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vendredi 1 juillet 2022

Drôles de zèbres de Guy Lux (1977) - ★★☆☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Alors là, attention. Voici l'un de ces monuments du cinéma hexagonal qu'aucun amateur de nanars n'a le droit, ni d'ignorer l'existence, ni même d'être passé à côté. Comme l'indique si bien l'affiche, Drôles de zèbres fut le tout premier long-métrage a être réalisé par le célèbre animateur et créateur d'émissions de divertissement télévisées, Guy Lux. Vu que l'humoriste et actrice Michèle Laroque a récemment (et pour le moment) infligé au public trois longs-métrages de sa création, il n'y a pas de raison pour que celui qui fut notamment à l'origine de l'émission Intervilles n'ait en son temps pas eu le droit de se lancer dans une carrière de cinéaste! Aussi brève fut-elle puisque comme ne le mentionne par contre pas du tout l'affiche, s'il s'agissait bien là de son premier film, rien n'indique qu'il allait également s'agir de son dernier. Notons que dans la longue liste des interprètes secondaires parmi lesquels nous allions retrouver les acteurs Mario David, André Pousse, Katia Tchenko, les humoristes Coluche et Michel Leeb, l'animateur Léon Zitrone (fidèle ami de Guy Lux), deux manquent à l'appel. Et oui, alors qu'Eddy Mitchell et Johnny Hallyday furent conviés à participer à l'aventure Drôles de zèbres, l'un et l'autre refusèrent. Une décision qui reste encore incompréhensible (inutile de préciser que j'ironise). Mais HEUREUSEMENT pour lui, Guy Lux a pu compter sur la généreuse participation de Claude François qui passait par là (véridique) ainsi que celle de Patrick Topaloff dont les plus érudits connaissent déjà le sort tragique que lui a accordé le destin ! Mais les véritables vedettes de ce classique de la comédie pour public décérébré demeurent bien entendu l'actrice Alice Sapritch et les ''acteurs'' Patrick Préjean, Jean-Paul Tribout et Sim ! Pour celles et ceux qui ne connaissent ni l'une ni les autres, le doux frisson de l'incrédulité ne risque pas de glacer leur échine. Tandis que les autres sont d'emblée prévenus que le spectacle sera à la hauteur de l'affiche, de son auteur, du scénario et de son trio d'interprètes principaux : Bref, pathétique !


Au scénario, Guy Lux lui-même. Histoire de compléter le tableau et de ne surtout pas voir en un autre personnage que lui, le responsable du désastre artistique auquel nous nous apprêtons à assister. Pour commencer, la bande originale... Composée par Jean-Pierre Doering, elle demeure d'entrée de jeu dans le contexte et ne contraste pas vraiment dans la carrière d'un compositeur qui pour le cinéma fut notamment chargé d'écrire les partitions musicales de Comment se faire réformer, Ces flics étranges venus d'ailleurs ou Rodriguez au pays des merguez respectivement réalisés par Philippe Clair, Philippe Clair et Philippe Clair. ZE King of the FranchouillarDZe Comedy ! Et pourtant, parmi une filmo/discographie presque exemplaire dans sa constance, Jean-Pierre Doering composera celle de Les égouts du paradis de José Giovanni... Mon dieu, quelle écart de conduite. Quelle faute de goût ! Plus sérieusement, Drôles de zèbres met en scène deux parieurs/chômeurs ayant perdu tout leur argent aux courses. Un univers que connaît bien Guy Lux puisque durant sa carrière nous le découvrirons en pronostiqueur hippique (tout comme son ami Léon Zitrone, lequel ouvre d'ailleurs ici les hostilités en voix off) pour divers journaux télévisés français. Vous sentez déjà cette odeur de Z qui se dégage des images et de la bande musicale ? Pas encore ? Attendez quelque minutes. Deux tout au plus, et ce court moment d'extase que ne pourront comprendre que les fans absolus de séries Z. Trois flics affublés d'une échelle dansant en rythme sur une musique ''pompier''. Rien que l'idée de sa conception donne une idée assez précise de l'ambiance et des motivations de Guy Lux. Sur un plan strictement chauviniste, le réalisateur et scénariste n'est ici très clairement pas venu prendre les places de Michel Audiard ou de Bertand Blier...


Embauchés par un industriel du nom de Napoléon Simfrid (Sim), époux de Gilda Simfrid (Alice Sapritch), Pierre et Jean prennent l'identité de deux espions auxquels est confiée la tâche de foutre un bordel monstre dans un hôtel que leur employeur aimerait racheter à bas prix. Ce que Simfrid ne sait pas encore, c'est que le directeur du dit hôtel, un certain Jardine (Jacques Legras), a inventé une formule chimique permettant d'augmenter les performances des chevaux et ainsi de les faire gagner lors des courses hippiques. De la comédie pas franchement amusante qu'aurait dû se contenter d'être Drôles de zèbres, le film se mue en une expérience de cinéma absolument indigeste et proche du calvaire. Des idées par dizaines, voire par centaines se bousculent au portillon de l'imaginaire d'un Guy Lux qui ne sait pas comment gérer un tel flux. Les personnages prennent le relais les uns après les autres lors d'un récit sans cohésion, souvent incompréhensible, voire même indescriptible. Bref, du grand n'importe quoi convoquant une Katia Tchenko en cliente d'hôtel nymphomane, un Coluche en chef de cuisine, un Claude François et des Claudettes dans leur propre rôle, Pierre Olaf en émir du Chokoweit, Michel Leeb en laveur de carreaux ou Annie Cordy dans la peau de la Baronne Jacinthe de la Tronchembiais, personnage créé dans les années soixante par Sim, que ce dernier interprète également à l'écran. Un lion, une antilope, un zèbre et même un chien doté de la parole... Drôles de zèbres, c'est en moyenne cinq à dix idées par minutes, jetée en pâture sans le moindre soucis de cohésion ou de réalisme. Le film donne le sentiment d'avoir surtout permis à Guy Lux d'y faire interpréter tout ce que le cinéma français de l'époque comptait d'indigence. La seule chose véritablement amusante n'est visible à l'écran qu'en supposant la réaction que purent avoir chacun et chacune au moment d'interpréter ce qui leur venait de droit. Ouais, vraiment un monument. En un film, Guy Lux semble avoir digéré tout le cinéma de Philippe Clair. Un film à réserver aux fans purs et durs de nanars, voire même de séries ultra Z. Une expérience à ne pas mettre devant tous les yeux sous peine de faire un AVC !

 

lundi 28 juin 2021

L'horoscope de Jean Girault (1978) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

L'horoscope de Jean Girault démarre comme si le personnage d'Alexandre le bienheureux d'Yves Robert avait choisi de prendre sa vie en main d'une toute autre manière. Comme si métamorphosé en Antoine Fromont, Alexandre Gartempe avait pris la bonne décision en prenant la fuite avant de faire l'erreur d'épouser la Grande. Ici, en la personne de Ginette Marchand (l'actrice Katia Tchenko), sœur de deux brutes épaisses prénommées Édouard (Sylvain Lévignac) et Fernand (Henri Czarniak) qui n'auront de cesse de poursuivre l'un des deux principaux protagonistes interprétés par Henri Courseaux et Claude Rollet. Homme de théâtre, acteur de télévision mais aussi de cinéma, Henri Courseaux n'a fort heureusement pas été toujours aussi mal dirigé que dans cet Horoscope quelque peu franchouillard et dans lequel il incarne un poltron qui après avoir gagné aux courses grâce à la lecture de son horoscope, descend vers Monaco afin d'y acquérir un bar luxueux. Avant cela, Henri Courseaux à promené sa sympathique trogne dans le film culte de Jean Yanne Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil avant d'interpréter plus tard l'un des amoureux transits de Sabine Azéma dans le sympathique On n'est pas des anges... elles non plus de Michel Lang ou le docteur Clipps dans le premier film des Inconnus (ici au complet puisqu'au départ, il étaient cinq, Smaïn et Seymour Brussel faisant à l'origine partie de la troupe) Le téléphone sonne toujours deux fois.


Son personnage d'Antoine Fromont est suivi de près par Vincent Vallier qui lui aussi est désormais détenteur d'une petite fortune. Interprété par l'acteur, scénariste et dialoguiste français Claude Rollet, ce dernier n'est peut-être pas le plus connu des interprètes hexagonaux mais le timbre de sa voix est lui, par contre, resté célèbre. En effet, doubleur pour le cinéma, on a pu notamment entendre sa voix dans les versions françaises de Y a-t-il un pilote dans l'avion ? des ZAZ (dans lequel il doubla Lloyd Bridges) et de l'excellente comédie de John Landis Un fauteuil pour deux dans laquelle il doublait l'acteur Dan Aykroyd. Si quelques acteurs français bien connus parcourent le long-métrage de Jean Girault, parmi lesquels Georges Descrières en notaire, Michel Galabru en Plancheteau ou Jacques Marin en J.L. Beauché, Claude Rollet et Henri Courseaux sont donc les deux principaux trublions qui feront vivre cette comédie franchouillarde qui navigue entre les eaux de la série Z et celles de la comédie familiale. Accompagnés de quelques représentantes de la gente féminine non négligeables, on retrouve en tête de gondole l'actrice Evelyne Buyle et son intense regard qui dans le rôle de Josy suit nos deux hommes et se laisse séduire assez facilement. Belle à croquer mais interprétant comme à son habitude son personnage en surjouant son rôle, la belle illumine L'horoscope de sa présence...


Alors qu'Alice Sapritch passe à de rares occasions devant la caméra dans le rôle d'une bohémienne chiromancienne particulièrement talentueuse, la charmante France Dougnac irradie tout comme Evelyne Buyle le long-métrage de Jean Girault un an seulement avant d'être violée par le joueur numéro un d'une équipe de football dans l'excellente comédie de Jean-Jacques Annaud, Coup de tête... L'horoscope aurait pu être une excellente comédie N'oublions pas que Jean Girault a réalisé quelques petites merveilles avec l'un de ses acteurs fétiches Louis de Funès (Pouic-Pouic et Faites sauter la banque en 1963, Le gendarme de Saint Tropez en 1964 ou Jo en 1971) et que Jacques Vilfrid eut une belle carrière en tant que scénariste. Mais les interprètes en faisant des caisses comme si le réalisateur avait choisi de leur laisser le champ libre et les dialogues étant souvent misérables, l'ensemble condamne le film à n'être qu'une toute petite comédie très largement dispensable. Heureusement l'on n'atteint tout de même pas le fond du panier de la comédie Z hexagonale comme l'envisagèrent par exemple Bernard Launois (Touch' pas à mon biniou, avec Sim ou Sacrés gendarmes avec Jacques Balutin, Robert Castel et Sim, encore une fois) ou Philippe Clair (l'ahurissant Le Führer en folie avec Henri Tisot, Alice Sapritch ou Luis Régo en 1974). A voir pour les plus courageux ou les fans absolus de Jean Girault...

 

samedi 18 avril 2020

Le Führer en Folie de Philippe Clair (1974) - ★☆☆☆☆☆☆☆☆☆



L'expérience que je m'apprête à vivre aujourd'hui est... suicidaire. En effet, alors que j'avais le choix entre d'innombrables films de qualité, j'ai décidé de passer la journée devant une tripotée de longs-métrages réalisés par Philippe Clair. Et pour celles et ceux qui ne connaissent pas le bonhomme, disons qu'il s'agit de l'un des pires réalisateurs français. Certains diront, spécialiste des comédies populaires, d'autres des comédies franchouillardes et quant à moi, ben.... je ne sais pas vraiment où situer sa filmographie. Disons, entre le moyen, le mauvais, et le nullissime. En tout cas, l'un des plus brillants représentants du genre nanar... Allez, on s'fait la main sur Le Führer en Folie. Cinquième long-métrage de Philippe Clair après, entre autres, La Grande Java avec les Charlots et Francis Blanche et La Brigade en Folie avec Jacques Dufilho, Sim et Patrick Topaloff !!! Vu la gueule des castings de ces deux-là, on pourrait croire que je tente d'échapper au pire. Que nenni car dans Le Führer en Folie aussi, il y a des moments de bravoure. Et puis, si les Charlots, Dufilho et Francis Blanche en sont absents, Patrick Topaloff y est, LUI. Et pas tout seul puisqu'à ses côtés, on retrouve Henri Tisot dans le rôle d'Adolf Hitler, Alice Sapritch dans celui d'Eva Braun et Michel Galabru en Monsieur Achtung. Un casting ''enrichi'' par les présences de Luis Rego, Maurice Risch, Venantino Venantini (oui, oui), Pierre Doris, Georges de Caunes et le réalisateur lui-même...

Bon ne rêvons pas. Ça n'est pas parce qu'il y a du führer dans le titre et dans le casting qu'on va avoir droit à du grand cinéma façon Steven Spielberg ou Roman Polanski. Non, plutôt de la comédie bas, voire même, très bas de gamme plus proche de Jean Girault période La Soupe aux Choux et Le Gendarme et les Gendarmettes, Bernard Launois et son Touch' pas à mon Biniou ou Robert Thomas et Mon Curé chez les Thaïlandaises. Il est complètement fou de constater le nombre de ces pépites signées par des réalisateurs français dont l'un des seuls charmes se situe au niveau des titres. Parce qu'une fois ouverte la boite de pandore, le parfum qui s'en dégage généralement est celui d'un camembert qui a eu tout le temps de fermenter au soleil. Bon, avant toute chose, si vous ne voulez pas passer pour un demeuré, pensez tout d'abord à baisser le son pour que vos voisins n'entendent SURTOUT PAS l'affligeante chanson qui accompagne le générique du début. Un titre signé par Patrick Topaloff en collaboration avec Carlo Rustichelli, ''Ballon, Ballon'', qui laisse immédiatement entrevoir le niveau du film auquel nous allons assister.

Allez, on se retrouve dans une heure et dix-sept minutes, le temps d'ingérer la chose et d'en vomir subséquemment la suite de cet article...

Bon, ça y est, l'épreuve vient de s'achever. Et comme je m'en doutais, Le Führer en Folie est vraiment PI-TO-YA-BLE. Il fait partie de ces indigestions cinématographiques qu'on regarde soit par accident, soit par masochisme, ou sans avoir pris connaissance au préalable de sa médiocre réputation. Avec son charisme de phacochère, le Führer de Philippe Clair a pris quelques kilos en trop. D'après les souvenirs d'un Monsieur Achtung invité sur un plateau télé à parler de la biographie qu'il a consacrée à Adolf Hitler, le Führer propose à l'ennemi de jouer la victoire de la seconde guerre mondiale lors d'un match de football contre l'équipe française. Parmi les soldats français entraînés pour ce match, trois manquent d'assiduité : Harry, Toto et Johnny. Le colonel chargé de les entraîner s'en débarrasse en les envoyant sur le front. Une section allemande à la tête de laquelle se trouve Hitler les découvre dans un champ. Mis aux arrêts, il échappent au peloton d'exécution lorsque le Führer croit voir en eux, trois champions du football français. Convaincu que l'Allemagne peut et doit gagner le match, et donc la guerre, il décide d'intégrer les trois hommes à l'équipe de football de son équipe...Hitler en entraîneur de football. Hitler en peintre... deux exemples du traitement qu'inflige au célèbre dictateur le réalisateur Philippe Clair.

Quant à Alice Sapritch, la pauvre tente tant bien que mal (et surtout mal) de faire illusion en Eva Braun. On l'aura compris, Le Führer en Folie est une parodie de film de guerre ne situant pas son intrigue à une période très précise. Fustigeant toute crédibilité, nos trois valeureux héros incarnés par Patrick Topaloff , Luis Rego et Maurice Risch n'arborent pas la coiffure conventionnelle des soldats de l'armée française mais une coupe atteignant leurs frêles épaules. De même qu'ils débarquent sur le champ de bataille affublés de pyjamas. Le premier, tout en bleu, le second, tout en blanc, quant au troisième... enfin, vous avez compris ! Le Führer en Folie propose un spectacle où la gaudriole et le cabotinage vont bon train. Rarement le cinéma français aura-t-il autant repoussé les limites du ridicule tout en n'étant jamais drôle. Les interprètes sont tous aussi pathétiques les uns que les autres. Entre un trio de têtes louchant pour éviter l'exécution sur le peloton de tir et un Führer hurlant chaque fois que l'occasion se présente, le film de Philippe Clair offre surtout à Henri Tisot, l'occasion de s'exprimer dans un charabia inaudible rendu plus difficile encore par la piètre qualité sonore d'un film ayant survécu tant bien que mal aux outrages du temps. Fort logiquement, l'aventure se termine par le match de foot en question. Une compétition absolument délirante. En témoignent notamment les stock-shots empruntés à des images d'archives d'une congrégation de moines bouddhistes sans rapport aucun avec le contenu du film ! C'est à se demander ce que Philippe Clair et et le scénariste Victor Béniard ont consommé avant d'en écrire l'histoire. Affligeant !

dimanche 29 juillet 2018

Sur un Arbre Perché de Serge Korber (1971) - ★★★★★★★☆☆☆



Si dans le fond, Sur un Arbre Perché se révèle relativement simple, dans sa forme, il semble avoir été plus compliqué à mettre en place que ne le laisse envisager le résultat à l'écran. Il s'agit de la seconde collaboration entre l'acteur Louis de Funès et le cinéaste Serge Korber et la deuxième fois que ce dernier adapte un scénario original en compagnie du scénariste et dialoguiste Jean halain (lequel écrira le scénario de bon nombre de long-métrages mettant en vedette Louis de Funès entre 1949 (Millionnaires d'un jour d'André Hunebelle) et 1981 (La Soupe aux Choux de Jean Girault). Après le déjà très spécial L'Homme Orchestre réalisé un an auparavant, en 1970, Serge Korber confie à Louis de Funès le rôle du promoteur Henri Roubier qui, de retour d'Italie où il vient de signer un contrat, et qui, contre son accord, vient d'embarquer à bord de sa décapotable un jeune auto-stoppeur ainsi que l'épouse d'un millionnaire. Sur la route qui mène jusqu'à la frontière française, au volant de son véhicule, Roubier fait un écart et plonge dans le vide. Par chance, il évite une chute mortelle mais la voiture tombe sur un arbre au beau milieu d'une falaise. Ni le sommet, ni le sol ne sont accessibles. Condamnés à rester immobiles dans la décapotable jusqu'à ce que d'éventuels secours viennent les sauver, Roubier et ses deux encombrants passagers vont devoir faire contre mauvaise fortune, bon cœur...

Le scénario de Pierre Roustang adapté à quatre mains par Jean Halain et Serge Korber aurait tout aussi bien pu servir de base à une pièce de théâtre. Car en effet, le film se situant majoritairement à bord d'une voiture immobilisée sur un arbre perché à plusieurs centaines de mètres au dessus du sol, toute l'intrigue repose uniquement sur le jeu de son improbable trio d'interprètes principaux. Dans le rôle principal, Louis de Funès, bien évidemment. A ses côtés, son propre fils Olivier qui contre toute attente n'incarne par le rôle du rejeton mais celui de l'auto-stoppeur (dans L'Homme Orchestre, Olivier de Funès interprétait au moins le rôle du neveu de Evan Evans, incarné, lui, par Louis de Funès). Pour accompagner les deux hommes, la touche féminine est assurée par l'actrice américaine Geraldine Chaplin qui comme chacun sait, est la fille de l'illustre Charlie Chaplin.

Bien que visuellement le film relève d'un minimalisme parfois déconcertant, le tournage semble s'être révélé plus difficile que le scénario pouvait le laisser croire. Si la direction des acteurs ne paraît pas avoir été le principal soucis du réalisateur, l'utilisation de cascadeurs lors de plans vertigineux et d'hommes rompus à l'alpinisme afin d'assurer certains des plans les plus osés se révèle remarquable. Fort logiquement remplacés par des doublures-cascadeurs, Louis et Olivier de Funès ainsi que Geraldine Chaplin ont quant à eux tourné la plupart des scènes en studio. Si les raccords ne sont pas toujours parfaitement exécutés, l'illusion est pourtant presque parfaite.

Afin d'éviter qu'une certaine redondance ne vienne ternir le récit, Serge Korber imagine quelques séquences plutôt amusantes, tel le portrait de Roubier en cycliste, l'évocation d'un vampire dans la région, ou encore la scène située dans le désert. Des mini-sketches relançant l'intrigue jusqu'à ce que les secours arrivent enfin, ouvrant le bal d'un dernier quart-d'heure totalement délirant. Notons la présence de Paul Préboist dans le rôle du radio-reporter et d'Alice Sapritch dans celui de Lucienne, l'épouse de Roubier.
Sur un Arbre Perché demeure sans doute comme l'une des comédies de Louis de Funès parmi les plus faibles. D'ailleurs, les résultats au box-office semblent s'en être ressentis malgré le score honorable dépassant le million et demi de spectateurs. Il s'agira là de la dernière collaboration entre Louis de Funès et Serge Korber. Une petite comédie, sympathique, mais dispensable...

samedi 17 juin 2017

Les Vacanciers de Michel Gérard (1974) - ★★★★★★☆☆☆☆



Je n'imaginais pas un jour écrire un article sur Les Vacanciers de Michel Gérard. Je ne m'imaginais déjà pas du tout le revoir. Et encore moins d'en faire l'éloge. Les Vacanciers, c'est la comédie franchouillarde par excellence. La petite comédie française campagnarde dont l'intrigue repose sur peu de choses. Un nanar déjà prévisible à la lecture de l'affiche du film tourné en 1973 et sorti dans les salles de cinéma françaises le 27 mars 1974. L'imparable casting de la mort qui tue : Paul Prébois, Michel Galabru, Jacqueline Jehanneuf, Louison Roblin, Vincent Gauthier, Anne Aor, et surtout, l'immense Alice Sapritch. Une extraterrestre que cette actrice qui dès son apparition va relever le niveau d'une comédie finalement pas aussi ringarde qu'il n'y paraît. Constituée de Benjamin, Eosy, Philippe et Charlotte, la famille Chatton quitte Paris pour les vacances et se dirige tout droit vers Mittelbergheim où les attend une location de maison. Mais alors qu'ils arrivent dans le petit village, ils sont accueillis par la propriétaire du deux pièces qu'ils s'attendent à trouver. Malheureusement, Stéphanie Frankensteinmuhl a semble-t-il décidé de loger ses hôtes au grenier. Une pièce pour vivre, manger, se laver. Et une chambre pour quatre. Plutôt que de morfondre dans le désespoir, Benjamin et sa petite famille gardent leur bonne humeur. Ce qui n'est pas le cas de Aloyse Frankensteinmuhl, le mari de Stéphanie. C'est sa femme qui a loué le grenier aux Chatton. Aloyse n'a pas été mis au courant de leur arrivée et la présence de gauchistes chez lui l'indispose. Alors qu'il va tout faire pour que les Chatton déguerpissent, ces derniers s'incrustent de plus en plus dans la vie des Frankensteinmuhl. Allant même jusqu'à se déplacer au cœur même de la propriété sans y avoir été invités. Le climat devient sinistre mais heureusement, l'arrivée d'Aimée, la tante de Stéphanie et Aloyse va tout remettre en question.

On pourrait aisément l'imaginer, mais contrairement aux apparences, Les Vacanciers ne s'adresse pas uniquement à la classe ouvrière ni à une population uniquement rurale. On peut être citadin, avoir une hygiène et une alimentation saines, un rapport à autrui assez délicat, ou même avoir de grands projets, rien ne nous empêche de prendre un peu moins d'une heure trente pour visionner le long-métrage de Michel Gérard dont les films de bidasses exhalent le doux parfum du Z (Soldat Duroc, ça va être ta fête, ou Arrête ton char... bidasse !).


Énormément de situations comiques. Des dialogues qui contrairement à ce que semblent penser beaucoup de critiques, demeurent finement ciselés. Oui, oui, Les Vacanciers n'est pas cet immense nanar que voudraient nous faire croire (l'excellent site au demeurant) Nanarland, et consorts. Et puis, il y a ces personnages hors du commun. Ce frère et cette sœur qui passent leur temps à se chamailler gentiment mais qui en réalité semblent s'aimer... très fort. Le père de famille est en roue libre. Il est le pôle positif d'une famille dont le pôle négatif est représenté par la mère, Louison. Elle également est en roue libre. Presque une maniaco-dépressive alternant les phases euphoriques et dépressives. En face, le maire et son épouse. Lui est caractériel, sanguin, vaniteux et intéressé. Elle, est effacée. Invisible. Sous l'autorité de son époux. Et même de leur enfant qui pour son âge, est déjà très mûr. Enfin, il y a Tante Aimée. La classe personnifiée. Pas une seule fausse note. Le timbre grave et langoureux. La stature droite, l'élégance naturelle, et ce regard incroyable qui vous fait baisser les yeux. La voici, elle arrive, l'incarnation de la star au cinéma. Celle que tout le monde attend. Du contraste entre elle et ses neveu et nièce, de ses rapports avec le fils Chatton, de sa gentillesse, sa générosité, sa folie. Alice Sapritch. Cette originaire de l'Empire Ottoman, Cette épouse d'un des protagonistes de l'assassinat de l'éditeur belge Robert Denoël. Celle qui ne rencontra le succès qu'à partir de 55 ans. Celle qui fut Eva Braun dans Le Führer en folie de Philippe Clair. Celle qui fut l'une des grandes prêtresses féminines du nanar à la française durant les années soixante-dix. Celle qui écrivit plusieurs ouvrages, sorti un album de chansons, interpréta des rôles non seulement au cinéma, mais au théâtre et à la télévision également. Alice Sapritch qui envoûte complètement le film de Michel Gérard. Une comédie extrêmement drôle, multipliant les scènes cocasses, interprétée à la louche mais heureusement, très vivante. Le meilleur du nanar à la française...
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