au rendez-vous. Académique, Le code a changé a bien du mal à réellement décoller et à se détacher de la concurrence. Reste une petite comédie plutôt sympatoche mais très rapidement oubliable...

 

dimanche 10 décembre 2023

Vanille Fraise de Gérard Oury (1989) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Une fois encore, Gérard Oury nous refait le coup de la comédie d'aventures. Si le réalisateur et scénariste s'était montré particulièrement efficace en 1965 avec Le corniaud, c'était déjà beaucoup moins évident avec La vengeance du serpent à plumes dix-neuf ans plus tard. Mais alors, avec Vanille Fraise, nous touchons véritablement le fond. Catherine Deneuve, à ce sujet, eu le nez fin en refusant d'interpréter le rôle que s'est empressée ensuite d'accepter à sa place Sabine Azéma. L'avantage avec des films tels que Vanille Fraise est que l'on peut vaquer à d'autres occupations sans avoir vraiment à se concentrer sur l'intrigue vu que son intérêt se situe entre 1 et 2 sur une échelle de 20 ! Monter le son pour s'en servir de toile de fond, voilà qui devrait suffire ! Auquel cas, profitons-en pour faire un peu de ménage, dresser la liste des courses à faire le jour même, vérifier notre solde bancaire ou, dans le meilleur des cas, nous endormir pour n'être réveillés qu'une fois le générique de fin achevé. À une époque pas si lointaine puisque ne remontant qu'à trois ou quatre heures, je n'aurais pas parié un kopeck sur le fait que Gérard Oury pouvait tomber encore plus bas qu'avec La vengeance du serpent à plumes ou La soif de l'or. Et pourtant, tel est le cas avec cette comédie aussi peu innovante que pourrait l'être le retour de la cassette audio sur le marché de la musique. Avec ses violons synthétiques dignes de figurer parmi les chutes de la bande-originale de Bad Taste, sa tribu d'acteurs secondaires qu'on imaginerait plutôt découvrir dans de minables sitcoms (le couple de touristes attablé devant une glace) ou ses principaux interprètes venus prendre ici le risque de mettre leur carrière en péril, on tient sans doute avec Vanille Fraise le plus mauvais film de son auteur. Le long-métrage révèle au moins une chose fondamentale : qu'il ne faut surtout pas confier à Pierre Arditi la lourde tâche d'incarner à l'écran un homme pris de boisson. En effet, il suffit de le voir se faire passer pour un époux ivre pour comprendre que quelque chose ici ne va pas. Comment même un authentique interprète comme lui peut-il être mauvais à ce point ?


Aux côtés des époux Boulanger qu'il forme avec Sabine Azéma l'on retrouve l'acteur ivoirien Isaach de Bankolé qui dans les années eu son heure de gloire auprès du public français avec Black Mic-Mac de Thomas Gilou et Les keufs de Josiane Balasko. Bien qu'il se soit apparemment fait rare au cinéma, il suffit d'aller consulter sa filmographie pour constater qu'il n'en est rien. Bien au contraire puisqu'il fut notamment au générique du formidable Ghost Dog : la voie du samouraï de Jim Jarmusch en 1999, de Miami Vice : Deux flics à Miami de Michael Mann en 2006 ou dans les deux films de ''Blaxploitation'' américains signés de Ryan Coogler, Black Panther et Black Panther: Wakanda Forever signés en 2018 et en 2022 ! Ou comment avoir réussi à se refaire une santé dans le cinéma, le vrai, après s'être fourvoyé dans la comédie la plus niaise que le cinéma français soit capable de charrier. Inspiré d'un fait-divers authentique ayant eu lieu le 10 juillet 1985 et lors duquel le navire amiral de Greenpeace connu sous le nom de Rainbow Warrior finissait sa carrière sous les eaux du port d’Auckland à la suite d'une explosion criminelle, Vanille fraise ressemble davantage à une autre comédie française sortie sur les écrans deux ans plus tard. La totale ! de Claude Zidi qui, sans être un classique, demeure malgré tout très au dessus de l’œuvre de Gérard Oury. Vingt-quatre ans après Le corniaud, Gérard Oury reprend la route pour l'Italie mais signe cette fois-ci une triste comédie, très anachronique et donc largement dépassée. Un ersatz plus proche du théâtre de boulevard où les interprètes (surtout Pierre Arditi, encore lui) en font des caisses, tentant ainsi vainement d'amuser la galerie. Bourré de clichés qu'aujourd'hui personne n'oserait mettre en avant de peur d'être ''décoré'' de tout un tas de pompeux substantifs (pour exemple, le personnage de Hippolyte N'Go qu'incarne Isaach de Bankolé est, EVIDEMMENT, polygame). Deux ou trois ans en arrière, nous pouvions encore nous poser des questions quant aux capacités réelles de Gérard Oury à se renouveler. Mais cette fois-ci, c'est certain : le bonhomme, à l'orée des années quatre-vingt dix semble bloqué dans le passé. Navrant...

 

mercredi 29 mars 2023

Agent trouble de Jean-Pierre Mocky (1987) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Commençons par une anecdote qui n'a pas de relation directe avec le film. À voir Catherine Deneuve affublée d'une coiffure qui ne la met pas vraiment physiquement en valeur, je me suis demandé si elle portait une perruque. C'est alors que je me suis rendu sur Google pour y taper Catherine+Deneuve+Perruque. Obtenant ainsi parmi une foule de portraits de l'actrice nantie de diverses coiffures, quelques résultats étonnants. Telle cette foufoune dite ''A la portugaise'' du plus mauvais goût. Aussi pittoresque que puisse paraître la chose, elle rejoint par contre l’œuvre de Jean-Pierre Mocky en ce sens où le réalisateur français signait en 1987 avec Agent trouble, un bien curieux thriller. Le ridicule se penchant sur le moindre petit détail. Cette mèche grise qu'arbore Richard Bohringer, cette coiffure fauve qu'affiche Dominique Lavanant (aggravée par des tenues excentriques), ce bandeau qui enserre le crâne de Tom Novembre... Jean-Pierre Mocky était un bien curieux personnages n'ayant pas la langue dans sa poche. Un univers tout personnel qui malheureusement se dégrada au fil du temps, gangrenant les intrigues même les plus limpides. Pour comprendre et aborder Agent trouble de la manière la plus claire, il faudra sans doute se reporter à ces deux phrases que cite Catherine Deneuve après soixante-quinze minutes de récit : ''J'narrive pas à comprendre exactement les mobiles de ces gens... Ni à expliquer la nécessité pour eux de tuer tous ces innocents...'' Et c'est justement ce que l'on ressent devant cette histoire remarquablement intrigante dans ses premiers instants mais dont l'intérêt se délite au fil du temps. Qu'on le veuille ou non, Jean-Pierre Mocky gâche le matériau d'origine en insufflant à son œuvre cette folie douce dont il est coutumier mais qui n'était sans doute pas nécessaire ici. Lui que l'on aurait aimé voir traiter pour une fois avec un peu plus de sérieux cette adaptation du roman The man who loved zoos de l'écrivain américain Malcom Bosse ne peut donc s'empêcher d'y joindre une partie des freaks qui l'accompagnent généralement dans des situations ubuesques !


Le plus tragique dans toute cette histoire d'une adaptation dont l'effet est malheureusement celui d'un pétard mouillé, est d'observer le potentiel du récit et ce qu'en a fait Jean-Pierre Mocky. De sa manière toute personnelle et maladroite d'énumérer l'intrigue et ses personnages, Agent trouble évoque quelque part l'adaptation du roman de Georges-Jean Arnaud Brûlez-les tous ! réalisée en 1986 par Robert Enrico sous le titre Zone Rouge. Film dans lequel l'actrice Sabine Azéma cherchait à comprendre les raisons entourant la mort de son ex-mari et de celle de plusieurs habitants d'un hameau qui ensuite fut au cœur d'un incendie volontaire. Moins enclin à faire de son œuvre une adaptation riche en rebondissements et en sous-intrigues passionnantes, Jean-Pierre Mocky ouvre cependant les hostilités de la manière la plus séduisante, attirant ainsi le chaland à travers cette vision on ne peut plus fantasmagorique d'un bus arrêté dans un décor enneigé et dont tous les passagers sont prostrés dans une attitude d'inexplicable effroi. À la suite de cette séquence d'ouverture alléchante, le réalisateur introduit Tom Novembre, pittoresque personnage marginal prénommé Victorien qui fera les poches des victimes avant d'aller rendre visite à sa tantine Amanda Weber(Catherine Deneuve) et d'être ensuite recherché, poursuivi et enfin assassiné par l'étrange personnage qu'incarne Richard Bohringer, un certain Alex. Sans le talent particulièrement pointu d'un Claude Chabrol mais avec toujours autant de ferveur et de vigueur, Jean-Pierre Mocky persévère dans la critique des hauts dignitaires, jouant avec les codes du thriller tout en laissant une large place à ces personnages étranges qui toujours ont parcouru sa filmographie. Après la mort de Victorien, sa tante mène l'enquête... un peu trop tardivement comme le constatera le spectateur, beaucoup trop tard pour que le réalisateur parvienne à véritablement déployer l'intrigue et pour que les investigations d'Amanda Weber prennent une tournure véritablement passionnante. Reste alors le plaisir de retrouver Sylvie Joly, Pierre Arditi et les habituels trublions du cinéma ''Mockyéen''. Sans oublier la délicieuse Kristin Scott Thomas quasiment au début de sa carrière (à trois ans et une toute petite poignée de rôle près), jeune, belle, sexy, dans le rôle de la prostituée Julie. Laquelle absorbera sans doute l'attention des spectateurs de sexe masculin lorsqu'elle leur révélera sa brune toison. Une foufoune en chassant une autre, voilà donc une jolie épanadiplose...

 

dimanche 12 décembre 2021

La belle époque de Nicolas Bedos (2019) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Second long-métrage du réalisateur, scénariste, écrivain, humoriste et acteur (et accessoirement, fils de Guy Bedos) Nicolas Bedos, La belle époque fait partie de ces quelques films qui chaque année réussissent le pari de dépoussiérer la comédie française grâce à une écriture et une mise en scène intelligente. Après avoir débuté au théâtre, écrit plusieurs ouvrages littéraires, fait partie de l'une des équipes de Laurent Ruquier dans l'émission On n'est pas couché entre 2013 et 2015, Nicolas Bedos signe son premier long-métrage en 2017 avec Monsieur et Madame Adelman et réapparaît donc deux ans plus tard avec son antépénultième film. Une œuvre brillante sur le temps qui passe, la monotonie et le couple qui se déchire avant de se séparer. Une entrée en matière qui fait place au désir de retrouver pour son héros, le temps où le bonheur allait pour lui, commencer. Sa rencontre avec celle qui deviendra son épouse. À soixante ans et des poussières, Victor (Daniel Auteuil) peine à retrouver l'inspiration. Célèbre pour avoir été l'auteur de plusieurs bandes-dessinées il y a fort longtemps, les rapports qu'il entretient avec son épouse Marianne (Fanny Ardant) se sont si bien délabrés qu'aujourd'hui, le voilà à la porte de chez lui. Sans un sou mais avec en poche, une invitation à (re)vivre un jour très particulier. Offerte par son fils Maxime (Michael Cohen), celle-ci offre à Victor le choix de revivre une date précise dans le passé. Mais plutôt que de choisir de rencontrer ou de se glisser dans la peau d'Adolf Hitler ou d'Ernest Hemingway, Victor choisi de revivre celui de sa rencontre avec Marianne quarante ans plus tôt. Le 16 mai 1974, dans un café situé à Lyon, La belle époque ! Antoine (Guillaume Canet), l'ami de Maxime, est l'organisateur de ces soirées, véritables voyages dans le temps. Il accepte de prendre en charge la demande de Victor et fait recréer par son équipe de techniciens, la rue et les commerces qui jouxtaient à l'époque le fameux café qui depuis n'existe plus. Maintenant que les acteurs au service d'Antoine savent quel rôle ils auront à jouer et que tout est prêt pour accueillir Victor, ne reste plus à trouver celle qui incarnera Marianne le jour de leur rencontre...


Avec La belle époque, Nicolas Bedos parvient à nous replonger dans une période pas si lointaine qui autorisait encore que l'on fume dans les bars. Retrouvant le charme des années soixante-dix, avec ses voitures d'antan et ses modes vestimentaires, le film se concentre sur les histoires que vivent en parallèle Victor et son épouse ainsi qu'Antoine et sa petite amie Margot qu'interprète formidablement l'actrice Doria Tillier. Un casting de choix notamment complété par Pierre Arditi et Denis Podalydès mais aussi toutes celles et ceux qui interprètent des seconds voire, des troisièmes rôles. Entre théâtre et voyeurisme façon Le Loft (Guillaume Canet/Antoine et plusieurs membres de son équipe son dissimulés derrière des glaces sans teint et soufflent les répliques à ceux qui parfois les oublient), La belle époque nous conte une jolie histoire où l'amour est au centre des débats. Ou comment retrouver la flamme lorsqu'elle s'est éteinte et mieux comprendre ce qui poussé le couple à se quitter. Daniel Auteuil est touchant, conquis par cette jeune femme, belle, au point d'en oublier que tout n'est qu'artifice. Derrière les manettes de producteur et scénariste, Guillaume Canet/Antoine s'érige en un dieu qui cependant, perdra parfois le contrôle de la situation. Amusant, parfois cynique (le spectacle démarre de manière très frontale même si le scénario calmera le jeu par la suite). On retiendra moins les décors que la performance des interprètes qui tous se valent. On sera moins séduits par ce retour en arrière de quatre décennies que le jeu de séduction entre Doria Tillier et Daniel Auteuil. Car les vraies vedettes, ce sont eux. Et certainement moins Guillaume Canet qui tente de se racheter une conduite auprès de sa belle. Et encore moins encore Denis Podalydès qui dans le rôle de l'amant de Marianne ou Pierre Arditi qui dans celui d'un fils profite de la situation pour revivre quelques moments forts auprès de son père, s'avèrent quelque peu en retrait. Quant à Fanny Ardant, si elle brille souvent par son absence (malgré quelques tacles ponctuels absolument jouissifs), l'actrice nous réserve en compagnie de Daniel Auteuil un final chargé en émotions. Bref, La belle époque est de ces films qui surprennent par leur intensité et leur intelligence. Des personnages attachants, une mise en scène brillante et un scénario intelligent. De quoi passer deux heures de pur délice...

 

samedi 21 juillet 2018

Le Mystère de la chambre jaune de Bruno Podalydès (2002)




Après Maurice Tourneur en 1913, Émile Chautard en 1919, Marcel L'Herbier en 1930, Henri Aisner en 1949, Jean Kerchbron en 1965 et Jean-Jacques Vierne en 1983, le cinéaste français Bruno Podalydès, celui-là même qui met habituellement en scène son frère Denis, acteur de la plupart de ses œuvres, est le dernier en date à avoir adapté le célèbre roman éponyme de Gaston Leroux, Le Mystère de la chambre jaune. Si l'on a d'abord la sensation d'être face à un épisode des Brigades du Tigre, des Cinq Dernières Minutes ou même du célèbre Commissaire Maigret, on est très vite rassuré par la grande maîtrise de Bruno Podalydès qui fait d'une œuvre policière un divertissement grand public à la construction diaboliquement intelligente. 

Afin de donner corps à une intrigue digne des meilleurs écrits d'Agatha Christie, le cinéaste s'entoure d'interprètes de haut vol. A commencer bien sûr par son propre frère Denis, accompagné d'une impressionnante brochette dont Jean-Noël Brouté, Claude Rich, Pierre Arditi, Olivier Gourmet (savoureux), ou encore l'immense Michael Lonsdale, qu'il enferme durant le tournage dans le château de Villemolin, lieu unique ayant servi de décor au film.

Quant à l'intrigue, quelle est-elle ? Et bien il s'agit d'une enquête menée parallèlement aux investigations de l'inspecteur Frédéric Larsan, par le journaliste Joseph Rouletabille, et de son fidèle ami, le photographe Sainclair, au château du Glandier dans l'une des chambres duquel une tentative de meurtre a faillit coûter la vie à la fille du Professeur Stangerson, Mathilde. Toute la question étant de savoir qui a tenté de tuer la jeune femme bien sûr, mais aussi de découvrir par quel ingénieux moyen l'assassin a quitté la chambre de la victime fermée de l'intérieur sans qu'aucun des témoins présents ne s'aperçoive de sa présence...

Outre l'intérêt que l'on porte à l'enquête menée par le héros de cette histoire, Le Mystère de la chambre jaune est surtout une irrésistible comédie servie par des acteurs de talents. Si dans l'esprit, le cadre, l'époque et l'approche semblent avoir quelque peu vieilli, le film compte quelques scènes d'anthologie dont celle de l'horloge n'est pas des moindre. Voir l'assistant de Rouletabille se battre avec sa planque provoque un rire irrépressible.
Dans le paysage cinématographique français, Bruno Podalydès ne se départit jamais de cette constante qualité qui fait un tout de son œuvre dans sa très large majorité (pour ne pas dire la totalité). Ceux qui aimaient déjà le cinéma de l'auteur de Liberté-Oléron et ceux qui lui demeurent toujours fidèles, et ce jusqu'à son dernier long-métrage à ce jour (Comme Un Avion) tomberont forcément sous le charme de ce Mystère que seul l'excellent Denis Podalydès parviendra à résoudre...

dimanche 20 mars 2016

Comme un Avion de Bruno Podalydès (2015)




Michel est infographiste, marié à Rachelle et passionné par l'Aéropostale. Il travaille pour le compte de Rémi auquel il doit rendre un projet de maquette en trois dimensions. Lors d'une réunion, les deux hommes ainsi que leur collaborateurs jettent au hasard de leurs recherches sur Internet des exemples de palindromes. Tous, sauf Michel qui plus tard en trouvera un : Kayak. Mais plus important est la ressemblance de cette embarcation avec le fuselage des avions auxquels il voue une véritable passion.
Michel décide donc d'en acheter un sans en dire un mot à Rachelle. Recevant l'objet en kit, il le monte seul, puis l'installe sur le toit de leur demeure et s'entraîne dans le vide à pagayer. Michel prend quelques jours de congés puis, accompagné par Rachelle, il prépare une traversée de plusieurs dizaines de kilomètres le long d'une rivière. Après s'être dit au revoir, les époux partent chacun de leur côté, Michel parcourant le lit de la rivière. Quatre kilomètres après le départ, il décide de s'arrêter pour la nuit à venir. Il rencontre la jeune Mila qui lui conseille de demander à Lætitia afin de trouver un emplacement pour installer sa tente.

Michel qui ne pensait rester dans le coin que l'espace d'une nuit va être irrémédiablement ramené vers la propriété de Lætitia, se rapprochant peu à peu de celle-ci, et sympathisant avec les habitués du coin...

Dernier long-métrage en date de Bruno Podalydès, Comme un Avion ne décevra pas les amateurs de l'univers si particulier du cinéaste. Ceux qui n'en sont pas coutumiers, du moins, une partie d'entre eux (les plus impatients), risquent de ne pas tenir plus de quinze ou vingt minutes d'un film qui s'ouvre sur une ambiance des plus monotone, assez représentative du quotidien de notre héros interprété par le cinéaste lui-même. Ce serait une erreur impardonnable lorsque l'on sait combien l’œuvre recèle par la suite de moments extrêmement plaisants.

Comme un Avion est traversé par une poésie presque permanente et par une succession de scènes aussi bluffantes de simplicité que d'ingéniosité. On y découvre des personnages attachants campés par des acteurs formidables dont Agnès Jaoui n'est pas des moindre. Si le personnage de Michel n'est pas au premier abord des plus attachant ni des plus convivial, il exerce pourtant autour de lui une attraction qui rend le sourire à des être déchirés soit par la mort d'un conjoint, soit par une séparation. On retrouve l'éternel frangin du cinéaste, Denis Podalydès, la jolie Vimala Pons dans le rôle de Mila, le toujours savoureux Michel Vuillermoz dans celui de Christophe, le « peintre » atteint de poliomyélite, mais aussi Pierre Arditi en pêcheur grincheux.

Comme un clin d’œil aux palindromes, la musique du Prélude en do mineur BWV 847 de Bach accompagne le rêve où Michel se voit piloter sa maquette d'avion. Est-ce un hasard ? parce-que les 9 premières notes de la mélodie de ce prélude ( DO MIb RE MIb DO MId RE MIb DO) sonnent comme aussi un palindrome).  
Comme un Avion sent la campagne. Le vent souffle sur les draps séchant au soleil. A la terrasse de Lætitia, on boit le pastis frais, arrosé de glaçons. L'univers de ses personnages demeure hors du temps. Il y fait tellement vivre que l'on se prend à rêver d'y avoir la place si privilégiée de Miche. Les débuts moroses du début laissent peu à peu la place à l'humour et au surréalisme. Le film fourmille de petites scènes irrésistiblement drôles (la tente Quechua se refermant et réintégrant toute seule son fourreau pour ne citer qu'elle). On en ressort heureux d'avoir assisté à un tel spectacle. Ici, pas de grands effets. Rien que de grandes idées servies par un cinéaste et des interprètes talentueux...


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...