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mardi 20 septembre 2022

Il Profumo della Signora in Nero de Francesco Barilli (1974) - ★★★★★★★☆☆☆

 


Il se dégage de Il Profumo della Sgnora in Nero de Francesco Barilli une certaine ironie. Ne provenant non pas du récit lui-même mais de cette relation toute professionnelle qui unit alors le temps d'un tournage le réalisateur et scénariste italien Francesco Barilli et son actrice principale, la franco-américaine Mimsy Farmer. Une interprète qui se rêvait sans doute dans la peau d'une future grande star du cinéma mais qui ne parvint à majoritairement apparaître que dans de nombreuses séries B. Dont fit partie selon elle ce Parfum de la dame en noir dont le titre, trompeur, n'a aucun lien avec le roman éponyme de l'écrivain français Gaston leroux et que la jeune femme ne cessa pas de considérer comme l'un des plus mauvais films dans lesquels elle joua durant sa carrière d'actrice. À reconsidérer la chose, l'ironie invoquée proviendrait donc du fait qu'en opposition aux remarques blessantes que fit l'actrice à l'encontre du réalisateur italien, le film demeurerait sans doute comme l'un des plus réussis dans la carrière de la jeune femme. Ce qui n’empêchera pas pour autant à Il Profumo della Signora in Nero de connaître un bide dans son pays d'origine, refusant ainsi à son auteur son accès sur le territoire américain ! Mimsy Farmer passera une partie importante de sa carrière sur grand écran à prendre des risques en interprétant des rôles difficiles (celui de Helen Wells dans l'excellent La traque de Serge Leroy), en jouant dans des œuvres profondément ambiguës comme le Macchie Solari d'Armando Crispino ou Rêve de singe de Marco Ferreri tout en croisant la route de cinéastes aussi différents que Dario Argento, Georges Lautner, José Giovanni, Lucio Fulci ou encore l'acteur et réalisateur Terence Hill ! En 1974, c'est donc aux côtés du réalisateur Francesco Barilli que la jeune actrice alors âgée de vingt-neuf ans va intégrer le casting d'une œuvre étrange et fantastique. Un giallo original et exotique, proche des univers de Roman Polanski et de Lewis Carroll...


D'emblée l'on est conquis par la sublime partition musicale du compositeur italien Nicola Piovani qui ouvre le bal et qui durant sa carrière travailla en outre pour Federico Fellini, Nanni Moretti, Bigas Luna et même Roberto Benigni ou les français Danièle Thompson, Daniel Cohen et Philippe Lioret. Une musique belle et pénétrante précédent des passages nettement plus inquiétants poursuivant les tourments de l'héroïne Sylvia. Cette jeune femme qui ne s'est jamais tout à fait remise d'un traumatisme d'enfance dont elle fut le témoin : la mort de sa mère, laquelle trompait en outre son époux parti en mer avec un individu des plus salaces. Mais alors que son existence semble avoir repris son cours de manière tout à fait normale, c'est lors d'un dîner auprès de représentants africains que revient en boucle le souvenir douloureux d'une enfance partagée entre le désir de revoir son père et la découverte de sa mère dans les bras d'un autre. Sylvia crée alors inconsciemment autour d'elle un univers où se matérialisera en outre celle qu'elle fut étant enfant, d'où cette projection de l'univers de Lewis Carroll et ce parallèle avec Alice au pays des merveilles. De Polanski, si la majeur partie des spectateurs auront surtout retenu l'étrange cohorte de personnages faisant peu ou prou référence aux voisins de la fragile Rosemary de son Rosemary's baby, Il Profumo della Signora in Nero semble également faire le lien avec ce qui deux ans plus tard prendra forme dans l'esprit du cinéaste polonais : Le locataire Trelkovsky et ses visions cauchemardesques d'assauts identifiés comme les symptômes d'une maladie mentale. Car tel est aussi le sujet du long-métrage de Francesco Barilli qui traite ici d'un traumatisme enfoui jusque là et qui dès sa ''réincarnation'' dans le présent va avoir des conséquences terribles. Le réalisateur multiplie les effets de miroirs et mêle réalité et fantasmagorie au point de tromper non seulement son héroïne mais également les spectateurs qui s'y perdent à ne plus savoir quel est le vrai du faux. Drame ou fantastique ? La fin elle-même viendra apporter une réponse outrancière laissant malgré tout certaines questions sans réponses. Il Profumo della Signora in Nero fait figure de double tragédie : pour l'insuccès que le film rencontra et pour celle de son héroïne, touchante Mimsy Farmer, qui rejeta en bloc le film et son auteur, alors amoureux éphémère de son actrice... Troublant...

 

mercredi 17 février 2016

Pensione Paura de Francesco Barilli (1977)


Son époux parti à la guerre, Marta s'occupe de l'hôtel familial avec toutes les difficultés du monde. Aidée de sa fille Rosa, elle cache dans l'une des nombreuses pièces de l'établissement, son amant, un déserteur terrifié à l'idée d'être découvert et fusillé. En ces temps de guerre, les tentations sont faciles. Les hommes partis sur le fronts, tous ceux qui ont pu y échapper profitent de l'impunité qui leur est offerte pour faire ce qu'ils veulent, laissant ainsi s'exprimer tous leurs fantasmes.

Ceux-ci convoitent la jeune et jolie Rosa. Heureusement pour elle, sa mère Martha veille sur elle et s'assure qu'aucun homme ne la touche. Pourtant, un soir, un hurlement terrible se fait entendre alors que tout le monde dort. Rosa se précipite à l'extérieur de sa chambre et découvre que sa mère est morte, étendue au sol et visiblement victime d'un accident qui lui a brisé la nuque.

Désormais, la jeune fille ne va pouvoir compter que sur elle-même, face à des clients exigeants et au comportement violent...

Réalisé par Francesco Barilli, Pensione Paura se démarque très largement du reste des giallo grâce à une intrigue nettement différente. Se concentrant sur un lieu unique, l'hôtel, et évitant toute enquête policière, le film marque durablement les esprits par son aspect profondément morbide et poisseux. L’œuvre collectionne les visions et les personnages scabreux avec méthode, rappelant dans une moindre mesure quelques classiques du cinéma italien des années soixante-dix.

Sœurs prostituées, domestique sous l'emprise permanente de l'alcool, vieille bourgeoise nymphomane éprise d'un jeune étalon lui-même intéressé par les bijoux de celle-ci et par la beauté de Rosa qu'il ne cesse de convoiter. Exhibition dans les couloirs de l'hôtel, viol de Rosa, tout ça sur fond de fin de seconde guerre mondiale. Pensione Paura montre les plus vils et bas aspects de l'homme dès lors que plus aucune autorité n'a d'emprise sur lui.

La partition musicale dénote face à l'horreur. Une jolie comptine jouée au piano sur fond de sadisme. L'aspect Giallo est ici des plus restreint puisque les meurtres y sont rares en dehors du massacre final. On se fiche un peu de l'identité de celui qui venge la pauvre Rosa, violée par l'infâme locataire interprété par Luc Meranda. Tout ce qui nous intéresse est l'atmosphère qui s'installe très vite et nous indispose aussi rapidement qu'elle surprend. En effet, lorsque Pensione Paura démarre, on est loin d'imaginer la route que vont emprunter ses personnages. Quelques plans particulièrement sinistres viennent émailler le propos déjà outrancier de cette œuvre hors normes. L'image est relativement crade et vient nourri cet impression permanente de voguer dans un univers claustrophobe duquel aucun échappatoire ne semble possible.

Si l'on adhère à la particularité du film, alors Pensione Paura se révèle savoureux. Pour les autres, le film risque de devenir éprouvant à regarder. A l'image du Blue Holocaust de Joe D'Amato, œuvre encore plus glauque et malsaine que celui qui nous intéresse ici...
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