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mercredi 20 août 2025

Silent Hill : Revelation de M.J. Bassett (2012) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

En 2006, le réalisateur français Christophe Gans signait l'adaptation du Survival-Horror vidéoludique Silent Hill sorti tout d'abord en 1999 sur la console de salon Playstation de Sony. Une œuvre beaucoup moins flippante que le jeu mais qui avait néanmoins le mérite d'être l'une des rares adaptations à réellement demeurer fidèle à l'esprit d'origine et à ne pas être qu'un insipide portage bénéficiant simplement de l'aura du concept initial. Alors que l'issue laissait planer un certain doute quant à l'avenir de la franchise, Christophe Gans abandonne l'idée de réaliser la suite alors même qu'il semblait excité par le projet. En cause, son implication dans l'adaptation d'un autre jeu vidéo, Onimusha, série vidéoludique développée et publiée par le principal concurrent de Konami, Capcom. Bien mal lui a pris puisque le long-métrage ne vit finalement jamais le jour. En cause, le décès de l'acteur australien Heath Ledger à l'âge de 28 ans d'une surdose médicamenteuse alors qu'il devait participer au projet. Du moins est-ce la version qu'invoqua l'auteur du Pacte des loups... Finalement remplacé par la réalisatrice, scénariste et productrice britannique M.J. Bassett dont la carrière fut notamment marquée par l'excellent Wilderness six ans auparavant, le titre de la séquelle riche de promesse permet à la nouvelle héroïne du récit de prendre la place de sa mère au sein de la fameuse et cauchemardesque ville de Silent Hill. N'ayant aucun rapport avec Silent Hill 2 développé par Konami CE Tokyo en 2001 et sorti sur la Playstation 2, Silent Hill : Revelation met principalement en scène l'actrice australienne Adelaide Clemens que l'on a pu notamment découvrir dans X-Men Origins: Wolverine de Gavin Hood trois ans plus tôt. La jeune interprète incarne le personnage de Sharon qui dans Silent Hill était une toute jeune enfant interprétée par la canadienne Jodelle Ferland alors âgée de seulement douze ans. Dans cette séquelle qui fait à nouveau appel à l'acteur britannique Sean Bean dans le rôle tout aussi insignifiant de Christopher Da Silva, sa fille et lui fuient depuis les précédents événements.


Six années à déménager chaque fois qu'il leur semble que les adeptes de l'Ordre de Valtiel sont sur leurs traces. Avoir changé d'identité ne leur a servi à rien puisqu'une fois de plus, ils sont rattrapés. Mais alors que Christopher vient d'être kidnappé et ramené au sein du Culte installé à Silent Hill, Sharon décide de s'y rendre afin de le retrouver. La jeune femme pourra en outre compter sur l'aide de Vincent Cooper qui tout comme elle est nouvel élève dans l'école de la nouvelle ville où elle et son père se sont installés... Jouissant d'une réputation on ne peut plus catastrophique, Silent Hill : Revelation n'est pourtant pas l'engeance à laquelle l'on pourrait s'attendre. Forcément moins intéressant que son prédécesseur, doté d'un budget revu à la baisse puisque passant de cinquante à trente millions de dollars, le long-métrage de M.J. Bassett contient malgré tout quelques bonnes surprises. L'on retrouve en effet l'ambiance cauchemardesque du premier Silent Hill même si cette fois-ci, et sans doute en raison d'un plus petit budget, la réalisatrice a dû faire des choix artistiques qui ont permis de réduire les frais. Et notamment au niveau des effets-spéciaux. Car même si les protagonistes continuent d'évoluer dans des décors monstrueusement évocateurs de ce que peut être l'Enfer, concernant la transition d'un monde à l'autre (de celui que l'on pourrait citer, à défaut de pouvoir le décrire autrement, comme étant le notre, à celui des ténèbres), le déclenchement de la fameuse sirène n'aura lieu qu'une fois pour un résultat visuel très décevant en comparaison de ce que l'on pouvait voir six ans plus tôt dans la première adaptation du jeu vidéo.


Notons que la présence d'un parc d'attraction et l'apparition d'un détective privé du nom de Douglas Cartland raccorde directement le long-métrage de M.J. Bassett au troisième opus de la saga vidéoludique sobrement intitulé Silent Hill 3. Faisant ainsi l'impasse sur le deuxième, cette seconde incarnation cinématographique fait de nouveau appel à quelques iconiques créatures découvertes précédemment dans les différents jeux et lors de la première adaptation. L'on redécouvre donc l'impressionnant Pyramid Head ainsi que les Nurses. Des infirmières au cœur d'une séquence lors de laquelle le jeune Vincent Cooper est transporté sur une civière par deux adeptes du culte jusqu'à une pièce remplie de ces créatures. Lesquelles réagissent désormais non plus à la lumière mais au bruit ! Une scène totalement incohérente puisqu'en pénétrant dans la salle, les deux adeptes du culte connaissant forcément la nature belliqueuse des Nurses, comment ne pas trouver absurde cette plongée directe dans la gueule du loup qui les condamnera à une mort certaine ? Comme son titre l'indique, Silent Hill : Revelation permet d'en apprendre beaucoup sur les différents personnages qui évoluent durant le récit. Et même, aussi insignifiant que cela puisse paraître, l'on apprend enfin pourquoi les adeptes du Culte portent un masque. Une réponse à l'imparable question que l'on pouvait se poser lors du premier Silent Hill lorsqu'ils sortirent masqués tandis que la responsable du Culte Christabella sortait le visage découvert. Bref, pas aussi mauvais qu'on aimerait nous le faire croire mais moins bon que le précédent, Silent Hill : Revelation n'est pas tout à fait désagréable à regarder...

 

dimanche 18 août 2024

She Will de Charlotte Colbert (2022) - ★★★★☆☆☆☆☆☆

 


 

Il y a encore deux heures, le concept d'Elevated Horror était un schéma de cinéma qui m'était relativement flou. Pour ne pas dire totalement étranger. Et après une projection longue de quatre-vingt quinze minutes, j'étais près à le bannir de mon vocabulaire et de mes futures nuits cinéphagiques tant She Will de Charlotte Colbert m'apparut d'une inconsistance crasse. S'intégrant dans le courant actuellement bien rôdé du cinéma d'horreur post-Metoo dont font désormais parti Men d'Alex Garland, Invisible Man de Leigh Whannell, deux œuvres au demeurant tout à fait satisfaisantes, ainsi que, paraît-il, Promising Young Woman d'Emerald Fennell sur lequel se sont penchés tant de critiques virulents qu'il faudra bien qu'un jour j'y jette un œil, She Will est une immense déception... Bannir ? L'Elevated Horror ? Peut-être pas finalement puisque après quelques recherches, je découvrais que parmi une liste de films longue comme la Loire s'inscrivaient notamment des œuvres telles que The Witch de Robert Eggers, Possessor de Brandon Cronenberg, Midsommar d'Ari Aster, Eraserhead de David Lynch ou encore Under the Skin de Jonathan Glazer. Bref, que des petites merveilles (si l'on ne tient évidemment pas compte de la merde que réalisa l'amateur d'onanisme David Lowery en 2017, A Ghost Story) dont ne fait par contre absolument pas partie She Will. Je veux bien pardonner ce faux pas d'une réalisatrice qui là se lance dans son premier long-métrage (après trois courts, format qu'elle aurait également dû consacrer à sa dernière création) mais mon dieu que She Will peut être insignifiant. Qu'il s'agisse du sujet du patriarcat évoqué avec la finesse d'un hippopotame passant entre les rayons d'une cristallerie ou de celui du traumatisme vécu par l'héroïne qui pour le coup est remarquablement incarnée par Alice Krige, le premier long-métrage de Charlotte Colbert est raté ! Produit par le réalisateur italien Dario Argento qui s'y connaît pourtant tout particulièrement en sorcellerie puisqu'il fut lui-même auteur d'une trilogie formée autour de Suspiria en 1977, Inferno en 1980 et tardivement conclue avec La Terza Madre en 2007 !


N'étant plus tout à fait une valeur sûre du cinéma d'horreur et d'épouvante bien que son dernier film Occhiali Neri ne soit pas le plus mauvais qu'il ait mis en scène voilà deux ans, il lui arriva de produire quelques très bonnes pellicules par le passé comme le Dawn of the Dead de l'américain George Romero. Mais c'était il y a bien longtemps et aujourd'hui l'on n'est jamais certain que Dario Argento puisse encore nous faire rêver. En tant qu'auteur ainsi qu'en tant que producteur puisque She Will est une proposition de cinéma horrifique auteurisant des plus dispensable. Disposant d'un cadre exceptionnel (celui de l’Écosse) et de techniciens de talent (décors et photographies sont absolument remarquables), le scénario de Charlotte Colbert et Kitty Percy est un panier percé qui a laissé s'échapper son contenu au fil du récit. Alors oui, She Will est parfois magnifique. Des extérieurs jusqu'à certaines séquences nocturnes véritablement flamboyantes (le sabbat autour du feu) accompagnées par l'envoûtante partition du compositeur britannique Clint Mansell, d'un point de vue artistique, esthétique, rien à dire, c'est presque un sans fautes. Mais pour le reste, le film de la réalisatrice n'est qu'un pompeux exercice de style auquel d'autres se sont adonnés avec autrement plus de talent. Une coquille vide, voilà ce qu'est She Will, une œuvre abusivement adoubée par celles et ceux qui ne souffrent certainement plus de ce cinéma adolescent et bis qu'avaient toujours représenté les œuvres horrifiques et qui aujourd’hui et plus que jamais veut entrer dans la cour des grands. Mais pour cela, encore faut-il avoir les épaules larges et le dos solide pour supporter un tel challenge. Les prétentions et les ambitions de Charlotte Colbert collent malheureusement assez mal au conflit qui oppose l'écriture à l'esthétique. On pourra toujours arguer que dans le domaine de l'Elevated Horror She Will est mille fois plus ''vivant'' que la merde intégrale, hautaine et arrogante de David Lowery. Mais cela ne suffit pas pour en faire un bon film. En général, lorsque durant la projection l'on se demande quand va vraiment démarrer l'intrigue et qu'en consultant notre montre (ou notre smartphone) l'on s'aperçoit que le film a déjà commencé depuis une heure, ça sent pas très bon. Et dans le cas de She Will, cela sent même très mauvais...

 

jeudi 23 septembre 2021

If... de Lindsay Anderson (1968) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Contrairement à ce que la légende prétend, If... de Lindsay Anderson n'est pas le premier long-métrage cinématographique dans lequel apparu l'acteur britannique Malcom McDowell. Simplement, il s'agit du premier dans lequel le public pu le découvrir puisqu'après avoir tourné dans une dizaine de séries télévisées, il interpréta le rôle de Billy dans Pas de larmes pour Joy de Ken Loach avant que les scènes où il intervenait ne soient malheureusement supprimées. Ce drôle de titre terminé par trois petits points qu'est If... s'inspire en fait à l'origine du poème éponyme de l'écrivain britannique Rudyard Kipling qui repose sur la vertu britannique de l'ère victorienne et dont le dernier vers est mondialement connu (''Tu seras un homme mon fils'' servant lui-même de titre à l'adaptation que fit du poème le romancier et conteur français André Maurois). If..., le film, est surtout la première des trois rencontres que le public fera avec le personnage de Mick Travis que l'on retrouvera à l'occasion de deux autres longs-métrages réalisés par Lindsay Anderson et toujours interprétés par Malcom McDowell, Le Meilleur des mondes possible ! en 1973 et Britannia Hospital neuf ans plus tard. Mais avant cela, If... déroule son intrigue au cœur d'un établissement scolaire privé situé en Angleterre dans lequel les règles sont strictes. Il y est ordonné de les suivre avec méthode et discipline sous peine de se voir infliger des châtiments. Des punitions qui sont alors ordonnées et pratiquées par Rowntree et les trois autres ''Whips'' qui l'accompagnent, ces quatre étudiants en dernière année étant chargés d'imposer les règles et de maintenir la cohésion dans l'enceinte de l'établissement...


Des méthodes que réprouvent très rapidement les trois ''Croisés'' que sont Mick, Johnny et Wallace. Le premier qu'interprète donc Malcom McDowell fait figure de meneur et près de trente ans avant la fusillade de Columbine, une école de l'état du Colorado aux États-Unis où les étudiants Eric Harris et Dylan Klebold tuèrent en outre treize de leurs camarades, If... peut faire figure d’œuvre sinon prophétique, du moins visionnaire comme cela sera également le cas trois ans plus tard avec Orange Mécanique et son ultra violence de l'illustre réalisateur britannique Stanley Kubrick. Une évocation qui n'a ici rien d'innocente puisque, faut-il le savoir, c'est en découvrant Malcom McDowell dans le rôle de Mick Travis que l'auteur de 2001, l'odyssée de l'espace lui offrit celui d'Alex dans son chef-d’œuvre d'anticipation. Cette ironie dans le regard et ce sourire en biais qui feront la légende de cet acteur à la carrière cinématographique incroyable, passant du rôle de ce jeune révolté qu'est Mick Travis, à cet adepte de l'ultra violence que sera Alex, avant de personnifier les monstres humains que personnifièrent en leur temps Caligula (dans l’œuvre éponyme de Tinto Brass en 1979) ou le tueur en série Andrei Chikatilo dont il endossa le costume dans Evilenko de David Grieco en 2004. En attendant, les élèves de ce prestigieux collège britannique où s'apprêtent à en venir aux armes Mick et ses deux amis sont le théâtre d'une discipline de fer où les punitions et les brimades sont le quotidien des réfractaires...


If... fait forcément échos aux événements qui se produisirent en mai de la même année en France lors desquels les étudiants français manifestèrent notamment contre le capitalisme et contre le pouvoir gaulliste. Tourné en couleur mais également en noir et blanc semble-t-il pour des raisons purement esthétiques et non budgétaires, le long-métrage de Lindsay Anderson remportera la Palme d'Or au festival de Cannes en 1969, deux ans après Blow-Up de Michelangelo Antonioni et juste un an avant MASH de Robert Altman mais fera scandale dans son propre pays. Bien que Malcom McDowell n'ait pas encore été ''perverti'' par sa présence dans l'extraordinaire Orange Mécanique, on lui doit l'une des séquences les plus folles du long-métrage de Lindsay Anderson. Une scène qui à l'origine n'était pas prévue mais qui le voit faire l'amour avec une jeune femme sur le sol d'un bar. Une séquence presque précurseur du spectacle absolument délirant que nous offrira Stanley Kubrick trois ans plus tard. Si aujourd'hui If... pourra paraître désuet sous certains aspects, il faut comprendre qu'à l'époque, l'évocation de l'homosexualité ou la pratique du fouet en tant qu'acte punitif dont les relents de masochisme peuvent encore se ressentir de nos jours devaient outrer une certaine catégorie du public outre-Manche. Le film témoigne également de méthodes d'éducation rigides pour lesquelles le réalisateur semble n'avoir aucune forme de reconnaissance ou de sympathie. Le charme britannique y intervient de manière ponctuelle, à travers l'accent de ses interprètes, le cadre magnifique ou les uniformes des étudiants mais certainement pas dans l'attitude des représentants de l'éducation et de leurs subordonnés. À noter que le changement d'humeur et d'attitude de Mick Travis intervient au moment même où sa passion pour l'Afrique et sa culture s'exprime pour la première fois lorsqu'il découvre l'image d'un homme de couleur au bras armé. Des séquences fort évocatrices se multiplient alors, accompagnées par une superbe version chantée du Missa Luba, lequel emploie des chants traditionnels congolais...

 

samedi 17 novembre 2018

Halloween 2 de Rob Zombie (2009) - ★★★★☆☆☆☆☆☆



Alors que la suite de son propre remake a faillit lui échapper, le chanteur et cinéaste Rob Zombie remet le couvert après le succès de son Halloween version 2007. Bien qu'il avait su apporter suffisamment de nouveauté pour que l’œuvre ne transpire par la redite, sa vision se raccordait malgré tout sensiblement à celle de John Carpenter. Ce qui n'est plus le cas dans cet Halloween 2 sortit deux ans plus tard en 2009. N'étant à l'origine pas du tout fan de la franchise mais ayant apprécié le remake de Rob Zombie, c'est avec un certain empressement, comme une grosse envie d'aller me vider la vessie de son trop plein de bière, que j'ai voulu voir à quoi ressemblait sa séquelle et si elle avait un tant soit peu de légitimité. Une chose est certaine : Rob Zombie a décidé de remettre les pendules à l'heure. Ou plutôt, le compteur à zéro. Car même si la suite prend directement effet après les événements du premier épisode, le cinéaste a donné un grand coup de balai (de pied?) au mythe afin de le dépoussiérer une fois encore. Ce qui en définitive, n'est pas forcément une bonne chose car à trop vouloir bousculer les conventions, l'auteur de The Devil's Reject a enfanté d'une œuvre bâtarde qui ne conserve en fait que l’icône monstrueuse et sa célèbre proie.

Au casting, on retrouve les mêmes principaux interprètes. Brad Dourif dans le rôle du shérif Leigh Brackett, Tyler Mane dans celui de Michael Myers, mais aussi et surtout Scout Taylor-Compton dans la peau de Laurie Strode et bien entendu, Malcom McDowell en Dr Sam Loomis préoccupé cette fois-ci par sa nouvelle renommée due à l'ouvrage qu'il a écrit sur son expérience de psychiatre avec son plus célèbre patient. Rob Zombie assombrit l'image. Au point de n'en faire plus qu'une œuvre abusivement crépusculaire parcourue par une grande majorité de chevelus. Un long-métrage gothique. Rock dans l'esprit, incarné par une tripotée de « métalleux».

Le chemin emprunté par cet Halloween 2 est incompréhensible. A croire que Rob Zombie avait déjà en tête son long-métrage suivant, The Lords of Salem. Halloween 2, c'est surtout une bouillie informe (infâme?) qui ressemble à tout sauf au film auquel cette séquelle semble avoir été mise en chantier afin de lui rendre hommage. Michael Myers n'y sert la soupe qu'à une multitude d'homicides dont le nombre finit par épuiser le spectateur même le plus avide de meurtres en série. Tout juste le cinéaste retient-il l'attention dès lors qu'il critique l'aspect médiatique concentrant l'intérêt du public pour un ouvrage évoquant le cas d'un véritable dément alors même que son auteur ne tient pas compte de la réaction des parents des victimes. Le Docteur Sam Loomis y est cette fois-ci décrit comme un individu ayant mis entre parenthèses sa carrière de psychiatre pour sa nouvelle passion, l'écriture : et surtout, la célébrité. Il incarne ainsi l'immonde messager à la morale douteuse mais dont se repaissent ses semblables, avides de récits macabres.

Heureusement, encore, que Malcom McDowell ait accepté une nouvelle fois de prêter ses traits au fameux psychiatre car à par ses diverses apparitions, Halloween 2 n'est qu'une œuvre horrifique qui se cherche sans véritablement parvenir à mettre la main sur un fil d’Ariane tangible. Rob Zombie oppose au récit linéaire original, des fantasmes personnels qui débouchent sur des personnages peu crédibles (à croire que le pays n'est habité que par des enfants, des adolescents et des adultes chevelus et amateurs de métal), un univers gothique graphiquement très réussi mais au final, assez pesant, et des dizaines de situations s'enchaînant sans réelle cohérence ni la moindre cohésion (les passages avec la mère de Michael, sorte de Dame Banche accompagnée d'un cheval tout aussi immaculé sont simplement... ridicules). A croire que le cinéaste n'a fait que remplir les blancs d'un film de commande qu'il s'est pourtant refusé de laisser à un autre... Décevant !

vendredi 16 novembre 2018

Halloween de Rob Zombie (2007) - ★★★★★★★☆☆☆



Qu'il soit réussi ou non, qu'il surpasse son illustre source d'inspiration ou qu'il ne lui arrive pas même à la cheville, s'il y a bien un point qu'il sera difficile de contredire, c'est le culot avec lequel le cinéaste Rob Zombie se sera approprié le mythe de Michael Myers pour en proposer une relecture faisant table rase sur l'iconographie de l'un des plus célèbres tueurs masqués du septième art, et même s'il aura dû pour cela, lâcher un peu de leste. Trente ans... Il aura fallut trente ans pour que quelqu'un se décide enfin à revenir aux sources. A ne plus simplement continuer à nourrir une légende qui avait finit (paraît-il) par s'étioler à force de vouloir l'exploiter. Né le 12 janvier 1965, chanteur et musicien du groupe de métal White Zombie, Rob se lance dans le septième art en 2003 avec The House of 1000 Corpses, œuvre remarquée, mais sans doute pas autant que le second long-métrage d'un artiste qui aura, au moins, su se reconvertir de la plus belle des manières. The Devil's Rejects, deuxième film et premier véritable choc. Un road-trip d'une violence inouïe qui renoue avec un certain cinéma transgressif des années soixante-dix. On pense notamment au Texas Chainsaw Massacre de Tobe Hooper, ou à The Hills Have Eyes de Wes Craven. Après avoir réalisé une fausse bande-annonce (Werewolf Women of the SS) pour le diptyque Grindhouse, Rob Zombie s'attèle donc à la réalisation de son troisième long-métrage sobrement intitulé Halloween
 
Ça n'est plus un secret pour les rares badauds qui ont osé franchir les portes de Cinémart ces dernier jours mais je n'ai que très moyennement apprécié l’œuvre séminale du pourtant génial John Carpenter. Presque aussi chiant que de rester planté devant une pendule pendant quatre-vingt dix minutes à voir s'égrainer les secondes, puis les minutes, Halloween cuvée 1978 fut une énorme déception (d'ailleurs, à ce propos, n'ayant pas envie de me faire taper sur les doigts, je ne ferai pas la critique de Suspiria version Dario Argento que j'ai, « grave » détestée). Aussi creux qu'improbable, le film usurpe totalement son statut d’œuvre culte (pour les coups de fouet, je suis dispo ce soir de 22h à 3h du matin) , ce qui ne m'a pourtant pas empêché de vouloir persévérer afin de trouver, peut-être, la perle rare. Sur laquelle il me semble par ailleurs avoir déjà mis la main il y a quelques années à travers l'excellent Halloween 3. Mais celui-ci n'ayant aucun rapport avec l’œuvre de John Carpenter, et ne voulant surtout pas subir les suites consécutives, j'ai donc porté mon choix sur la vision toute personnelle de Rob Zombie.

La phase narcissique étant arrivée à son terme, entrons désormais dans le vif du sujet. Première différence entre l’œuvre originale et son remake, le choix appliqué par Rob Zombie de revenir en profondeur sur l'enfance de Michael Myers et ne pas se contenter simplement de le montrer en train de tuer sa grande sœur. Le cinéaste décrit l'univers néfaste dans lequel baigne l'enfant. Une histoire personnelle qui fait écho aux faits-divers macabres qui parfois ressurgissent dans les médias lorsque l'on apprend qu'un gamin a pénétré l'enceinte de l’établissement scolaire où il étudie afin d'y dessouder un maximum de ses camarades. Le petit Michael est le souffre-douleur de son beau-père, un alcoolique notoire passant son temps calé dans un fauteuil à regarder des émissions débiles et à boire la bière. Aimante, la mère de l'enfant danse nue dans une boite de strip-tease afin de subvenir aux besoins de sa petite famille également constituée d'une fille plus âgée que Michael et d'une seconde beaucoup plus jeune. Harcelé par deux de ses camarades, le futur tueur en série d'Haddonfield (dont l'un des passes-temps favoris et de torturer les animaux), passe à l'acte sur l'un deux et sur plusieurs membres de sa famille avant d'être jugé et interné dans un hôpital psychiatrique. Rob Zombie dresse un vrai portrait de psychopathe et clôt ainsi une première partie passionnante et idéalement incarnée par l'acteur Daeg Faerch qui dans la peau de Michael Myers enfant est assez stupéfiant.

Cette première partie est également l'occasion de faire connaissance avec le fameux Docteur Sam Loomis de l’œuvre originale, cette fois-ci incarné par le génial Malcom McDowell dont le look tranche avec sa profession. Un individu pas vraiment net qui pourtant laisse envisager sa volonté d'aider le jeune adolescent en perdition. C'est également l'occasion d'assister à la lente séparation entre le corps et l'esprit d'un Michael Myers plongeant dans le mutisme le plus total durant les quinze années précédent sa fuite de l'établissement. Rob Zombie convoque une armada de « guests » mémorables. Au hasard : Danny Trejo dans le rôle du gardien Ismael Cruz, ou Richard Lynch dans celui de Chambers, le principal de l'établissement scolaire. Plus tard, d'autres rejoindront les festivités : Brad Dourif dans le rôle du Shérif Leight Bracket, Dee Wallace Stone dans celui de Cynthia Strode, la mère de l'héroïne Laurie incarnée par Scout Taylor-Compton après Jamie Lee-Curtis, ou encore Ken Foree, le « black » du Zombie de George Romero, Sybil Danning, Bill Moseley, ou enfin Udo Kier. Une belle brochette d'acteurs pour un film qui contrairement à l'oeuvre de John Carpenter ne fait jamais dans l'attentisme et accumule les cadavres. Des meurtres violents, mais pas forcément outranciers en matière d'horreur. Si Scout Taylor-Compton assure son emploi d'héroïne, elle a cependant bien du mal à nous faire oublier l'interprétation de Jamie Lee-Curtis dans la version de 1978.

La partition musicale a quant à elle été confiée à Tyler Bates, ce qui n'empêche pas Rob Zombie de réemployer les plus fameux thèmes composés à l'époque par John Carpenter lui-même. Accompagné par le souffle inquiétant du boogeyman Halloween version 2007 est beaucoup plus nerveux que son ancêtre. Incarné par Tyler Mane, le Michael Myers de cette cuvée est un colosse de plus de deux mètres qui en impose à l'écran. L’œuvre de Rob Zombie s'inscrit également dans un contexte beaucoup plus réaliste en apportant à l’esthétique générale un grain particulier grâce à l'emploi du format 16mm. Le film n'évite pas les sempiternelles scènes de cul, beaucoup plus explicites dans l'acte et dans le verbe que par le passé. Rob Zombie a gagné le pari de dépoussiérer une légende en l'améliorant sous tous ses aspects. Il part ainsi rejoindre les quelques remakes de classiques de l'épouvante ayant eu avant lui l'occasion de faire mieux que les œuvres originales (La Colline a des Yeux de Alexandre Aja l'année précédente). Un excellent slasher...

mercredi 4 avril 2018

Les tueurs qui inspirent le 7ème art: Andreï Tchikatilo "Evilenko" de David Grieco (2004) - ★★★★★★★☆☆☆



Alors que Jack l’Éventreur 'nettoya' les rues de Whtichapel en ne tuant officiellement 'que' cinq prostituées, nombreux furent les longs-métrages s'inspirant de ce sordide fait-divers survenu à la fin du dix-neuvième siècle. L’ukrainien Andreï Tchikatilo tua quant à lui des dizaines d'enfants (une cinquantaine sera retenue par la justice de son pays) mais n'inspira que trois longs-métrages et une petite poignée d'ouvrages littéraires. Sur écran, on le vit d'abord incarné par Jeffrey DeMunn dans l'excellent Citizen X de Chris Gerolmo en 1995, et vingt ans plus tard dans l'adaptation cinématographique du roman éponyme de Tom Rob Smith, Child 44, ainsi réalisé par Daniel Espinosa. Entre les deux est sorti Evilenko, qui même si les personnages portent des noms différents, s'inspire fortement du fait-divers entourant cet homme que l'on appelait alors l'Ogre de Rostov. Afin d'incarner son alter ego Andrej Romanovic Evilenko, le cinéaste fait appel à l'acteur anglais Malcolm McDowell, principalement connu pour avoir interprété le rôle d'Alex DeLarge dans le chef-d’œuvre de Stanley Kubrick, Orange Mécanique. David Grieco semble ici s'attacher davantage au personnage de Andrej Romanovic Evilenko qu'à l'enquête menée par l'inspecteur Vadim Timurouvic Leslev (l'acteur d'origine hongroise Marton Csokas). Persuadé d'être protégé par une hypothétique immunité que lui conférerait son appartenance au Parti, le tueur d'enfants, ancien professeur renvoyé après avoir tenté de violer l'une de ses élèves, va trouver sur son chemin un enquêteur plus zélé que les autres. Un comportement courageux dans un pays qui n'accordait généralement à l'époque que très peu d'intérêt et de reconnaissance pour aux tueurs en série, un concept, alors, inenvisageable...

Evilenko ne s'attarde pas sur l'enfance du tueur, atteint d'énurésie nocturne, et battu par sa mère chaque fois qu'il fait pipi au lit. Cependant, on en apprend beaucoup sur ce personnage de fiction ne trompant personne sur la source d'inspiration ayant aidé le cinéaste à construire son œuvre. Là encore, le tueur travaille dans l'enseignement, comme en son temps Andreï Tchikatilo. Avec le temps, Evilenko est amené à donner sa démission après qu'il ait osé pratiquer des attouchements sur l'une de ses élèves (ici, curieusement décrite comme une enfant passablement perverse). Lorsque lui est proposé un emploi par le KGB, l'homme se croit à l’abri, et c'est ainsi qu'on le découvre se livrant à toute une série de meurtres accompagnés de rituels particulièrement répugnant. Car comme Tchikatilo, Evilenko torture, viol, assassine, mais dévore également ses victimes. Tueur en série pédophile et cannibale, le portrait qu'en fait David Grieco est parfois outrageusement écœurant. Malcolm McDowell incarne à merveille ce tueur assassinant sans vergogne des dizaines d'enfants, exprimant le plaisir qu'il a d'emporter avec lui un souvenir (souvent, des vêtements tâchés du sang de ses victimes) afin de se repaître du souvenir des actes barbarie accomplis.

Le long-métrage le décrit comme un individu hypnotisant avec une étonnante facilité ses futures victimes qui le suivent alors jusque dans ces forêts où il a l'habitude de commettre ses meurtres. Contrairement aux deux autres long-métrages inspiré du fait-divers, celui-ci s'attarde beaucoup moins sur l'aspect politique du pays d'alors. Il tente d'apporter une réponse aux actes d'Evilenko sans pour autant chercher à les excuser. D'ailleurs, lorsqu'un détail anatomique laisse entendre qu'il pourrait s'agir de la raison pour laquelle le tueur s'est lancé dans cette quête irrépressible de mort, la fin ne laisse aucun doute sur la perversité de l'homme, unique raison pour laquelle il tue ses semblables. Véritable monstre humain, David Grieco lui offre pourtant l'opportunité de livrer son humanité à travers un long plan final qui clôt de la plus belle des manières, l'un des plus formidables portraits de tueur en série du septième art...

jeudi 7 septembre 2017

Les Visiteurs en Amérique de Jean-Marie Gaubert (Jean-Marie Poiré) (2001) - ★★★★☆☆☆☆☆☆


Ni tout à fait un remake, ni tout à fait une œuvre originale, Les Visiteurs en Amérique était d'avance voué à l'échec. Ne me demandez pas pour quelle raison et allez plutôt vous faire une soirée remakes américains de comédies françaises pour vous en convaincre. La première puissance mondiale est en effet passée maîtresse dans l'art de saloper le travail. Parce que ces messieurs-dames n'ont pas envie de s'abîmer les yeux en lisant des sous-titres et qu'ils n'ont pas davantage envie de financer le doublages de films venus de l'étranger, les États-Unis ont choisi de tourner leurs propres versions des succès cinématographiques étrangers. A leur sauce bien évidemment. Si la J-Horror a elle-aussi craqué sans pour autant en souffrir systématiquement (voir l'excellent The Ring de Gore Verbinski), certains producteurs, réalisateurs, acteurs et distributeurs français sont également tombés dans le panneau, appâtés par les billets verts et le rêve américain. C'est le cas de Jean-Marie Poiré, auteur à l'époque des deux premiers volets de la saga Les Visiteurs. Il apparaîtra finalement et officiellement au générique du remake sous le nom de Jean-Marie Gaubert, pour une raison quelque peu discutable (son véritable patronyme serait demeuré difficilement prononçable par les américains). D'autres sources auraient cité sa mésentente avec l'acteur Christian Clavier. Et bien moi, je vous en cite une troisième, beaucoup moins officielle mais qui me paraît hautement probable. Jean-Marie Poiré n'aura sans doute pas assumé le résultat à l'écran de ce qui allait devenir l'un de ses plus mauvais longs-métrages. Une douche froide assassinée par la presse et le public.

Et pourtant je vous le dis, chers lecteurs, vous avez échappé au pire. Non pas que je connaisse personnellement une version uncut des Visiteurs en Amérique qui aurait pu être pire que le résultat que nous avons tous pu constater avec navrance sur les écrans de cinéma, mais si l'on compare celui-ci à The Dinner (Remake du Dîner de Cons) ou The Man with One Red Shoe (remake du Grand Blond avec une Chaussure Noire), Les Visiteurs en Amérique s'en sort PRESQUE honorablement. Certaines des caractéristiques de l’œuvre originale ont été lissées, pour ne pas dire purement et simplement dissoutes au profit du puritanisme cher aux américains. Moins grossiers, moins sales, nos deux compères perdent un peu de leur charme brut de voyageurs du temps venus du fin fond du moyen-âge. Vous l'aurez très vite remarqué, Christian Clavier et Jean Reno, enfin, leurs personnages respectifs, semblent avoir pris rendez-vous chez le dentiste avant le tournage puisqu'on y découvre deux individus dont la dentition est irréprochable quand celle des héros du premier opus laissaient envisager une hygiène dentaire pratiquement absente des usages courants.

Pire, le fidèle de Godefroy Amaury de Malfête, comte de Montmirail, d'Apremont et de Papincourt , Jacquouille la Fripouille disparaît au profit d'un André le Paté, écuyer de Thibault dont le patronyme se révèle beaucoup plus terne. Quand à Jean Reno, le sien a depuis perdu beaucoup de sa superbe et à été réduit pour l'occasion : Thibault, comte de Malfète ! Une double trahison que l'on ne peut pardonner à un Jean-Marie Poiré passant la pommade à un public américain qu'il ne faut surtout pas blesser. Plus de « sarrasin » pour ne pas offusquer l'homme de couleur. La clocharde Ginette (campée par Marie-Anne Chazel) est remplacée au profit d'une jeune servante interprétée par l'actrice Tara Reid. Mais le pire demeure dans l'absence du descendant de Jacquouille la Fripouille. L'un des principaux éléments qui firent le succès des Visiteurs est absent. Une erreur impardonnable, le personnage n'ayant même pas été remplacé par un autre. Christina Applegate remplace la fgrançaise Valérie Lemercier sans jamais parvenir à égaler son exceptionnelle interprétation de Frénégonde de Pouille, et de Béatrice Goulard de Montmirail. Doublant eux-mêmes leurs personnages, Clavier et Reno perdent en force comique. Ce que le film tente vainement d'être. Nulle place au chauvinisme dans l’écriture de cet article. Difficile de concilier ainsi deux approches radicalement différentes de la comédie. On peut ou pas adhérer. Personnellement, je n'y suis pas parvenu...

mardi 18 août 2015

Caligula de Tinto Brass (1979)



An 37. L'empereur Tibère meurt, assassiné par le préfet Macron, sous les yeux de Caligula qui dès lors, devient le troisième empereur de la dynastie Julio-Claudienne. Véritable despote, le successeur de Tibère fait assassiner tous ceux qu'ils jugent comme étant des traîtres. Son entourage est ainsi décimé, et, provoque le désir de certains de vouloir se débarrasser de lui. Le jeune empereur de vingt-cinq ans organise d'immenses festins. Ridiculisant le Sénat, il élève les épouses des sénateurs au rang de putains et leur ordonne de participer à des orgies de sexe. Lors de son règne, Caligula, fasciné par l'orient décide d'épouser sa jeune sœur Drusilla malgré les réserves de celle-ci. Malheureusement, la jeune femme meurt peu de temps après et l'empereur épouse alors la jeune et controversée Caesonia.

A cause de ses excès, certains voient en la mort de Caligula, la seule issue possible à son règne de tyran. C'est ainsi que Longinus, le premier époux de Drusilla et le chef de la garde prétorienne Chaerea fomentent le futur assassinat de Caligula. Le premier coup d'épée est donné lors d'une belle journée de promenade en famille qui se tranforme en guet-apens. Au sommet des marches donnant dans ses quartiers personnels, Caligula reçoit un coup d'épée de la part de Chaerea. Puis une dizaine de soldats s'acharnent sur le corps encore en vie de l'empereur et lui enfoncent leur lance dans le ventre. Caesonia elle aussi est assassinée. Ainsi que le tout jeune enfant qu'elle lui a donné. A sa place est élu quatrième empereur de Rome l'oncle de Caligula, Claude. Ainsi s'achève le règne de "Caius César Auguste Germanicus, pontife suprême, investi de la puissance tribunicienne pour la 4e fois, consul pour la 4e fois, père de la Patrie". Caligula est le récit de cet empereur dont le règne n'aura duré que quatre années...

"Qu'ils me haïssent, pourvu qu'ils me craignent !"

Réalisé par le cinéaste italien Tinto Brass et, détail qui revêt ici une importance fondamentale, produit par Bob Guccione, l'homme qui fonda le célèbre magazine pornographique Penthouse, Caligula est une œuvre tentaculaire qui provoqua de nombreux remous et qui fit beaucoup parler d'elle. Il existe en effet deux, et même trois, versions de cette œuvre que certains n'hésitèrent pas à juger de malsaine même si l'on peut toutefois lui reconnaître d'indéniables qualités. Et qui mieux que l'acteur Malcom McDowell pouvait mieux représenter cette figure du despotisme, cet être mégalomane qui fut, non seulement le troisième empereur de la dynastie Juio-Claudienne mais peut-être aussi l'un des plus grands bouchers de l'histoire de l'humanité puisqu'il ordonna l'exécution d'un grand nombre de personnages ayant fait partie de son entourage. Le budget initial de 17 500 000 $ alloué à l’œuvre du cinéaste italien fut largement dépassé puisque le film couta en réalité vingt-deux millions de dollars. Des figurants par centaines, des décors grandioses qui, malgré leur aspect aujourd'hui "carton-pâte" quelque peu suranné durent faire leur petit effet à l'époque. 




Si l'on oubliera très vite la version expurgée de toutes les scènes explicites durant seulement 100 minutes (soit 35 de moins que la version de Tinto Brass et, plus fort encore, 50 minutes de moins que celle du producteur Bob Guccione), on se concentrera sur les deux autres. D'abord, celle de Tinto Brass qui voulait faire de son œuvre un péplum historique teinté d'un érotisme soft et de quelques passages très sanglants. Mais le propriétaire du magazine Penthouse semble voir les choses différemment. Il impose en effet une autre version, beaucoup plus graphique. De l'érotisme soft chère à Tinto Brass, on passe alors à de la véritable pornographie.

"Une si jolie nuque sera tranchée dès que j’en donnerai l’ordre !"

Étonnant de voir se croiser dans cette monstrueuse production parfois considérée comme maladive des stars du cinéma traditionnel : MalcomMcDowell donc, tout juste sorti de l'excellent C'était Demain de Nicholas Meyer, et surtout connu pour avoir interprété l'inquiétant Alex dans l'immense Orange Mécanique de Stanley Kubrick, Peter O'Toole (Rosebud, Le Voleur d'Arc en Ciel) ou encore John Gielgud (Le Chef d'Orchestre), et des actrices et acteurs du cinéma pornographique tels que Teresa Ann Savoy. Anneka Di Lorenzo et Lori Wagner.

Les thèmes abordés sont très nombreux. Outre la haine de l'empereur pour un Sénat qu'il n'aura de cesse de tourner en ridicule, l’œuvre de Tinto Brass est surtout un catalogue presque complet de toutes les déviances dont est capable l'homme : meurtres, tortures, inceste, zoophilie, urophilie, saphisme, homosexualité, bondage, fist, donnant ainsi une image de la Rome Antique, dépravée. On peut ou pas juger mauvaise l'idée de Bob Guccione d'avoir imposé des scènes hard dans le film du cinéaste italient tant le film en lui-même se suffisait peut-être. Toujours est-il, que ce sont en partie des scènes d'orgie qui ont donné ses lettres de noblesses à une œuvre qui n'aurait sans elles, peut-être pas eu une telle réputation d’œuvre sulfureuse.

Curieusement, à voir la version intégrale, les scènes d'orgies s'implémentant parfaitement à la logique du scénario, ces dernières sont loin d'être aussi choquante qu'on aurait pu le croire. Toutefois, Caligula est ne œuvre qu'il faudra conserver à l'abri de certains regards, notamment celui des enfants. Rare exemple de film capable de mêler pornographie et péplum sans tomber dans le ridicule...


lundi 9 juin 2014

Antiviral de Brandon Cronenberg (2012)


 
 

Dans un monde où devenir célèbre est accessible à tous, et dans lequel certains restent dans l'ombre et fantasment sur des individus injustement définis comme stars, il est aisé d'imaginer les dérives qui peuvent découler de l'engouement qui naît de cette passion contemporaine. Une maladie dégénératrice qui touche nos têtes blondes et même, parfois, leurs parents. Comme des pantins, il restent figés devant l'écran de leur téléviseur, à savourer d'insipides programmes où ne véhiculent que des messages sans intérêts. Brandon Cronenberg extrapole l'idée même de ce fanatisme de pacotille, lui donnant tous les aspects d'une drogue à laquelle s'essaie la jeunesse dans l'espoir d'approcher un peu plus encore ceux qu'elle idolâtre.

Syd March travaille pour Dorian Lucas dont la clinique offre l'opportunité aux fans de célébrités d'habiter dans leur organisme des échantillons de virus prélevés sur ces dernières afin de leur donner la possibilité d'être plus proches encore de celles-ci. Le jeune homme s'essaie lui-même à ces drogues un peu particulières et notamment à celles issues des tissus de Hannah Geist, la représentante la plus célèbre de la marque Lucas. Il emporte chez lui et en toute illégalité quelques échantillons afin de les tester sur lui-même avant d'introduire un flacon de son propre sang dans une étrange machine permettant de donner un visage humain au virus. Une manière pour lui d'arrondir les fins de mois en revendant le produit de ses expériences à des trafiquants dont Arvid n'est pas des moindres. Ambigu, ce personnage au premier abord sympathique voit en Syd non pas un ami mais un fournisseur sans lequel il ne peut se fournir en matière premières issues des laboratoires Lucas. Alors que le plus fidèle collaborateur de Dorian Lucas vient de tomber pour fraude, c'est Syd qui prend sa place. Lorsque l'on apprend que la star de l'entreprise Lucas a été infectée par un virus, Syd se rend à l'hôtel où elle séjourne afin de pratiquer un prélèvement. Duquel il s'injectera une dose comme à son habitude.

Une erreur fatale puisqu'après être tombé malade et dans un coma partiel, Syd se réveille et apprend que Hannah Geist est condamnée à mourir après voir été infectée par un virus venu de Chine...

Répétez : Blanc, blanc, blanc, blanc, blanc, blanc... que boit la vache ? Du lait ? Non ! De l'eau bien sûr. Maintenant dites qu'elle couleur prédomine dans cet Antiviral nauséeux. Le blanc ? Oui, peut-être. Mais sans doute beaucoup le rouge également. Effectivement, tout semble immaculé. Les murs sont blancs, les meubles aussi. Comme la nourriture vendue par le personnage de Arvid (interprété par Joe Pingue) et partiellement constituée de cellules humaines. Après avoir vampirisé le public, les médias offrent aux cliniques l'opportunité de se faire de l'argent sur le dos des gamins qui ne voient pas les dangers de cette abominable dérive qu'est le désir de mimer ceux qu'ils fantasment. Vampirisme, oui. Mais également cannibalisme au travers de cette viande au teintes maladive et qui colle parfaitement l'environnement clinique dans lequel baignent les personnages. Syd lui-même (l'excellent Caleb Landry Jones) a le visage pâle, maladif. Dès le départ on se dit qu'il ne va pas aller très loin dans ses recherches et qu'il est sans doute déjà l'hôte d'un invraisemblable mélange de virus.

Brandon Cronenberg reprend le flambeau d'une horreur viscérale abandonnée par son célèbre papa, David Cronenberg. Mieux vaut oublier l'héritage laissé par ce dernier (Chromosome 3, Rage, Faux-semblants, La Mouche, etc...) pour se concentrer sur cet Antiviral plutôt réussi. En tout cas, un essai concluant qui laisse présager d'une relève à la hauteur. L’œuvre contient suffisamment de scènes choques pour maintenir en éveil les amateurs d'horreur génétique. Le fiston s'offre quelques hommages appuyés (l'absence de vulve chez Hannah Geist et qui rappelle l'utérus trifide de Claire Niveau dans Faux-semblants) et même quelques impressionnantes visions de cauchemars comme celle durant laquelle Syd est littéralement "branché" à sa machine.

Antiviral s'inscrit finalement dans l'air du temps. Il suffit de voir l'engouement de certains à vouloir ressembler à leur idôle pour imaginer les excès jusqu’aux-quels ils seraient peut-être prêts à se rendre pour leur ressembler. Heureusement, ceci n'est encore aujourd'hui que de la science-fiction. Mais pour combien de temps ?
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