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mercredi 5 février 2025

S.O.S Concorde de Ruggero Deodato (1980) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Auteur de quelques œuvres particulièrement gratinées dans les années soixante-dix et quatre-vingt portant sur le thème des cannibales (Ultimo Mondo Cannibale en 1977, Cannibal Holocaust en 1980) et de quelques pépites nanardesques (La Casa Sperduta nel Parco en 1980, I Predatori di Atlantide en 1983 ou The Barbarians en 1987), le réalisateur italien Ruggero Deodato semblait vouloir en 1979 spéculer sur la vague de films catastrophes qui déferlèrent entre 1974 et 1979 sur les écrans de cinéma outre-atlantiques (Airport de George Seaton, Airport 1975 de Jack Smight, Airport '77 de Jerry Jameson et enfin The Concorde... Airport '79 de David Lowell Rich). Connu pour s'être emparé de très grandes références cinématographiques américaines durant deux bonnes décennies pour en proposer des variantes dont les qualités sont très majoritairement discutables, le cinéma transalpin semble cette fois-ci avoir pris de l'avance sur les grands tenants du film catastrophe. En effet, si les États-Unis furent les premiers à quitter les starting-blocks et si l'on compare les dates des sorties internationales de The Concorde... Airport '79 avec celles de S.O.S Concorde que le réalisateur italien a semble-t-il réalisé la même année, il est peut envisageable que les scénaristes Alberto Fioretti, Ernesto Gastaldi et Renzo Genta aient volé à Eric Roth, Jennings Lang et Arthur Hailey l'idée de mettre en scène cette fois-ci, le Concorde... Afin de capitaliser sur l'éventuel futur succès de son film, Ruggero Deodato américanise son nom en enlevant quelques lettres à son prénom, lequel apparaît donc anglicisé sous la forme actuelle de Roger Deodato. Moins connu pour ses qualités de conteur ou de metteur en scène que pour son cultissime, effroyable mais pas toujours recommandable Cannibal Holocaust (les meurtres réels d'animaux), le réalisateur italien signe pourtant dans le cas de S.O.S Concorde une œuvre qui vaut peut-être finalement bien mieux que la concurrence américaine plus préoccupée par de longues séquences d'expositions nous présentant les principaux protagonistes que par le contenu scénaristique de leurs films. En effet, contrairement à la série des Airport, le long-métrage de Ruggero Deodato a l'intelligence de ne pas se concentrer uniquement sur la catastrophe. Celle-ci se résumant finalement en une poignée de minutes d'ailleurs assez peu savamment mises en scène.


L'intérêt du scénario d'Alberto Fioretti, Ernesto Gastaldi et Renzo Genta est donc à aller chercher ailleurs, dans les raisons qui ont causées la catastrophe. Interviennent au sein du récit, les responsables d'une compagnie aérienne concurrente. Une équipe chargée d'explorer les fonds marins dans l'intention de retrouver l'avion en question. Une femme qui tente d'échapper à la garde de celui qui est aux commandes de l'expédition. Et enfin, un journaliste chargé de couvrir l'affaire et dont l'ancienne épouse qui l'avait supplié au téléphone de venir la retrouver sur une île afin de partager avec lui des informations sera retrouvée morte d'une crise cardiaque (Fiamma Maglione dans le rôle de Nicole Brody). S.O.S Concorde est donc moins un film catastrophe qu'un thriller d'aventures. Un an avant de revenir à l'horreur et de signer l'un des plus grands traumatismes de l'histoire du cinéma avec Cannibal Holocaust, Ruggero Deodato signe avec S.O.S Concorde une honnête série B qui, sans cette mise en scène dont les défauts ont ce même arrière-goût que certaines production propres au cinéma transalpin de l'époque, aurait pu remettre à plat la comparaison entre cinémas européen et américain. La preuve qu'un budget que l'on devine bien inférieur aux quatorze millions qui furent débloqués pour The Concorde... Airport '79 de David Lowell Rich peut être être remplacé par la ténacité et l'enthousiasme de toute une équipe. Et si ce dernier bénéficia des présences d'Alain Delon, de George Kennedy, de Sylvia Kristel (Emmanuelle de Just Jaeckin, en 1974) ou de Robert Wagner, le film de Ruggero Deodato n'est quant à lui pas en reste. Sans doute moins connus que leurs homologues français et outre-atlantiques, les quelques vedettes de S.O.S Concorde n'ont, pour l'amateur de cinéma bis, pas la moindre raison de rougir ! En effet, parmi les principaux interprètes, nous citerons l'américain James Franciscus, la franco-américaine Mimsy Farmer et l'italien Venantino Venantini. Et pour parler directement aux amateurs d'un certain cinéma dit de genre, nous évoquerons leur participation respectives à des œuvres telles que Le chat à neuf queues de Dario Argento, L'invasion des piranhas d'Antonio Margheriti ou La Mort au large d'Enzo G. Castellari pour le premier, Quatre mouches de velour gris de Dario Argento, La traque de Serge Leroy ou le très glauque Frissons d'horreur d'Armando Crispino pour la seconde et enfin Frayeurs de Lucio Fulci, Cannibal Ferox d'Umberto Lenzi ou Les Exterminateurs de l'an 3000 de Giuliano Carnimeo pour le dernier. Sans oublier Dakar, acteur et catcheur d'origine péruvienne. Lequel ne fera ici pas long-feu mais dont l'on aura particulièrement retenu sa participation aux tournages de L'enfer des zombies de Lucio Fulci et de La terreur des zombies de Marino Girolami tous deux sortis un an auparavant. Fusillades, complot, enquête journalistique, S.O.S Concorde se regarde avec un authentique plaisir...

 

dimanche 10 décembre 2023

Vanille Fraise de Gérard Oury (1989) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Une fois encore, Gérard Oury nous refait le coup de la comédie d'aventures. Si le réalisateur et scénariste s'était montré particulièrement efficace en 1965 avec Le corniaud, c'était déjà beaucoup moins évident avec La vengeance du serpent à plumes dix-neuf ans plus tard. Mais alors, avec Vanille Fraise, nous touchons véritablement le fond. Catherine Deneuve, à ce sujet, eu le nez fin en refusant d'interpréter le rôle que s'est empressée ensuite d'accepter à sa place Sabine Azéma. L'avantage avec des films tels que Vanille Fraise est que l'on peut vaquer à d'autres occupations sans avoir vraiment à se concentrer sur l'intrigue vu que son intérêt se situe entre 1 et 2 sur une échelle de 20 ! Monter le son pour s'en servir de toile de fond, voilà qui devrait suffire ! Auquel cas, profitons-en pour faire un peu de ménage, dresser la liste des courses à faire le jour même, vérifier notre solde bancaire ou, dans le meilleur des cas, nous endormir pour n'être réveillés qu'une fois le générique de fin achevé. À une époque pas si lointaine puisque ne remontant qu'à trois ou quatre heures, je n'aurais pas parié un kopeck sur le fait que Gérard Oury pouvait tomber encore plus bas qu'avec La vengeance du serpent à plumes ou La soif de l'or. Et pourtant, tel est le cas avec cette comédie aussi peu innovante que pourrait l'être le retour de la cassette audio sur le marché de la musique. Avec ses violons synthétiques dignes de figurer parmi les chutes de la bande-originale de Bad Taste, sa tribu d'acteurs secondaires qu'on imaginerait plutôt découvrir dans de minables sitcoms (le couple de touristes attablé devant une glace) ou ses principaux interprètes venus prendre ici le risque de mettre leur carrière en péril, on tient sans doute avec Vanille Fraise le plus mauvais film de son auteur. Le long-métrage révèle au moins une chose fondamentale : qu'il ne faut surtout pas confier à Pierre Arditi la lourde tâche d'incarner à l'écran un homme pris de boisson. En effet, il suffit de le voir se faire passer pour un époux ivre pour comprendre que quelque chose ici ne va pas. Comment même un authentique interprète comme lui peut-il être mauvais à ce point ?


Aux côtés des époux Boulanger qu'il forme avec Sabine Azéma l'on retrouve l'acteur ivoirien Isaach de Bankolé qui dans les années eu son heure de gloire auprès du public français avec Black Mic-Mac de Thomas Gilou et Les keufs de Josiane Balasko. Bien qu'il se soit apparemment fait rare au cinéma, il suffit d'aller consulter sa filmographie pour constater qu'il n'en est rien. Bien au contraire puisqu'il fut notamment au générique du formidable Ghost Dog : la voie du samouraï de Jim Jarmusch en 1999, de Miami Vice : Deux flics à Miami de Michael Mann en 2006 ou dans les deux films de ''Blaxploitation'' américains signés de Ryan Coogler, Black Panther et Black Panther: Wakanda Forever signés en 2018 et en 2022 ! Ou comment avoir réussi à se refaire une santé dans le cinéma, le vrai, après s'être fourvoyé dans la comédie la plus niaise que le cinéma français soit capable de charrier. Inspiré d'un fait-divers authentique ayant eu lieu le 10 juillet 1985 et lors duquel le navire amiral de Greenpeace connu sous le nom de Rainbow Warrior finissait sa carrière sous les eaux du port d’Auckland à la suite d'une explosion criminelle, Vanille fraise ressemble davantage à une autre comédie française sortie sur les écrans deux ans plus tard. La totale ! de Claude Zidi qui, sans être un classique, demeure malgré tout très au dessus de l’œuvre de Gérard Oury. Vingt-quatre ans après Le corniaud, Gérard Oury reprend la route pour l'Italie mais signe cette fois-ci une triste comédie, très anachronique et donc largement dépassée. Un ersatz plus proche du théâtre de boulevard où les interprètes (surtout Pierre Arditi, encore lui) en font des caisses, tentant ainsi vainement d'amuser la galerie. Bourré de clichés qu'aujourd'hui personne n'oserait mettre en avant de peur d'être ''décoré'' de tout un tas de pompeux substantifs (pour exemple, le personnage de Hippolyte N'Go qu'incarne Isaach de Bankolé est, EVIDEMMENT, polygame). Deux ou trois ans en arrière, nous pouvions encore nous poser des questions quant aux capacités réelles de Gérard Oury à se renouveler. Mais cette fois-ci, c'est certain : le bonhomme, à l'orée des années quatre-vingt dix semble bloqué dans le passé. Navrant...

 

samedi 18 avril 2020

Le Führer en Folie de Philippe Clair (1974) - ★☆☆☆☆☆☆☆☆☆



L'expérience que je m'apprête à vivre aujourd'hui est... suicidaire. En effet, alors que j'avais le choix entre d'innombrables films de qualité, j'ai décidé de passer la journée devant une tripotée de longs-métrages réalisés par Philippe Clair. Et pour celles et ceux qui ne connaissent pas le bonhomme, disons qu'il s'agit de l'un des pires réalisateurs français. Certains diront, spécialiste des comédies populaires, d'autres des comédies franchouillardes et quant à moi, ben.... je ne sais pas vraiment où situer sa filmographie. Disons, entre le moyen, le mauvais, et le nullissime. En tout cas, l'un des plus brillants représentants du genre nanar... Allez, on s'fait la main sur Le Führer en Folie. Cinquième long-métrage de Philippe Clair après, entre autres, La Grande Java avec les Charlots et Francis Blanche et La Brigade en Folie avec Jacques Dufilho, Sim et Patrick Topaloff !!! Vu la gueule des castings de ces deux-là, on pourrait croire que je tente d'échapper au pire. Que nenni car dans Le Führer en Folie aussi, il y a des moments de bravoure. Et puis, si les Charlots, Dufilho et Francis Blanche en sont absents, Patrick Topaloff y est, LUI. Et pas tout seul puisqu'à ses côtés, on retrouve Henri Tisot dans le rôle d'Adolf Hitler, Alice Sapritch dans celui d'Eva Braun et Michel Galabru en Monsieur Achtung. Un casting ''enrichi'' par les présences de Luis Rego, Maurice Risch, Venantino Venantini (oui, oui), Pierre Doris, Georges de Caunes et le réalisateur lui-même...

Bon ne rêvons pas. Ça n'est pas parce qu'il y a du führer dans le titre et dans le casting qu'on va avoir droit à du grand cinéma façon Steven Spielberg ou Roman Polanski. Non, plutôt de la comédie bas, voire même, très bas de gamme plus proche de Jean Girault période La Soupe aux Choux et Le Gendarme et les Gendarmettes, Bernard Launois et son Touch' pas à mon Biniou ou Robert Thomas et Mon Curé chez les Thaïlandaises. Il est complètement fou de constater le nombre de ces pépites signées par des réalisateurs français dont l'un des seuls charmes se situe au niveau des titres. Parce qu'une fois ouverte la boite de pandore, le parfum qui s'en dégage généralement est celui d'un camembert qui a eu tout le temps de fermenter au soleil. Bon, avant toute chose, si vous ne voulez pas passer pour un demeuré, pensez tout d'abord à baisser le son pour que vos voisins n'entendent SURTOUT PAS l'affligeante chanson qui accompagne le générique du début. Un titre signé par Patrick Topaloff en collaboration avec Carlo Rustichelli, ''Ballon, Ballon'', qui laisse immédiatement entrevoir le niveau du film auquel nous allons assister.

Allez, on se retrouve dans une heure et dix-sept minutes, le temps d'ingérer la chose et d'en vomir subséquemment la suite de cet article...

Bon, ça y est, l'épreuve vient de s'achever. Et comme je m'en doutais, Le Führer en Folie est vraiment PI-TO-YA-BLE. Il fait partie de ces indigestions cinématographiques qu'on regarde soit par accident, soit par masochisme, ou sans avoir pris connaissance au préalable de sa médiocre réputation. Avec son charisme de phacochère, le Führer de Philippe Clair a pris quelques kilos en trop. D'après les souvenirs d'un Monsieur Achtung invité sur un plateau télé à parler de la biographie qu'il a consacrée à Adolf Hitler, le Führer propose à l'ennemi de jouer la victoire de la seconde guerre mondiale lors d'un match de football contre l'équipe française. Parmi les soldats français entraînés pour ce match, trois manquent d'assiduité : Harry, Toto et Johnny. Le colonel chargé de les entraîner s'en débarrasse en les envoyant sur le front. Une section allemande à la tête de laquelle se trouve Hitler les découvre dans un champ. Mis aux arrêts, il échappent au peloton d'exécution lorsque le Führer croit voir en eux, trois champions du football français. Convaincu que l'Allemagne peut et doit gagner le match, et donc la guerre, il décide d'intégrer les trois hommes à l'équipe de football de son équipe...Hitler en entraîneur de football. Hitler en peintre... deux exemples du traitement qu'inflige au célèbre dictateur le réalisateur Philippe Clair.

Quant à Alice Sapritch, la pauvre tente tant bien que mal (et surtout mal) de faire illusion en Eva Braun. On l'aura compris, Le Führer en Folie est une parodie de film de guerre ne situant pas son intrigue à une période très précise. Fustigeant toute crédibilité, nos trois valeureux héros incarnés par Patrick Topaloff , Luis Rego et Maurice Risch n'arborent pas la coiffure conventionnelle des soldats de l'armée française mais une coupe atteignant leurs frêles épaules. De même qu'ils débarquent sur le champ de bataille affublés de pyjamas. Le premier, tout en bleu, le second, tout en blanc, quant au troisième... enfin, vous avez compris ! Le Führer en Folie propose un spectacle où la gaudriole et le cabotinage vont bon train. Rarement le cinéma français aura-t-il autant repoussé les limites du ridicule tout en n'étant jamais drôle. Les interprètes sont tous aussi pathétiques les uns que les autres. Entre un trio de têtes louchant pour éviter l'exécution sur le peloton de tir et un Führer hurlant chaque fois que l'occasion se présente, le film de Philippe Clair offre surtout à Henri Tisot, l'occasion de s'exprimer dans un charabia inaudible rendu plus difficile encore par la piètre qualité sonore d'un film ayant survécu tant bien que mal aux outrages du temps. Fort logiquement, l'aventure se termine par le match de foot en question. Une compétition absolument délirante. En témoignent notamment les stock-shots empruntés à des images d'archives d'une congrégation de moines bouddhistes sans rapport aucun avec le contenu du film ! C'est à se demander ce que Philippe Clair et et le scénariste Victor Béniard ont consommé avant d'en écrire l'histoire. Affligeant !

mercredi 1 avril 2020

La Tétralogie Des Portes De L'Enfer : Paura nella Città dei Morti Viventi (Frayeurs) de Lucio Fulci (1980) - ★★★★★★★☆☆☆



Second long-métrage de la tétralogie de l'Enfer (ou des Zombies, c'est selon...) réalisée par le cinéaste italien Lucio Fulci, Frayeurs (traduction plus qu'approximative de Paura nella Città dei Morti Viventi que l'on traduira plus raisonnablement sous le titre ''Peur dans la Ville des Morts-Vivants'') et aussi et surtout le plus mortifère des quatre parmi L'Enfer des Zombies, L'Au-Dela et La Maison près du Cimetière. Une œuvre d'une noirceur et d'un pessimisme absolus dont on cherchera encore longtemps la signification de la scène finale durant laquelle l'une des rares survivantes (l'égérie du réalisateur, Catriona MacColl) s'époumone face au gamin qui cherche à se réfugier entre ses bras. La spirite Mary Woodhouse aurait-elle définitivement perdu la tête ou bien est-elle une fois de plus confrontée à des visions macabres qui laissent supposer un avenir incertain pour les habitants de Dunwich en particulier et pour l'humanité toute entière en ? Il faut dire que d'ici les toutes dernières secondes de Frayeurs, Lucio Fulci nous aura gratifié d'une œuvre macabre terriblement sombre. Plus encore que par le passé et pire que pour le futur à venir, cette ''City of the Living Dead'' (traduction américaine déjà plus juste du titre original) est nappée d'une atmosphère on ne peut plus austère.

Tout ça parce qu'un prêtre, le père Thomas, eut la mauvaise idée de se suicider (l'acte en lui-même étant réprimé par l’Église et le cinquième commandement ''Paragraphe 2325''). C'est là qu'intervient pour la première fois le personnage de Mary Woodhouse qui lors d'une séance de médiumnité meurt de peur d'avoir eu la vision du prêtre pendu. Enterrée comme il se doit par deux fossoyeurs n'ayant visiblement pas vraiment la tête à ça, elle sera finalement sauvée par le journaliste Peter Bell (l'acteur américain Christopher George). Car oui, la jeune femme n'est pas réellement morte. Ou bien est-elle ''simplement'' revenue à la vie. Toujours est-il qu'en compagnie de Peter et d'un couple (dont l'acteur italien Carlo De Mejo, visible notamment dans L'Altro Inferno de Bruno Mattei), ils vont tenter d'empêcher les portes de l'Enfer de s'ouvrir avant que n'arrive la date butoir : le jour de la Toussaint (fête catholique honorant tous les saints). Un film d'horreur signé du réalisateur transalpin n'étant pas vraiment un film d'horreur s'il ne contient pas de scènes gore, Frayeurs est parcouru de séquences particulièrement sanglantes. Au programme : des zombies, bien évidemment, quelques morsures (hors-champ) et blessures bien ''cra-cra'', une trépanation à la ''Fulci'' (comprendre à l'aide d'une perceuse, pour une scène totalement gratuite !), deux crânes broyés, une pluie de vers (des vrais, hein, pas des cotillons !), mais aussi et surtout, une scène absolument gerbante lors de laquelle une adolescente vomi littéralement tout ce que contient son corps d'organes internes !!!

On l'aura compris, une nouvelle fois, l'esprit tourmenté (sadique ?) de Lucio Fulci tourne à plein régime. Si le montage et le déroulement semblent encore une fois être le fruit du hasard (il n'est pas toujours évident de comprendre l'organisation des séquences) avec pour conséquences de rendre certains passages incohérents voire, invraisemblables, Frayeurs est un monument d'effroi et d'horreur. Vent, brume, gémissements, cadavres purulents, décors fantomatiques et score ahurissant formidablement composé par Fabio Frizzi (fidèle compositeur de Lucio Fulci puisqu'il écrira notamment les partitions de L'emmurée vivante, L'Au-Delà ou Manhattan Baby), ce second volet de la tétralogie de l'Enfer est cauchemardesque. À noter les présences à l'écran de Venantino Venantini, Giovanni Lombardo Radice, Daniela Doria, de l'auteur du cultissime Bloody Bird Michele Soavi et de Lucio Fulci lui-même qui interprète ici, le rôle du Docteur Joe Thompson. Un sacré casting pour une œuvre gore et culte qui reçu le Grand Prix du public au Festival fantastique de Paris en 1980 !

dimanche 23 décembre 2018

Des Pissenlits par la Racine de Georges Lautner (1964) - ★★★★★★★☆☆☆



1964. Cette année là, Louis de Funès et Maurice Biraud joueront par deux fois l'un à côté de l'autre. Deux comédie, l'une policière, et l'autre mêlant humour et polar. Des Pissenlits par la Racine est la première d'entre elles. Réalisée et adapté par Georges Lautner, les dialogues sont du réalisateur lui-même et Clarence Weff, épaulés pour l'occasion par le dialoguiste Michel Audiard. Il s'agit là pour ce dernier, davantage que de superviser les dialogues qui à tout bout de champ, transpirent son propre style. Savoureux, c'est dans le Paris en noir et blanc du milieu des années soixante qu'une tribu d'interprètes participe à cette histoire à multiples tiroirs. Maurice Biraud et Gianni Musy y incarnent respectivement Jo Arengeot et Riton, dit « Pomme Chips », qui après deux ans de prison ont recouvré la liberté. Pomme Chips cherche à mettre la main sur Jacques, le cousin de Jérôme, acteur et contrebassiste dans une pièce de théâtre à succès dont la dernière est prévue pour bientôt. Mais avant cela, Jo confie à son ancien co-détenu la mission de parier sur trois chevaux au Tiercé. Lorsque plus tard, Pomme-Chips est accidentellement tué par Jacques lors de la dernière représentation de La Lune dans la Bière (celui-là même qu'il voulait tuer après s'être fait « voler » sa compagne, la délicieuse mais un peu cruche Rockie, dite « La Braise »), celui-ci planque le corps de la victime dans la caisse de la contrebasse de Jérôme. Une fois la pièce terminée et le matériel transporté chez l'acteur Pierre Michon (Venantino Venantini), le corps est découvert enfermé dans la caisse. Michon menace alors Jérôme, Jo, Rockie et Jacques d'appeler la police s'ils ne le débarrassent pas très vite de l'encombrant cadavre...

Excellente surprise que Des Pissenlits par la Racine. D'abord, il y a ce casting en or : Maurice Biraud, Louis de Funès, Michel Serrault, Francis Blanche, Venantino Venantini, Guy Grosso, mais aussi Mireille Darc. Belle à croquer. Un peu nunuche, mais féline et désirable. La Christine du Grand Blond avec une Chaussure Noire avant l'heure. Charmeuse. Ses rôles dans l'oeuvre de Georges Lautner et huit ans plus tard dans celle d'Yves Robert sont parfois à ce point semblables que l'on pourrait penser que l'auteur de Alexandre le Bienheureux ou de Un Éléphant ça trompe Énormément s'est inspiré du même roman écrit par Clarence Weff alors que le scénariste Francis Veber s'inspirera en réalité de la vie du violoniste russe Igal Shamir. Pour en revenir au long-métrage de Georges Lautner, outre la solide interprétation d'un collège d'interprètes incroyablement fusionnels et habitués à tourner ensemble pour la majorité d'entre eux, le film se distingue comme bon nombre de longs-métrages auxquels a participé Michel Audiard grâce aussi à ses excellents dialogues. Chaque personnage débarque avec son cortège de répliques et d'expressions savoureuses. Louis de Funès retrouve son éternel personnage de poltron, mais cette fois-ci dans un registre un peu plus sombre qu'à son habitude.


Sept ans avant Jo de Jean Girault, il incarne déjà un personnage se rendant coupable d'un meurtre. Mais comme cela sera le cas dans Jo, le meurtre qu'il commet ici est accidentel. Accompagné par la partition musicale parfois nostalgique du compositeur français Georges Delerue, Des Pissenlits par la Racine nous fait voyager dans un Paris dont on ne ne profitera malheureusement qu'en de très rares occasions, et encore, de nuit. Entre les champs de courses, les bars, un théâtre, une soirée « pop » et la maison d'un ornithologue, le film de Georges Lautner est une savoureuse comédie tournant autour de petits malfrats branquignoles, d'un cadavre embarrassant, et d'un ticket de Tiercé gagnant. On ne s'ennuie pas un seul instant...

mercredi 3 janvier 2018

Erotissimo de Gérard Pirès (1969)- ★★★★★★☆☆☆☆



Un an après la grande révolte de Mai 68 durant laquelle des grèves de grande ampleur et des manifestations ont eu lieu sort sur les écrans de cinéma français le premier long-métrage du cinéaste Gérard Pirès, Erotissimo. En vedette, la belle Annie Girardot, Jean Yanne, et Francis Blanche. En entame, les événements de Mai 68. Le film s'inscrit donc directement à l'issue des émeutes et propose une vision très moderne de l'émancipation de la femme à travers l'exploitation de son potentiel érotique par la presse et la publicité. Alors que Philippe (Jean Yanne) est contrôlé par l'inspecteur des finances Butor (Francis Blanche), ce riche PDG d'une entreprise spécialisée dans les accessoires pour bébés délaisse peu à peu son épouse (Annie Girardot), accaparé qu'il est par ce polyvalent qui va, dès lors, éplucher la totalité de ses comptes professionnels et personnels. Sur le ton de l'humour, Erotissimo décline le scénario écrit à six mains par Nicole de Buron, Gérard Pirès et Pierre Sisser sur un mode tout à fait étonnant. En roue libre, le long-métrage ressemble à un collage plus ou moins cohérent de scènes aux multiples aspirations. Du couple qui se délite sous le poids des responsabilités du président directeur général d'une entreprise, jusqu'au questionnement de son épouse qui se demande devant la distance prise par son mari si elle est encore à la hauteur.

Arrive alors à point nommé la réponse à ses turpitudes : la femme moderne se doit d'être sexy. Et même si dehors, certains haranguent les épouses délaissées et refusent l'image de ces femmes soumises au dictât du mâle et des médias, Annie va tout faire pour se reconquérir Philippe.Nouvelle coiffure, passage obligé chez l'esthéticienne, nouvelles robes. Le ravalement de façade une fois accompli, c'est avec désespoir qu'au retour de Philippe, Annie constate que rien n'a changé. Obsédé par le contrôle fiscal dont il est l'objet, le mari ignore sa femme. Aiguillée par une amie dont les avis sont plus ou moins avisés, Annie ne sait plus quoi faire pour attirer l'attention de Philippe. A moins qu'un amant...

Erotissimo, presque cinquante ans après sa sortie, continuera de demeurer un objet filmique non identifié. Ou presque puisque derrière un humour pas toujours immédiat, Gérard Pirès dresse le portrait d'un couple miné par les responsabilités de l'époux. La vie professionnelle prenant le dessus sur la vie privée, ça n'est certes pas nouveau, mais à revoir ce film datant de 1969, année très érotique sublimée en son temps par un certain Serge Gainsbourg qui apparaît justement à la sortie d'un cinéma porno, le style contemporain de l'époque paraît avoir bien vieilli. Les chemises à fleurs ont disparu. Du moins, celles à la mode en cette période très près-Woodstock, festival qui accueillera un demi million d'adeptes de musique folk et rock deux mois après la sortie du long-métrage de Gérard Pirès. Une œuvre contestataire qu'aurait pu finalement réaliser lui-même Jean Yanne, surtout qu'il réalisera lui-même quelques brûlots contestataires particulièrement jouissifs dont le scandaleux (pour l'époque), Tout le Monde il est Beau, Tout le Monde il est Gentil.
Erotissimo est aussi l'occasion aujourd'hui pour l'amateur, de retrouver des gueules bien connues du grand et du petit écrans : Rufus dans le rôle du comptable de Jean Yanne, l'acteur italien Venantino Venantini dans celui de (l'amant) Sylvio, les animateurs Jacques Martin et Fabrice, les chanteurs Nicole Croisille, Jacques Higelin et Serge Gainsbourg, donc, ou encore Daniel Prevost et jacques Balutin.

Le montage est parfois ultra-nerveux. Les situations sont souvent pittoresques. Annie Girardot est magnifique (le film est l'occasion de la voir porter une grande panoplie de robes), Jean Yanne toujours aussi savoureusement bougon, Francis Blanche délicieusement retors. Une œuvre sur le couple, ses déchirements (ici traités sur un ton beaucoup moins triste que n'aurait pu le laisser supposer le sujet), les médias, la société. Un long-métrage incongru, atypique, contemporain en son temps, mais aujourd'hui, quelque peu anachronique. A voir pour son originalité et ses interprètes...
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