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mercredi 19 mars 2025

Mon homme de Bertrand Blier (1996) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

J'ai beau être en admiration devant l’œuvre du cinéaste français Bertrand Blier et avoir été aussi bouleversé par sa disparition en janvier dernier que par celle du réalisateur américain David Lynch survenue quelques jours avant lui, il est des films qui passent moins bien le cap de l'émerveillement. Ce n'est d'ailleurs qu'en me remémorant la ''répétition générale'' du Bruit des glaçons que je n'avais pas supporté autrement que par petits bouts avant d'adhérer finalement au concept que je me suis promis d'essayer à nouveau de me plonger dans l'univers des personnages de Mon homme. Une œuvre presque entièrement à la gloire des femmes et de SA femme Anouk Grinberg. Celle qui donna à Bertrand Blier un fils à l'époque où ils vécurent ensemble. De leur union naquit Léonard mais aussi trois longs-métrages. Trois œuvres qui laissèrent sur le carreau certains critiques et firent l'admiration des autres. Du moins pour l'excellent Merci la vie qui, s'il n'est pas le meilleur film de son auteur demeure sans doute l'un des plus tentaculaires dans sa mise en scène et son écriture. Là, Anouk Grinberg y incarnait la jeune Joëlle, causant chez les spectateurs des sensations inédites et presque honteuses vu l'âge que semblait vouloir donner à l'une des héroïnes le cinéaste. Sa voix de petite fille, l'actrice la perpétuera deux ans plus tard, en 1993 avec Un, deux, trois, soleil. Œuvre sans doute mineure chez Bertrand Blier mais qu'on lui pardonnera puisque après cela, il reviendra donc avec Mon homme. Recouvrant ainsi la mémoire des plus anciens souvenirs des cinéphiles qui le découvrirent au moment où sortaient successivement en 1974 et 1976 Les valseuses et Calmos (qui se souvient réellement avoir découvert en 1967 le pourtant génial Si j'étais un espion?), Mon homme est comme souvent chez le réalisateur, scénariste et écrivain français l'occasion de plonger ses protagonistes dans un univers teinté de surréalisme. Un concept pas toujours évident à accueillir dans un foyer lorsque l'on n'est pas habitué au style ''Blier''. Regards face caméra qui interrogent le spectateur, le font complice et même voyeur d'une aventure dont le schéma d'hommage à la Femme n'est pas toujours évident. Un film dans la lignée des plus anciens films de leur auteur qui, il est vrai, sent parfois la naphtaline à force de redondance, de gimmicks, de tics répétés à profusion et ne semble s'adresser qu'à un cercle très restreint de fans ! Anouk Grinberg incarne Marie, jeune prostituée autonome qui vit dans au dernier étage d'un appartement qui accueille chez elle Jeannot. Un clochard qu'elle trouve endormi dans l'entrée de son immeuble et auquel elle propose un repas avant de l'inviter à dormir chez elle, bien au chaud devant un radiateur brûlant. Marie aime l'argent et le sexe. Maris aime aussi les gens dans leur globalité. Succédant à une valse de passes qui voient des acteurs aussi divers que Jacques François, Michel Galabru, Jacques Gamblin ou encore Mathieu Kassovitz monter les six étages menant à l'appartement de la jeune femme pour trouver leur plaisir entre ses bras, Gérard Lanvin débarque vêtu d'oripeaux que l'on devine malodorants mais dont les effluves, cependant, ne semble pas incommoder Marie.


Mon homme fait écho au cultissime Tenue de soirée qu'avait déjà réalisé Bertrand Blier une décennie plus tôt, en 1986. Axant ici le récit autour de deux principaux personnages avant qu'un troisième en la personne de Sanguine (excellente Valeria Bruni Tedeschi) ne vienne s'y rattacher, le film explore les différentes possibilités d'un couple tout en penchant comme à son habitude vers la luxure et l'ascendance de l'homme sur la femme. Drôle d'hommage à la gente féminine diront alors certains. Surtout lors de l’hilarante séance de baffes durant laquelle Jeannot explique à Marie qu'il faut savoir esquiver les gifles. Une séquence très amusante qui préfigure la suite du récit où la cloche une fois rasée, parfumée et apprêtée va prendre de l'assurance et devenir le maquereau de Marie sur demande express de celle-ci !!! Amour, passion, violence et avarice se mêlent dans une histoire passionnée et parfois passionnante entre des individus qui tous n'ont pas forcément le même but. Si Anouk Grinberg se met littéralement à nue, sans la moindre pudeur en faisant ainsi preuve d'un véritable courage et d'une détermination certaine pour son compagnon Bertrand Blier, Valeria Bruni Tedeschi est touchante, fragile, amoureuse, sacrifiant jusqu'à sa pudeur et ses principes pour les beaux yeux d'un Gérard Lanvin toujours plus avide d'argent. Résurgence d'un passé de proxénète dont la fin de carrière tragique le condamna à vivre dans la rue ou nouvel et véritable appétit pour l'argent ? En intercalant le récit de séquences d'interrogatoire trop rares puisque jubilatoires, Bertrand Blier semble nous parler au présent mais aussi au passé. Et pas simplement par le truchement de personnages secondaires dont on regrette la courte présence à l'écran (Sabine Azéma, blaffarde en Bérangère rappelle curieusement Jeanne Moreau en Jeanne Pirolle dans les Valseuses tout en inversant leur point de vue respectif) mais parce que certains actes se présentant comme étant actuels semblent être le reflet d'un passé peu glorieux. Sans être un grand Blier, Mon homme reste une œuvre qui parfois marque d'une empreinte indélébile le spectateur. Le cinéaste offrant ainsi quelques séquences dont la beauté est irréfutable. Filmant les corps, leurs entrelacements et la sensualité de l'acte sexuel avec une force émotionnelle rare. Il faut voir en effet Gérard Lanvin chevaucher Anouk Grinberg sur fond de Beatus Vir op. 38 de Henryk Mikolaj Górecki et ainsi nous bouleverser pour enfin se convaincre que Bertrand Blier n'était pas qu'un sale garnement, provocateur et irrévérencieux. Des décennies après le misogyne Calmos, le réalisateur rendait effectivement un bel hommage à toutes celles qui nous accompagnent dans la vie. Certes, à sa manière faussement maladroite, mais qui aujourd'hui, et depuis sa disparition, oserait encore lui en vouloir... ?

 

dimanche 19 août 2018

Le Gendarme à New York de Jean Girault (1965) - ★★★★★★☆☆☆☆



Après l'incroyable succès que connu le premier des six volets de la saga Le Gendarme de Saint-Tropez en 1964, le cinéaste Jean Girault revenait dès l'année suivante avec Le Gendarme à New York, première séquelle d'une franchise de plus ou moins bonne qualité. Avant le mariage de son principal personnage, le maréchal des logis-chef Ludovic Cruchot, avant sa rencontre avec des extraterrestres, et avant celle d'un contingent de quatre gendarmettes, Le Gendarme à New York transporte l'équipe constituée de Louis de Funès, Michel Galabru, Jean Lefebvre, Christian Marin, Guy Grosso et Michel Modo jusqu'aux États-Unis, et plus précisément jusqu'à New York où doit avoir lieu un congrès international de la gendarmerie devant réunir des représentants du monde entier. Transportant leur uniforme de cérémonie dans leurs bagages, les six membres de la gendarmerie de Saint-Tropez sont suivis de près par la fille de Cruchot, Nicole, qui contre l'avis de son père a décidé de les suivre secrètement jusqu'en Amérique où elle vivra une riche expérience d'orpheline française rêvant de découvrir les États-Unis. Une fausse identité que couvrira un journaliste américain, les médias s'emparant ainsi du sujet qui fera les gros titres de la presse.

L'une des particularités de ce second volet des aventures de Cruchot, de l'adjudant Gerber, et des gendarmes Fougasse, Merlot, Tricard et Berlicot demeure dans l'absence de Jean Lefebre lors de nombreux passages, son rôle étant cantonné à quelques scènes durant lesquelles le spectateur le découvre malade, alité, et ne participant pratiquement pas aux aventures en terre étrangère de ses acolytes. Les rapports tendus qu'entretinrent l'acteur avec la star Louis de Funès furent-il responsables du temps de réduction de l'apparition de Jean Lefebvre à l'écran ? Vu la personnalité et l'engouement du public pour ce dernier, c'est plus que probable. L'acteur disparaîtra d'ailleurs après le quatrième volet Le Gendarme en Ballade réalisé en 1970 et sera remplacé par Maurice Risch dans les deux derniers épisodes de la saga qui se clôtura en 1982 par Le Gendarme et les Gendarmettes, œuvre relarivement navrante et dernier long-métrage interprété par Louis de Funès qui décédera malheureusement trois mois après la sortie du film en janvier 1983.

Si Le Gendarme à New York s'ouvre sur la fameuse caserne de Saint-Tropez, une grande partie du long-métrage a donc quant à elle été tournée à New York. Au passage, toute l'équipe de tournage fut transportée dans la capitale française, puis au Havre où elle embarqua sur le fameux paquebot Le France, sur lequel furent tournées parmi les séquences les plus intéressantes du film. Le spectateur se souviendra effectivement du cours d'anglais prodigué par Cruchot aux autres membres de la compagnie de gendarme français (lors duquel le maréchal des logis-chef offre de savoureux moments de sournoiserie envers l'adjudant gerber), ou de la séquence durant laquelle ils se perdent dans les coursives du paquebot. La suite est malheureusement un peu moins passionnante malgré quelques passages plutôt drôles (la scène durant laquelle Cruchot a des difficultés avec les écouteurs lors du congrès), et une idée plutôt intéressante lors d'un vol de pièce de boucherie qui se transforme alors en un hommage appuyé à la comédie musicale de Robert Wise et Jerome Robbins West Side Story, et mise, ici, en musique par les compositeurs français Raymond Lefèvre et Paul Mauriat.

Malgré certaines scènes fort réussies, Le Gendarme à New York demeure pourtant avec le temps comme l'un des épisodes ayant le moins bien vieilli. La faute à des séquences poussives et inutiles ne servant que de remplissage à un scénario au final, minimaliste. L'actrice Geneviève Grad qui pourtant possède de beaux atouts campe une Nicole dont l'importance du rôle reste encore à définir. Il est vrai que l'on se désintéresse des passages où son personnage intervient et qui casse le rythme d'un film dont l'intérêt repose presque exclusivement sur celui incarné par Louis de Funès. Pour autant, le film se laisse tout de même regarder. Ne serait-ce que pour la star du comique qui malgré l'insuffisance du scenario nous offrait quelques scènes sympathiques en compagnie des autres membres de l'équipe...

samedi 30 décembre 2017

Moi y'en a vouloir des Sous de Jean Yanne (1973) - ★★★★★★★☆☆☆



Pour son second long-métrage en tant que réalisateur après Tout le Monde il est Beau, Tout le Monde il est Gentil, l'acteur, réalisateur, humoriste et écrivain (entre autres talents) français Jean Yanne s'attaque cette fois-ci au monde du capitalisme et lui oppose celui du prolétariat. Il y tient le rôle du conseiller financier d'un grand groupe qui, après avoir été licencié, se rapproche de son syndicaliste d'oncle qui n'a jusqu'à aujourd'hui vu son neveu que comme un capitaliste s'enrichissant sur le dos des prolétaires. Ayant moyennement apprécié d'être viré, Benoît Lepape décide donc de prendre les choses en main et de se venger du capitalisme et achetant une entreprise visant à avoir le monopole dans le domaine de l'industrie. Mais pour cela, il faut de l'argent: c'est pourquoi, avec l'aide de son oncle Adrien Colbart, leader syndical de la CGI, il va tenter de convaincre les membres du syndicat d'investir à l'aide des fonds récoltés l'achat d'une entreprise fabriquant des vélos. Une fois la chose accomplie, et puisqu'il faut bien que celle-ci soit rentable, il crée une journée sans voitures. Contre la pollution. Ce qui aura pour conséquence l'augmentation des ventes de bicyclettes. De grosses sommes d'argent rentrent dans les caisses et ceux qui jusqu'à aujourd'hui s'imaginaient comme les portes-drapeaux du prolétariat veulent désormais en croquer. Entre Benoit et son oncle, c'est la rupture. Trahi par ce dernier, l'ancien conseille financier se rapproche de précédent employeur, lequel lui propose au vu des résultats qu'il a obtenu, le poste de vice-président. Alors que Benoit et son oncle entrent en guerre, celui qui était parvenu à faire la fierté de du leader de la CGI va connaître une ascension fulgurante, attirant le mépris des syndicats et même, plus étonnant, d'une ligue féministe dirigée Nicole, la fille de l'un de ses plus vieux amis, le curé Léon...

Bien que Moi y'en a vouloir des Sous emprunte la forme d'une comédie, le message social de Jean Yanne et Gérard Sire (les deux hommes ont collaboré à l'écriture du scénario), le fond se veut beaucoup profond qu'il n'y paraît. Jean s'attaque en effet une nouvelle fois à notre société mais sous un angle différent de son précédent long-métrage. Désormais, il s'en prend aux grands. A ceux qui détiennent le pouvoir. Mais plus que de simplement opposer ses personnages dans une lutte des classes envisageant d'un côté le Bien, et de l'autre le Mal, il construit avec une certaine aisance le récit d'un individu rejetant les codes du capitalisme tout en étant malheureusement lui-même happé par la réussite sociale et financière.

Plus que le monstre qu'il aurait pu devenir, son personnage garde ses distances avec la réussite et malgré les apparences demeure l'homme proche du peuple qu'il a toujours été. Face à lui, un Bernard Blier qui excelle dans le rôle du leader syndicaliste qui quoi qu'on en dise, jalouse son neveu. Moi y'en a vouloir des Sous étudie les méthodes de fonctionnement d'une entreprise vouée à la réussite. Jean Yanne va jusqu'à faire évoluer celle de son personnage au delà des frontières nationales. Un individu condamné à la réussite. C'est ainsi qu'intervient le burlesque. Lorsque Benoit Lepape tente de perdre de l'argent mais n'en fait qu'en gagner davantage. Pire, celui auquel tout un chacun devrait se référer se voit lui aussi menacé de mouvements de grève. Le film démontre que quoi qu'il arrive, le mécontentement peut gronder. Nicole Calfan qui n'a qu'une très courte carrière d'actrice au moment d'interpréter le rôle de Nicole excelle en militante féministe virulente. Michel Serrault incarne Léon, le curé, tandis que le toujours excellent Jacques François est le fondé de pouvoir, Delfaut. 

On découvre parmi les nombreux interprètes Daniel Prévost, Jean-Marie Proslier (en vicaire), Ginette Garçin ou Paul Préboist dans le rôle du policier Vergeot. Comme cela était le cas pour Tout le Monde il est Beau, Tout le Monde il est Gentil, Jean Yanne attache une importance fondamentale à la musique. Une fois encore, il fait appel au musicien et compositeur français Michel Magne et convoque même lors d'une scène située dans l'église généreusement offerte par le héros le groupe de zeuhl (rock, jazz, avant-gardisme et chorale), Magma. Si Moi y'en a vouloir des Sous a quelque peu vieilli, le plaisir de (re)voir est là, témoignage d'une époque malheureusement révolue...

mardi 10 janvier 2017

On n'est pas des Anges... Elles non plus de Michel Lang (1980)



Michel Lang, c'est A Nous les Petites Anglaises en 1975, L'Hôtel de la Plage en 1978, Le Cadeau en 1982, et Club de Rencontres en 1987. Michel Lang, c'est vingt longs-métrages, cinéma et télévision confondus. Michel Lang, c'est aussi On n'est pas des Anges... Elles non plus. Tourné en 1980 et sorti l'année suivante, ce cinquième film du cinéaste français est comme les autres. Léger, certainement pas impérissable, mais suffisamment rythmé pour que l'on ne s'y ennuie pas un instant. Même aujourd'hui, après l'avoir découvert à l'époque. Après l'avoir aimé, avoir espéré le redécouvrir, et avant d'être obligé de reconnaître qu'il me faudrait attendre longtemps. Trop peut-être puisque j'ai fini par baisser les bras.  Et pourtant, des efforts et des recherches, j'en ai fait. Beaucoup. Mais nulle trace de lui. Jusqu'à il y a encore quelques jours. J'ai repris confiance et l'ai enfin trouvé. En fait, On n'est pas des Anges... Elles non plus existe en dvd depuis 2012. Année de fin du monde et année même où j'ai, comme dit plus haut, abandonné tout espoir de le revoir un jour. Une édition minimaliste. Un boîtier au format slim, pas de bonus. Pas même la moindre bande-annonce. Mais si fier d'avoir enfin pu le dénicher, le reste m'importe peu.
La grande question demeurant : « Lui trouverais-je autant de qualités qu'à l'époque de sa sortie ? »

Il y a peu de chances en réalité. Fantasmant longtemps sur les pitreries du trio de mâles gravitant autour de la jolie Sabine Azéma, aujourd'hui le film peut avoir pris un sacré coup de vieux. Et pour ne pas subir les méfaits du temps tout seul, j'invite Anna à le regarder avec moi. Tout commence par cette scène au restaurant. Le coup de la mouche dans les profiteroles, je m'en souviens comme si c'était hier. Georges Beller en réalisateur de Romans-photos également. Tout comme henry Courseaux et Pierre Vernier, troisième et quatrième membres du groupe.

Ce dont je ne me souvenais plus, c'était la présence également d'un certain nombre de seconds rôles tout à fait plaisants : Duilio Del Prete dans le rôle du dragueur italien tour à tour collant et attachant. Maire-Anne Chazel, en jeune professeur fiancée à Roland (Henry Courseaux) et rêvant d'aventure. Ou encore le toujours excellent Jacques François en patron de Grégoire (Pierre Vernier), lequel va entretenir sans le savoir une relation avec l'épouse de celui-ci. Eux, mais d'autres encore : Max Montavon dans son éternel rôle d'homosexuel, Elisa Servier dans celui de la sœur de Marie-Louise (Sabine Azéma), et même Jean Reno dans le minuscule rôle du serveur au tout début du film.

Un Éléphant ça Trompe Énormément-Nous n'irons pas au Paradis auquel On n'est pas des Anges... Elles non plus semble s'identifier, le film de Michel lang fait quelque peu pâle figure devant les monuments que sont les deux œuvres de l'acteur-cinéaste Yves Robert et pourtant, il y a je ne sais quoi dans ce petit long-métrage qui le rend attachant. Sans doute la présence de ces seconds rôles cités plus hauts, la fraîcheur de Sabine Azéma, ou bien les pitreries du trio de tête dont un Georges Beller qui qui cabotine plus encore que ses deux acolytes. 

L'histoire est des plus simple. Quatre amis se connaissent depuis dix ans. Trois hommes et une femme. Entre Gilles, Grégoire et Roland, c'est l'éternelle compétition et Marie-Louise, elle, c'est la confidente, la bonne copine. Celle qui va tomber pour une fois, amoureuse d'un homme. Ses trois amis vont alors tout mettre en œuvre pour que cette relation toute neuve tombe très vite à l'eau. Comparé au dyptique
Au final, si l'impression diffère de celle ressentie par le passé, On n'est pas des Anges... Elles non plus a conservé presque tout ses « qualités ». La liste des œuvres n'ayant pas tenu le poids des années étant impressionnante, le film de Michel Lang s'en sort avec les honneurs dus à son statut de petite comédie française du début des années quatre-vingt. Pas un chef-d’œuvre, certes, mais un bon divertissement tout de même...

vendredi 3 juillet 2015

Les Visiteurs 2 : Les Couloir du Temps de Jean-Marie Poiré (1998)

 
Maintenant que le Comte Godefroy de Montmirail est parvenu a éviter la mort du Duc de Pouille quelques instants avant le drame il va pouvoir enfin épouser Frénégonde, la fille de ce dernier. Malheureusement pour lui, Jacquouille, en ayant dérobé les bijoux du Duc et en les ayant dissimulé dans la cache secrète d'une église avant de les récupéré dans le vingtième siècle, a empêché que les couloirs du temps ne se referment. De plus, c'est son petit-petit-petit-petit-fillot qui s'est retrouvé projeté neuf cent ans plus tôt à sa place lors du voyage du retour. Le Duc de Pouille se meurt. Jacquard est rattrapé par l'inquisition et risque d'être exécuté sur la place publique. Jacquouille, lui, se trouve toujours en compagnie de sa nouvelle amie, la clocharde Ginette, quand au mariage entre Godefroy et Frénégonde, il ne peut avoir lieu tant que les bijoux n'auront pas retrouvé leur place originelle. C'est ainsi que le Comte retourne voir le magicien Eusebius, celui-là même qui lui donna la potion magique, afin de retourner une fois de plus dans le futur afin de récupérer le biens du Duc de Pouille...

C'est ainsi que débute donc ce second volet des aventures de Godefroy et de son fidèle écuyer Jacquouille. On retrouve les mêmes acteurs que dans le premier volet, certains rôles ayant disparu, Isabelle Nanti et d'autres ne font plus partie du casting. On aurait peut-être aimé voir s'étoffer certains rôles comme celui du Docteur Bovin campé par la savoureux Didier Bénureau. Maire-Anne Chazel, Christian Bujeau et bien évidemment Jean Réno et Christian Clavier font toujours partie du casting, accompagnés cette fois-ci par Claire Nadeau, Philippe Nahon ou encore Jacques François. Clavier campe non seulement les rôles de Jacquard et de Jacquouille mais aussi, désormais, celui de Prosper le purineur. Un nouveau personnage qui aurait mérité d'avoir une plus grande place. Le cinéaste n'a pas oublié l'excellente (mais trop courte) apparition de Jacques François dans Le Père Noël est une Ordure, et lui confie le rôle du mari de Gisèle, interprétée par l'excellente Sylvie Joly. A ce propos, offrir le rôle de Frénégonde/Béatrice à cette immense humoriste aurait sans doute été plus judicieux que de le donner à Muriel Robin, elle aussi très bonne humoriste mais qui ici a bien du mal à nous faire oublier la fameuse Frénégonde interprétée par l'exceptionelle Valérie Lemercier.

Cette dernière d'ailleurs explique son refus de tourner la suite en raison du scénario qu'elle jugeait faible en comparaison de celui du premier épisode. Et comme elle le précisait à juste valeur, il est vrai que Les Visiteurs 2 : Les Couloir du Temps est moins bon. Le rythme y est bien présent et les gags s'enchaînent pourtant très bien. Cependant, ils demeurent plus faibles qu'auparavant. Plus lourds et moins drôles, il accusent le coup. Et l'absence de Valérie Lemercier est un vrai problème. Elle qui interprétait merveilleusement bien les rôles de Frénégonde et surtout celui de Béatrice n'et plus là, donc, et c'est Muriel Robin qui doit relever le défis. Sauf que l'humoriste galère, surjoue et manque de naturel. Elle n'est pas mauvaise, non, disons simplement que son jeu et incomparable à celui de Valérie Lemercier. 


Pour le reste, on retrouve les mêmes ingrédients. Si certains fonctionnent bien ensemble (le choc des cultures et des époques) d'autres tournent un peu en rond (des gags qui ressemblent parfois un peu trop à ceux du premier épisode et un Christian Clavier qui en fait parfois un peu trop). Les Visiteurs 2 : Les Couloir du Temps demeure pourtant une bonne comédie, très bonne même, et à laquelle Jean-Marie fit l'erreur de donner une (fausse) suite, ou plutôt un remake à l'américaine qu'il tourna lui-même avec toujours dans les rôles principaux Jean Réno et Christian Clavier, entourés cette fois-ci d'acteurs et actrices anglo-saxons. Le film fut un bide à tel point que le film faillit cauer la faillite la société de production française Gaumont...

jeudi 8 août 2013

Le Père Noel Est Une Ordure de Jean-Marie Poiré (1982)



SOS Détresse-Amitié est une permanence téléphonique qui consacre ses effort à soutenir les plus démunis. En cette veille de Noël, Madame Musquin confie les rennes à ses deux plus proches collaborateurs, Thérèse et Pierre Mortez. Ce dernier étant en retard, Madame Musquin patiente jusqu'à son arrivée avant de partir retrouver sa famille pour le réveillon. Lorsque Pierre arrive, Madame Musquin prend l'ascenseur mais se retrouve piégée à l'intérieur lorsqu'il tombe subitement en panne. Thérèse et Pierre se retrouvent donc seuls dans l'appartement qui sert de locaux à SOS Détresse-Amitié. Chacun a prévu un petit cadeau pour l'autre. Les appels téléphoniques sont rares et à par celui d'un certain "Katia" qui parvient à se faire inviter à venir rendre visite à Thérèse et Pierre et un second d'un homme qui injure Thérèse dans le combiné, c'est le calme plat.

Du moins pour un temps puisque peu de temps après, Thérèse reçoit un appel de son amie Zézette, jeune femme désœuvrée, et qui vit avec Félix, un chômeur long-durée qui pour l'occasion s'est affublé d'un costume de Père Noël afin d'amadouer les gens dans la rue et leur refourguer des billets d'entrée pour le réveillon-surprise du "Pigallos". Entre Zézette et lui c'est la crise. N'en pouvant plus de cette vie de galère, la jeune femme prend la poudre d'escampette et part se réfugier auprès de Thérèse dans les locaux de SOS Détresse-Amitié.

Entre temps, Thérèse et Pierre se sont échangé les cadeaux. La première offre un "splendide" gilet que Pierre lui promet d'utiliser pour descendre les poubelles, et ce dernier offre à Thérèse une toile qu'il a peinte et représentant un près dans lequel Thérèse, nue, est poursuivie par un porc.
La soirée ne fait que commencer. Madame Musquin est toujours enfermée dans l'ascenseur, Zézette déboule comme une furie, très vite rattrapée par Félix, Katia, l'homme du téléphone montre enfin son visage. Et, cerise sur le gâteau, le voisin d'en dessous, Monsieur Preskovitch, sonne à la porte et invite Thérèse et Pierre à goûter les fameuses spécialité de Sofia : les doubitchous...
Le Père Noël Est Une Ordure fut d'abord une pièce de théâtre irrésistible écrite et interprétée par Gérard Jugnot et Thierry Lhermitte. Accompagnés du reste de la troupe du splendid, le seul qui manquait à l'appel était Michel Blanc. Dans le long-métrage d'ailleurs, on ne le voit pas. Tout juste prête-il sa voix au pervers qui insulte Thérèse (Anémone) au téléphone. Le film devait au départ s'appeler Le père Noël s'est tiré une balle dans le cul mais on lui préféra celui qu'on lui connaît. Le personnage de Madame Musquin (Josiane Balasko) est un rôle qui fut écrit pour le grand écran car à l'origine son personnage n'existait pas. L'équipe prit des risques puisqu'elle tourna la scène d'ouverture sans autorisation et en pleine période de Noël.
Avant d'être l'une des comédies françaises les plus culte,


Il y a de notables différences entre la pièce et le film, et notamment les fins qui diffèrent radicalement. Le Père Noël Est Une Ordure compte tellement de répliques cultes qu'il est pratiquement impossible de les comptabiliser de mémoire. Et c'est ce qui fait la force de cette comédie magistrale, comme c'était déjà le cas avec les deux premiers volets des Bronzés. Incalculables mais forcément inoubliables puisqu'il suffit d'entendre autour de soit quelqu'un évoquer les premières syllabes d'une réplique pour que la suite nous revienne instantanément en mémoire.

Notons qu'en bonne patrie hypocrite, la France n'a pu s'empêcher à l'époque d'intervenir sur certains points que l'on jugera d'insipides. Certains cinémas jugeant le titre trop provocateur, il fut modifié pour ne surtout pas choquer les bien-pensants... Certains critiques osèrent même omettre des réserves sans aucun doute exagérées (il faut bien justifier de son salaire). A croire qu'il faut absolument respecter certains codes, même pour une comédie aussi délirante que Le Père Noël Est Une Ordure, pour avoir les faveurs de la presse papier.

Toujours est-il que le public français, lui, ne s'est ps trompé. Il continue à révérer ce film qui passe régulièrement à la télévision et qui, n'en doutons pas, continue de faire de nouveaux émules...
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