Bienvenue sur Cinémart. Ici, vous trouverez des articles consacrés au cinéma et rien qu'au cinéma. Il y en a pour tous les goûts. N'hésitez pas à faire des remarques positives ou non car je cherche sans cesse à améliorer le blog pour votre confort visuel. A bientôt...

Labels


Affichage des articles dont le libellé est Jean Girault. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jean Girault. Afficher tous les articles

mardi 10 mars 2026

La soupe aux choux de Jean Girault (1982) - ★★★★★☆☆☆☆☆




Ça n'est pas tant le film qu'il m'importe ici d'évoquer mais celui qui me conseilla fortement, presque à genoux, de faire l'effort de le redécouvrir plus de quarante ans après sa découverte à la télévision... J'espère que chacun s'accordera à dire que La soupe aux choux est une sombre merde, mais si d'aventure quelques malveillants s'apprêtaient à laisser des commentaires assassins, je préfère tout de suite les prévenir : au premier qui affirmera que l’œuvre de Jean Girault fut et reste d'une importance considérable dans le paysage cinématographique français ainsi que dans la carrière de son auteur et de son acteur fétiche, je menacerai alors de voter le 15 mars prochain pour Sébastien Delocu aux élections municipales ! Et si ce même commentateur persiste ou si d'autres se joignent à lui à la curée, alors, en 2017, je voterai pour Jean-Cul Mélenfion ! Voilà, c'est dit... Pour en revenir à cet ''ami'' qui eut l'outrecuidance d'évoquer dans un authentique premier degré, je le cite, ''Que les États-Unis ont leur E.T l'extraterrestre Steven Spielberg et qu'en France, nous avons La soupe aux choux'', je lui répondrai qu'avec davantage de culture, de ''bon sens'' et d'ironie crasse, il aurait tout aussi bien pu évoquer Rencontre du troisième type! Car c'est tout d'abord de cela dont il s'agit dans ce qui demeure pour le réalisateur français ainsi que pour sa star Louis de Funès, leur avant-dernier long-métrage avant disparition des radars (les deux hommes mourront à un an d'intervalle). Aux côtés de l'une des plus grandes vedettes de la comédie française à laquelle certains ont l'infâme effronterie de lui apposer comme descendant naturel dans le registre de l'humour l'inconsistant Jamel Debbouze, l'on retrouve Jean Carmet dans l'un de ces personnages qu'il affectionnait et qui contrairement au personnage qu'incarne Louis de Funès lui va comme un gant. Il faut dire que malade, essoufflé, amaigri et parfois doté d'affligeantes lignes de dialogue, on n'a pas très envie de voir Louis de Funès dans cet état. Au bord de l'auto-caricature, presque pathétique même si, il est vrai, l'arrivée tardive et le passage éphémère de la jolie et pétillante Christine Dejoux dans le rôle de La Francine apporte une plus-value, Louis de Funès n'est malheureusement plus que l'ombre de lui-même. Adaptation du roman éponyme de l'écrivain et scénariste français René Fallet, La soupe aux choux signe la fin d'une hégémonie. Celle d'un acteur qui su attirer des millions de spectateurs en salle et devant leur poste de télévision tout en incarnant des individus presque majoritairement veules, autoritaires, tyranniques, pleutres devant les hommes de pouvoir et despotiques devant les faibles. 

 

La soupe aux choux dénote d'ailleurs fortement en comparaison des rôles que Louis de Funès interpréta par le passé. En somme, en incarnant Claude Ratinier, dit ''le Glaude'', l'acteur s'est apaisé pour donner la réplique au plus vieux compagnon du protagoniste qu'il incarne en la personne de Francis Chérasse, dit ''le Bombé''. Rôle qui est donc tenu par un Jean Carmet nettement moins présent à l'image que l'acteur-vedette d'une grande majorité des comédies de l'époque. Si ''bizarrement'', beaucoup se réfèrent à la séance de pets du long-métrage, la vérité est que La soupe aux choux est peut-être moins grotesque qu'il n'y paraît. Car au delà des flatulences de nos deux vieilles peaux récalcitrantes à la modernité, le film de Jean Girault évoque malgré tout quelques thématiques pas du tout inintéressantes. Comme les projets de transformation du milieu rural en complexe moderne, la solitude, la perte d'un être cher (qui en outre donne lieu à des retrouvailles relativement touchantes entre le Glaude et la Francine) ou l'indéfectible amitié entre deux hommes... Et puis, il y a cette rencontre improbable entre le Glaude et la Denrée. Un extraterrestre de la planète Oxo attiré par les bruits de pets des deux septuagénaires !?! Pour camper le rôle de la Denrée, l'acteur Jacques Villeret. Comme le veut l'adage ''Le ridicule ne tue pas'', l'acteur survivra à ses deux partenaires pour ne disparaître que vingt-trois ans plus tard, en 2005. Dire que le costume de l'extraterrestre est ridicule est un euphémisme. Confirmer que son étrange façon de s'exprimer est absurde est une évidence. Mais malgré le contraste qui s'opère entre la ruralité du contexte et l'arrivée de la science-fiction dans un genre et une approche qui ne s'y prêtaient pas forcément à de quoi surprendre. Du moins pendant quelques instants et SURTOUT, si l'on n'a jamais vu ou entendu parler de La soupe aux choux... Ouais, bon, ben c'est bien beau tout ça mais le film de Jean Girault ressemble sacrément à un nanar... plutôt ennuyeux dans ses grandes largeurs. Probablement le film de chevet de Delocu et de mon ami, d'ailleurs... Notons malgré tout la célèbre et inoubliable bande musicale analogique de Raymond Lefebvre qui est demeurée dans toutes les têtes...


samedi 5 octobre 2024

Cycle Les Charlots: Charlots font l'Espagne de Jean Girault (1972)



Gérard, Phil, Jean et Jean-Guy travaillent semblent s'être enfin rangés et ont trouvé leur premier emploi stable à la RATP. Phil est poinçonneur, Jean conducteur de tram, quand à Gérard et Jean-guy ils travaillent ensemble dans
un bus. Fatigués de leur emploi, ils quittent précipitamment la France pour se rendre en car en Espagne, persuadés d'avoir une chambre d'hôtel réservée à leur nom. Malheureusement pour eux et pour les autres vacanciers, le directeur de l'agence de voyage s'est fait la malle avec la caisse avant même d'avoir pris des réservations.

A la rue, nos quatre hommes n'ont pas d'autre option que de trouver très vite un travail s'ils ne veulent pas coucher dehors. Ils parviennent à se faire embaucher dans un grand palace mais se font très vite renvoyer à force d'accumuler les maladresses. Plus tard, ils participent à un mariage, puis se font engager comme maçons. Mais là encore, c'est la catastrophe. Ils se retrouvent finalement à bord d'un yacht, employés comme mariniers...

Après Claude Zidi et Les Bidasses en Folie et Les Fous du Stade, voici que c'est au tour du cinéaste Jean Girault de mettre les pieds dans le plat. Les Charlots Font l'Espagne est le film de la régression. En effet, on a l'impression de retourner quelques années en arrière, à l'époque de Philippe Clair et de son immonde Grande Java. Jean Girault signe l'un des pires navets du cinéma humoristique français, ou du moins, l'un des plus navrants dans la carrière des Charlots. Le cinéaste plus habitué à faire jouer l'immense Louis de Funès, ne parvient pas à convaincre le moins du monde avec une accumulation de gags déprimants de vacuité.
Pourtant, le principe est toujours le même : les charlots et l’incommensurable incompétence de leur personnage malgré un imaginaire débridé. Alors pourquoi Les Charlots Font l'Espagne est-il si mauvais ? Parce que leurs excès, les quatre hommes en font cette fois-ci un peu trop . Gesticulant et grimaçant comme le feraient des enfants en bas âge, ils agacent plus que de coutume.

Ou peut-être est-ce simplement la réalisation de Jean Girault qui nous pond un succédané du Gendarme de Saint Tropez sans képi, sans bâton et surtout, sans de Funès. On aimer les Charlots, et même les adorer, mais soyons honnêtes : il ne s'agit en aucun cas de véritables interprètes. Des bouffons qui s'agitent au grès de scénarios souvent lénifiants. Cette fois-ci, la mise en scène est aussi absconse que peut l'être le jeu outré des différents protagonistes. De toute manière, Girault n'a jamais été un grand cinéaste et le résultat au box office de ses film ne faisant que dégringoler au fil du temps en est une preuve flagrante. Si seulement le film pouvait être drôle. Mais non, c'est le sommeil qui gagne malgré l'implication des Charlots. Les Charlots Font l'Espagne est donc un film à très vite oublier. Heureusement, le quatuor ne fera plus l'erreur d'accepter de tourner avec Jean Girault et leur prochain film changera radicalement la donne...

lundi 28 juin 2021

L'horoscope de Jean Girault (1978) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

L'horoscope de Jean Girault démarre comme si le personnage d'Alexandre le bienheureux d'Yves Robert avait choisi de prendre sa vie en main d'une toute autre manière. Comme si métamorphosé en Antoine Fromont, Alexandre Gartempe avait pris la bonne décision en prenant la fuite avant de faire l'erreur d'épouser la Grande. Ici, en la personne de Ginette Marchand (l'actrice Katia Tchenko), sœur de deux brutes épaisses prénommées Édouard (Sylvain Lévignac) et Fernand (Henri Czarniak) qui n'auront de cesse de poursuivre l'un des deux principaux protagonistes interprétés par Henri Courseaux et Claude Rollet. Homme de théâtre, acteur de télévision mais aussi de cinéma, Henri Courseaux n'a fort heureusement pas été toujours aussi mal dirigé que dans cet Horoscope quelque peu franchouillard et dans lequel il incarne un poltron qui après avoir gagné aux courses grâce à la lecture de son horoscope, descend vers Monaco afin d'y acquérir un bar luxueux. Avant cela, Henri Courseaux à promené sa sympathique trogne dans le film culte de Jean Yanne Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil avant d'interpréter plus tard l'un des amoureux transits de Sabine Azéma dans le sympathique On n'est pas des anges... elles non plus de Michel Lang ou le docteur Clipps dans le premier film des Inconnus (ici au complet puisqu'au départ, il étaient cinq, Smaïn et Seymour Brussel faisant à l'origine partie de la troupe) Le téléphone sonne toujours deux fois.


Son personnage d'Antoine Fromont est suivi de près par Vincent Vallier qui lui aussi est désormais détenteur d'une petite fortune. Interprété par l'acteur, scénariste et dialoguiste français Claude Rollet, ce dernier n'est peut-être pas le plus connu des interprètes hexagonaux mais le timbre de sa voix est lui, par contre, resté célèbre. En effet, doubleur pour le cinéma, on a pu notamment entendre sa voix dans les versions françaises de Y a-t-il un pilote dans l'avion ? des ZAZ (dans lequel il doubla Lloyd Bridges) et de l'excellente comédie de John Landis Un fauteuil pour deux dans laquelle il doublait l'acteur Dan Aykroyd. Si quelques acteurs français bien connus parcourent le long-métrage de Jean Girault, parmi lesquels Georges Descrières en notaire, Michel Galabru en Plancheteau ou Jacques Marin en J.L. Beauché, Claude Rollet et Henri Courseaux sont donc les deux principaux trublions qui feront vivre cette comédie franchouillarde qui navigue entre les eaux de la série Z et celles de la comédie familiale. Accompagnés de quelques représentantes de la gente féminine non négligeables, on retrouve en tête de gondole l'actrice Evelyne Buyle et son intense regard qui dans le rôle de Josy suit nos deux hommes et se laisse séduire assez facilement. Belle à croquer mais interprétant comme à son habitude son personnage en surjouant son rôle, la belle illumine L'horoscope de sa présence...


Alors qu'Alice Sapritch passe à de rares occasions devant la caméra dans le rôle d'une bohémienne chiromancienne particulièrement talentueuse, la charmante France Dougnac irradie tout comme Evelyne Buyle le long-métrage de Jean Girault un an seulement avant d'être violée par le joueur numéro un d'une équipe de football dans l'excellente comédie de Jean-Jacques Annaud, Coup de tête... L'horoscope aurait pu être une excellente comédie N'oublions pas que Jean Girault a réalisé quelques petites merveilles avec l'un de ses acteurs fétiches Louis de Funès (Pouic-Pouic et Faites sauter la banque en 1963, Le gendarme de Saint Tropez en 1964 ou Jo en 1971) et que Jacques Vilfrid eut une belle carrière en tant que scénariste. Mais les interprètes en faisant des caisses comme si le réalisateur avait choisi de leur laisser le champ libre et les dialogues étant souvent misérables, l'ensemble condamne le film à n'être qu'une toute petite comédie très largement dispensable. Heureusement l'on n'atteint tout de même pas le fond du panier de la comédie Z hexagonale comme l'envisagèrent par exemple Bernard Launois (Touch' pas à mon biniou, avec Sim ou Sacrés gendarmes avec Jacques Balutin, Robert Castel et Sim, encore une fois) ou Philippe Clair (l'ahurissant Le Führer en folie avec Henri Tisot, Alice Sapritch ou Luis Régo en 1974). A voir pour les plus courageux ou les fans absolus de Jean Girault...

 

lundi 8 juin 2020

Ils ne verront jamais le jour : Le Gendarme en Orbite, et la Revanche des Extra-terrestres, et le Triangle des Bermudes, au Japon, en Union Soviétique... ou les projets avortés de la saga ''Le Gendarme de Saint-Tropez''




Le saviez-vous ? Avec ses six volets, la saga du Gendarme de Saint-Tropez est la plus longue à laquelle ait participé l'acteur comique Louis de Funès, loin devant Fantomas qui n'en compte que trois. Mais alors que l'un des acteurs les plus populaires du cinéma français devait nous quitter le 27 janvier 1983, un septième opus avait déjà été envisagé par le réalisateur Jean Girault, auteur des six longs-métrages de la saga (Le Gendarme de Saint-Tropez en 1964, Le Gendarme à New York en 1965, Le gendarme se Marie en 1968, Le Gendarme en Balade en 1970, Le Gendarme et les Extra-Terrestres en 1978 et Le Gendarme et les Gendarmettes en 1982), le scénariste Jacques Vilfrid, ainsi que Louis de Funès lui-même. Les trois hommes évoquèrent tout d'abord l'hypothèse d'une suite au cinquième volet qui connaît le succès auprès du public dès sa seconde semaine de présence dans les salles(la première ayant été accaparée par la concurrence faite par le Superman de Richard Donner qui trône alors à la premier place du box-office).

Alors que dans Le Gendarme et les Extra-Terrestres la brigade composée du maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot, de l'adjudant Gerber et des gendarmes Gaston Tricard, Jules Berlicot, Henri Beaupied et Charles Taupin parvenait à renvoyer chez eux des extraterrestres dont la particularité était de sonner ''creux'' et de boire de l'huile, Jean Girault, Louis de Funès et Jacques Vilfrid envisagent le retour des extraterrestres sur le territoire de Saint-Tropez. Ils pensent même envoyer la brigade dans l'espace. Le Gendarme en Orbite en est alors le titre de travail. Puis c'est au tour de Louis de Funès de marquer son engouement pour un opus devant être tourné dans le triangle des Bermudes à proximité duquel vivent des proches de l'acteur comique. L'idée sera abandonnée pour un projet tout aussi absurde puisque est évoqué un voyage dans le temps, le récit devant prendre la tournure suivante : Après avoir pris les commandes de la soucoupe volante du Gendarme et les Extra-Terrestres, Ludovic Cruchot et ses camarades devaient être projetés plus de cent-cinquante ans en arrière, en 1815, à la date très précise de la bataille de Waterloo, offrant ainsi à la brigade de gendarmerie l'occasion de croiser la route de l'empereur Napoléon Ier...

Ce qui devait à l'origine devenir le sixième volet de la saga que les trois hommes s'accordèrent à intituler Le Gendarme et la Revanche des Extra-terrestres ne se fera finalement jamais mais l'idée servira de base à l'écriture du scénario de l'avant-dernier long-métrage dans lequel Louis de Funès apparaîtra : La Soupe au Chou. Quant au dernier film où l'acteur apparaîtra sur grand écran à partir du 6 octobre 1982, ultime épisode de la saga du célèbre gendarme Ludovic Cruchot, Jean Girault, Jacques Vilfrid et Louis de Funès penchent finalement sur un scénario correspondant très exactement à l'accès prévu pour l'année suivante des femmes aux carrières d'officiers et de sous-officiers de la Gendarmerie Nationale Française. Vu les piètres qualités du Gendarme et les Gendarmettes, il n'est pas certain que sa sortie en salle ait vraiment ''servi'' la cause de ces femmes en uniforme. Enfin, et bien que cela soit resté relativement vague, les trois hommes évoquèrent deux autres projets tournant autour de la franchise. Véritable star au Japon et en Union Soviétique (n'oublions pas que la dissolution de cet état ne remonte qu'au 26 décembre 1991!), Louis de Funès fantasme sur un épisode se déroulant chacun dans l'un de ces deux pays. Mais là encore, le destin en a décidé autrement puisque l'une des plus grandes stars comiques du cinéma français s'est éteinte bien avant que n'importe quel de ces projets n'aboutisse...

lundi 20 août 2018

Le Gendarme et les Gendarmettes de Jean Girault (1982) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Le Gendarme et les Gendarmettes possède plusieurs spécificités qui n'ont que peu de rapports avec ses piètres qualités de comédie. Ce long-métrage signé conjointement entre l'assistant-réalisateur Tony Aboyantz et le cinéaste Jean Girault est le dernier que ce dernier réalisa. Le cinéaste meurt en effet trois mois environs avant la sortie du film en salle. Quant à son principal interprète Louis de Funès, il meurt, lui, trois mois après sa diffusion sur grand écran. Il s'agit également de la dernière des dix collaborations entre la star comique et l'actrice Claude Gensac qui rejoignit l'équipe de la saga au bout du troisième long-métrage dans le rôle de l'épouse du Maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot, Josépha. Le Gendarme et les Gendarmettes est le plus mauvais volet de la saga. Ou du moins, le plus anecdotique. L'humour y est assez lourd et relativement peu amusant. Louis de Funès y apparaît fatigué, amoindri depuis 1975, année où il connaît de graves problèmes de santé. Apparaissant pourtant plus robuste que dans La Soupe aux Choux qui sortit un an auparavant, Louis de Funès est contraint de s'y ménager même si l'acteur nous offre quelques séquences dans lesquelles il met sa forme physique à rude épreuve.

C'est à la suite du succès du Gendarme et les Extra-terrestres quatre ans plus tôt que Jean Girault, aidé de Jacques Vilfrid et Gérard Beytout, décide de réaliser un sixième et dernier métrage consacré aux personnages créés vingt-huit ans auparavant. Désormais, du casting original, il ne demeure plus que Louis de Funès, ainsi que les fidèles Michel Galabru, Guy Grosso et Michel Modo. Les ont rejoint pour cette dernière incartade dans l'univers du gendarme de Saint-Tropez, Maurice Risch (déjà présent dans le précédent), ainsi que Patrick Préjean dont il s'agira de l'unique participation à l'univers débuté en 1964 par Jean Gitault qui restera fidèle jusqu'au bout envers ses personnages.

Maintenant que le cinéaste semble avoir fait le tour des potentielles proposition scénaristiques, le voilà qui clôt la saga avec de nouvelles recrues, toutes féminines, plongeant ses protagonistes dans un récit tournant autour d'un individu louche se faisant appeler 'le Cerveau', et incarné à l'écran par l'acteur Jean-Louis Richard. Un personnage ambitieux désirant prendre possession de certains plans de missiles dont les informations sont enfermées dans le nouvel ordinateur de la caserne de gendarmerie du Saint-Tropez. Le Gendarme et les Gendarmettes prend ainsi des allures de film d'espionnage à la James Bond mais se révèle au final plutôt ennuyeux. Quelques micro-trouvailles que l'ont pouvait d'ors et déjà mettre sur le compte d'un Louis de Funès toujours inspiré (la séquence durant laquelle Cruchot 'donne le volant' à l'adjudant Gerber demeurant significative) évitent au film de sombrer définitivement dans le grotesque mais d'une manière générale, les gags sont en majeure partie d'une pauvreté affligeante.
Fort heureusement, Louis de Funès s'y exprime avec infiniment moins de difficultés que lors du tournage du poussif et déprimant La Soupe aux Choux (pourtant co-interprété par les excellents Jean Carmet et Jacques Villeret), mais l'on sentait pourtant qu'on ne le reverrait plus sur les écrans par la suite. Le Gendarme et les Gendarmettes ne vaut donc surtout que parce que cet immense acteur comique y fait sa dernière apparition, entouré de fidèles interprètes qui le côtoyèrent durant plusieurs décennies...

dimanche 19 août 2018

Le Gendarme à New York de Jean Girault (1965) - ★★★★★★☆☆☆☆



Après l'incroyable succès que connu le premier des six volets de la saga Le Gendarme de Saint-Tropez en 1964, le cinéaste Jean Girault revenait dès l'année suivante avec Le Gendarme à New York, première séquelle d'une franchise de plus ou moins bonne qualité. Avant le mariage de son principal personnage, le maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot, avant sa rencontre avec des extraterrestres, et avant celle d'un contingent de quatre gendarmettes, Le Gendarme à New York transporte l'équipe constituée de Louis de Funès, Michel Galabru, Jean Lefebvre, Christian Marin, Guy Grosso et Michel Modo jusqu'aux États-Unis, et plus précisément jusqu'à New York où doit avoir lieu un congrès international de la gendarmerie devant réunir des représentants du monde entier. Transportant leur uniforme de cérémonie dans leurs bagages, les six membres de la gendarmerie de Saint-Tropez sont suivis de près par la fille de Cruchot, Nicole, qui contre l'avis de son père a décidé de les suivre secrètement jusqu'en Amérique où elle vivra une riche expérience d'orpheline française rêvant de découvrir les États-Unis. Une fausse identité que couvrira un journaliste américain, les médias s'emparant ainsi du sujet qui fera les gros titres de la presse.

L'une des particularités de ce second volet des aventures de Cruchot, de l'adjudant Gerber, et des gendarmes Fougasse, Merlot, Tricard et Berlicot demeure dans l'absence de Jean Lefebre lors de nombreux passages, son rôle étant cantonné à quelques scènes durant lesquelles le spectateur le découvre malade, alité, et ne participant pratiquement pas aux aventures en terre étrangère de ses acolytes. Les rapports tendus qu'entretinrent l'acteur avec la star Louis de Funès furent-il responsables du temps de réduction de l'apparition de Jean Lefebvre à l'écran ? Vu la personnalité et l'engouement du public pour ce dernier, c'est plus que probable. L'acteur disparaîtra d'ailleurs après le quatrième volet Le Gendarme en Ballade réalisé en 1970 et sera remplacé par Maurice Risch dans les deux derniers épisodes de la saga qui se clôtura en 1982 par Le Gendarme et les Gendarmettes, œuvre relarivement navrante et dernier long-métrage interprété par Louis de Funès qui décédera malheureusement trois mois après la sortie du film en janvier 1983.

Si Le Gendarme à New York s'ouvre sur la fameuse caserne de Saint-Tropez, une grande partie du long-métrage a donc quant à elle été tournée à New York. Au passage, toute l'équipe de tournage fut transportée dans la capitale française, puis au Havre où elle embarqua sur le fameux paquebot Le France, sur lequel furent tournées parmi les séquences les plus intéressantes du film. Le spectateur se souviendra effectivement du cours d'anglais prodigué par Cruchot aux autres membres de la compagnie de gendarme français (lors duquel le maréchal des logis-chef offre de savoureux moments de sournoiserie envers l'adjudant gerber), ou de la séquence durant laquelle ils se perdent dans les coursives du paquebot. La suite est malheureusement un peu moins passionnante malgré quelques passages plutôt drôles (la scène durant laquelle Cruchot a des difficultés avec les écouteurs lors du congrès), et une idée plutôt intéressante lors d'un vol de pièce de boucherie qui se transforme alors en un hommage appuyé à la comédie musicale de Robert Wise et Jerome Robbins West Side Story, et mise, ici, en musique par les compositeurs français Raymond Lefèvre et Paul Mauriat.

Malgré certaines scènes fort réussies, Le Gendarme à New York demeure pourtant avec le temps comme l'un des épisodes ayant le moins bien vieilli. La faute à des séquences poussives et inutiles ne servant que de remplissage à un scénario au final, minimaliste. L'actrice Geneviève Grad qui pourtant possède de beaux atouts campe une Nicole dont l'importance du rôle reste encore à définir. Il est vrai que l'on se désintéresse des passages où son personnage intervient et qui casse le rythme d'un film dont l'intérêt repose presque exclusivement sur celui incarné par Louis de Funès. Pour autant, le film se laisse tout de même regarder. Ne serait-ce que pour la star du comique qui malgré l'insuffisance du scenario nous offrait quelques scènes sympathiques en compagnie des autres membres de l'équipe...

lundi 23 juillet 2018

Les Grandes Vacances de Jean Girault (1967) - ★★★★★★★☆☆☆



Au beau milieu du mois de juillet, enfermé derrière des volets protégeant à peine de la canicule, sans le moindre souffle d'air, ni climatisation, et tout juste à peine aidé d'un vieux ventilateur ayant autant d'efficacité qu'une stère de bois détrempée posée dans le foyer d'une cheminée en hiver, quoi de mieux qu'une comédie française mettant en vedette notre plus grande star dans le domaine ? Qui n'évoquera pas notre Louis de Funès national est sans doute trop jeune pour l'avoir connu au temps où l'on célébrait chaque diffusion le dimanche soir de l'un des innombrables classiques dans lesquels il joua. Afin de coller à cette période caniculaire qui fera regretter à ceux qui les préfèrent, les climats plus tempérés offerts par le printemps ou l'automne, j'ai choisi à cette occasion de revenir sur Les Grandes Vacances de Jean Girault. Celui-là même qui offrit à Louis de Funès l'opportunité d'endosser le costume de gendarme à six reprises, ou qui lui consacra plusieurs long-métrages de qualité. Tels Pouic-Pouic, Faites Sauter la Banque (tout deux réalisés en 1963), l'excellentissime Jo en 1971, ou encore le pathétique La Soupe aux Choux en 1982.

Les Grandes Vacances, c'est tout d'abord une équipe rompue à la comédie. Car ceux qui entourent Louis de Funès à l'écran, ne le sont pas ici pour la première fois. On a pu en effet découvrir Maurice Risch dans Le Grand Restaurant de Jacques Besnard l'année précédente en 1966, Guy Grosso faisait, lui, déjà partie de la section de gendarme sous les ordres du Maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot, et l'on peut même remonter bien plus loin encore puisqu'il apparut notamment dans La Belle Américaine en 1961 et Des Pissenlits par la Racine en 1964. Mario David débutera lui sa carrière 'auprès' de Louis de Funès puisqu'on le découvrira au cinéma dès 1952 dans La Tournée des Grand Ducs d'André Pellenc, L'Amour n'est pas un Péché de Claude Cariven, ainsi qu'en 1954 dans Ah ! Les belles Bacchantes de Jean Loubignac. Olivier de Funès ne tournera qu'une poignée de long-métrages, tous interprétés par son père, de 1965 avec Fantômas se Déchaîne d'Andre Hunebelle, jusqu'en 1971 avec Sur un Arbre Perché de Serge Korber. Quant à Claude Gensac, inutile de la présenter puisqu'elle fut très souvent 'l'épouse' du comique au cinéma. A tel point qu'il n'est pas rare que l'on imagine que les deux acteurs ont joué ensemble des dizaines de fois alors qu'il partagèrent la vedette sur grand écran à dix reprises seulement. D'autres interprètes réapparaîtront plus rarement puisque l'acteur allemand Ferdy Lane qui incarne ici le personnage de Mac Farrell n'apparaîtra qu'une seconde fois auprès de Louis de Funès dans Jo, alors que l'actrice française Martine Kelly donnera la réplique au comique à deux nouvelles reprises à l'occasion des tournages de Hibernatus d’Édouard Molinaro en 1969 et L'Homme Orchestre de Serge Korber en 1970.

L'un des points fort de ces Grandes Vacances, c'est sa musique, et surtout son thème principal qui parmi les airs les plus connus de la filmographie de Louis de Funès fait partie des plus reconnaissables. Dès le début, le spectateur apprend que le film est dédié au cascadeur Jean Falloux qui lors du tournage d'une scène aérienne a perdu la vie. L'une des particularités du film de Jean Girault est de partager son intrigue entre la France et l'Angleterre. Pourtant aucun plan n'a été tourné en Grande-Bretagne, le film ayant été intégralement réalisé sur le sol français. Louis de Funès fait preuve, comme à son habitude, d'une énergie débordante qui lui vaudra le Prix Courteline en 1967. Les Grandes Vacances est une très sympathique comédie qui nous fait donc voir du pays, entre le pensionnat dirigé par Charles Bosquet (Louis de Funès), un simulacre d'Angleterre donc, et le port du Havre. Une douzaine de lieux de tournage pour un film qui donne parfois le tournis. Entre amourettes, mariage à l'écossaise, dîner britannique, course-poursuite vers le Havre à bord d'une bateau, d'une voiture, ou d'un camion chargé à bloc de sacs de charbon, bagarre entre marins et touristes dans un bar du port du Havre, rencontre plurielle avec un Mario David drôlissime, Louis de Funès se donne à fond et régale les spectateurs qui n'en manquent pas une miette. Loin d'atteindre les sommets du genre, le film de Jean Girault est cependant une très bonne comédie que l'on prend toujours autant de plaisir à redécouvrir...

jeudi 19 janvier 2017

Jo de Jean Girault (1971) - ★★★★★★★★☆☆



Réalisé par Jean Girault sur un scénario adapté de la pièce de théâtre The Gazebo d'Alec Coppel par Claude Magnier et Jacques Vilfrid, Jo aurait tout aussi bien pu sortir de l'esprit fertile de l'immense Louis de Funès qui, comme on le sait très bien, imaginait lui-même certains des gags qui le mettaient en scène. Lorsque l'acteur et le cinéaste tournent en 1971 cette comédie matinée d'intrigue policier et de thriller, c'est la huitième fois que les deux hommes se rencontrent. Outre la série des Gendarme, il tournèrent ensemble Pouic-Pouic (dont la structure narrative et étonnamment similaire à celle de Jo), Faites Sauter la Banque, et Les Grandes Vacances.
Un sujet que Louis de Funès aurait lui-même pu adapter d'une expérience personnelle ? Oui, effectivement. Car trois ans plus tôt, sa femme et lui furent les victimes d'un maître-chanteur qu exigea du comédien qui lui donne la somme de 150 000 francs et de sa femme qu'elle lui remette l'argent. Finalement, toute cette affaire se termina sans heurts puisque l'homme (un malade mental échappé de l'hôpital psychiatrique de Villejuif qui fut tout de même responsable de la mort de son propre père) fut arrêté et enfermé.

Pourtant, rien d'aussi tragique dans  Jo. Quoique. Cela étant assez rare dans la carrière d'acteur de Louis de Funès pour que cela soit évoqué, mais Antoine Brisebard, son personnage, tue un homme au début du film. Rare car cela ne s'était produit qu'en deux autres occasions. En 1964 et 1965 avec respectivement Des pissenlits par la racine de Georges Lautner et Fantômas se déchaîne de André Hunebelle. Fort heureusement, dans Jo, ce meurtre prémédité se déroulera finalement dans des conditions accidentelles. Pas de quoi reprocher finalement à son personnage d'avoir voulu défendre son bien.


Si l'on compare Jo à des œuvres telles que Le Corniaud, La Grande Vadrouille, Les Aventures de Rabbi Jacob, Le Gendarme de Saint-Tropez, ou L'Aile ou la Cuisse, le film de Jean Girault n'est pas forcément l’œuvre que l'on évoque en début de liste. Au box-office des films mettant en vedette notre plus grand comique, il n'arrive même seulement qu'à la quarante-troisième place, juste après Ni vu, Ni Connu d'Yves Robert et avant L'Avare que l'acteur réalisa lui-même avec son éternel compagnon Jean Girault. Pourtant, force est de reconnaître que Jo est un immense tour de force. Le genre de long-métrage qui à l'image de Oscar d'Édouard Molinaro vous file le tournis.

Un récit passionnant (comment se débarrasser d'un cadavre qui remonte sans cesse à la surface alors même qu'un inspecteur de police persiste à tourner dans les alentours) et surtout, des gags très nombreux, millimétrés à la perfection et mis en valeur par une ribambelle d'interprètes tous aussi savoureux les uns que les autres. Outre la présence de l'actrice Claude Gensac (qui nous a malheureusement quittés le 27 décembre de l'année passée) et qui fut très souvent l'épouse de Luis de Funès, outre celle de Michel Galabru, excellent en entrepreneur, c'est bien la présence à l'image de l'immense Bernard Blier qui donne un caractère très spécial au film de Jean Girault. Dès sa première apparition à l'écran, on sait d'avance que le duo va fonctionner. Deux acteurs qui se rencontrèrent sur les plateaux de Sans laisser d'adresse, Je l'ai été trois fois, L'agence matrimoniale et Scènes de ménage avant d'exploser ensemble dans Le Grand Restaurant en 1966 et Jo en 1971.

Jo fourmille de scènes cultes presque impossibles à lister dans un simple article lui étant consacré. Mais tout ceux qui l'ont vu n'oublieront sans doute jamais Louis de Funès tentant de planquer le corps de celui qu'il prend pour son maître-chanteur (la sculpture qu'il fabrique afin d'y cacher le corps du mort est à hurler de rire). le duel persistant entre son personnage et celui de Bernard Blier, l'inspecteur Ducros. Le couple Grunder (Ferdy Mayne et Yvonne Clech), et leur promoteur immobilier (la géniale Florence Blot), la bonne (Christiane Muller), et bien entendu Claude Gensac et Michel Galabru. N'oublions pas non plus l'excellente musique de Raymond Lefèvre, parmi les meilleures de la filmographie de Louis de Funès. Un classique de la comédie « made in France »...

lundi 31 octobre 2016

Le Gendarme En Ballade de Jean Girault (1970)



Le maréchal des logis chef Cruchot et ses compagnons de la Gendarmerie Nationale ont été mis à la retraite de force par la hiérarchie. Remplacé par de jeunes recrues et aux méthodes modernes, l'ancienne brigade s'ennuie. Malgré les efforts de son épouse Josépha pour le divertir, Ludovic ne sait pas comment occuper ses journées. Sa belle lui offre alors un immense système de sécurité autour du parc et à l'intérieur de leur château afin de divertir Ludovic mais rien n'y fait. Ce dernier a même créé un musée à la gloire des anciens de la Gendarmerie de Saint6tropez.
Alors que Gerbier et son épouse tombent dans l'un des pièges rattachés au système de sécurité, Merlot s'invite et annonce à ses anciens supérieurs que Fougasse est devenu amnésique après avoir tenté de s'interposer entre un brigand et sa victime. Toute l'équipe, Cruchot, Gerbier, Merlot, Tricrat et Berlicot se réunissent et « kidnappent » Fougasse, alors de repos dans un établissement spécialisé, afin de lui faire recouvrer la mémoire...

Quatrième et antépénultième épisode de la saga Le Gendarme de Saint-Tropez, Le Gendarme En Ballade est l'un des trois plus mauvais segment de la série. La faute à un scénario qui ne fait que reprendre certaines idées déjà vues comme la chasse aux nudistes. Nos héros vont même jusqu'à se grimer en babas-cool et se retrouver embarquer dans une communauté hippie ! Louis de Funès ne tournera par la suite qu'une dizaine de film avant de disparaître.

Pas grand chose à dire sinon que Le Gendarme En Ballade est d'un ennui profond. Il ne s'y passe en effet pas grand chose d'intéressant. Les dialogues sont pathétiquement pauvres. Louis de Funès et toute sa clique ont beau s'agiter devant la caméra, on cherche encore les moments de rire. Jean Girault n'a en fait plus rien à raconter et ne fait que réemployer une recette qui connut son heure de gloire des années auparavant.
C'est parfois tellement navrant que l'on s'attend à voir débarquer sur la petite plage du sud de la France les pires représentants de ce cinéma qu'il était péjoratif de nommer le « comique franchouillard ». Pourtant, pas de Sim, de Henri Genès, de Jacques Balutin, de Robert Castel, de Pierre Doris ou de Katia Tchenko, l'équipe de Girault se suffisant à elle-même pour cela.

Le cinéaste continuera malgré tout à tourner deux autres épisodes, incluant dans le suivant des Extraterrestres de pacotille et dans le dernier, des gendarme...ttes !!! Louis de Funès quand à lui nous gratifiera heureusement encore de quelques grands moments de fous rires à l'image de L'Aile ou la Cuisse, Les Aventure de Rabbi Jacob ou encore Jo...

jeudi 27 octobre 2016

Le Gendarme Se Marie de Jean Girault ((1968)



C'est le début des grandes Vacances. Demain, c'est le premier juillet. Les touristes vont affluer dans la région de Saint-Tropez et l'adjudant Jérôme Gerbier veut que tout se déroule sans incident. C'est pourquoi il demande au maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot et à ses hommes, Fougasse, Merlot, Tricart et Berlicot de s'assurer du bon déroulement d'une opération visant à surveiller les axes routiers. Vêtus de tenues civiles, les hommes de la Gendarmerie de Saint-Tropez surveillent le comportement des automobilistes avec, pour certains, un peu trop de zèle. Alors qu'échappent à la vigilance de Merlot et Fougasse les contrevenants, les deux hommes étant trop occupés à tenir compagnie à deux jolies suédoises, Cruchot se lance à la poursuite d'un chauffard roulant à très vive allure sur la nationale. Un chauffard qui se révèle être une femme et que le maréchal des logis-chef retrouve assise derrière le bureau de l'adjudant Gerbier.
Alors que Cruchot s'en prend immédiatement à la jeune femme, il apprend que celle-ci se prénomme Josépha et qu'elle est la veuve du colonel de gendarmerie LeFrançois. Pour se faire pardonner d'avoir été la cause d'un tel chambardement, la jeune femme propose à Cruchot de venie la retrouver le lendemain dans sa splendide demeure située sur les hauteurs de Saint-Tropez.

Sans le savoir, l'un et l'autre vont tomber sous le charme. Un vrai coup de foudre. Josépha fait la connaissance de Nicole, la fille de Ludovic et pousse ce dernier à se présenter à un concours qui lui permettra de prendre de l'avancement...

Troisième épisode de l'hexalogie consacrée au Gendarme de Saint-Tropez, Le Gendarme Se Marie est peut-être jusqu'à maintenant le meilleur, bien que le premier soit considéré encore comme le plu connu d'entre tous. Si ce troisième opus se démarque, c'est peut-être parce que l'on ne s'ennuie pas une seule seconde. Pourtant, la saga a toute les allures de la bonne série z franchouillarde.

Arrive dans cette troisième aventure l'actrice Claude Gensac, une habituée des films de Louis de Funès puisqu'elle jouera dans pas moins de dix films avec son compagnon de fiction. Jount de ses faux airs de bourgeoise coquine, l'actrice est savoureuse et séduisante. On s'amuse de découvrir un Cruchet tendre et amoureux.
On savoure également la partie consacrée au concours et à la promotion du maréchal des logis-chef, devenant pour l'occasion Adjudant-chef, soit un grade au dessus de celui de Gerbier. De quoi donner lieu à des scènes d'anthologie qui, malheureusement, seront absentes. A se demander où peut être l'intérêt d'une telle démarche puisque alors que Cruchot vient d'être nommé à son nouveau grade, il n'a pas vraiment le temps de l'exploiter à l'écran qu'il est déjà déçu. On aurait aimé le voir jouer de son pouvoir, lui déjà si dur envers ses subalternes. Mais non, on revient très vite à ce qui semble être le principal sujet de cet épisode : la bluette entre le gendarme et s nouvelle conquête Josépha.

Le film tourne comme d'habitude autour de Louis de Funès, offrant une part belle à l'interprétation de Claude Gensac et mettant un peu de coté le reste du casting qui ici, ne sert qu'à alimenter le scénario exclusivement écrit autour des deux principaux personnages. Devant le succès du Gendarme Se Marie, le cinéaste Jean Girault réaliser trois films encore consacrés à la brigade de gendarmerie. Deux ans plus tard avec Le Gendarme en Ballade, puis en 1978 avec Le Gendarme et les Extraterrestres, et enfin en 1982 avec Le Gendarme et les Gendarmettes. Dernier film du cinéaste et de Louis de Funès qui terminent leurs carrières respectives avec une œuvre des plus navrante...

mercredi 14 septembre 2016

Pouic-Pouic de Jean Girault (1963)



J'ai un peu peur de l'avouer (surtout que j'affirme régulièrement autour de moi vouer une passion pour de Funès), mais celui-ci, je ne l'avais encore jamais vu. Pouic-Pouic de Jean Girault. Un long-métrage inspiré de la pièce Sans Cérémonie de Jacques Vilfrid et Jean Girault lui-même. Économie de moyens en terme de décors (la totalité du film se situe dans une grande demeure bourgeoise) mais casting impeccable, cette fausse pièce de théâtre, mais vraie comédie, semble avoir été aussi joyeuse à interpréter que plaisante pour les spectateurs à suivre.
Pourtant, la recette est identique à celle des futurs Oscar (1967) et Jo (1971) pour ne citer que les premiers qui me viennent en tête. Une demeure, ses habitants, quelques envahissants visiteurs et une somme de quiproquos propre à faire tourner n'importe quelle tête.

C'est vertigineux, parfaitement maîtrisé, et rythmé en diable. Chacun cabotine à sa manière devant un Guy Tréjan (maître Adrien Colas, l'avocat de Louis de Funès dans le Jo cité précédemment) victime d'une tentative de guet-à-pan, acculé à la signature d'un chèque permettant à Léonard Monestier (maître de cérémonie et accessoirement courtier en bourse), de réparer la terrible erreur de son épouse Cynthia (l'irrésistible Jacqueline Maillan) qui pour son anniversaire s'est faite arnaquer par un individu qui lui a vendu une concession pétrolière au cœur de la forêt amazonienne. La dîte concession, c'est le présent qu'offre Cynthia à Léonard. Avec son argent à LUI. Celui d'actions qui ne cessaient de grimper et qu'elle a eu la mauvaise idée de revendre.

Puisqu'il faut un bouc émissaire, ce sera Guy Tréjean, ou plutôt son personnage Antoine Brévin. Homme d'un certain âge, riche, et fou amoureux de Patricia, la fille des Monestier. D'ailleurs, à ce propos, la présence de Mireille Darc dans le rôle de la jeune femme a bien failli ruiner l'intrigue. Fantasme, j'imagine, de toute une époque (pas la mienne en tout cas), je me suis rattrapé, avec plus de cinquante ans de retard, en l'effeuillant du regard, en oubliant parfois l'important : le récit. Ce que cette femme pouvait dégager de grâce et de beauté... Bref, comme Antoine, ou bien même comme Simon Guilbaud (l'acteur Philippe Nicaud), personnage aux rôles interchangeables de faux mari et de faux frère.

On ne reviendra sans doute jamais assez sur les qualités de comique de Louis de Funès. Le plus grand d'entre tous. Jamais égalé, jamais surpassé. Ici, on le retrouve une fois encore dans cet art qu'il n'a jamais cessé d'aiguiser durant toute sa carrière. Mais il faut reconnaître une chose, une seule. C'est qu'ici, rien n'aurai été vraiment pareil sans la présence des autres. La richesse de l'interprétation fait tout, surtout lorsque l'intrigue ne peut reposer que sur le jeu de ses interprètes. Daniel Ceccaldi passe et disparaît assez vite. Dommage, mais logique. Christian Marin campe un valet savoureux. L'arrivée de Maria-Rosa Rodriguez et de Roger Dumas est... poussive. Elle crée une rupture prévisible mais quelque peu gênante. Comme un couple que l'on n'attendait plus, désarçonnant un peu l'atmosphère. Mais qu'importe car la sauce, peu à peu, reprend. Pouic-Pouic est une petite merveille et même malgré son âge, il n'est pas rare d'esquisser un sourire et même de rire de bon cœur.

lundi 18 février 2013

Le Gendarme Et Les Extraterrestres de Jean Girault (1979)


Le maréchal des logis chef Ludovic Cruchot est en patrouille en compagnie du gendarme Beaupied lorsque leur véhicule tombe en panne au bord d'une route. Alors que Cruchot tente une réparation, Beaupied s'éloigne de quelques dizaines de mètres et tombe nez à nez avec une soucoupe volante qui a atterrit dans un champ. Alors qu'elle prend son envol, Beaupied se précipite vers son supérieur et lui rapporte ce qu'il vient de voir. Méfiant, Cruchot accompagne Beaupied à l'endroit où ce dernier lui affirme avoir vu une soucoupe mais celle-ci a déjà disparu dans les airs.

A Saint-Tropez c'est le branle-bas de combat. Des journalistes venus du monde entier sont présents afin de relever le témoignage de Beaupied. Les habitants du coin font masse autour du gendarme tandis qu'à la gendarmerie, l'adjudant Jérôme Gerber s'affole de la mauvaise publicité qu'engendre une telle histoire.

Pourtant plus tard, et alors que Cruchot et Gerber sont sur la route, leur véhicule s'arrête à l'endroit précis où la veille Beaupied affirme avoir vu une soucoupe. Cette fois-ci, c'est Gerber qui tente de réparer la voiture tandis que Cruchot s'éloigne vers le champ d'à coté. C'est ainsi qu'il tombe à son tour sur la soucoupe volante, devenant ainsi le second témoin de la venue d'extraterrestres sur notre planète...

Avant, avant, avant dernier film de la longue filmographie de Louis de Funès, Le Gendarme et les extraterrestres fait peine à voir, surtout lorsqu'on le compare aux chefs-d’œuvres humoristiques qui ont émaillés sa carrière. Les grimaces ne prennent plus. L'acteur est fatigué. Les répliques sont parfois (voire souvent) grotesques (Maurice Rich affirmant avoir vu un extraterrestre et terminant sa phrase par un ridicule "Je l'ai vu, turlututu").
Ce qui faisait la force comique de Louis de Funès ne fait donc ici plus qu'office de remplissage.

Malgré tout, le film se laisse regarder. On pourra s'amuser des incessants quiproquos provoqués par l'alternance des personnages humains et des extraterrestres qui n'ont rien trouvé de mieux que de les imiter à la perfection. Le Gendarme et les extraterrestres n'est pas non plus catastrophique. On retrouve un peu de ce qui nous charme chez Louis de Funès dans la fameuse scène située chez les bonnes sœurs.

Le voir grimacer à la manière d'un petit enfant afin de passer inaperçu aux yeux de son supérieur a quelque chose d'hilarant dans toute son incongruité. C'est crétin, surréaliste, analphabétisant mais en même temps tellement kitsch que ça en devient finalement drôle. En sorte, il s'agit la DU quart d'heure du film. Quinze minutes de poursuite, du jeu du chat et de la souris, dans lequel Louis de Funès s'adonne à ce qu'il sait faire de mieux.

Pour le reste, on se contentera donc des quelques bonnes idées proposées sans pour autant se pâmer devant cette petite comédie (qui restera pourtant en Allemagne jusqu'en 2012 comme le plus grand succès français avec plus de cinq millions d'entrées). A savoir qu'une suite avait été envisagée (La Revanche Des Extraterrestres), remise en question par le décès de Louis de Funès.

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...