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mercredi 5 février 2025

S.O.S Concorde de Ruggero Deodato (1980) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Auteur de quelques œuvres particulièrement gratinées dans les années soixante-dix et quatre-vingt portant sur le thème des cannibales (Ultimo Mondo Cannibale en 1977, Cannibal Holocaust en 1980) et de quelques pépites nanardesques (La Casa Sperduta nel Parco en 1980, I Predatori di Atlantide en 1983 ou The Barbarians en 1987), le réalisateur italien Ruggero Deodato semblait vouloir en 1979 spéculer sur la vague de films catastrophes qui déferlèrent entre 1974 et 1979 sur les écrans de cinéma outre-atlantiques (Airport de George Seaton, Airport 1975 de Jack Smight, Airport '77 de Jerry Jameson et enfin The Concorde... Airport '79 de David Lowell Rich). Connu pour s'être emparé de très grandes références cinématographiques américaines durant deux bonnes décennies pour en proposer des variantes dont les qualités sont très majoritairement discutables, le cinéma transalpin semble cette fois-ci avoir pris de l'avance sur les grands tenants du film catastrophe. En effet, si les États-Unis furent les premiers à quitter les starting-blocks et si l'on compare les dates des sorties internationales de The Concorde... Airport '79 avec celles de S.O.S Concorde que le réalisateur italien a semble-t-il réalisé la même année, il est peut envisageable que les scénaristes Alberto Fioretti, Ernesto Gastaldi et Renzo Genta aient volé à Eric Roth, Jennings Lang et Arthur Hailey l'idée de mettre en scène cette fois-ci, le Concorde... Afin de capitaliser sur l'éventuel futur succès de son film, Ruggero Deodato américanise son nom en enlevant quelques lettres à son prénom, lequel apparaît donc anglicisé sous la forme actuelle de Roger Deodato. Moins connu pour ses qualités de conteur ou de metteur en scène que pour son cultissime, effroyable mais pas toujours recommandable Cannibal Holocaust (les meurtres réels d'animaux), le réalisateur italien signe pourtant dans le cas de S.O.S Concorde une œuvre qui vaut peut-être finalement bien mieux que la concurrence américaine plus préoccupée par de longues séquences d'expositions nous présentant les principaux protagonistes que par le contenu scénaristique de leurs films. En effet, contrairement à la série des Airport, le long-métrage de Ruggero Deodato a l'intelligence de ne pas se concentrer uniquement sur la catastrophe. Celle-ci se résumant finalement en une poignée de minutes d'ailleurs assez peu savamment mises en scène.


L'intérêt du scénario d'Alberto Fioretti, Ernesto Gastaldi et Renzo Genta est donc à aller chercher ailleurs, dans les raisons qui ont causées la catastrophe. Interviennent au sein du récit, les responsables d'une compagnie aérienne concurrente. Une équipe chargée d'explorer les fonds marins dans l'intention de retrouver l'avion en question. Une femme qui tente d'échapper à la garde de celui qui est aux commandes de l'expédition. Et enfin, un journaliste chargé de couvrir l'affaire et dont l'ancienne épouse qui l'avait supplié au téléphone de venir la retrouver sur une île afin de partager avec lui des informations sera retrouvée morte d'une crise cardiaque (Fiamma Maglione dans le rôle de Nicole Brody). S.O.S Concorde est donc moins un film catastrophe qu'un thriller d'aventures. Un an avant de revenir à l'horreur et de signer l'un des plus grands traumatismes de l'histoire du cinéma avec Cannibal Holocaust, Ruggero Deodato signe avec S.O.S Concorde une honnête série B qui, sans cette mise en scène dont les défauts ont ce même arrière-goût que certaines production propres au cinéma transalpin de l'époque, aurait pu remettre à plat la comparaison entre cinémas européen et américain. La preuve qu'un budget que l'on devine bien inférieur aux quatorze millions qui furent débloqués pour The Concorde... Airport '79 de David Lowell Rich peut être être remplacé par la ténacité et l'enthousiasme de toute une équipe. Et si ce dernier bénéficia des présences d'Alain Delon, de George Kennedy, de Sylvia Kristel (Emmanuelle de Just Jaeckin, en 1974) ou de Robert Wagner, le film de Ruggero Deodato n'est quant à lui pas en reste. Sans doute moins connus que leurs homologues français et outre-atlantiques, les quelques vedettes de S.O.S Concorde n'ont, pour l'amateur de cinéma bis, pas la moindre raison de rougir ! En effet, parmi les principaux interprètes, nous citerons l'américain James Franciscus, la franco-américaine Mimsy Farmer et l'italien Venantino Venantini. Et pour parler directement aux amateurs d'un certain cinéma dit de genre, nous évoquerons leur participation respectives à des œuvres telles que Le chat à neuf queues de Dario Argento, L'invasion des piranhas d'Antonio Margheriti ou La Mort au large d'Enzo G. Castellari pour le premier, Quatre mouches de velour gris de Dario Argento, La traque de Serge Leroy ou le très glauque Frissons d'horreur d'Armando Crispino pour la seconde et enfin Frayeurs de Lucio Fulci, Cannibal Ferox d'Umberto Lenzi ou Les Exterminateurs de l'an 3000 de Giuliano Carnimeo pour le dernier. Sans oublier Dakar, acteur et catcheur d'origine péruvienne. Lequel ne fera ici pas long-feu mais dont l'on aura particulièrement retenu sa participation aux tournages de L'enfer des zombies de Lucio Fulci et de La terreur des zombies de Marino Girolami tous deux sortis un an auparavant. Fusillades, complot, enquête journalistique, S.O.S Concorde se regarde avec un authentique plaisir...

 

mardi 20 septembre 2022

Il Profumo della Signora in Nero de Francesco Barilli (1974) - ★★★★★★★☆☆☆

 


Il se dégage de Il Profumo della Sgnora in Nero de Francesco Barilli une certaine ironie. Ne provenant non pas du récit lui-même mais de cette relation toute professionnelle qui unit alors le temps d'un tournage le réalisateur et scénariste italien Francesco Barilli et son actrice principale, la franco-américaine Mimsy Farmer. Une interprète qui se rêvait sans doute dans la peau d'une future grande star du cinéma mais qui ne parvint à majoritairement apparaître que dans de nombreuses séries B. Dont fit partie selon elle ce Parfum de la dame en noir dont le titre, trompeur, n'a aucun lien avec le roman éponyme de l'écrivain français Gaston leroux et que la jeune femme ne cessa pas de considérer comme l'un des plus mauvais films dans lesquels elle joua durant sa carrière d'actrice. À reconsidérer la chose, l'ironie invoquée proviendrait donc du fait qu'en opposition aux remarques blessantes que fit l'actrice à l'encontre du réalisateur italien, le film demeurerait sans doute comme l'un des plus réussis dans la carrière de la jeune femme. Ce qui n’empêchera pas pour autant à Il Profumo della Signora in Nero de connaître un bide dans son pays d'origine, refusant ainsi à son auteur son accès sur le territoire américain ! Mimsy Farmer passera une partie importante de sa carrière sur grand écran à prendre des risques en interprétant des rôles difficiles (celui de Helen Wells dans l'excellent La traque de Serge Leroy), en jouant dans des œuvres profondément ambiguës comme le Macchie Solari d'Armando Crispino ou Rêve de singe de Marco Ferreri tout en croisant la route de cinéastes aussi différents que Dario Argento, Georges Lautner, José Giovanni, Lucio Fulci ou encore l'acteur et réalisateur Terence Hill ! En 1974, c'est donc aux côtés du réalisateur Francesco Barilli que la jeune actrice alors âgée de vingt-neuf ans va intégrer le casting d'une œuvre étrange et fantastique. Un giallo original et exotique, proche des univers de Roman Polanski et de Lewis Carroll...


D'emblée l'on est conquis par la sublime partition musicale du compositeur italien Nicola Piovani qui ouvre le bal et qui durant sa carrière travailla en outre pour Federico Fellini, Nanni Moretti, Bigas Luna et même Roberto Benigni ou les français Danièle Thompson, Daniel Cohen et Philippe Lioret. Une musique belle et pénétrante précédent des passages nettement plus inquiétants poursuivant les tourments de l'héroïne Sylvia. Cette jeune femme qui ne s'est jamais tout à fait remise d'un traumatisme d'enfance dont elle fut le témoin : la mort de sa mère, laquelle trompait en outre son époux parti en mer avec un individu des plus salaces. Mais alors que son existence semble avoir repris son cours de manière tout à fait normale, c'est lors d'un dîner auprès de représentants africains que revient en boucle le souvenir douloureux d'une enfance partagée entre le désir de revoir son père et la découverte de sa mère dans les bras d'un autre. Sylvia crée alors inconsciemment autour d'elle un univers où se matérialisera en outre celle qu'elle fut étant enfant, d'où cette projection de l'univers de Lewis Carroll et ce parallèle avec Alice au pays des merveilles. De Polanski, si la majeur partie des spectateurs auront surtout retenu l'étrange cohorte de personnages faisant peu ou prou référence aux voisins de la fragile Rosemary de son Rosemary's baby, Il Profumo della Signora in Nero semble également faire le lien avec ce qui deux ans plus tard prendra forme dans l'esprit du cinéaste polonais : Le locataire Trelkovsky et ses visions cauchemardesques d'assauts identifiés comme les symptômes d'une maladie mentale. Car tel est aussi le sujet du long-métrage de Francesco Barilli qui traite ici d'un traumatisme enfoui jusque là et qui dès sa ''réincarnation'' dans le présent va avoir des conséquences terribles. Le réalisateur multiplie les effets de miroirs et mêle réalité et fantasmagorie au point de tromper non seulement son héroïne mais également les spectateurs qui s'y perdent à ne plus savoir quel est le vrai du faux. Drame ou fantastique ? La fin elle-même viendra apporter une réponse outrancière laissant malgré tout certaines questions sans réponses. Il Profumo della Signora in Nero fait figure de double tragédie : pour l'insuccès que le film rencontra et pour celle de son héroïne, touchante Mimsy Farmer, qui rejeta en bloc le film et son auteur, alors amoureux éphémère de son actrice... Troublant...

 

mardi 5 avril 2022

Le chat noir (Gatto Nero) de Lucio Fulci (1981) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Alors que le réalisateur italien Lucio Fulci venait de se lancer dans une épopée gore deux ans auparavant en 1979 avec L'enfer des zombies, laquelle fut poursuivie l'année suivante avec Frayeurs, en 1981, juste avant d'y revenir avec L'au-delà, l'un des grands maître de l'horreur putride signait Le chat noir qui, en comparaison, s'avérait déjà nettement plus timide en matière de séquences sanguinolentes. Réalisé majoritairement dans divers studios italiens parmi lesquels le Studio Incir de Paolis à Rome où furent notamment tournés en partie Macchie Solari d'Armando Crispino ou Quatre Mouches de velours gris de Dario Argento, Le chat noir (Gatto Nero), certains passages furent également réalisés dans divers lieux du Buckinghamshire dans le sud-est de l'Angleterre. En vedette de ce film mêlant ésotérisme, policier et épouvante, l'actrice américaine Mimsy Farmer, celle-là même que l'on retrouvait justement dans les deux films cités ci-dessus et qui marqua notamment de sa présence l'excellent La traque du français Serge Leroy en 1975. Film dans lequel elle incarnait le rôle d'une touriste anglaise qui en Normandie devenait la victime de notables venus chasser le sanglier, lesquels s'en prenaient à la jeune femme avec les conséquences que l'on connaît. Visibles également, l'acteur Al Cliver qui déjà apparaissait dans L'enfer des Zombies et reprendrait du service chez Lucio Fulci trois ans plus tard en 1984 dans Murder Rock. Quant à David Warbeck, il sera l'un des personnages centraux du crépusculaire L'au-delà qui verra le jour sur notre territoire l'année de sa création tandis que Le chat noir devra quant à lui attendre deux ans avant de sortir dans l'hexagone...


Enfin, l'acteur nord-irlandais Patrick Magee tient ici le rôle du Professeur Robert Miles. Pratiquant les sciences occultes, ce troublant individu passe le plus clair de son temps à visiter les cimetières de nuit afin de communiquer avec les morts. Mais alors, quel est donc ce chat noir du titre qui semble faire directement référence à deux événements? Car l'on pense bien évidemment tout d'abord à la superstition qui entoure l'un de nos animaux familiers, lequel est au centre d'une légende selon laquelle il est signe de mauvais présage. Le film de Lucio Fulci évoque ensuite très justement la nouvelle éponyme du poète et romancier américain Edgar Allan Poe même si dans le cas présent, le réalisateur italien et le scénariste Biagio Proietti l'adaptent très librement. Au cœur du récit, un professeur, donc, qui à travers l'emploi d'un chat, noir, et de bandes magnétiques, communique avec les morts. Les différentes rencontres entre le félin et celles et ceux qu'il croisent ne s'arrêtent pas aux portes de la simple superstition et tous meurent dans d'étranges circonstances. Pas toujours très crédibles d'ailleurs. L'on pense notamment à ce jeune couple enfermé dans un hangar à bateaux et découverts morts, les corps décomposés, parsemés de vers, et ici unique tentation morbide du cinéaste envers des visions d'horreur. Car en général, l'horreur y est majoritairement sobre. Un type est embroché, certes. Une femme brûlée vive, ok. Mais en général, on a surtout droit à quelques griffures au visage et aux membres. Rien que de très chaste en comparaison de ce que sera capable de nous asséner Lucio Fulci entre l'année 1979 et celle de son dernier classique de l'horreur, L'Éventreur de New York...


L'un des aspects les plus saisissants de ce Chat noir sympathique mais jamais vraiment mirobolant demeure sans doute dans l'incarnation de Patrick Magee dont l'interprétation de l'écrivain Alexander dans le chef-d’œuvre de Stanley Kubrick Orange Mécanique n'est sans doute pas étrangère au choix de Lucio Fulci de lui faire interpréter celle de ce professeur particulièrement ambigu. Multipliant les apparitions du chat au point de prétendre qu'ils seraient plusieurs, Le chat noir apparaît cependant comme une tâche dans une filmographie qui entre 1969 avec Una sull'altra et 1982 et le fameux éventreur à la voix de canard s'avérera pratiquement irréprochable. Lucio Fulci apparaît là où on ne l'attendait pas vraiment. Un film d'horreur trop avare en matière de séquences gore pour que Le chat noir s'inscrive dans l'apogée de ce cinéaste hors du commun. Le film apparaîtra cependant bien plus réjouissant et nettement au dessus de ce qu'il réalisera à partir de l'année 1982...

 

mardi 28 décembre 2021

Frissons d'horreur (Macchie Solari) d'Armando Crispino (1975) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

L'année précédent le film culte de Serge Leroy La traque sortait sur les écrans de cinéma Les suspects de Michel Wyn, autre film à mettre en scène l'actrice américaine Mimsy Farmer dont les personnages connaissaient dans les deux cas un sort tragique. Pourtant interprété par une sacrée brochette d'acteurs français parmi lesquels Michel Bouquet, Bruno Cremer, Michael Lonsdale, Paul Meurisse ou Jean-Claude Dauphin, Les suspects s'avèrait au final relativement anecdotique. Dans sa grande rigueur, sa recherche de l’esthétisme, Michel Wyn oubliait un élément essentiel : Divertir son auditoire. Un film qui m'offrit cependant une belle perspective : celle de redécouvrir l'actrice américaine dans le très curieux Frissons d'horreur (Macchie Solari) d'Armando Crispino, l'auteur la même année du nanardesque Plus moche que Frankenstein tu meurs avec l'acteur italien Aldo Maccione dans le rôle de la créature. Un film dont le ton sera aux antipodes de celui de Frissons d'horreur, lequel propose quelques séquences particulièrement morbides. Souvent considéré comme un giallo, le long-métrage d'Armando Crispino n'en est pas vraiment un. Il est entendu qu'un tueur mystérieux y perpétue des meurtres avant de les faire passer pour des suicides (contrairement aux premières images qui exhibent des femmes et des hommes se donnant ouvertement la mort de différentes manières). Un meurtrier dont nous ne connaîtrons l'identité que vers la fin du récit. Mais alors, n'importe quel film partant du principe qu'un tueur dont l'identité demeure inconnue jusqu'à la fin fait partie de ce genre typiquement italien, n'importe quel thriller ou film policier pourrait immédiatement prétendre en faire partie...


Frissons d'horreur est une œuvre très particulière. Non pas que cela lui confère une quelconque aura de chef-d’œuvre ou de film culte, mais la chose est si étrange qu'il est difficile de savoir si le réalisateur italien a réalisé très exactement le film qu'il avait en tête ou s'il a échoué dans son projet. Mais il suffira peut-être de jeter un œil sur sa version humoristique et désastreuse du mythe de Frankenstein pour se convaincre de la seconde hypothèse... Mimsy Farmer interprète dans Frissons d'horreur le personnage de Simona Sanna, une jeune pathologiste qui prépare sa thèse sur le suicide (tout un programme). Au même moment, une série de meurtre touche la ville de Rome et ses habitants et fait les gros titres des journaux locaux. Assaillie de terribles cauchemars dans lesquels elle voit les cadavres de la morgue où elle travaille se lever, c'est alors qu'elle fait la connaissance du père Paul Lenox (l'acteur, scénariste et réalisateur américain Barry Primus que l'on pu notamment découvrir dans The Rose de Mark Rydell en 1979), un ancien pilote victime d'un très grave accident lors d'une course et désormais reconverti en prêtre. L'homme vient de perdre sa sœur, soit disant suicidée bien qu'il soit convaincu qu'elle ait été en réalité assassinée... Frissons d'horreur démarre sur ce postulat on ne peut plus classique. C'est en enquêtant ensemble que Simona et Paul découvrent bientôt que d'autres meurtres semblent avoir été eux aussi maquillés en suicides. D'autres cadavres viennent bientôt rallonger la liste des morts, mettant la vie de la jeune femme et du prêtre en danger...


Autant se l'avouer tout de suite : Frissons d'horreur est une œuvre passablement ennuyeuse. La faute non pas à un rythme (déjà) soporifique, mais à une mise en scène qui sort totalement des sentiers battus. On ne sait pas où Armando Crispino est allé chercher cette idée saugrenue (en fait, si on sait : dans sa propre imagination ainsi que celle du scénariste Lucio Battistrada) de convoquer autant de personnages qu'il semble y avoir de sous-intrigues mais le résultat à l'écran est parfaitement imbuvable. Frissons d'horreur donne à penser que son auteur n'a pas su gérer son sujet et s'est perdu dans les méandres d'un script trop confus pour être adapté sur grand écran. Mais ça n'est là qu'une impression car la vérité est ailleurs : Armando Crispino est tout simplement mauvais. Incapable de tenir son cahier des charges, son film atteint un degré d'incompréhension particulièrement marquant. Mais la mise en scène n'est pas la seule en cause. Le montage de Daniele Alabiso est chaotique et un modèle pour tous les monteurs en herbe voulant apprendre tout ce qu'il ne faut surtout pas faire en la matière. Concernant Mimsy Farmer, la pauvre , soit l'actrice est elle aussi mauvaise, soit c'est la direction d'acteurs à laquelle on doit reprocher l'incohérence de son jeu. Passant du rire aux larmes de manière souvent inappropriée, l'américaine ne convainc pas dans le rôle de Simona. Et vu qu'Armando Crispino a foiré son entreprise, on n'aura pas de scrupules à lui mettre sur le dos le jeu pitoyable généralement constaté parmi les acteurs. Reste comme je l'évoquais plus haut, l'ambiance malsaine du long-métrage que l'on doit notamment à la partition musicale du célèbre compositeur italien Ennio Morricone faite de sonorités électroniques et de soupirs (souffrance ? Plaisir?) ainsi qu'aux quelques plans sinistres qui ponctuent l'intrigue (Musée consacrant un thème au suicide avec photos réelles à l'appui, scènes de la morgue et quelques petits détails comme ce médecin légiste qui caresse le sein d'un cadavre!). Mais à part cet aspect quelque peu macabre, Frissons d'horreur n'offre vraiment rien d'enthousiasmant...

 

jeudi 9 mai 2019

Camping del Terrore de Ruggero Deodato (1985) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆



Si le cinéaste italien Ruggero Deodato n'avait pas réalisé en 1980 le monumental Cannibal Holocaust, son image aurait-elle l'aura qu'elle connaît auprès des cinéphiles et cinéphages du monde entier ? Que l'on aime ou pas, que l'on considère ce long-métrage comme l’œuvre majeure du genre ''films de cannibales'', qu'on ne parvienne pas à lui trouver le moindre défaut ou qu'au contraire l'on souligne ses nombreux problèmes en matière de mise en scène ou d'interprétation, que l'on reste indifférent à la somme conséquente d'atrocités qui y sont commises ou que les meurtres gratuits et bien réels d'animaux révulsent les estomacs, on peut très objectivement considérer Cannibal Holocaust comme une sorte d'aboutissement qui aura au moins eu le mérite de mettre à jour le principe du ''Found Footage''. Le sujet, le cinéaste l'avait déjà abordé trois ans auparavant en 1977 avec Ultimo Mondo Cannibale et allait quelque peu persévérer sur le sujet en 1985 avec l'intéressant Inferno in Diretta même si le thème central se situe ailleurs.

Quelques années après cela, le réalisateur s'éloigne de ce sujet que l'on pourrait considérer de prédilection pour nous proposer en 1986, sa vision du ''slasher''. ENFIN ! auraient pu évoquer ceux que le cinéma voyeuriste et crapoteux de l'italien ont laissé, au pire, indifférent, au mieux, écœurés. Son Camping del Terrore est ''PRESQUE'' aux antipodes de son Cannibal Holocaust. Ici, pas de tribu primitive chassant l'homme pour s'en nourrir. Rien que des gens comme vous et moi, excepté le personnage incarné par David ''La Dernière Maison sur la Gauche'' Hess dont Ruggero Deodato avait déjà loué les services pour son très moyens La Casa sperduta nel Parco en 1980. Mari trompé, père d'un jeune soldat revenu à la vie civile, il y incarne un individu obsédé à l'idée de prendre dans l'un des pièges qu'il a bâtit dans la forêt attenante à sa maison, l'esprit d'un chaman indien (celui qui orne généralement les affiches et jaquettes du film).

C'est au moment même où ce dernier décide de sévir qu'une bande d'adolescents plus ou moins obsédés par le sexe (une donnée essentielle à tout bon ''slasher''), par les deux roues, et intrigués par un ancien camping abandonné aux mains de Mère Nature que le film ouvre les hostilités pour un résultat ou le terme de ''mitigé'' ne suffit très largement pas à décrire la déception que provoque le spectacle racoleur (nichons et jolies fesses rondes) de ce ''slasher'' du pauvre. C'est mauvais, mais mauvais, à tel point que l'on pourrait croire que derrière le nom de Ruggero Deodato se cache celui, beaucoup moins ''glorieux'', de Lamberto Bava. Auteur d'une ribambelle de navets dont le diptyque Démons 1 & 2 demeure encore ce qu'il a fait de mieux (avec son Macabro).

Mis en musique par Claudio Simonetti (auteur de plusieurs partitions pour Dario Argento mais également Lucio Fulci, Sergio Martino ou encore Umberto Lenzi) et scénarisé par Dardano Sachetti (La Baie Sanglante, L'Au-Delà, La Maison près du Cimetière, Inferno in Dirett, etc...) Camping del Terrore est épouvantablement laid, ponctué d'innombrables séquences de remplissage, répétitives et inutiles qui n'arrivent même pas à égaler celles des classiques Vendredi 13 et Halloween (qui pour le coup, peuvent être considérés comme deux chefs-d’œuvre même si je leur ai toujours préféré The Prowler de Joseph Zito et The Burning de Tony Maylam). Ruggero Deodato ne propose rien de neuf qu'une relecture italienne d'un sous-genre déjà encombré et à laquelle ont notamment participé (on se demande pour quelle raison. L'argent?) les acteurs américains Charles Napier et Mimsy Farmer. D'un ennui abyssal, constitué de quelques scènes d'horreur très peu sanglantes, Camping del Terrore est digne des pires séries B horrifiques italiennes de la fin des années quatre-vingt, Lamberto Bava en tête. Une nullité sans nom. Perso, je retourne découvrir Cannibal Holocaust...

mercredi 16 juillet 2014

La Traque de Serge Leroy (1975)




Un train de nuit s'arrête dans un petit village de Normandie. En descend Helen Wells, une jeune et jolie anglaise qui part s'installer pour quelques jours à la Guettière, une jolie ferme perdue en pleine campagne. Alors qu'elle vient prendre possession des clés à l'auberge du village, elle est accostée par Philippe Mansart, un homme adultère qui vient de quitter la chambre dans laquelle il a l'habitude de retrouver sa maîtresse, Françoise Sutter. Le mari de cette dernière est au courant de la relation qu'entretiennent son épouse et son amant. Mansart est marié et compte bien profiter de l'immense fortune de son beau-père. Lorsqu'il croise à l'accueil de l'auberge la jeune anglaise, il lui propose de l'accompagner jusqu'à la Guettière. La jeune femme accepte et monte dans la voiture de Mansart qui, très vite, est rattrapé par deux hommes, les frères Danville, qui s'amusent à percuter la voiture de l'homme à l'aide de leur véhicule. Suivis par les frangins, Mansart et Helen s'arrêtent aux abords de la ferme. Paul et Albert Danville descendent de leur véhicule et approchent la jeune anglaise. Séduits, les deux hommes éméchés ont un comportement douteux. Attirés par la beauté de la jeune femme, ils la laissent cependant se rendre en toute liberté jusqu'à la Guettière.

Le lendemain, les trois hommes se retrouvent en pleine forêt, rejoints par David Sutter, l'époux de Françoise, le capitaine Nimier, Rollin, Chamond et Maurois. La bande a visiblement déjà bu beaucoup d'alcool. Armés de fusils, les homme parient sur celui qui récoltera le plus de trophées. Un lapin, puis un sanglier. C'est pour l'instant tout ce que le groupe a récolté. Helen Wells se promène aux alentours de la ferme où elle loge lorsqu'elle tombe sur les ruines d'une vieille chapelle. Alors qu'elle scrute une petite sculpture représentant la vierge, elle entend un chien aboyer et s'approcher d'elle. Très vite rattrapé par ses maîtres, Paul et Albert Mansart. Les deux hommes s'étonnent de la présence de la jeune femme et, alors que cette dernière tente de quitter les lieux, c'est le dérapage. Les frères lui sautent dessus et tandis qu'Albert la retient prisonnière entre ses bras, Paul, lui, la viole...

La Traque de Serge Leroy est l'une des rares excursions dans les domaines du Survival et du Rape (but not) Revenge. L’œuvre plonge une jeune étrangère (Mimsy Farmer) au cœur d'une forêt austère, dans un pays qui lui est presque étranger. Victime de la bêtise et de l'inconscience d'une bande de chasseurs alcoolisés elle va connaître les pires heures de son existence. D'abord violée, puis pourchassée, elle aura entre-temps eut le temps de tirer sur son agresseur.

Le portrait qui est fait des bourgeois de ce petit village insignifiant de Normandie est pathétique. Au premier abord, la confiance vient des quelques rares personnages que croise sur sa route la jeune anglaise. Mansart (Jean-Luc Bideau), Rollin (Paul Crauchet), David Sutter (Michael Lonsdale), Nimier (Michel Constantin) et Chamond (Michel Robin) sont à priori des hommes responsables. Seul Albert et Paul Danville (Jean-Pierre Marielle et Philippe Léotard) arborent des visages de paysans inquiétants, bourrus et déséquilibrés.

On pense fatalement à une issue positive. Mais c'est sans compter sur les petits secrets qu'entourent certains d'entre eux et desquels naissent une profonde lâcheté et une collaboration forcée. La Traque a parfois des allures de téléfilm. L'interprétation est parfois délicate. Il arrive parfois d'être touchés par les événements, surtout si l'on compare la solitude qui entoure la jeune et très frêle jeune femme avec la rudesse de ces chasseurs qui donnera une image définitivement négative à ceux qui ne les portent déjà pas dans leur cœur.

La Traque est donc une expérience appréciable pour plusieurs raisons. C'est d'abord l'une des rares excursions dans un genre qui généralement se fourvoie avec les domaines de l'horreur et de l'épouvante (à noter qu'un autre film, Canicule de Yves Boisset, parvient également à rendre hommage avec brio à ce type de films). Ensuite, il est estimable de constater à quel point l’œuvre s'imprègne d'un pessimisme extrême. Pas de happy end ni de jugement moral. On ne justifie aucun acte. On n'en condamne aucun non plus, chacun y percevant un intérêt personnel au risque de remettre en question ses propres valeurs. Une belle réussite...
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