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mardi 5 mars 2019

Imago Mortis de Stefano Bessoni (2009) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Ne vous fiez pas à la superbe image de l'affiche ci-dessus. Rien à voir avec l'ambiance crépusculaire et morbide du film culte de Joe D'Amato, Blue Holocaust. Pour son premier long-métrage, le cinéaste italien Stefano Bessoni, qui n'est apparemment pas un manche puisqu'il a travaillé aux côtés de son compatriote Pupi Avati, pond un intéressant scénario pour accoucher au final d'un film aussi chiant à regarder qu'un coucher de soleil imprimé sur papier-glacé épinglé dans une cave sans lumière... je ne sais pas si vous saisissez le concept. Esthétisant son œuvre au point d'en faire LA référence du film pour individu atteint de cécité, l'italo-espagnol Imago Mortis au titre pourtant fort joli nous contraint à traîner dans les dédales d'une école européenne du cinéma où sont commis des homicides ayant apparemment un lien avec des faits remontant quatre siècles en arrière. Le peintre Girolamo Fumagalli
y aurait inventé le concept de « Thanatographie », un système permettant de relever la dernière image imprimée dans la rétine d'un mort. Un procédé étonnant qui contraint malheureusement son auteur à des doubles homicides puisqu'il doit opposer deux personnes pour obtenir les résultats recherchés.
Au vu de ses origines italiennes, la première pensée qui vient à l’esprit est de se dire : « chouette, un giallo ». ouais... ben non, en fait. Car si l'identité du coupable est maintenue secrète jusqu'à la fin, le film est très loin d'atteindre les références du genre et distille un doux parfum d'ennui qui à force d'être tenace finit par empester au point d'endormir le spectateur tel un gaz soporifique.

Mon dieu ce que j'ai pu m'ennuyer. Combattre contre le sommeil. Tenter de garder les yeux ouverts, même un seul, pour que l'histoire n'échappe pas à ma vigilence. Mais il y a des cas comme celui-ci contre lesquels aucun remède n'existe. Dans ce cas précis, justement, il s'avère compliqué de conserver toute son attention devant des images nous forçant à écarquiller les yeux comme si la production avait manqué de moyens pour se payer un éclairage digne de ce nom. C'est sombre, et même beaucoup trop. Belle musique, beaux décors et idée de départ fort alléchante, Imago Mortis est cependant mollement incarné et de plus, post-synchronisé à l'arrache.

Avant que vous ne vous mettiez à vous lancer dans des recherches afin de trouver les origines de ce peintre au nom fort intriguant, Girolamo Fumagalli, sachez que ce dernier ne semble pas avoir grand chose en commun avec Gerolamo Fumagalli qui se distingue par la seule lettre qui l'éloigne du peintre imaginé alors par le cinéaste. Quant à la thanatographie évoquée comme un art permettant d'imprimer la dernière image d'un mort, si comme bon nombre de terme on peut lui allouer divers sens, il semblerait qu'il se rattache avant tout à l'évocation de la mort dans l'écriture. Inutile donc de fantasmer sur d'éventuelles révélations mystico-religieuses datant de plusieurs siècles. Tout ici n'est que fiction et n'est donc pas estampillé « tiré d'un fait divers authentique ». Ce qui n'aurait, d'ailleurs, pas sauvé le film du triste sort que lui a accordé un Stefano Bessoni au final, peu inspiré. Les meurtres eux-mêmes se révèlent assez peu enthousiasmants. Mieux vaut se retaper mille fois les Nom de la Rose, les Tesis ou les Secret de la Pyramide qu'une seule fois cet assommant Imago Mortis. Dario Argento, Pupi Avati et les autres peuvent dormir sur leurs deux oreilles. Stefano Bessoni n'est pas le cinéaste contemporain qui parviendra à les déloger du socle fragile de leur statut d'auteur culte ! L'occasion tout de même d'y retrouver l'actrice Geraldine Chaplin et d'y découvrir sa fille Oona...

dimanche 29 juillet 2018

Sur un Arbre Perché de Serge Korber (1971) - ★★★★★★★☆☆☆



Si dans le fond, Sur un Arbre Perché se révèle relativement simple, dans sa forme, il semble avoir été plus compliqué à mettre en place que ne le laisse envisager le résultat à l'écran. Il s'agit de la seconde collaboration entre l'acteur Louis de Funès et le cinéaste Serge Korber et la deuxième fois que ce dernier adapte un scénario original en compagnie du scénariste et dialoguiste Jean halain (lequel écrira le scénario de bon nombre de long-métrages mettant en vedette Louis de Funès entre 1949 (Millionnaires d'un jour d'André Hunebelle) et 1981 (La Soupe aux Choux de Jean Girault). Après le déjà très spécial L'Homme Orchestre réalisé un an auparavant, en 1970, Serge Korber confie à Louis de Funès le rôle du promoteur Henri Roubier qui, de retour d'Italie où il vient de signer un contrat, et qui, contre son accord, vient d'embarquer à bord de sa décapotable un jeune auto-stoppeur ainsi que l'épouse d'un millionnaire. Sur la route qui mène jusqu'à la frontière française, au volant de son véhicule, Roubier fait un écart et plonge dans le vide. Par chance, il évite une chute mortelle mais la voiture tombe sur un arbre au beau milieu d'une falaise. Ni le sommet, ni le sol ne sont accessibles. Condamnés à rester immobiles dans la décapotable jusqu'à ce que d'éventuels secours viennent les sauver, Roubier et ses deux encombrants passagers vont devoir faire contre mauvaise fortune, bon cœur...

Le scénario de Pierre Roustang adapté à quatre mains par Jean Halain et Serge Korber aurait tout aussi bien pu servir de base à une pièce de théâtre. Car en effet, le film se situant majoritairement à bord d'une voiture immobilisée sur un arbre perché à plusieurs centaines de mètres au dessus du sol, toute l'intrigue repose uniquement sur le jeu de son improbable trio d'interprètes principaux. Dans le rôle principal, Louis de Funès, bien évidemment. A ses côtés, son propre fils Olivier qui contre toute attente n'incarne par le rôle du rejeton mais celui de l'auto-stoppeur (dans L'Homme Orchestre, Olivier de Funès interprétait au moins le rôle du neveu de Evan Evans, incarné, lui, par Louis de Funès). Pour accompagner les deux hommes, la touche féminine est assurée par l'actrice américaine Geraldine Chaplin qui comme chacun sait, est la fille de l'illustre Charlie Chaplin.

Bien que visuellement le film relève d'un minimalisme parfois déconcertant, le tournage semble s'être révélé plus difficile que le scénario pouvait le laisser croire. Si la direction des acteurs ne paraît pas avoir été le principal soucis du réalisateur, l'utilisation de cascadeurs lors de plans vertigineux et d'hommes rompus à l'alpinisme afin d'assurer certains des plans les plus osés se révèle remarquable. Fort logiquement remplacés par des doublures-cascadeurs, Louis et Olivier de Funès ainsi que Geraldine Chaplin ont quant à eux tourné la plupart des scènes en studio. Si les raccords ne sont pas toujours parfaitement exécutés, l'illusion est pourtant presque parfaite.

Afin d'éviter qu'une certaine redondance ne vienne ternir le récit, Serge Korber imagine quelques séquences plutôt amusantes, tel le portrait de Roubier en cycliste, l'évocation d'un vampire dans la région, ou encore la scène située dans le désert. Des mini-sketches relançant l'intrigue jusqu'à ce que les secours arrivent enfin, ouvrant le bal d'un dernier quart-d'heure totalement délirant. Notons la présence de Paul Préboist dans le rôle du radio-reporter et d'Alice Sapritch dans celui de Lucienne, l'épouse de Roubier.
Sur un Arbre Perché demeure sans doute comme l'une des comédies de Louis de Funès parmi les plus faibles. D'ailleurs, les résultats au box-office semblent s'en être ressentis malgré le score honorable dépassant le million et demi de spectateurs. Il s'agira là de la dernière collaboration entre Louis de Funès et Serge Korber. Une petite comédie, sympathique, mais dispensable...

vendredi 8 décembre 2017

Zéro Population Ground de Michael Campus (1972) - ★★★★★★★☆☆☆



Zéro Population Ground est sans doute l'un des longs-métrages dont l'intrigue a lieu dans un univers dystopique les moins connus. Du moins a-t-il été réalisé avant les classiques que sont devenus par la suite L'Age de Cristal (dans lequel la vie de chacun est limitée à trente ans), Soleil Vert ( du nom d'une plaquette alimentaire dont les origines vont se révéler effarantes), ou plus récemment Les Fils de L'Homme (dans lequel les êtres humains ne sont carrément plus en mesure de se reproduire. Proche de ces œuvres qui décrivent l'absence ou l'interdiction totale du moindre sentiment humain, le film de Michael Campus est loin d'être aussi divertissant que ses congénères. Dans un climat dont l'austérité n'a nul égal, il promène ses personnages dans un décor futuriste dont le minimalisme architectural est renforcé encore davantage par la pollution. Un épais brouillard empêchant d'y voir à plus de quelques mètres, forçant ainsi les habitants d'une métropole à se déplacés affublés d'un masque de protection.
Nous sommes dans un futur proche, au début du vingt et unième siècle (le film date de 1972). Après que l'homme ait surpeuplé la planète, il est décidé que durant les vingt-deux prochaines années sera interdite toute naissance. Pour pallier à ce manque, une entreprise propose à des couples d'adopter de faux enfants mécaniques. Des robots doués de la parole. Mais pour Carol McNeil, cette situation étant intolérable, elle décide sans l'accord de son mari Russ de mettre au monde leur enfant alors qu'un protocole visant à systématiquement avorter est mis en place dans chaque foyer. L'époux accepte finalement cette situation mais très vite, leurs plus proches voisins et amis Edna et George Borden apprennent la présence du bébé. Alors que la délation est généralement de mise dans ce genre de cas, les Borden préfèrent ne rien révéler et proposent à leurs amis de partager l'enfant avec eux. Craignant que leurs amis ne finissent par décider de prévenir les autorités, Carol et Russ acceptent de confier leur enfant un jour sur deux aux Borden. Mais ces derniers vont peu à peu s'accaparer de plus en plus l'objet de leur convoitise. Jusqu'à ce que les McNeil décident finalement de leur refuser cette alternative...

Glaçante est l'ambiance de ce long-métrage très particulier. Une œuvre qui semble au premier abord cacher ses faiblesses financières derrière un épais brouillard. De quoi faire l'impasse sur des décors qui se seraient montrés fort gourmands en matière de financement. Si cet aspect peut paraître assez gênant au départ, l'intrigue est suffisamment prenante pour que l'on passe outre ce défaut. Zéro Population Ground développe donc l'hypothèse d'un futur pessimiste. La vie d'avant y est décrite à travers des tableaux vivant auxquels participent nos quatre personnages. En permanence, un haut-parleur diffuse les règles imposées par le gouvernement tandis qu'une autre revient sur les faits qui ont failli mener l'espèce humaine à sa perte. L'instinct maternel est au cœur de cette intrigue dont le moindre écart est condamné et dont le pire d'entre eux se révèle être la naissance d'un enfant (considéré ici comme crime contre l'humanité). La sentence est la même pour tous : la mort par suffocation. Les couples bravant l'interdiction se voient enfermés en compagnie de leur enfant sous une cloche transparente, forcés à méditer durant des heures sur leur acte avant de mourir étouffés.

Oliver Reed et Geraldine Chaplin forment à l'écran un couple uni, refusant de se conformer à cette terrible loi leur refusant le droit d'avoir un enfant, fruit de leurs entrailles. Don Gordon et Diane Cilento incarnent quant à eux les Borden. Un couple déjà beaucoup plus inquiétant formant cette épée de Damoclès qui menace à tout instant de tomber sur la tête des McNeil. Inspiré par le roman écrit à quatre mains par l'écrivain Paul R. Ehrlich et son épouse Anne en 1968 The Population Bomb, lequel décrit la surpopulation de l'espèce humaine, Zéro Population Ground est vraiment une excellente surprise malgré son avarice en matière de décors. Les personnages semblent en effet se promener dans des décors de carton-pâte dignes des pires plagiats italiens des années soixante-dix et quatre-vingt. C'est bien grâce à l'interprétation des quatre principaux acteurs et à la mise en scène du cinéaste que le film fait mouche. Tout est question d'adaptation car après quelques minutes éprouvantes, on finit par adhérer à ce récit à l'ambiance toute particulière, ancêtre des dystopies devenues depuis quelques années à la mode au cinéma. A voir...
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