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dimanche 17 mai 2026

Les hommes préfèrent les grosses de Jean-Marie Poiré (1981) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

C'était les années quatre-vingt et à l'époque certains n'avaient pas peur d'aborder des sujets désormais ''sensibles'' sous l'angle de la comédie sans se faire taxer comme ici, de grossophobie ! Nous sommes en 1981 et Jean-Marie Poiré n'a pas encore signé l'adaptation cinématographique de la pièce de théâtre Le père Noël est une ordure, le génial Mes meilleurs copains ou le premier volet de la trilogie (si l'on ne compte pas la version américaine) Les visiteurs. En ce début de décennie où la liberté d'expression avait encore un sens, Josiane Balasko est tout comme la plupart des membres de la Troupe du Splendid l'une des grandes vedettes de la comédie française. Après les deux premiers volets de la saga Les bronzés, l'actrice enchaîne les rôles et rien qu'en cette année 1981, elle participe aux tournages de Clara et les chic types, Le maître d'école (aux côtés de Coluche), d'Hôtel des Amériques et donc des Hommes préfèrent les grosses qui selon le titre tente à vouloir faire croire que la gente masculine serait davantage attirée par les femmes rondes, dodues et même pourquoi pas, obèses. Pourtant, l'on découvre rapidement que la ''grosse'' de cette sympathique comédie qui connaîtra une rude concurrence puisque la même année sortira La chèvre de Francis Veber, La soupe aux choux de Jean Girault ou la comédie satirique de Bertrand Tavernier, Coup de torchon n'est paradoxalement pas au centre des attentions des hommes qui gravitent autour d'elle puisque c'est après avoir tout fait pour trouver une colocataire encore moins attirante qu'elle (on retiendra d'ailleurs à ce sujet la savoureuse réplique de sa meilleure amie incarnée par Dominique Lavanant) que Lydie (Josiane Balasko, donc) tombe finalement sur Eva, un joli mannequin incarné par l'actrice et... mannequin justement, Ariane Lartéguy. Après s'être faite plaquer par son petit ami et chef du personnel de l'entreprise pour laquelle elle travaille Paul Berthelot (Martin Lamotte) et avec lequel elle avait prévu de s'installer dans un tout nouvel appartement, Lydie Langlois cherche donc désormais à partager le loyer avec une colocataire. C'est là qu'arrive Eva. Jeune femme séduisante sur laquelle s'accrochent les hommes dont Gérard, le frère de Lydie, véritable pot de colle, incarnant le beauf par excellence, ainsi que Ronald, personnage nettement plus charismatique que ce pauvre petit vendeur de poisson incarné par Luis Rego. Les hommes préfèrent les grosses est typique de son époque et ne s'embarrasse pas de la moindre pincette pour traiter son héroïne comme une pauvre fille que les hommes méprisent en raison de son surpoids et d'une apparence générale qui n'en font pas un canon de beauté.


Lydie, c'est la bonne copine. La confidente. Qui débarque en boite de nuit vêtue d'une robe rose ridicule, qui se prend une baffe à la place d'un autre, qui tend gentiment l'oreille et écoute les confidences, mais qui semble aussi et surtout incapable de construire quoi que ce soit avec les hommes. Tous des cons ou presque, d'ailleurs. Entre un Luis Rego qui sous ses allures de beauf trop sûr de lui cultive le malaise, un Martin Lamotte pleutre qui n'hésite pas à balancer Lydie pour faute grave à son supérieur, laquelle se retrouve à la porte de son boulot, un Ronald en dandy de cinquième catégorie ou un Thierry Lhermitte qui dans le rôle du petit ami d'Arlette (Dominique Lavanant) se la joue végétarien pacifiste mais s'avère être en fait un bon gros connard ! On a beau avoir de la tendresse pour le personnage incarné par Josiane Balasko et trouver que les personnages masculins que l'héroïne est contrainte de se farcir ne sont que de sombre crétins mais reconnaissons que Les hommes préfèrent les grosses est franchement très drôle et charrie quelques répliques ou situations relativement cocasses. Lydie cherchant une colocataire : ''Faudrait qu'elle soit beaucoup plus moche que moi. Comme ça, je serai tranquille...'' Arlette lui répondant du tac au tac : '' M'enfin, ne m'dis pas que tu cherche un monstre. Tu trouveras pas, faut pas rêver !''. Notons l'intervention de Daniel Auteuil dans le rôle de l'ex compagnon d'Eva, Jean-Yves. Avec ses faux airs de psychopathe obnubilé par la jeune femme, le personnage n'est qu'un énième pauvre type comme en compte beaucoup la comédie de Jean-Marie Poiré. Du côté des anecdotes, il faut savoir que le rôle qu'interprète Luis Rego devait être joué par Michel Blanc mais celui-ci, inquiet à l'idée d'incarner un personnage trop semblable à celui de Jean-Claude Dusse qu'il incarna dans Les bronzés refusa à seulement quelques semaines du début du tournage. L'ancien membre du Splendid rencontre cette année là un grand succès grâce à la comédie de Patrice Leconte, Viens chez moi, j'habite chez une copine. Premier rôle aux côtés de Bernard Giraudeau, il n'est pas impossible que l'acteur ait également refusé le rôle de Gérard dans Les hommes préfèrent les grosses parce qu'il n'y incarnait pas le personnage central. C'est du moins ce qu'à sans doute imaginé Jean-Marie Poiré qui pour se ''venger'' du désistement de Michel Blanc fit dire à une speakerine présente un court instant dans le film la phrase suivante : ''M.B a la grosse tête''...

 

mardi 4 février 2025

Retour en force de Jean-MariePoiré (1980) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Deux ans après avoir incarné l'ex-taulard Martial Gaulard affublé d'un avocat incompétent interprété par Pierre Richard dans la comédie de Gérard Oury La carapate, Victor Lanoux retrouvait en 1982 le chemin d'un établissement pénitentiaire en endossant cette fois-ci le rôle d'Adrien Blausac. Et une fois encore, les aventures démarrent par la sortie de prison du personnage après que celui-ci ait mangé quinze jours de rab pour avoir frappé un co-détenu qui l'avait provoqué ! Mais comme il l'affirme lui-même, ça n'est rien en comparaison des huit années qu'il vient de passer derrière les barreaux. Son premier objectif va être de retrouver sa compagne Thérésa (Bernadette Laffont) qui tient un bistrot. Quant à ses enfants, Gilles (Philippe Klebert) est en deuxième année de médecine tandis qu'Odile (Eva Harling) est institutrice. Le petit dernier, Franck (Fortran Akmansoy), est à l'école, un élève assidu. C'est du moins les informations que le père de famille a reçu lors des différents courriers que lui a envoyé Thérésa lors de sa détention. Car la vérité est tout autre. Adrien découvre en effet qu'elle a depuis revendu le bistrot et qu'elle vit désormais chez Roger, un agent de la RATP qui a généreusement accueilli chez lui la petite famille qu'il loge et nourrit depuis maintenant sept ans. Le rôle de ce sympathique beauf a été confié à l'acteur Pierre Mondy, dont l'imposante carrière au cinéma débuta à la fin des années quarante. Surtout connu pour avoir incarné le rôle du Sergent-chef Chaudard dans la trilogie de Robert Lamoureux La septième compagnie entre 1973 et 1977 ou pour avoir côtoyé Mireille Darc dans Le téléphone rose d’Édouard Molinaro, il incarne ici un personnage gentil, généreux, droit, face à un Victor Lanoux nerveux, revanchard et agressif. Il faut dire qu'Adrien, traqué par un flic collant interprété par Gérard Jugnot et poursuivi par ses anciens complices qui n'ont pas l'attention de lui verser la somme qui lui est due et qui correspond au braquage d'une banque à l'issue duquel lui seul fut arrêté, jugé puis enfermé, n'a pas fini d'en apprendre de la part des siens. Ses enfants qu'il croyait brillants sont bien différents de ceux décrits dans les lettres qu'il reçu en prison. Gilles est un voleur de mobylettes tandis qu'Odile se prostitue ''par intérim'' quand elle ne traîne pas, vêtue comme une put[CENSURE], au Palace !


Bref, il y a là matière à nous offrir une sympathique comédie même si le titre, Retour en force, laisse davantage envisager un thriller. Ce qu'est d'ailleurs plus ou moins le second long-métrage de Jean-Marie Poiret, futur auteur du Père Noël est une ordure, de Mes meilleurs copains (sans doute son meilleur film), de L'opération Corned Beef ou de la tétralogie Les visiteurs (en comptant le très mauvais remake américain qu'il réalisa lui-même sous le pseudonyme de Jean-Marie Gaubert). D'un côté comme de l'autre, nous retrouvons ce qui fait la spécificité des deux principaux interprètes masculins du long-métrage. D'un côté, un Pierre Mondy jovial et naïf et de l'autre, un Victor Lanoux à la force brute, se gardant sur demande de la compagne interprétée par Bernadette Laffont de frapper le propriétaire de la petite maison de banlieue qui les abrite. Malgré les menaces qui entourent Adrien ou les quelques fusillades auxquelles il parviendra à échapper avec seulement quelques égratignures, Retour en force est bien une comédie, ponctuée de quelques gags vraiment amusants (la réflexion sur les prostituées du Bois de Boulogne) ou de situations ubuesques (les porteurs d'une plaque en verre). Le duo, trio, quatuor et quintet fonctionne plutôt bien même si la caractérisation est d'une manière générale un point semble-t-il non essentiel au récit. Entre les engueulades qui opposent Adrien et ce pauvre Roger qui maladroitement tente de désamorcer les tensions, une Bernadette Laffont qui tente de calmer le jeu et des seconds rôles plutôt sympathiques mais malheureusement parfois finalement assez peu exploités (Gérard Jugnot), Retour en force vire dans sa dernière partie vers le registre du film de cambriolage. Un peu à la manière de Patrice Leconte qui tout comme Jean-Marie Poiret aura su exploiter tout le talent des membres de la Troupe du Splendid de la toute fin des années soixante-dix et lors de la décennie suivante et qui cinq ans plus tard aura réuni Bernard Giraudeau et Gérard Lanvin dans l'excellent Les spécialistes, une comédie en forme de Buddy Movie dans laquelle, leurs personnages eux aussi s'apprêtaient à commettre un braquage. Bref, Retour en force est une sympathique petite comédie française typique de son époque. Pas un classique, sans doute, mais le plaisir d'y retrouver Victor Lanoux, Pierre Mondy et Bernadette Laffont est réel...

 

mardi 12 septembre 2017

Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré (1983) - ★★★★★★★☆☆☆



Nous sommes en pleine seconde guerre mondiale. La France est envahie par l'armée allemande et parmi les citoyens, certains ont choisi la résistance quand d'autres collaborent avec l'ennemi. Les Bourdelle, eux, n'ont pas oublié les valeurs inculquées par leur ancêtre André Bourdelle, mort stupidement alors qu'il s'apprêtait à entrer en action contre l'envahisseur. Habitant un château, son épouse Héléna et leur descendance sont contraints de déménager dans la cave de leur luexueuse demeure, les allemands ayant décidé de s'y installer pour un certain temps. Le fait qu'Héléna soit une cantatrice célèbre joue en sa faveur ainsi qu'en celle des siens. Appréciés du général Herman Spontz, officier de la Wermarcht, les Bourdelle peuvent compter sur une toute relative aisance de vie malgré l'humidité qui pèse sur l'humeur de certains. Et notamment de Michel Taupin, professeur de latin qui contre la somme de mille deux-cent francs mensuels, loge avec la famille de résistants. Parmi eux, pourtant, se trouve Guy-Hubert Bourdelle. fils d'André et Héléna Bourdelle. Contrairement à ses parents, ce coiffeur stagiaire semble apprécier la présence des allemands sous leur toit. Tout se complique le jour où la famille accueille et cache chez elle un soldat anglais blessé. Jean-Robert Bourdelle, que tout le monde appelle Papy et qui n'est autre que le plus vieux membre de la famille, essaie contre mauvaise fortune bon cœur de maintenir une certaine cohésion entre tous. Mais la présence des allemands au dessus de leur tête et celle du soldat anglais dans la cave complique tout. Heureusement, ailleurs, celui qui se fait appeler Super-Resistant va peut-être enfin pouvoir mettre en terme à l'envahisseur...

L'impressionnante liste d'interprète que constitue le casting de Papy fait de la résistance donnerait presque le vertige. S'y croisent plusieurs générations d'acteurs et de comédiens. Des plus anciens parmi lesquels se trouvent Michel Galabru, Jacqueline Maillan, Julien Guiomar, Jacques François, Jean-Claude Brialy ou encore Roger Carel jusqu'aux membres de la cultissime troupe du Splendid, le casting est constitué d'au moins une bande trentaine de grands artistes. Du moins, parmi les plus connus dans le paysage cinématographique français. Du Splendid, seule l'actrice Marie-Anne Chazel, enceinte, manque à l'appel.Anémone elle non plus ne figure pas dans le film. On retrouve par contre Christian Clavier dans le rôle de Michel taupin, Gérard Jugnot dans celui d'Adolfo Ramirez, dont le nom laisse entrevoir très rapidement ses prises de positions, Martin Lamotte dans le double rôle de Guy-Hubert Bourdelle / Super-Resistant, Dominique Lavanant (qui rejoignait les membres du Splendid deux ans après sa création), Josiane Balasko en pharmacienne couchant avec les allemands, Michel Blanc en curé adepte de vin rouge aidant la résistance, Thierry Lhermitte en colonel SS et enfin Bruno Moynot dans le rôle de Flandu. Le point commun des quatre derniers cités étant de ne faire dans le film de Jean-Mari Poiré, qu'une amicale apparition.

Ils ne seront d'ailleurs pas les seuls puisque Jean-Claude Brialy, Jean Yanne, Roger Carel, Didier Bénureau et surtout Bernard Giraudeau (comme étant crédité rôle le plus court du film) ne feront qu'une petite apparition. Peut-être pas aussi détonante que les premiers films des membres de la troupe du Splendid (on peut leur préférer les réalisations de Patrice Leconte), Papy fait de la résistance est une comédie française cultissime, à mettre au même rang que Les Bronzés 1&2 et Le Père Noël est une Ordure. Les allemands et les collaborateurs y sont tournés en ridicule. Voir ses partisans humiliés est jubilatoire. Roland Giraud, Jean-Paul Muel, Thierry Lhermitte ou encore Roger Carel leur donner vie est un bonheur. Jacques Villeret en demi-frère d'Adolf Hitler est à mourir de rire. Un choix judicieux mais secondaire puisqu'à l'origine, il était convenu que le rôle devait revenir à LA star de la comédie française, Louis de Funès. Mort entre-temps, le film lui sera finalement dédié. L'un des aspects les plus remarquables se situe lors des passages durant lesquels l'acteut Roland Giraud s'exprime en allemand. Ne connaissant rien de la langue, l'interprète du général Spontz s'exprimait en réalité de manière phonétique. Un exploit qui fait totalement illusion devant la caméra. Alors que le film aurait pu se terminer fin de manière tout à fait classique, Jean-Marie Poiré fait durer le plaisir lors d'une parodie de l'excellente émission télévisée Les Dossiers de l’Écran que l'animateur Alain Jérôme anime d'ailleurs ici lui-même. Papy fait de la résistance demeure encore aujourd'hui comme un grand classique de la comédie français. Indémodable...

jeudi 7 septembre 2017

Les Visiteurs en Amérique de Jean-Marie Gaubert (Jean-Marie Poiré) (2001) - ★★★★☆☆☆☆☆☆


Ni tout à fait un remake, ni tout à fait une œuvre originale, Les Visiteurs en Amérique était d'avance voué à l'échec. Ne me demandez pas pour quelle raison et allez plutôt vous faire une soirée remakes américains de comédies françaises pour vous en convaincre. La première puissance mondiale est en effet passée maîtresse dans l'art de saloper le travail. Parce que ces messieurs-dames n'ont pas envie de s'abîmer les yeux en lisant des sous-titres et qu'ils n'ont pas davantage envie de financer le doublages de films venus de l'étranger, les États-Unis ont choisi de tourner leurs propres versions des succès cinématographiques étrangers. A leur sauce bien évidemment. Si la J-Horror a elle-aussi craqué sans pour autant en souffrir systématiquement (voir l'excellent The Ring de Gore Verbinski), certains producteurs, réalisateurs, acteurs et distributeurs français sont également tombés dans le panneau, appâtés par les billets verts et le rêve américain. C'est le cas de Jean-Marie Poiré, auteur à l'époque des deux premiers volets de la saga Les Visiteurs. Il apparaîtra finalement et officiellement au générique du remake sous le nom de Jean-Marie Gaubert, pour une raison quelque peu discutable (son véritable patronyme serait demeuré difficilement prononçable par les américains). D'autres sources auraient cité sa mésentente avec l'acteur Christian Clavier. Et bien moi, je vous en cite une troisième, beaucoup moins officielle mais qui me paraît hautement probable. Jean-Marie Poiré n'aura sans doute pas assumé le résultat à l'écran de ce qui allait devenir l'un de ses plus mauvais longs-métrages. Une douche froide assassinée par la presse et le public.

Et pourtant je vous le dis, chers lecteurs, vous avez échappé au pire. Non pas que je connaisse personnellement une version uncut des Visiteurs en Amérique qui aurait pu être pire que le résultat que nous avons tous pu constater avec navrance sur les écrans de cinéma, mais si l'on compare celui-ci à The Dinner (Remake du Dîner de Cons) ou The Man with One Red Shoe (remake du Grand Blond avec une Chaussure Noire), Les Visiteurs en Amérique s'en sort PRESQUE honorablement. Certaines des caractéristiques de l’œuvre originale ont été lissées, pour ne pas dire purement et simplement dissoutes au profit du puritanisme cher aux américains. Moins grossiers, moins sales, nos deux compères perdent un peu de leur charme brut de voyageurs du temps venus du fin fond du moyen-âge. Vous l'aurez très vite remarqué, Christian Clavier et Jean Reno, enfin, leurs personnages respectifs, semblent avoir pris rendez-vous chez le dentiste avant le tournage puisqu'on y découvre deux individus dont la dentition est irréprochable quand celle des héros du premier opus laissaient envisager une hygiène dentaire pratiquement absente des usages courants.

Pire, le fidèle de Godefroy Amaury de Malfête, comte de Montmirail, d'Apremont et de Papincourt , Jacquouille la Fripouille disparaît au profit d'un André le Paté, écuyer de Thibault dont le patronyme se révèle beaucoup plus terne. Quand à Jean Reno, le sien a depuis perdu beaucoup de sa superbe et à été réduit pour l'occasion : Thibault, comte de Malfète ! Une double trahison que l'on ne peut pardonner à un Jean-Marie Poiré passant la pommade à un public américain qu'il ne faut surtout pas blesser. Plus de « sarrasin » pour ne pas offusquer l'homme de couleur. La clocharde Ginette (campée par Marie-Anne Chazel) est remplacée au profit d'une jeune servante interprétée par l'actrice Tara Reid. Mais le pire demeure dans l'absence du descendant de Jacquouille la Fripouille. L'un des principaux éléments qui firent le succès des Visiteurs est absent. Une erreur impardonnable, le personnage n'ayant même pas été remplacé par un autre. Christina Applegate remplace la fgrançaise Valérie Lemercier sans jamais parvenir à égaler son exceptionnelle interprétation de Frénégonde de Pouille, et de Béatrice Goulard de Montmirail. Doublant eux-mêmes leurs personnages, Clavier et Reno perdent en force comique. Ce que le film tente vainement d'être. Nulle place au chauvinisme dans l’écriture de cet article. Difficile de concilier ainsi deux approches radicalement différentes de la comédie. On peut ou pas adhérer. Personnellement, je n'y suis pas parvenu...

samedi 7 mai 2016

Ma Femme s'appelle Maurice de Jean-Marie Poiré (2002)



L'agent immobilier Georges Audefey file le parfait amour en compagnie de sa maîtresse Emmanuelle Mortaux, en séjour à Venise. Depuis des mois, il promet de l'épouser mais la jeune femme découvre qu'il n'a jamais divorcé de sa femme Marion. Après avoir pris la fuite et avoir abandonné Emmanuelle sans même avoir payé la réservation de leur chambre d’hôtel, de retour chez lui à Paris, Georges s'apprête à recevoir la visite de sa fiancée, furieuse d'avoir été trompée, et qui a bien l'intention de tout révéler à Marion sur la relation que le couple adultère entretient depuis longtemps.

Ne sachant comment faire pour éviter la confrontation, Georges demande à un inconnu, un certain Maurice Lappin, employé à mi-temps par la poste et bénévole dans une association caritative, de se déguiser en femme et de se faire passer pour sa femme. Mais alors qu'Emmanuelle va bientôt arriver, Johnny Häs, l'époux de celle-ci est bien décidé à venir régler son compte à Georges. Vont bientôt arriver également Claire et Jean-Bernard Trouaballe qui ont prévu d'acheter l'appartement mis en vente par le couple Audefey...

Adaptation de la pièce éponyme mise en scène par Jean-Luc Moreau, écrite par le réalisateur d'origine arménienne Raffy Shart, et déjà interprétée par le duo de comiques Chevalier et Laspalès, Ma Femme s'appelle Maurice, est à l'heure actuelle l'avant-dernier long-métrage du cinéaste Jean-Marie Poiré qui connu un immense succès dans les années quatre-vingt, quatre-vingt dix avec des œuvres comiques devenues des films culte et souvent interprétées par tout ou une partie de la célèbre bande du Splendid (Le Père Noël est une Ordure, Papy Fait de la Résistance, Mes Meilleurs Copains et bien sûr, Les Visiteurs, premier du nom). Depuis quelques années, le cinéaste enchaîne les échecs commerciaux, publics et critiques. En effet, depuis Les Visiteurs en Amérique et son dernier méfait, Les Visiteurs : La Révolution, le cinéma de Jean-Marie Poiré est en chute libre. Et Ma Femme s'appelle Maurice ne dérogeant pas à la règle, nous voilà devant une comédie franchouillarde vraiment légère.

Chevalier et Laspalès font ce qu'ils peuvent pour élever le niveau de cette successions de gags éculés et parviennent parfois malgré tout à faire sourire. Dès le générique, on a de quoi se faire du mouron. Guy Marchand, Virginie Lemoine, Jean-Pierre Castaldi et même le fils de ce dernier, Benjamin, peut-être à l'aise dans son rôle d'animateur d'émissions de télé-réalité (ou télé-poubelle), mais surtout pas dans celui d'acteur de quinzième zone. En quelques phrases, il donne toute la mesure de son absence de talent. Un casting de haute tenue qui rappelle de sombres heures pour le comique français. L'époque où Sim, Alice Sapritch, Paul Préboist, Jacques Balutin, parmi tant d'autres, ornaient de leur présence d'affreuses bouses cinématographiques que certains considèrent aujourd'hui comme des œuvres cultes !

Ma Femme s'appelle Maurice a tout de même la chance d'être inspiré d'une pièce de théâtre. Les rebondissements sont permanents, les quiproquos nombreux, et le rythme relevé. Mais ces éléments, qui faisaient la force du cinéma de Louis de Funès, tombent ici comme un soufflet sorti trop tôt du four. Les dialogues manquent d'écriture et aucun artiste présent, à part peut-être le duo de comiques, n'est vraiment convainquant. Jean-Marie Poiré signe donc une œuvre insignifiante qui fait regretter l'époque où il enchaînait les succès au cinéma...

dimanche 1 mai 2016

Les Visiteurs – La Révolution de Jean-Marie Poiré (2016)



Avec un peu plus de trois semaines de retard et une certaine anxiété, nous sommes enfin allés voir le troisième épisode des aventures de Godefroy de Montmirail et de son fidèle serviteur Jacquouille la Fripouille. Les Visiteurs – La Révolution va-t-il enfin nous rassurer sur le sort habituellement accordé aux suites de franchises qui peinent à se renouveler ?

Après avoir lu, vu et entendu de nombreuses critiques condamnant d'avance la dernière œuvre d'un cinéaste (Jean-Marie Poiré) qui n'avait rien fait depuis 2002, année du déjà désastreux Ma Femme... s'appelle Maurice, on pouvait s'inquiéter de n'obtenir, vingt-trois ans après l'original et dix-huit après le second, qu'un ersatz en 2016. Si certains se sont acharnés à vilipender Les Visiteurs – La Révolution pour ses problèmes de choix esthétiques, n'oublions tout de même pas que l’œuvre de Poiré n'a jamais véritablement été parcourue de chocs visuels époustouflants. Si les nuits américaines (procédé permettant de jouer de jour une scène censée se dérouler la nuit) ont semble-t-il « traumatisé » une partie du public au point de faire partie d'une longue liste de reproches à faire au film, il ne faut tout de même pas exagérer. Tout au plus, ce procédé plonge-t-il le film dans une ambiance bleutée assez particulière quoique pas vraiment choquante.

Concernant les nouveaux invités (au hasard, Franck Dubosc, Karin Viard, Sylvie Testud, Ary Abitan pour ne citer qu'eux), ils sont en nombre. Peut-être même un peu trop... nombreux. Si quelques-uns parviennent partiellement à tirer leur épingle du jeu, la trop grande diversité des personnages nuit à l'essence même de ceux interprétés par Jean Reno et Christian Clavier qui ne font plus désormais que partie du décor.
Marie-Anne Chazel abandonne son costume de sdf qu'elle n'a plus quitté depuis Le Père Noël est une Ordure, Jean Reno est un bien triste Godefroy, quant à Clavier, il éructe des propos qui ne font rire que les gamins des premiers rangs.

Alors. Les Visiteurs – La Révolution vaut-il la peine qu'on l'ait attendu autant d'années et mérite-il que l'on fasse l'effort d'aller le voir au cinéma ? La réponse est non. Définitivement non! N'ayons pas peur des mots et avouons-le : le troisième volets des Visiteurs est mauvais, pathétique, ennuyeux, et tout sauf drôle. Le comble pour une comédie n'est-il pas de laisser le spectateur indifférent ? Pour avoir été deux à aller le voir, à nous être lancé des regards pleins d'espoir, puis de désespoir... aller jusqu'à même s'endormir, toujours à deux, vers la moitié du film. A sourire lorsque les premières notes du célèbre thème composé par Eric Levy pour faire finalement la grimace au moment de quitter la salle, nous pouvons l'affirmer : Jean-Marie Poiré et son équipe ont manqué le coche.

Tout un passage se déroulant dans une diligence puis dans une auberge rappelle L'Auberge Rouge de Gérard Krawczyk. Peut-être le seul moment du long-métrage ayant un semblant d'intérêt. Dès le début le film ne pouvait que se mordre la queue à travers un synopsis ne permettant jamais vraiment aux spectateurs de s'identifier à tel ou tel personnage. Le choix de l'époque (ici la Révolution), qui apparaissait pourtant à la toute fin du second volet comme une option intéressante se révèle finalement sur le long terme un choix aux conséquences catastrophiques. Plus mauvais encore que Les Bronzés 3 - Amis pour la Vie et plus décevant que Les Trois Frères, le Retour, Les Visiteurs – La Révolution est bon à jeter aux oubliettes...

vendredi 3 juillet 2015

Les Visiteurs 2 : Les Couloir du Temps de Jean-Marie Poiré (1998)

 
Maintenant que le Comte Godefroy de Montmirail est parvenu a éviter la mort du Duc de Pouille quelques instants avant le drame il va pouvoir enfin épouser Frénégonde, la fille de ce dernier. Malheureusement pour lui, Jacquouille, en ayant dérobé les bijoux du Duc et en les ayant dissimulé dans la cache secrète d'une église avant de les récupéré dans le vingtième siècle, a empêché que les couloirs du temps ne se referment. De plus, c'est son petit-petit-petit-petit-fillot qui s'est retrouvé projeté neuf cent ans plus tôt à sa place lors du voyage du retour. Le Duc de Pouille se meurt. Jacquard est rattrapé par l'inquisition et risque d'être exécuté sur la place publique. Jacquouille, lui, se trouve toujours en compagnie de sa nouvelle amie, la clocharde Ginette, quand au mariage entre Godefroy et Frénégonde, il ne peut avoir lieu tant que les bijoux n'auront pas retrouvé leur place originelle. C'est ainsi que le Comte retourne voir le magicien Eusebius, celui-là même qui lui donna la potion magique, afin de retourner une fois de plus dans le futur afin de récupérer le biens du Duc de Pouille...

C'est ainsi que débute donc ce second volet des aventures de Godefroy et de son fidèle écuyer Jacquouille. On retrouve les mêmes acteurs que dans le premier volet, certains rôles ayant disparu, Isabelle Nanti et d'autres ne font plus partie du casting. On aurait peut-être aimé voir s'étoffer certains rôles comme celui du Docteur Bovin campé par la savoureux Didier Bénureau. Maire-Anne Chazel, Christian Bujeau et bien évidemment Jean Réno et Christian Clavier font toujours partie du casting, accompagnés cette fois-ci par Claire Nadeau, Philippe Nahon ou encore Jacques François. Clavier campe non seulement les rôles de Jacquard et de Jacquouille mais aussi, désormais, celui de Prosper le purineur. Un nouveau personnage qui aurait mérité d'avoir une plus grande place. Le cinéaste n'a pas oublié l'excellente (mais trop courte) apparition de Jacques François dans Le Père Noël est une Ordure, et lui confie le rôle du mari de Gisèle, interprétée par l'excellente Sylvie Joly. A ce propos, offrir le rôle de Frénégonde/Béatrice à cette immense humoriste aurait sans doute été plus judicieux que de le donner à Muriel Robin, elle aussi très bonne humoriste mais qui ici a bien du mal à nous faire oublier la fameuse Frénégonde interprétée par l'exceptionelle Valérie Lemercier.

Cette dernière d'ailleurs explique son refus de tourner la suite en raison du scénario qu'elle jugeait faible en comparaison de celui du premier épisode. Et comme elle le précisait à juste valeur, il est vrai que Les Visiteurs 2 : Les Couloir du Temps est moins bon. Le rythme y est bien présent et les gags s'enchaînent pourtant très bien. Cependant, ils demeurent plus faibles qu'auparavant. Plus lourds et moins drôles, il accusent le coup. Et l'absence de Valérie Lemercier est un vrai problème. Elle qui interprétait merveilleusement bien les rôles de Frénégonde et surtout celui de Béatrice n'et plus là, donc, et c'est Muriel Robin qui doit relever le défis. Sauf que l'humoriste galère, surjoue et manque de naturel. Elle n'est pas mauvaise, non, disons simplement que son jeu et incomparable à celui de Valérie Lemercier. 


Pour le reste, on retrouve les mêmes ingrédients. Si certains fonctionnent bien ensemble (le choc des cultures et des époques) d'autres tournent un peu en rond (des gags qui ressemblent parfois un peu trop à ceux du premier épisode et un Christian Clavier qui en fait parfois un peu trop). Les Visiteurs 2 : Les Couloir du Temps demeure pourtant une bonne comédie, très bonne même, et à laquelle Jean-Marie fit l'erreur de donner une (fausse) suite, ou plutôt un remake à l'américaine qu'il tourna lui-même avec toujours dans les rôles principaux Jean Réno et Christian Clavier, entourés cette fois-ci d'acteurs et actrices anglo-saxons. Le film fut un bide à tel point que le film faillit cauer la faillite la société de production française Gaumont...

samedi 30 mai 2015

Les Visiteurs de Jean-Marie Poiré (1993)



Alors qu'une curieuse bande-annonce annonçant la sortie du troisième volet consacré aux Visiteurs de Jean-Marie Poiré se promène sur la toile, il serait de bon ton de revenir sur les épisodes précédents, et notamment Les Visiteurs et Les Visiteur 2 : Les Couloirs du Temps, Les Visiteurs en Amérique demeurant jusqu'à aujourd'hui une extension bâtarde qui n'offre pratiquement aucun intérêt. Lorsque sort en 1993 le premier volet de cette future trilogie, on est loin d'imaginer que le film deviendra par la suite aussi culte que des classiques de la comédie française tels que Les Bronzés ou Le Père Noël est une Ordure. Le principe est le même : derrière un scénario plutôt simple, les scénaristes Jean-Marie Poiré et Christian Clavier développent une armada de répliques à l'humour toujours aussi efficaces plus de vingt ans après la sortie du film. L'un des principaux intérêt de cette œuvre est le mélange comédie-fantastique, un genre exploité dans nos contrées dans une petite trentaine de films dont certains ne méritent même pas qu'on les cite (Seul Two et Cinéman pour ne citer qu'eux justement). Les Visiteurs nous conte les aventures du Comte Godefroy de Montmirail dit le Hardi et de son fidèle écuyer Jacquouille, obligés de revenir en arrière dans le temps afin de réparer une erreur qui a coûté la vie du père de celle que devait épouser le Godefroy. A cause d'un oubli (le sorcier chargé de les renvoyer un instant dans le passé oublie d'inclure à a potion des œufs de caille), les deux homme se retrouvent dans le présent, le notre, en 1993 avec tout ce que cela comporte de contraintes. Le choc et terrible. Godefroy et Jacquouille découvrent un mode de vie bien différent du leur et surtout un monde moderne qui provoque chez eux un véritable choc. Ils vont faire la connaissance de Béatrice de Montmirail, la petite petite petite petite petite fillote de Godefroy. Ce qui laisse déjà entrevoir un aperçu des quelques invraisemblances du film, détail que l'on ne retiendra pas forcément étant donné que l'intérêt historique est ici mis au second, voire, troisième plan.

En effet, le voyage dans le temps qui devait amener nos deux homme à réparer l'erreur de Godefroy devait permettre à ce dernier de pouvoir enfin épouser sa promise Frénégonde de Pouille, arrière-arrière-arrière-arrière-grand-mère de Béatrice. Mais la potion les ayant transportés vers une autre direction, et la mort du Duc de Pouille n'ayant pu être réparée, le patronyme de Béatrice, de Montmirail, est une erreur chronologique. Mais répétons-le, ceci n'est qu'un détail.

La force des Visiteurs réside dans son humour donc, et dans le décalage temporel entre le monde moderne dans lequel se retrouvent plongés Jacquouille et Godefroy et l’accoutrement, le caractère et les habitudes de ces deux derniers merveilleusement interprétés par Jean Réno et Christian Clavier. On retrouve Marie-Anne Chazel dans un rôle de clocharde qui rappelle forcément celui de Zezette dans Le Père Noël est une Ordure. Christian Clavier campe également le doublon bourgeois, snob et propre sur lui de Jacquouille dont il est la descendance. On apprécie la présence de Christian Bujeau dans le rôle du dentiste, époux de Béatrice, de celle de Isabelle Nanty en assistante plutôt emmerdante et de Didier Bénureau en Médecin Psychiatre savoureux. Mais celle dont on retient évidemment la performance, c'est Valérie Lemercier qui porte sur ses épaules à elle seule la moitié du film. En bourgeoise sympathique, celle qui campait le rôle de Lady Palace dans la série Palace réitère l'exploit de jouer un rôle similaire avec un naturel déconcertant. On y croit presque dur comme fer, ce qui ne sera malheureusement pas le cas avec la pourtant très drôle Muriel Robin qui reprendra les rôles de Béatrice/ Frénégonde dans la suite mais sans jamais parvenir à nous faire oublier la géniale Valérie Lemercier.
Avec un budget de cinquante millions de francs, le film attira plus de treize millions de télépectateur dans les salles obscures. Le film remporta la première place au box-office français l'année de sa sortie et fut nommé huit fois aux César. C'est finalement Valérie Lemercier qui remporta le précieux trophée dans la catégorie Meilleure Actrice dans un Second Rôle...

jeudi 8 août 2013

Le Père Noel Est Une Ordure de Jean-Marie Poiré (1982)



SOS Détresse-Amitié est une permanence téléphonique qui consacre ses effort à soutenir les plus démunis. En cette veille de Noël, Madame Musquin confie les rennes à ses deux plus proches collaborateurs, Thérèse et Pierre Mortez. Ce dernier étant en retard, Madame Musquin patiente jusqu'à son arrivée avant de partir retrouver sa famille pour le réveillon. Lorsque Pierre arrive, Madame Musquin prend l'ascenseur mais se retrouve piégée à l'intérieur lorsqu'il tombe subitement en panne. Thérèse et Pierre se retrouvent donc seuls dans l'appartement qui sert de locaux à SOS Détresse-Amitié. Chacun a prévu un petit cadeau pour l'autre. Les appels téléphoniques sont rares et à par celui d'un certain "Katia" qui parvient à se faire inviter à venir rendre visite à Thérèse et Pierre et un second d'un homme qui injure Thérèse dans le combiné, c'est le calme plat.

Du moins pour un temps puisque peu de temps après, Thérèse reçoit un appel de son amie Zézette, jeune femme désœuvrée, et qui vit avec Félix, un chômeur long-durée qui pour l'occasion s'est affublé d'un costume de Père Noël afin d'amadouer les gens dans la rue et leur refourguer des billets d'entrée pour le réveillon-surprise du "Pigallos". Entre Zézette et lui c'est la crise. N'en pouvant plus de cette vie de galère, la jeune femme prend la poudre d'escampette et part se réfugier auprès de Thérèse dans les locaux de SOS Détresse-Amitié.

Entre temps, Thérèse et Pierre se sont échangé les cadeaux. La première offre un "splendide" gilet que Pierre lui promet d'utiliser pour descendre les poubelles, et ce dernier offre à Thérèse une toile qu'il a peinte et représentant un près dans lequel Thérèse, nue, est poursuivie par un porc.
La soirée ne fait que commencer. Madame Musquin est toujours enfermée dans l'ascenseur, Zézette déboule comme une furie, très vite rattrapée par Félix, Katia, l'homme du téléphone montre enfin son visage. Et, cerise sur le gâteau, le voisin d'en dessous, Monsieur Preskovitch, sonne à la porte et invite Thérèse et Pierre à goûter les fameuses spécialité de Sofia : les doubitchous...
Le Père Noël Est Une Ordure fut d'abord une pièce de théâtre irrésistible écrite et interprétée par Gérard Jugnot et Thierry Lhermitte. Accompagnés du reste de la troupe du splendid, le seul qui manquait à l'appel était Michel Blanc. Dans le long-métrage d'ailleurs, on ne le voit pas. Tout juste prête-il sa voix au pervers qui insulte Thérèse (Anémone) au téléphone. Le film devait au départ s'appeler Le père Noël s'est tiré une balle dans le cul mais on lui préféra celui qu'on lui connaît. Le personnage de Madame Musquin (Josiane Balasko) est un rôle qui fut écrit pour le grand écran car à l'origine son personnage n'existait pas. L'équipe prit des risques puisqu'elle tourna la scène d'ouverture sans autorisation et en pleine période de Noël.
Avant d'être l'une des comédies françaises les plus culte,


Il y a de notables différences entre la pièce et le film, et notamment les fins qui diffèrent radicalement. Le Père Noël Est Une Ordure compte tellement de répliques cultes qu'il est pratiquement impossible de les comptabiliser de mémoire. Et c'est ce qui fait la force de cette comédie magistrale, comme c'était déjà le cas avec les deux premiers volets des Bronzés. Incalculables mais forcément inoubliables puisqu'il suffit d'entendre autour de soit quelqu'un évoquer les premières syllabes d'une réplique pour que la suite nous revienne instantanément en mémoire.

Notons qu'en bonne patrie hypocrite, la France n'a pu s'empêcher à l'époque d'intervenir sur certains points que l'on jugera d'insipides. Certains cinémas jugeant le titre trop provocateur, il fut modifié pour ne surtout pas choquer les bien-pensants... Certains critiques osèrent même omettre des réserves sans aucun doute exagérées (il faut bien justifier de son salaire). A croire qu'il faut absolument respecter certains codes, même pour une comédie aussi délirante que Le Père Noël Est Une Ordure, pour avoir les faveurs de la presse papier.

Toujours est-il que le public français, lui, ne s'est ps trompé. Il continue à révérer ce film qui passe régulièrement à la télévision et qui, n'en doutons pas, continue de faire de nouveaux émules...
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