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lundi 25 novembre 2019

Hibernatus d'Édouard Molinaro (1969) - ★★★★★★★☆☆☆



Deuxième collaboration entre l'acteur Louis de Funès et le réalisateur Édouard Molinaro, Hibernatus fait suite à Oscar qui deux ans plus tôt réunissait déjà les deux hommes et qui était déjà lui-même l'adaptation de la pièce de théâtre éponyme de Claude Magnier. D'ailleurs, ces deux adaptations de pièces de théâtre ne furent pas les seules pour le réalisateur qui adapta également la pièce de Francis Veber Le Contrat en 1973 sous le titre L'Emmerdeur et réalisa La Cage aux Folles cinq ans plus tard à partir de la pièce de Jean Poiret. Pour cette seconde collaboration entre le réalisateur et Louis de Funès, Édouard Molinaro réunit à nouveau la star comique et l'actrice Claude Gensac qui interprétera régulièrement l'épouse de Louis de Funès dans un nombre important de longs-métrages. Dans le cas présent, ils incarnent respectivement Edmée de Tartas et Hubert Barrère de Tartas. Lui est le président directeur général d'une société d'emballage et elle, son épouse et actionnaire de la dite société.

Tout commence lorsqu'une expédition située dans l'extrême nord du Groenland fait la découverte d'un corps congelé depuis soixante-cinq ans. Miraculeusement, et contre toute attente, le cœur de l'homme se met à battre à nouveau. Une enquête est menée pour savoir quelles sont ses origines et l'on apprend bientôt qu'il est le grand-père d'Edmée de Tartas. Alors que le professeur Édouard Loriebat qui s'est chargé de la ''décongélation'' de celui qui se fait appeler Paul Fournier a bien l'intention de le garder dans ses services, Edmée refuse et veut récupérer son grand-père. C'est avec l'aide de son époux et du professeur Bibolini, pourtant proche collaborateur du professeur Édouard Loriebat, qu'Edma parvient à ''kidnapper'' l'hiberné et à le ramener chez eux. Mais afin qu'à son réveil, Paul Fournier ne se rende compte de rien et ne soit pas choqué par la découverte qu'il est plongé dans une autre époque que la sienne, la ville toute entière se met en quatre pour arborer l'apparence qu'elle avait au début du siècle. Les modèles de voitures récents sont remplacés par ceux des années 1900, tout comme les costumes. Chez les Tartas, tout y est transformé. Le poste de télévision y est par exemple retiré et chacun accepte de tenir un rôle différent : Edmée, qui ressemble étonnamment à sa propre grande-mère devient désormais la mère de Paul, Hubert devient son prétendant, et leur fils Didier est désormais étudiant. Mais très rapidement, l'autorité de Paul qui porte aux nues sa ''mère'' irrite Hubert qui ne supporte plus cette situation...

L'intrigue de Hibernatus prend essentiellement pour cadre la propriété des de Tartas. L'unité de lieu et de temps est donc pratiquement celle d'une pièce de théâtre. Comme toujours, Louis de Funès cabotine énormément et on peut d'ailleurs le soupçonner, comme à son habitude, d'avoir lui-même improvisé certains gags auxquels le réalisateur ne réagira pourtant malheureusement pas. Même si le long-métrage d’Édouard Molinaro n'est pas le meilleur film qu'il ait réalisé ou qu'ait interprété Louis de Funès, il demeure difficile de ne pas éprouver énormément de sympathie pour cette comédie légère et parfois survoltée, multipliant gags et quiproquos. On retrouve à l'écran le fils de la star comique, Olivier de Funès qui ne tournera que dans une poignée de longs-métrages, tous en compagnie de son père. Michael Lonsdale interprète le professeur Édouard Loriebat et l'acteur Pascal Mazzotti, le professeur Bibolini. Dans le rôle de la servante Sophie, on retrouve l'actrice Sophie Kelly et dans celui du maître d'hôtel Charles, Paul Préboist. Une comédie sympathique accompagnée de quelques moments culte comme la danse de Hubert Barrère de Tartas répétant inlassablement le prénom de son épouse...

dimanche 29 juillet 2018

Sur un Arbre Perché de Serge Korber (1971) - ★★★★★★★☆☆☆



Si dans le fond, Sur un Arbre Perché se révèle relativement simple, dans sa forme, il semble avoir été plus compliqué à mettre en place que ne le laisse envisager le résultat à l'écran. Il s'agit de la seconde collaboration entre l'acteur Louis de Funès et le cinéaste Serge Korber et la deuxième fois que ce dernier adapte un scénario original en compagnie du scénariste et dialoguiste Jean halain (lequel écrira le scénario de bon nombre de long-métrages mettant en vedette Louis de Funès entre 1949 (Millionnaires d'un jour d'André Hunebelle) et 1981 (La Soupe aux Choux de Jean Girault). Après le déjà très spécial L'Homme Orchestre réalisé un an auparavant, en 1970, Serge Korber confie à Louis de Funès le rôle du promoteur Henri Roubier qui, de retour d'Italie où il vient de signer un contrat, et qui, contre son accord, vient d'embarquer à bord de sa décapotable un jeune auto-stoppeur ainsi que l'épouse d'un millionnaire. Sur la route qui mène jusqu'à la frontière française, au volant de son véhicule, Roubier fait un écart et plonge dans le vide. Par chance, il évite une chute mortelle mais la voiture tombe sur un arbre au beau milieu d'une falaise. Ni le sommet, ni le sol ne sont accessibles. Condamnés à rester immobiles dans la décapotable jusqu'à ce que d'éventuels secours viennent les sauver, Roubier et ses deux encombrants passagers vont devoir faire contre mauvaise fortune, bon cœur...

Le scénario de Pierre Roustang adapté à quatre mains par Jean Halain et Serge Korber aurait tout aussi bien pu servir de base à une pièce de théâtre. Car en effet, le film se situant majoritairement à bord d'une voiture immobilisée sur un arbre perché à plusieurs centaines de mètres au dessus du sol, toute l'intrigue repose uniquement sur le jeu de son improbable trio d'interprètes principaux. Dans le rôle principal, Louis de Funès, bien évidemment. A ses côtés, son propre fils Olivier qui contre toute attente n'incarne par le rôle du rejeton mais celui de l'auto-stoppeur (dans L'Homme Orchestre, Olivier de Funès interprétait au moins le rôle du neveu de Evan Evans, incarné, lui, par Louis de Funès). Pour accompagner les deux hommes, la touche féminine est assurée par l'actrice américaine Geraldine Chaplin qui comme chacun sait, est la fille de l'illustre Charlie Chaplin.

Bien que visuellement le film relève d'un minimalisme parfois déconcertant, le tournage semble s'être révélé plus difficile que le scénario pouvait le laisser croire. Si la direction des acteurs ne paraît pas avoir été le principal soucis du réalisateur, l'utilisation de cascadeurs lors de plans vertigineux et d'hommes rompus à l'alpinisme afin d'assurer certains des plans les plus osés se révèle remarquable. Fort logiquement remplacés par des doublures-cascadeurs, Louis et Olivier de Funès ainsi que Geraldine Chaplin ont quant à eux tourné la plupart des scènes en studio. Si les raccords ne sont pas toujours parfaitement exécutés, l'illusion est pourtant presque parfaite.

Afin d'éviter qu'une certaine redondance ne vienne ternir le récit, Serge Korber imagine quelques séquences plutôt amusantes, tel le portrait de Roubier en cycliste, l'évocation d'un vampire dans la région, ou encore la scène située dans le désert. Des mini-sketches relançant l'intrigue jusqu'à ce que les secours arrivent enfin, ouvrant le bal d'un dernier quart-d'heure totalement délirant. Notons la présence de Paul Préboist dans le rôle du radio-reporter et d'Alice Sapritch dans celui de Lucienne, l'épouse de Roubier.
Sur un Arbre Perché demeure sans doute comme l'une des comédies de Louis de Funès parmi les plus faibles. D'ailleurs, les résultats au box-office semblent s'en être ressentis malgré le score honorable dépassant le million et demi de spectateurs. Il s'agira là de la dernière collaboration entre Louis de Funès et Serge Korber. Une petite comédie, sympathique, mais dispensable...

lundi 23 juillet 2018

Les Grandes Vacances de Jean Girault (1967) - ★★★★★★★☆☆☆



Au beau milieu du mois de juillet, enfermé derrière des volets protégeant à peine de la canicule, sans le moindre souffle d'air, ni climatisation, et tout juste à peine aidé d'un vieux ventilateur ayant autant d'efficacité qu'une stère de bois détrempée posée dans le foyer d'une cheminée en hiver, quoi de mieux qu'une comédie française mettant en vedette notre plus grande star dans le domaine ? Qui n'évoquera pas notre Louis de Funès national est sans doute trop jeune pour l'avoir connu au temps où l'on célébrait chaque diffusion le dimanche soir de l'un des innombrables classiques dans lesquels il joua. Afin de coller à cette période caniculaire qui fera regretter à ceux qui les préfèrent, les climats plus tempérés offerts par le printemps ou l'automne, j'ai choisi à cette occasion de revenir sur Les Grandes Vacances de Jean Girault. Celui-là même qui offrit à Louis de Funès l'opportunité d'endosser le costume de gendarme à six reprises, ou qui lui consacra plusieurs long-métrages de qualité. Tels Pouic-Pouic, Faites Sauter la Banque (tout deux réalisés en 1963), l'excellentissime Jo en 1971, ou encore le pathétique La Soupe aux Choux en 1982.

Les Grandes Vacances, c'est tout d'abord une équipe rompue à la comédie. Car ceux qui entourent Louis de Funès à l'écran, ne le sont pas ici pour la première fois. On a pu en effet découvrir Maurice Risch dans Le Grand Restaurant de Jacques Besnard l'année précédente en 1966, Guy Grosso faisait, lui, déjà partie de la section de gendarme sous les ordres du Maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot, et l'on peut même remonter bien plus loin encore puisqu'il apparut notamment dans La Belle Américaine en 1961 et Des Pissenlits par la Racine en 1964. Mario David débutera lui sa carrière 'auprès' de Louis de Funès puisqu'on le découvrira au cinéma dès 1952 dans La Tournée des Grand Ducs d'André Pellenc, L'Amour n'est pas un Péché de Claude Cariven, ainsi qu'en 1954 dans Ah ! Les belles Bacchantes de Jean Loubignac. Olivier de Funès ne tournera qu'une poignée de long-métrages, tous interprétés par son père, de 1965 avec Fantômas se Déchaîne d'Andre Hunebelle, jusqu'en 1971 avec Sur un Arbre Perché de Serge Korber. Quant à Claude Gensac, inutile de la présenter puisqu'elle fut très souvent 'l'épouse' du comique au cinéma. A tel point qu'il n'est pas rare que l'on imagine que les deux acteurs ont joué ensemble des dizaines de fois alors qu'il partagèrent la vedette sur grand écran à dix reprises seulement. D'autres interprètes réapparaîtront plus rarement puisque l'acteur allemand Ferdy Lane qui incarne ici le personnage de Mac Farrell n'apparaîtra qu'une seconde fois auprès de Louis de Funès dans Jo, alors que l'actrice française Martine Kelly donnera la réplique au comique à deux nouvelles reprises à l'occasion des tournages de Hibernatus d’Édouard Molinaro en 1969 et L'Homme Orchestre de Serge Korber en 1970.

L'un des points fort de ces Grandes Vacances, c'est sa musique, et surtout son thème principal qui parmi les airs les plus connus de la filmographie de Louis de Funès fait partie des plus reconnaissables. Dès le début, le spectateur apprend que le film est dédié au cascadeur Jean Falloux qui lors du tournage d'une scène aérienne a perdu la vie. L'une des particularités du film de Jean Girault est de partager son intrigue entre la France et l'Angleterre. Pourtant aucun plan n'a été tourné en Grande-Bretagne, le film ayant été intégralement réalisé sur le sol français. Louis de Funès fait preuve, comme à son habitude, d'une énergie débordante qui lui vaudra le Prix Courteline en 1967. Les Grandes Vacances est une très sympathique comédie qui nous fait donc voir du pays, entre le pensionnat dirigé par Charles Bosquet (Louis de Funès), un simulacre d'Angleterre donc, et le port du Havre. Une douzaine de lieux de tournage pour un film qui donne parfois le tournis. Entre amourettes, mariage à l'écossaise, dîner britannique, course-poursuite vers le Havre à bord d'une bateau, d'une voiture, ou d'un camion chargé à bloc de sacs de charbon, bagarre entre marins et touristes dans un bar du port du Havre, rencontre plurielle avec un Mario David drôlissime, Louis de Funès se donne à fond et régale les spectateurs qui n'en manquent pas une miette. Loin d'atteindre les sommets du genre, le film de Jean Girault est cependant une très bonne comédie que l'on prend toujours autant de plaisir à redécouvrir...

mardi 2 janvier 2018

L'Homme Orchestre de Serge Korber (1970) - ★★★★★★☆☆☆☆



L'Homme Orchestre de Serge Korber est intéressant à plus d'un titre. Comme cela sera également le cas deux ans plus tard, le réalisateur offre à notre Louis de Funès de camper un personnage dans un long-métrage relativement déroutant (Sur un Arbre Perché poussera l'expérimentation jusqu'à proposer une sorte de huis-clos à ciel ouvert (qui a dit que cela était incompatible?) très particulier), Tandis que L'Homme Orchestre navigue entre comédie et spectacle musical. Le cinéaste offre à Louis de Funès un rôle qui lui va à ravir. De ces individus rigides, autoritaires et incorruptibles. Directeur d'une compagnie de danse contemporaine, Evan Evans prépare son nouveau spectacle lorsque l'une de ses danseuses lui fait faux bond. A la recherche d'une remplaçante, il engage la jolie Endrika sous certaines conditions : interdit d'avoir un petit ami, de se marier, de tomber enceinte, etc. Endrika obtient le rôle au sein de la troupe mais bientôt, lors d'une tournée en Italie, il est clair que la jeune femme n'a pas rempli toutes les conditions puisqu'y vit son enfant. Un bébé qu'elle a jusqu'à maintenant confié à une famille italienne mais qu'elle est en devoir de récupérer. Et comme elle n'a jamais partagé son secret avec quiconque, elle décide sur les conseils de Françoise, une autre danseuse qui elle aussi a dérapé en ne respectant pas les règles d'or mises en place par Evan Evans, de faire croire que l'enfant est de Philippe, le neveu du directeur...

Je disais donc que L'Homme Orchestre était intéressant à plus d'un titre : car outre le fait d'y retrouver l'insurpassable Louis de Funès (tous les acteurs comiques d'aujourd'hui faisant, avouons-le pâle figure à ses côtés), le long-métrage de Serge Korber a l'immense privilège d'avoir pu s'accorder la participation de l'immense compositeur François de Roubaix qui à l'époque débarquait avec un son nouveau. L'Homme Orchestre est une œuvre psychédélique qui ne tient pas uniquement dans ses décors ou ses costumes mais bien dans les remarquables compositions du musicien malheureusement décédé à l'âge de trente-six ans le 21 novembre 1975 dans un bête accident de plongée.

Si la plupart des personnages qu'aura interprété Louis de Funès durant sa carrière semblaient suivre une ligne directrice comportementale relativement commune, L'Homme Orchestre paraît rassembler des éléments du passé de l'acteur et des futurs rôles qu'il allait endosser. On ne reviendra pas sur les aspects quelque peu ignobles du personnage de Evan Evans et qui furent le fond de commerce de Louis de Funès qui les rendit pourtant terriblement attachants. Un miracle si j'ose dire !

Dans L'Homme Orchestre, il y a un peu du Oscar d’Édouard Molinaro dans les liens de parenté tronqués entre le bébé et Philippe. Un peu des Aventures de Rabbi Jacob dans ces danses auxquelles participait déjà avec plaisir l'acteur. Une propension à se livrer corps et âme même lorsque le producteur de la Gaumont Alain Poiré refuse de lui octroyer un cachet plus élevé que prévu tandis que d'autres producteurs lui en proposaient de plus importants. Soyons chauvins et poussons plus loin le bouchon en affirmant que le producteur et réalisateur Robert S. Baker aura su retenir la leçon pour l'ouverture de sa mythique série Amicalement Votre (le film de Serge Korber s'ouvre en effet sur une scène de course-poursuite dans les environs de Nice) ou que Jean Yanne aura trouvé là, matière à écrire ses propres comédies musicales pop et psychédéliques. Paranoïa ? Peut-être... L'Homme Orchestre demeure de toute manière une expérience toute particulière avec ses bons et ses mauvais côtés, que tout fans de Louis de Funès se doit d'avoir vu au moins une fois dans son existence. A noter la présence d'Oliver de Funès, fils du grand Louis, lequel jouera à six reprises aux côtés de son père...
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